
Mines des Boines et Serre Leycon : l’histoire industrielle du Dauphiné
Plongez au cœur de La Motte d’Aveillans pour découvrir les vestiges des mines des Boines et les techniques ingénieuses de transport de charbon qui ont façonné le paysage industriel du XIXe siècle.
Aujourd’hui, le calme des pâturages de La Motte d’Aveillans a effacé l’agitation d’hier. Pourtant, sous les sentiers paisibles, le sol garde les cicatrices d’une épopée industrielle intense : celle des petites mines de montagne. Comment, au XIXe siècle, extraire et transporter le charbon depuis des galeries perchées à plus de 1300 mètres d’altitude, là où les routes n’existaient pas ? Entre systèmes de télébennes aériens et plans inclinés vertigineux, découvrez l’histoire fascinante des solutions logistiques audacieuses qui ont permis à ces sites isolés de braver les contraintes du relief dauphinois. Une exploration au cœur du patrimoine minier, où la débrouillardise technique côtoyait la rudesse du travail des mineurs-paysans.
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte-d’Aveillans (Matheysine, Isère) |
| Ressource extraite | Charbon (Anthracite) |
| Altitude du site | Entre 1250 et 1400 mètres |
| Période d’activité | XIXe siècle (exploitation intermittente) |
| Exploitation | Artisanale (système de « mineurs-paysans ») |
| Solutions de transport | Télébennes (câbles aériens) et Plans inclinés |
| Mode de traction | Gravité motrice (systèmes auto-freinés) |
| Vestiges actuels | Terrils, traces de galeries, « balafres » au sol |
| Principale contrainte | Enclavement montagneux et forte déclivité |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Le premier télébenne
Le premier desservait les galeries B1, B2 et B3 ; nous pouvons supposer que de part sa position topographique en contrebas suggère une fonction d’exhaure naturelle.. Le charbon extrait des galeries B1 et B2, certainement les plus productives, était évacué par ce dispositif. Son point d’arrivée se situait à la jonction de la route actuelle des Signaraux et de la piste montant à l’arboretum.
Ce télébenne, d’une longueur approximative de 430 mètres, était une installation sommaire constituée de poteaux en bois et d’une poulie à chaque extrémité. Bien que nous ne disposions d’aucune photographie, cette information nous a été transmise par M. Darier, qui se souvenait avoir vu les poteaux en bois supportant la poulie. Il est probable qu’il n’y avait aucun poteau intermédiaire. Il convient de préciser qu’à l’époque, la route actuelle, aménagée pour la station des Signaraux, n’existait pas ; seul un sentier permettait le passage. Dès lors, le transport en direction de la Motte-d’Aveillans s’effectuait probablement à dos de mulet, ou bien le minerai était repris depuis le hameau pour être acheminé en chariots, tractés par des chevaux ou des bœufs.

L’ancien site de départ du télébenne n°1, au cœur de la concession des Boines.

Paysage naturel forestier ou montagneux marquant l’emplacement disparu de l’ancienne station d’arrivée du télébenne n°1 des mines des Boines.
Le deuxième télébenne
Un deuxième télébenne fut construit dans la Combe Noire. Celui-ci desservait deux galeries de mine qui, lors des travaux de mise en sécurité, n’ont pas été intégrées à la concession des Boines, malgré leur évidente proximité. En effet, si la concession des Boines se situe dans la combe des Signaraux, les galeries mentionnées se trouvent juste derrière un léger mamelon ; il est donc fort probable que cette contiguïté géographique laisse supposer une continuité de l’exploitation sur les mêmes veines (ou couches).
Ce second télébenne, d’une longueur supérieure au premier (550 mètres), nécessitait la mise en place d’un poteau intermédiaire. En revanche, nous disposons de très peu d’informations sur cette installation ; on peut toutefois supposer que les poteaux étaient métalliques. L’arrivée de la ligne se faisait au niveau d’une ancienne plateforme de lavage.
Dans la Combe Noire, nous avons recensé deux vestiges de galeries associés à un terril plus conséquent. Ce volume de stérile laisse supposer une extraction de charbon plus importante, ce qui aurait justifié la construction de cet équipement. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce télébenne ne subsiste.

Vestiges du passé minier : l’ancien site de départ du télébenne 2, concession des Boines.
Pour une petite exploitation charbonnière au XIXe siècle, le télébenne (souvent appelé à l’époque transporteur aérien à câble ou funiculaire aérien) est une solution technique ingénieuse et peu coûteuse pour pallier les difficultés du relief montagneux.
Définition : Le Télébenne au XIXe siècle
Le télébenne est un système de transport par câble aérien permettant de déplacer du charbon depuis un point d’extraction situé en altitude (souvent une galerie à flanc de montagne) vers un point de stockage ou de chargement en vallée (un quai de gare ou un canal), en utilisant la gravité comme force motrice.
Caractéristiques techniques pour une petite exploitation
Dans une petite mine à temps partiel, le système se caractérise par sa simplicité et sa robustesse :
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Le principe du « va-et-vient » ou « circuit fermé » :
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Le système est constitué d’un câble porteur fixe (sur lequel roule la benne) et d’un câble tracteur mobile.
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Pour les petites exploitations, on utilisait souvent le système à gravité (auto-freiné) : le poids de la benne chargée descendant entraîne la montée de la benne vide. C’est idéal pour une mine de montagne, car cela ne consomme aucune énergie externe (vapeur ou électrique).
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La structure :
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Les pylônes : Des chevalets en bois (souvent en mélèze ou sapin local) soutiennent les câbles pour franchir les ravins ou les terrains accidentés où la construction d’une route ou d’un chemin de fer serait impossible ou trop coûteuse.
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La benne : Un simple récipient en fer battu, suspendu par un chariot à galets, capable de basculer (benne basculante) pour vider le charbon à l’arrivée.
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L’adaptation au « temps partiel » :
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Coût modique : Contrairement à un chemin de fer Decauville, le télébenne nécessite peu de terrassement. Il « survole » le terrain sans modifier le paysage.
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Polyvalence : Lorsqu’il n’est pas utilisé (période creuse de l’exploitation), le système est immobilisé facilement. Les câbles peuvent être détendus pour éviter la corrosion ou le vol.
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Maintenance réduite : Le système peut être entretenu par les mineurs eux-mêmes, qui sont souvent des paysans-mineurs possédant des compétences en mécanique de base.
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Pourquoi était-ce indispensable en montagne ?
Au XIXe siècle, pour une petite mine, le télébenne résout trois problèmes majeurs :
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L’accès difficile : Les routes de montagne étaient souvent impraticables pour les charrettes à bœufs chargées de charbon lourd.
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La pente : Là où les chevaux glisseraient, le câble aérien maintient une trajectoire rectiligne directe, économisant des kilomètres de trajet sinueux.
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La main-d’œuvre : Une seule personne en bas (au déchargement) et une en haut (au chargement) suffisaient à faire fonctionner le flux de transport, libérant les mineurs pour le travail de fond.
Terminologie d’époque
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« Fil aérien » : terme très courant dans la littérature technique de 1880-1900.
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« Transporteur à fil de fer ».
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« Plan incliné aérien ».
En résumé : C’est l’outil de la « débrouillardise industrielle ». Il transforme la contrainte géographique du relief montagneux en avantage énergétique, en utilisant le poids du charbon extrait pour faire monter les outils vides.
Le plan incliné
Un autre mode de transport fut utilisé sur la concession, notamment pour desservir les galeries B4, B5 et B6 : un plan incliné d’environ 230m dont le tracé demeure aujourd’hui devinable. Il ne subsiste toutefois aucune installation physique, hormis une déclivité rendue difficilement perceptible par la végétation. La tête de départ du plan incliné semble se situer le long d’un sentier horizontal reliant la combe des Signaraux à la Combe Noire.
En l’absence d’informations sur les dates de percement des différentes galeries, il est complexe d’établir une chronologie précise. Cependant, nous pouvons formuler l’hypothèse suivante : le premier télébenne a probablement remplacé ce plan incliné. Le silence des témoignages oraux concernant le plan incliné, couplé à la mémoire vive des structures du télébenne, conforte l’hypothèse d’une antériorité du plan incliné sur le système par câble.
Le point d’arrivée du plan incliné, quant à lui, se situait à proximité du départ du rif des Signaraux, à l’extrémité actuelle du parking. Ici encore, nous pouvons supposer que le transport ultérieur, au-delà du plan, était assuré par des mulets.
Le plan incliné ou descenderie au 19eme siècle
Dans une petite exploitation de montagne du XIXe siècle, le plan incliné est une voie de transport à forte déclivité, aménagée entre le carreau de mine (souvent situé à flanc de coteau) et un point de rupture de charge en contrebas (un chemin carrossable, une plateforme de stockage ou un point de transbordement).
1. Le principe de fonctionnement : La « gravité motrice »
À cette échelle, le plan incliné ne nécessite pas de machine à vapeur. Il exploite la force de la pesanteur :
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Le système à va-et-vient (ou plan automatique) : Le poids des berlines chargées descendantes entraîne, par l’intermédiaire d’un câble ou d’une chaîne enroulé sur une poulie de renvoi située en tête de plan, la remontée des berlines vides.
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La régulation : Le mouvement est contrôlé par un frein (frein à ruban ou à sabot) actionné par un « planiste » (le manœuvre responsable du plan) situé en haut de la pente, afin d’éviter l’emballement des chariots.
2. Caractéristiques structurelles pour une « petite exploitation »
Contrairement aux grands plans inclinés industriels, le modèle artisanal se distingue par sa simplicité :
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La voie : Elle est souvent rudimentaire, constituée de rails en bois (ou parfois en fer plat cloué sur des traverses en bois) posés directement sur le sol, sans ballastage complexe.
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La poulie : Située à la tête du plan (le point haut), elle est souvent fixée sur un simple chevalement en bois ou un bâti maçonné sommaire.
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La pente : Elle suit le relief naturel du terrain, ce qui impose souvent des tracés irréguliers.
3. Contexte socio-économique (temps partiel)
Dans le cas d’une exploitation à temps partiel (mineurs-paysans), le plan incliné est un outil de rationalisation du travail. Il permet de pallier le manque de main-d’œuvre en réduisant drastiquement le temps de portage (le transport à dos d’homme ou de mulet), particulièrement pénible sur les sentiers de montagne.
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Le rôle du planiste : Dans une petite mine, cette tâche est souvent dévolue à un ouvrier âgé ou à un jeune apprenti.
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L’abandon : Ces structures sont souvent éphémères. Dès que la galerie est abandonnée ou que le minerai est épuisé, le bois est récupéré, les rails déposés, et la nature reprend ses droits. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne subsiste souvent qu’une « balafre » dans le terrain ou une simple rupture de pente.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions Le transport du charbon aux Boines et Serre-Leycon
Qu’était la concession des Boines et Serre-Leycon ?
Il s’agissait d’un site d’exploitation minière situé dans le bassin de la Matheysine, en Isère. Ces concessions jouaient un rôle crucial dans l’économie charbonnière du Dauphiné au XXe siècle, nécessitant une logistique complexe pour acheminer le minerai extrait des profondeurs vers les centres de tri ou les voies ferrées.
À quoi servait le « télébenne » ?
Le télébenne était un système de transport par câble aérien. Dans une topographie escarpée comme celle du Dauphiné, il permettait d’acheminer efficacement le charbon depuis les puits d’extraction (souvent situés sur des reliefs accidentés) vers les zones de traitement ou de stockage en contrebas, en évitant les contraintes liées au relief et au manque de routes carrossables pour les camions de l’époque.
Pourquoi ne reste-t-il plus aucune trace des installations aujourd’hui ?
Après la fermeture des mines, la plupart des structures métalliques (pylônes, rails, gares de départ) ont été démantelées. Le métal était une ressource précieuse, souvent récupérée pour être recyclée. Le passage du temps, la végétation et le réaménagement des terrains ont fini par effacer les dernières traces physiques, rendant ces sites méconnaissables pour les non-initiés.
Pourquoi est-il important de documenter ces lieux disparus ?
Même sans ruines visibles, ces lieux portent la mémoire des hommes qui y ont travaillé. Documenter ces sites permet de conserver une trace de l’activité industrielle qui a façonné le paysage social et géographique de la Matheysine. C’est un travail de « mémoire vive » pour les générations futures.
Comment peut-on identifier l’emplacement exact de ces anciennes installations ?
L’identification repose aujourd’hui sur le croisement de plusieurs sources : les archives des concessions minières, les anciennes cartes d’état-major, la photogrammétrie aérienne (qui permet de voir des anomalies dans le terrain) et, parfois, le recueil de témoignages d’anciens mineurs ou habitants du secteur.
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Sources et sites officiels
1. Le site de référence incontournable
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Mine Image (La Motte-d’Aveillans)
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Pourquoi : C’est le musée de la mine de la Matheysine par excellence. Ils possèdent les collections et les archives les plus complètes sur les concessions minières du secteur.
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2. Bases de données patrimoniales et officielles
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POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) – Ministère de la Culture
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Pourquoi : Tu peux y effectuer des recherches sur les dossiers d’inventaire du patrimoine industriel de l’Isère. C’est une source fiable pour les notices historiques sur les concessions minières.
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Archives Départementales de l’Isère
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Pourquoi : Pour les lecteurs souhaitant consulter des documents originaux, plans cadastraux ou archives administratives sur les concessions de charbon (notamment les fonds de la concession des Boines).
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3. Patrimoine Industriel (Approche nationale)
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CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
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Pourquoi : C’est l’association de référence en France pour la sauvegarde du patrimoine industriel. Elle permet de donner une dimension nationale à ton article sur les télébennes et le transport de minerai.
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4. Contexte local et historique
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Matheysine Tourisme (Patrimoine)
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Pourquoi : Utile pour donner un aspect touristique aux lieux cités et montrer comment ce patrimoine minier est aujourd’hui valorisé dans les itinéraires de randonnée ou de découverte.
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Bibliographie
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).
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Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.
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Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).
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Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).
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Les Galeries des Boines : archéologie d’une épopée minière en Dauphiné
Dans le paysage apaisé des Signaraux se cachent les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À travers l’inventaire des galeries des Boines, nous plongeons dans la réalité concrète d’une exploitation minière…
Au cœur des paysages sauvages du Dauphiné, les galeries des Boines demeurent les témoins silencieux d’une épopée minière méconnue. Entre prouesses techniques et échecs géologiques, cet inventaire archéologique retrace l’histoire d’une exploitation marquée par la persévérance des hommes. À travers l’analyse des archives et le croisement des témoignages de terrain, nous explorons ici les vestiges d’un sous-sol qui, bien qu’abandonné, continue de raconter la transformation industrielle de notre territoire.
Informations pratiques
| Caractéristique | Données historiques & techniques |
| Localisation | Les Signaraux, La Motte d’Aveillans |
| Nature du gisement | Anthracite |
| Période d’exploitation | 1834 – 1908 exploitation par intermittence |
| Type d’ouvrages | Galeries à flanc de coteau |
| Secteurs identifiés | B1, B2, B3, B4, B5, B6, B7 dite galerie Etienne |
| État actuel | Les galeries sont aujourd’hui effondrés et difficilement visibles |
| Accès | Site de la station de ski des Signaraux |
Cartographie et structuration du site minier des Boines
L’inventaire archéologique et minier du site permet de dresser un état des lieux précis de l’exploitation. Le périmètre de la concession s’articule autour de sept galeries principales, s’échelonnant de 1 250 à 1 400 mètres d’altitude, complétées par six zones de « grattage » d’affleurements situées dans une combe voisine, témoins d’une recherche artisanale du combustible.
Infrastructures logistiques
La topographie exigeante du secteur a nécessité des aménagements logistiques d’envergure pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai brut vers une station de lavage dédiée. Ces infrastructures attestent d’une volonté d’industrialisation réelle, malgré les contraintes du terrain.
Géologie et déconvenues minières
Les campagnes de travaux ont permis de reconnaître les couches dites « Henriette » et « Trois Bancs ». Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures — telles que la couche « Roland » et la « Grande Couche » — n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.
Organisation spatiale des travaux
Les vestiges se répartissent en deux secteurs distincts, reflétant des logiques d’exploration différentes :
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Le premier secteur (Galeries B1, B2, B3 et B7) : Ces ouvrages s’alignent le long d’un axe commun, malgré des variations altitudinales marquées. La galerie B7, bien qu’isolée par son altitude nettement inférieure, semble appartenir à cette même logique d’exploitation.
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Le second secteur (Galeries B4, B5 et B6) : Ces travaux se développent sur un axe approximativement perpendiculaire au premier, illustrant une tentative de prospection multidirectionnelle.
Malgré cette structuration, il demeure difficile, en l’état actuel des recherches, de corréler avec certitude les couches exploitées à leurs secteurs respectifs. Cette incertitude renforce le caractère mystérieux de cette concession, où la complexité géologique a durablement entravé les ambitions industrielles du XIXe siècle.
La galerie B7, dite « galerie Étienne » : le dernier vestige des Boines
La galerie B7, surnommée « galerie Étienne » en hommage au dernier propriétaire de la concession, occupe une place particulière dans l’histoire minière des Boines. Située sous l’actuel parking de la station des Signaraux, elle apparaît comme le témoin ultime de l’activité du site.
Une exploitation persistante et clandestine
Si la concession officielle s’est arrêtée en 1848, le site des Signaraux semble avoir connu une vie prolongée. Des témoignages oraux concordants indiquent que l’extraction du charbon s’est poursuivie bien après la fermeture officielle, notamment durant l’Occupation. Pour pallier les pénuries, les habitants de La Motte auraient exploité le gisement de manière clandestine, bravant les risques pour alimenter les foyers mottois. Cette hypothèse ferait de la galerie B7 la plus récente des structures ouvertes sur le site.
Analyse cartographique et mutations du paysage
L’étude comparative des cartes et photographies aériennes révèle une transformation radicale du secteur :
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La voie de roulage : Des relevés suggèrent l’existence d’une voie de desserte reliant la galerie en direction du gîte de l’Oriel du Sénépy. Une photographie aérienne du 20 août 1969 confirme la présence d’une plateforme (un « carreau ») et d’un tracé de roulage, alors que la route actuelle n’existait pas encore en 1950.
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L’impact de la station de ski : L’aménagement de la station en 1971 a profondément remodelé le terrain. Les clichés aériens de 1974 montrent clairement l’apparition du parking, du foyer et de la remontée mécanique, effaçant une grande partie des stigmates de l’exploitation minière ancienne.
Vie quotidienne et infrastructures disparues
Le témoignage de Maurice Darier offre un éclairage précieux sur les conditions de travail à la galerie B7. Il mentionne deux galeries adjacentes, dont l’une aurait servi de « Sainte Barbe » (lieu de culte et de protection des mineurs). À proximité, les vestiges d’un bâtiment — dont subsistaient, selon ses dires, des carreaux et un lavabo — laissent imaginer une structure dédiée à la vie des mineurs : cantine ou dortoir, évitant aux équipes les allers-retours quotidiens depuis La Motte.
Bien que les photographies aériennes de 1948 manquent de résolution pour confirmer formellement cette construction, son existence demeure historiquement plausible. De même, un bâtiment de stockage pour le charbon, toujours visible aujourd’hui, soulève des questions : a-t-il été édifié pour la galerie Étienne, ou fut-il utilisé par les mines voisines de Serre Leycon ? La chronologie exacte de ces structures reste, à ce jour, un mystère à élucider.

