
Les Galeries Giroud : plongée au cœur de la mine au niveau 12
Explorez l’ingéniosité du complexe minier Giroud à Susville : une organisation souterraine unique, de l’aérage au « versage », au service de l’épopée industrielle dauphinoise.
Plongez dans l’histoire industrielle du plateau matheysin en explorant les galeries Giroud à Susville. Véritable prouesse technique du niveau 12, ce complexe minier témoigne du savoir-faire des mineurs dauphinois. Découvrez les coulisses de cette organisation souterraine, entre aérage, circulation et extraction, au cœur d’un patrimoine minier aujourd’hui éffacé.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails historiques |
| Localisation | Bassin minier de la Matheysine (La Motte-d’Aveillans) |
| Structure du réseau | Faisceau de 5 galeries spécialisées |
| Les 5 galeries | L’exhaure, L’école, La sondeur, La cheminée d’aérage, et l’artère de roulage |
| Niveau d’exploitation | Niveau 12 |
| Point de sortie | La Galerie « Versage » (zone de déchargement) |
| Liaison logistique | Connexion directe avec l’usine de traitement |
| Exploitant historique | Famille Giroud (dont Jules Giroud) |
Dans les profondeurs du Niveau 12 : L’épopée des Galeries Giroud et du « Versage »
Avant les grandes modernisations du Plan Richard, un réseau souterrain vital faisait battre le cœur de la mine en Matheysine. Plongée dans l’anatomie du complexe Giroud, chef-d’œuvre de logistique minière.
Comment le charbon et les hommes circulaient-ils sous terre avant la grande mécanisation ? Au niveau 12, le complexe Giroud s’impose comme un modèle d’organisation technique. Composé de cinq galeries aux fonctions bien distinctes convergeant vers une artère unique, ce réseau trouvait son aboutissement à la Galerie « Versage ».Cet ensemble est généralement décrit comme le complexe des cinq galeries Giroud, un système cohérent où chaque ouvrage répond à un besoin précis : évacuer le charbon, gérer l’eau, assurer l’aérage, soutenir les activités de sondage, et former les mineurs. L’intérêt patrimonial de ces galeries ne tient pas seulement à leurs vestiges, mais à ce qu’elles racontent : une organisation industrielle où la logistique était pensée au plus près du terrain, bien avant les modernisations ultérieures du réseau.
Le Niveau 12 : Cœur battant de l’exploitation
Contrairement à une idée reçue, le niveau 12 n’était pas qu’une simple galerie d’extraction. Dès l’époque de Jules Giroud, ce niveau a été conçu comme la plaque tournante de toute la concession du Peychagnard à Susville. Par une prouesse d’organisation minière, les niveaux 10 et 11 étaient reliés à ce niveau 12 par des plans inclinés internes. Ainsi, toute la production extraite sur ces trois étages convergeait vers une seule et même recette de sortie. Cette centralisation, véritable modèle d’efficacité industrielle pour le XIXe siècle, permettait de concentrer le triage et le chargement du charbon sur un seul point, directement connecté au réseau ferroviaire. Le « 12 » est ainsi devenu l’âme du site, bien avant l’émergence des infrastructures modernes.
L’anatomie de l’exploitation a l’époque de Jules Giroud
Sous l’impulsion de l’ingénieur Jules Giroud, l’exploitation minière du Villaret a connu une véritable structuration industrielle. À cette époque, l’extraction se faisait exclusivement « à la montagne » via des galeries creusées à flanc de coteau, bien avant l’érection du grand puits vertical moderne du Villaret, construit dans les années 1950.
Le site était historiquement rattaché à la concession du Peychagnard. La nomenclature des ouvrages témoigne de la complexité de cette exploitation étagée : le célèbre « niveau 12 » ne correspondait pas au fond de la mine, mais indiquait que douze niveaux d’exploitation se superposaient au-dessus de lui. En réalité, le secteur en comptait quatorze au total, la numérotation débutant par la galerie la plus haute, désignée sous le nom de « galerie 00 ».
Eugène Chaper : L’architecte industriel (1860-1890)
Si le nom de Jules Giroud est associé à la technique minière au Villaret, celui d’Eugène Chaper est indissociable de la naissance de l’industrie charbonnière en Matheysine. Industriel visionnaire et figure marquante de la vie grenobloise, Eugène Chaper a su fédérer les capitaux nécessaires pour transformer l’exploitation artisanale du Peychagnard en une véritable puissance industrielle. En faisant confiance à Jules Giroud, il a permis la création d’une organisation rationnelle — de la célèbre galerie-école au système de centralisation des niveaux vers la recette principale. Ensemble, ils ont jeté les bases du modèle économique qui fera vivre Susville pendant plus d’un siècle, faisant passer la mine de l’échelle locale à celle de moteur de l’économie dauphinoise.
Le contexte : L’ère de Jules Giroud (1860-1890)
Jules Giroud prend la direction de la Compagnie des mines de la Motte-d’Aveillans (qui englobait le secteur de Susville) en 1860. C’est sous son impulsion que l’exploitation devient industrielle.
À cette époque, il n’y a pas encore de « carreau » au sens moderne (avec chevalement). On parle alors de plateformes de chargement ou de recettes de galeries.
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La date clé : On peut situer le développement des infrastructures logistiques du secteur du Villaret vers 1865-1870.
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C’est à cette période que Jules Giroud cherche à rationaliser le transport du charbon. Il met en place des systèmes de plans inclinés (systèmes de wagons descendant par gravité ou par treuils) pour relier les galeries situées en altitude aux points de stockage ou aux chemins de fer naissants.

Vestiges de l’activité minière : traces d’essais de sondeur sur la roche, à proximité de la galerie historique du XIXe siècle (cliché de 2019).
Les installations « anciennes » du Villaret
Le « carreau » de l’époque Giroud correspond en réalité à l’aire de triage et de chargement située à l’embouchure des galeries principales du Villaret (notamment les galeries de recherche et d’exploitation qui entaillaient le flanc de la montagne) le tout remontant aux années entre 1865 et 1875 pour la création des premières installations industrielles significatives au Villaret.
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La nature du site : Contrairement au puits vertical moderne, le carreau « Giroud » était une plateforme aménagée en terrasse. Il comprenait des culbuteurs, des zones de stockage (parcs à charbon) et les premières mécanisations de tri manuel.
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La connexion au réseau : Ces installations étaient intimement liées à la création du chemin de fer de la Mure (dont la ligne a été concédée en 1882 et inaugurée en 1888). Jules Giroud a conçu ces installations pour que le charbon extrait au Villaret soit directement basculé dans les wagonnets du réseau de desserte mais cela ne sera effectif qu’a partir de 1911 avec la gare du Villaret.
Il est important de noter que sous Jules Giroud, le site du Villaret n’était pas un site d’extraction unique et figé comme le deviendra le puits des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) plus tard :
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La multiplicité des accès : Il y avait plusieurs petites entrées de mines (« galeries ») réparties sur le flanc de coteau du Peychagnard. Chaque galerie avait sa petite plateforme de travail.
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L’évolution constante : Ces installations étaient semi-permanentes. Elles étaient déplacées ou agrandies au fur et à mesure de l’avancement des galeries dans la couche de houille.

Localisation de la cheminée sur extrait de plan BRGM (propriété privée).
L’anatomie d’un réseau : les cinq galeries Giroud.
Pour comprendre le génie de cette infrastructure, il ne faut pas imaginer un simple tunnel, mais un véritable carrefour souterrain hautement organisé. Le site comptait en réalité cinq galeries Giroud, chacune ayant une fonction vitale pour la survie et l’efficacité de la mine.
Parmi ces ramifications, on trouvait :
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L’exhaure : Dédiée à la gestion et au pompage des eaux souterraines, indispensable pour éviter l’inondation des chantiers.
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L’école : Une galerie d’apprentissage, véritable chantier-école où les jeunes recrues (galibots) et les mineurs novices se formaient aux techniques d’abattage et de boisage en conditions réelles.
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La sondeur : Galerie liée au sondage (maintenance, réparation et essais des machines de carottage), raccordée perpendiculairement à l’exhaure..
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La cheminée d’aérage : Le poumon du niveau 12, garantissant la circulation de l’air frais et l’évacuation des gaz toxiques.
- Le versage : L’extrémité de la galerie de roulage. C’est par ce point névralgique que la production de charbon était évacuée pour être acheminée vers l’usine de Susville.

Entrée de la galerie d’exhaure Giroud en 2019. L’ouvrage a été condamné par un remblayage et l’accumulation de gravats.
Le « Roulage » et le « Versage » : l’artère vitale
Toute l’intelligence de ce réseau résidait dans sa convergence. Ces cinq galeries stratégiques se connectaient toutes sur une seule et même galerie de roulage (l’axe principal de circulation des berlines).
Cette artère collectrice acheminait le fruit du travail des mineurs jusqu’à son point d’aboutissement : la fameuse Galerie Giroud « Versage ». Dans le jargon minier, le « versage » désigne l’action de décharger le minerai. C’est exactement à cette extrémité que les berlines pleines de charbon, venues des profondeurs du niveau 12, étaient déversées pour rejoindre directement l’usine de traitement en surface. Un circuit court, pensé pour éviter les ruptures de charge inutiles.

Galerie Giroud Versage (2019) : Vue vers la zone de déchargement et raccordement du muret de soutien de la voie menant à une probable trémie.
Avant le Plan Richard : l’intelligence du terrain
Il faut se replacer dans le contexte temporel pour mesurer l’importance de ce carrefour. Ce système complet a fonctionné à plein régime bien avant l’arrivée du Plan Richard, ce vaste programme qui allait restructurer et moderniser l’évacuation du charbon dans tout le bassin dauphinois.
Avant cette révolution technologique, le complexe Giroud incarnait le summum de l’optimisation. Il prouve que les anciens ingénieurs savaient structurer la roche pour créer un réseau autonome (air, eau, formation, extraction) se vidant d’un seul flux vers la surface.
La famille Giroud : les bâtisseurs de la Matheysine minière
Si cet ensemble porte ce nom, c’est pour rendre hommage à la famille Giroud, et tout particulièrement à Jules Giroud, figure emblématique de l’entrepreneuriat minier local.
Bien avant la centralisation des Houillères en 1946, l’exploitation était l’affaire de concessions privées, dont celle de La Motte-d’Aveillans. Les Giroud étaient des exploitants de proximité, concevant eux-mêmes leurs réseaux. En finançant et en organisant ce faisceau de cinq galeries au Niveau 12, Jules Giroud ne cherchaient pas seulement à extraire du charbon : il structurait une industrie. Le nom « Giroud » est resté ancré dans la roche, balise géographique pour les mineurs, et marque indélébile de ces pionniers qui ont façonné l’identité de la Matheysine.
Un héritage sous la roche
Aujourd’hui, redécouvrir le rôle de l’exhaure, de l’école ou du versage, c’est ouvrir un chapitre fascinant du patrimoine industriel dauphinois. C’est comprendre qu’au-delà de la force physique, c’est une organisation millimétrée qui a permis de faire sortir l’or noir de nos montagnes.
Foire Aux Questions
1 -Comment se composait le réseau des cinq galeries Giroud ?
Le réseau se situait au niveau 12 de la mine de Susville et comprenait cinq galeries reliées entre elles. Chaque galerie avait une fonction précise pour le fonctionnement de la mine : la galerie d’exhaure servait à l’écoulement des eaux, la galerie-école formait le personnel, la galerie du sondeur permettait de réaliser des tests, la cheminée d’aérage assurait la ventilation et la galerie de versage servait à l’évacuation du charbon.
2 – Quel était l’intérêt stratégique du niveau 12 ?
Le niveau 12 constituait le point central de la concession du Peychagnard. Les charbons extraits dans les niveaux supérieurs (les niveaux 10 et 11) y étaient acheminés grâce à des plans inclinés intérieurs. Cela permettait de centraliser le tri et l’expédition du charbon en un seul endroit bien avant la modernisation complète de l’exploitation.
3 – Quel rôle a joué Jules Giroud dans l’histoire de cette mine ?
Jules Giroud a été un acteur clé du développement minier en Matheysine à partir de 1860. Il a transformé des méthodes d’exploitation encore artisanales en un système industriel organisé. C’est lui qui a rationalisé les installations du Villaret, notamment en concevant le complexe logistique du niveau 12 et les infrastructures de transport associées.
4 – Qu’appelle-t-on le versage dans cette exploitation ?
Le versage était le point de déchargement du charbon. Dans les galeries Giroud, ce dispositif permettait de vider les berlines de charbon venues du fond pour envoyer directement le combustible vers l’atelier de criblage et de lavage situé en contrebas. C’était un élément essentiel pour le transit de la production.
5 – Le site du niveau 12 possédait-il un chevalement ?
Non, durant la période d’activité de ces galeries (entre 1865 et 1875), l’accès se faisait à flanc de montagne et non par un puits vertical. Le carreau de la mine se limitait à des terrasses aménagées à l’extérieur des galeries pour le traitement et le départ du charbon vers les voies de transport.
6 – Comment fonctionnait la galerie-école ?
Cette galerie spécifique servait de centre d’apprentissage pratique pour les nouveaux mineurs et les jeunes apprentis appelés galibots. Ils y apprenaient les métiers de la mine, comme le soutènement (le boisage) et l’abattage du charbon, dans un environnement contrôlé mais représentatif des conditions du fond.
7 – Que reste-t-il aujourd’hui des galeries Giroud ?
Bien que les accès aient été sécurisés ou obstrués au fil du temps, le secteur conserve des vestiges de cette époque. On peut encore observer des maçonneries en pierre de taille, des structures liées au tri du charbon ainsi que des marques de forages techniques dans la roche, qui témoignent des méthodes de travail du XIXe siècle.
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« Plongez dans l’épopée minière du Plateau Matheysin » « Découvrez l’histoire du Puits du Villaret, le plus récent du Plateau Matheysin »
Sources et sites officiels
1. Patrimoine industriel et minier (Contexte régional)
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Musée de la Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le lieu de référence pour comprendre l’extraction du charbon dans le bassin de La Mure. Ils proposent des visites guidées très instructives.
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Lien utile : https://mine-image.com/
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La Mémoire de la Mine (Bassin de La Mure) : Diverses associations locales travaillent à la préservation de la mémoire des houillères du Dauphiné. Consulter les sites des mairies de Susville ou de La Mure peut également apporter des compléments sur le patrimoine bâti.
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Site de la mairie de Susville : https://www.susville.fr/
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2. Patrimoine ferroviaire (Contexte historique)
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Le Petit Train de La Mure : Indispensable pour l’aspect ferroviaire du bassin. Ce site permet de contextualiser l’importance du transport du charbon.
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Lien utile : https://www.lepetit-traindelamure.com/
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Chemins de fer du Dauphiné (Archives et associations) : Pour les passionnés de voies étroites, le site de la Fédération des Amis des Chemins de Fer Secondaires (FACS) contient souvent des inventaires techniques précieux.
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Lien utile :https://www.facs-patrimoine-ferroviaire.fr/
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3. Ressources institutionnelles et documentaires
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Inventaire du Patrimoine (Région Auvergne-Rhône-Alpes) : Le site de l’inventaire général du patrimoine culturel recense souvent des fiches techniques très complètes sur les sites miniers.
Bibliographie
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Association « La Mine Image » (La Motte-d’Aveillans), Archives et témoignages sur le bassin houiller de La Mure.
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Note : Bien qu’il s’agisse plus de fonds documentaires que d’un livre unique, les publications liées aux travaux de l’association La Mine Image constituent la base documentaire la plus fiable concernant la mémoire locale.
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- BRGM. (Année de publication). Rapport de mise en sécurité des mines de La Mure : travaux de confortement (bouchons de ciment et injections de cendres). Base de données InfoTerre. [En ligne]. Disponible sur : https://infoterre.brgm.fr/ [Consulté le : JJ/MM/AAAA].
- Archives Départementales de l’Isère. Série S : Travaux publics et mines. Dossiers relatifs aux concessions des mines de La Mure. [Cote du document]. [En ligne ou consultation physique].
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La Galerie-École H. Giroud : Plongée au cœur de la formation des mineurs en Isère
Situées à Susville, au cœur du bassin minier de La Mure, la galerie-école H. Giroud sont bien plus qu’un simple vestige souterrain. Elles incarnent une page méconnue mais fondamentale de l’histoire industrielle du Dauphiné : celle de la formation et de la sécurité des hommes qui, pendant des décennies, ont extrait le charbon de nos sous-sols.
Situées à Susville, au cœur du bassin minier de La Mure, les galeries-écoles H. Giroud ne sont pas de simples vestiges souterrains : elles incarnent une page fondamentale de l’histoire industrielle du Dauphiné. Véritables « écoles de la mine », ces infrastructures permettaient aux apprentis mineurs de maîtriser les techniques de boisage et la sécurité dans des conditions réelles mais contrôlées. Plongez dans l’histoire de ces lieux d’apprentissage où se forgeait, génération après génération, le savoir-faire des hommes du charbon.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Localisation | Bassin minier de la Matheysine (Le Villaret, Susville) |
| Niveau d’exploitation | Niveau 12 |
| Type de structure | Réseau souterrain de 5 galeries spécialisées |
| Période d’activité majeure | Fin du XIXe siècle (développement vers 1865-1875) |
| Figure historique | Jules Giroud (Ingénieur et exploitant) |
| Points de sortie | Galerie « Versage » (zone de déchargement principale) |
| Fonction logistique | Centralisation des niveaux 10, 11 et 12 pour l’extraction |
| Infrastructures clés | Exhaure, École, Sondeur, Cheminée d’aérage, Artère de roulage |
Un témoin du passé minier de Susville
Le site du Villaret, à Susville, a longtemps battu au rythme des houillères. Si les puits et les chevalements sont souvent les figures emblématiques de l’extraction, les galeries-écoles jouaient un rôle tout aussi vital.
Ces galeries n’étaient pas destinées à une production intensive, mais à l’apprentissage. Elles servaient de terrain d’exercice pour les futurs mineurs, permettant une initiation technique dans des conditions réelles, mais contrôlées. Une manière pour les Houillères du Dauphiné de garantir la compétence et la sécurité de leurs ouvriers.
Les deux galeries du Villaret : Histoire et architecture
Le site se compose de deux galeries distinctes, témoins de l’évolution du complexe minier :
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La Galerie-École Giroud (datée de 1897) : Cette galerie est la plus documentée. Historiquement, elle rejoignait le réseau minier principal en s’embranchant sur la « Galerie Giroud versage ». Elle fut la première à être exploitée face au bâtiment de la direction des houillères avant de devenir un outil pédagogique.
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La Galerie sous l’école : Moins connue, cette seconde galerie passe sous l’actuelle école maternelle du Villaret. Elle rappelle la proximité immédiate, parfois impressionnante, entre le monde du travail minier et la vie quotidienne du village.
Pourquoi ces galeries sont-elles fermées aujourd’hui ?
Depuis leur fermeture, le site a fait l’objet de travaux de sécurisation importants. En 1999, face aux risques d’affaissement — notamment pour la galerie passant sous l’école — les accès ont été condamnés par des bouchons de ciment et des injections de cendres pour stabiliser le terrain. Aujourd’hui, ces portes métalliques scellées sont les seuls points visibles pour les curieux, marquant la fin de l’exploitation, mais aussi la préservation d’un patrimoine fragile.
Patrimoine industriel : Pourquoi ce lieu compte ?
La conservation de tels sites est essentielle pour la mémoire locale. Les galeries H. Giroud nous rappellent :
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L’évolution technique : De l’extraction artisanale à l’industrialisation, le bassin de La Mure a été un laboratoire technologique.
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La culture ouvrière : Ces lieux rappellent que le métier de mineur demandait un apprentissage rigoureux, loin des clichés simplistes.
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La résilience du paysage : Le Villaret est un exemple de la transformation d’un territoire qui a dû réinventer son sous-sol après la fin de l’extraction.

