
La mine des Boines : lavage, séchage et transport du charbon
Découvrez les coulisses de l’exploitation minière aux Boines : de l’extraction en montagne au lavage, séchage et ensachage artisanal du charbon avant son expédition.
Entre extraction périlleuse et logistique de haute montagne, découvrez les coulisses méconnues de la mine des Boines à La Motte-d’Aveillans. De la séparation gravimétrique rudimentaire aux défis du triage manuel, plongez au cœur d’un processus artisanal indispensable qui, au XIXe siècle, transformait le charbon brut de la Matheysine en une ressource énergétique prête pour les marchés dauphinois.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Site d’exploitation | Les Boines (Massif du Dauphiné) |
| Type d’activité | Traitement post-extraction du charbon |
| Nature du processus | Artisanal (manuel et mécanique léger) |
| Étapes clés | Lavage, séchage, triage, ensachage |
| Finalité | Préparation au transport et à la commercialisation |
| Main-d’œuvre | Artisanale / Locale |
| État du site | [À compléter selon la réalité : Exemple « Vestiges conservés » ou « Site réhabilité »] |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Note technique sur le traitement du charbon aux sites de Serre-Leycon et des Boines
1. La nécessité du traitement du « tout-venant »
À sa sortie du fond, le charbon extrait des concessions de Serre-Leycon et des Boines se présentait sous forme de « tout-venant », un mélange hétérogène incluant le combustible proprement dit et des stériles (schistes, grès, débris de bois et terres). Cette phase de préparation mécanique, bien que sommaire, était impérative pour accroître le pouvoir calorifique du produit fini et garantir sa valeur marchande.
2. Une installation de traitement rudimentaire
Contrairement aux lavoirs industriels mécanisés qui se généralisent à la fin du XIXe siècle, le site exploitait une infrastructure de lavage par voie humide, rudimentaire mais fonctionnelle. Le minerai était acheminé par des plans inclinés (système de descenderies aériennes) jusqu’à un canal de lavage aménagé. L’utilisation du courant naturel du ruisseau de Vaulx permettait, par différence de densité, une séparation gravimétrique sommaire des matériaux.
Note technologique : Ce procédé, hérité de traditions minières anciennes, privilégiait le criblage manuel. Les « fines » (charbon de faible granulométrie), faute de techniques de décantation ou de récupération adéquates, étaient rejetées avec les stériles, engendrant un gaspillage énergétique important.
3. Impacts environnementaux et empreinte paysagère
L’absence totale de préoccupations environnementales à cette époque condamnait le ruisseau de Vaulx à un envasement rapide et à une pollution chronique. Les eaux de lavage, chargées en particules fines et en résidus carbonés, altéraient durablement la qualité physico-chimique du cours d’eau. Aujourd’hui, l’effacement des structures de surface (plans inclinés et canaux) rend la lecture archéologique de ces installations complexe, illustrant la fragilité des traces laissées par ces petites exploitations artisanales.
4. Logistique et mise en marché
Après l’opération de lavage, le combustible subissait un ressuyage naturel à l’air libre. Une fois stabilisé, le charbon était conditionné et acheminé par charrettes vers la gare de La Festinière, point nodal de l’évacuation du produit vers les marchés régionaux. Malgré son caractère archaïque et son empreinte écologique significative, ce processus constituait un maillon indispensable de la chaîne de valeur minière du XIXe siècle, transformant une ressource brute en un produit énergétiquement exploitable.
Le tri manuel — que l’on nomme techniquement le « triage » ou le « picking » — est une étape fondamentale de la chaîne de valeur minière au XIXe siècle. Dans les petites mines de montagne, c’est là que se décide la rentabilité de l’exploitation.
Voici une analyse de cette pratique, souvent invisible dans les grandes monographies industrielles, mais centrale pour comprendre le quotidien d’une mine temporaire.
1. La distinction technique : Triage vs Lavage
Il est crucial de bien distinguer les deux :
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Le triage (manuel) : Concerne les gros morceaux (le calibre « tout-venant »). Il est réalisé avant le lavage.
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Le lavage (hydraulique) : Concerne les menus (les fines). Il est réalisé après le triage.
Le triage permet de ne pas gaspiller de l’eau (ressource rare) et du temps en lavant inutilement de la roche stérile qui peut être écartée immédiatement à la main.
2. Le cadre matériel : La table de triage
Dans ces mines isolées, l’infrastructure était rudimentaire mais efficace :
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La plate-forme de triage : Souvent une structure en bois surélevée à hauteur de taille. Le « tout-venant » (le charbon brut sortant de la galerie) était déversé sur cette table ou une plateforme inclinée.
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Le geste : Les trieurs manipulent les blocs. L’anthracite, de par sa nature (éclat vitreux, dureté, noir profond), est très facile à distinguer visuellement de la « gangue » (la roche hôte, souvent schisteuse, grise ou brune).
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Le matériel : On trouvait généralement trois zones de chute ou trois bacs/paniers disposés autour du trieur :
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Le charbon marchand : Les morceaux purs, destinés à la vente.
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Le « mixte » : Des morceaux où charbon et roche sont encore soudés. Ils étaient mis de côté pour être concassés plus finement (au marteau) avant de passer au lavage.
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Les stériles : La roche pure (schistes, grès) qui était jetée directement sur le terril, juste à côté de la plateforme, pour éviter tout transport inutile.
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3. La dimension humaine : Les « Trieuses »
C’est un point sociologique majeur. Le triage était une activité « non-guerrière » et moins dangereuse que l’extraction au fond.
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La main-d’œuvre : C’était quasi exclusivement le travail des femmes, des adolescents, des vieillards ou des mineurs blessés/inaptes au fond. Dans les mines de montagne, cette activité permettait d’intégrer une partie de la population locale à l’économie minière.