Vestige de la galerie B7 dite Etienne des Boines
Focus sur le secteur supérieur : Les galeries B1, B2 et B3
Le secteur regroupant les galeries B1, B2 et B3 constitue un ensemble cohérent de l’exploitation des Boines. Ces trois ouvrages, alignés sur un même axe et s’échelonnant en altitude, visaient très probablement l’extraction d’une même veine de charbon.
Voici la répartition altitudinale de ce groupe :
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Galerie B3 (1349 m) : Point bas du secteur, elle est aujourd’hui dissimulée par un bosquet. Seul un petit razzier (amas de déblais) s’étirant dans la pente révèle son emplacement. L’entrée de la galerie est désormais presque totalement effacée, si ce n’est par une zone humide persistante à ses abords.
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Galerie B2 (1372 m) : Occupant la position médiane, cette galerie se distingue par une importante venue d’eau. Ce drainage naturel a progressivement entaillé le razzier, mettant à nu les stigmates de l’activité souterraine.
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Galerie B1 (1393 m) : Située au-dessus du sentier principal, cette galerie est la plus discrète. Seul le volume de déblais rejeté en contrebas du chemin permet aujourd’hui d’attester de l’existence de travaux miniers à ce niveau.
Un bilan d’exploitation mesuré
Le volume total des déblais extraits de ces trois galeries reste relativement faible, confirmant le caractère intermittent et peu productif de la concession. Pourtant, la présence à proximité d’un télébenne de transport — dont l’infrastructure était constituée de poteaux en bois — témoigne de l’ambition initiale des exploitants et de la nécessité d’évacuer le charbon par des moyens mécaniques, malgré l’isolement du site. (Nous reviendrons plus en détail sur les caractéristiques de ce téléphérique dans une prochaine partie).

Vestige de la galerie B2 Les Boines
Exploration du secteur B4 et B5 : les vestiges silencieux
En décalage avec le secteur précédent, l’alignement des galeries B4 et B5 révèle une exploitation plus discrète, voire incertaine. Ces deux points de percée, situés sur un axe commun, visaient manifestement l’exploitation d’une veine de charbon unique, bien que les traces laissées au sol soient aujourd’hui ténues.
Des structures de faible envergure
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Galerie B5 (1329 m) : Il s’agit du point le plus bas de cet ensemble. Cette galerie se signale aujourd’hui par une importante venue d’eau, exploitée depuis plusieurs années comme source de captage pour les besoins de la station. En raison de cet aménagement, la zone est désormais clôturée pour des raisons sanitaires. À proximité, un razzier, progressivement recouvert par la végétation, demeure le seul témoin visible de l’activité minière passée. En raison de sa discrétion en bordure de sentier, elle échappe fréquemment à l’attention des promeneurs.
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Galerie B4 (1365 m) : Située en surplomb dans une zone peu boisée, cette galerie est encore plus évanescente. Elle ne se manifeste plus que par une légère dépression au sol, que l’on pourrait, à première vue, confondre avec les traces d’un « grattage » de surface. L’entrée de la galerie a quasiment disparu ; son existence est toutefois formellement confirmée par les rapports de mise en sécurité datés de 1999. Fait notable, aucune trace significative de razzier n’a pu être relevée aux abords immédiats.
Conclusion sur le potentiel géologique
L’absence de déblais massifs et la faible lisibilité de ces ouvrages confirment que les travaux dans ce secteur n’ont sans doute jamais atteint une phase industrielle soutenue. Ces galeries, bien que répertoriées, illustrent la difficulté des exploitants des Boines à exploiter durablement une ressource dont la continuité géologique leur a fait, ici encore, cruellement défaut.

Venue d’eau du vestige de la galerie B5
La galerie B6 et la complexité logistique des Boines
La galerie B6, située à 1312 mètres d’altitude, ferme cet ensemble de travaux miniers. Par sa proximité immédiate avec les galeries B4 et B5, il est fort probable qu’elle ait ciblé les mêmes couches de charbon. Aujourd’hui, l’entrée est marquée par une zone humide persistante — devenue un point d’eau prisé par la faune locale — mais les traces d’extraction en surface ont presque totalement disparu. Seul le rapport officiel de mise en sécurité du BRGM (1999) permet d’attester formellement de l’activité minière en ce point précis.
Une exploitation de part et d’autre de la crête
L’un des aspects les plus fascinants de la concession des Boines est l’exploitation simultanée des deux versants de la ligne de crête. Cette configuration a imposé le déploiement de deux dispositifs distincts d’évacuation du minerai :
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Le plan incliné du versant « Boines » : Desservant le secteur de l’actuelle station de ski, ce plan incliné fonctionnait par gravité. Bien que les archives écrites soient lacunaires, le témoignage oral de Maurice Darier nous éclaire sur cette installation rudimentaire : des rails posés à même le sol et un système de traction par câble équipé d’un frein à bande, permettant de réguler la descente des wagonnets chargés. Malheureusement, les terrassements liés à la création des pistes de ski ont effacé toute trace des infrastructures (poteaux, poulies, rails). Seul le tracé du plan incliné reste devinable en hiver, à la faveur de la végétation basse, passant à proximité de la galerie B5.
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Les galeries « orphelines » du second versant : De l’autre côté de la crête, les vestiges témoignent d’une activité plus intensive. La taille imposante des razziers atteste de l’importance de ce secteur, qui justifiait la présence d’une télébenne de transport acheminant le minerai vers une plateforme de lavage. Selon le témoignage de M. Darier, il s’agissait probablement d’un système à câble unique, à la fois porteur et tracteur, muni d’un mécanisme de freinage sur poulie. Ces galeries, absentes des données du BRGM, sont aujourd’hui qualifiées de « galeries orphelines ».

Un témoignage extrèmement tenu de la galerie a proximité immédiate du plan incliné
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions concessions des Boines guide exploration
1 – Qu’est-ce que la concession des Boines ?
La concession des Boines désigne une ancienne zone d’exploitation minière située aux Signaraux (La Motte-d’Aveillans), dans le Dauphiné.[1] C’était un site d’extraction d’anthracite qui a connu une activité intermittente entre 1834 et 1908.
2 – Peut-on encore voir les entrées des galeries aujourd’hui ?
La plupart des galeries sont aujourd’hui effondrées, dissimulées par la végétation ou l’érosion. Elles sont difficilement visibles, voire invisibles pour le promeneur non averti. La prudence est de mise car le terrain est instable et les structures minières anciennes présentent des risques.
3 – Quelle était l’importance de la galerie B7, dite « galerie Étienne » ?
La galerie B7 est le vestige le plus marquant du site. Elle porte le nom du dernier propriétaire de la concession. On pense qu’elle a connu une activité prolongée, notamment de manière clandestine durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les habitants exploitaient le gisement pour pallier les pénuries de charbon.
4 – Peut-on encore voir les entrées des galeries aujourd’hui ?
La plupart des galeries sont aujourd’hui effondrées, dissimulées par la végétation ou l’érosion. Elles sont difficilement visibles, voire invisibles pour le promeneur non averti. La prudence est de mise car le terrain est instable et les structures minières anciennes présentent des risques.
5 – Pourquoi l’exploitation a-t-elle été abandonnée ?
L’exploitation minière des Boines a été stoppée principalement par des contraintes géologiques : les veines de charbon étaient difficiles à suivre de manière continue, et les couches les plus productives espérées par les concessionnaires n’ont jamais été localisées. Le site n’a jamais atteint une rentabilité industrielle soutenue.
6 – Quel a été l’impact de la station de ski sur les vestiges miniers ?
L’aménagement de la station de ski des Signaraux en 1971 a profondément remodelé le paysage. Les terrassements nécessaires pour créer le parking, le foyer et les pistes de ski ont effacé une grande partie des traces visibles de l’exploitation minière ancienne (rails, plans inclinés, structures annexes).
7 – Qu‘est-ce qu’une « galerie orpheline » ?
Le terme « galerie orpheline » désigne des ouvrages miniers (notamment sur le versant opposé à la station) dont les traces ont été retrouvées sur le terrain, mais qui ne figurent pas dans les archives officielles du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Leur existence témoigne d’une exploitation locale moins formalisée ou oubliée.
Où se situe exactement le site et est-il accessible au public ?
Le site se situe sur le secteur de la station de ski des Signaraux, à La Motte-d’Aveillans.[1] Si vous pouvez vous promener dans le secteur de la station, gardez à l’esprit que les vestiges miniers sont situés dans un environnement naturel et parfois protégé (captage d’eau, terrain privé ou zones instables).[1] Respectez les clôtures et la signalisation.
8 – Où se situe exactement le site et est-il accessible au public ?
Le site se situe sur le secteur de la station de ski des Signaraux, à La Motte-d’Aveillans. Si vous pouvez vous promener dans le secteur de la station, gardez à l’esprit que les vestiges miniers sont situés dans un environnement naturel et parfois protégé (captage d’eau, terrain privé ou zones instables). Respectez les clôtures et la signalisation.
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Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
1. Portails officiels de référence (données techniques)
Ces sites sont les sources primaires utilisées par les chercheurs et les historiens locaux pour documenter l’existence et la localisation des anciennes galeries.
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Géorisques (Portail du BRGM/État) : https://www.georisques.gouv.fr/
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Usage : C’est l’outil de référence pour consulter l’Inventaire des anciennes mines. En consultant la carte interactive, vous pouvez localiser les zones de travaux miniers connus et les rapports de mise en sécurité (comme ceux mentionnés dans votre article pour 1999). Tapez « La Motte-d’Aveillans » dans la barre de recherche du portail.
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) : https://www.brgm.fr/
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Usage : Pour des informations plus générales sur l’histoire géologique du bassin houiller de La Mure.
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2. Mémoire et Patrimoine industriel local
Ces sites offrent un contexte historique et culturel sur l’exploitation minière dans le bassin de La Mure, incluant les aspects sociaux et les témoignages.
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Musée Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : https://www.mine-image.com/
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Usage : Situé à proximité immédiate des Boines, c’est le lieu incontournable pour comprendre l’histoire de l’anthracite dans le Dauphiné. Ils possèdent des archives et des connaissances sur les petites concessions aux alentours. Il peut être très utile de les contacter pour des précisions historiques sur la galerie B7 ou les témoignages oraux
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Bibliographie
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).
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Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.
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Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).
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Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).
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L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
Au cœur du Dauphiné, le paysage porte encore les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À La Motte d’Aveillans, sur le site des Signaraux, se cachent les vestiges de la mine des Boines. Si aujourd’hui le calme des pâturages a repris ses droits, ces galeries, autrefois synonymes d’espoir économique, racontent l’histoire d’une exploitation minière aux conditions extrêmes.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère) |
| Altitude | Environ 1 300 mètres |
| Type d’exploitation | Mine de charbon (artisanale puis industrielle) |
| Concession | Octroyée en 1834 |
| Veines identifiées | Henriette, Trois Bancs |
| Principales contraintes | Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée |
| Infrastructures | 7 galeries, télébenne, station de lavage |
| Fin d’activité | 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur) |
Malgré nos recherches dans les fonds des Archives Départementales (série S), la documentation relative aux Boines demeure parcellaire. Ce silence relatif des archives est en soi révélateur : il témoigne du caractère modeste et éphémère de cette exploitation, qui n’a pas laissé la trace administrative ou industrielle des grandes concessions voisines. Les dates mentionnées dans cet article proviennent du fonds d’archives de la Mine image.
Les mines des Boines : l’histoire oubliée d’une exploitation de haute altitude
Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.
Historique de la concession
La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.
L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.
Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »
La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.
Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.
Une activité minière précoce
Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.
Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
-
L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
-
La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Géologie et déconvenues minières
Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.

Acte notarié de 1891 instituant le changement de propriétaire de la concession des mines des Boines. Un document historique témoignant de l’officialisation de l’exploitation charbonnière. (Archive de la Mine Image)
Le déclin et l’échec commercial
L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.
Foire Aux Questions la concession des Boines l’historique
1. Qu’est-ce que le site des Boines et pourquoi est-il important ?
Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.
2. Quelles sont les traces qu‘il reste de cette activité minière aujourd’hui ?
Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.
3. Les mines des Boines sont-elles ouvertes au public ?
La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.
4. Existe-t-il des archives sur l’histoire de ces mines ?
Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
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La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
-
2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
-
Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
-
Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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La Berline de Mine à La Mure : Témoin de l’Épopée de l’Anthracite en Matheysine
Symbole du travail de fond et de la puissance industrielle du Dauphiné, une berline de mine est aujourd’hui préservée à La Mure. Plus qu’un simple wagonnet de métal, cet objet raconte l’histoire des hommes qui ont extrait, pendant plus d’un siècle, le meilleur charbon du monde. Découvrez les secrets de ce vestige du patrimoine minier isérois.
Symbole emblématique du passé minier de l’Isère, la berline de mine de La Mure rappelle l’importance de l’extraction de l’anthracite dans le bassin dauphinois.[1] Découvrez l’histoire de ce matériel roulant historique, son rôle essentiel dans la chaîne de production minière et les raisons de sa préservation en tant que patrimoine industriel local.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Type de matériel | Berline de mine (wagonnet d’extraction) |
| Opérateur historique | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Numéro d’identification | 699 |
| Usage principal | Transport de houille (anthracite) en galeries |
| Matériau de caisse | Acier riveté/soudé |
| Voie (écartement) | 600 mm |
| Lieu d’exposition | Établissement Gros, La Mure |
| État de conservation | Exposé à titre patrimonial |
| Signification historique | Témoin de l’exploitation minière en Matheysine |
Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Dans le vocabulaire technique du mineur, une berline est un wagonnet circulant sur rails, utilisé pour transporter le charbon (ou les stériles) depuis le front de taille jusqu’au puits d’extraction.
À La Mure, ces véhicules étaient le maillon essentiel de la chaîne de production. Robustes et conçues pour les galeries étroites, les berlines pouvaient transporter plusieurs centaines de kilos d’anthracite par voyage. Autrefois tractées par des chevaux ou poussées à bout de bras par les galibots, elles ont ensuite été tirées par des locomotives électriques ou à air comprimé.

Berline historique des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), photographiée en 2011 devant l’établissement Gros à La Mure.
Nous sommes ici en présence d’une berline à charbon tout à fait standard, à fond fixe et d’une capacité de 2 m³. Elle compte parmi les dernières berlines à avoir été exploitées au fond.
La Mure : Terre d’Anthracite et de Tradition Minière
Le plateau de la Matheysine, en Isère, a abrité l’un des gisements de charbon les plus riches de France : les Mines de La Mure. L’anthracite extrait ici était réputé pour sa pureté et son fort pouvoir calorifique.
La berline exposée aujourd’hui à La Mure n’est pas un simple décor urbain. Elle rend hommage :
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Aux mineurs qui ont œuvré dans l’obscurité des galeries.
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Au savoir-faire de la Compagnie des Mines de la Mure.
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À l’identité d’un territoire qui a vécu au rythme de la « remonte » et du sifflet de la mine.
En tant qu’historien spécialisé en archéologie minière, je précise que cette berline a été récupérée par les établissements Gros, spécialisés dans le recyclage et la revalorisation, lors de la fermeture des mines en 1997. Cette entreprise fut chargée de recycler l’ensemble du matériel minier extrait des galeries.