Plan des anciennes voies étroites à la sortie de la galerie Giroud reconstitué a partir de plans de la Mairie de Susville.
Voici pourquoi les galeries-écoles étaient devenues indispensables pour les compagnies minières de l’époque, et notamment dans le bassin du Dauphiné.
1. La sécurité comme impératif économique et humain
À la fin du XIXe siècle, les mines deviennent de plus en plus profondes et complexes. Les risques (éboulements, coups de grisou, incendies) sont omniprésents.
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Le danger de l’apprentissage « sur le tas » : Envoyer un jeune mineur de 14-16 ans directement sur un chantier de production était une aberration sécuritaire. Une erreur de boisage (le soutien des galeries) par un novice pouvait mettre en péril toute une équipe.
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La « bulle » de sécurité : La galerie-école permettait de simuler l’environnement de la mine (obscurité, étroitesse, poussière) sans les risques mortels d’une exploitation réelle. C’était un « bac à sable » géant où le droit à l’erreur était permis. Si le jeune apprenti ratait son étayage ici, il ne risquait pas de provoquer un éboulement catastrophique.
2. La maîtrise du « geste » technique
Le métier de mineur, contrairement aux idées reçues, était extrêmement technique. La galerie-école servait à automatiser les gestes.
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Le boisage (ou étayage) : C’était l’art vital du mineur : savoir poser les bois pour soutenir le toit de la galerie. C’est un savoir-faire complexe qui demande de « sentir » la pression du terrain. En galerie-école, les apprentis répétaient ces gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent des réflexes.
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La manipulation des outils : Avec l’arrivée progressive de la mécanisation (marteaux-piqueurs, outils électriques), la formation technique est devenue indispensable pour ne pas briser le matériel coûteux et pour éviter les accidents liés aux machines.
3. La rationalisation et la productivité
Après la Première Guerre mondiale, les besoins en charbon explosent. Les compagnies minières ne pouvaient plus se permettre d’avoir des ouvriers peu qualifiés qui perdaient du temps.
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Le gain de rendement : Un mineur formé en galerie-école arrivait au « front de taille » (là où l’on extrait le charbon) déjà opérationnel. Il savait comment optimiser son travail, comment organiser son poste de travail pour extraire plus efficacement.
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La spécialisation : Les galeries-écoles permettaient aussi de repérer les talents : certains se révélant meilleurs en boisage, d’autres en manipulation d’outils, ou encore en gestion de la ventilation. La compagnie pouvait ainsi affecter les hommes aux postes où ils seraient les plus productifs.
4. L’intégration sociale et culturelle (« Le métier »)
C’est un aspect souvent oublié. La galerie-école était aussi un lieu d’acculturation.
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L’apprentissage du rythme : La mine impose une discipline de fer. La galerie-école permettait d’inculquer aux jeunes la ponctualité, le respect de la hiérarchie et la solidarité nécessaire entre les membres d’une équipe.
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Le rite de passage : En intégrant ces galeries, le jeune apprenti quittait le monde de l’enfance pour entrer dans celui des hommes. C’était une forme d’initiation. On y apprenait le « langage » de la mine, les codes, et surtout cette camaraderie indéfectible indispensable pour survivre en milieu hostile.
Le cadre réglementaire : Susville, site pilote de la sécurité minière
L’aménagement des galeries-écoles et des dispositifs de mise en sécurité, tels que les bouchons de ciment et les injections de cendres, ne saurait être réduit à une simple initiative locale. Ces travaux s’inscrivent dans une volonté nationale de normalisation de la sécurité souterraine, accélérée par la Loi du 9 septembre 1919 relative aux mines et les décrets successifs visant à renforcer la police des mines. Ces textes ont imposé aux exploitants des protocoles de surveillance rigoureux, destinés à prévenir les risques d’effondrements, d’inondations et de remontées de gaz.
Le site de Susville, par sa configuration géologique complexe et l’imbrication étroite entre les zones d’exploitation et les espaces de formation, a fait figure de site pilote à l’échelle nationale. Cette place prépondérante s’explique par la nécessité, pour la Compagnie des Mines, de concevoir des protocoles de sécurité avant-gardistes capables de garantir la pérennité des galeries-écoles tout en assurant la protection des élèves-mineurs. En testant des méthodes innovantes de consolidation — aujourd’hui largement documentées dans les rapports du BRGM (base InfoTerre) — Susville est devenu un véritable laboratoire de la sécurité minière. Les techniques éprouvées ici, répondant aux exigences strictes de la réglementation de l’époque, ont par la suite servi de référence pour le traitement des anciens ouvrages miniers sur l’ensemble du territoire français.

Reconstitution du carreau de mine : intégration numérique d’un wagonnet sur les voies d’époque par IA.
Foire Aux Questions
Qu‘est-ce qu’une galerie-école ?
Une galerie-école était une infrastructure souterraine spécialement aménagée pour la formation des apprentis mineurs. Contrairement aux galeries d’exploitation, elle permettait d’apprendre les gestes techniques (boisage, étayage, maniement des outils) et les règles de sécurité dans des conditions réelles mais contrôlées, sans les dangers liés à la production intensive.
Pourquoi les galeries de Susville ont-elles été fermées ?
Les galeries ont été condamnées pour des raisons de sécurité. En 1999, face aux risques d’affaissement du terrain, notamment pour la galerie située sous l’école maternelle du Villaret, d’importants travaux de sécurisation ont été réalisés. Les accès ont été scellés par des bouchons de ciment et des injections de cendres pour stabiliser le sous-sol.
Peut-on visiter les galeries-écoles H. Giroud aujourd’hui ?
Non, les galeries ne sont pas accessibles au public. Le site est totalement remblayé et sécurisé. Aujourd’hui, seuls les vestiges extérieurs et les portes métalliques scellées permettent de témoigner de l’emplacement et de l’existence historique de ces infrastructures.
Pourquoi ces galeries étaient-elles indispensables aux Houillères ?
Elles répondaient à un triple objectif : garantir la sécurité des mineurs en leur apprenant à maîtriser les risques avant d’aller au « front de taille », rationaliser la production en formant des ouvriers déjà opérationnels, et inculquer la culture et la discipline nécessaires à la vie minière.
Quel est l’intérêt historique du site de Susville ?
Le site du Villaret, à Susville, est un témoin majeur du passé industriel du bassin de La Mure. Il illustre l’évolution technique de l’extraction, l’importance de la transmission des savoir-faire ouvriers et la résilience d’un territoire qui a su préserver les traces de son patrimoine industriel après la fin de l’exploitation.
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Sources et sites officiels
1. Patrimoine industriel et minier (Contexte régional)
-
Musée de la Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le lieu de référence pour comprendre l’extraction du charbon dans le bassin de La Mure. Ils proposent des visites guidées très instructives.
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Lien utile : https://mine-image.com/
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La Mémoire de la Mine (Bassin de La Mure) : Diverses associations locales travaillent à la préservation de la mémoire des houillères du Dauphiné. Consulter les sites des mairies de Susville ou de La Mure peut également apporter des compléments sur le patrimoine bâti.
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Site de la mairie de Susville : https://www.susville.fr/
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2. Patrimoine ferroviaire (Contexte historique)
-
Le Petit Train de La Mure : Indispensable pour l’aspect ferroviaire du bassin. Ce site permet de contextualiser l’importance du transport du charbon.
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Lien utile : https://www.lepetit-traindelamure.com/
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Chemins de fer du Dauphiné (Archives et associations) : Pour les passionnés de voies étroites, le site de la Fédération des Amis des Chemins de Fer Secondaires (FACS) contient souvent des inventaires techniques précieux.
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Lien utile :https://www.facs-patrimoine-ferroviaire.fr/
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3. Ressources institutionnelles et documentaires
-
Inventaire du Patrimoine (Région Auvergne-Rhône-Alpes) : Le site de l’inventaire général du patrimoine culturel recense souvent des fiches techniques très complètes sur les sites miniers.
Bibliographie
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Association « La Mine Image » (La Motte-d’Aveillans), Archives et témoignages sur le bassin houiller de La Mure.
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Note : Bien qu’il s’agisse plus de fonds documentaires que d’un livre unique, les publications liées aux travaux de l’association La Mine Image constituent la base documentaire la plus fiable concernant la mémoire locale.
-
- BRGM. (Année de publication). Rapport de mise en sécurité des mines de La Mure : travaux de confortement (bouchons de ciment et injections de cendres). Base de données InfoTerre. [En ligne]. Disponible sur : https://infoterre.brgm.fr/ [Consulté le : JJ/MM/AAAA].
- Archives Départementales de l’Isère. Série S : Travaux publics et mines. Dossiers relatifs aux concessions des mines de La Mure. [Cote du document]. [En ligne ou consultation physique].
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La mine des Boines : lavage, séchage et transport du charbon
Découvrez les coulisses de l’exploitation minière aux Boines : de l’extraction en montagne au lavage, séchage et ensachage artisanal du charbon avant son expédition.
Entre extraction périlleuse et logistique de haute montagne, découvrez les coulisses méconnues de la mine des Boines à La Motte-d’Aveillans. De la séparation gravimétrique rudimentaire aux défis du triage manuel, plongez au cœur d’un processus artisanal indispensable qui, au XIXe siècle, transformait le charbon brut de la Matheysine en une ressource énergétique prête pour les marchés dauphinois.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Site d’exploitation | Les Boines (Massif du Dauphiné) |
| Type d’activité | Traitement post-extraction du charbon |
| Nature du processus | Artisanal (manuel et mécanique léger) |
| Étapes clés | Lavage, séchage, triage, ensachage |
| Finalité | Préparation au transport et à la commercialisation |
| Main-d’œuvre | Artisanale / Locale |
| État du site | [À compléter selon la réalité : Exemple « Vestiges conservés » ou « Site réhabilité »] |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Note technique sur le traitement du charbon aux sites de Serre-Leycon et des Boines
1. La nécessité du traitement du « tout-venant »
À sa sortie du fond, le charbon extrait des concessions de Serre-Leycon et des Boines se présentait sous forme de « tout-venant », un mélange hétérogène incluant le combustible proprement dit et des stériles (schistes, grès, débris de bois et terres). Cette phase de préparation mécanique, bien que sommaire, était impérative pour accroître le pouvoir calorifique du produit fini et garantir sa valeur marchande.
2. Une installation de traitement rudimentaire
Contrairement aux lavoirs industriels mécanisés qui se généralisent à la fin du XIXe siècle, le site exploitait une infrastructure de lavage par voie humide, rudimentaire mais fonctionnelle. Le minerai était acheminé par des plans inclinés (système de descenderies aériennes) jusqu’à un canal de lavage aménagé. L’utilisation du courant naturel du ruisseau de Vaulx permettait, par différence de densité, une séparation gravimétrique sommaire des matériaux.
Note technologique : Ce procédé, hérité de traditions minières anciennes, privilégiait le criblage manuel. Les « fines » (charbon de faible granulométrie), faute de techniques de décantation ou de récupération adéquates, étaient rejetées avec les stériles, engendrant un gaspillage énergétique important.
3. Impacts environnementaux et empreinte paysagère
L’absence totale de préoccupations environnementales à cette époque condamnait le ruisseau de Vaulx à un envasement rapide et à une pollution chronique. Les eaux de lavage, chargées en particules fines et en résidus carbonés, altéraient durablement la qualité physico-chimique du cours d’eau. Aujourd’hui, l’effacement des structures de surface (plans inclinés et canaux) rend la lecture archéologique de ces installations complexe, illustrant la fragilité des traces laissées par ces petites exploitations artisanales.
4. Logistique et mise en marché
Après l’opération de lavage, le combustible subissait un ressuyage naturel à l’air libre. Une fois stabilisé, le charbon était conditionné et acheminé par charrettes vers la gare de La Festinière, point nodal de l’évacuation du produit vers les marchés régionaux. Malgré son caractère archaïque et son empreinte écologique significative, ce processus constituait un maillon indispensable de la chaîne de valeur minière du XIXe siècle, transformant une ressource brute en un produit énergétiquement exploitable.
Le tri manuel — que l’on nomme techniquement le « triage » ou le « picking » — est une étape fondamentale de la chaîne de valeur minière au XIXe siècle. Dans les petites mines de montagne, c’est là que se décide la rentabilité de l’exploitation.
Voici une analyse de cette pratique, souvent invisible dans les grandes monographies industrielles, mais centrale pour comprendre le quotidien d’une mine temporaire.
1. La distinction technique : Triage vs Lavage
Il est crucial de bien distinguer les deux :
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Le triage (manuel) : Concerne les gros morceaux (le calibre « tout-venant »). Il est réalisé avant le lavage.
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Le lavage (hydraulique) : Concerne les menus (les fines). Il est réalisé après le triage.
Le triage permet de ne pas gaspiller de l’eau (ressource rare) et du temps en lavant inutilement de la roche stérile qui peut être écartée immédiatement à la main.
2. Le cadre matériel : La table de triage
Dans ces mines isolées, l’infrastructure était rudimentaire mais efficace :
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La plate-forme de triage : Souvent une structure en bois surélevée à hauteur de taille. Le « tout-venant » (le charbon brut sortant de la galerie) était déversé sur cette table ou une plateforme inclinée.
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Le geste : Les trieurs manipulent les blocs. L’anthracite, de par sa nature (éclat vitreux, dureté, noir profond), est très facile à distinguer visuellement de la « gangue » (la roche hôte, souvent schisteuse, grise ou brune).
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Le matériel : On trouvait généralement trois zones de chute ou trois bacs/paniers disposés autour du trieur :
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Le charbon marchand : Les morceaux purs, destinés à la vente.
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Le « mixte » : Des morceaux où charbon et roche sont encore soudés. Ils étaient mis de côté pour être concassés plus finement (au marteau) avant de passer au lavage.
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Les stériles : La roche pure (schistes, grès) qui était jetée directement sur le terril, juste à côté de la plateforme, pour éviter tout transport inutile.
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3. La dimension humaine : Les « Trieuses »
C’est un point sociologique majeur. Le triage était une activité « non-guerrière » et moins dangereuse que l’extraction au fond.
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La main-d’œuvre : C’était quasi exclusivement le travail des femmes, des adolescents, des vieillards ou des mineurs blessés/inaptes au fond. Dans les mines de montagne, cette activité permettait d’intégrer une partie de la population locale à l’économie minière.
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La pénibilité : C’est un travail statique, répétitif, dans le froid (car souvent en extérieur), avec une exposition constante à la poussière de charbon (silicose ou anthracose des voies aériennes supérieures). La posture debout, penchée sur la table, causait des troubles musculo-squelettiques chroniques.
4. La logique économique : Pourquoi trier manuellement ?
Dans une mine de montagne, le coût de revient est dominé par le transport (à dos de mulet). Chaque kilogramme de roche inutile transporté en bas de la vallée est une perte d’argent sèche.
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Le triage est une opération de « désengorgement » : En éliminant 30 à 40 % de stériles dès la sortie de la mine, on réduit drastiquement le poids à transporter par les muletiers.
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La valorisation du produit : Le charbon « trié » se vendait plus cher. Le client (souvent une forge locale ou un foyer domestique) exigeait un anthracite « propre », sans terre ni schiste, car la roche ne brûle pas et encrasse les foyers.
En résumé
Le tri manuel était le filtre de qualité de la mine. C’était une activité de précision visuelle avant d’être une activité de force. Pour une mine de montagne saisonnière, c’est l’étape qui permettait de rentabiliser le transport en amont du lavage hydraulique. C’est un travail qui « professionnalisait » l’extraction brute en la transformant en une marchandise classée et vendable.
Avez-vous identifié, dans vos recherches, si la mine était exploitée par une société anonyme (avec une hiérarchie stricte) ou par des petits concessionnaires indépendants ? La gestion du triage variait énormément selon le niveau de contrôle sur la production.

Vestiges de la zone d’arrivée du télébenne de transport en 2019 : une trace aujourd’hui effacée du paysage des Boines.
1. La contrainte comme moteur de l’organisation : Le « Temps de la Mine »
Le problème que vous soulevez (inaccessibilité hivernale et étiage estival) définit totalement le cycle de production. Ces mines ne fonctionnaient pas en flux tendu, mais par séquences de stockage et de traitement.
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Le cycle annuel :
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Hiver : Arrêt total. Le personnel rentre dans ses foyers ou se consacre à l’élevage.
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Printemps (la période idéale) : C’est le moment de la fonte des neiges. Les cours d’eau sont gonflés, offrant le débit nécessaire au lavage par gravité. C’est le pic d’activité.
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Été : Période d’étiage. Le débit des cours d’eau devient insuffisant pour entraîner les mécanismes de lavage. L’activité de lavage s’arrête, mais l’extraction (le travail au fond) peut se poursuivre, le charbon étant stocké en attente de l’automne ou des pluies.
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Automne : Seconde fenêtre de tir avec le retour des pluies avant les premières neiges.
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2. Le principe technique : La séparation densimétrique
L’anthracite, contrairement à la houille grasse, est dense et très dur. Cette caractéristique est un avantage pour le lavage : il ne se délite pas facilement dans l’eau. Le principe du lavage au XIXe siècle dans un cours d’eau reposait sur la différence de densité entre le charbon (l’anthracite) et sa gangue (schistes, grès, pyrites).
Les méthodes rudimentaires observées :
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Le crible à main (ou crible à secousses hydraulique) : L’ouvrier place le tout-venant dans une grille (le crible) immergée dans un bac ou directement dans le courant. Par un mouvement de va-et-vient vertical, il crée une stratification : les éléments les plus denses (la gangue) tombent au fond du crible ou restent sur le dessus selon la technique, tandis que le charbon plus léger est récupéré.
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Le chenal de lavage (rigole) : C’est la méthode la plus simple. On détournait une partie du cours d’eau dans une rigole en bois (ou creusée à même le sol). On y jetait le charbon brut. Le courant emportait les éléments légers (poussières, boues), tandis que les morceaux d’anthracite, plus lourds, se déposaient au fond du chenal ou étaient retenus par des « barrages » (des tasseaux de bois placés en travers).
3. Gestion du manque d’eau en été : L’ingéniosité des mineurs
Pour pallier le manque d’eau estival, les exploitants utilisaient plusieurs techniques historiques :
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Le bassin de retenue (l’étang de lavage) : Si le cours d’eau faiblissait, on construisait une petite retenue temporaire en amont. On stockait l’eau durant la nuit pour l’utiliser par « chasses » ou par libération contrôlée durant les heures de travail de la journée. C’est une technique héritée du flottage du bois ou des mines d’or alluvionnaires.
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Le lavage en circuit fermé : Si la mine était un peu plus structurée, on utilisait des bacs à fond incliné où l’eau était recyclée par pompage manuel ou par une petite roue à aubes (si le filet d’eau était suffisant pour entraîner une roue de faible diamètre). Mais cela restait rare pour les petites mines temporaires.
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Le report de traitement : À défaut d’eau, on procédait uniquement au triage à la main (le « picking »). Les femmes et les enfants, souvent, triaient le charbon sur des tables, écartant la roche visible. Le lavage hydraulique était réservé aux fines (le menu), qui ne pouvaient être triées à la main.
4. Les traces archéologiques à rechercher
Si vous travaillez sur le terrain, voici ce que vous devez chercher pour confirmer ces pratiques :
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Aménagements hydrauliques : Cherchez des traces de canaux de dérivation (parfois très rudimentaires, en pierre sèche ou bois) qui longeaient les flancs de montagne pour amener l’eau vers la plate-forme de travail.
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Les « schisteux » ou « terrils de lavage » : Ce sont les dépôts de stériles les plus révélateurs. Ils sont souvent situés en aval de la zone de lavage, formant des accumulations de débris rocheux propres (lavés). La granulométrie de ces dépôts vous donnera une indication sur la précision du lavage.
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Le « plateau de travail » : Une zone plane à proximité immédiate du ruisseau, souvent recouverte d’une couche de charbon fin (pertes de lavage).
5. Une perspective historique (La notion de pollution)
Le lavage au fil de l’eau polluait les rivières en aval (turbidité, rejets de pyrite). Bien que les réglementations minières du XIXe siècle fussent souvent laxistes dans ces zones reculées, il existait des conflits d’usage fréquents avec les agriculteurs en aval (les « boues de lavage » détruisant les prairies irriguées). Ces conflits laissent souvent des traces dans les archives préfectorales ou municipales.
En résumé : Le lavage de l’anthracite dans ces mines temporaires était une activité de saisonnier hydraulique. L’anthracite, par sa densité, se prêtait particulièrement bien à des systèmes rudimentaires de séparation par courant d’eau. La gestion de l’eau était le facteur limitant qui dictait le calendrier de production, transformant l’eau non pas en une ressource continue, mais en une ressource stockable et séquentielle.