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La pénibilité : C’est un travail statique, répétitif, dans le froid (car souvent en extérieur), avec une exposition constante à la poussière de charbon (silicose ou anthracose des voies aériennes supérieures). La posture debout, penchée sur la table, causait des troubles musculo-squelettiques chroniques.
4. La logique économique : Pourquoi trier manuellement ?
Dans une mine de montagne, le coût de revient est dominé par le transport (à dos de mulet). Chaque kilogramme de roche inutile transporté en bas de la vallée est une perte d’argent sèche.
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Le triage est une opération de « désengorgement » : En éliminant 30 à 40 % de stériles dès la sortie de la mine, on réduit drastiquement le poids à transporter par les muletiers.
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La valorisation du produit : Le charbon « trié » se vendait plus cher. Le client (souvent une forge locale ou un foyer domestique) exigeait un anthracite « propre », sans terre ni schiste, car la roche ne brûle pas et encrasse les foyers.
En résumé
Le tri manuel était le filtre de qualité de la mine. C’était une activité de précision visuelle avant d’être une activité de force. Pour une mine de montagne saisonnière, c’est l’étape qui permettait de rentabiliser le transport en amont du lavage hydraulique. C’est un travail qui « professionnalisait » l’extraction brute en la transformant en une marchandise classée et vendable.
Avez-vous identifié, dans vos recherches, si la mine était exploitée par une société anonyme (avec une hiérarchie stricte) ou par des petits concessionnaires indépendants ? La gestion du triage variait énormément selon le niveau de contrôle sur la production.

Vestiges de la zone d’arrivée du télébenne de transport en 2019 : une trace aujourd’hui effacée du paysage des Boines.
1. La contrainte comme moteur de l’organisation : Le « Temps de la Mine »
Le problème que vous soulevez (inaccessibilité hivernale et étiage estival) définit totalement le cycle de production. Ces mines ne fonctionnaient pas en flux tendu, mais par séquences de stockage et de traitement.
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Le cycle annuel :
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Hiver : Arrêt total. Le personnel rentre dans ses foyers ou se consacre à l’élevage.
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Printemps (la période idéale) : C’est le moment de la fonte des neiges. Les cours d’eau sont gonflés, offrant le débit nécessaire au lavage par gravité. C’est le pic d’activité.
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Été : Période d’étiage. Le débit des cours d’eau devient insuffisant pour entraîner les mécanismes de lavage. L’activité de lavage s’arrête, mais l’extraction (le travail au fond) peut se poursuivre, le charbon étant stocké en attente de l’automne ou des pluies.
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Automne : Seconde fenêtre de tir avec le retour des pluies avant les premières neiges.
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2. Le principe technique : La séparation densimétrique
L’anthracite, contrairement à la houille grasse, est dense et très dur. Cette caractéristique est un avantage pour le lavage : il ne se délite pas facilement dans l’eau. Le principe du lavage au XIXe siècle dans un cours d’eau reposait sur la différence de densité entre le charbon (l’anthracite) et sa gangue (schistes, grès, pyrites).
Les méthodes rudimentaires observées :
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Le crible à main (ou crible à secousses hydraulique) : L’ouvrier place le tout-venant dans une grille (le crible) immergée dans un bac ou directement dans le courant. Par un mouvement de va-et-vient vertical, il crée une stratification : les éléments les plus denses (la gangue) tombent au fond du crible ou restent sur le dessus selon la technique, tandis que le charbon plus léger est récupéré.
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Le chenal de lavage (rigole) : C’est la méthode la plus simple. On détournait une partie du cours d’eau dans une rigole en bois (ou creusée à même le sol). On y jetait le charbon brut. Le courant emportait les éléments légers (poussières, boues), tandis que les morceaux d’anthracite, plus lourds, se déposaient au fond du chenal ou étaient retenus par des « barrages » (des tasseaux de bois placés en travers).
3. Gestion du manque d’eau en été : L’ingéniosité des mineurs
Pour pallier le manque d’eau estival, les exploitants utilisaient plusieurs techniques historiques :
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Le bassin de retenue (l’étang de lavage) : Si le cours d’eau faiblissait, on construisait une petite retenue temporaire en amont. On stockait l’eau durant la nuit pour l’utiliser par « chasses » ou par libération contrôlée durant les heures de travail de la journée. C’est une technique héritée du flottage du bois ou des mines d’or alluvionnaires.
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Le lavage en circuit fermé : Si la mine était un peu plus structurée, on utilisait des bacs à fond incliné où l’eau était recyclée par pompage manuel ou par une petite roue à aubes (si le filet d’eau était suffisant pour entraîner une roue de faible diamètre). Mais cela restait rare pour les petites mines temporaires.
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Le report de traitement : À défaut d’eau, on procédait uniquement au triage à la main (le « picking »). Les femmes et les enfants, souvent, triaient le charbon sur des tables, écartant la roche visible. Le lavage hydraulique était réservé aux fines (le menu), qui ne pouvaient être triées à la main.
4. Les traces archéologiques à rechercher
Si vous travaillez sur le terrain, voici ce que vous devez chercher pour confirmer ces pratiques :
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Aménagements hydrauliques : Cherchez des traces de canaux de dérivation (parfois très rudimentaires, en pierre sèche ou bois) qui longeaient les flancs de montagne pour amener l’eau vers la plate-forme de travail.
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Les « schisteux » ou « terrils de lavage » : Ce sont les dépôts de stériles les plus révélateurs. Ils sont souvent situés en aval de la zone de lavage, formant des accumulations de débris rocheux propres (lavés). La granulométrie de ces dépôts vous donnera une indication sur la précision du lavage.
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Le « plateau de travail » : Une zone plane à proximité immédiate du ruisseau, souvent recouverte d’une couche de charbon fin (pertes de lavage).