La berline n°699 des HBD devant l’ancien établissement Gros à La Mure (2011).
Pourquoi préserver ce patrimoine industriel ?
La préservation de ce matériel minier répond à un devoir de mémoire. En observant cette berline, on peut imaginer :
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Le vacarme du roulage : Le bruit des roues métalliques sur les rails résonnant dans les galeries.
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La rudesse du travail : Le chargement manuel à la pelle, une tâche physique épuisante.
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Le génie civil : L’organisation des réseaux de rails qui parcouraient des centaines de kilomètres sous nos pieds.
Aujourd’hui, alors que les puits sont fermés, ces objets deviennent des archives à ciel ouvert. Ils permettent de ne pas oublier que sous le paysage verdoyant de la Matheysine se cache une véritable ville souterraine.
Foire Aux Questions la berline de La Mure
1 – Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Une berline est un wagonnet de transport utilisé dans les mines pour acheminer le minerai (ici, l’anthracite) depuis le fond de la galerie jusqu’à la surface ou vers les installations de traitement. C’est un élément emblématique du matériel roulant ferroviaire en voie étroite propre au travail minier.
2 – Pourquoi cette berline est-elle exposée devant l’établissement Gros ?
L’établissement Gros à La Mure occupe une place centrale dans l’histoire locale. La présence de cette berline (n°699) en extérieur agit comme un monument commémoratif. Elle rend hommage au passé minier de la ville et rappelle aux passants le dur labeur des mineurs des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
3 – Quel était le rôle des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) ?
Les HBD étaient l’organisme en charge de l’exploitation des mines de charbon dans le secteur de La Mure et de la Matheysine. Elles ont façonné le paysage économique et social de la région pendant plus d’un siècle, faisant du bassin dauphinois l’un des centres de production d’anthracite les plus importants de France.
4 – Peut-on visiter d’autres sites miniers à La Mure ?
Oui, La Mure possède une riche culture minière. Outre les témoignages historiques dans la ville, il est possible de découvrir le Musée de la Mine Image (à La Motte-d’Aveillans), qui offre une immersion complète dans les galeries et l’histoire des mineurs du Dauphiné.
5 – Pourquoi est-il important de conserver ce type de matériel ?
La préservation de matériels comme la berline n°699 permet de maintenir vivant le patrimoine industriel dauphinois. Ces objets servent de points de repère historiques pour les générations actuelles et futures, permettant de ne pas oublier l’histoire ouvrière et technologique qui a construit l’identité de la Matheysine.
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Retrouvez l’histoire du puits du Villaret
L’histoire de son terril
Et l’histoire de son exploitation
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Musées et Mémoire locale
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La Mine Image (Site Officiel)
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Pourquoi : C’est le musée souterrain de référence à La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre ce qui se passait sous terre, en complément de votre article sur le puits de surface.
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Lien : https://www.mine-image.com
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Matheysine Tourisme – Le Patrimoine Minier
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Pourquoi : Pour situer le Villaret dans l’offre touristique actuelle du plateau (sentiers, autres vestiges).
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Lien : https://www.matheysine-tourisme.com
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Archives Audiovisuelles (INA)
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La fin des Gueules Noires (Journal Télévisé de 1997)
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Pourquoi : Une vidéo d’époque (INA) montrant la remontée de la dernière benne le 28 mars 1997 au Villaret. C’est une source primaire très forte émotionnellement.
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Recherche conseillée : « INA Fermeture mines La Mure 1997 » ou lien direct vers la fresque historique de l’INA.
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Lien générique : https://www.ina.fr (Rechercher « Mines Dauphiné »)
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Technique et Après-Mine
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Le BRGM et l’Après-Mine
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Pourquoi : Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) gère la surveillance des anciens sites (eaux, gaz, stabilité). Utile pour la partie technique/environnementale.
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Lien : https://www.brgm.fr/fr/nos-actions/projets/gestion-apres-mine
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L’Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs (ANGDM)
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Pourquoi : L’organisme qui a succédé à Charbonnages de France pour gérer les droits sociaux et le patrimoine immobilier.
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Lien : https://www.angdm.fr
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Patrimoine Culturel
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Isère Culture – Patrimoine en Isère
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Pourquoi : Pour consulter la fiche officielle si le chevalement est labellisé ou répertorié dans l’inventaire départemental.
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Lien : https://culture.isere.fr
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Bibliographie
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1. Ouvrages Historiques et Techniques de Référence
Ces livres sont les « bibles » locales pour comprendre l’évolution technique ayant mené à la création du Villaret.
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REYMOND, René. La Mure et le bassin houiller du Dauphiné.
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Note : René Reymond était ingénieur géomètre aux Houillères. C’est l’ouvrage le plus précis sur la géologie, les couches de charbon et l’implantation des puits, dont le Villaret.
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Éditeur : Imprimerie Barthélemy (Plusieurs éditions, notamment 1982).
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2. Sources Primaires & Articles Spécialisés (Pour l’aspect technique)
Le Puits du Villaret est célèbre chez les ingénieurs pour sa méthode de fonçage par congélation. Pour votre fiche d’identité, voici la source technique absolue :
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Revue de l’Industrie Minérale (RIM).
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Article cible : « Le fonçage du Puits du Villaret par congélation ».
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Date : Début des années 1950 (souvent cité dans les revues de 1951 ou 1952).
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Disponibilité : Consultable aux Archives Départementales de l’Isère ou dans les bibliothèques d’écoles des Mines (Paris, Saint-Étienne).
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. Mémoire Visuelle et Sociale
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Collectif (La Mine Image). La Mine Image : La Motte d’Aveillans.
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Note : Les livrets édités par le musée souterrain contiennent souvent des coupes techniques et des historiques précis des puits, validés par d’anciens mineurs.
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4. Presse et Revues Locales (La fin de la mine)
Pour la date clé du 28 mars 1997 :
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Le Dauphiné Libéré. Numéro Hors-Série : « Adieu la Mine » (Mars/Avril 1997).
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Intérêt : Reportages complets sur la dernière remontée au Villaret, interviews des derniers mineurs et contexte de la fermeture.
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Combe Névouse : Plongée dans l’histoire tragique des mines du Dauphiné
Découvrez l’histoire de la galerie niveau 15 de Combe Névouse à Saint-Arey. Un site minier marqué par des défis techniques, une eau omniprésente et la tragédie oubliée de 1971
Plongez dans les profondeurs de la galerie de Combe Névouse, un vestige poignant de l’histoire minière du Dauphiné situé à Saint-Arey. Creusé dès 1959, ce site a exigé des prouesses techniques considérables face aux inondations souterraines et aux redoutables dégagements instantanés de gaz carbonique. Cet article retrace le destin tragique de cette exploitation, tristement célèbre pour la mort de huit mineurs en 1971, avant d’être fermée définitivement en 1983. Aujourd’hui, bien que son accès souterrain soit mortel et strictement interdit, ses ruines de surface offrent aux passionnés d’archéologie industrielle un témoignage silencieux et fascinant de l’ère du charbon.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de Combe Névouse – Niveau 15 |
| Localisation | Saint-Arey, lieu-dit « Comba Nevouza » (Dauphiné) |
| Ressource extraite | Charbon (accès au quartier du Devay) |
| Compagnie minière | Houillères du Bassin du Dauphiné |
| Début du creusement | 1959 |
| Fin du percement | 1960 (jonction effective avec le quartier du Devay en 1961) |
| Contraintes hydrogéologiques | Traversée complexe d’un karst aquifère ayant nécessité une déviation. L’eau s’écoule encore aujourd’hui. |
| Risque minier majeur | Phénomène de « dégagements instantanés » de gaz carbonique (CO2) sous très haute pression. |
| Technique de sécurisation | Emploi de « tirs d’ébranlement » (trous de forages de 20 mètres équipés de petites charges explosives pour fracturer la roche et purger le gaz préventivement). |
| Bilan humain (Tragédies) | 1968 : 1 mort 1971 : 8 morts |
| Fermeture définitive | 23 août 1983, consécutivement à un troisième dégagement instantané de CO2. |
| Vestiges archéologiques (Surface) | • Conduit en béton canalisant l’eau du karst • Tracé au sol de la voie étroite pour les berlines • Ruines du bâtiment du « basculeur » • Le « razzier » (terril de stériles partiellement végétalisé avec des pins) |
| État de conservation et Sécurité | Entrée obturée. Danger de mort : accès souterrain strictement interdit en raison de l’accumulation persistante de CO2 (asphyxie foudroyante). |
Un vestige silencieux à Saint-Arey
Perdue dans le paysage montagneux de Saint-Arey, au lieu-dit « Comba Nevouza », l’entrée de la galerie de Combe Névouse (niveau 15) semble aujourd’hui endormie. Pourtant, ce site offre un témoignage saisissant de l’activité minière du XXe siècle, mêlant prouesses techniques et drames humains. Si l’entrée est aujourd’hui obturée, les vestiges alentour racontent encore l’histoire du charbon dans le Dauphiné.

Avant : Le vallon de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1960, avant l’ouverture du niveau 15. Les installations visibles sont dédiées au stockage et à l’évacuation des stériles de creusement.
Apres : Le site de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1969. Mise en service de la galerie du niveau 15 et extension du terril. Au premier plan, le dispositif de déchargement des wagons par le bâtiment du basculeur.
1959 : Le combat contre l’eau et la roche
L’histoire commence véritablement en 1959, date du début du creusement de cette galerie stratégique. Les mineurs, dans leur progression vers les profondeurs, se heurtent rapidement à un obstacle naturel majeur : un karst rempli d’eau.
Cette poche d’eau souterraine a forcé les ingénieurs à dévier le tracé initial de la galerie. Aujourd’hui encore, cet événement géologique est visible : un écoulement d’eau permanent s’échappe du site, souvenir liquide de ce percement laborieux achevé en 1960 pour rejoindre le quartier du Devay en 1961.

Ouvrages de surface de la Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. À gauche, l’orifice de la galerie du niveau 15 ; à droite, le passage rectangulaire maçonné pour l’écoulement du ruisseau de la Combe.
Le danger invisible : Le CO2 et les « dégagements instantanés »
L’ennemi principal à Combe Névouse n’était pas seulement la roche, mais le gaz. Tout au long de son exploitation, la galerie a été le siège d’écoulements constants de gaz carbonique (CO2).
L’exploitation du quartier du Devay était particulièrement redoutée à cause du phénomène des dégagements instantanés. Contrairement au coup de grisou qui nécessite une étincelle, le dégagement instantané est une libération brutale et massive de gaz emprisonné sous pression. Le souffle est si puissant qu’il peut projeter des tonnes de roches et de matériel, balayant tout sur son passage.
Pour tenter de sécuriser la zone, les Houillères du Bassin du Dauphiné utilisaient la technique des « tirs d’ébranlement ».
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La méthode : On forait des trous de 20 mètres pour y placer de petites charges explosives.
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L’objectif : Fracturer la roche préventivement pour laisser le gaz s’échapper et faire tomber la pression avant d’envoyer les hommes extraire le charbon.

Émergence de l’exhaure de la galerie de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Point de rejet des eaux de mine et zone de risque liée aux émanations potentielles de gaz carbonique (CO2).
La tragédie de 1971 et la fin de l’exploitation
Malgré ces précautions techniques avancées, la nature est restée imprévisible. La galerie de Combe Névouse est tristement célèbre pour ses accidents mortels liés au gaz :
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1968 : Un premier accident coûte la vie à un mineur.[
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1971 : Une catastrophe majeure se produit, causant la mort de huit mineurs.
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1983 : Le 23 août, un troisième dégagement instantané scelle le destin du site, entraînant sa fermeture définitive.

Vestiges de l’installation du culbuteur, galerie de Combe Nevouse (cliché de 2010).
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour le promeneur ou l’amateur d’histoire industrielle, le site offre encore des indices visibles de son passé laborieux :
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L’eau : Canalisée aujourd’hui dans un conduit en béton pour stabiliser le terrain, elle continue de couler depuis le karst percé il y a 60 ans.
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Les rails : On devine au sol le tracé de la voie étroite où circulaient les berlines. Ces wagonnets servaient à évacuer les stériles (déchets de roche) vers le « razzier » (la zone de déversement).
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Le basculeur : Les ruines d’un petit bâtiment subsistent. C’est ici que les berlines étaient basculées pour vider leur contenu dans des camions-bennes en contrebas.
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Le razzier : Cette colline artificielle de déchets miniers a fait l’objet d’une tentative de revégétalisation. Des bénévoles y ont planté des pins, mais la toxicité ou la pauvreté du sol en a eu raison : la plupart sont morts, laissant un paysage singulier où seuls quelques arbres ont survécu.

Le terril de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Détail du canal d’évacuation des eaux d’exhaure et colonisation végétale pionnière sur le schiste.