Vue de la zone de traitement du charbon aux Boines en 2019. Il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace de ces installations artisanales.
1. Pourquoi fallait-il impérativement « sécher » (égoutter) ?
Pour un historien, il faut voir cela sous l’angle du coût et de la valeur marchande :
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L’économie du transport : Dans ces régions isolées, le transport se faisait à dos de mulet ou par chariots sur des chemins difficiles. Le coût du transport était la part la plus importante du prix de revient final. Transporter de l’anthracite gorgé d’eau, c’était payer le transport de dizaines de kilos d’eau inutile. Chaque pourcentage d’humidité en moins était une économie directe.
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La conservation des sacs : Au XIXe siècle, les sacs étaient en jute, en chanvre ou en toile grossière. L’anthracite, surtout s’il contenait des pyrites (souvent associées à l’anthracite), devenait acide au contact de l’eau. Un charbon humide stocké dans un sac en fibre organique le faisait pourrir en quelques jours, provoquant des pertes de marchandise lors du transport.
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La valeur commerciale : Le client final (forge, chauffage domestique) achetait du carbone. Vendre du charbon « mouillé » était souvent perçu comme une fraude ou, au minimum, un produit de basse qualité, car l’humidité dégrade le rendement thermique (l’énergie est perdue à évaporer l’eau avant d’amorcer la combustion).
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Le risque de gel : Puisque vous mentionnez des mines dont l’accès est impossible l’hiver, le processus d’égouttage était une course contre la montre avant les premières gelées. Un stock de charbon humide qui gèle devient un bloc compact impossible à ensacher, et il peut même faire éclater les contenants.
2. Comment procédaient-ils techniquement ?
Sans technologie complexe, la méthode était purement gravitaire et temporelle :
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Le parc à charbon (ou « aire d’égouttage ») : Après le lavage, le charbon (surtout les calibres « gros » et « moyen ») était étalé sur une aire plane, souvent inclinée, située en contrebas du lavoir ou du cours d’eau. Cette aire était parfois dallée de pierres plates ou simplement recouverte d’un lit de graviers pour éviter que le charbon ne se mélange à la terre ou à l’argile du sol.
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L’effet de la granulométrie :
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Les gros morceaux (le tout-venant trié) s’égouttaient naturellement en quelques heures grâce à la faible porosité de l’anthracite.
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Les fines (le « menu ») posaient un problème majeur : elles retiennent l’eau par capillarité. Elles étaient souvent laissées en tas pyramidaux sur l’aire d’égouttage pendant plusieurs jours, retournées à la pelle pour favoriser l’évaporation naturelle par le vent et le soleil.
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La temporalité : L’organisation du travail était telle que le lavage se faisait en début de semaine, et l’ensachage en fin de semaine. Le charbon restait ainsi exposé à l’air libre pendant 2 ou 3 jours.
C’est une étape cruciale. Dans les mines de montagne du XIXe siècle, la logistique est le goulot d’étranglement. L’extraction est une chose, mais « l’évacuation » vers les centres de consommation (vallées, forges, villes) est ce qui détermine la rentabilité de la concession.
Voici comment s’organisait la chaîne logistique, de la plateforme de la mine jusqu’au réseau routier principal.
1. L’Ensachage : Une opération de précision
L’ensachage n’était pas une simple mise en sac, c’était une opération commerciale et métrologique.
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Le lieu : Le Carreau. L’ensachage se faisait sur le « carreau de la mine », l’aire de stockage qui jouxtait la sortie de la mine ou le lavoir.
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Les contenants : On utilisait principalement des sacs en jute ou en toile de chanvre grossière. Ce sont des sacs réutilisables qui circulaient en boucle. Le sac « fatiguait » vite : l’anthracite, très abrasif et dur, finissait par percer la toile par frottement interne lors du transport à dos de mulet.
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La standardisation : Dans les mines de montagne, on travaillait souvent par « poids unitaires » standardisés pour faciliter la comptabilité. Le poids standard tournait souvent autour de 50 kg ou 100 kg.
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L’outil : La bascule. À côté de la zone de remplissage, il y avait presque toujours une bascule (balance). Chaque sac était pesé pour éviter les litiges entre l’exploitant, le transporteur (souvent payé à la tonne ou au trajet) et le client final.
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La technique : On remplissait le sac à la pelle, on le tassait vigoureusement (pour éviter que le contenu ne bouge, ce qui déséquilibrerait la mule), et on cousait la gueule du sac avec de la ficelle de chanvre ou un fil de fer torsadé.
2. Le Transport : Une logique en « entonnoir »
Le transport se faisait rarement par un seul moyen. Il s’agissait d’une chaîne de relais adaptée à la topographie.
A. Le premier maillon : La descente de la montagne (La plus difficile)
Si la mine était en altitude (ce qui est courant dans les mines d’anthracite de montagne type Alpes ou Massif Central), le premier trajet était le plus périlleux.
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Le mulet (le « roi » du transport) : C’était le moyen de transport exclusif sur les sentiers escarpés. Un mulet pouvait porter environ 100 à 150 kg (un sac de chaque côté). C’est un travail éreintant qui nécessitait des muletiers experts capables de gérer les chutes de pierres et les sentiers boueux.
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Le plan incliné gravitaire (si configuration favorable) : Si la mine était située au-dessus d’une vallée ou d’une route carrossable, on utilisait parfois un plan incliné. On faisait descendre les wagonnets (ou des caisses sur des rails rudimentaires) par gravité, un câble freinant la descente. C’était le moyen le plus économique, mais il demandait un investissement en rails.
B. Le second maillon : Le regroupement (Le « dépôt »)
Le charbon était rarement livré directement au client final. Il était acheminé vers un dépôt intermédiaire situé au point le plus haut atteignable par les chariots à chevaux ou les charrettes à bœufs.
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C’est ici que l’on stockait le charbon en attendant une fenêtre météo favorable ou l’arrivée d’une commande groupée.
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C’est aussi là que se faisaient les transactions : le producteur vendait son stock au dépôt, et les grossistes venaient s’y servir.
C. Le troisième maillon : La route de vallée
Une fois arrivé sur une route carrossable (ou près d’une voie ferrée à partir de la fin du siècle), on transbordait le charbon dans des chariots (tombereaux) tirés par des chevaux ou des bœufs. C’est à ce stade que le transport devenait plus « industriel ».
3. Les problèmes historiques majeurs liés à ce transport
Pour votre travail d’historien, voici les trois points de friction que vous retrouverez inévitablement dans les archives :
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Le vol et la « déperdition » : Il était extrêmement courant qu’une partie du chargement disparaisse entre la mine et le dépôt. Le transporteur pouvait en décharger une partie en route pour sa consommation personnelle ou pour la revendre. Les contrats de transport comportaient souvent des clauses strictes sur la « tare » (le poids à l’arrivée).
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L’état des chemins : La saisonnalité que vous évoquiez (fermeture hivernale) est aussi liée à l’état des chemins. Dès les premières pluies d’automne, les chemins de terre se transformaient en ornières impraticables pour les chariots. Le transport était donc une course contre la montre entre la fin du lavage (été/automne) et la dégradation des chemins.
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L’usure du matériel : Les frais de transport (achat/entretien des sacs, location des mules, entretien des chariots) pouvaient représenter jusqu’à 30% ou 40% du prix de vente du charbon sur le marché. C’est pourquoi ces mines mouraient souvent dès que le prix du charbon baissait légèrement : le coût du transport « mangeait » toute la marge.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions plateforme traitement charbon
1 – Quelles étaient les principales étapes du traitement du charbon aux Boines ?
Après l’extraction en montagne, le charbon subissait une série d’opérations artisanales sur place : le lavage (pour séparer les impuretés), le séchage à l’air libre, le tri manuel, puis l’ensachage pour préparer le produit au transport vers les zones de consommation.
2 – Pourquoi le site des Boines est-il important pour le patrimoine dauphinois ?
Les Boines témoignent de l’activité minière artisanale historique de la région. Bien que les installations soient aujourd’hui disparues, le site reste un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’histoire industrielle et le travail des mineurs dans le Dauphiné.
3 – Peut-on encore voir des vestiges du télébenne sur place ?
Non, le site a évolué avec le temps. Comme en témoignent les archives photographiques (notamment de 2019), les infrastructures comme la zone d’arrivée du télébenne ont été démantelées. Il ne reste aujourd’hui plus de traces visibles de ces installations techniques.
4 – Le charbon extrait aux Boines était-il transformé sur place ?
Oui, contrairement aux grandes mines industrielles, l’exploitation des Boines intégrait directement le conditionnement (lavage et ensachage) sur le site ou à proximité immédiate pour faciliter la logistique du transport depuis la montagne.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines les grattages des Boines
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
-
Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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Mine des Boines : l‘histoire oubliée de l’extraction en Isère
Plongez au cœur du Dauphiné, à La Motte d’Aveillans, pour découvrir les vestiges fascinants de la mine des Boines et comprendre l’épopée industrielle méconnue de cette exploitation minière artisanale.
Au cœur du Dauphiné, les hauteurs de La Motte-d’Aveillans abritent encore les cicatrices d’une épopée industrielle méconnue : la mine des Boines. Entre vestiges de grattages artisanaux et anciennes galeries, plongez dans l’histoire fascinante de cette exploitation minière de montagne, témoin d’un passé où le travail acharné des hommes se heurtait à la complexité géologique de la Matheysine.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom du site | Concession des Boines |
| Localisation | La Motte-d’Aveillans, Isère (Dauphiné) |
| Type d’exploitation | Mine artisanale (charbon) |
| Vestiges visibles | Alignements de grattage, traces d’extraction |
| État des lieux | Site archéologique / Patrimoine industriel |
| Période d’activité | XIXe – XXe siècle (période historique) |
| Type de patrimoine | Patrimoine minier dauphinois |
Définition technique et historique
Le « grattage » désigne une modalité d’exploitation artisanale, pré-industrielle ou para-industrielle, consistant à extraire le charbon (ici l’anthracite) directement à son point d’émergence en surface. Contrairement à la mine souterraine, cette pratique ne nécessite aucun percement de puits ou de galeries complexes. Le mineur-paysan exploite la « tête de couche » là où elle « affleure » — c’est-à-dire là où les mouvements tectoniques ou l’érosion ont ramené la veine de charbon au contact direct de la couche arable ou du sous-sol immédiat.
Méthodologie d’exploitation : Le processus opératoire
La méthodologie mise en œuvre par les mineurs-paysans (souvent des exploitants saisonniers pratiquant la « pluriactivité ») repose sur une technique de déblaiement séquentiel :
1. Prospection empirique (Le repérage)
Le mineur-paysan utilise sa connaissance fine du terrain. Il repère l’affleurement grâce :
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Aux indices de surface : Les « suintements » de charbon dans les talus, les berges de ruisseaux ou les zones où la végétation est chétive (le charbon rendant le sol moins propice à certaines cultures).
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À l’héritage oral : La transmission de savoirs sur les zones de « terre noire » ou de « terre grasse ».
2. Le « découverture » (Le décapage)
C’est l’étape la plus physique. Le mineur procède à l’enlèvement des morts-terrains (terre végétale, roches altérées, éboulis).
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Technique : Création d’une tranchée perpendiculaire ou parallèle à la direction de la couche.
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Outils : La bêche, la pioche, la barre à mine, et parfois l’usage de coins en fer pour disloquer les bancs de roche encaissante.
3. L’extraction (Le « grattage » proprement dit)
Une fois la veine mise à nu, le mineur procède par abattage manuel :
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Il « gratte » le charbon à la pointe du pic ou de la pointerolle.
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L’anthracite, étant un charbon très dur, nécessite souvent un travail de levier important pour extraire les blocs.
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Le tri se fait in situ : le mineur écarte la « stérile » (la roche stérile) qu’il rejette immédiatement dans la partie déjà exploitée de la tranchée (prémices du remblayage).
4. Le front de taille évolutif
La méthode est rarement stationnaire. Le mineur suit la veine tant que la couverture (le poids des terres au-dessus) reste gérable à la force humaine. Dès que la profondeur devient trop importante ou que l’instabilité des parois menace (risques d’éboulements), la tranchée est abandonnée. On assiste alors à un « grignotage » horizontal de la colline ou du flanc de coteau.
Caractéristiques socio-historiques à souligner
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Le caractère opportuniste : C’est une extraction « au besoin », souvent destinée à l’autoconsommation domestique ou à un marché local très restreint (forge du village, chauffage).
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Le faible investissement en capital : L’absence d’infrastructure (pas d’exhaure, pas d’aérage, pas d’extraction mécanique) rend cette méthode très flexible, mais extrêmement limitée en termes de productivité.
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L’impact paysager : Ces grattages laissent des cicatrices durables, des « chablis » de terre et des petites excavations que les géologues et historiens identifient aujourd’hui comme des « puits de renard » ou des « tranchées d’affleurage ».
Les traces d’exploitation.
1. La morphologie en « cuvette » : une gestion du stérile
La forme en cuvette que vous observez est la signature topographique du remblaiement immédiat.
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Dans une couche de 50 cm, le ratio stérile/charbon est souvent défavorable dès que l’on dépasse quelques mètres de profondeur.
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Le mineur-paysan, pour ne pas encombrer l’espace de travail exigu, rejette les déblais derrière lui au fur et à mesure qu’il avance.
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La « cuvette » résulte de ce mouvement de balancier : le mineur « suit » la couche en décaissant une bande étroite, puis en comblant l’arrière, créant ces micro-dépressions circulaires ou elliptiques. Avec le temps, le tassement des remblais et l’érosion des lèvres de l’excavation accentuent cet aspect de cuvette fermée.
2. Le défi des 50 cm : l’exploitation « en taille montante »
Avec une puissance aussi faible, l’accès à la veine est un défi physique majeur. La méthodologie imposée par cette étroitesse est la suivante :
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Le travail « à genoux » ou « à plat ventre » : Contrairement à la mine souterraine structurée, le mineur-paysan ne peut pas créer de galerie haute. Il doit extraire la couche en « découvrant » le toit sur une largeur minimale (suffisante pour passer les épaules et le pic).
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L’exploitation par « saut de mouton » : Dans un terrain tourmenté, la couche est souvent disloquée par des failles ou des plis. Le mineur ne suit pas une ligne droite ; il « saute » d’une cuvette à l’autre en suivant la trace du charbon qui affleure à nouveau quelques mètres plus loin après un rejet de faille. C’est ce qui explique le caractère discontinu et répétitif des cuvettes sur le terrain.
3. La gestion du terrain tourmenté (tectonique complexe)
La complexité géologique (plis, failles, miroirs de faille) est ici une aubaine pour le mineur-paysan, bien que cela semble contre-intuitif :
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L’avantage de la fracturation : Dans une couche de 50 cm d’anthracite, le charbon est souvent « broyé » ou « charrié » par les mouvements tectoniques. Le mineur-paysan privilégie les zones où la couche est « redressée » ou « en charnière de pli », car le charbon y est plus facile à décoller de la roche encaissante (le toit et le mur se séparent mieux).
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La stratégie de l’affleurement localisé : Le mineur utilise la topographie pour minimiser l’effort. Il choisira de creuser dans le flanc d’un vallon (talweg) plutôt que sur une crête, car le vallon offre une section de la veine déjà exposée par l’érosion, réduisant la quantité de morts-terrains à décaper.
4. Une densité remarquable de cuvettes
L’observation du terrain sur certains secteurs des Boines est frappante : on y note une densité très élevée de cuvettes, qui ne doivent rien au hasard. Cette concentration n’est pas fortuite ; elle est le témoin d’une méthode d’extraction sélective. Dans ces zones spécifiques, le mineur-paysan n’a pas seulement creusé quelques puits isolés, il a littéralement « peigné » la veine de charbon.
Chaque cuvette correspond à un point de prélèvement. Ces dépressions circulaires, souvent rapprochées, révèlent une stratégie de recherche tâtonnante mais systématique : dès qu’une veine affleurait, elle était exploitée jusqu’à sa limite technique, avant que le mineur ne se déplace de quelques mètres pour recommencer, créant ce paysage « en chapelet » si caractéristique des secteurs les plus riches du site.
5. L’absence de terrils : la preuve d’une gestion économe
Un élément vient confirmer la nature artisanale et minutieuse de ces travaux :
Dans l’industrie minière classique, l’ouverture d’une galerie ou d’une carrière s’accompagne systématiquement de « haldes » ou terrils, ces amas de roches stériles rejetées à l’extérieur. Ici, rien de tel. Cette absence confirme que nous sommes face à un travail de précision. Le mineur, contraint par la rareté de l’espace cultivable en montagne, ne pouvait pas se permettre de gaspiller la surface agricole en y déversant des déblais.
La technique était donc celle du remblayage systématique.

Témoignage de l’activité minière artisanale : vestige d’un grattage sur le site des Boines (2023).
La stratégie de segmentation de l’espace minier.
1. La zone « tout-galerie » (Le secteur de continuité)
La présence de 6 galeries sans grattages suggère une zone où :
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La puissance et l’inclinaison sont favorables : La couche est sans doute plus régulière, peut-être un peu plus épaisse ou à une inclinaison permettant un dépilage en souterrain.
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Le passage sous le seuil critique : Ici, le mort-terrain (la couverture) est devenu trop épais pour être retiré à la main (le « découverture » à ciel ouvert coûterait trop cher en énergie humaine). Le mineur a donc « chassé » la veine sous le massif : c’est le passage rationnel de la carrière à la mine souterraine.
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Rationalisation : 6 galeries sur un même secteur suggèrent une exploitation plus intensive, peut-être une petite concession ou un groupe d’exploitants mutualisant les moyens (aérage, évacuation des eaux).
2. La zone « hybride » (Grattages + galeries) : La zone de « recherche tâtonnante »
La coexistence de 6 grattages et 2 galeries est le témoin d’un gisement « en lambeaux » (tectonique complexe, failles inverses, redoublement de couches).
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Le grattage comme outil de prospection : Dans ce type de zone, les 6 grattages ont sans doute servi à « tâter » le terrain pour retrouver le prolongement de la couche après une faille. Le mineur gratte, perd la veine, gratte à nouveau 20 mètres plus loin.
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L’échec de la galerie : Les 2 galeries présentes sont probablement des tentatives de suivre la couche en profondeur, mais qui ont été rapidement abandonnées. Soit parce que la faille a coupé la veine (la galerie « tape dans le stérile »), soit parce que la couche s’amincissait en dessous de 50 cm, rendant le soutènement trop coûteux par rapport au rendement.
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Le « picorage » : Cette zone est celle du mineur-paysan qui « picore » les restes tectoniques. Il ne cherche pas à créer une mine durable, il cherche à extraire tout ce qui est accessible à moindre coût.
3. Hypothèse : La contrainte de la puissance
La limite des 50 cm est le facteur clé. En histoire minière, on appelle cela l’exploitation en « couche mince ».
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Dans les galeries : À 50 cm, il est impossible de se tenir debout. Le mineur travaille en « taille rasante ». Le fait que vous ayez des galeries est en soi un exploit technique : cela implique une maîtrise du boisage pour éviter l’effondrement dans un terrain dont la faible hauteur ne laisse aucune marge d’erreur.
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Dans les grattages : L’absence de terril est le point crucial. Si vous ne voyez pas de haldes, c’est que le stérile était remblayé dans l’excavation précédente. C’est une technique de « mine à ciel ouvert tournante ».
La stratégie d’exploitation de la Combe Noire.
1. La Zone « Tout Galeries » (L’exploitation rationnelle)
La présence de 6 galeries sans grattages indique une zone de continuité.
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La logique : Le gisement y est probablement plus stable, avec un pendage (inclinaison) régulier. Le mineur a identifié que le « jeu en vaut la chandelle » : la couche est suffisamment puissante ou régulière en profondeur pour justifier l’investissement lourd (en temps et en boisage) que représente une galerie.
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Pourquoi pas de grattages ? Soit la couverture (le mort-terrain) est trop épaisse pour être dégagée à la main (le mineur est contraint d’entrer directement en terre), soit la couche est « propre » dès le départ. C’est l’exploitation systématique.
2. La Zone « Grattages + 2 Grandes Galeries » (L’exploitation opportuniste et les « tentatives »)
C’est la zone la plus intéressante. Elle révèle un terrain « tourmenté » (failles, plis isoclinaux, boudinage).
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Les 2 Grandes Galeries : Le fait qu’elles soient accompagnées de terrils importants suggère une volonté de capitalisation. Quelqu’un (une petite entreprise, ou un mineur plus ambitieux) a tenté d’industrialiser l’exploitation à cet endroit. Il a cherché à atteindre le cœur de la couche en profondeur.
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Les 6 Grattages : Ils sont les témoins de l’échec ou de la limite de ces galeries.
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Hypothèse A (La prospection) : Les grattages sont les traces de la phase de recherche. On a gratté partout pour trouver où la couche était la plus accessible avant de décider de percer les galeries.
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Hypothèse B (L’émiettement) : La tectonique a tellement fragmenté les deux couches que les galeries, malgré leur taille, ont rapidement « buté » contre des failles ou des zones stériles. Le mineur a alors dû revenir aux grattages pour récolter les « morceaux » de couches déplacées par la tectonique.
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Hypothèse C (La chronologie) : Les grattages sont les vestiges de l’exploitation artisanale ancienne, et les deux galeries sont une tentative plus tardive (et peut-être éphémère) de mieux exploiter, qui a laissé ces terrils massifs.
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3. La contrainte des « Deux Couches » et le piège géologique
Le fait qu’il n’y ait que deux couches ne signifie pas qu’elles sont planes. Dans un terrain tourmenté, les deux couches peuvent être :
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Redoublées par des plis : Une même couche peut passer plusieurs fois au même niveau d’altitude. C’est là que vos 6 grattages prennent tout leur sens : le mineur ne gratte pas 6 couches différentes, il gratte la répétition de la même couche due aux plissements.
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Disloquées par des failles : Le mineur cherche la « lèvre » de la faille. Il gratte ici, trouve la couche, puis la perd (faille). Il gratte 20 mètres plus loin, la retrouve (le rejet de faille). C’est ce qui crée cet aspect « pointillé » de votre zone.