5. Une perspective historique (La notion de pollution)
Le lavage au fil de l’eau polluait les rivières en aval (turbidité, rejets de pyrite). Bien que les réglementations minières du XIXe siècle fussent souvent laxistes dans ces zones reculées, il existait des conflits d’usage fréquents avec les agriculteurs en aval (les « boues de lavage » détruisant les prairies irriguées). Ces conflits laissent souvent des traces dans les archives préfectorales ou municipales.
En résumé : Le lavage de l’anthracite dans ces mines temporaires était une activité de saisonnier hydraulique. L’anthracite, par sa densité, se prêtait particulièrement bien à des systèmes rudimentaires de séparation par courant d’eau. La gestion de l’eau était le facteur limitant qui dictait le calendrier de production, transformant l’eau non pas en une ressource continue, mais en une ressource stockable et séquentielle.

Vue de la zone de traitement du charbon aux Boines en 2019. Il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace de ces installations artisanales.
1. Pourquoi fallait-il impérativement « sécher » (égoutter) ?
Pour un historien, il faut voir cela sous l’angle du coût et de la valeur marchande :
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L’économie du transport : Dans ces régions isolées, le transport se faisait à dos de mulet ou par chariots sur des chemins difficiles. Le coût du transport était la part la plus importante du prix de revient final. Transporter de l’anthracite gorgé d’eau, c’était payer le transport de dizaines de kilos d’eau inutile. Chaque pourcentage d’humidité en moins était une économie directe.
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La conservation des sacs : Au XIXe siècle, les sacs étaient en jute, en chanvre ou en toile grossière. L’anthracite, surtout s’il contenait des pyrites (souvent associées à l’anthracite), devenait acide au contact de l’eau. Un charbon humide stocké dans un sac en fibre organique le faisait pourrir en quelques jours, provoquant des pertes de marchandise lors du transport.
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La valeur commerciale : Le client final (forge, chauffage domestique) achetait du carbone. Vendre du charbon « mouillé » était souvent perçu comme une fraude ou, au minimum, un produit de basse qualité, car l’humidité dégrade le rendement thermique (l’énergie est perdue à évaporer l’eau avant d’amorcer la combustion).
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Le risque de gel : Puisque vous mentionnez des mines dont l’accès est impossible l’hiver, le processus d’égouttage était une course contre la montre avant les premières gelées. Un stock de charbon humide qui gèle devient un bloc compact impossible à ensacher, et il peut même faire éclater les contenants.
2. Comment procédaient-ils techniquement ?
Sans technologie complexe, la méthode était purement gravitaire et temporelle :
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Le parc à charbon (ou « aire d’égouttage ») : Après le lavage, le charbon (surtout les calibres « gros » et « moyen ») était étalé sur une aire plane, souvent inclinée, située en contrebas du lavoir ou du cours d’eau. Cette aire était parfois dallée de pierres plates ou simplement recouverte d’un lit de graviers pour éviter que le charbon ne se mélange à la terre ou à l’argile du sol.
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L’effet de la granulométrie :
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Les gros morceaux (le tout-venant trié) s’égouttaient naturellement en quelques heures grâce à la faible porosité de l’anthracite.
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Les fines (le « menu ») posaient un problème majeur : elles retiennent l’eau par capillarité. Elles étaient souvent laissées en tas pyramidaux sur l’aire d’égouttage pendant plusieurs jours, retournées à la pelle pour favoriser l’évaporation naturelle par le vent et le soleil.
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La temporalité : L’organisation du travail était telle que le lavage se faisait en début de semaine, et l’ensachage en fin de semaine. Le charbon restait ainsi exposé à l’air libre pendant 2 ou 3 jours.
C’est une étape cruciale. Dans les mines de montagne du XIXe siècle, la logistique est le goulot d’étranglement. L’extraction est une chose, mais « l’évacuation » vers les centres de consommation (vallées, forges, villes) est ce qui détermine la rentabilité de la concession.
Voici comment s’organisait la chaîne logistique, de la plateforme de la mine jusqu’au réseau routier principal.
1. L’Ensachage : Une opération de précision
L’ensachage n’était pas une simple mise en sac, c’était une opération commerciale et métrologique.
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Le lieu : Le Carreau. L’ensachage se faisait sur le « carreau de la mine », l’aire de stockage qui jouxtait la sortie de la mine ou le lavoir.
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Les contenants : On utilisait principalement des sacs en jute ou en toile de chanvre grossière. Ce sont des sacs réutilisables qui circulaient en boucle. Le sac « fatiguait » vite : l’anthracite, très abrasif et dur, finissait par percer la toile par frottement interne lors du transport à dos de mulet.
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La standardisation : Dans les mines de montagne, on travaillait souvent par « poids unitaires » standardisés pour faciliter la comptabilité. Le poids standard tournait souvent autour de 50 kg ou 100 kg.
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L’outil : La bascule. À côté de la zone de remplissage, il y avait presque toujours une bascule (balance). Chaque sac était pesé pour éviter les litiges entre l’exploitant, le transporteur (souvent payé à la tonne ou au trajet) et le client final.
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La technique : On remplissait le sac à la pelle, on le tassait vigoureusement (pour éviter que le contenu ne bouge, ce qui déséquilibrerait la mule), et on cousait la gueule du sac avec de la ficelle de chanvre ou un fil de fer torsadé.
2. Le Transport : Une logique en « entonnoir »
Le transport se faisait rarement par un seul moyen. Il s’agissait d’une chaîne de relais adaptée à la topographie.
A. Le premier maillon : La descente de la montagne (La plus difficile)
Si la mine était en altitude (ce qui est courant dans les mines d’anthracite de montagne type Alpes ou Massif Central), le premier trajet était le plus périlleux.
