Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

La mine des Boines : lavage, séchage et transport du charbon

Découvrez les coulisses de l’exploitation minière aux Boines : de l’extraction en montagne au lavage, séchage et ensachage artisanal du charbon avant son expédition.

Entre extraction périlleuse et logistique de haute montagne, découvrez les coulisses méconnues de la mine des Boines à La Motte-d’Aveillans. De la séparation gravimétrique rudimentaire aux défis du triage manuel, plongez au cœur d’un processus artisanal indispensable qui, au XIXe siècle, transformait le charbon brut de la Matheysine en une ressource énergétique prête pour les marchés dauphinois.

Informations pratiques

Caractéristique Détails
Site d’exploitation Les Boines (Massif du Dauphiné)
Type d’activité Traitement post-extraction du charbon
Nature du processus Artisanal (manuel et mécanique léger)
Étapes clés Lavage, séchage, triage, ensachage
Finalité Préparation au transport et à la commercialisation
Main-d’œuvre Artisanale / Locale
État du site [À compléter selon la réalité : Exemple « Vestiges conservés » ou « Site réhabilité »]

Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité

L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :

  1. L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.

  2. La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.

Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.

Infrastructures et logistique

La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.

Note technique sur le traitement du charbon aux sites de Serre-Leycon et des Boines

1. La nécessité du traitement du « tout-venant »

À sa sortie du fond, le charbon extrait des concessions de Serre-Leycon et des Boines se présentait sous forme de « tout-venant », un mélange hétérogène incluant le combustible proprement dit et des stériles (schistes, grès, débris de bois et terres). Cette phase de préparation mécanique, bien que sommaire, était impérative pour accroître le pouvoir calorifique du produit fini et garantir sa valeur marchande.

2. Une installation de traitement rudimentaire

Contrairement aux lavoirs industriels mécanisés qui se généralisent à la fin du XIXe siècle, le site exploitait une infrastructure de lavage par voie humide, rudimentaire mais fonctionnelle. Le minerai était acheminé par des plans inclinés (système de descenderies aériennes) jusqu’à un canal de lavage aménagé. L’utilisation du courant naturel du ruisseau de Vaulx permettait, par différence de densité, une séparation gravimétrique sommaire des matériaux.
Note technologique : Ce procédé, hérité de traditions minières anciennes, privilégiait le criblage manuel. Les « fines » (charbon de faible granulométrie), faute de techniques de décantation ou de récupération adéquates, étaient rejetées avec les stériles, engendrant un gaspillage énergétique important.

3. Impacts environnementaux et empreinte paysagère

L’absence totale de préoccupations environnementales à cette époque condamnait le ruisseau de Vaulx à un envasement rapide et à une pollution chronique. Les eaux de lavage, chargées en particules fines et en résidus carbonés, altéraient durablement la qualité physico-chimique du cours d’eau. Aujourd’hui, l’effacement des structures de surface (plans inclinés et canaux) rend la lecture archéologique de ces installations complexe, illustrant la fragilité des traces laissées par ces petites exploitations artisanales.

4. Logistique et mise en marché

Après l’opération de lavage, le combustible subissait un ressuyage naturel à l’air libre. Une fois stabilisé, le charbon était conditionné et acheminé par charrettes vers la gare de La Festinière, point nodal de l’évacuation du produit vers les marchés régionaux. Malgré son caractère archaïque et son empreinte écologique significative, ce processus constituait un maillon indispensable de la chaîne de valeur minière du XIXe siècle, transformant une ressource brute en un produit énergétiquement exploitable.


Le tri manuel — que l’on nomme techniquement le « triage » ou le « picking » — est une étape fondamentale de la chaîne de valeur minière au XIXe siècle. Dans les petites mines de montagne, c’est là que se décide la rentabilité de l’exploitation.

Voici une analyse de cette pratique, souvent invisible dans les grandes monographies industrielles, mais centrale pour comprendre le quotidien d’une mine temporaire.

1. La distinction technique : Triage vs Lavage

Il est crucial de bien distinguer les deux :

  • Le triage (manuel) : Concerne les gros morceaux (le calibre « tout-venant »). Il est réalisé avant le lavage.

  • Le lavage (hydraulique) : Concerne les menus (les fines). Il est réalisé après le triage.

Le triage permet de ne pas gaspiller de l’eau (ressource rare) et du temps en lavant inutilement de la roche stérile qui peut être écartée immédiatement à la main.