Avant : Vue opérationnelle de la zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1970. Le complexe du niveau 15 des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD) assure alors l’extension du terril de stériles par le biais d’une rupture de charge ferroviaire et routière.
Apres : La zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2018. État du site après la fermeture du niveau 15 en 1997 et le démantèlement complet des installations de surface. On observe le razzier (terril) dans sa configuration définitive.
DANGER DE MORT : ACCÈS STRICTEMENT INTERDIT
Ne tentez jamais de pénétrer dans cette galerie. Au-delà des risques d’éboulement et du respect de la propriété privée, ce site présente une menace invisible et létale : un dégagement continu de gaz carbonique (CO2).
Ce gaz inodore s’accumule dans les parties basses et peut provoquer une asphyxie foudroyante sans signe avant-coureur. L’observation du site doit impérativement se limiter à l’extérieur.
J’ai moi même failli perdre la vie en tentant de pénétré dans la galerie.
Foire Aux Questions la galerie de CombeNevouse
1. Qu’est-ce que le site de Combe Névouse dans le bassin de la Matheysine ?
Combe Névouse est un site stratégique situé sur la commune de Susville (ou secteur de La Mure). Le Niveau 15 correspond à une galerie technique et d’extraction majeure située à une altitude d’environ 900-950 mètres. C’est un point de convergence essentiel pour le réseau souterrain des mines de la Matheysine.
2. Quel type de minerai était extrait par les HBD à cet endroit ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon de très haute qualité, caractérisé par une teneur en carbone très élevée (plus de 90 %) et un faible taux de matières volatiles. L’anthracite de la Mure était réputé pour être l’un des meilleurs au monde, utilisé tant pour le chauffage domestique que pour l’industrie.
3. Quel était le rôle spécifique du Niveau 15 ?
Le Niveau 15 servait de galerie de roulage principale et de niveau d’exhaure (évacuation des eaux). Il permettait de relier différents secteurs d’abattage aux puits d’extraction ou aux descenderies. Dans la structure complexe du bassin, ce niveau facilitait le transit du charbon vers le centre de tri et de lavage du Villaret.
4. Qui étaient l’exploitant du site ?
Le site a été exploité par les HBD (Houillères du Bassin du Dauphiné), l’une des divisions des Charbonnages de France lors de la nationalisation.
5. Quelles sont les techniques de soutènement visibles au Niveau 15 ?
Contrairement aux mines métalliques, les mines de charbon de la Matheysine utilisaient massivement :
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Des cintres métalliques (souvent de type Toussaint-Heintzmann) pour résister à la forte pression des terrains houillers.
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Des éléments de boisage en sapin ou mélèze (utilisés pour le coffrage ou comme témoins de pression).
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On y observe également des zones de travers-bancs creusées directement dans le rocher (le « stérile »).
6. Comment le charbon était-il transporté dans cette galerie ?
Le Niveau 15 était équipé de voies ferrées étroites. Le roulage y était intensif, assuré par des locotracteurs électriques (souvent alimentés par caténaires ou trolley) ou des locotracteurs diesel, tractant des rames de berlines à forte capacité.
7. Pourquoi le site présente-t-il des formations géologiques spectaculaires ?
En raison de l’arrêt des pompages et de la forte minéralisation, le Niveau 15 est le siège de phénomènes de concrétionnement rapide. L’eau chargée en fer et en carbonate crée des stalactites de limonite (« fleurs de fer ») et des dépôts de boues d’ocre (gley) qui recouvrent le sol sur plusieurs dizaines de centimètres.
8. Pourquoi trouve-t-on des concrétions ferrugineuses dans une mine de charbon ?
Bien que l’on extraie du charbon, les eaux d’infiltration traversent des couches riches en sulfures de fer (pyrite, marcassite) présentes dans les bancs de schistes permiens et carbonifères. En s’oxydant au contact de l’air des galeries, ces minéraux créent des dépôts d’ocre et des stalactites de limonite, donnant parfois un aspect « mine de fer » aux galeries abandonnées.
9. Quel est l’état actuel du patrimoine au Niveau 15 ?
Le site témoigne de la fin de l’épopée minière (fermeture définitive du bassin en 1997). On y trouve des vestiges de l’électrification (isolateurs, câbles), des conduites d’air comprimé pour les marteaux-piqueurs et les perforatrices, ainsi que les infrastructures de gestion des eaux qui continuent de drainer le massif.
10. Quelle est l’importance historique de ce niveau pour la Matheysine ?
Le Niveau 15 est un maillon de la « colonne vertébrale » souterraine qui a permis la survie économique du plateau pendant plus d’un siècle. Il illustre le passage de l’extraction artisanale à une industrialisation massive et mécanisée sous l’égide des HBD, marquant l’identité sociale et technique de toute une région.
Poursuivez votre exploration
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Sources et sites officiels
1. Sources d’Autorité & Archives (Crédibilité Historique)
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L’Inventaire Général du Patrimoine Culturel (Région AURA) : Pour une description technique et architecturale des vestiges industriels.
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Lien : patrimoine.auvergnerhonealpes.fr (Cherchez « Saint-Arey » dans leur base de données).
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Les Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour ceux qui veulent consulter les registres de concessions minières.
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Lien : archives.isere.fr
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Le Système d’Information Géologique (SIGES) – BRGM : Pour les données techniques sur le sous-sol et les anciennes concessions d’anthracite.
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Lien : sigessn.brgm.fr
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2. Musées et Réseaux Thématiques (Contexte Régional)
La mine de Combe Névouse fait partie intégrante du bassin minier de la Matheysine.
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Musée La Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le site de référence pour comprendre le travail des mineurs dans le bassin de La Mure.
-
Lien : mine-image.com
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3. Cartographie Historique (Expérience Utilisateur)
Rien n’est plus parlant que de comparer le site actuel avec les relevés anciens.
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Géoportail – Cartes de l’État-Major : Pour visualiser l’emprise de la mine et des voies ferrées (chemin de fer de la Mure) au XIXe siècle.
-
Lien : geoportail.gouv.fr (Activez la couche « Cartes de l’état-major 1820-1866 »).
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Remonter le Temps (IGN) : Pour comparer des photos aériennes de l’époque de l’exploitation avec aujourd’hui.
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Lien : remonterletemps.ign.fr
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4. Liens Locaux et Territoriaux
Pour ancrer votre article dans son territoire actuel.
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Mairie de Saint-Arey : Pour les informations pratiques et le contexte communal.
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Lien : saint-arey.fr
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Office de Tourisme Matheysine Tourisme : Pour lier le patrimoine minier aux sentiers de randonnée actuels (comme le sentier qui mène au pont de Cognet).
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Lien : matheysine-tourisme.com
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Bibliographie
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1. Le Lien avec le Transport (Essentiel pour Combe Névouse)
La mine de Combe Névouse était intrinsèquement liée au transport de l’anthracite. Ce livre décrit l’infrastructure ferroviaire qui passait à proximité.
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Titre : Le Chemin de Fer de La Mure
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Auteur : Patrice Bouillin
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Éditeur : Presses et Editions Ferroviaires
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ISBN : 978-2905447111
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Pourquoi ce choix : Saint-Arey et ses infrastructures minières sont indissociables de l’histoire du SGLM (Saint-Georges-de-Commiers – La Mure).
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Mémoire de fer et d’eau : La galerie d’exhaure du Niveau 21
Imaginez un tunnel de plus de 3 kilomètres, creusé à la main et à l’explosif, aujourd’hui silencieux et invisible, dormant sous des millions de mètres cubes d’eau. C’est le destin de la Galerie du Niveau 21 de Saint-Arey.
Situé sur la commune de La Motte d’Aveillans, cet ouvrage d’art est un témoin clé de l’histoire des Houillères du Dauphiné, désormais caché par le Lac de Monteynard. Plongée dans l’histoire d’une galerie fantôme.
Cet article explore la galerie d’exhaure du niveau 21 des mines de La Motte-d’Aveillans, ouvrage hydraulique crucial du bassin minier de la Matheysine. Cette infrastructure stratégique permettait l’évacuation des eaux d’infiltration vers le Drac, garantissant ainsi la sécurité des chantiers de fond de la Société des Mines de la Mure. Le reportage documente avec précision l’architecture maçonnée de ce tunnel technique, témoignant du génie civil souterrain de l’époque. C’est une immersion inédite au cœur des réseaux logistiques qui ont soutenu l’exploitation charbonnière dauphinoise.
Informations pratiques
| Catégorie | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation officielle | Galerie d’exhaure du Niveau 21 |
| Exploitant historique | Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure (puis HBD) |
| Localisation | Commune de Saint-Arey |
| Concession rattachée | Concession de La Jonche (1610 hectares) |
| Fonction primaire | Exhaure gravitaire (drainage des eaux vers le Drac) |
| Matériau extrait | Anthracite (Bassin houiller du Dauphiné) |
| Longueur totale | ~ 3 600 mètres (3,6 km) |
| Chronologie de percement | 1919 (début) — 1948 (achèvement complet) |
| Ouvrages liés | Puits des Rioux (jonction effectuée entre 1942 et 1946) |
| Architecture souterraine | Voûtes maçonnées (pierres de taille et briques), cadres en bois, renforcements métalliques |
| Incident majeur | Effondrement à la « cote 1380 » en 1952 (déblayage en 1954) |
| Statut actuel | Ennoyée (sous les eaux du Lac de Monteynard depuis 1962) |
| Visibilité | Uniquement lors des vidanges décennales du barrage de Monteynard |
La Galerie du Niveau 21 : Un destin lié aux mutations du bassin de La Mure
L’histoire de la galerie du niveau 21 est indissociable de celle de la concession de Jonche, créée officiellement le 12 août 1919. Malgré son potentiel, cette exploitation se heurta rapidement à une réalité géographique impitoyable : située au fond des gorges encaissées du Drac, la difficulté d’accès aux chantiers rendit toute rentabilité impossible.
Face à ces obstacles logistiques, la concession fut absorbée par la puissante Compagnie des Mines de La Mure. Fondée en 1856, cette dernière menait alors une stratégie active de rachat des petites concessions environnantes pour consolider le bassin. Sous cette nouvelle égide, la galerie du niveau 21 trouva une seconde vie technique : elle fut réaménagée pour devenir la galerie d’exhaure (évacuation des eaux) du puits des Rioux.
Ce n’est qu’en 1946, lors de la nationalisation des énergies, que l’ouvrage bascula dans le giron des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD), marquant ainsi la fin de l’ère des compagnies privées et l’intégration de la galerie dans le grand ensemble industriel d’État.
Un chantier interminable (1919-1948)[
L’histoire de la galerie commence avec la concession de La Jonche, un vaste territoire de 1610 hectares couvrant Mayres, Saint-Arey et Prunières, attribué en 1915. Lorsque la puissante Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure rachète cette concession pour étendre son empire souterrain, elle lance un chantier titanesque.
Le creusement débute en 1919. Il faudra attendre 1948 pour qu’il soit totalement achevé. Pourquoi si long ?
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Le chantier a subi de très nombreuses interruptions (guerres, crises économiques).
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La jonction finale s’est faite avec une galerie venant du Puits des Rioux (creusée, elle, entre 1942 et 1946).
Au final, la galerie atteint une longueur impressionnante pour l’époque : 3,6 kilomètres.
Le défi temporel : Les 29 ans nécessaires à sa complétion (1919-1948) s’expliquent par les interruptions liées aux deux Guerres mondiales et aux crises économiques, mais aussi par la complexité géologique des synclinaux de La Jonche.
L’importance stratégique : Le Niveau 21 était le point bas névralgique du réseau. Sa défaillance en 1952 a failli condamner l’exploitation profonde en provoquant une remontée des eaux sur plus de 2 mètres de hauteur dans les galeries de service.
Le sacrifice patrimonial : L’engloutissement de 1962 marque la transition énergétique du Dauphiné : la fin de la primauté du charbon au profit de l’hydroélectricité (EDF), scellant définitivement l’accès à ce témoin du génie civil souterrain.

L’entrée de la galerie du Niveau 21 émergeant des eaux du Drac. Ce cliché exceptionnel, réalisé en 2010 à la faveur d’un étiage marqué du fleuve, documente les dispositifs de mise en sécurité (grille de condamnation) des anciens travaux de fond après l’ennoyage du site.
À quoi servait cette galerie ?
1. Le problème : La mine est une « éponge »
Quand on creuse une montagne pour faire une mine, on crée un réseau de trous géant. La pluie qui s’infiltre dans le sol et les sources souterraines finissent toujours par couler dans ces galeries.
Si on ne fait rien, la mine se remplit comme une baignoire et les mineurs ne peuvent plus travailler : ils seraient noyés.
2. La solution : Utiliser la gravité (La « Gouttière » géante)
Dans une mine de montagne avec plusieurs niveaux (étages), l’eau coule naturellement du haut vers le bas.
Au lieu de dépenser énormément d’argent et d’énergie avec des pompes électriques pour remonter l’eau tout en haut, les ingénieurs utilisent une astuce : ils choisissent la galerie la plus basse possible qui débouche sur l’extérieur (dans votre cas, au fond des gorges du Drac).
Cette galerie devient l’égout ou la gouttière principale de la mine :
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Toute l’eau des étages supérieurs descend par des conduits naturels ou creusés.
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Elle arrive au niveau le plus bas (le Niveau 21).
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Elle s’écoule ensuite toute seule, naturellement et gratuitement, vers l’extérieur (la rivière).
3. Pourquoi c’est crucial ?
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Sécurité : Elle évite que les galeries du fond ne soient brusquement inondées.
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Économie : C’est le moyen le moins cher de garder une mine au sec. Pas besoin de pompes géantes qui tombent en panne, c’est la gravité qui travaille.
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Survie de la mine : Souvent, une mine qui n’est plus rentable pour extraire du charbon (comme la concession de Jonche) reste utile uniquement pour son drainage. Si on bouchait le Niveau 21, les autres mines reliées autour (comme le Puits des Rioux) seraient rapidement noyées sous des millions de litres d’eau.
L’exhaure est le terme technique désignant l’évacuation des eaux souterraines. Sans exhaure, les galeries seraient rapidement inondées par les nappes phréatiques.

Témoignage des processus de sédimentation souterraine lors d’un étiage exceptionnel du Drac. Ce document illustre l’interaction entre le réseau hydrographique de surface et les anciens travaux miniers ennoyés.
À la fin du XIXe siècle, la brique supplante souvent la pierre de taille dans les galeries de mine. Sa standardisation permet une mise en œuvre industrielle : les voûtes sont montées rapidement, sans nécessiter d’artisans tailleurs de pierre hautement qualifiés.
Au-delà du gain de temps, la brique offre un avantage structurel : sa porosité relative lui permet de mieux « respirer » face aux infiltrations. Là où une maçonnerie de pierre trop rigide pourrait éclater sous la pression de l’eau, la brique offre une souplesse qui préserve l’intégrité de la galerie.
L’effondrement de 1952 : La mine en péril
La nature reprend parfois ses droits violemment. En 1952, une catastrophe se produit : la galerie s’effondre à la « cote 1380 » (une mesure de distance interne).
Les conséquences furent immédiates :
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L’éboulement a agi comme un barrage, ralentissant l’évacuation de l’eau.
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Des sédiments et de la boue se sont accumulés, faisant monter le niveau de l’eau jusqu’à 2 mètres de hauteur dans la galerie.
Il a fallu attendre 1954 pour qu’une opération de sauvetage de la galerie soit lancée. Les équipes ont dû évacuer des quantités massives de boue pour restaurer le débit et sauver l’exploitation des niveaux inférieurs.

Vue de la galerie d’exhaure du Niveau 21 lors d’une décrue du Drac – 2010.
À cette époque (1900-1930), la méthode repose sur la prudence, le travail manuel et l’utilisation de sondages de reconnaissance. On ne « fonce » jamais directement dans l’éboulement sous peine de provoquer une rupture brutale qui emporterait tout le monde.
Voici les étapes techniques telles qu’elles étaient pratiquées :
Le Sondage de Reconnaissance (La priorité absolue)
Avant de toucher aux décombres, il faut impérativement vider l’eau de manière contrôlée.
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La technique : On utilise une perforatrice manuelle ou pneumatique (déjà courante début XXe) pour forer un trou de petit diamètre à travers l’éboulement ou à travers le « stot » (le pilier de roche restant).
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Le tube à clapet : On insère dans ce trou un tube métallique scellé avec un robinet ou une vanne à l’extrémité. On perce ensuite le dernier mètre de roche à l’intérieur du tube.
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L’évacuation : On ouvre la vanne pour laisser l’eau s’écouler progressivement dans les rigoles de la galerie saine (l’exhaure). Cela permet de faire baisser la pression hydrostatique sans risquer l’effondrement du bouchon de débris.
2. La gestion de l’air (Le danger des gaz)
L’eau stagnante depuis longtemps est un piège mortel :
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Gaz toxiques : En s’écoulant, l’eau libère souvent du sulfure d’hydrogène (H2S) ou du dioxyde de carbone (CO2, les « mofettes »).
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Grisou : Si la mine est grisouteuse, le vide libéré par l’eau peut se remplir de méthane.
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Action : Les mineurs utilisent des lampes de sûreté (type Davy ou Wolf) pour surveiller l’oxygène et les gaz. On installe des « canars » (conduites d’air en bois ou en toile) pour pulser de l’air frais au front de taille.
Le déblaiement par « Petite Section »
Une fois l’eau évacuée (ou ramenée à un niveau gérable), on attaque l’éboulement.
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Le boisage d’avancement : On ne déblaye pas tout d’un coup. On avance par « petites passes ». On installe des cadres en bois (chêne ou sapin) très serrés.
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Le lançage de palplanches (ou poussage de garnissage) : Si les débris sont meubles (boue, gravats mouillés), on enfonce des planches pointues (des « palplanches ») à coups de masse au sommet du cadre de bois, dans la masse de l’éboulement, pour créer un « toit » protecteur avant de retirer les débris dessous.
Le risque de « Coup d’eau » résiduel
Même si le niveau a baissé, des poches d’eau peuvent rester prisonnières dans les interstices des débris.
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Les mineurs travaillent souvent derrière un bouclier de bois (un barrage provisoire percé de trous) pour retenir une éventuelle poussée soudaine de boue.
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Le travail se fait à la main (pic et pelle) pour « sentir » le terrain. Au moindre sifflement d’air ou suintement anormal, on évacue.
La consolidation finale
Dès qu’un passage est ouvert, on procède au « boisage de fer » (renforcement lourd) ou au maçonnage si la galerie doit redevenir pérenne. Dans les mines de la Matheysine ou de la Mure, la pression des terrains était telle qu’on utilisait souvent des cadres en bois doublés.
En résumé, l’équipement du mineur de 1910 pour cette tâche :
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La lampe de sûreté (essentielle pour les gaz).
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Le fleuret de sondage (pour percer et vider l’eau).
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La hache et la scie (pour ajuster le boisage sur mesure).
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La pompe à bras ou à vapeur (si la pente de la galerie ne permet pas l’écoulement naturel).