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Le mulet (le « roi » du transport) : C’était le moyen de transport exclusif sur les sentiers escarpés. Un mulet pouvait porter environ 100 à 150 kg (un sac de chaque côté). C’est un travail éreintant qui nécessitait des muletiers experts capables de gérer les chutes de pierres et les sentiers boueux.
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Le plan incliné gravitaire (si configuration favorable) : Si la mine était située au-dessus d’une vallée ou d’une route carrossable, on utilisait parfois un plan incliné. On faisait descendre les wagonnets (ou des caisses sur des rails rudimentaires) par gravité, un câble freinant la descente. C’était le moyen le plus économique, mais il demandait un investissement en rails.
B. Le second maillon : Le regroupement (Le « dépôt »)
Le charbon était rarement livré directement au client final. Il était acheminé vers un dépôt intermédiaire situé au point le plus haut atteignable par les chariots à chevaux ou les charrettes à bœufs.
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C’est ici que l’on stockait le charbon en attendant une fenêtre météo favorable ou l’arrivée d’une commande groupée.
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C’est aussi là que se faisaient les transactions : le producteur vendait son stock au dépôt, et les grossistes venaient s’y servir.
C. Le troisième maillon : La route de vallée
Une fois arrivé sur une route carrossable (ou près d’une voie ferrée à partir de la fin du siècle), on transbordait le charbon dans des chariots (tombereaux) tirés par des chevaux ou des bœufs. C’est à ce stade que le transport devenait plus « industriel ».
3. Les problèmes historiques majeurs liés à ce transport
Pour votre travail d’historien, voici les trois points de friction que vous retrouverez inévitablement dans les archives :
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Le vol et la « déperdition » : Il était extrêmement courant qu’une partie du chargement disparaisse entre la mine et le dépôt. Le transporteur pouvait en décharger une partie en route pour sa consommation personnelle ou pour la revendre. Les contrats de transport comportaient souvent des clauses strictes sur la « tare » (le poids à l’arrivée).
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L’état des chemins : La saisonnalité que vous évoquiez (fermeture hivernale) est aussi liée à l’état des chemins. Dès les premières pluies d’automne, les chemins de terre se transformaient en ornières impraticables pour les chariots. Le transport était donc une course contre la montre entre la fin du lavage (été/automne) et la dégradation des chemins.
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L’usure du matériel : Les frais de transport (achat/entretien des sacs, location des mules, entretien des chariots) pouvaient représenter jusqu’à 30% ou 40% du prix de vente du charbon sur le marché. C’est pourquoi ces mines mouraient souvent dès que le prix du charbon baissait légèrement : le coût du transport « mangeait » toute la marge.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions plateforme traitement charbon
1 – Quelles étaient les principales étapes du traitement du charbon aux Boines ?
Après l’extraction en montagne, le charbon subissait une série d’opérations artisanales sur place : le lavage (pour séparer les impuretés), le séchage à l’air libre, le tri manuel, puis l’ensachage pour préparer le produit au transport vers les zones de consommation.
2 – Pourquoi le site des Boines est-il important pour le patrimoine dauphinois ?
Les Boines témoignent de l’activité minière artisanale historique de la région. Bien que les installations soient aujourd’hui disparues, le site reste un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’histoire industrielle et le travail des mineurs dans le Dauphiné.
3 – Peut-on encore voir des vestiges du télébenne sur place ?
Non, le site a évolué avec le temps. Comme en témoignent les archives photographiques (notamment de 2019), les infrastructures comme la zone d’arrivée du télébenne ont été démantelées. Il ne reste aujourd’hui plus de traces visibles de ces installations techniques.
4 – Le charbon extrait aux Boines était-il transformé sur place ?
Oui, contrairement aux grandes mines industrielles, l’exploitation des Boines intégrait directement le conditionnement (lavage et ensachage) sur le site ou à proximité immédiate pour faciliter la logistique du transport depuis la montagne.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines les grattages des Boines
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
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Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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Mines des Boines et Serre Leycon : l’histoire industrielle du Dauphiné
Plongez au cœur de La Motte d’Aveillans pour découvrir les vestiges des mines des Boines et les techniques ingénieuses de transport de charbon qui ont façonné le paysage industriel du XIXe siècle.
Aujourd’hui, le calme des pâturages de La Motte d’Aveillans a effacé l’agitation d’hier. Pourtant, sous les sentiers paisibles, le sol garde les cicatrices d’une épopée industrielle intense : celle des petites mines de montagne. Comment, au XIXe siècle, extraire et transporter le charbon depuis des galeries perchées à plus de 1300 mètres d’altitude, là où les routes n’existaient pas ? Entre systèmes de télébennes aériens et plans inclinés vertigineux, découvrez l’histoire fascinante des solutions logistiques audacieuses qui ont permis à ces sites isolés de braver les contraintes du relief dauphinois. Une exploration au cœur du patrimoine minier, où la débrouillardise technique côtoyait la rudesse du travail des mineurs-paysans.
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte-d’Aveillans (Matheysine, Isère) |
| Ressource extraite | Charbon (Anthracite) |
| Altitude du site | Entre 1250 et 1400 mètres |
| Période d’activité | XIXe siècle (exploitation intermittente) |
| Exploitation | Artisanale (système de « mineurs-paysans ») |
| Solutions de transport | Télébennes (câbles aériens) et Plans inclinés |
| Mode de traction | Gravité motrice (systèmes auto-freinés) |
| Vestiges actuels | Terrils, traces de galeries, « balafres » au sol |
| Principale contrainte | Enclavement montagneux et forte déclivité |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
-
L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
-
La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Le premier télébenne
Le premier desservait les galeries B1, B2 et B3 ; nous pouvons supposer que de part sa position topographique en contrebas suggère une fonction d’exhaure naturelle.. Le charbon extrait des galeries B1 et B2, certainement les plus productives, était évacué par ce dispositif. Son point d’arrivée se situait à la jonction de la route actuelle des Signaraux et de la piste montant à l’arboretum.