Vue de 2023 sur les vestiges d’un alignement de grattage, témoin de l’activité minière sur la concession des Boines.
De l’exploitation artisanale a l’industrielle.
1. La Zone 1 (6 galeries, 0 grattage) : L’exploitation « Rationnelle et Industrielle »
Si vous ne trouvez pas de grattages ici, c’est probablement pour l’une des deux raisons suivantes :
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La destruction par l’infrastructure : Au XIXe siècle, les compagnies minières avaient tendance à « faire place nette ». Les grandes installations de surface (plateformes de triage, bâtiments de recette, routes d’accès) ont pu effacer totalement les fragiles traces des anciens grattages paysans.
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L’exploration par sondage (pas d’affleurement visible) : Il est possible que dans cette zone, la couche, bien que présente, ne fût pas visible en surface (couverture épaisse, végétation). Le mineur paysan, faute d’outils de prospection, n’a jamais pu la trouver. Ce sont les ingénieurs du XIXe (avec des méthodes de géologie plus fines) qui ont « découvert » la ressource et ouvert les galeries directement en profondeur.
2. La Zone 2 (6 grattages + 2 galeries) : La « Mine de Transition »
C’est ici que votre observation est la plus intéressante. Vous avez le passage de relais entre l’autoconsommation (le paysan) et l’économie de marché (la compagnie).
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L’étape 1 (Le grattage paysan) : Les paysans ont identifié l’affleurement. C’est une mine de « prélèvement » : on prend ce qui est là, sans investissement. L’absence de terril massif autour des grattages prouve qu’ils remblayaient au fur et à mesure (ils ne voulaient pas perdre de terres agricoles).
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L’étape 2 (L’intrusion industrielle) : Au XIXe siècle, les exploitants industriels, en cherchant à étendre leur concession, sont tombés sur ces zones déjà « picorées » par les paysans.
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Les 2 galeries que vous voyez sont la preuve d’une tentative de « suivre la couche » là où les paysans avaient montré qu’il y avait du charbon.
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Le terril devant ces galeries trahit le changement de paradigme : la compagnie a extrait de gros volumes de roche stérile (le toit et le mur pour créer une galerie de circulation), ce que le paysan ne faisait jamais.
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3. Le paradoxe de la couche de 50 cm
Le fait que la couche soit si mince (50 cm) explique parfaitement pourquoi le XIXe siècle a souvent échoué à industrialiser ces sites.
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Le coût du « frais fixe » : Pour exploiter une couche de 50 cm en galerie, il faut creuser une hauteur d’homme (ou au moins une hauteur suffisante pour passer). Cela demande de creuser beaucoup de roche stérile (d’où les gros terrils).
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La rentabilité : Le coût de creusement du stérile (pour faire la galerie) dépassait rapidement la valeur du charbon extrait de cette couche mince.
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Conclusion logique : C’est sans doute pour cela que ces 2 galeries ont été abandonnées après une durée de vie probablement courte. Elles ont été victimes de la « loi de la puissance » : on ne peut pas rentabiliser une galerie moderne dans une couche de 50 cm, sauf si la géologie est exceptionnellement favorable.
3. L‘échec de l’industrialisation face à la contrainte géologique ».
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Phase A (Pré-industrielle) : Le mineur paysan, flexible, qui se contente de ce que l’affleurement lui donne (les grattages). Il est rentable parce qu’il n’a aucun frais d’infrastructure (pas de boisage, pas d’aérage, pas de terril).
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Phase B (Industrielle/XIXe siècle) : La tentative de passage à l’échelle supérieure. On creuse des galeries. Mais face à la réalité des 50 cm de puissance et à la complexité tectonique (la « tourmente »), l’industrie se casse les dents. Elle abandonne, laissant derrière elle ces 2 galeries cicatricielles et leurs terrils, tandis que la nature reprend ses droits sur les vieux grattages.
La rencontre entre deux cultures minières.
1. La « sous-traitance » inconsciente de la prospection
L’exploitant minier du XIXe siècle était souvent un opportuniste prudent. Creuser une galerie coûte cher (boisage, éclairage, main-d’œuvre). L’industriel ne va pas « tâter » au hasard.
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Le paysan mineur comme géologue de terrain : En implantant ses galeries là où les grattages étaient nombreux, l’exploitant industriel a utilisé les paysans comme des « prospecteurs gratuits ». Les grattages étaient les preuves irréfutables que la couche était là et qu’elle était exploitable.
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Récupération de l’infrastructure : Le grattage a souvent créé une « plateforme » ou une petite excavation initiale (le « découverture »). Pour l’industriel, c’est une aubaine : il n’a pas à décaper la terre végétale et le mort-terrain, il commence sa galerie là où le travail de surface a déjà ouvert la voie.
2. Le choc des modèles économiques
Vous avez là la preuve visuelle d’un échec de conversion économique :
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Le Modèle Paysan (Le « grattage ») : C’est un modèle à coûts fixes quasi nuls. Si la couche est bonne, il gratte ; si elle est mauvaise ou faillée, il s’arrête et bouge de 10 mètres. Le « risque minier » est proche de zéro car il n’y a pas d’infrastructure.
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Le Modèle Industriel (La « galerie ») : C’est un modèle à frais fixes élevés. L’industriel arrive avec une logique de « rendement ». Il doit rentabiliser le boisage et l’exhaure (pompage).
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Le fait que vous ayez des terrils importants montre que l’industriel a voulu « forcer » la nature. Il a extrait, il a creusé du stérile, il a construit.
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Le constat d’échec : Le fait que ces galeries soient aujourd’hui abandonnées (probablement après une durée de vie courte) prouve que la logique industrielle ne pouvait pas s’imposer durablement face à la contrainte de votre couche de 50 cm. Le charbon n’était pas assez abondant ou assez propre pour justifier les frais de la galerie.
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3. La « colonisation » de l’espace minier
Il est très probable qu’en fouillant dans les archives (série S des Archives Départementales, dossiers de concessions), vous trouviez des traces de conflits :
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Droits d’usage vs Concession : Le mineur paysan travaillait souvent sur des droits coutumiers. L’arrivée de la concession minière au XIXe siècle a souvent « absorbé » ces petits exploitants. Soit ils ont été évincés, soit ils sont devenus les ouvriers de la mine, soit ils ont été réduits à une exploitation clandestine, la nuit, à côté des galeries officielles.
La mine d’appoint ou la pluriactivité alpine.
1. La « Mine de Berger » : Le modèle du mineur saisonnier
Le fait que le site soit inaccessible en hiver est la clé de la méthode de travail :
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L’opportunisme temporel : Le mineur-paysan n’est pas un mineur de métier. Il monte avec son troupeau de chèvres à la belle saison. Le « grattage » est une activité de temps libre pendant que les chèvres pâturent. C’est une exploitation « à la marge », sans pression de production, qui s’ajuste parfaitement au rythme de la transhumance.
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L’exploitation de stockage : Il est fort probable que le charbon extrait durant l’été était stocké dans des petites caches ou descendu à dos de mulet avant les premières neiges. Ces « grattages » ne sont pas des mines, ce sont des comptoirs de stockage temporaire.
2. Le rôle du troupeau dans la lecture archéologique
C’est un point fascinant : la chèvre est votre alliée archéologique.
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Dans ces zones de haute altitude, la végétation est normalement dense ou constituée de landes impénétrables. La chèvre, par son pâturage intensif, empêche la fermeture du milieu (la repousse des arbustes et arbres).
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Résultat : Vos « cuvettes » restent visibles alors qu’elles auraient dû être comblées par les sédiments ou masquées par la végétation. La survie de ces structures est directement liée à l’activité pastorale qui a perduré au-delà de l’exploitation minière.
3. Le paradoxe de l’échec industriel du XIXe
Maintenant, on comprend parfaitement pourquoi les galeries du XIXe siècle ont échoué là où le berger-mineur réussissait à petite échelle :
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L’incompatibilité de rythme : Les compagnies minières du XIXe voulaient une production constante (annuelle, hiver comme été). Or, vous dites que le site est inaccessible en hiver. Une entreprise ne peut pas payer des ouvriers, entretenir des galeries et assurer une logistique de transport sur un site qui est bloqué 4 ou 5 mois par an.
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Le coût du « tout-inclus » : Le berger-mineur avait un coût de revient de zéro (le troupeau était déjà là, le mineur était déjà sur place, le charbon était un revenu complémentaire). L’industriel, lui, avait des frais fixes (salaires, boisage, taxes, transport). Le site n’était pas assez riche pour amortir ces coûts, surtout dans une couche de 50 cm.
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L’impossibilité logistique : Le XIXe siècle a cherché à « brutaliser » la montagne par la galerie, mais la montagne a gagné par le climat et la distance. Les deux galeries que vous voyez sont probablement les vestiges d’une tentative de rationalisation qui s’est effondrée dès qu’il a fallu affronter le premier hiver rigoureux.
4. Synthèse : Le paysage comme archive
Pour votre travail, vous pouvez conclure que votre site est la preuve d’un conflit de temporalités :
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La temporalité pastorale (le grattage) : Adaptée au cycle des saisons, au rythme du troupeau, et à la ressource locale. Elle est durable parce qu’elle est « low-cost » et flexible.
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La temporalité industrielle (la galerie) : Linéaire, exigeante, et incompatible avec la haute altitude et l’isolement hivernal. Elle a tenté de s’imposer sur le modèle paysan mais a échoué par excès de rigidité.
Le choc de l’industrialisation.
1. Le « parasitisme minier » : L’industriel sur les traces du berger
Le fait de creuser en plein centre des grattages prouve que l’industriel n’a fait aucune prospection géologique propre. Il a utilisé le paysan-mineur comme un prospecteur.
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L’industriel a observé le paysage, a vu où la terre était retournée, où les débris de charbon affleuraient (grâce aux grattages), et il a conclu : « C’est là que se trouve le cœur de la couche ».
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Il ne s’est pas installé à côté par respect pour le pâturage, il s’est installé sur la zone la plus riche pour maximiser son rendement, ignorant totalement le cycle de la transhumance et la fragilité de la surface pour les chèvres.
2. Le choc des échelles : « Le concentré » contre « le diffus »
Cette implantation centrale révèle une erreur stratégique majeure de l’industrie minière dans les zones marginales de montagne :
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La logique du paysan : Une logique diffuse. Il grattait là où il était, au rythme de son troupeau, de manière flexible. Si une zone était trop compliquée, il passait à la suivante.
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La logique de l’industriel : Une logique concentrée. Il a voulu « forcer » l’exploitation en creusant une galerie au centre de la zone de grattage. C’est une erreur de lecture : il a traité une couche de 50 cm, naturellement morcelée et irrégulière, comme s’il s’agissait d’un gisement industriel massif.
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La conséquence : En voulant creuser au centre, il a probablement détruit le système de drainage naturel et perturbé le pâturage, tout en s’enfermant dans une galerie dont la maintenance (boisage, évacuation des déblais) était économiquement insoutenable face à la faible épaisseur de la couche.
3. La trace archéologique d’un conflit tacite
En plaçant les galeries au milieu des grattages, l’industriel a effacé physiquement les traces des paysans.
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Le terril de la galerie (qui est massif) a probablement recouvert plusieurs grattages anciens.
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Aujourd’hui, si vous voyez encore les grattages autour, c’est que les galeries ont été abandonnées si vite que le « traumatisme » paysager de l’industriel n’a pas réussi à gommer la pratique ancestrale.
4. Une lecture pour votre recherche : « L’échec de la verticalité »
Pour votre travail d’historien, vous avez là une thèse solide : le site illustre l’inadaptation de l’outil industriel à la géographie pastorale.
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Le paysan-mineur avait une exploitation « horizontale » : il suivait l’affleurement sur la pente, respectant la géométrie de la montagne.
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L’industriel a tenté une exploitation « verticale » (la galerie s’enfonce dans le massif).
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Le fait que les galeries soient au centre montre qu’il a tenté de « percer » le cœur du gisement pour rentabiliser son infrastructure. L’échec (visible par l’abandon et la petite taille des galeries) prouve que la montagne et ses 50 cm de couche ont résisté à cette tentative de rationalisation.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions grattages des Boines
1 – Où se situe exactement la mine des Boines ?
La mine des Boines est située sur la commune de La Motte-d’Aveillans, dans le département de l’Isère, au cœur de la région historique et minière du Dauphiné.
2 – Que peut-on voir aujourd’hui sur le site des Boines ?
Le site conserve des vestiges de l’époque industrielle, notamment des alignements de grattage qui témoignent des anciennes méthodes d’extraction artisanale du charbon pratiquées sur la concession.
3 – Quelle était l’activité principale sur la concession des Boines ?
Il s’agissait principalement d’une exploitation de charbon. La mine des Boines illustre parfaitement l’histoire de l’extraction minière artisanale qui a façonné le paysage industriel du Sud-Isère aux XIXe et XXe siècles.
4 – Le site des Boines est-il ouvert au public ?
Le site des Boines est un lieu de mémoire et de patrimoine. Il est recommandé de se renseigner auprès de l’office de tourisme local ou des associations de sauvegarde du patrimoine minier de la Matheysine pour connaître les possibilités de visite ou les sentiers balisés permettant de découvrir ces vestiges en toute sécurité.
5 – Pourquoi est-il important de préserver les vestiges des Boines ?
La préservation des vestiges de la mine des Boines est essentielle pour maintenir la mémoire du patrimoine industriel dauphinois. Ces traces au sol racontent le quotidien des mineurs et l’évolution des techniques d’extraction dans la région.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
-
Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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Mines des Boines et Serre Leycon : l’histoire industrielle du Dauphiné
Plongez au cœur de La Motte d’Aveillans pour découvrir les vestiges des mines des Boines et les techniques ingénieuses de transport de charbon qui ont façonné le paysage industriel du XIXe siècle.
Aujourd’hui, le calme des pâturages de La Motte d’Aveillans a effacé l’agitation d’hier. Pourtant, sous les sentiers paisibles, le sol garde les cicatrices d’une épopée industrielle intense : celle des petites mines de montagne. Comment, au XIXe siècle, extraire et transporter le charbon depuis des galeries perchées à plus de 1300 mètres d’altitude, là où les routes n’existaient pas ? Entre systèmes de télébennes aériens et plans inclinés vertigineux, découvrez l’histoire fascinante des solutions logistiques audacieuses qui ont permis à ces sites isolés de braver les contraintes du relief dauphinois. Une exploration au cœur du patrimoine minier, où la débrouillardise technique côtoyait la rudesse du travail des mineurs-paysans.
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte-d’Aveillans (Matheysine, Isère) |
| Ressource extraite | Charbon (Anthracite) |
| Altitude du site | Entre 1250 et 1400 mètres |
| Période d’activité | XIXe siècle (exploitation intermittente) |
| Exploitation | Artisanale (système de « mineurs-paysans ») |
| Solutions de transport | Télébennes (câbles aériens) et Plans inclinés |
| Mode de traction | Gravité motrice (systèmes auto-freinés) |
| Vestiges actuels | Terrils, traces de galeries, « balafres » au sol |
| Principale contrainte | Enclavement montagneux et forte déclivité |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Le premier télébenne
Le premier desservait les galeries B1, B2 et B3 ; nous pouvons supposer que de part sa position topographique en contrebas suggère une fonction d’exhaure naturelle.. Le charbon extrait des galeries B1 et B2, certainement les plus productives, était évacué par ce dispositif. Son point d’arrivée se situait à la jonction de la route actuelle des Signaraux et de la piste montant à l’arboretum.
Ce télébenne, d’une longueur approximative de 430 mètres, était une installation sommaire constituée de poteaux en bois et d’une poulie à chaque extrémité. Bien que nous ne disposions d’aucune photographie, cette information nous a été transmise par M. Darier, qui se souvenait avoir vu les poteaux en bois supportant la poulie. Il est probable qu’il n’y avait aucun poteau intermédiaire. Il convient de préciser qu’à l’époque, la route actuelle, aménagée pour la station des Signaraux, n’existait pas ; seul un sentier permettait le passage. Dès lors, le transport en direction de la Motte-d’Aveillans s’effectuait probablement à dos de mulet, ou bien le minerai était repris depuis le hameau pour être acheminé en chariots, tractés par des chevaux ou des bœufs.

L’ancien site de départ du télébenne n°1, au cœur de la concession des Boines.

Paysage naturel forestier ou montagneux marquant l’emplacement disparu de l’ancienne station d’arrivée du télébenne n°1 des mines des Boines.
Le deuxième télébenne
Un deuxième télébenne fut construit dans la Combe Noire. Celui-ci desservait deux galeries de mine qui, lors des travaux de mise en sécurité, n’ont pas été intégrées à la concession des Boines, malgré leur évidente proximité. En effet, si la concession des Boines se situe dans la combe des Signaraux, les galeries mentionnées se trouvent juste derrière un léger mamelon ; il est donc fort probable que cette contiguïté géographique laisse supposer une continuité de l’exploitation sur les mêmes veines (ou couches).
Ce second télébenne, d’une longueur supérieure au premier (550 mètres), nécessitait la mise en place d’un poteau intermédiaire. En revanche, nous disposons de très peu d’informations sur cette installation ; on peut toutefois supposer que les poteaux étaient métalliques. L’arrivée de la ligne se faisait au niveau d’une ancienne plateforme de lavage.
Dans la Combe Noire, nous avons recensé deux vestiges de galeries associés à un terril plus conséquent. Ce volume de stérile laisse supposer une extraction de charbon plus importante, ce qui aurait justifié la construction de cet équipement. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce télébenne ne subsiste.