Vue intérieure de la galerie d’exhaure du niveau 21. Ce collecteur inférieur, photographié en 2010, assure l’assèchement des chantiers supérieurs par drainage gravitaire.
Une galerie dépouillée ?
L’absence de rails, câbles ou tuyaux n’est pas un hasard. Soit l’équipement a été récupéré lors du démantèlement de la mine, soit l’humidité extrême imposait une installation minimaliste dédiée uniquement à l’eau.
Comprendre les secrets de la galerie : ce que les parois nous racontent
En observant de près l’architecture de la galerie, on découvre une véritable machine à remonter le temps. Voici trois indices clés pour décrypter son histoire :
1. Un mélange de matériaux : la brique et la pierre
On remarque sur les parois une cohabitation entre la pierre de taille (calcaire) et la brique rouge.
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La pierre : Témoigne des phases les plus anciennes de la mine ou des zones soumises à de fortes pressions rocheuses.
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La brique : Marque l’ère industrielle (XIXe siècle). Plus rapide à poser, elle symbolise la modernisation de l’ouvrage.
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Le petit plus : C’est une véritable « stratigraphie » visuelle : chaque matériau raconte une époque différente de la construction.
2. Les concrétions blanches : une mine « vivante »
Ces dépôts blancs que vous voyez sur les parois ne sont pas de simples taches. Ce sont des dépôts de calcite.
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L’explication : L’eau s’infiltre à travers les couches de roche supérieures, dissout les minéraux et les redépose ici. C’est la preuve que, même des décennies après sa fermeture, la galerie reste un environnement chimiquement actif.
3. L’absence de rails : un tunnel dédié à l’eau
Un détail important saute aux yeux : l’absence totale de rails au fond de l’eau.
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Le verdict : Cela confirme que cette galerie n’était pas utilisée pour transporter le charbon (le roulage). Sa mission était unique et vitale : servir de canal d’évacuation (exhaure) pour vider les eaux de la mine.
1. Le phénomène du « Paysan-Mineur » : Une spécificité matheysine
Jusqu’au début du XXe siècle, le mineur de La Mure n’est pas un ouvrier exclusif.
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La double activité : C’est un montagnard qui possède quelques bêtes et un lopin de terre. Il travaille à la mine l’hiver ou quand les travaux des champs le permettent.
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Le conflit d’agenda : Les compagnies privées se battaient contre l’absentéisme chronique lors des foires ou des moissons. Pour stabiliser cette main-d’œuvre volatile, les compagnies ont dû « professionnaliser » le métier en offrant des avantages que la terre ne donnait pas.
2. Des conditions de travail « à l’ancienne » (Manuelles et Animales)
Avant 1946, la mécanisation est balbutiante.
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L’abattage à la main : Le travail se fait à la barre à mine, au pic et à la poudre noire. C’est un travail de force pure dans une atmosphère saturée de fumées de tir et de poussière d’anthracite.
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L’éclairage : On utilise la chandelle, puis la lampe à huile, et enfin la lampe à acétylène (carbure). La lampe électrique de sécurité n’arrive que tardivement.
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Le roulage : Dans les galeries, ce sont les hommes (souvent des jeunes, les « galibots ») qui poussent les bennes. Les chevaux sont introduits massivement dans les années 1870-1880 pour les galeries principales (comme la galerie de la Replat). Leur sort est tragique : ils passent souvent des années au fond sans voir le jour.
3. Le Paternalisme des Perier : « Tout par la Compagnie, pour la Compagnie »
La famille Perier (banquiers et industriels) a façonné La Mure. Le but était de fixer l’ouvrier et d’éviter la contagion des idées révolutionnaires.
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Le logement : La Compagnie construit les premières cités (ex: Cité de la l’Église). Le logement est lié au contrat de travail : perdre son emploi, c’est perdre son toit.
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Les économats : La Compagnie créait ses propres magasins où les mineurs achetaient leurs vivres. Cela permettait de récupérer une partie des salaires versés.
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L’encadrement moral : La Compagnie finance l’église, les écoles religieuses et les fanfares. On soigne le corps (hôpital de la mine) pour que l’outil de production reste valide, mais on surveille aussi les esprits.
4. L’arrivée de la main-d’œuvre étrangère
Dès la fin du XIXe siècle, et surtout après l’hécatombe de la Grande Guerre (1914-1918), les locaux ne suffisent plus.
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Les Italiens : Ils arrivent en masse dès les années 1880. Souvent mal vus au départ (car utilisés pour briser les grèves ou acceptant des salaires moindres), ils s’intègrent par le fond.
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Les Polonais et les Grecs : Dans l’entre-deux-guerres, les concessions recrutent activement en Europe de l’Est.
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La hiérarchie sociale : Une hiérarchie s’installe au fond : les locaux occupent souvent les postes de « porions » (chefs de chantier) ou de boutefeux, tandis que les immigrés sont affectés aux tâches les plus rudes au « pique ».
5. Les luttes sociales : L’éveil de la conscience ouvrière
Malgré le contrôle social, le bassin de La Mure est le théâtre de grèves mémorables.
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La grève de 1906 : Dans le sillage de la catastrophe de Courrières (Nord), les mineurs de La Mure se soulèvent pour réclamer de meilleures conditions de sécurité et des augmentations de salaire.
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Le syndicalisme rouge : Contrairement à d’autres bassins, le syndicalisme matheysin devient très combatif, porté par une haine du « grand capital » représenté par les actionnaires parisiens des mines.
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Le tournant de la Guerre (1939-1945) : Pendant l’Occupation, les mineurs de La Mure jouent un rôle clé dans la Résistance (Maquis de l’Oisans et du Vercors). C’est cette force politique qui imposera la Nationalisation en 1946 pour « rendre la mine à la Nation ».
Synthèse pour votre analyse :
Si vous devez comparer cette époque à celle des HBD pour votre site web :
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Avant 1946 : C’est l’époque des « Seigneurs de la Mine » (les Compagnies). Le profit prime, la sécurité est rudimentaire, mais une solidarité de village préexiste.
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Après 1946 : C’est l’époque de la « Bataille du Charbon ». On rationalise, on mécanise, et le mineur devient un « héros de la reconstruction » avec un statut social protecteur garanti par l’État.
1962 : L’engloutissement par le barrage
Le destin de la Galerie du Niveau 21 bascule définitivement au début des années 60, non pas à cause de la mine, mais à cause de l’hydroélectricité.
La construction et la mise en eau du Barrage de Monteynard en 1962 ont scellé le sort de l’ouvrage. Située géographiquement bas dans la vallée, la galerie a été totalement noyée par la montée des eaux du lac artificiel. Cet événement a bouleversé la gestion de l’eau pour l’ensemble du réseau minier, obligeant les ingénieurs à repenser l’exhaure des niveaux profonds.
Le fantôme du lac (2010)
Aujourd’hui, la galerie est invisible. Cependant, lors de la vidange partielle du barrage en 2010, le niveau de l’eau a suffisamment baissé pour laisser réapparaître l’entrée de ce vieux tunnel, comme un spectre surgissant du passé.
Le devenir des eaux d’exhaure
Aujourd’hui, le voyage de l’eau ne s’arrête pas aux parois de la mine. Ces eaux d’exhaure, chargées en fer et en sulfates — ce qui leur donne parfois cette teinte orangée caractéristique — poursuivent leur chemin pour se mêler aux eaux du barrage du Drac. Ce flot continu unit ainsi, de manière invisible mais bien réelle, l’héritage industriel souterrain à l’écosystème actuel et aux grands paysages hydrauliques du Dauphiné.
La mine ne meurt jamais tout à fait ; elle continue de respirer et de drainer la montagne dans l’ombre.
AVERTISSEMENT : Les dangers invisibles des anciennes mines
Le patrimoine minier de notre région est un témoin de l’histoire, mais il constitue aujourd’hui un environnement hostile et instable. Contrairement aux grottes naturelles, les galeries de mine sont des ouvrages artificiels qui ne sont plus entretenus.
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Instabilité structurelle : L’humidité et le temps rongent les piliers et les boiseries. Un simple écho ou une vibration peut déclencher un effondrement.
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Atmosphère dangereuse : Dans les zones confinées, l’air peut s’appauvrir en oxygène ou se charger en radon (gaz radioactif naturel) ou en gaz toxiques issus de la décomposition des anciennes boiseries.
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Risque de chute : Les mines comportent souvent des liaisons verticales (puits de ventilation ou d’extraction) qui ne sont plus protégées. Une chute y est presque toujours fatale.
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Isolement : En cas d’accident sous terre, les secours sont extrêmement complexes, longs et mettent en péril la vie des sauveteurs.
Le saviez-vous ? La plupart des accidents mortels dans les mines abandonnées concernent des promeneurs ou des explorateurs non avertis. Respectez les barrières et le balisage.
Ce phénomène, redouté par les mineurs de l’époque sous le nom de ‘mofettes’ ou de ‘pousse’ (accumulation de gaz asphyxiants), rappelle que sans une ventilation active, la mine reprend ses droits et devient un environnement hostile à l’homme.
Foire Aux Questions la galerie du niveau 21 St Arey
1. Qu’est-ce qu’une galerie d’exhaure dans le contexte minier ?
L’exhaure désigne l’évacuation des eaux d’infiltration (nappes phréatiques, eaux de pluie) qui inondent naturellement les galeries souterraines. La galerie du Niveau 21 était un tunnel technique conçu spécifiquement pour drainer ces eaux par gravité vers l’extérieur (le ravin du Drac), évitant ainsi l’ennoyage des chantiers d’extraction situés en profondeur.
2. Pourquoi ce niveau est-il appelé « Niveau 21 » ?
Dans le bassin minier de la Matheysine, les niveaux étaient souvent nommés en fonction de leur altitude ou d’une nomenclature interne à la compagnie. Le Niveau 21 correspond à l’un des points les plus bas du réseau de l’époque, situé bien en dessous des galeries de circulation principales du puits des Rioux.
3. Quel est le lien entre cette galerie et le Puits des Rioux ?
La galerie d’exhaure du Niveau 21 prend naissance au pied du Puits des Rioux. C’est là que convergeaient les eaux collectées dans les différentes sections des mines de La Mure avant d’être canalisées vers cette sortie naturelle vers la vallée du Drac.
4. Pourquoi cette galerie est-elle aujourd’hui invisible la majeure partie du temps ?
Lors de la mise en eau du barrage de Monteynard en 1962, la vallée du Drac a été engloutie sous les eaux du lac artificiel. L’orifice de sortie (le débouché) de la galerie se trouvant à une altitude inférieure au niveau maximal du lac, l’ouvrage est en permanence immergé. Il n’est visible que lors des vidanges décennales ou d’importants abaissements du niveau du lac.
5. Comment cette galerie a-t-elle été construite ?
Témoignage du savoir-faire des ingénieurs du XIXe et du début du XXe siècle, la galerie présente une architecture soignée. Elle est majoritairement constituée de voûtes maçonnées en briques ou en pierres de taille, une technique indispensable pour résister à la pression des terrains et à l’érosion constante causée par le flux des eaux d’exhaure.
6. Peut-on encore visiter cet ouvrage aujourd’hui ?
Non, l’accès est strictement interdit et dangereux. Outre l’immersion quasi permanente par les eaux du lac de Monteynard, les galeries minières désaffectées présentent des risques majeurs d’effondrement, de présence de gaz ou d’envasement. Ce reportage photographique constitue l’un des rares témoignages visuels de cet aspect caché du patrimoine industriel dauphinois.
7. Quel était l‘impact de l’eau sur l‘exploitation de l’anthracite ?
L’eau était l’ennemi numéro un du mineur. Une défaillance du système d’exhaure (comme le bouchage de cette galerie) pouvait entraîner l’arrêt total de la production et mettre en péril la vie des ouvriers au fond. La maintenance du Niveau 21 était donc une priorité stratégique pour la Société des Mines de la Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Sites institutionnels et Musées (Sources primaires)
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La Mine Image : Le site officiel du musée souterrain de La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre le quotidien des mineurs sur le site même du puits des Rioux.
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Archives Départementales de l’Isère – Fonds des Houillères : En cherchant « Mines de la Mure » ou « HBD », on accède aux inventaires des plans et documents techniques d’époque.
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Le Petit Train de la Mure : Pour le contexte du transport de l’anthracite, indissociable de l’extraction.
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2. Ressources Historiques et Techniques spécialisées
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L’inventaire du Patrimoine de la Région AURA : Cherchez « Mines de la Mure » pour obtenir des fiches détaillées sur l’architecture industrielle du bassin.
- SigMines Isère (BRGM) : Pour les historiens-géologues, l’outil InfoTerre du BRGM permet de visualiser les concessions minières et les zones d’aléas (souvent lié aux anciennes galeries d’exhaure).
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3. Contexte Géographique et Barrage (L’engloutissement)
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EDF – Barrage de Monteynard-Avignonet : Pour comprendre les enjeux de la mise en eau en 1962 qui a noyé le débouché du Niveau 21.
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Remonter le Temps (IGN) : Un outil précieux pour comparer les photos aériennes de la vallée du Drac avant (années 1950) et après la construction du barrage.
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4. Vidéos et Reportages
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Ina.fr – Les mines de la Mure : En tapant « Mines de la Mure », on trouve des reportages d’époque (notamment sur la fermeture ou le travail au fond) qui illustrent parfaitement l’ambiance des galeries maçonnées.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (La « Bible » du bassin)Collectif (Musée de la Mine). (2010). Mémoire d’anthracite : Mines et mineurs de la Matheysine. Grenoble : Éditions Glénat.
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Pourquoi ce livre ? Publié à l’occasion du centenaire de la Mine Image, il contient des documents d’archives et des photographies rares sur les installations de surface et de fond.
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2. Sources historiques (Fonds anciens)
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Vicat, Robert-Félix. (1845). Notice sur les mines d’anthracite de la Mure.
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Pourquoi ce livre ? Source primaire. Vicat (l’inventeur du ciment artificiel) s’intéressait de près à la géologie locale. Ce document permet de comprendre l’état des mines avant les grands travaux d’exhaure du XXe siècle.
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Gignoux, Maurice & Moret, Léon. (1940). Géologie dauphinoise. Paris : Masson.
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Pourquoi ce livre ? Pour comprendre la structure géologique (synclinaux de La Jonche) qui explique pourquoi l’eau s’accumulait massivement dans les zones basses comme le Niveau 21.
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La Galerie Niveau 20 de Saint-Arey : Le Dernier Souffle des Mines de La Mure
Si vous vous promenez aujourd’hui dans les gorges du Drac, près de Saint-Arey, le silence règne. Pourtant, sous vos pieds et derrière la végétation, se cache l’un des ouvrages les plus importants et les plus récents de l’histoire des Houillères du Dauphiné : la Galerie du Niveau 20.
Cet article vous plonge dans l’histoire de ce tunnel titanesque de 6 kilomètres, véritable colonne vertébrale de l’exploitation charbonnière de La Mure à la fin du XXe siècle.
Découvrez l’histoire et la structure de la Galerie Saint-Arey (Niveau 20), pièce maîtresse du système d’exploitation des mines de Susville. Des méthodes de percement à la géologie du gisement d’anthracite, nous analysons l’importance stratégique de cette galerie dans le développement industriel du Dauphiné. Une immersion technique et historique indispensable pour comprendre l’héritage minier de la région.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques et Historiques |
| Nom de l’ouvrage | Galerie Saint-Arey (Niveau 20) |
| Site Minier | Mine de Susville |
| Bassin Houiller | Bassin de la Matheysine (Dauphiné) |
| Localisation | Saint Arey, Isère (38), France |
| Substance exploitée | Anthracite (charbon de haute qualité, faible teneur en matières volatiles) |
| Altitude / Niveau | Niveau 20 (Référence altimétrique spécifique au réseau du Peychagnard) |
| Période d’activité | 1975-1997 |
| Type d’ouvrage | Galerie de desserte (Travers-bancs) |
| Mode de percement | Machines de percement et explosif |
| Soutènement | Soutènement en cintres métalliques |
| Géologie du terrain | Terrains carbonifères du dôme de la Mure (grès, schistes et couches d’anthracite) |
| Fonction principale | Accès aux chantiers d’abattage et roulage du minerai vers les puits ou le plan Richard |
| Infrastructure associée | Camions type dumper articulés |
| Statut actuel | Site patrimonial / Vestiges historiques (accessibilité restreinte/sécurisée) |
1. Un ouvrage titanesque au cœur de la montagne
La Galerie du Niveau 20, située au lieu-dit La Baume, n’était pas une simple galerie de mine. C’était une artère vitale creusée pour moderniser et prolonger l’activité du bassin minier.
Construction et dimensions
Le percement débute en 1975 et s’achève en 1987, réalisé par les sociétés EGCEC et FORCAL.[1] C’est un chantier de longue haleine qui aboutira à des dimensions impressionnantes :
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Longueur initiale : 4 200 mètres.
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Extension en 1987 : La galerie atteint 6 000 mètres pour opérer la jonction avec la concession du Peychagnard (via la descenderie des Éperons).
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Section : Une entrée massive d’environ 5 mètres de large sur 2,50 mètres de haut.
Un point de jonction stratégique
Dès 1979, la galerie est connectée au quartier des Chuzins. Elle devient alors le nœud central du réseau souterrain, reliant :
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La Galerie de Gaillaure.
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Le Puits des Rioux (situé sur Prunières).
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Le Puits du Villaret (à Susville).
2. Le creusement des travers-bancs
Un travers-banc est une galerie horizontale tracée dans le rocher (le « stérile ») perpendiculairement aux couches de charbon pour les rejoindre depuis les puits ou les galeries principales. Dans les années 70 à La Mure, le creusement était devenu très mécanisé. On utilisait :
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Des jumbos de perforation (engins avec des bras articulés portant des perforateurs hydrauliques ou pneumatiques) pour forer les trous de mine.
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L’explosif pour l’abattage du rocher.
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Des chargeuses performantes pour évacuer les déblais.
3. L’étayage par cintres métalliques
À cette époque, le boisage traditionnel (étançons en sapin ou chêne) était largement remplacé dans les galeries principales par le soutènement métallique, plus résistant à la pression énorme des massifs de montagne (très forte à La Mure en raison de la tectonique alpine).
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Types de cintres : On utilisait souvent des cintres coulissants (type TH – Toussaint-Heintzmann). Ces arcs d’acier sont composés de plusieurs segments qui s’emboîtent. Sous la pression du terrain, ils peuvent « glisser » légèrement tout en maintenant leur portance, ce qui évite qu’ils ne se tordent ou ne cassent brutalement.
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Garnissage : Entre les cintres et la paroi, on plaçait des éléments de garnissage (grillages métalliques, plaques de béton ou de bois) pour empêcher les chutes de petits blocs.
4. La circulation des camions (Le « Trackless Mining »)
C’est l’un des changements les plus radicaux des années 70 à La Mure. On est passé du transport par rails (berlines tractées par des locotracteurs) au transport sur pneus, dit « trackless » (sans rails).
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Pourquoi des camions ? Pour plus de souplesse et de rapidité. Les camions (souvent des dumpers articulés spécifiquement conçus pour la mine, comme les marques Joy ou Eimco) pouvaient circuler directement du front de taille jusqu’aux points de déchargement sans les contraintes de pose de voies ferrées.
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Aménagement des galeries : Pour permettre la circulation de ces engins (souvent imposants), les galeries principales et les travers-bancs devaient être creusés avec des sections beaucoup plus larges qu’autrefois (parfois 15 à 20 m² de section).
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L’exemple du Villaret : Le puits du Villaret (mis en service dans les années 40 mais modernisé par la suite) et les grandes galeries de liaison vers les nouveaux quartiers d’exploitation étaient le théâtre de ce va-et-vient de véhicules diesel équipés de filtres spéciaux pour l’échappement.
Le contexte de l’époque
En 1975, les mines de La Mure sont dans une phase de rationalisation. L’anthracite de La Mure est le meilleur du monde (très pur, brûlant sans fumée), mais l’extraction est difficile à cause de la géologie tourmentée des Alpes. La mécanisation à outrance (cintres lourds, engins sur pneus) était la seule solution pour maintenir la production face à la concurrence des charbons d’importation, avant la fermeture définitive du bassin en 1997.