2. Le cadre matériel : La table de triage

Dans ces mines isolées, l’infrastructure était rudimentaire mais efficace :

  • La plate-forme de triage : Souvent une structure en bois surélevée à hauteur de taille. Le « tout-venant » (le charbon brut sortant de la galerie) était déversé sur cette table ou une plateforme inclinée.

  • Le geste : Les trieurs manipulent les blocs. L’anthracite, de par sa nature (éclat vitreux, dureté, noir profond), est très facile à distinguer visuellement de la « gangue » (la roche hôte, souvent schisteuse, grise ou brune).

  • Le matériel : On trouvait généralement trois zones de chute ou trois bacs/paniers disposés autour du trieur :

    1. Le charbon marchand : Les morceaux purs, destinés à la vente.

    2. Le « mixte » : Des morceaux où charbon et roche sont encore soudés. Ils étaient mis de côté pour être concassés plus finement (au marteau) avant de passer au lavage.

    3. Les stériles : La roche pure (schistes, grès) qui était jetée directement sur le terril, juste à côté de la plateforme, pour éviter tout transport inutile.

3. La dimension humaine : Les « Trieuses »

C’est un point sociologique majeur. Le triage était une activité « non-guerrière » et moins dangereuse que l’extraction au fond.

  • La main-d’œuvre : C’était quasi exclusivement le travail des femmes, des adolescents, des vieillards ou des mineurs blessés/inaptes au fond. Dans les mines de montagne, cette activité permettait d’intégrer une partie de la population locale à l’économie minière.

  • La pénibilité : C’est un travail statique, répétitif, dans le froid (car souvent en extérieur), avec une exposition constante à la poussière de charbon (silicose ou anthracose des voies aériennes supérieures). La posture debout, penchée sur la table, causait des troubles musculo-squelettiques chroniques.

4. La logique économique : Pourquoi trier manuellement ?

Dans une mine de montagne, le coût de revient est dominé par le transport (à dos de mulet). Chaque kilogramme de roche inutile transporté en bas de la vallée est une perte d’argent sèche.

  • Le triage est une opération de « désengorgement » : En éliminant 30 à 40 % de stériles dès la sortie de la mine, on réduit drastiquement le poids à transporter par les muletiers.

  • La valorisation du produit : Le charbon « trié » se vendait plus cher. Le client (souvent une forge locale ou un foyer domestique) exigeait un anthracite « propre », sans terre ni schiste, car la roche ne brûle pas et encrasse les foyers.

En résumé

Le tri manuel était le filtre de qualité de la mine. C’était une activité de précision visuelle avant d’être une activité de force. Pour une mine de montagne saisonnière, c’est l’étape qui permettait de rentabiliser le transport en amont du lavage hydraulique. C’est un travail qui « professionnalisait » l’extraction brute en la transformant en une marchandise classée et vendable.

Avez-vous identifié, dans vos recherches, si la mine était exploitée par une société anonyme (avec une hiérarchie stricte) ou par des petits concessionnaires indépendants ? La gestion du triage variait énormément selon le niveau de contrôle sur la production.

Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

Vestiges de la zone d’arrivée du télébenne de transport en 2019 : une trace aujourd’hui effacée du paysage des Boines.

1. La contrainte comme moteur de l’organisation : Le « Temps de la Mine »

Le problème que vous soulevez (inaccessibilité hivernale et étiage estival) définit totalement le cycle de production. Ces mines ne fonctionnaient pas en flux tendu, mais par séquences de stockage et de traitement.

  • Le cycle annuel :

    • Hiver : Arrêt total. Le personnel rentre dans ses foyers ou se consacre à l’élevage.

    • Printemps (la période idéale) : C’est le moment de la fonte des neiges. Les cours d’eau sont gonflés, offrant le débit nécessaire au lavage par gravité. C’est le pic d’activité.

    • Été : Période d’étiage. Le débit des cours d’eau devient insuffisant pour entraîner les mécanismes de lavage. L’activité de lavage s’arrête, mais l’extraction (le travail au fond) peut se poursuivre, le charbon étant stocké en attente de l’automne ou des pluies.

    • Automne : Seconde fenêtre de tir avec le retour des pluies avant les premières neiges.