Ce télébenne, d’une longueur approximative de 430 mètres, était une installation sommaire constituée de poteaux en bois et d’une poulie à chaque extrémité. Bien que nous ne disposions d’aucune photographie, cette information nous a été transmise par M. Darier, qui se souvenait avoir vu les poteaux en bois supportant la poulie. Il est probable qu’il n’y avait aucun poteau intermédiaire. Il convient de préciser qu’à l’époque, la route actuelle, aménagée pour la station des Signaraux, n’existait pas ; seul un sentier permettait le passage. Dès lors, le transport en direction de la Motte-d’Aveillans s’effectuait probablement à dos de mulet, ou bien le minerai était repris depuis le hameau pour être acheminé en chariots, tractés par des chevaux ou des bœufs.

L’ancien site de départ du télébenne n°1, au cœur de la concession des Boines.

Paysage naturel forestier ou montagneux marquant l’emplacement disparu de l’ancienne station d’arrivée du télébenne n°1 des mines des Boines.
Le deuxième télébenne
Un deuxième télébenne fut construit dans la Combe Noire. Celui-ci desservait deux galeries de mine qui, lors des travaux de mise en sécurité, n’ont pas été intégrées à la concession des Boines, malgré leur évidente proximité. En effet, si la concession des Boines se situe dans la combe des Signaraux, les galeries mentionnées se trouvent juste derrière un léger mamelon ; il est donc fort probable que cette contiguïté géographique laisse supposer une continuité de l’exploitation sur les mêmes veines (ou couches).
Ce second télébenne, d’une longueur supérieure au premier (550 mètres), nécessitait la mise en place d’un poteau intermédiaire. En revanche, nous disposons de très peu d’informations sur cette installation ; on peut toutefois supposer que les poteaux étaient métalliques. L’arrivée de la ligne se faisait au niveau d’une ancienne plateforme de lavage.
Dans la Combe Noire, nous avons recensé deux vestiges de galeries associés à un terril plus conséquent. Ce volume de stérile laisse supposer une extraction de charbon plus importante, ce qui aurait justifié la construction de cet équipement. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce télébenne ne subsiste.

Vestiges du passé minier : l’ancien site de départ du télébenne 2, concession des Boines.
Pour une petite exploitation charbonnière au XIXe siècle, le télébenne (souvent appelé à l’époque transporteur aérien à câble ou funiculaire aérien) est une solution technique ingénieuse et peu coûteuse pour pallier les difficultés du relief montagneux.
Définition : Le Télébenne au XIXe siècle
Le télébenne est un système de transport par câble aérien permettant de déplacer du charbon depuis un point d’extraction situé en altitude (souvent une galerie à flanc de montagne) vers un point de stockage ou de chargement en vallée (un quai de gare ou un canal), en utilisant la gravité comme force motrice.
Caractéristiques techniques pour une petite exploitation
Dans une petite mine à temps partiel, le système se caractérise par sa simplicité et sa robustesse :
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Le principe du « va-et-vient » ou « circuit fermé » :
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Le système est constitué d’un câble porteur fixe (sur lequel roule la benne) et d’un câble tracteur mobile.
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Pour les petites exploitations, on utilisait souvent le système à gravité (auto-freiné) : le poids de la benne chargée descendant entraîne la montée de la benne vide. C’est idéal pour une mine de montagne, car cela ne consomme aucune énergie externe (vapeur ou électrique).
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La structure :
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Les pylônes : Des chevalets en bois (souvent en mélèze ou sapin local) soutiennent les câbles pour franchir les ravins ou les terrains accidentés où la construction d’une route ou d’un chemin de fer serait impossible ou trop coûteuse.
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La benne : Un simple récipient en fer battu, suspendu par un chariot à galets, capable de basculer (benne basculante) pour vider le charbon à l’arrivée.
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L’adaptation au « temps partiel » :
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Coût modique : Contrairement à un chemin de fer Decauville, le télébenne nécessite peu de terrassement. Il « survole » le terrain sans modifier le paysage.
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Polyvalence : Lorsqu’il n’est pas utilisé (période creuse de l’exploitation), le système est immobilisé facilement. Les câbles peuvent être détendus pour éviter la corrosion ou le vol.
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Maintenance réduite : Le système peut être entretenu par les mineurs eux-mêmes, qui sont souvent des paysans-mineurs possédant des compétences en mécanique de base.
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Pourquoi était-ce indispensable en montagne ?
Au XIXe siècle, pour une petite mine, le télébenne résout trois problèmes majeurs :
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L’accès difficile : Les routes de montagne étaient souvent impraticables pour les charrettes à bœufs chargées de charbon lourd.
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La pente : Là où les chevaux glisseraient, le câble aérien maintient une trajectoire rectiligne directe, économisant des kilomètres de trajet sinueux.
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La main-d’œuvre : Une seule personne en bas (au déchargement) et une en haut (au chargement) suffisaient à faire fonctionner le flux de transport, libérant les mineurs pour le travail de fond.
Terminologie d’époque
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« Fil aérien » : terme très courant dans la littérature technique de 1880-1900.
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« Transporteur à fil de fer ».
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« Plan incliné aérien ».
En résumé : C’est l’outil de la « débrouillardise industrielle ». Il transforme la contrainte géographique du relief montagneux en avantage énergétique, en utilisant le poids du charbon extrait pour faire monter les outils vides.
Le plan incliné
Un autre mode de transport fut utilisé sur la concession, notamment pour desservir les galeries B4, B5 et B6 : un plan incliné d’environ 230m dont le tracé demeure aujourd’hui devinable. Il ne subsiste toutefois aucune installation physique, hormis une déclivité rendue difficilement perceptible par la végétation. La tête de départ du plan incliné semble se situer le long d’un sentier horizontal reliant la combe des Signaraux à la Combe Noire.