Vue de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume, témoignant des travaux de mise en sécurité du site. L’ouvrage est scellé par un murage en maçonnerie, complété par une cheminée d’évent spécifique. Ce dispositif permet l’évacuation contrôlée du dioxyde de carbone (CO₂) d’origine naturelle ou résiduelle, évitant ainsi toute mise en pression de la galerie et garantissant la sécurité des riverains.
5. À quoi servait la Galerie du Niveau 20 ?
Contrairement aux idées reçues, toutes les galeries ne servent pas uniquement à extraire du charbon. Le « Niveau 20 » avait trois fonctions critiques pour la survie de la mine et des mineurs :
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La logistique (Transport) : C’était l’autoroute du sous-sol. La quasi-totalité du matériel lourd passait par ici pour rejoindre les chantiers d’abattage (sauf le matériel du niveau 17 qui passait par le Villaret). Elle a aussi servi à évacuer les stériles (roches sans charbon) des Chuzins jusqu’en 1989.
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L’aérage (Ventilation) : Une mine doit respirer. Cette galerie permettait d’apporter de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.
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L’exhaure (Drainage) : Située à un point bas, elle collectait les eaux d’infiltration de la mine, mais aussi un ennemi invisible : le gaz carbonique (CO2).
Il existait une galerie encore plus profonde, dite « Galerie du Drac », située sous le niveau 20, exclusivement dédiée à l’évacuation des eaux.
Le secteur de Saint-Arey / La Baume / Combe Nevouse représente l’une des zones les plus complexes et les plus dangereuses de l’histoire des mines de La Mure, particulièrement durant la période de modernisation des années 70.
L’accident le plus marquant et le plus tragique lié à ces lieux (et plus précisément à la zone de Combe Nevouse) est celui du 19 janvier 1971, mais la configuration technique que vous décrivez (camions et cintres métalliques) a également généré d’autres types d’incidents moins connus mais révélateurs des risques de l’époque.
Voici les éléments contextuels sur les accidents dans ces galeries :
6. La tragédie de Combe Nevouse (19 janvier 1971)
Bien que légèrement avant 1975, cet accident a hanté la mémoire des mineurs de la « fin de la mine ».
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La cause : Un Dégagement Instantané (DI) massif de dioxyde de carbone (acide carbonique). À La Mure, le danger n’était pas seulement le grisou (méthane), mais surtout ces poches de gaz carbonique sous pression dans le gisement d’anthracite.
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Le bilan : 6 morts.
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Le mécanisme : Lors de l’avancement d’une galerie, la paroi a littéralement explosé sous la pression du gaz, projetant des centaines de tonnes de charbon pulvérulent et asphyxiant instantanément les mineurs. Cet accident a montré que malgré le soutènement lourd (cintres métalliques), la pression gazeuse restait imprévisible.
7. Les risques liés à la circulation des camions (Années 75)
Comme vous l’avez souligné, l’introduction du transport « trackless » (sans rails) par camions dans les travers-bancs de liaison entre La Baume et Saint-Arey a changé la nature des accidents :
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Les incendies et fumées : La présence de gros moteurs diesel et de réservoirs de carburant dans des galeries parfois confinées augmentait le risque d’incendie. Un feu de pneu ou de moteur de dumper sous terre était une catastrophe en raison de l’opacité des fumées.
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Les accidents de circulation : Le passage de camions imposants dans des galeries où circulaient aussi des hommes à pied a provoqué des accidents de collision ou d’écrasement. La visibilité était souvent réduite par la poussière soulevée par les pneus.
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Le problème du freinage : Les galeries de La Mure n’étaient pas toujours parfaitement horizontales. Des défaillances de freinage sur des engins chargés dans les rampes ont causé plusieurs frayeurs et incidents matériels sérieux dans le secteur de la Baume.
8. La pression des terrains et le soutènement métallique
Dans les secteurs profonds comme ceux de Combe Nevouse, la montagne « bougeait » énormément.
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Le flambage des cintres : Même les cintres métalliques les plus lourds (type TH) finissaient par se tordre sous la pression de la roche. Il n’était pas rare que des galeries dimensionnées pour les camions se rétrécissent en quelques mois, obligeant à des travaux de « recoupement » (élargissement) très dangereux.
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Les chutes de blocs : Le creusement des travers-bancs de grande section (pour laisser passer les camions) créait de grandes surfaces de toit à nu avant la pose des cintres. C’était le moment le plus critique pour les mineurs, exposés aux « coups de toit ».
Pourquoi ce secteur était-il si spécifique ?
La liaison La Baume – Saint-Arey était stratégique car elle permettait de relier les nouveaux quartiers d’extraction au Puits du Villaret (lavoir). Le charbon de Combe Nevouse était d’une qualité exceptionnelle (anthracite pur), mais le gisement était très tourmenté par la tectonique alpine.
Accident précis impliquant un camion en 1974 ou 1975 :
Il y a eu de nombreux incidents de « dérapage » ou de sorties de piste de dumpers dans les galeries de liaison à cette époque, souvent dus à l’état du sol (mélange de poussière de charbon et d’eau rendant la piste glissante). Ces accidents ont conduit à renforcer la sécurité sur la signalisation et l’éclairage des grandes galeries de roulage.

Avant
État des lieux du vallon de La Baume avant l’aménagement du carreau. Cliché de prospection daté de 1969, illustrant la topographie originelle du site avant le début des travaux de terrassement et l’implantation des premières infrastructures d’extraction.
Apres
Vue panoramique du carreau de la mine de La Baume (Isere), 1978. État des installations de surface et des infrastructures de chantier durant la phase d’activité contemporaine. Archives historiques de l’exploitation minière.
6. Les dangers de La Baume : Gaz et Tragédie
L’histoire minière est indissociable du risque. Le site de Saint-Arey garde la mémoire de ces dangers.
Le piège du CO2
La galerie servait d’exhaure pour le gaz carbonique, un gaz lourd qui « coule » comme de l’eau. Une cheminée (encore visible aujourd’hui) était destinée à disperser ce gaz dans l’atmosphère. Avant sa construction, le canal d’exhaure était un véritable piège mortel pour la faune locale : on y retrouvait souvent de petits mammifères et oiseaux, asphyxiés par le gaz stagnant au ras du sol.
Le souvenir de 1975
Le percement de cette galerie a été endeuillé dès son commencement. En 1975, un accident tragique a coûté la vie à des mineurs. Une stèle commémorative rappelle aujourd’hui leur sacrifice.
« Lors de la redécouverte des vestiges de cette galerie, l’étroitesse de l’entrée ne laissait qu’une seule voie d’accès : un caniveau d’exhaure partiellement dégagé. Pensant pouvoir franchir l’obstruction, j’ai tenté de m’y introduire en rampant au ras du sol. C’est alors que j’ai perçu, à quelques centimètres de mon visage, des cadavres d’oiseaux — signe fatal et pourtant trop tardivement compris de la présence de gaz délétères.
Avant même de pouvoir reculer, j’ai perdu connaissance, piégé par une poche de gaz stagnante. Je ne dois mon salut qu’à la réactivité de mon collègue qui, me voyant sombrer, m’a tiré par les pieds hors du caniveau vers l’air libre. Cet incident rappelle brutalement la dangerosité des exploitations abandonnées. Bien que j’aie toujours pratiqué le test du briquet tempête pour vérifier la présence d’oxygène au sol, cet épisode démontre que dans l’atmosphère confinée d’une mine, la frontière entre l’observation scientifique et l’accident mortel est infime. »
C’est une observation tout à fait exacte et tragiquement confirmée par les médecins du travail et les historiens des mines. Les « traceurs » (ceux qui creusaient les travers-bancs dans le rocher) étaient effectivement beaucoup plus exposés à une forme foudroyante de silicose que les « abatteurs » (ceux qui extrayaient le charbon).
Voici pourquoi cette différence était si marquée, particulièrement dans les années 70 à La Mure :
7. La nature de la poussière : Silice vs Carbone
C’est le facteur principal.
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À l’abattage : Le mineur travaille dans le charbon (l’anthracite). La poussière est composée essentiellement de carbone. Elle provoque la pneumoconiose (ou anthracose), une maladie grave, mais qui met souvent plus de temps à devenir invalidante.
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Dans les travers-bancs : Pour rejoindre les couches de charbon, on doit traverser des couches de rocher stérile (grès, schistes quartzites). Ce rocher contient une très forte proportion de silice cristalline (quartz). La silice est extrêmement « agressive » pour les alvéoles pulmonaires : elle crée des cicatrices (fibroses) qui détruisent le poumon beaucoup plus vite que la poussière de charbon.
8. La mécanisation des années 70 : le « progrès » dangereux
Comme vous l’avez mentionné, dans les années 75, on utilisait des machines puissantes pour creuser les travers-bancs (jumbos de perforation, chargeuses, camions).
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La perforation : Les marteaux-perforateurs pneumatiques ou hydrauliques tournaient à très haute vitesse pour forer les trous de mine dans le rocher dur. Cette vitesse de rotation broyait la roche en une poussière impalpable, la « fleur de silice », presque invisible à l’œil nu mais mortelle car elle pénètre au plus profond des poumons.
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L’insuffisance de l’arrosage : Bien que l’injection d’eau dans les fleurets (mèches) soit devenue obligatoire, elle n’était pas toujours suffisante ou pratiquée rigoureusement pour ne pas « noyer » le chantier ou gêner la progression des camions sur le sol.
9. Le confinement des travers-bancs
Les travers-bancs sont des galeries « en cul-de-sac » pendant toute la durée de leur creusement.
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Contrairement aux tailles (zones d’abattage) où un courant d’air traverse le chantier, le front d’avancement d’un travers-banc est ventilé par des « canars » (tuyaux de ventilation).
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La ventilation y était souvent moins efficace, laissant stagner un nuage de poussière de roche très concentré, aggravé par les gaz d’échappement des camions et des engins diesel qui remuaient la poussière déposée au sol.
10. Le paradoxe du « mineur de rocher »
Les traceurs de travers-bancs étaient souvent considérés comme l’élite des mineurs. C’était un travail de haute technicité, exigeant une grande force physique et payé par des primes d’avancement importantes.
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Parce qu’ils étaient robustes, ces mineurs inhalaient de plus grands volumes d’air lors de l’effort, et donc plus de poussière.
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On a vu des cas de silicose aiguë (parfois appelée « silicose galopante ») chez des jeunes mineurs ayant passé seulement quelques années au rocher, alors que des mineurs de charbon pouvaient tenir 20 ans avant d’être « essoufflés ».
Le bilan à La Mure
À La Mure, la dureté exceptionnelle du rocher alpin rendait le creusement des galeries de liaison (comme celles de Saint-Arey ou de la Baume) particulièrement redoutable. Les années 70, malgré le confort relatif apporté par les cintres métalliques (qui sécurisaient contre les éboulements) et les camions (qui évitaient de pousser des berlines), ont été des années où la poussière de silice est devenue plus fine et plus abondante à cause de la puissance des outils.
C’est pour cette raison que de nombreux anciens mineurs de La Mure, qui travaillaient au « rocher », ont été touchés par des taux d’invalidité très élevés peu de temps après leur départ de la mine.
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
11. Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour l’amateur d’exploration (urbex) ou le randonneur curieux, le site a radicalement changé. Situé dans la gorge du Drac, la nature reprend ses droits.
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Installations rasées : Tous les bâtiments techniques ont été détruits après l’arrêt de l’exploitation.
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L’entrée murée : L’entrée de la galerie est toujours là, mais elle est obturée (murée) pour des raisons de sécurité évidentes.
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Vestiges visibles : On peut encore apercevoir la cheminée d’aération (la tour en béton) et le tracé du caniveau d’exhaure.
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Le Razzier : Un immense éboulis (razzier) surplombe la zone d’accès, témoin de la géologie tourmentée du lieu.

Vue frontale de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume (2015). Ce vestige de l’exploitation minière illustre la phase de mise en sécurité du site, avec sa cheminée d’aérage spécifique pour l’évacuation du dioxyde de carbone et l’installation récente d’un périmètre de protection.
Foire Aux Questions galerie de la Baume
1. Qu’est-ce que le « Niveau 20 » et à quoi correspond cette appellation ?
Le terme « Niveau 20 » est une référence altimétrique spécifique au réseau des mines de la Matheysine (système du Peychagnard). Il ne s’agit pas de la profondeur, mais d’une côte de niveau. Cette galerie constitue l’une des dernières grandes infrastructures de modernisation des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
2. Quelle était la fonction principale de cette galerie de 6 kilomètres ?
Contrairement aux galeries de traçage qui suivent la veine de charbon, le Niveau 20 était une galerie de desserte (travers-bancs). Elle servait de « colonne vertébrale » pour :
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Le transport : Acheminer le matériel lourd vers les chantiers d’abattage.
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L’aérage : Assurer la circulation de l’air frais dans les profondeurs.
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L’exhaure : Drainer les eaux de la mine et canaliser les gaz lourds (CO2).
3. Pourquoi le site de La Baume est-il considéré comme un ouvrage « récent » ?
Le percement a débuté en 1975 et s’est achevé en 1987. C’est un ouvrage de la phase de concentration et de modernisation ultime du bassin minier de La Mure, peu de temps avant la fin de l’exploitation (le « dernier souffle » du bassin).
4. Quel est cet ennemi invisible souvent mentionné : le CO2 ?
La mine de Saint-Arey est sujette aux émanations de dioxyde de carbone (CO2), un gaz lourd qui s’accumule au sol et chasse l’oxygène. C’est ce gaz, et non le grisou (méthane), qui représentait le danger principal à cet endroit, provoquant des asphyxies foudroyantes.
5. Pourquoi voit-on une haute cheminée métallique sur les photos du site actuel ?
Il s’agit d’une cheminée d’évent. Même après la fermeture, la mine continue de « dégazer ». Le CO2 étant plus lourd que l’air, il s’écoule vers les points bas (comme l’entrée de la galerie). La cheminée permet d’évacuer ce gaz par tirage naturel et de le disperser en hauteur pour éviter qu’il ne stagne au sol et ne devienne mortel pour les promeneurs ou la faune.
6. Peut-on encore visiter l’intérieur de la galerie ?
Absolument pas. Pour des raisons de sécurité publique, l’entrée a été condamnée par un murage massif en maçonnerie. Le risque d’anoxie (manque d’oxygène) et les risques d’effondrements internes rendent toute tentative d’intrusion extrêmement dangereuse, comme en témoignent les accidents historiques.
7. Quels sont les vestiges encore visibles sur le carreau de La Baume ?
Aujourd’hui, la nature reprend ses droits, mais on peut encore observer :
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L’entrée murée de la galerie.
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La cheminée de dégazage.
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Le tracé de la cunette d’exhaure (le caniveau d’évacuation des eaux).
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La stèle commémorative en hommage aux mineurs qui ont perdu la vie lors du percement en 1975.
8. Quel type de minerai était exploité via cette galerie ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon d’une pureté exceptionnelle, très riche en carbone et pauvre en matières volatiles, qui faisait la renommée mondiale du bassin de La Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exhaure du niveau 21»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Archives Institutionnelles et Inventaires
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Archives Départementales de l’Isère (AD38) : C’est la source primaire pour les plans de concession, les rapports des ingénieurs des mines et les dossiers du personnel des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Recherche dans les fonds des Mines de la Mure (Cherchez les cotes liées à la concession de Prunières/Saint-Arey).
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BRGM – InfoTerre : Pour accéder aux fiches de l’Inventaire National des Cavités et aux rapports de fin d’exploitation (https://www.google.com/url?sa=E&q=https%3A%2F%2Farchives.isere.fr%2Fcliquez sur l’onglet « Données » puis « Dossiers de sous-sol »).
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Légifrance (Annales des Mines) : Pour retrouver les décrets de concession originaux (XIXe siècle).
2. Musées et Associations de Sauvegarde
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La Mine Image (Musée de la mine à La Motte-d’Aveillans) : Le site de référence pour la mémoire ouvrière et technique du plateau. Bien que Saint-Arey soit plus au sud, les techniques de soutènement et d’extraction y sont documentées.
3. Études Techniques et Géologiques
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Géologie du Dauphiné (Site de Maurice Gidon) : Une analyse géologique très fine du secteur de La Mure et de la faille de Saint-Arey.
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Inventaire des Réseaux Spéciaux et Souterrains (IRSS) : Ce site compile souvent des fiches techniques sur l’état actuel des galeries (accès, sécurité, topographie).
4. Cartographie et Localisation Précise
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Géoportail (IGN) : Utilisez les « Cartes de l’État-Major » et les « Photographies aériennes 1950-1965 » pour visualiser l’emprise des carreaux de mine et des entrées de galeries avant la renaturation.
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Accès au Géoportail (Activez la couche « Carte géologique »).
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5. Documentation Iconographique et Vidéos
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INA (Institut National de l’Audiovisuel) : Recherche sur « Mines de la Mure » ou « Houillères du Dauphiné » pour voir des reportages d’époque montrant les mineurs au travail, notamment dans les secteurs escarpés.
Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Monographies)
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ASSOCIATION LA MINE IMAGE. Les Gueules Noires de la Mure : Cent cinquante ans d’histoire des Houillères du Bassin du Dauphiné. Ouvrage collectif.
2. Études Géologiques et Techniques
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GIDON, Maurice. Géologie de la Matheysine. (Travaux disponibles via le portail Geol-Alp). Indispensable pour comprendre la complexité tectonique du secteur Saint-Arey et la difficulté de l’exploitation en dressants.
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HAUDOUR, Jean & SARROT-REYNAULD, Jean. Le bassin houiller de La Mure (Isère) : étude géologique. Bulletin du Service de la Carte Géologique de la France, 1964.
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SARROT-REYNAULD, Jean. Étude géologique du dôme de La Mure (Isère) et des régions annexes. Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France, 1961.
3. Articles et Publications Scientifiques
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BAILLY-MAÎTRE, Marie-Christine. « Les mines de plomb et d’argent en Oisans et en Matheysine au Moyen Âge ». Revue de géographie alpine. (Bien que centré sur le Moyen Âge, ses travaux posent les bases de l’histoire minière dauphinoise)
4. Sources d’Archives (Cotes spécifiques AD38)
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Fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) : Archives départementales de l’Isère, Série S (Travaux publics) et surtout la Série J (Fonds privés et d’entreprises).
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Série 108 J : Fonds des Houillères de la Mure (plans de galeries, rapports d’accidents, dossiers du personnel).
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Série 7 S : Mines et carrières (dossiers de concessions du XIXe siècle, notamment pour la concession de Prunières dont dépend Saint-Arey).
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5. Rapports Institutionnels
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) :
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Inventaire des archives minières des HBD.
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Rapports de mise en sécurité (DREAL/UTAM) effectués lors de la fermeture définitive des accès dans les années 1990-2000.
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Les Vestiges du Télébenne de Versenat : Sur les traces de l’or noir de Matheysine
Si les câbles et les bennes ont aujourd’hui disparu du ciel de la Mure, le plateau de la Matheysine garde en son sein les cicatrices de son passé minier. Parmi elles, les embases maçonnées du télébenne de Versenat subsistent comme les derniers témoins d’une prouesse logistique oubliée. Voyage au cœur de l’archéologie industrielle en Isère.
Découvrez l’histoire et les vestiges de la télébenne de Versenat, élément clé du système de transport des mines de La Mure. Des structures de béton aux mécanismes de l’époque, plongez au cœur du patrimoine minier de l’Isère pour comprendre comment l’anthracite a façonné le territoire de la Matheysine.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation | Télébenne (ou téléphérique industriel) de Versenat |
| Exploitant | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Localisation | Versenat (commune de La Motte-d’Aveillans / Susville), Isère |
| Bassin Minier | Plateau de la Matheysine |
| Fonction principale | Transport des stériles du point d’extraction vers le terril |
| Type de système | Téléphérique bicâble (généralement système type Bleichert ou Pohlig) |
| Point de départ | Sortie du lavoir |
| Point d’arrivée | Terril des Combes de Versenat |
| Matériau transporté | Stériles issu du lavoir |
| Énergie | Électrique (moteurs asynchrones en station motrice) |
| Infrastructures visibles | Embases en béton, pylônes tronqués, restes de stations de tension |
| Période d’activité | Apogée au XXe siècle (abandon en 1968 lors de l’ouverture du terril du Villaret) |
| Intérêt patrimonial | Témoin de la mécanisation des transports en site escarpé |
Un fantôme industriel dans le paysage Dauphinois
Pour le promeneur non averti, ce ne sont que des blocs de béton et de pierre grise émergeant de la végétation. Pourtant, pour l’historien et le passionné de patrimoine, ces socles sont les racines d’un géant de fer : le télébenne de Versenat.
Situé sur la commune de La Motte-d’Aveillans, ce dispositif était une pièce maîtresse du système de transport des Mines de la Mure. Aujourd’hui, bien que les pylônes métalliques aient été démantelés, ces bases maçonnées dessinent encore, en pointillé, la trajectoire du charbon à travers la montagne.