Vestiges du passé minier : l’ancien site de départ du télébenne 2, concession des Boines.
Pour une petite exploitation charbonnière au XIXe siècle, le télébenne (souvent appelé à l’époque transporteur aérien à câble ou funiculaire aérien) est une solution technique ingénieuse et peu coûteuse pour pallier les difficultés du relief montagneux.
Définition : Le Télébenne au XIXe siècle
Le télébenne est un système de transport par câble aérien permettant de déplacer du charbon depuis un point d’extraction situé en altitude (souvent une galerie à flanc de montagne) vers un point de stockage ou de chargement en vallée (un quai de gare ou un canal), en utilisant la gravité comme force motrice.
Caractéristiques techniques pour une petite exploitation
Dans une petite mine à temps partiel, le système se caractérise par sa simplicité et sa robustesse :
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Le principe du « va-et-vient » ou « circuit fermé » :
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Le système est constitué d’un câble porteur fixe (sur lequel roule la benne) et d’un câble tracteur mobile.
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Pour les petites exploitations, on utilisait souvent le système à gravité (auto-freiné) : le poids de la benne chargée descendant entraîne la montée de la benne vide. C’est idéal pour une mine de montagne, car cela ne consomme aucune énergie externe (vapeur ou électrique).
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La structure :
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Les pylônes : Des chevalets en bois (souvent en mélèze ou sapin local) soutiennent les câbles pour franchir les ravins ou les terrains accidentés où la construction d’une route ou d’un chemin de fer serait impossible ou trop coûteuse.
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La benne : Un simple récipient en fer battu, suspendu par un chariot à galets, capable de basculer (benne basculante) pour vider le charbon à l’arrivée.
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L’adaptation au « temps partiel » :
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Coût modique : Contrairement à un chemin de fer Decauville, le télébenne nécessite peu de terrassement. Il « survole » le terrain sans modifier le paysage.
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Polyvalence : Lorsqu’il n’est pas utilisé (période creuse de l’exploitation), le système est immobilisé facilement. Les câbles peuvent être détendus pour éviter la corrosion ou le vol.
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Maintenance réduite : Le système peut être entretenu par les mineurs eux-mêmes, qui sont souvent des paysans-mineurs possédant des compétences en mécanique de base.
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Pourquoi était-ce indispensable en montagne ?
Au XIXe siècle, pour une petite mine, le télébenne résout trois problèmes majeurs :
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L’accès difficile : Les routes de montagne étaient souvent impraticables pour les charrettes à bœufs chargées de charbon lourd.
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La pente : Là où les chevaux glisseraient, le câble aérien maintient une trajectoire rectiligne directe, économisant des kilomètres de trajet sinueux.
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La main-d’œuvre : Une seule personne en bas (au déchargement) et une en haut (au chargement) suffisaient à faire fonctionner le flux de transport, libérant les mineurs pour le travail de fond.
Terminologie d’époque
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« Fil aérien » : terme très courant dans la littérature technique de 1880-1900.
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« Transporteur à fil de fer ».
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« Plan incliné aérien ».
En résumé : C’est l’outil de la « débrouillardise industrielle ». Il transforme la contrainte géographique du relief montagneux en avantage énergétique, en utilisant le poids du charbon extrait pour faire monter les outils vides.
Le plan incliné
Un autre mode de transport fut utilisé sur la concession, notamment pour desservir les galeries B4, B5 et B6 : un plan incliné d’environ 230m dont le tracé demeure aujourd’hui devinable. Il ne subsiste toutefois aucune installation physique, hormis une déclivité rendue difficilement perceptible par la végétation. La tête de départ du plan incliné semble se situer le long d’un sentier horizontal reliant la combe des Signaraux à la Combe Noire.
En l’absence d’informations sur les dates de percement des différentes galeries, il est complexe d’établir une chronologie précise. Cependant, nous pouvons formuler l’hypothèse suivante : le premier télébenne a probablement remplacé ce plan incliné. Le silence des témoignages oraux concernant le plan incliné, couplé à la mémoire vive des structures du télébenne, conforte l’hypothèse d’une antériorité du plan incliné sur le système par câble.
Le point d’arrivée du plan incliné, quant à lui, se situait à proximité du départ du rif des Signaraux, à l’extrémité actuelle du parking. Ici encore, nous pouvons supposer que le transport ultérieur, au-delà du plan, était assuré par des mulets.
Le plan incliné ou descenderie au 19eme siècle
Dans une petite exploitation de montagne du XIXe siècle, le plan incliné est une voie de transport à forte déclivité, aménagée entre le carreau de mine (souvent situé à flanc de coteau) et un point de rupture de charge en contrebas (un chemin carrossable, une plateforme de stockage ou un point de transbordement).
1. Le principe de fonctionnement : La « gravité motrice »
À cette échelle, le plan incliné ne nécessite pas de machine à vapeur. Il exploite la force de la pesanteur :
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Le système à va-et-vient (ou plan automatique) : Le poids des berlines chargées descendantes entraîne, par l’intermédiaire d’un câble ou d’une chaîne enroulé sur une poulie de renvoi située en tête de plan, la remontée des berlines vides.
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La régulation : Le mouvement est contrôlé par un frein (frein à ruban ou à sabot) actionné par un « planiste » (le manœuvre responsable du plan) situé en haut de la pente, afin d’éviter l’emballement des chariots.
2. Caractéristiques structurelles pour une « petite exploitation »
Contrairement aux grands plans inclinés industriels, le modèle artisanal se distingue par sa simplicité :
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La voie : Elle est souvent rudimentaire, constituée de rails en bois (ou parfois en fer plat cloué sur des traverses en bois) posés directement sur le sol, sans ballastage complexe.
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La poulie : Située à la tête du plan (le point haut), elle est souvent fixée sur un simple chevalement en bois ou un bâti maçonné sommaire.
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La pente : Elle suit le relief naturel du terrain, ce qui impose souvent des tracés irréguliers.
3. Contexte socio-économique (temps partiel)
Dans le cas d’une exploitation à temps partiel (mineurs-paysans), le plan incliné est un outil de rationalisation du travail. Il permet de pallier le manque de main-d’œuvre en réduisant drastiquement le temps de portage (le transport à dos d’homme ou de mulet), particulièrement pénible sur les sentiers de montagne.
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Le rôle du planiste : Dans une petite mine, cette tâche est souvent dévolue à un ouvrier âgé ou à un jeune apprenti.
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L’abandon : Ces structures sont souvent éphémères. Dès que la galerie est abandonnée ou que le minerai est épuisé, le bois est récupéré, les rails déposés, et la nature reprend ses droits. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne subsiste souvent qu’une « balafre » dans le terrain ou une simple rupture de pente.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions Le transport du charbon aux Boines et Serre-Leycon
Qu’était la concession des Boines et Serre-Leycon ?
Il s’agissait d’un site d’exploitation minière situé dans le bassin de la Matheysine, en Isère. Ces concessions jouaient un rôle crucial dans l’économie charbonnière du Dauphiné au XXe siècle, nécessitant une logistique complexe pour acheminer le minerai extrait des profondeurs vers les centres de tri ou les voies ferrées.
À quoi servait le « télébenne » ?
Le télébenne était un système de transport par câble aérien. Dans une topographie escarpée comme celle du Dauphiné, il permettait d’acheminer efficacement le charbon depuis les puits d’extraction (souvent situés sur des reliefs accidentés) vers les zones de traitement ou de stockage en contrebas, en évitant les contraintes liées au relief et au manque de routes carrossables pour les camions de l’époque.
Pourquoi ne reste-t-il plus aucune trace des installations aujourd’hui ?
Après la fermeture des mines, la plupart des structures métalliques (pylônes, rails, gares de départ) ont été démantelées. Le métal était une ressource précieuse, souvent récupérée pour être recyclée. Le passage du temps, la végétation et le réaménagement des terrains ont fini par effacer les dernières traces physiques, rendant ces sites méconnaissables pour les non-initiés.
Pourquoi est-il important de documenter ces lieux disparus ?
Même sans ruines visibles, ces lieux portent la mémoire des hommes qui y ont travaillé. Documenter ces sites permet de conserver une trace de l’activité industrielle qui a façonné le paysage social et géographique de la Matheysine. C’est un travail de « mémoire vive » pour les générations futures.
Comment peut-on identifier l’emplacement exact de ces anciennes installations ?
L’identification repose aujourd’hui sur le croisement de plusieurs sources : les archives des concessions minières, les anciennes cartes d’état-major, la photogrammétrie aérienne (qui permet de voir des anomalies dans le terrain) et, parfois, le recueil de témoignages d’anciens mineurs ou habitants du secteur.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
1. Le site de référence incontournable
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Mine Image (La Motte-d’Aveillans)
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Pourquoi : C’est le musée de la mine de la Matheysine par excellence. Ils possèdent les collections et les archives les plus complètes sur les concessions minières du secteur.
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2. Bases de données patrimoniales et officielles
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POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) – Ministère de la Culture
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Pourquoi : Tu peux y effectuer des recherches sur les dossiers d’inventaire du patrimoine industriel de l’Isère. C’est une source fiable pour les notices historiques sur les concessions minières.
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Archives Départementales de l’Isère
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Pourquoi : Pour les lecteurs souhaitant consulter des documents originaux, plans cadastraux ou archives administratives sur les concessions de charbon (notamment les fonds de la concession des Boines).
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3. Patrimoine Industriel (Approche nationale)
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CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
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Pourquoi : C’est l’association de référence en France pour la sauvegarde du patrimoine industriel. Elle permet de donner une dimension nationale à ton article sur les télébennes et le transport de minerai.
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4. Contexte local et historique
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Matheysine Tourisme (Patrimoine)
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Pourquoi : Utile pour donner un aspect touristique aux lieux cités et montrer comment ce patrimoine minier est aujourd’hui valorisé dans les itinéraires de randonnée ou de découverte.
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Bibliographie
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).
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Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.
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Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).
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Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).
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L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
Au cœur du Dauphiné, le paysage porte encore les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À La Motte d’Aveillans, sur le site des Signaraux, se cachent les vestiges de la mine des Boines. Si aujourd’hui le calme des pâturages a repris ses droits, ces galeries, autrefois synonymes d’espoir économique, racontent l’histoire d’une exploitation minière aux conditions extrêmes.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère) |
| Altitude | Environ 1 300 mètres |
| Type d’exploitation | Mine de charbon (artisanale puis industrielle) |
| Concession | Octroyée en 1834 |
| Veines identifiées | Henriette, Trois Bancs |
| Principales contraintes | Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée |
| Infrastructures | 7 galeries, télébenne, station de lavage |
| Fin d’activité | 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur) |
Malgré nos recherches dans les fonds des Archives Départementales (série S), la documentation relative aux Boines demeure parcellaire. Ce silence relatif des archives est en soi révélateur : il témoigne du caractère modeste et éphémère de cette exploitation, qui n’a pas laissé la trace administrative ou industrielle des grandes concessions voisines. Les dates mentionnées dans cet article proviennent du fonds d’archives de la Mine image.
Les mines des Boines : l’histoire oubliée d’une exploitation de haute altitude
Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.
Historique de la concession
La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.
L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.
Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »
La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.
Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.
Une activité minière précoce
Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.
Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Géologie et déconvenues minières
Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.

Acte notarié de 1891 instituant le changement de propriétaire de la concession des mines des Boines. Un document historique témoignant de l’officialisation de l’exploitation charbonnière. (Archive de la Mine Image)
Le déclin et l’échec commercial
L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.
Foire Aux Questions la concession des Boines l’historique
1. Qu’est-ce que le site des Boines et pourquoi est-il important ?
Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.
2. Quelles sont les traces qu‘il reste de cette activité minière aujourd’hui ?
Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.
3. Les mines des Boines sont-elles ouvertes au public ?
La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.
4. Existe-t-il des archives sur l’histoire de ces mines ?
Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
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Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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La Berline de Mine à La Mure : Témoin de l’Épopée de l’Anthracite en Matheysine
Symbole du travail de fond et de la puissance industrielle du Dauphiné, une berline de mine est aujourd’hui préservée à La Mure. Plus qu’un simple wagonnet de métal, cet objet raconte l’histoire des hommes qui ont extrait, pendant plus d’un siècle, le meilleur charbon du monde. Découvrez les secrets de ce vestige du patrimoine minier isérois.
Symbole emblématique du passé minier de l’Isère, la berline de mine de La Mure rappelle l’importance de l’extraction de l’anthracite dans le bassin dauphinois.[1] Découvrez l’histoire de ce matériel roulant historique, son rôle essentiel dans la chaîne de production minière et les raisons de sa préservation en tant que patrimoine industriel local.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Type de matériel | Berline de mine (wagonnet d’extraction) |
| Opérateur historique | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Numéro d’identification | 699 |
| Usage principal | Transport de houille (anthracite) en galeries |
| Matériau de caisse | Acier riveté/soudé |
| Voie (écartement) | 600 mm |
| Lieu d’exposition | Établissement Gros, La Mure |
| État de conservation | Exposé à titre patrimonial |
| Signification historique | Témoin de l’exploitation minière en Matheysine |
Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Dans le vocabulaire technique du mineur, une berline est un wagonnet circulant sur rails, utilisé pour transporter le charbon (ou les stériles) depuis le front de taille jusqu’au puits d’extraction.
À La Mure, ces véhicules étaient le maillon essentiel de la chaîne de production. Robustes et conçues pour les galeries étroites, les berlines pouvaient transporter plusieurs centaines de kilos d’anthracite par voyage. Autrefois tractées par des chevaux ou poussées à bout de bras par les galibots, elles ont ensuite été tirées par des locomotives électriques ou à air comprimé.

Berline historique des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), photographiée en 2011 devant l’établissement Gros à La Mure.
Nous sommes ici en présence d’une berline à charbon tout à fait standard, à fond fixe et d’une capacité de 2 m³. Elle compte parmi les dernières berlines à avoir été exploitées au fond.
La Mure : Terre d’Anthracite et de Tradition Minière
Le plateau de la Matheysine, en Isère, a abrité l’un des gisements de charbon les plus riches de France : les Mines de La Mure. L’anthracite extrait ici était réputé pour sa pureté et son fort pouvoir calorifique.
La berline exposée aujourd’hui à La Mure n’est pas un simple décor urbain. Elle rend hommage :
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Aux mineurs qui ont œuvré dans l’obscurité des galeries.
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Au savoir-faire de la Compagnie des Mines de la Mure.
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À l’identité d’un territoire qui a vécu au rythme de la « remonte » et du sifflet de la mine.
En tant qu’historien spécialisé en archéologie minière, je précise que cette berline a été récupérée par les établissements Gros, spécialisés dans le recyclage et la revalorisation, lors de la fermeture des mines en 1997. Cette entreprise fut chargée de recycler l’ensemble du matériel minier extrait des galeries.

La berline n°699 des HBD devant l’ancien établissement Gros à La Mure (2011).
Pourquoi préserver ce patrimoine industriel ?
La préservation de ce matériel minier répond à un devoir de mémoire. En observant cette berline, on peut imaginer :
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Le vacarme du roulage : Le bruit des roues métalliques sur les rails résonnant dans les galeries.
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La rudesse du travail : Le chargement manuel à la pelle, une tâche physique épuisante.
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Le génie civil : L’organisation des réseaux de rails qui parcouraient des centaines de kilomètres sous nos pieds.
Aujourd’hui, alors que les puits sont fermés, ces objets deviennent des archives à ciel ouvert. Ils permettent de ne pas oublier que sous le paysage verdoyant de la Matheysine se cache une véritable ville souterraine.
Foire Aux Questions la berline de La Mure
1 – Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Une berline est un wagonnet de transport utilisé dans les mines pour acheminer le minerai (ici, l’anthracite) depuis le fond de la galerie jusqu’à la surface ou vers les installations de traitement. C’est un élément emblématique du matériel roulant ferroviaire en voie étroite propre au travail minier.
2 – Pourquoi cette berline est-elle exposée devant l’établissement Gros ?
L’établissement Gros à La Mure occupe une place centrale dans l’histoire locale. La présence de cette berline (n°699) en extérieur agit comme un monument commémoratif. Elle rend hommage au passé minier de la ville et rappelle aux passants le dur labeur des mineurs des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
3 – Quel était le rôle des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) ?
Les HBD étaient l’organisme en charge de l’exploitation des mines de charbon dans le secteur de La Mure et de la Matheysine. Elles ont façonné le paysage économique et social de la région pendant plus d’un siècle, faisant du bassin dauphinois l’un des centres de production d’anthracite les plus importants de France.
4 – Peut-on visiter d’autres sites miniers à La Mure ?
Oui, La Mure possède une riche culture minière. Outre les témoignages historiques dans la ville, il est possible de découvrir le Musée de la Mine Image (à La Motte-d’Aveillans), qui offre une immersion complète dans les galeries et l’histoire des mineurs du Dauphiné.
5 – Pourquoi est-il important de conserver ce type de matériel ?
La préservation de matériels comme la berline n°699 permet de maintenir vivant le patrimoine industriel dauphinois. Ces objets servent de points de repère historiques pour les générations actuelles et futures, permettant de ne pas oublier l’histoire ouvrière et technologique qui a construit l’identité de la Matheysine.
Poursuivez votre exploration
Retrouvez l’histoire du puits du Villaret
L’histoire de son terril
Et l’histoire de son exploitation
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Musées et Mémoire locale
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La Mine Image (Site Officiel)
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Pourquoi : C’est le musée souterrain de référence à La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre ce qui se passait sous terre, en complément de votre article sur le puits de surface.
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Lien : https://www.mine-image.com
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Matheysine Tourisme – Le Patrimoine Minier
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Pourquoi : Pour situer le Villaret dans l’offre touristique actuelle du plateau (sentiers, autres vestiges).
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Lien : https://www.matheysine-tourisme.com
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Archives Audiovisuelles (INA)
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La fin des Gueules Noires (Journal Télévisé de 1997)
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Pourquoi : Une vidéo d’époque (INA) montrant la remontée de la dernière benne le 28 mars 1997 au Villaret. C’est une source primaire très forte émotionnellement.
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Recherche conseillée : « INA Fermeture mines La Mure 1997 » ou lien direct vers la fresque historique de l’INA.
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Lien générique : https://www.ina.fr (Rechercher « Mines Dauphiné »)
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Technique et Après-Mine
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Le BRGM et l’Après-Mine
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Pourquoi : Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) gère la surveillance des anciens sites (eaux, gaz, stabilité). Utile pour la partie technique/environnementale.
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Lien : https://www.brgm.fr/fr/nos-actions/projets/gestion-apres-mine
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L’Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs (ANGDM)
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Pourquoi : L’organisme qui a succédé à Charbonnages de France pour gérer les droits sociaux et le patrimoine immobilier.
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Lien : https://www.angdm.fr
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Patrimoine Culturel
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Isère Culture – Patrimoine en Isère
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Pourquoi : Pour consulter la fiche officielle si le chevalement est labellisé ou répertorié dans l’inventaire départemental.
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Lien : https://culture.isere.fr
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Bibliographie
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1. Ouvrages Historiques et Techniques de Référence
Ces livres sont les « bibles » locales pour comprendre l’évolution technique ayant mené à la création du Villaret.
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REYMOND, René. La Mure et le bassin houiller du Dauphiné.
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Note : René Reymond était ingénieur géomètre aux Houillères. C’est l’ouvrage le plus précis sur la géologie, les couches de charbon et l’implantation des puits, dont le Villaret.
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Éditeur : Imprimerie Barthélemy (Plusieurs éditions, notamment 1982).
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2. Sources Primaires & Articles Spécialisés (Pour l’aspect technique)
Le Puits du Villaret est célèbre chez les ingénieurs pour sa méthode de fonçage par congélation. Pour votre fiche d’identité, voici la source technique absolue :
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Revue de l’Industrie Minérale (RIM).
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Article cible : « Le fonçage du Puits du Villaret par congélation ».
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Date : Début des années 1950 (souvent cité dans les revues de 1951 ou 1952).
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Disponibilité : Consultable aux Archives Départementales de l’Isère ou dans les bibliothèques d’écoles des Mines (Paris, Saint-Étienne).
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. Mémoire Visuelle et Sociale
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Collectif (La Mine Image). La Mine Image : La Motte d’Aveillans.
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Note : Les livrets édités par le musée souterrain contiennent souvent des coupes techniques et des historiques précis des puits, validés par d’anciens mineurs.
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4. Presse et Revues Locales (La fin de la mine)
Pour la date clé du 28 mars 1997 :
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Le Dauphiné Libéré. Numéro Hors-Série : « Adieu la Mine » (Mars/Avril 1997).
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Intérêt : Reportages complets sur la dernière remontée au Villaret, interviews des derniers mineurs et contexte de la fermeture.
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Combe Névouse : Plongée dans l’histoire tragique des mines du Dauphiné
Découvrez l’histoire de la galerie niveau 15 de Combe Névouse à Saint-Arey. Un site minier marqué par des défis techniques, une eau omniprésente et la tragédie oubliée de 1971
Plongez dans les profondeurs de la galerie de Combe Névouse, un vestige poignant de l’histoire minière du Dauphiné situé à Saint-Arey. Creusé dès 1959, ce site a exigé des prouesses techniques considérables face aux inondations souterraines et aux redoutables dégagements instantanés de gaz carbonique. Cet article retrace le destin tragique de cette exploitation, tristement célèbre pour la mort de huit mineurs en 1971, avant d’être fermée définitivement en 1983. Aujourd’hui, bien que son accès souterrain soit mortel et strictement interdit, ses ruines de surface offrent aux passionnés d’archéologie industrielle un témoignage silencieux et fascinant de l’ère du charbon.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de Combe Névouse – Niveau 15 |
| Localisation | Saint-Arey, lieu-dit « Comba Nevouza » (Dauphiné) |
| Ressource extraite | Charbon (accès au quartier du Devay) |
| Compagnie minière | Houillères du Bassin du Dauphiné |
| Début du creusement | 1959 |
| Fin du percement | 1960 (jonction effective avec le quartier du Devay en 1961) |
| Contraintes hydrogéologiques | Traversée complexe d’un karst aquifère ayant nécessité une déviation. L’eau s’écoule encore aujourd’hui. |
| Risque minier majeur | Phénomène de « dégagements instantanés » de gaz carbonique (CO2) sous très haute pression. |
| Technique de sécurisation | Emploi de « tirs d’ébranlement » (trous de forages de 20 mètres équipés de petites charges explosives pour fracturer la roche et purger le gaz préventivement). |
| Bilan humain (Tragédies) | 1968 : 1 mort 1971 : 8 morts |
| Fermeture définitive | 23 août 1983, consécutivement à un troisième dégagement instantané de CO2. |
| Vestiges archéologiques (Surface) | • Conduit en béton canalisant l’eau du karst • Tracé au sol de la voie étroite pour les berlines • Ruines du bâtiment du « basculeur » • Le « razzier » (terril de stériles partiellement végétalisé avec des pins) |
| État de conservation et Sécurité | Entrée obturée. Danger de mort : accès souterrain strictement interdit en raison de l’accumulation persistante de CO2 (asphyxie foudroyante). |
Un vestige silencieux à Saint-Arey
Perdue dans le paysage montagneux de Saint-Arey, au lieu-dit « Comba Nevouza », l’entrée de la galerie de Combe Névouse (niveau 15) semble aujourd’hui endormie. Pourtant, ce site offre un témoignage saisissant de l’activité minière du XXe siècle, mêlant prouesses techniques et drames humains. Si l’entrée est aujourd’hui obturée, les vestiges alentour racontent encore l’histoire du charbon dans le Dauphiné.