En l’absence d’informations sur les dates de percement des différentes galeries, il est complexe d’établir une chronologie précise. Cependant, nous pouvons formuler l’hypothèse suivante : le premier télébenne a probablement remplacé ce plan incliné. Le silence des témoignages oraux concernant le plan incliné, couplé à la mémoire vive des structures du télébenne, conforte l’hypothèse d’une antériorité du plan incliné sur le système par câble.
Le point d’arrivée du plan incliné, quant à lui, se situait à proximité du départ du rif des Signaraux, à l’extrémité actuelle du parking. Ici encore, nous pouvons supposer que le transport ultérieur, au-delà du plan, était assuré par des mulets.
Le plan incliné ou descenderie au 19eme siècle
Dans une petite exploitation de montagne du XIXe siècle, le plan incliné est une voie de transport à forte déclivité, aménagée entre le carreau de mine (souvent situé à flanc de coteau) et un point de rupture de charge en contrebas (un chemin carrossable, une plateforme de stockage ou un point de transbordement).
1. Le principe de fonctionnement : La « gravité motrice »
À cette échelle, le plan incliné ne nécessite pas de machine à vapeur. Il exploite la force de la pesanteur :
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Le système à va-et-vient (ou plan automatique) : Le poids des berlines chargées descendantes entraîne, par l’intermédiaire d’un câble ou d’une chaîne enroulé sur une poulie de renvoi située en tête de plan, la remontée des berlines vides.
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La régulation : Le mouvement est contrôlé par un frein (frein à ruban ou à sabot) actionné par un « planiste » (le manœuvre responsable du plan) situé en haut de la pente, afin d’éviter l’emballement des chariots.
2. Caractéristiques structurelles pour une « petite exploitation »
Contrairement aux grands plans inclinés industriels, le modèle artisanal se distingue par sa simplicité :
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La voie : Elle est souvent rudimentaire, constituée de rails en bois (ou parfois en fer plat cloué sur des traverses en bois) posés directement sur le sol, sans ballastage complexe.
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La poulie : Située à la tête du plan (le point haut), elle est souvent fixée sur un simple chevalement en bois ou un bâti maçonné sommaire.
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La pente : Elle suit le relief naturel du terrain, ce qui impose souvent des tracés irréguliers.
3. Contexte socio-économique (temps partiel)
Dans le cas d’une exploitation à temps partiel (mineurs-paysans), le plan incliné est un outil de rationalisation du travail. Il permet de pallier le manque de main-d’œuvre en réduisant drastiquement le temps de portage (le transport à dos d’homme ou de mulet), particulièrement pénible sur les sentiers de montagne.
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Le rôle du planiste : Dans une petite mine, cette tâche est souvent dévolue à un ouvrier âgé ou à un jeune apprenti.
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L’abandon : Ces structures sont souvent éphémères. Dès que la galerie est abandonnée ou que le minerai est épuisé, le bois est récupéré, les rails déposés, et la nature reprend ses droits. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne subsiste souvent qu’une « balafre » dans le terrain ou une simple rupture de pente.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions Le transport du charbon aux Boines et Serre-Leycon
Qu’était la concession des Boines et Serre-Leycon ?
Il s’agissait d’un site d’exploitation minière situé dans le bassin de la Matheysine, en Isère. Ces concessions jouaient un rôle crucial dans l’économie charbonnière du Dauphiné au XXe siècle, nécessitant une logistique complexe pour acheminer le minerai extrait des profondeurs vers les centres de tri ou les voies ferrées.
À quoi servait le « télébenne » ?
Le télébenne était un système de transport par câble aérien. Dans une topographie escarpée comme celle du Dauphiné, il permettait d’acheminer efficacement le charbon depuis les puits d’extraction (souvent situés sur des reliefs accidentés) vers les zones de traitement ou de stockage en contrebas, en évitant les contraintes liées au relief et au manque de routes carrossables pour les camions de l’époque.
Pourquoi ne reste-t-il plus aucune trace des installations aujourd’hui ?
Après la fermeture des mines, la plupart des structures métalliques (pylônes, rails, gares de départ) ont été démantelées. Le métal était une ressource précieuse, souvent récupérée pour être recyclée. Le passage du temps, la végétation et le réaménagement des terrains ont fini par effacer les dernières traces physiques, rendant ces sites méconnaissables pour les non-initiés.
Pourquoi est-il important de documenter ces lieux disparus ?
Même sans ruines visibles, ces lieux portent la mémoire des hommes qui y ont travaillé. Documenter ces sites permet de conserver une trace de l’activité industrielle qui a façonné le paysage social et géographique de la Matheysine. C’est un travail de « mémoire vive » pour les générations futures.
Comment peut-on identifier l’emplacement exact de ces anciennes installations ?
L’identification repose aujourd’hui sur le croisement de plusieurs sources : les archives des concessions minières, les anciennes cartes d’état-major, la photogrammétrie aérienne (qui permet de voir des anomalies dans le terrain) et, parfois, le recueil de témoignages d’anciens mineurs ou habitants du secteur.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
1. Le site de référence incontournable
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Mine Image (La Motte-d’Aveillans)
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Pourquoi : C’est le musée de la mine de la Matheysine par excellence. Ils possèdent les collections et les archives les plus complètes sur les concessions minières du secteur.
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2. Bases de données patrimoniales et officielles
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POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) – Ministère de la Culture
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Pourquoi : Tu peux y effectuer des recherches sur les dossiers d’inventaire du patrimoine industriel de l’Isère. C’est une source fiable pour les notices historiques sur les concessions minières.
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Archives Départementales de l’Isère
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Pourquoi : Pour les lecteurs souhaitant consulter des documents originaux, plans cadastraux ou archives administratives sur les concessions de charbon (notamment les fonds de la concession des Boines).