Photographie aérienne de 1951 montrant le parcours du télébenne (tracé en jaune).
À quoi servait le télébenne de Versenat ?
Le plateau matheysin était un véritable labyrinthe de puits de mine et de galeries. Le télébenne (ou téléphérique industriel) était la solution la plus économique pour franchir les dénivelés complexes de la région.
Le transport des stériles
Le rôle principal du télébenne de Versenat n’était pas de transporter le charbon pur, mais d’évacuer les stériles (les roches sans valeur extraites en même temps que l’anthracite). Ces résidus étaient acheminés depuis les centres de tri et de lavage (notamment le Villaret) pour être déversés sur le terril de Versenat.
Une mécanique de précision
À l’époque, des centaines de bennes circulaient suspendues à un câble porteur, actionnées par un câble tracteur. Ce ballet incessant permettait de traiter des tonnages massifs, nécessaires pour maintenir la rentabilité de l’exploitation minière jusqu’à la fin du XXe siècle.

Avant : Vue aérienne du complexe minier en 1960 : la gare de départ du télébenne et le lavoir.
Apres : Vue aérienne de 1969 : Entre vestiges du télébenne et modernisation du lavoir.
Pourquoi ne reste-t-il que les bases maçonnées ?
Après la fermeture définitive des Mines de la Mure en 1997, le démantèlement des infrastructures a été entrepris pour des raisons de sécurité et de récupération des matériaux.
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Le recyclage du métal : Les pylônes en treillis d’acier ont été découpés et envoyés à la ferraille.
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L’ancrage au sol : Seules les fondations, blocs massifs de béton et de maçonnerie ancrés profondément dans le sol pour supporter des tonnes de tension, ont résisté au temps et aux pelleteuses.
Ces bases sont aujourd’hui des bornes historiques. Elles permettent de visualiser l’emprise au sol et l’ampleur de l’installation, marquant le paysage d’une empreinte indélébile.

Vestiges d’un pylône de télébenne : la reconquête végétale (2015).
Un massif de béton brut, reste d’un poteau porteur intermédiaire, se laisse peu à peu envahir par la nature sauvage.
L’archéologie industrielle : Une nouvelle façon de visiter la Matheysine
Visiter le site de Versenat aujourd’hui, c’est pratiquer l’archéologie de terrain. C’est un lieu privilégié pour comprendre comment l’industrie a façonné la topographie locale.
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Le Terril de Versenat : À proximité des bases de pylônes, cette montagne artificielle de schiste noir témoigne de l’accumulation des matériaux transportés pendant des décennies.
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La lecture du tracé : En alignant les socles restants, on peut encore deviner la ligne droite parfaite que suivaient les bennes au-dessus de la vallée.
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Compléter la visite : Pour comprendre le fonctionnement de ces machines, un passage par le Musée de la Mine Image (à la Motte-d’Aveillans) est indispensable pour voir des maquettes et des archives d’époque.

Vestige métallique non identifié émergeant d’un massif en béton, ancienne gare d’arrivée du télébenne. Photo prise en 2015.
Conclusion : Préserver la mémoire de la pierre
Le télébenne de Versenat a peut-être perdu ses membres d’acier, mais son squelette de pierre raconte toujours l’histoire de la sueur et du labeur des mineurs du Dauphiné. Ces vestiges sont essentiels pour ne pas oublier que sous ces pâturages paisibles battait autrefois le cœur industriel de la France.

Détail d’une fondation avec vestige de poteau métallique (cliché de 2015).
1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert
Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :
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Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.
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Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.
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Les « Grands Bureaux » et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.
2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid
Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.
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L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.
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La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les « trieurs » finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.
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Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.
3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »
Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.
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Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.
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Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.
4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière
Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.
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Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.
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La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.
5. La dynamique « Jour / Fond » : Une solidarité complexe
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Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls « vrais » mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.
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L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.
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La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.
6. L’héritage architectural
Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du « Jour » :
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Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).
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Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.
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Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.
Foire Aux Questions vestiges télébennes de Versenat
1. Qu’est-ce qu’une télébenne dans le contexte minier ?
Une télébenne est un système de transport aérien par câbles (similaire à un téléphérique) utilisé pour acheminer le charbon brut depuis les points d’extraction escarpés vers les centres de traitement (lavoirs) ou les gares d’expédition. En Matheysine, ce mode de transport était privilégié pour franchir les reliefs accidentés du plateau.
2. Quel était le rôle spécifique de l’installation de Versenat ?
La télébenne de Versenat servait à évacuer les stériles extrait depuis le lavoir (commune de La Motte-d’Aveillans) vers le terril des combes du Villaret. Elle permettait un flux continu des stériles sans dépendre des contraintes du transport routier ou ferroviaire au sol.
3. Pourquoi ne pas avoir utilisé le train ou des camions à l’époque ?
Le relief du plateau matheysin est marqué par des ruptures de pente importantes. La télébenne offrait une solution directe « à vol d’oiseau », beaucoup moins coûteuse à construire et à entretenir qu’une ligne de chemin de fer en montagne, tout en garantissant un débit constant de plusieurs tonnes par heure.
4. Quand cette installation a-t-elle cessé de fonctionner ?
L’activité de la télébenne a décliné avec la restructuration des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) dans la seconde moitié du XXe siècle. Les vestiges actuels datent de l’époque où le bassin minier de La Mure était à son apogée industrielle, avant la construction d’un nouveau lavoir en 1968.
5. Que reste-t-il aujourd’hui du site de Versenat ?
On peut encore observer des structures en béton armé, notamment les embases des pylônes et des éléments de la station de chargement. Ces vestiges font désormais partie intégrante du paysage de l’archéologie industrielle locale, témoins de la robustesse des constructions minières.d’Aveillans.
6. Peut-on visiter les vestiges de la télébenne ?
Le site est accessible via des sentiers de randonnée sur le plateau matheysin. Cependant, il s’agit de ruines industrielles non sécurisées : la prudence est de mise. Pour une compréhension complète du système, il est recommandé de coupler cette visite avec celle du Musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.
Poursuivez votre exploration
« Ce chantier de rénovation est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...«
« …les travaux de restauration est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure.«
« …l’effondrement catastrophique de La Clapisse » (A venir)
Sources et sites officiels
1. Institutions et Musées (Contexte Historique)
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La Mine Image : C’est le musée de référence situé à La Motte-d’Aveillans. Leur site offre un excellent contexte sur les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour mentionner les fonds d’archives (série S ou fonds des HBD) que les chercheurs peuvent consulter.
2. Cartographie et Archéologie du Paysage (Outils d’Historien)
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Géoportail – Remonter le temps : Le lien le plus important. Il permet de comparer les photos aériennes de 1950-1965 (où la télébenne était encore en activité ou visible) avec les vues actuelles. On y voit très bien le tracé des câbles à l’époque.
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L’Inventaire du Patrimoine de l’Isère : Pour vérifier si le site de Versenat ou le triage-lavoir du Villaret sont répertoriés dans l’inventaire général du patrimoine culturel.
3. Ressources Techniques (Transport par câble)
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Bibliothèque numérique du génie civil (CNUM – CNAM) : Pour trouver des schémas techniques d’époque sur les « transporteurs aériens » utilisés dans les mines au début du XXe siècle.
Bibliographie
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1. Revues et Bulletins Spécialisés
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Association Mémoire des Mines de la Mure, Bulletins annuels de l’association.
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Pourquoi : Ces bulletins contiennent souvent des monographies sur des sites spécifiques comme Versenat, avec des plans d’époque et des témoignages d’anciens mineurs sur le fonctionnement des télébennes.
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L’Alpe (Revue), Le Peuple du Charbon, Numéro spécial consacré aux mines de La Mure.
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Pourquoi : Pour une approche plus iconographique et paysagère de l’impact de l’industrie sur le plateau matheysin.
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2. Rapports Techniques et Archives (Sources primaires)
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Archives Départementales de l’Isère (ADI), Série S (Travaux publics et transports) et Série M (Industrie).
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Pourquoi : Pour consulter les dossiers de concession et les plans de construction des transporteurs aériens (souvent déposés par les sociétés constructrices comme Bleichert ou Pohlig).
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Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), Rapports annuels de gestion (1946-1997).
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Pourquoi : Pour obtenir les chiffres de production et les investissements réalisés sur la branche de Versenat.
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3. Ressources en ligne vérifiées
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Musée de La Mine Image, Fonds documentaire sur les transports miniers, mine-image.fr.
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Ministère de la Culture, Base Mérimée : Inventaire du patrimoine industriel (Mines de La Mure).
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Voir la carte du poteau intermédiaire
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La Poudrière du Villaret : Secret des Mines de Susville
Plongez au cœur de l’ingénierie minière du Dauphiné en découvrant ce vestige stratégique, autrefois garant de la sécurité des mineurs de l’Isère.
Comment les mineurs de l’Isère domptaient-ils le danger des explosifs ? Explorez l’histoire de la poudrière du Villaret à Susville, un vestige stratégique du patrimoine minier du Dauphiné. Entre ingénierie de pointe et rituels de sécurité draconiens, découvrez comment ce site méconnu protégeait les ouvriers au cœur des mines de charbon de la Matheysine
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails de l’ouvrage |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de la Poudrière du Villaret |
| Localisation | Susville, Isère (38) – Lieu-dit Versenat |
| Bassin Minier | Bassin de la Matheysine (Extraction d’anthracite) |
| Implantation | Niveau 12 (au-dessus du carreau du Villaret) |
| Coordonnées GPS | 44.921847, 5.777846 |
| Fonction | Stockage sécurisé des explosifs et détonateurs |
| Type de construction | Galerie souterraine voûtée avec chambre de décompression |
| Matériaux de sécurité | Métaux non ferreux (bronze, étain) pour éviter les étincelles |
| Équipement du personnel | Sandales de cuir souple (sans clous) et lampes de sûreté |
| Statut actuel | Site remblayé et sécurisé en 1997 (Bâtiments rasés) |
| Accessibilité | Extérieurs visibles, accès intérieur impossible car détruit |
L’usage de la poudre : un mal nécessaire dans les mines d’Isère
Au cœur des mines du plateau de la Matheysine, l’abattage de la roche nécessitait l’usage intensif d’explosifs. Si la poudre a permis de décupler la productivité, elle a aussi introduit un risque permanent : la déflagration accidentelle.
Pour stocker ces substances hautement instables, les compagnies minières ne laissaient rien au hasard. Contrairement aux petites exploitations qui se contentaient d’un simple renfoncement, les grandes mines comme celle du Villaret disposaient de galeries spécifiquement conçues pour isoler le danger.

Sur les traces de la poudrière (1999). Photographie prise deux ans après le remblaiement du site, montrant le secteur présumé de l’entrée de la galerie au niveau 12 du carreau du Villaret.
L’ingénierie de la poudrière : une architecture du souffle
Si l’aspect extérieur de la poudrière du Villaret semble modeste, sa conception interne répond à des calculs d’ingénierie civile minière d’une grande précision. Contrairement à une galerie de roulage classique, une poudrière souterraine (comme celle du niveau -12) est conçue pour fragmenter et canaliser l’énergie.
1. La chicane de décompression : le brise-souffle
L’élément le plus stratégique d’une poudrière n’est pas sa porte blindée, mais la géométrie de sa galerie d’accès. Le plan type présente systématiquement un tracé en chicane (en « S » ou en « T »).
-
La raison : En cas de déflagration accidentelle, l’onde de choc se déplace de manière rectiligne. En frappant un mur de roche perpendiculaire (le « mur de dérivation »), l’onde perd l’essentiel de son énergie cinétique avant d’atteindre le puits ou les zones de vie. C’est ce qu’on appelle la rupture de charge du souffle.
2. L’isolement en cellules (niches de stockage)
Au Villaret, les explosifs n’étaient pas entassés dans une salle unique. Le plan de masse révèle une série de niches latérales creusées dans le rocher :
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Chaque niche était séparée de la suivante par un pilier de protection d’une épaisseur calculée (souvent plusieurs mètres de roche en place).
-
Cette disposition empêche l’effet de « sympathie » : si une cartouche explose dans une cellule, l’onde de choc et la chaleur ne doivent pas pouvoir déclencher l’explosion de la cellule voisine.
3. La voûte : entre pression lithostatique et onde de choc
La forme en fer à cheval de la galerie (voûte plein cintre) répond à un double impératif :
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Résistance externe : Supporter la pression des terrains (pression lithostatique),
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Résistance interne : En cas d’explosion, la forme voûtée répartit la pression sur les parois (les piédroits) plutôt que sur un plafond plat qui s’effondrerait instantanément, obstruant tout secours.
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La ventilation naturelle : La courbure de la voûte favorise la circulation d’un filet d’air constant, indispensable pour maintenir les explosifs nitratés au sec, ces derniers étant extrêmement sensibles à l’humidité (hydrophilie).
4. Le radier et l’évacuation des eaux
Le sol (le radier) de la poudrière était souvent bétonné et légèrement incliné vers une rigole latérale. L’objectif était d’empêcher toute stagnation d’eau, qui aurait pu altérer les caisses d’explosifs ou, pire, favoriser la décomposition chimique de certaines dynamites anciennes.
Nous ne possédons hélas aucune photographie de la poudrière, ces lieux étant par nature interdits d’accès et protégés par le secret industriel et sécuritaire. La seule trace technique dont nous disposions est un plan de situation des galeries des secteurs du Peychagnard et du Villaret, établi par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) lors des campagnes de mise en sécurité du bassin. Ce document est consultable en mairie de Susville.