2. Le principe technique : La séparation densimétrique

L’anthracite, contrairement à la houille grasse, est dense et très dur. Cette caractéristique est un avantage pour le lavage : il ne se délite pas facilement dans l’eau. Le principe du lavage au XIXe siècle dans un cours d’eau reposait sur la différence de densité entre le charbon (l’anthracite) et sa gangue (schistes, grès, pyrites).

Les méthodes rudimentaires observées :

  1. Le crible à main (ou crible à secousses hydraulique) : L’ouvrier place le tout-venant dans une grille (le crible) immergée dans un bac ou directement dans le courant. Par un mouvement de va-et-vient vertical, il crée une stratification : les éléments les plus denses (la gangue) tombent au fond du crible ou restent sur le dessus selon la technique, tandis que le charbon plus léger est récupéré.

  2. Le chenal de lavage (rigole) : C’est la méthode la plus simple. On détournait une partie du cours d’eau dans une rigole en bois (ou creusée à même le sol). On y jetait le charbon brut. Le courant emportait les éléments légers (poussières, boues), tandis que les morceaux d’anthracite, plus lourds, se déposaient au fond du chenal ou étaient retenus par des « barrages » (des tasseaux de bois placés en travers).

3. Gestion du manque d’eau en été : L’ingéniosité des mineurs

Pour pallier le manque d’eau estival, les exploitants utilisaient plusieurs techniques historiques :

  • Le bassin de retenue (l’étang de lavage) : Si le cours d’eau faiblissait, on construisait une petite retenue temporaire en amont. On stockait l’eau durant la nuit pour l’utiliser par « chasses » ou par libération contrôlée durant les heures de travail de la journée. C’est une technique héritée du flottage du bois ou des mines d’or alluvionnaires.

  • Le lavage en circuit fermé : Si la mine était un peu plus structurée, on utilisait des bacs à fond incliné où l’eau était recyclée par pompage manuel ou par une petite roue à aubes (si le filet d’eau était suffisant pour entraîner une roue de faible diamètre). Mais cela restait rare pour les petites mines temporaires.

  • Le report de traitement : À défaut d’eau, on procédait uniquement au triage à la main (le « picking »). Les femmes et les enfants, souvent, triaient le charbon sur des tables, écartant la roche visible. Le lavage hydraulique était réservé aux fines (le menu), qui ne pouvaient être triées à la main.

4. Les traces archéologiques à rechercher

Si vous travaillez sur le terrain, voici ce que vous devez chercher pour confirmer ces pratiques :

  • Aménagements hydrauliques : Cherchez des traces de canaux de dérivation (parfois très rudimentaires, en pierre sèche ou bois) qui longeaient les flancs de montagne pour amener l’eau vers la plate-forme de travail.

  • Les « schisteux » ou « terrils de lavage » : Ce sont les dépôts de stériles les plus révélateurs. Ils sont souvent situés en aval de la zone de lavage, formant des accumulations de débris rocheux propres (lavés). La granulométrie de ces dépôts vous donnera une indication sur la précision du lavage.

  • Le « plateau de travail » : Une zone plane à proximité immédiate du ruisseau, souvent recouverte d’une couche de charbon fin (pertes de lavage).

5. Une perspective historique (La notion de pollution)

Le lavage au fil de l’eau polluait les rivières en aval (turbidité, rejets de pyrite). Bien que les réglementations minières du XIXe siècle fussent souvent laxistes dans ces zones reculées, il existait des conflits d’usage fréquents avec les agriculteurs en aval (les « boues de lavage » détruisant les prairies irriguées). Ces conflits laissent souvent des traces dans les archives préfectorales ou municipales.

En résumé : Le lavage de l’anthracite dans ces mines temporaires était une activité de saisonnier hydraulique. L’anthracite, par sa densité, se prêtait particulièrement bien à des systèmes rudimentaires de séparation par courant d’eau. La gestion de l’eau était le facteur limitant qui dictait le calendrier de production, transformant l’eau non pas en une ressource continue, mais en une ressource stockable et séquentielle.

Vestiges de la zone de lavage et de traitement du charbon aux Boines en 2019 : le site est aujourd'hui à l'abandon.

Vue de la zone de traitement du charbon aux Boines en 2019. Il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace de ces installations artisanales.

1. Pourquoi fallait-il impérativement « sécher » (égoutter) ?

Pour un historien, il faut voir cela sous l’angle du coût et de la valeur marchande :

  • L’économie du transport : Dans ces régions isolées, le transport se faisait à dos de mulet ou par chariots sur des chemins difficiles. Le coût du transport était la part la plus importante du prix de revient final. Transporter de l’anthracite gorgé d’eau, c’était payer le transport de dizaines de kilos d’eau inutile. Chaque pourcentage d’humidité en moins était une économie directe.