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3. Patrimoine Industriel (Approche nationale)
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CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
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Pourquoi : C’est l’association de référence en France pour la sauvegarde du patrimoine industriel. Elle permet de donner une dimension nationale à ton article sur les télébennes et le transport de minerai.
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4. Contexte local et historique
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Matheysine Tourisme (Patrimoine)
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Pourquoi : Utile pour donner un aspect touristique aux lieux cités et montrer comment ce patrimoine minier est aujourd’hui valorisé dans les itinéraires de randonnée ou de découverte.
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Bibliographie
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).
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Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.
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Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).
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Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).
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Les Vestiges du Télébenne de Versenat : Sur les traces de l’or noir de Matheysine
Si les câbles et les bennes ont aujourd’hui disparu du ciel de la Mure, le plateau de la Matheysine garde en son sein les cicatrices de son passé minier. Parmi elles, les embases maçonnées du télébenne de Versenat subsistent comme les derniers témoins d’une prouesse logistique oubliée. Voyage au cœur de l’archéologie industrielle en Isère.
Découvrez l’histoire et les vestiges de la télébenne de Versenat, élément clé du système de transport des mines de La Mure. Des structures de béton aux mécanismes de l’époque, plongez au cœur du patrimoine minier de l’Isère pour comprendre comment l’anthracite a façonné le territoire de la Matheysine.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation | Télébenne (ou téléphérique industriel) de Versenat |
| Exploitant | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Localisation | Versenat (commune de La Motte-d’Aveillans / Susville), Isère |
| Bassin Minier | Plateau de la Matheysine |
| Fonction principale | Transport des stériles du point d’extraction vers le terril |
| Type de système | Téléphérique bicâble (généralement système type Bleichert ou Pohlig) |
| Point de départ | Sortie du lavoir |
| Point d’arrivée | Terril des Combes de Versenat |
| Matériau transporté | Stériles issu du lavoir |
| Énergie | Électrique (moteurs asynchrones en station motrice) |
| Infrastructures visibles | Embases en béton, pylônes tronqués, restes de stations de tension |
| Période d’activité | Apogée au XXe siècle (abandon en 1968 lors de l’ouverture du terril du Villaret) |
| Intérêt patrimonial | Témoin de la mécanisation des transports en site escarpé |
Un fantôme industriel dans le paysage Dauphinois
Pour le promeneur non averti, ce ne sont que des blocs de béton et de pierre grise émergeant de la végétation. Pourtant, pour l’historien et le passionné de patrimoine, ces socles sont les racines d’un géant de fer : le télébenne de Versenat.
Situé sur la commune de La Motte-d’Aveillans, ce dispositif était une pièce maîtresse du système de transport des Mines de la Mure. Aujourd’hui, bien que les pylônes métalliques aient été démantelés, ces bases maçonnées dessinent encore, en pointillé, la trajectoire du charbon à travers la montagne.

Photographie aérienne de 1951 montrant le parcours du télébenne (tracé en jaune).
À quoi servait le télébenne de Versenat ?
Le plateau matheysin était un véritable labyrinthe de puits de mine et de galeries. Le télébenne (ou téléphérique industriel) était la solution la plus économique pour franchir les dénivelés complexes de la région.
Le transport des stériles
Le rôle principal du télébenne de Versenat n’était pas de transporter le charbon pur, mais d’évacuer les stériles (les roches sans valeur extraites en même temps que l’anthracite). Ces résidus étaient acheminés depuis les centres de tri et de lavage (notamment le Villaret) pour être déversés sur le terril de Versenat.
Une mécanique de précision
À l’époque, des centaines de bennes circulaient suspendues à un câble porteur, actionnées par un câble tracteur. Ce ballet incessant permettait de traiter des tonnages massifs, nécessaires pour maintenir la rentabilité de l’exploitation minière jusqu’à la fin du XXe siècle.

Avant : Vue aérienne du complexe minier en 1960 : la gare de départ du télébenne et le lavoir.
Apres : Vue aérienne de 1969 : Entre vestiges du télébenne et modernisation du lavoir.
Pourquoi ne reste-t-il que les bases maçonnées ?
Après la fermeture définitive des Mines de la Mure en 1997, le démantèlement des infrastructures a été entrepris pour des raisons de sécurité et de récupération des matériaux.
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Le recyclage du métal : Les pylônes en treillis d’acier ont été découpés et envoyés à la ferraille.
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L’ancrage au sol : Seules les fondations, blocs massifs de béton et de maçonnerie ancrés profondément dans le sol pour supporter des tonnes de tension, ont résisté au temps et aux pelleteuses.
Ces bases sont aujourd’hui des bornes historiques. Elles permettent de visualiser l’emprise au sol et l’ampleur de l’installation, marquant le paysage d’une empreinte indélébile.

Vestiges d’un pylône de télébenne : la reconquête végétale (2015).
Un massif de béton brut, reste d’un poteau porteur intermédiaire, se laisse peu à peu envahir par la nature sauvage.
L’archéologie industrielle : Une nouvelle façon de visiter la Matheysine
Visiter le site de Versenat aujourd’hui, c’est pratiquer l’archéologie de terrain. C’est un lieu privilégié pour comprendre comment l’industrie a façonné la topographie locale.
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Le Terril de Versenat : À proximité des bases de pylônes, cette montagne artificielle de schiste noir témoigne de l’accumulation des matériaux transportés pendant des décennies.
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La lecture du tracé : En alignant les socles restants, on peut encore deviner la ligne droite parfaite que suivaient les bennes au-dessus de la vallée.
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Compléter la visite : Pour comprendre le fonctionnement de ces machines, un passage par le Musée de la Mine Image (à la Motte-d’Aveillans) est indispensable pour voir des maquettes et des archives d’époque.