Derniers témoignages de la poudrière du Villaret (1999). L’appareillage soigné en pierre de taille souligne l’importance stratégique et la solidité de cet édifice, conçu pour isoler les explosifs de la mine.
Sandales de cuir et lampes protégées : le rituel de sécurité
Entrer dans la poudrière du Villaret exigeait une discipline de fer. Pour éviter toute étincelle fatidique (le redoutable « point chaud »), des mesures draconiennes étaient appliquées :
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Zéro métal ferreux : Toutes les charnières et parties métalliques étaient fabriquées en bronze ou en étain, des métaux qui ne produisent pas d’étincelles en cas de choc.
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L’habillement : Le gardien de la poudrière troquait ses sabots cloutés contre des sandales souples. Le règlement de sécurité imposait souvent des vêtements sans poches extérieures (pour éviter les vols ou les oublis de cartouches)
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L’éclairage : Le feu nu étant proscrit, on utilisait des lampes à pétrole dotées d’un grillage de protection spécifique pour isoler la flamme de l’atmosphère ambiante.
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La gestion des explosifs au Villaret n’était pas qu’une question de rituels, mais répondait à des règlements d’administration publique extrêmement stricts. Le stockage et la manipulation de la dynamite et des détonateurs étaient régis par le décret du 2 mai 1960 (portant règlement général sur l’exploitation des mines de combustibles minéraux solides) et, antérieurement, par les circulaires et arrêtés du Service des Mines.
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La poudrière n’était en rien un lieu occulte, mais un organe administratif et sécuritaire névralgique. Chaque mouvement de stock était consigné dans des registres de contrôle obligatoires. L’entrée et la sortie du personnel, le port de vêtements sans poches ou de chaussures sans clous ferreux, ainsi que l’interdiction stricte de tout objet pouvant produire une étincelle, n’étaient pas des coutumes, mais des consignes de sécurité impératives édictées pour prévenir tout risque de déflagration accidentelle.
- La conformité de ces installations était régulièrement vérifiée par l’Ingénieur des Mines (représentant le « Contrôle »). Ce dernier s’assurait non seulement de la solidité architecturale de l’ouvrage (murs de dérivation, merlons de protection, aération naturelle), mais aussi de la stricte application des règlements de police des mines. Ces inspections garantissaient que la poudrière restait un sanctuaire technique isolé, protégé des risques d’incendie et de malveillance.
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L’éclairage : C’est un point souvent oublié. Dans une poudrière, l’éclairage devait être de sûreté (souvent des niches vitrées éclairées par l’extérieur ou des lampes électriques antidéflagrantes spécifiques). Préciser ce détail renforce l’aspect « haute sécurité » du lieu.
- Le retour des ratés : Précisez que la poudrière gérait aussi le retour des « ratés » (explosifs n’ayant pas sauté), qui faisaient l’objet d’une procédure de destruction ou de stockage à part, extrêmement surveillée.
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Les explosifs quittaient la poudrière : les sacs de toile ou les caissettes en bois (souvent appelées « poudriers ») portées par le boutefeu ou son aide.
La poudrière du Villaret (1948-1997) : Stockage des explosifs brisants et contrôle du Service des Mines
Contrairement à une idée reçue, la poudrière du Villaret ne stockait pas de la « poudre noire », reléguée depuis la fin du XIXe siècle aux travaux de carrière secondaires. Durant la période d’activité intensive du puits (1948-1997), le Service des Mines imposait l’usage d’explosifs brisants industriels de haute technologie.
On y trouvait principalement des explosifs nitratés et des grisoudynamites, classés « de sûreté » (SGP). Ces produits étaient spécifiquement conçus pour l’abattage de l’anthracite et le creusement des galeries au rocher, avec des propriétés limitant le risque d’inflammation des poussières et des gaz de mine.
La conception même du bâtiment répondait à ces contraintes techniques : il fallait maintenir un taux d’hygrométrie faible pour éviter l’altération des nitrates, et une température stable pour prévenir toute exsudation de la nitroglycérine.
L’amorçage ne se faisait plus par mèche lente (mèche de mineur), mais par des détonateurs électriques à retard ou micro-retard. Ces derniers étaient stockés séparément de l’explosif principal. Ce système permettait de déclencher les tirs à distance, garantissant ainsi une sécurité maximale pour les boutefeux et une meilleure fragmentation du gisement. Le tout était placé sous le contrôle permanent de l’Ingénieur des Mines, garant de l’application des décrets de sécurité de 1946 et 1960.
Le rôle du boutefeu : Ce n’est pas un simple ouvrier, c’est un agent spécialisé possédant un agrément technique. Il est le seul habilité à percevoir les explosifs en poudrière contre signature du registre de consommation.

Schéma technique d’une poudrière de surface, vestige de l’exploitation des mines de cuivre de Saint-Véran (Hautes-Alpes).
L’organisation sociale et le circuit de l’explosif : du jour au fond
La poudrière du Villaret n’était pas un simple lieu de stockage, mais le pivot d’une organisation spatiale et humaine rigoureuse, articulée autour de la figure centrale du boutefeu.
1. La distribution : une comptabilité de fer
Chaque début de poste commençait par un rituel immuable. Le poudrier (agent responsable du dépôt) ouvrait le site au seul personnel habilité : les boutefeux. Ces derniers, titulaires d’un certificat de préposé au tir, ne recevaient leurs cartouches qu’après présentation d’un bon de commande signé par le porion (chef de chantier).
Chaque bâton d’explosif nitraté et chaque détonateur était consigné dans un registre d’entrée/sortie. Cette « comptabilité matière » interdisait tout écart : à la fin du poste, le boutefeu devait impérativement restituer les invendus ou justifier chaque détonation. La poudrière était donc un lieu de contrôle administratif permanent, sous l’autorité lointaine mais réelle de l’Ingénieur des Mines.
2. Le transport : la séparation des flux
Le trajet de l’explosif vers le front de taille suivait un protocole de sécurité strict pour éviter toute détonation accidentelle durant le transport :
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L’explosif était transporté dans des caissettes en bois ou des sacs de cuir spéciaux, portés à l’épaule ou placés dans des berlines dédiées, signalées par des codes couleurs ou des plaques spécifiques.
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Les détonateurs voyageaient systématiquement à part, dans des boîtes blindées fermées à clef, portées par le boutefeu lui-même.
Cette séparation spatiale (explosif d’un côté, amorçage de l’autre) se maintenait jusqu’au dernier moment, juste avant le chargement des trous de mine.
3. L’articulation avec le front de taille
Une fois descendu par le puits du Villaret, l’explosif pouvait transiter par des dépôts auxiliaires souterrains (souvent de simples niches aménagées et cadenassées dans le rocher) avant d’atteindre le chantier de traçage ou la taille.
Le boutefeu était le dernier maillon de cette chaîne. Seul détenteur de la clé de la « boîte à feu » et de la poignée de l’exploseur, il était le maître du temps et de la sécurité du chantier. Cette autonomie, couplée à la dangerosité de sa mission, lui conférait un statut social particulier au sein de la communauté minière : un ouvrier hautement qualifié, garant de l’avancement mais aussi de la vie de ses camarades.
Le rôle du Porion : C’est lui qui coordonnait le tir dans le cycle de travail (abattage, chargement, soutènement), faisant de la poudrière le « pouls » de la production.
Le carreau du Villaret : un patrimoine aujourd’hui disparu
La poudrière était stratégiquement située au niveau 12, légèrement en surplomb du « carreau » (l’ensemble des installations de surface). Adossée à la montagne pour une protection naturelle maximale, elle faisait partie intégrante du paysage industriel de Susville.
Malheureusement, le temps et les impératifs de sécurité moderne ont eu raison de cet édifice. En 1997, lors des travaux de mise en sécurité du site, les bâtiments extérieurs ont été rasés et la galerie remblayée. Aujourd’hui, seuls quelques fragments de béton épars témoignent encore de son emplacement exact au lieu-dit Versenat.
Le poste de gardien de la poudrière (ou magasinier d’explosifs) aux HBD est l’un des rôles les plus singuliers et les plus méconnus de la mine. C’est un métier de l’ombre, régi par une discipline quasi militaire, où la solitude côtoie une responsabilité écrasante.
En tant qu’historien, je peux vous brosser le portrait de cet homme (car c’était exclusivement masculin) qui détenait littéralement les clés de la puissance de feu de la mine.
1. Les conditions de travail : « Une solitude sous haute surveillance »
Travailler à la poudrière, c’est travailler à l’écart du reste de la communauté minière. Pour des raisons de sécurité évidentes, les poudrières des HBD (comme celle située près du puits du Villaret ou des Rioux) étaient isolées du carreau de la mine, souvent nichées dans des vallons ou protégées par des merlons de terre.
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Le climat et l’isolement : Le gardien passe ses journées dans un bâtiment souvent exigu, aux murs épais, conçu pour diriger le souffle d’une éventuelle explosion vers le haut. Sur le plateau de La Mure, à 900 m d’altitude, cela signifie des hivers glaciaux dans un local où l’on ne peut pas installer n’importe quel système de chauffage (tout doit être antidéflagrant).
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La rigueur administrative : Le gardien n’est pas un manutentionnaire, c’est un comptable. Chaque cartouche de dynamite (grisounite, gomme, etc.) et chaque détonateur est numéroté. Il doit tenir des registres d’une précision absolue. Une seule cartouche manquante déclenchait immédiatement une enquête de la Gendarmerie et de la Direction des Mines.
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La sécurité drastique : Le gardien veille au respect de protocoles de sécurité qui ne tolèrent aucune erreur : interdiction absolue de fumer, contrôle des chaussures (pas de clous en fer qui pourraient produire une étincelle, utilisation de sabots de bois ou de chaussures à semelles de caoutchouc), et stockage strictement séparé des explosifs et des détonateurs.
2. Le rythme social : Le point de passage obligé
Bien qu’isolé physiquement, le préposé à la poudrière occupe un poste stratégique dans la chaîne de production.
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Le rendez-vous des boutefeux : C’est lui qui voit passer, au début de chaque poste, les boutefeux (les mineurs spécialisés dans les tirs de mine). C’est un moment de sociabilité intense mais bref. Le gardien distribue les explosifs dans des sacoches en cuir ou en toile goudronnée. Il connaît chaque boutefeu, ses habitudes, et sa rigueur.
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Une confiance absolue de la hiérarchie : Le gardien est choisi parmi les employés les plus stables, les plus calmes et les plus fiables. Il est souvent un ancien du fond, parfois reclassé pour raison de santé, mais dont la moralité est irréprochable. Aux yeux de la direction des HBD, c’est un homme de confiance totale.
3. Perception sociale : Un statut à part
Dans la hiérarchie sociale de la mine, le gardien de la poudrière a une image ambivalente :
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Le « planqué » ? Pour certains mineurs de fond qui s’échinent dans la poussière et le bruit des marteaux-piqueurs, le garde-poudrière peut passer pour un privilégié. Il est au calme, ne descend pas, et son travail semble « propre ».
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L’homme du danger : Mais pour la majorité, il est respecté. On sait que s’il y a un incident à la poudrière, il n’aura aucune chance. Il vit au milieu d’un stock capable de raser une partie du quartier. C’est une forme de courage passif mais bien réel.
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Le garant de l’avancement : Sans lui, le travail du fond s’arrête. Dans le bassin de La Mure, où le rocher (le grès) est très dur, rien ne se fait sans explosif. Le gardien est celui qui fournit « l’énergie » nécessaire pour que les copains du fond puissent faire leur « cycle » et toucher leurs primes.
4. Vie sociale et Statut HBD
Comme tout le personnel du jour, il bénéficie du Statut du Mineur :
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Logement en cité minière (souvent à proximité pour pouvoir intervenir ou surveiller le site).
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Chauffage au charbon.
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Mais sa vie sociale est marquée par cette responsabilité : il ne peut pas vraiment « décrocher ». Même en dehors des heures de service, il reste l’homme qui sait où sont les explosifs, ce qui, dans une région de forte tradition de résistance et de syndicalisme de combat, n’est pas un détail neutre.
Les deux galeries de la poudriere
Le site disposait de deux poudrières aménagées en galerie, l’une située au nord et l’autre au sud. Afin de garantir la sécurité des installations, ces deux structures avaient été conçues avec un plan en « T » ; cette disposition spécifique permettait de briser l’onde de choc et de limiter considérablement les dégâts en cas d’explosion accidentelle. Par ailleurs, devant l’entrée de la galerie sud, se trouvait un petit bâtiment entièrement en bois. Il servait de poste au boutefeu, l’opérateur chargé de la manipulation des dispositifs de mise à feu.
Conclusion : Préserver la mémoire minière du Dauphiné
Si la galerie de la poudrière du Villaret n’est plus visible à l’œil nu, son histoire demeure un pilier de notre compréhension du monde ouvrier. Elle rappelle que derrière chaque tonne de charbon extraite, il y avait une organisation scientifique dévouée à la protection des mineurs.
Explorer ce patrimoine, c’est rendre hommage à ceux qui ont façonné le sous-sol de l’Isère.
Un patrimoine protégé : l’impératif de sécurité et de mémoire
Aujourd’hui, les vestiges de la poudrière du Villaret sont rendus à la forêt et ses accès ont été remblayés lors des campagnes de mise en sécurité définitive du bassin. Si ces lieux suscitent une curiosité légitime, il est impératif de rappeler qu’il est strictement interdit et mortel de tenter de pénétrer dans d’anciens ouvrages miniers.
Au-delà de la violation de la propriété privée, les risques souterrains sont invisibles et foudroyants :
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Les risques atmosphériques : En l’absence de ventilation forcée, des gaz lourds et asphyxiants (comme le dioxyde de carbone, appelé « stythe » par les mineurs) ou des poches de grisou résiduel peuvent s’accumuler, rendant l’air mortel en quelques secondes.
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L’instabilité structurelle : Les pressions de terrain et la dégradation des soutènements avec le temps rendent tout effondrement imprévisible.
Le respect de ce patrimoine passe par une observation extérieure et une étude documentaire. Pénétrer dans ces galeries, c’est non seulement se mettre en danger de mort, mais aussi risquer de dégrader les derniers témoins fragiles de l’ingénierie minière du XXe siècle.
Foire Aux Questions poudrière du Villaret
1 – À quoi servait une poudrière dans les mines de la Matheysine ?
La poudrière était un lieu de stockage hautement sécurisé pour la poudre et les explosifs (comme la dynamite) utilisés pour l’abattage de la roche. Dans les mines de charbon de l’Isère, ces substances étaient indispensables pour percer les galeries de pierre, mais elles représentaient un danger constant d’explosion accidentelle.
2 – Quelles étaient les mesures de sécurité pour entrer dans la galerie du Villaret ?
La sécurité était draconienne : interdiction stricte de toute flamme ou objet métallique ferreux (source d’étincelles). Le gardien portait des sandales en cuir sans clous et utilisait des outils en bronze ou en étain. La galerie elle-même était conçue avec une « chambre de décompression » pour absorber le souffle d’une éventuelle déflagration.
3 – Peut-on encore visiter la poudrière du Villaret aujourd’hui ?
Non, la galerie n’est plus accessible. Lors de la mise en sécurité du site minier du Villaret en 1997, les bâtiments extérieurs ont été rasés et l’entrée de la galerie a été remblayée pour éviter tout risque d’effondrement ou d’intrusion. Seuls les vestiges extérieurs et l’emplacement sont identifiables par les passionnés d’archéologie industrielle.
4 – Où se situait exactement ce site minier à Susville ?
La poudrière se trouvait au « niveau 12 » du carreau du Villaret, sur la commune de Susville (38134). Elle était stratégiquement implantée en retrait des autres bâtiments pour protéger les mineurs et les installations de surface en cas d’accident.
5 – Pourquoi la poudrière du Villaret est-elle importante pour le patrimoine de l’Isère ?
Elle témoigne de l’organisation scientifique et de la gestion des risques dans les mines du Dauphiné. C’est un maillon essentiel pour comprendre l’évolution des techniques de sécurité ouvrière au XXe siècle dans le bassin minier de la Matheysine.
Poursuivez votre exploration
Retrouvez l’histoire du puits du Villaret
L’histoire de son terril
Et l’histoire de son exploitation
Sources et sites officiels
1. Les Incontournables (Patrimoine Local)
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Le Musée de la Mine d’Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le site de référence pour comprendre le quotidien des mineurs de la Matheysine. Idéal pour ceux qui souhaitent voir une reconstitution de galeries.
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Office de Tourisme de la Matheysine : Pour situer le Villaret dans son contexte touristique actuel et découvrir les autres sentiers du patrimoine.
2. Ressources Historiques et Techniques
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Le site de la commune de Susville : Indispensable pour l’ancrage local. La mairie dédie souvent des sections à l’histoire de ses hameaux miniers comme le Villaret.
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L’Inventaire du Patrimoine d’Auvergne-Rhône-Alpes : Recherchez « Mines de la Mure » ou « Susville » pour accéder aux fiches techniques officielles sur le bâti industriel.
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Remonter le temps (IGN) : Un outil fantastique pour vos lecteurs. Ils pourront comparer les vues aériennes actuelles du Villaret avec celles des années 1950, quand la mine était en pleine activité.
3. Culture et Archives
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Archives Départementales de l’Isère : Pour les lecteurs qui souhaitent pousser la recherche documentaire sur les concessions minières et les plans de surface.
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Patrimoine de l’Isère (Isère Culture) : Le portail officiel du département pour la valorisation des sites historiques.
Bibliographie
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1. Histoire technique et sécurité minière
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GUIOLLARD, Pierre-Christian. Les chevalements des houillères françaises. Édition à compte d’auteur, 1993.
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Pourquoi ce livre ? Pour comprendre l’architecture des « carreaux » de mine (comme celui du Villaret) et l’agencement des bâtiments de surface par rapport aux galeries de stockage (poudrières).
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ASSOCIATION MÉMOIRE DES MINEURS DE LA MATHEYSINE. Bulletins et hors-séries sur le patrimoine minier.
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Pourquoi cette source ? Ces publications locales contiennent souvent des témoignages directs de mineurs ayant travaillé au Villaret ou à la poudrière.
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2. Rapports techniques et institutionnels (Pour l’aspect « 1997 »)
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire et mise en sécurité des anciens sites miniers du Dauphiné. Rapports de fin d’exploitation (1997-2000).
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Pourquoi cette source ? Elle documente précisément les opérations de remblaiement et de démolition mentionnées dans votre article.
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HBCM (Houillères du Bassin du Centre et du Midi). Archives de la direction des Mines de la Mure. Déposées aux Archives Départementales de l’Isère.
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Voir la carte
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