Avant : Le vallon de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1960, avant l’ouverture du niveau 15. Les installations visibles sont dédiées au stockage et à l’évacuation des stériles de creusement.
Apres : Le site de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1969. Mise en service de la galerie du niveau 15 et extension du terril. Au premier plan, le dispositif de déchargement des wagons par le bâtiment du basculeur.
1959 : Le combat contre l’eau et la roche
L’histoire commence véritablement en 1959, date du début du creusement de cette galerie stratégique. Les mineurs, dans leur progression vers les profondeurs, se heurtent rapidement à un obstacle naturel majeur : un karst rempli d’eau.
Cette poche d’eau souterraine a forcé les ingénieurs à dévier le tracé initial de la galerie. Aujourd’hui encore, cet événement géologique est visible : un écoulement d’eau permanent s’échappe du site, souvenir liquide de ce percement laborieux achevé en 1960 pour rejoindre le quartier du Devay en 1961.

Ouvrages de surface de la Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. À gauche, l’orifice de la galerie du niveau 15 ; à droite, le passage rectangulaire maçonné pour l’écoulement du ruisseau de la Combe.
Le danger invisible : Le CO2 et les « dégagements instantanés »
L’ennemi principal à Combe Névouse n’était pas seulement la roche, mais le gaz. Tout au long de son exploitation, la galerie a été le siège d’écoulements constants de gaz carbonique (CO2).
L’exploitation du quartier du Devay était particulièrement redoutée à cause du phénomène des dégagements instantanés. Contrairement au coup de grisou qui nécessite une étincelle, le dégagement instantané est une libération brutale et massive de gaz emprisonné sous pression. Le souffle est si puissant qu’il peut projeter des tonnes de roches et de matériel, balayant tout sur son passage.
Pour tenter de sécuriser la zone, les Houillères du Bassin du Dauphiné utilisaient la technique des « tirs d’ébranlement ».
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La méthode : On forait des trous de 20 mètres pour y placer de petites charges explosives.
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L’objectif : Fracturer la roche préventivement pour laisser le gaz s’échapper et faire tomber la pression avant d’envoyer les hommes extraire le charbon.

Émergence de l’exhaure de la galerie de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Point de rejet des eaux de mine et zone de risque liée aux émanations potentielles de gaz carbonique (CO2).
La tragédie de 1971 et la fin de l’exploitation
Malgré ces précautions techniques avancées, la nature est restée imprévisible. La galerie de Combe Névouse est tristement célèbre pour ses accidents mortels liés au gaz :
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1968 : Un premier accident coûte la vie à un mineur.[
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1971 : Une catastrophe majeure se produit, causant la mort de huit mineurs.
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1983 : Le 23 août, un troisième dégagement instantané scelle le destin du site, entraînant sa fermeture définitive.

Vestiges de l’installation du culbuteur, galerie de Combe Nevouse (cliché de 2010).
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour le promeneur ou l’amateur d’histoire industrielle, le site offre encore des indices visibles de son passé laborieux :
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L’eau : Canalisée aujourd’hui dans un conduit en béton pour stabiliser le terrain, elle continue de couler depuis le karst percé il y a 60 ans.
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Les rails : On devine au sol le tracé de la voie étroite où circulaient les berlines. Ces wagonnets servaient à évacuer les stériles (déchets de roche) vers le « razzier » (la zone de déversement).
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Le basculeur : Les ruines d’un petit bâtiment subsistent. C’est ici que les berlines étaient basculées pour vider leur contenu dans des camions-bennes en contrebas.
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Le razzier : Cette colline artificielle de déchets miniers a fait l’objet d’une tentative de revégétalisation. Des bénévoles y ont planté des pins, mais la toxicité ou la pauvreté du sol en a eu raison : la plupart sont morts, laissant un paysage singulier où seuls quelques arbres ont survécu.

Le terril de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Détail du canal d’évacuation des eaux d’exhaure et colonisation végétale pionnière sur le schiste.

Avant : Vue opérationnelle de la zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1970. Le complexe du niveau 15 des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD) assure alors l’extension du terril de stériles par le biais d’une rupture de charge ferroviaire et routière.
Apres : La zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2018. État du site après la fermeture du niveau 15 en 1997 et le démantèlement complet des installations de surface. On observe le razzier (terril) dans sa configuration définitive.
DANGER DE MORT : ACCÈS STRICTEMENT INTERDIT
Ne tentez jamais de pénétrer dans cette galerie. Au-delà des risques d’éboulement et du respect de la propriété privée, ce site présente une menace invisible et létale : un dégagement continu de gaz carbonique (CO2).
Ce gaz inodore s’accumule dans les parties basses et peut provoquer une asphyxie foudroyante sans signe avant-coureur. L’observation du site doit impérativement se limiter à l’extérieur.
J’ai moi même failli perdre la vie en tentant de pénétré dans la galerie.
Foire Aux Questions la galerie de CombeNevouse
1. Qu’est-ce que le site de Combe Névouse dans le bassin de la Matheysine ?
Combe Névouse est un site stratégique situé sur la commune de Susville (ou secteur de La Mure). Le Niveau 15 correspond à une galerie technique et d’extraction majeure située à une altitude d’environ 900-950 mètres. C’est un point de convergence essentiel pour le réseau souterrain des mines de la Matheysine.
2. Quel type de minerai était extrait par les HBD à cet endroit ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon de très haute qualité, caractérisé par une teneur en carbone très élevée (plus de 90 %) et un faible taux de matières volatiles. L’anthracite de la Mure était réputé pour être l’un des meilleurs au monde, utilisé tant pour le chauffage domestique que pour l’industrie.
3. Quel était le rôle spécifique du Niveau 15 ?
Le Niveau 15 servait de galerie de roulage principale et de niveau d’exhaure (évacuation des eaux). Il permettait de relier différents secteurs d’abattage aux puits d’extraction ou aux descenderies. Dans la structure complexe du bassin, ce niveau facilitait le transit du charbon vers le centre de tri et de lavage du Villaret.
4. Qui étaient l’exploitant du site ?
Le site a été exploité par les HBD (Houillères du Bassin du Dauphiné), l’une des divisions des Charbonnages de France lors de la nationalisation.
5. Quelles sont les techniques de soutènement visibles au Niveau 15 ?
Contrairement aux mines métalliques, les mines de charbon de la Matheysine utilisaient massivement :
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Des cintres métalliques (souvent de type Toussaint-Heintzmann) pour résister à la forte pression des terrains houillers.
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Des éléments de boisage en sapin ou mélèze (utilisés pour le coffrage ou comme témoins de pression).
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On y observe également des zones de travers-bancs creusées directement dans le rocher (le « stérile »).
6. Comment le charbon était-il transporté dans cette galerie ?
Le Niveau 15 était équipé de voies ferrées étroites. Le roulage y était intensif, assuré par des locotracteurs électriques (souvent alimentés par caténaires ou trolley) ou des locotracteurs diesel, tractant des rames de berlines à forte capacité.
7. Pourquoi le site présente-t-il des formations géologiques spectaculaires ?
En raison de l’arrêt des pompages et de la forte minéralisation, le Niveau 15 est le siège de phénomènes de concrétionnement rapide. L’eau chargée en fer et en carbonate crée des stalactites de limonite (« fleurs de fer ») et des dépôts de boues d’ocre (gley) qui recouvrent le sol sur plusieurs dizaines de centimètres.
8. Pourquoi trouve-t-on des concrétions ferrugineuses dans une mine de charbon ?
Bien que l’on extraie du charbon, les eaux d’infiltration traversent des couches riches en sulfures de fer (pyrite, marcassite) présentes dans les bancs de schistes permiens et carbonifères. En s’oxydant au contact de l’air des galeries, ces minéraux créent des dépôts d’ocre et des stalactites de limonite, donnant parfois un aspect « mine de fer » aux galeries abandonnées.
9. Quel est l’état actuel du patrimoine au Niveau 15 ?
Le site témoigne de la fin de l’épopée minière (fermeture définitive du bassin en 1997). On y trouve des vestiges de l’électrification (isolateurs, câbles), des conduites d’air comprimé pour les marteaux-piqueurs et les perforatrices, ainsi que les infrastructures de gestion des eaux qui continuent de drainer le massif.
10. Quelle est l’importance historique de ce niveau pour la Matheysine ?
Le Niveau 15 est un maillon de la « colonne vertébrale » souterraine qui a permis la survie économique du plateau pendant plus d’un siècle. Il illustre le passage de l’extraction artisanale à une industrialisation massive et mécanisée sous l’égide des HBD, marquant l’identité sociale et technique de toute une région.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 21»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Sources d’Autorité & Archives (Crédibilité Historique)
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L’Inventaire Général du Patrimoine Culturel (Région AURA) : Pour une description technique et architecturale des vestiges industriels.
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Lien : patrimoine.auvergnerhonealpes.fr (Cherchez « Saint-Arey » dans leur base de données).
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Les Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour ceux qui veulent consulter les registres de concessions minières.
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Lien : archives.isere.fr
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Le Système d’Information Géologique (SIGES) – BRGM : Pour les données techniques sur le sous-sol et les anciennes concessions d’anthracite.
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Lien : sigessn.brgm.fr
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2. Musées et Réseaux Thématiques (Contexte Régional)
La mine de Combe Névouse fait partie intégrante du bassin minier de la Matheysine.
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Musée La Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le site de référence pour comprendre le travail des mineurs dans le bassin de La Mure.
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Lien : mine-image.com
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3. Cartographie Historique (Expérience Utilisateur)
Rien n’est plus parlant que de comparer le site actuel avec les relevés anciens.
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Géoportail – Cartes de l’État-Major : Pour visualiser l’emprise de la mine et des voies ferrées (chemin de fer de la Mure) au XIXe siècle.
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Lien : geoportail.gouv.fr (Activez la couche « Cartes de l’état-major 1820-1866 »).
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Remonter le Temps (IGN) : Pour comparer des photos aériennes de l’époque de l’exploitation avec aujourd’hui.
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Lien : remonterletemps.ign.fr
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4. Liens Locaux et Territoriaux
Pour ancrer votre article dans son territoire actuel.
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Mairie de Saint-Arey : Pour les informations pratiques et le contexte communal.
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Lien : saint-arey.fr
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Office de Tourisme Matheysine Tourisme : Pour lier le patrimoine minier aux sentiers de randonnée actuels (comme le sentier qui mène au pont de Cognet).
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Lien : matheysine-tourisme.com
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Bibliographie
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1. Le Lien avec le Transport (Essentiel pour Combe Névouse)
La mine de Combe Névouse était intrinsèquement liée au transport de l’anthracite. Ce livre décrit l’infrastructure ferroviaire qui passait à proximité.
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Titre : Le Chemin de Fer de La Mure
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Auteur : Patrice Bouillin
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Éditeur : Presses et Editions Ferroviaires
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ISBN : 978-2905447111
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Pourquoi ce choix : Saint-Arey et ses infrastructures minières sont indissociables de l’histoire du SGLM (Saint-Georges-de-Commiers – La Mure).
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Mémoire de fer et d’eau : La galerie d’exhaure du Niveau 21
Imaginez un tunnel de plus de 3 kilomètres, creusé à la main et à l’explosif, aujourd’hui silencieux et invisible, dormant sous des millions de mètres cubes d’eau. C’est le destin de la Galerie du Niveau 21 de Saint-Arey.
Situé sur la commune de La Motte d’Aveillans, cet ouvrage d’art est un témoin clé de l’histoire des Houillères du Dauphiné, désormais caché par le Lac de Monteynard. Plongée dans l’histoire d’une galerie fantôme.
Cet article explore la galerie d’exhaure du niveau 21 des mines de La Motte-d’Aveillans, ouvrage hydraulique crucial du bassin minier de la Matheysine. Cette infrastructure stratégique permettait l’évacuation des eaux d’infiltration vers le Drac, garantissant ainsi la sécurité des chantiers de fond de la Société des Mines de la Mure. Le reportage documente avec précision l’architecture maçonnée de ce tunnel technique, témoignant du génie civil souterrain de l’époque. C’est une immersion inédite au cœur des réseaux logistiques qui ont soutenu l’exploitation charbonnière dauphinoise.
Informations pratiques
| Catégorie | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation officielle | Galerie d’exhaure du Niveau 21 |
| Exploitant historique | Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure (puis HBD) |
| Localisation | Commune de Saint-Arey |
| Concession rattachée | Concession de La Jonche (1610 hectares) |
| Fonction primaire | Exhaure gravitaire (drainage des eaux vers le Drac) |
| Matériau extrait | Anthracite (Bassin houiller du Dauphiné) |
| Longueur totale | ~ 3 600 mètres (3,6 km) |
| Chronologie de percement | 1919 (début) — 1948 (achèvement complet) |
| Ouvrages liés | Puits des Rioux (jonction effectuée entre 1942 et 1946) |
| Architecture souterraine | Voûtes maçonnées (pierres de taille et briques), cadres en bois, renforcements métalliques |
| Incident majeur | Effondrement à la « cote 1380 » en 1952 (déblayage en 1954) |
| Statut actuel | Ennoyée (sous les eaux du Lac de Monteynard depuis 1962) |
| Visibilité | Uniquement lors des vidanges décennales du barrage de Monteynard |
La Galerie du Niveau 21 : Un destin lié aux mutations du bassin de La Mure
L’histoire de la galerie du niveau 21 est indissociable de celle de la concession de Jonche, créée officiellement le 12 août 1919. Malgré son potentiel, cette exploitation se heurta rapidement à une réalité géographique impitoyable : située au fond des gorges encaissées du Drac, la difficulté d’accès aux chantiers rendit toute rentabilité impossible.
Face à ces obstacles logistiques, la concession fut absorbée par la puissante Compagnie des Mines de La Mure. Fondée en 1856, cette dernière menait alors une stratégie active de rachat des petites concessions environnantes pour consolider le bassin. Sous cette nouvelle égide, la galerie du niveau 21 trouva une seconde vie technique : elle fut réaménagée pour devenir la galerie d’exhaure (évacuation des eaux) du puits des Rioux.
Ce n’est qu’en 1946, lors de la nationalisation des énergies, que l’ouvrage bascula dans le giron des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD), marquant ainsi la fin de l’ère des compagnies privées et l’intégration de la galerie dans le grand ensemble industriel d’État.
Un chantier interminable (1919-1948)[
L’histoire de la galerie commence avec la concession de La Jonche, un vaste territoire de 1610 hectares couvrant Mayres, Saint-Arey et Prunières, attribué en 1915. Lorsque la puissante Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure rachète cette concession pour étendre son empire souterrain, elle lance un chantier titanesque.
Le creusement débute en 1919. Il faudra attendre 1948 pour qu’il soit totalement achevé. Pourquoi si long ?
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Le chantier a subi de très nombreuses interruptions (guerres, crises économiques).
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La jonction finale s’est faite avec une galerie venant du Puits des Rioux (creusée, elle, entre 1942 et 1946).
Au final, la galerie atteint une longueur impressionnante pour l’époque : 3,6 kilomètres.
Le défi temporel : Les 29 ans nécessaires à sa complétion (1919-1948) s’expliquent par les interruptions liées aux deux Guerres mondiales et aux crises économiques, mais aussi par la complexité géologique des synclinaux de La Jonche.
L’importance stratégique : Le Niveau 21 était le point bas névralgique du réseau. Sa défaillance en 1952 a failli condamner l’exploitation profonde en provoquant une remontée des eaux sur plus de 2 mètres de hauteur dans les galeries de service.
Le sacrifice patrimonial : L’engloutissement de 1962 marque la transition énergétique du Dauphiné : la fin de la primauté du charbon au profit de l’hydroélectricité (EDF), scellant définitivement l’accès à ce témoin du génie civil souterrain.

L’entrée de la galerie du Niveau 21 émergeant des eaux du Drac. Ce cliché exceptionnel, réalisé en 2010 à la faveur d’un étiage marqué du fleuve, documente les dispositifs de mise en sécurité (grille de condamnation) des anciens travaux de fond après l’ennoyage du site.
À quoi servait cette galerie ?
1. Le problème : La mine est une « éponge »
Quand on creuse une montagne pour faire une mine, on crée un réseau de trous géant. La pluie qui s’infiltre dans le sol et les sources souterraines finissent toujours par couler dans ces galeries.
Si on ne fait rien, la mine se remplit comme une baignoire et les mineurs ne peuvent plus travailler : ils seraient noyés.
2. La solution : Utiliser la gravité (La « Gouttière » géante)
Dans une mine de montagne avec plusieurs niveaux (étages), l’eau coule naturellement du haut vers le bas.
Au lieu de dépenser énormément d’argent et d’énergie avec des pompes électriques pour remonter l’eau tout en haut, les ingénieurs utilisent une astuce : ils choisissent la galerie la plus basse possible qui débouche sur l’extérieur (dans votre cas, au fond des gorges du Drac).
Cette galerie devient l’égout ou la gouttière principale de la mine :
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Toute l’eau des étages supérieurs descend par des conduits naturels ou creusés.
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Elle arrive au niveau le plus bas (le Niveau 21).
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Elle s’écoule ensuite toute seule, naturellement et gratuitement, vers l’extérieur (la rivière).
3. Pourquoi c’est crucial ?
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Sécurité : Elle évite que les galeries du fond ne soient brusquement inondées.
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Économie : C’est le moyen le moins cher de garder une mine au sec. Pas besoin de pompes géantes qui tombent en panne, c’est la gravité qui travaille.
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Survie de la mine : Souvent, une mine qui n’est plus rentable pour extraire du charbon (comme la concession de Jonche) reste utile uniquement pour son drainage. Si on bouchait le Niveau 21, les autres mines reliées autour (comme le Puits des Rioux) seraient rapidement noyées sous des millions de litres d’eau.
L’exhaure est le terme technique désignant l’évacuation des eaux souterraines. Sans exhaure, les galeries seraient rapidement inondées par les nappes phréatiques.

Témoignage des processus de sédimentation souterraine lors d’un étiage exceptionnel du Drac. Ce document illustre l’interaction entre le réseau hydrographique de surface et les anciens travaux miniers ennoyés.
À la fin du XIXe siècle, la brique supplante souvent la pierre de taille dans les galeries de mine. Sa standardisation permet une mise en œuvre industrielle : les voûtes sont montées rapidement, sans nécessiter d’artisans tailleurs de pierre hautement qualifiés.
Au-delà du gain de temps, la brique offre un avantage structurel : sa porosité relative lui permet de mieux « respirer » face aux infiltrations. Là où une maçonnerie de pierre trop rigide pourrait éclater sous la pression de l’eau, la brique offre une souplesse qui préserve l’intégrité de la galerie.
L’effondrement de 1952 : La mine en péril
La nature reprend parfois ses droits violemment. En 1952, une catastrophe se produit : la galerie s’effondre à la « cote 1380 » (une mesure de distance interne).
Les conséquences furent immédiates :
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L’éboulement a agi comme un barrage, ralentissant l’évacuation de l’eau.
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Des sédiments et de la boue se sont accumulés, faisant monter le niveau de l’eau jusqu’à 2 mètres de hauteur dans la galerie.
Il a fallu attendre 1954 pour qu’une opération de sauvetage de la galerie soit lancée. Les équipes ont dû évacuer des quantités massives de boue pour restaurer le débit et sauver l’exploitation des niveaux inférieurs.