  • La conservation des sacs : Au XIXe siècle, les sacs étaient en jute, en chanvre ou en toile grossière. L’anthracite, surtout s’il contenait des pyrites (souvent associées à l’anthracite), devenait acide au contact de l’eau. Un charbon humide stocké dans un sac en fibre organique le faisait pourrir en quelques jours, provoquant des pertes de marchandise lors du transport.

  • La valeur commerciale : Le client final (forge, chauffage domestique) achetait du carbone. Vendre du charbon « mouillé » était souvent perçu comme une fraude ou, au minimum, un produit de basse qualité, car l’humidité dégrade le rendement thermique (l’énergie est perdue à évaporer l’eau avant d’amorcer la combustion).

  • Le risque de gel : Puisque vous mentionnez des mines dont l’accès est impossible l’hiver, le processus d’égouttage était une course contre la montre avant les premières gelées. Un stock de charbon humide qui gèle devient un bloc compact impossible à ensacher, et il peut même faire éclater les contenants.

2. Comment procédaient-ils techniquement ?

Sans technologie complexe, la méthode était purement gravitaire et temporelle :

  • Le parc à charbon (ou « aire d’égouttage ») : Après le lavage, le charbon (surtout les calibres « gros » et « moyen ») était étalé sur une aire plane, souvent inclinée, située en contrebas du lavoir ou du cours d’eau. Cette aire était parfois dallée de pierres plates ou simplement recouverte d’un lit de graviers pour éviter que le charbon ne se mélange à la terre ou à l’argile du sol.

  • L’effet de la granulométrie :

    • Les gros morceaux (le tout-venant trié) s’égouttaient naturellement en quelques heures grâce à la faible porosité de l’anthracite.

    • Les fines (le « menu ») posaient un problème majeur : elles retiennent l’eau par capillarité. Elles étaient souvent laissées en tas pyramidaux sur l’aire d’égouttage pendant plusieurs jours, retournées à la pelle pour favoriser l’évaporation naturelle par le vent et le soleil.

  • La temporalité : L’organisation du travail était telle que le lavage se faisait en début de semaine, et l’ensachage en fin de semaine. Le charbon restait ainsi exposé à l’air libre pendant 2 ou 3 jours.

C’est une étape cruciale. Dans les mines de montagne du XIXe siècle, la logistique est le goulot d’étranglement. L’extraction est une chose, mais « l’évacuation » vers les centres de consommation (vallées, forges, villes) est ce qui détermine la rentabilité de la concession.

Voici comment s’organisait la chaîne logistique, de la plateforme de la mine jusqu’au réseau routier principal.

1. L’Ensachage : Une opération de précision

L’ensachage n’était pas une simple mise en sac, c’était une opération commerciale et métrologique.

  • Le lieu : Le Carreau. L’ensachage se faisait sur le « carreau de la mine », l’aire de stockage qui jouxtait la sortie de la mine ou le lavoir.

  • Les contenants : On utilisait principalement des sacs en jute ou en toile de chanvre grossière. Ce sont des sacs réutilisables qui circulaient en boucle. Le sac « fatiguait » vite : l’anthracite, très abrasif et dur, finissait par percer la toile par frottement interne lors du transport à dos de mulet.

  • La standardisation : Dans les mines de montagne, on travaillait souvent par « poids unitaires » standardisés pour faciliter la comptabilité. Le poids standard tournait souvent autour de 50 kg ou 100 kg.

  • L’outil : La bascule. À côté de la zone de remplissage, il y avait presque toujours une bascule (balance). Chaque sac était pesé pour éviter les litiges entre l’exploitant, le transporteur (souvent payé à la tonne ou au trajet) et le client final.

  • La technique : On remplissait le sac à la pelle, on le tassait vigoureusement (pour éviter que le contenu ne bouge, ce qui déséquilibrerait la mule), et on cousait la gueule du sac avec de la ficelle de chanvre ou un fil de fer torsadé.

2. Le Transport : Une logique en « entonnoir »

Le transport se faisait rarement par un seul moyen. Il s’agissait d’une chaîne de relais adaptée à la topographie.