Vestige métallique non identifié émergeant d’un massif en béton, ancienne gare d’arrivée du télébenne. Photo prise en 2015.
Conclusion : Préserver la mémoire de la pierre
Le télébenne de Versenat a peut-être perdu ses membres d’acier, mais son squelette de pierre raconte toujours l’histoire de la sueur et du labeur des mineurs du Dauphiné. Ces vestiges sont essentiels pour ne pas oublier que sous ces pâturages paisibles battait autrefois le cœur industriel de la France.

Détail d’une fondation avec vestige de poteau métallique (cliché de 2015).
1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert
Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :
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Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.
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Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.
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Les « Grands Bureaux » et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.
2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid
Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.
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L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.
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La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les « trieurs » finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.
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Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.
3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »
Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.
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Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.
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Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.
4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière
Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.
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Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.
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La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.
5. La dynamique « Jour / Fond » : Une solidarité complexe
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Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls « vrais » mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.
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L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.
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La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.
6. L’héritage architectural
Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du « Jour » :
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Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).
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Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.
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Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.
Foire Aux Questions vestiges télébennes de Versenat
1. Qu’est-ce qu’une télébenne dans le contexte minier ?
Une télébenne est un système de transport aérien par câbles (similaire à un téléphérique) utilisé pour acheminer le charbon brut depuis les points d’extraction escarpés vers les centres de traitement (lavoirs) ou les gares d’expédition. En Matheysine, ce mode de transport était privilégié pour franchir les reliefs accidentés du plateau.
2. Quel était le rôle spécifique de l’installation de Versenat ?
La télébenne de Versenat servait à évacuer les stériles extrait depuis le lavoir (commune de La Motte-d’Aveillans) vers le terril des combes du Villaret. Elle permettait un flux continu des stériles sans dépendre des contraintes du transport routier ou ferroviaire au sol.
3. Pourquoi ne pas avoir utilisé le train ou des camions à l’époque ?
Le relief du plateau matheysin est marqué par des ruptures de pente importantes. La télébenne offrait une solution directe « à vol d’oiseau », beaucoup moins coûteuse à construire et à entretenir qu’une ligne de chemin de fer en montagne, tout en garantissant un débit constant de plusieurs tonnes par heure.
4. Quand cette installation a-t-elle cessé de fonctionner ?
L’activité de la télébenne a décliné avec la restructuration des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) dans la seconde moitié du XXe siècle. Les vestiges actuels datent de l’époque où le bassin minier de La Mure était à son apogée industrielle, avant la construction d’un nouveau lavoir en 1968.
5. Que reste-t-il aujourd’hui du site de Versenat ?
On peut encore observer des structures en béton armé, notamment les embases des pylônes et des éléments de la station de chargement. Ces vestiges font désormais partie intégrante du paysage de l’archéologie industrielle locale, témoins de la robustesse des constructions minières.d’Aveillans.
6. Peut-on visiter les vestiges de la télébenne ?
Le site est accessible via des sentiers de randonnée sur le plateau matheysin. Cependant, il s’agit de ruines industrielles non sécurisées : la prudence est de mise. Pour une compréhension complète du système, il est recommandé de coupler cette visite avec celle du Musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.
Poursuivez votre exploration
« Ce chantier de rénovation est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...«
« …les travaux de restauration est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure.«
« …l’effondrement catastrophique de La Clapisse » (A venir)
Sources et sites officiels
1. Institutions et Musées (Contexte Historique)
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La Mine Image : C’est le musée de référence situé à La Motte-d’Aveillans. Leur site offre un excellent contexte sur les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour mentionner les fonds d’archives (série S ou fonds des HBD) que les chercheurs peuvent consulter.
2. Cartographie et Archéologie du Paysage (Outils d’Historien)
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Géoportail – Remonter le temps : Le lien le plus important. Il permet de comparer les photos aériennes de 1950-1965 (où la télébenne était encore en activité ou visible) avec les vues actuelles. On y voit très bien le tracé des câbles à l’époque.
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L’Inventaire du Patrimoine de l’Isère : Pour vérifier si le site de Versenat ou le triage-lavoir du Villaret sont répertoriés dans l’inventaire général du patrimoine culturel.
3. Ressources Techniques (Transport par câble)
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Bibliothèque numérique du génie civil (CNUM – CNAM) : Pour trouver des schémas techniques d’époque sur les « transporteurs aériens » utilisés dans les mines au début du XXe siècle.
Bibliographie
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1. Revues et Bulletins Spécialisés
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Association Mémoire des Mines de la Mure, Bulletins annuels de l’association.
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Pourquoi : Ces bulletins contiennent souvent des monographies sur des sites spécifiques comme Versenat, avec des plans d’époque et des témoignages d’anciens mineurs sur le fonctionnement des télébennes.
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L’Alpe (Revue), Le Peuple du Charbon, Numéro spécial consacré aux mines de La Mure.
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Pourquoi : Pour une approche plus iconographique et paysagère de l’impact de l’industrie sur le plateau matheysin.
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2. Rapports Techniques et Archives (Sources primaires)
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Archives Départementales de l’Isère (ADI), Série S (Travaux publics et transports) et Série M (Industrie).
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Pourquoi : Pour consulter les dossiers de concession et les plans de construction des transporteurs aériens (souvent déposés par les sociétés constructrices comme Bleichert ou Pohlig).
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Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), Rapports annuels de gestion (1946-1997).
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Pourquoi : Pour obtenir les chiffres de production et les investissements réalisés sur la branche de Versenat.
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3. Ressources en ligne vérifiées
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Musée de La Mine Image, Fonds documentaire sur les transports miniers, mine-image.fr.
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Ministère de la Culture, Base Mérimée : Inventaire du patrimoine industriel (Mines de La Mure).
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Voir la carte de la gare d’arrivée
Voir la carte du poteau intermédiaire
Galerie Photos
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