Vue de la galerie d’exhaure du Niveau 21 lors d’une décrue du Drac – 2010.
À cette époque (1900-1930), la méthode repose sur la prudence, le travail manuel et l’utilisation de sondages de reconnaissance. On ne « fonce » jamais directement dans l’éboulement sous peine de provoquer une rupture brutale qui emporterait tout le monde.
Voici les étapes techniques telles qu’elles étaient pratiquées :
Le Sondage de Reconnaissance (La priorité absolue)
Avant de toucher aux décombres, il faut impérativement vider l’eau de manière contrôlée.
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La technique : On utilise une perforatrice manuelle ou pneumatique (déjà courante début XXe) pour forer un trou de petit diamètre à travers l’éboulement ou à travers le « stot » (le pilier de roche restant).
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Le tube à clapet : On insère dans ce trou un tube métallique scellé avec un robinet ou une vanne à l’extrémité. On perce ensuite le dernier mètre de roche à l’intérieur du tube.
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L’évacuation : On ouvre la vanne pour laisser l’eau s’écouler progressivement dans les rigoles de la galerie saine (l’exhaure). Cela permet de faire baisser la pression hydrostatique sans risquer l’effondrement du bouchon de débris.
2. La gestion de l’air (Le danger des gaz)
L’eau stagnante depuis longtemps est un piège mortel :
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Gaz toxiques : En s’écoulant, l’eau libère souvent du sulfure d’hydrogène (H2S) ou du dioxyde de carbone (CO2, les « mofettes »).
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Grisou : Si la mine est grisouteuse, le vide libéré par l’eau peut se remplir de méthane.
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Action : Les mineurs utilisent des lampes de sûreté (type Davy ou Wolf) pour surveiller l’oxygène et les gaz. On installe des « canars » (conduites d’air en bois ou en toile) pour pulser de l’air frais au front de taille.
Le déblaiement par « Petite Section »
Une fois l’eau évacuée (ou ramenée à un niveau gérable), on attaque l’éboulement.
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Le boisage d’avancement : On ne déblaye pas tout d’un coup. On avance par « petites passes ». On installe des cadres en bois (chêne ou sapin) très serrés.
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Le lançage de palplanches (ou poussage de garnissage) : Si les débris sont meubles (boue, gravats mouillés), on enfonce des planches pointues (des « palplanches ») à coups de masse au sommet du cadre de bois, dans la masse de l’éboulement, pour créer un « toit » protecteur avant de retirer les débris dessous.
Le risque de « Coup d’eau » résiduel
Même si le niveau a baissé, des poches d’eau peuvent rester prisonnières dans les interstices des débris.
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Les mineurs travaillent souvent derrière un bouclier de bois (un barrage provisoire percé de trous) pour retenir une éventuelle poussée soudaine de boue.
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Le travail se fait à la main (pic et pelle) pour « sentir » le terrain. Au moindre sifflement d’air ou suintement anormal, on évacue.
La consolidation finale
Dès qu’un passage est ouvert, on procède au « boisage de fer » (renforcement lourd) ou au maçonnage si la galerie doit redevenir pérenne. Dans les mines de la Matheysine ou de la Mure, la pression des terrains était telle qu’on utilisait souvent des cadres en bois doublés.
En résumé, l’équipement du mineur de 1910 pour cette tâche :
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La lampe de sûreté (essentielle pour les gaz).
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Le fleuret de sondage (pour percer et vider l’eau).
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La hache et la scie (pour ajuster le boisage sur mesure).
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La pompe à bras ou à vapeur (si la pente de la galerie ne permet pas l’écoulement naturel).

Vue intérieure de la galerie d’exhaure du niveau 21. Ce collecteur inférieur, photographié en 2010, assure l’assèchement des chantiers supérieurs par drainage gravitaire.
Une galerie dépouillée ?
L’absence de rails, câbles ou tuyaux n’est pas un hasard. Soit l’équipement a été récupéré lors du démantèlement de la mine, soit l’humidité extrême imposait une installation minimaliste dédiée uniquement à l’eau.
Comprendre les secrets de la galerie : ce que les parois nous racontent
En observant de près l’architecture de la galerie, on découvre une véritable machine à remonter le temps. Voici trois indices clés pour décrypter son histoire :
1. Un mélange de matériaux : la brique et la pierre
On remarque sur les parois une cohabitation entre la pierre de taille (calcaire) et la brique rouge.
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La pierre : Témoigne des phases les plus anciennes de la mine ou des zones soumises à de fortes pressions rocheuses.
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La brique : Marque l’ère industrielle (XIXe siècle). Plus rapide à poser, elle symbolise la modernisation de l’ouvrage.
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Le petit plus : C’est une véritable « stratigraphie » visuelle : chaque matériau raconte une époque différente de la construction.
2. Les concrétions blanches : une mine « vivante »
Ces dépôts blancs que vous voyez sur les parois ne sont pas de simples taches. Ce sont des dépôts de calcite.
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L’explication : L’eau s’infiltre à travers les couches de roche supérieures, dissout les minéraux et les redépose ici. C’est la preuve que, même des décennies après sa fermeture, la galerie reste un environnement chimiquement actif.
3. L’absence de rails : un tunnel dédié à l’eau
Un détail important saute aux yeux : l’absence totale de rails au fond de l’eau.
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Le verdict : Cela confirme que cette galerie n’était pas utilisée pour transporter le charbon (le roulage). Sa mission était unique et vitale : servir de canal d’évacuation (exhaure) pour vider les eaux de la mine.
1. Le phénomène du « Paysan-Mineur » : Une spécificité matheysine
Jusqu’au début du XXe siècle, le mineur de La Mure n’est pas un ouvrier exclusif.
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La double activité : C’est un montagnard qui possède quelques bêtes et un lopin de terre. Il travaille à la mine l’hiver ou quand les travaux des champs le permettent.
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Le conflit d’agenda : Les compagnies privées se battaient contre l’absentéisme chronique lors des foires ou des moissons. Pour stabiliser cette main-d’œuvre volatile, les compagnies ont dû « professionnaliser » le métier en offrant des avantages que la terre ne donnait pas.
2. Des conditions de travail « à l’ancienne » (Manuelles et Animales)
Avant 1946, la mécanisation est balbutiante.
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L’abattage à la main : Le travail se fait à la barre à mine, au pic et à la poudre noire. C’est un travail de force pure dans une atmosphère saturée de fumées de tir et de poussière d’anthracite.
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L’éclairage : On utilise la chandelle, puis la lampe à huile, et enfin la lampe à acétylène (carbure). La lampe électrique de sécurité n’arrive que tardivement.
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Le roulage : Dans les galeries, ce sont les hommes (souvent des jeunes, les « galibots ») qui poussent les bennes. Les chevaux sont introduits massivement dans les années 1870-1880 pour les galeries principales (comme la galerie de la Replat). Leur sort est tragique : ils passent souvent des années au fond sans voir le jour.
3. Le Paternalisme des Perier : « Tout par la Compagnie, pour la Compagnie »
La famille Perier (banquiers et industriels) a façonné La Mure. Le but était de fixer l’ouvrier et d’éviter la contagion des idées révolutionnaires.
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Le logement : La Compagnie construit les premières cités (ex: Cité de la l’Église). Le logement est lié au contrat de travail : perdre son emploi, c’est perdre son toit.
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Les économats : La Compagnie créait ses propres magasins où les mineurs achetaient leurs vivres. Cela permettait de récupérer une partie des salaires versés.
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L’encadrement moral : La Compagnie finance l’église, les écoles religieuses et les fanfares. On soigne le corps (hôpital de la mine) pour que l’outil de production reste valide, mais on surveille aussi les esprits.
4. L’arrivée de la main-d’œuvre étrangère
Dès la fin du XIXe siècle, et surtout après l’hécatombe de la Grande Guerre (1914-1918), les locaux ne suffisent plus.
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Les Italiens : Ils arrivent en masse dès les années 1880. Souvent mal vus au départ (car utilisés pour briser les grèves ou acceptant des salaires moindres), ils s’intègrent par le fond.
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Les Polonais et les Grecs : Dans l’entre-deux-guerres, les concessions recrutent activement en Europe de l’Est.
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La hiérarchie sociale : Une hiérarchie s’installe au fond : les locaux occupent souvent les postes de « porions » (chefs de chantier) ou de boutefeux, tandis que les immigrés sont affectés aux tâches les plus rudes au « pique ».
5. Les luttes sociales : L’éveil de la conscience ouvrière
Malgré le contrôle social, le bassin de La Mure est le théâtre de grèves mémorables.
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La grève de 1906 : Dans le sillage de la catastrophe de Courrières (Nord), les mineurs de La Mure se soulèvent pour réclamer de meilleures conditions de sécurité et des augmentations de salaire.
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Le syndicalisme rouge : Contrairement à d’autres bassins, le syndicalisme matheysin devient très combatif, porté par une haine du « grand capital » représenté par les actionnaires parisiens des mines.
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Le tournant de la Guerre (1939-1945) : Pendant l’Occupation, les mineurs de La Mure jouent un rôle clé dans la Résistance (Maquis de l’Oisans et du Vercors). C’est cette force politique qui imposera la Nationalisation en 1946 pour « rendre la mine à la Nation ».
Synthèse pour votre analyse :
Si vous devez comparer cette époque à celle des HBD pour votre site web :
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Avant 1946 : C’est l’époque des « Seigneurs de la Mine » (les Compagnies). Le profit prime, la sécurité est rudimentaire, mais une solidarité de village préexiste.
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Après 1946 : C’est l’époque de la « Bataille du Charbon ». On rationalise, on mécanise, et le mineur devient un « héros de la reconstruction » avec un statut social protecteur garanti par l’État.
1962 : L’engloutissement par le barrage
Le destin de la Galerie du Niveau 21 bascule définitivement au début des années 60, non pas à cause de la mine, mais à cause de l’hydroélectricité.
La construction et la mise en eau du Barrage de Monteynard en 1962 ont scellé le sort de l’ouvrage. Située géographiquement bas dans la vallée, la galerie a été totalement noyée par la montée des eaux du lac artificiel. Cet événement a bouleversé la gestion de l’eau pour l’ensemble du réseau minier, obligeant les ingénieurs à repenser l’exhaure des niveaux profonds.
Le fantôme du lac (2010)
Aujourd’hui, la galerie est invisible. Cependant, lors de la vidange partielle du barrage en 2010, le niveau de l’eau a suffisamment baissé pour laisser réapparaître l’entrée de ce vieux tunnel, comme un spectre surgissant du passé.
Le devenir des eaux d’exhaure
Aujourd’hui, le voyage de l’eau ne s’arrête pas aux parois de la mine. Ces eaux d’exhaure, chargées en fer et en sulfates — ce qui leur donne parfois cette teinte orangée caractéristique — poursuivent leur chemin pour se mêler aux eaux du barrage du Drac. Ce flot continu unit ainsi, de manière invisible mais bien réelle, l’héritage industriel souterrain à l’écosystème actuel et aux grands paysages hydrauliques du Dauphiné.
La mine ne meurt jamais tout à fait ; elle continue de respirer et de drainer la montagne dans l’ombre.
AVERTISSEMENT : Les dangers invisibles des anciennes mines
Le patrimoine minier de notre région est un témoin de l’histoire, mais il constitue aujourd’hui un environnement hostile et instable. Contrairement aux grottes naturelles, les galeries de mine sont des ouvrages artificiels qui ne sont plus entretenus.
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Instabilité structurelle : L’humidité et le temps rongent les piliers et les boiseries. Un simple écho ou une vibration peut déclencher un effondrement.
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Atmosphère dangereuse : Dans les zones confinées, l’air peut s’appauvrir en oxygène ou se charger en radon (gaz radioactif naturel) ou en gaz toxiques issus de la décomposition des anciennes boiseries.
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Risque de chute : Les mines comportent souvent des liaisons verticales (puits de ventilation ou d’extraction) qui ne sont plus protégées. Une chute y est presque toujours fatale.
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Isolement : En cas d’accident sous terre, les secours sont extrêmement complexes, longs et mettent en péril la vie des sauveteurs.
Le saviez-vous ? La plupart des accidents mortels dans les mines abandonnées concernent des promeneurs ou des explorateurs non avertis. Respectez les barrières et le balisage.
Ce phénomène, redouté par les mineurs de l’époque sous le nom de ‘mofettes’ ou de ‘pousse’ (accumulation de gaz asphyxiants), rappelle que sans une ventilation active, la mine reprend ses droits et devient un environnement hostile à l’homme.
Foire Aux Questions la galerie du niveau 21 St Arey
1. Qu’est-ce qu’une galerie d’exhaure dans le contexte minier ?
L’exhaure désigne l’évacuation des eaux d’infiltration (nappes phréatiques, eaux de pluie) qui inondent naturellement les galeries souterraines. La galerie du Niveau 21 était un tunnel technique conçu spécifiquement pour drainer ces eaux par gravité vers l’extérieur (le ravin du Drac), évitant ainsi l’ennoyage des chantiers d’extraction situés en profondeur.
2. Pourquoi ce niveau est-il appelé « Niveau 21 » ?
Dans le bassin minier de la Matheysine, les niveaux étaient souvent nommés en fonction de leur altitude ou d’une nomenclature interne à la compagnie. Le Niveau 21 correspond à l’un des points les plus bas du réseau de l’époque, situé bien en dessous des galeries de circulation principales du puits des Rioux.
3. Quel est le lien entre cette galerie et le Puits des Rioux ?
La galerie d’exhaure du Niveau 21 prend naissance au pied du Puits des Rioux. C’est là que convergeaient les eaux collectées dans les différentes sections des mines de La Mure avant d’être canalisées vers cette sortie naturelle vers la vallée du Drac.
4. Pourquoi cette galerie est-elle aujourd’hui invisible la majeure partie du temps ?
Lors de la mise en eau du barrage de Monteynard en 1962, la vallée du Drac a été engloutie sous les eaux du lac artificiel. L’orifice de sortie (le débouché) de la galerie se trouvant à une altitude inférieure au niveau maximal du lac, l’ouvrage est en permanence immergé. Il n’est visible que lors des vidanges décennales ou d’importants abaissements du niveau du lac.
5. Comment cette galerie a-t-elle été construite ?
Témoignage du savoir-faire des ingénieurs du XIXe et du début du XXe siècle, la galerie présente une architecture soignée. Elle est majoritairement constituée de voûtes maçonnées en briques ou en pierres de taille, une technique indispensable pour résister à la pression des terrains et à l’érosion constante causée par le flux des eaux d’exhaure.
6. Peut-on encore visiter cet ouvrage aujourd’hui ?
Non, l’accès est strictement interdit et dangereux. Outre l’immersion quasi permanente par les eaux du lac de Monteynard, les galeries minières désaffectées présentent des risques majeurs d’effondrement, de présence de gaz ou d’envasement. Ce reportage photographique constitue l’un des rares témoignages visuels de cet aspect caché du patrimoine industriel dauphinois.
7. Quel était l‘impact de l’eau sur l‘exploitation de l’anthracite ?
L’eau était l’ennemi numéro un du mineur. Une défaillance du système d’exhaure (comme le bouchage de cette galerie) pouvait entraîner l’arrêt total de la production et mettre en péril la vie des ouvriers au fond. La maintenance du Niveau 21 était donc une priorité stratégique pour la Société des Mines de la Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Sites institutionnels et Musées (Sources primaires)
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La Mine Image : Le site officiel du musée souterrain de La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre le quotidien des mineurs sur le site même du puits des Rioux.
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Archives Départementales de l’Isère – Fonds des Houillères : En cherchant « Mines de la Mure » ou « HBD », on accède aux inventaires des plans et documents techniques d’époque.
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Le Petit Train de la Mure : Pour le contexte du transport de l’anthracite, indissociable de l’extraction.
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2. Ressources Historiques et Techniques spécialisées
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L’inventaire du Patrimoine de la Région AURA : Cherchez « Mines de la Mure » pour obtenir des fiches détaillées sur l’architecture industrielle du bassin.
- SigMines Isère (BRGM) : Pour les historiens-géologues, l’outil InfoTerre du BRGM permet de visualiser les concessions minières et les zones d’aléas (souvent lié aux anciennes galeries d’exhaure).
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3. Contexte Géographique et Barrage (L’engloutissement)
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EDF – Barrage de Monteynard-Avignonet : Pour comprendre les enjeux de la mise en eau en 1962 qui a noyé le débouché du Niveau 21.
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Remonter le Temps (IGN) : Un outil précieux pour comparer les photos aériennes de la vallée du Drac avant (années 1950) et après la construction du barrage.
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4. Vidéos et Reportages
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Ina.fr – Les mines de la Mure : En tapant « Mines de la Mure », on trouve des reportages d’époque (notamment sur la fermeture ou le travail au fond) qui illustrent parfaitement l’ambiance des galeries maçonnées.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (La « Bible » du bassin)Collectif (Musée de la Mine). (2010). Mémoire d’anthracite : Mines et mineurs de la Matheysine. Grenoble : Éditions Glénat.
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Pourquoi ce livre ? Publié à l’occasion du centenaire de la Mine Image, il contient des documents d’archives et des photographies rares sur les installations de surface et de fond.
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2. Sources historiques (Fonds anciens)
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Vicat, Robert-Félix. (1845). Notice sur les mines d’anthracite de la Mure.
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Pourquoi ce livre ? Source primaire. Vicat (l’inventeur du ciment artificiel) s’intéressait de près à la géologie locale. Ce document permet de comprendre l’état des mines avant les grands travaux d’exhaure du XXe siècle.
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Gignoux, Maurice & Moret, Léon. (1940). Géologie dauphinoise. Paris : Masson.
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Pourquoi ce livre ? Pour comprendre la structure géologique (synclinaux de La Jonche) qui explique pourquoi l’eau s’accumulait massivement dans les zones basses comme le Niveau 21.
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La Galerie Niveau 20 de Saint-Arey : Le Dernier Souffle des Mines de La Mure
Si vous vous promenez aujourd’hui dans les gorges du Drac, près de Saint-Arey, le silence règne. Pourtant, sous vos pieds et derrière la végétation, se cache l’un des ouvrages les plus importants et les plus récents de l’histoire des Houillères du Dauphiné : la Galerie du Niveau 20.
Cet article vous plonge dans l’histoire de ce tunnel titanesque de 6 kilomètres, véritable colonne vertébrale de l’exploitation charbonnière de La Mure à la fin du XXe siècle.
Découvrez l’histoire et la structure de la Galerie Saint-Arey (Niveau 20), pièce maîtresse du système d’exploitation des mines de Susville. Des méthodes de percement à la géologie du gisement d’anthracite, nous analysons l’importance stratégique de cette galerie dans le développement industriel du Dauphiné. Une immersion technique et historique indispensable pour comprendre l’héritage minier de la région.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques et Historiques |
| Nom de l’ouvrage | Galerie Saint-Arey (Niveau 20) |
| Site Minier | Mine de Susville |
| Bassin Houiller | Bassin de la Matheysine (Dauphiné) |
| Localisation | Saint Arey, Isère (38), France |
| Substance exploitée | Anthracite (charbon de haute qualité, faible teneur en matières volatiles) |
| Altitude / Niveau | Niveau 20 (Référence altimétrique spécifique au réseau du Peychagnard) |
| Période d’activité | 1975-1997 |
| Type d’ouvrage | Galerie de desserte (Travers-bancs) |
| Mode de percement | Machines de percement et explosif |
| Soutènement | Soutènement en cintres métalliques |
| Géologie du terrain | Terrains carbonifères du dôme de la Mure (grès, schistes et couches d’anthracite) |
| Fonction principale | Accès aux chantiers d’abattage et roulage du minerai vers les puits ou le plan Richard |
| Infrastructure associée | Camions type dumper articulés |
| Statut actuel | Site patrimonial / Vestiges historiques (accessibilité restreinte/sécurisée) |
1. Un ouvrage titanesque au cœur de la montagne
La Galerie du Niveau 20, située au lieu-dit La Baume, n’était pas une simple galerie de mine. C’était une artère vitale creusée pour moderniser et prolonger l’activité du bassin minier.
Construction et dimensions
Le percement débute en 1975 et s’achève en 1987, réalisé par les sociétés EGCEC et FORCAL.[1] C’est un chantier de longue haleine qui aboutira à des dimensions impressionnantes :
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Longueur initiale : 4 200 mètres.
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Extension en 1987 : La galerie atteint 6 000 mètres pour opérer la jonction avec la concession du Peychagnard (via la descenderie des Éperons).
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Section : Une entrée massive d’environ 5 mètres de large sur 2,50 mètres de haut.
Un point de jonction stratégique
Dès 1979, la galerie est connectée au quartier des Chuzins. Elle devient alors le nœud central du réseau souterrain, reliant :
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La Galerie de Gaillaure.
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Le Puits des Rioux (situé sur Prunières).
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Le Puits du Villaret (à Susville).
2. Le creusement des travers-bancs
Un travers-banc est une galerie horizontale tracée dans le rocher (le « stérile ») perpendiculairement aux couches de charbon pour les rejoindre depuis les puits ou les galeries principales. Dans les années 70 à La Mure, le creusement était devenu très mécanisé. On utilisait :
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Des jumbos de perforation (engins avec des bras articulés portant des perforateurs hydrauliques ou pneumatiques) pour forer les trous de mine.
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L’explosif pour l’abattage du rocher.
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Des chargeuses performantes pour évacuer les déblais.
3. L’étayage par cintres métalliques
À cette époque, le boisage traditionnel (étançons en sapin ou chêne) était largement remplacé dans les galeries principales par le soutènement métallique, plus résistant à la pression énorme des massifs de montagne (très forte à La Mure en raison de la tectonique alpine).
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Types de cintres : On utilisait souvent des cintres coulissants (type TH – Toussaint-Heintzmann). Ces arcs d’acier sont composés de plusieurs segments qui s’emboîtent. Sous la pression du terrain, ils peuvent « glisser » légèrement tout en maintenant leur portance, ce qui évite qu’ils ne se tordent ou ne cassent brutalement.
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Garnissage : Entre les cintres et la paroi, on plaçait des éléments de garnissage (grillages métalliques, plaques de béton ou de bois) pour empêcher les chutes de petits blocs.
4. La circulation des camions (Le « Trackless Mining »)
C’est l’un des changements les plus radicaux des années 70 à La Mure. On est passé du transport par rails (berlines tractées par des locotracteurs) au transport sur pneus, dit « trackless » (sans rails).
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Pourquoi des camions ? Pour plus de souplesse et de rapidité. Les camions (souvent des dumpers articulés spécifiquement conçus pour la mine, comme les marques Joy ou Eimco) pouvaient circuler directement du front de taille jusqu’aux points de déchargement sans les contraintes de pose de voies ferrées.
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Aménagement des galeries : Pour permettre la circulation de ces engins (souvent imposants), les galeries principales et les travers-bancs devaient être creusés avec des sections beaucoup plus larges qu’autrefois (parfois 15 à 20 m² de section).
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L’exemple du Villaret : Le puits du Villaret (mis en service dans les années 40 mais modernisé par la suite) et les grandes galeries de liaison vers les nouveaux quartiers d’exploitation étaient le théâtre de ce va-et-vient de véhicules diesel équipés de filtres spéciaux pour l’échappement.
Le contexte de l’époque
En 1975, les mines de La Mure sont dans une phase de rationalisation. L’anthracite de La Mure est le meilleur du monde (très pur, brûlant sans fumée), mais l’extraction est difficile à cause de la géologie tourmentée des Alpes. La mécanisation à outrance (cintres lourds, engins sur pneus) était la seule solution pour maintenir la production face à la concurrence des charbons d’importation, avant la fermeture définitive du bassin en 1997.