A. Le premier maillon : La descente de la montagne (La plus difficile)

Si la mine était en altitude (ce qui est courant dans les mines d’anthracite de montagne type Alpes ou Massif Central), le premier trajet était le plus périlleux.

  • Le mulet (le « roi » du transport) : C’était le moyen de transport exclusif sur les sentiers escarpés. Un mulet pouvait porter environ 100 à 150 kg (un sac de chaque côté). C’est un travail éreintant qui nécessitait des muletiers experts capables de gérer les chutes de pierres et les sentiers boueux.

  • Le plan incliné gravitaire (si configuration favorable) : Si la mine était située au-dessus d’une vallée ou d’une route carrossable, on utilisait parfois un plan incliné. On faisait descendre les wagonnets (ou des caisses sur des rails rudimentaires) par gravité, un câble freinant la descente. C’était le moyen le plus économique, mais il demandait un investissement en rails.

B. Le second maillon : Le regroupement (Le « dépôt »)

Le charbon était rarement livré directement au client final. Il était acheminé vers un dépôt intermédiaire situé au point le plus haut atteignable par les chariots à chevaux ou les charrettes à bœufs.

  • C’est ici que l’on stockait le charbon en attendant une fenêtre météo favorable ou l’arrivée d’une commande groupée.

  • C’est aussi là que se faisaient les transactions : le producteur vendait son stock au dépôt, et les grossistes venaient s’y servir.

C. Le troisième maillon : La route de vallée

Une fois arrivé sur une route carrossable (ou près d’une voie ferrée à partir de la fin du siècle), on transbordait le charbon dans des chariots (tombereaux) tirés par des chevaux ou des bœufs. C’est à ce stade que le transport devenait plus « industriel ».

3. Les problèmes historiques majeurs liés à ce transport

Pour votre travail d’historien, voici les trois points de friction que vous retrouverez inévitablement dans les archives :

  1. Le vol et la « déperdition » : Il était extrêmement courant qu’une partie du chargement disparaisse entre la mine et le dépôt. Le transporteur pouvait en décharger une partie en route pour sa consommation personnelle ou pour la revendre. Les contrats de transport comportaient souvent des clauses strictes sur la « tare » (le poids à l’arrivée).

  2. L’état des chemins : La saisonnalité que vous évoquiez (fermeture hivernale) est aussi liée à l’état des chemins. Dès les premières pluies d’automne, les chemins de terre se transformaient en ornières impraticables pour les chariots. Le transport était donc une course contre la montre entre la fin du lavage (été/automne) et la dégradation des chemins.

  3. L’usure du matériel : Les frais de transport (achat/entretien des sacs, location des mules, entretien des chariots) pouvaient représenter jusqu’à 30% ou 40% du prix de vente du charbon sur le marché. C’est pourquoi ces mines mouraient souvent dès que le prix du charbon baissait légèrement : le coût du transport « mangeait » toute la marge.

Traces au sol et enjeux de terrain

Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.

Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.

Foire Aux Questions plateforme traitement charbon

Après l’extraction en montagne, le charbon subissait une série d’opérations artisanales sur place : le lavage (pour séparer les impuretés), le séchage à l’air libre, le tri manuel, puis l’ensachage pour préparer le produit au transport vers les zones de consommation.

Les Boines témoignent de l’activité minière artisanale historique de la région. Bien que les installations soient aujourd’hui disparues, le site reste un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’histoire industrielle et le travail des mineurs dans le Dauphiné.

Non, le site a évolué avec le temps. Comme en témoignent les archives photographiques (notamment de 2019), les infrastructures comme la zone d’arrivée du télébenne ont été démantelées. Il ne reste aujourd’hui plus de traces visibles de ces installations techniques.

Oui, contrairement aux grandes mines industrielles, l’exploitation des Boines intégrait directement le conditionnement (lavage et ensachage) sur le site ou à proximité immédiate pour faciliter la logistique du transport depuis la montagne.

Poursuivez votre exploration

Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine

La concession des Boines l’histoire des mines

La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire

La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport

La concession des Boines les grattages des Boines

Sources et sites officiels 

. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)

Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :

  • Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/

    • Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.

  • Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/

    • Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.

2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)

Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :

  • Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/

    • Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.

3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)

  • Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/

    • Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)

    Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :

    • Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).

      • Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».

    2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)

    Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :

    • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.

      • Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.

    • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.

      • Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.

      • Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »

    3. Ressources muséales et associatives

    • Mine Image (La Mure).

      • Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.

    • Association des Amis du Musée de la Mine.

      • Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».

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