Vue de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume, témoignant des travaux de mise en sécurité du site. L’ouvrage est scellé par un murage en maçonnerie, complété par une cheminée d’évent spécifique. Ce dispositif permet l’évacuation contrôlée du dioxyde de carbone (CO₂) d’origine naturelle ou résiduelle, évitant ainsi toute mise en pression de la galerie et garantissant la sécurité des riverains.
5. À quoi servait la Galerie du Niveau 20 ?
Contrairement aux idées reçues, toutes les galeries ne servent pas uniquement à extraire du charbon. Le « Niveau 20 » avait trois fonctions critiques pour la survie de la mine et des mineurs :
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La logistique (Transport) : C’était l’autoroute du sous-sol. La quasi-totalité du matériel lourd passait par ici pour rejoindre les chantiers d’abattage (sauf le matériel du niveau 17 qui passait par le Villaret). Elle a aussi servi à évacuer les stériles (roches sans charbon) des Chuzins jusqu’en 1989.
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L’aérage (Ventilation) : Une mine doit respirer. Cette galerie permettait d’apporter de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.
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L’exhaure (Drainage) : Située à un point bas, elle collectait les eaux d’infiltration de la mine, mais aussi un ennemi invisible : le gaz carbonique (CO2).
Il existait une galerie encore plus profonde, dite « Galerie du Drac », située sous le niveau 20, exclusivement dédiée à l’évacuation des eaux.
Le secteur de Saint-Arey / La Baume / Combe Nevouse représente l’une des zones les plus complexes et les plus dangereuses de l’histoire des mines de La Mure, particulièrement durant la période de modernisation des années 70.
L’accident le plus marquant et le plus tragique lié à ces lieux (et plus précisément à la zone de Combe Nevouse) est celui du 19 janvier 1971, mais la configuration technique que vous décrivez (camions et cintres métalliques) a également généré d’autres types d’incidents moins connus mais révélateurs des risques de l’époque.
Voici les éléments contextuels sur les accidents dans ces galeries :
6. La tragédie de Combe Nevouse (19 janvier 1971)
Bien que légèrement avant 1975, cet accident a hanté la mémoire des mineurs de la « fin de la mine ».
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La cause : Un Dégagement Instantané (DI) massif de dioxyde de carbone (acide carbonique). À La Mure, le danger n’était pas seulement le grisou (méthane), mais surtout ces poches de gaz carbonique sous pression dans le gisement d’anthracite.
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Le bilan : 6 morts.
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Le mécanisme : Lors de l’avancement d’une galerie, la paroi a littéralement explosé sous la pression du gaz, projetant des centaines de tonnes de charbon pulvérulent et asphyxiant instantanément les mineurs. Cet accident a montré que malgré le soutènement lourd (cintres métalliques), la pression gazeuse restait imprévisible.
7. Les risques liés à la circulation des camions (Années 75)
Comme vous l’avez souligné, l’introduction du transport « trackless » (sans rails) par camions dans les travers-bancs de liaison entre La Baume et Saint-Arey a changé la nature des accidents :
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Les incendies et fumées : La présence de gros moteurs diesel et de réservoirs de carburant dans des galeries parfois confinées augmentait le risque d’incendie. Un feu de pneu ou de moteur de dumper sous terre était une catastrophe en raison de l’opacité des fumées.
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Les accidents de circulation : Le passage de camions imposants dans des galeries où circulaient aussi des hommes à pied a provoqué des accidents de collision ou d’écrasement. La visibilité était souvent réduite par la poussière soulevée par les pneus.
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Le problème du freinage : Les galeries de La Mure n’étaient pas toujours parfaitement horizontales. Des défaillances de freinage sur des engins chargés dans les rampes ont causé plusieurs frayeurs et incidents matériels sérieux dans le secteur de la Baume.
8. La pression des terrains et le soutènement métallique
Dans les secteurs profonds comme ceux de Combe Nevouse, la montagne « bougeait » énormément.
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Le flambage des cintres : Même les cintres métalliques les plus lourds (type TH) finissaient par se tordre sous la pression de la roche. Il n’était pas rare que des galeries dimensionnées pour les camions se rétrécissent en quelques mois, obligeant à des travaux de « recoupement » (élargissement) très dangereux.
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Les chutes de blocs : Le creusement des travers-bancs de grande section (pour laisser passer les camions) créait de grandes surfaces de toit à nu avant la pose des cintres. C’était le moment le plus critique pour les mineurs, exposés aux « coups de toit ».
Pourquoi ce secteur était-il si spécifique ?
La liaison La Baume – Saint-Arey était stratégique car elle permettait de relier les nouveaux quartiers d’extraction au Puits du Villaret (lavoir). Le charbon de Combe Nevouse était d’une qualité exceptionnelle (anthracite pur), mais le gisement était très tourmenté par la tectonique alpine.
Accident précis impliquant un camion en 1974 ou 1975 :
Il y a eu de nombreux incidents de « dérapage » ou de sorties de piste de dumpers dans les galeries de liaison à cette époque, souvent dus à l’état du sol (mélange de poussière de charbon et d’eau rendant la piste glissante). Ces accidents ont conduit à renforcer la sécurité sur la signalisation et l’éclairage des grandes galeries de roulage.

Avant
État des lieux du vallon de La Baume avant l’aménagement du carreau. Cliché de prospection daté de 1969, illustrant la topographie originelle du site avant le début des travaux de terrassement et l’implantation des premières infrastructures d’extraction.
Apres
Vue panoramique du carreau de la mine de La Baume (Isere), 1978. État des installations de surface et des infrastructures de chantier durant la phase d’activité contemporaine. Archives historiques de l’exploitation minière.
6. Les dangers de La Baume : Gaz et Tragédie
L’histoire minière est indissociable du risque. Le site de Saint-Arey garde la mémoire de ces dangers.
Le piège du CO2
La galerie servait d’exhaure pour le gaz carbonique, un gaz lourd qui « coule » comme de l’eau. Une cheminée (encore visible aujourd’hui) était destinée à disperser ce gaz dans l’atmosphère. Avant sa construction, le canal d’exhaure était un véritable piège mortel pour la faune locale : on y retrouvait souvent de petits mammifères et oiseaux, asphyxiés par le gaz stagnant au ras du sol.
Le souvenir de 1975
Le percement de cette galerie a été endeuillé dès son commencement. En 1975, un accident tragique a coûté la vie à des mineurs. Une stèle commémorative rappelle aujourd’hui leur sacrifice.
« Lors de la redécouverte des vestiges de cette galerie, l’étroitesse de l’entrée ne laissait qu’une seule voie d’accès : un caniveau d’exhaure partiellement dégagé. Pensant pouvoir franchir l’obstruction, j’ai tenté de m’y introduire en rampant au ras du sol. C’est alors que j’ai perçu, à quelques centimètres de mon visage, des cadavres d’oiseaux — signe fatal et pourtant trop tardivement compris de la présence de gaz délétères.
Avant même de pouvoir reculer, j’ai perdu connaissance, piégé par une poche de gaz stagnante. Je ne dois mon salut qu’à la réactivité de mon collègue qui, me voyant sombrer, m’a tiré par les pieds hors du caniveau vers l’air libre. Cet incident rappelle brutalement la dangerosité des exploitations abandonnées. Bien que j’aie toujours pratiqué le test du briquet tempête pour vérifier la présence d’oxygène au sol, cet épisode démontre que dans l’atmosphère confinée d’une mine, la frontière entre l’observation scientifique et l’accident mortel est infime. »
C’est une observation tout à fait exacte et tragiquement confirmée par les médecins du travail et les historiens des mines. Les « traceurs » (ceux qui creusaient les travers-bancs dans le rocher) étaient effectivement beaucoup plus exposés à une forme foudroyante de silicose que les « abatteurs » (ceux qui extrayaient le charbon).
Voici pourquoi cette différence était si marquée, particulièrement dans les années 70 à La Mure :
7. La nature de la poussière : Silice vs Carbone
C’est le facteur principal.
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À l’abattage : Le mineur travaille dans le charbon (l’anthracite). La poussière est composée essentiellement de carbone. Elle provoque la pneumoconiose (ou anthracose), une maladie grave, mais qui met souvent plus de temps à devenir invalidante.
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Dans les travers-bancs : Pour rejoindre les couches de charbon, on doit traverser des couches de rocher stérile (grès, schistes quartzites). Ce rocher contient une très forte proportion de silice cristalline (quartz). La silice est extrêmement « agressive » pour les alvéoles pulmonaires : elle crée des cicatrices (fibroses) qui détruisent le poumon beaucoup plus vite que la poussière de charbon.
8. La mécanisation des années 70 : le « progrès » dangereux
Comme vous l’avez mentionné, dans les années 75, on utilisait des machines puissantes pour creuser les travers-bancs (jumbos de perforation, chargeuses, camions).
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La perforation : Les marteaux-perforateurs pneumatiques ou hydrauliques tournaient à très haute vitesse pour forer les trous de mine dans le rocher dur. Cette vitesse de rotation broyait la roche en une poussière impalpable, la « fleur de silice », presque invisible à l’œil nu mais mortelle car elle pénètre au plus profond des poumons.
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L’insuffisance de l’arrosage : Bien que l’injection d’eau dans les fleurets (mèches) soit devenue obligatoire, elle n’était pas toujours suffisante ou pratiquée rigoureusement pour ne pas « noyer » le chantier ou gêner la progression des camions sur le sol.
9. Le confinement des travers-bancs
Les travers-bancs sont des galeries « en cul-de-sac » pendant toute la durée de leur creusement.
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Contrairement aux tailles (zones d’abattage) où un courant d’air traverse le chantier, le front d’avancement d’un travers-banc est ventilé par des « canars » (tuyaux de ventilation).
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La ventilation y était souvent moins efficace, laissant stagner un nuage de poussière de roche très concentré, aggravé par les gaz d’échappement des camions et des engins diesel qui remuaient la poussière déposée au sol.
10. Le paradoxe du « mineur de rocher »
Les traceurs de travers-bancs étaient souvent considérés comme l’élite des mineurs. C’était un travail de haute technicité, exigeant une grande force physique et payé par des primes d’avancement importantes.
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Parce qu’ils étaient robustes, ces mineurs inhalaient de plus grands volumes d’air lors de l’effort, et donc plus de poussière.
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On a vu des cas de silicose aiguë (parfois appelée « silicose galopante ») chez des jeunes mineurs ayant passé seulement quelques années au rocher, alors que des mineurs de charbon pouvaient tenir 20 ans avant d’être « essoufflés ».
Le bilan à La Mure
À La Mure, la dureté exceptionnelle du rocher alpin rendait le creusement des galeries de liaison (comme celles de Saint-Arey ou de la Baume) particulièrement redoutable. Les années 70, malgré le confort relatif apporté par les cintres métalliques (qui sécurisaient contre les éboulements) et les camions (qui évitaient de pousser des berlines), ont été des années où la poussière de silice est devenue plus fine et plus abondante à cause de la puissance des outils.
C’est pour cette raison que de nombreux anciens mineurs de La Mure, qui travaillaient au « rocher », ont été touchés par des taux d’invalidité très élevés peu de temps après leur départ de la mine.
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
11. Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour l’amateur d’exploration (urbex) ou le randonneur curieux, le site a radicalement changé. Situé dans la gorge du Drac, la nature reprend ses droits.
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Installations rasées : Tous les bâtiments techniques ont été détruits après l’arrêt de l’exploitation.
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L’entrée murée : L’entrée de la galerie est toujours là, mais elle est obturée (murée) pour des raisons de sécurité évidentes.
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Vestiges visibles : On peut encore apercevoir la cheminée d’aération (la tour en béton) et le tracé du caniveau d’exhaure.
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Le Razzier : Un immense éboulis (razzier) surplombe la zone d’accès, témoin de la géologie tourmentée du lieu.

Vue frontale de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume (2015). Ce vestige de l’exploitation minière illustre la phase de mise en sécurité du site, avec sa cheminée d’aérage spécifique pour l’évacuation du dioxyde de carbone et l’installation récente d’un périmètre de protection.
Foire Aux Questions galerie de la Baume
1. Qu’est-ce que le « Niveau 20 » et à quoi correspond cette appellation ?
Le terme « Niveau 20 » est une référence altimétrique spécifique au réseau des mines de la Matheysine (système du Peychagnard). Il ne s’agit pas de la profondeur, mais d’une côte de niveau. Cette galerie constitue l’une des dernières grandes infrastructures de modernisation des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
2. Quelle était la fonction principale de cette galerie de 6 kilomètres ?
Contrairement aux galeries de traçage qui suivent la veine de charbon, le Niveau 20 était une galerie de desserte (travers-bancs). Elle servait de « colonne vertébrale » pour :
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Le transport : Acheminer le matériel lourd vers les chantiers d’abattage.
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L’aérage : Assurer la circulation de l’air frais dans les profondeurs.
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L’exhaure : Drainer les eaux de la mine et canaliser les gaz lourds (CO2).
3. Pourquoi le site de La Baume est-il considéré comme un ouvrage « récent » ?
Le percement a débuté en 1975 et s’est achevé en 1987. C’est un ouvrage de la phase de concentration et de modernisation ultime du bassin minier de La Mure, peu de temps avant la fin de l’exploitation (le « dernier souffle » du bassin).
4. Quel est cet ennemi invisible souvent mentionné : le CO2 ?
La mine de Saint-Arey est sujette aux émanations de dioxyde de carbone (CO2), un gaz lourd qui s’accumule au sol et chasse l’oxygène. C’est ce gaz, et non le grisou (méthane), qui représentait le danger principal à cet endroit, provoquant des asphyxies foudroyantes.
5. Pourquoi voit-on une haute cheminée métallique sur les photos du site actuel ?
Il s’agit d’une cheminée d’évent. Même après la fermeture, la mine continue de « dégazer ». Le CO2 étant plus lourd que l’air, il s’écoule vers les points bas (comme l’entrée de la galerie). La cheminée permet d’évacuer ce gaz par tirage naturel et de le disperser en hauteur pour éviter qu’il ne stagne au sol et ne devienne mortel pour les promeneurs ou la faune.
6. Peut-on encore visiter l’intérieur de la galerie ?
Absolument pas. Pour des raisons de sécurité publique, l’entrée a été condamnée par un murage massif en maçonnerie. Le risque d’anoxie (manque d’oxygène) et les risques d’effondrements internes rendent toute tentative d’intrusion extrêmement dangereuse, comme en témoignent les accidents historiques.
7. Quels sont les vestiges encore visibles sur le carreau de La Baume ?
Aujourd’hui, la nature reprend ses droits, mais on peut encore observer :
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L’entrée murée de la galerie.
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La cheminée de dégazage.
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Le tracé de la cunette d’exhaure (le caniveau d’évacuation des eaux).
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La stèle commémorative en hommage aux mineurs qui ont perdu la vie lors du percement en 1975.
8. Quel type de minerai était exploité via cette galerie ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon d’une pureté exceptionnelle, très riche en carbone et pauvre en matières volatiles, qui faisait la renommée mondiale du bassin de La Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exhaure du niveau 21»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Archives Institutionnelles et Inventaires
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Archives Départementales de l’Isère (AD38) : C’est la source primaire pour les plans de concession, les rapports des ingénieurs des mines et les dossiers du personnel des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Recherche dans les fonds des Mines de la Mure (Cherchez les cotes liées à la concession de Prunières/Saint-Arey).
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BRGM – InfoTerre : Pour accéder aux fiches de l’Inventaire National des Cavités et aux rapports de fin d’exploitation (https://www.google.com/url?sa=E&q=https%3A%2F%2Farchives.isere.fr%2Fcliquez sur l’onglet « Données » puis « Dossiers de sous-sol »).
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Légifrance (Annales des Mines) : Pour retrouver les décrets de concession originaux (XIXe siècle).
2. Musées et Associations de Sauvegarde
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La Mine Image (Musée de la mine à La Motte-d’Aveillans) : Le site de référence pour la mémoire ouvrière et technique du plateau. Bien que Saint-Arey soit plus au sud, les techniques de soutènement et d’extraction y sont documentées.
3. Études Techniques et Géologiques
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Géologie du Dauphiné (Site de Maurice Gidon) : Une analyse géologique très fine du secteur de La Mure et de la faille de Saint-Arey.
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Inventaire des Réseaux Spéciaux et Souterrains (IRSS) : Ce site compile souvent des fiches techniques sur l’état actuel des galeries (accès, sécurité, topographie).
4. Cartographie et Localisation Précise
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Géoportail (IGN) : Utilisez les « Cartes de l’État-Major » et les « Photographies aériennes 1950-1965 » pour visualiser l’emprise des carreaux de mine et des entrées de galeries avant la renaturation.
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Accès au Géoportail (Activez la couche « Carte géologique »).
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5. Documentation Iconographique et Vidéos
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INA (Institut National de l’Audiovisuel) : Recherche sur « Mines de la Mure » ou « Houillères du Dauphiné » pour voir des reportages d’époque montrant les mineurs au travail, notamment dans les secteurs escarpés.
Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Monographies)
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ASSOCIATION LA MINE IMAGE. Les Gueules Noires de la Mure : Cent cinquante ans d’histoire des Houillères du Bassin du Dauphiné. Ouvrage collectif.
2. Études Géologiques et Techniques
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GIDON, Maurice. Géologie de la Matheysine. (Travaux disponibles via le portail Geol-Alp). Indispensable pour comprendre la complexité tectonique du secteur Saint-Arey et la difficulté de l’exploitation en dressants.
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HAUDOUR, Jean & SARROT-REYNAULD, Jean. Le bassin houiller de La Mure (Isère) : étude géologique. Bulletin du Service de la Carte Géologique de la France, 1964.
-
SARROT-REYNAULD, Jean. Étude géologique du dôme de La Mure (Isère) et des régions annexes. Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France, 1961.
3. Articles et Publications Scientifiques
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BAILLY-MAÎTRE, Marie-Christine. « Les mines de plomb et d’argent en Oisans et en Matheysine au Moyen Âge ». Revue de géographie alpine. (Bien que centré sur le Moyen Âge, ses travaux posent les bases de l’histoire minière dauphinoise)
4. Sources d’Archives (Cotes spécifiques AD38)
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Fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) : Archives départementales de l’Isère, Série S (Travaux publics) et surtout la Série J (Fonds privés et d’entreprises).
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Série 108 J : Fonds des Houillères de la Mure (plans de galeries, rapports d’accidents, dossiers du personnel).
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Série 7 S : Mines et carrières (dossiers de concessions du XIXe siècle, notamment pour la concession de Prunières dont dépend Saint-Arey).
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5. Rapports Institutionnels
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) :
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Inventaire des archives minières des HBD.
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Rapports de mise en sécurité (DREAL/UTAM) effectués lors de la fermeture définitive des accès dans les années 1990-2000.
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