
Mines des Boines et Serre Leycon : l’histoire industrielle du Dauphiné
Plongez au cœur de La Motte d’Aveillans pour découvrir les vestiges des mines des Boines et les techniques ingénieuses de transport de charbon qui ont façonné le paysage industriel du XIXe siècle.
Aujourd’hui, le calme des pâturages de La Motte d’Aveillans a effacé l’agitation d’hier. Pourtant, sous les sentiers paisibles, le sol garde les cicatrices d’une épopée industrielle intense : celle des petites mines de montagne. Comment, au XIXe siècle, extraire et transporter le charbon depuis des galeries perchées à plus de 1300 mètres d’altitude, là où les routes n’existaient pas ? Entre systèmes de télébennes aériens et plans inclinés vertigineux, découvrez l’histoire fascinante des solutions logistiques audacieuses qui ont permis à ces sites isolés de braver les contraintes du relief dauphinois. Une exploration au cœur du patrimoine minier, où la débrouillardise technique côtoyait la rudesse du travail des mineurs-paysans.
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte-d’Aveillans (Matheysine, Isère) |
| Ressource extraite | Charbon (Anthracite) |
| Altitude du site | Entre 1250 et 1400 mètres |
| Période d’activité | XIXe siècle (exploitation intermittente) |
| Exploitation | Artisanale (système de « mineurs-paysans ») |
| Solutions de transport | Télébennes (câbles aériens) et Plans inclinés |
| Mode de traction | Gravité motrice (systèmes auto-freinés) |
| Vestiges actuels | Terrils, traces de galeries, « balafres » au sol |
| Principale contrainte | Enclavement montagneux et forte déclivité |
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Le premier télébenne
Le premier desservait les galeries B1, B2 et B3 ; nous pouvons supposer que de part sa position topographique en contrebas suggère une fonction d’exhaure naturelle.. Le charbon extrait des galeries B1 et B2, certainement les plus productives, était évacué par ce dispositif. Son point d’arrivée se situait à la jonction de la route actuelle des Signaraux et de la piste montant à l’arboretum.
Ce télébenne, d’une longueur approximative de 430 mètres, était une installation sommaire constituée de poteaux en bois et d’une poulie à chaque extrémité. Bien que nous ne disposions d’aucune photographie, cette information nous a été transmise par M. Darier, qui se souvenait avoir vu les poteaux en bois supportant la poulie. Il est probable qu’il n’y avait aucun poteau intermédiaire. Il convient de préciser qu’à l’époque, la route actuelle, aménagée pour la station des Signaraux, n’existait pas ; seul un sentier permettait le passage. Dès lors, le transport en direction de la Motte-d’Aveillans s’effectuait probablement à dos de mulet, ou bien le minerai était repris depuis le hameau pour être acheminé en chariots, tractés par des chevaux ou des bœufs.

L’ancien site de départ du télébenne n°1, au cœur de la concession des Boines.

Paysage naturel forestier ou montagneux marquant l’emplacement disparu de l’ancienne station d’arrivée du télébenne n°1 des mines des Boines.
Le deuxième télébenne
Un deuxième télébenne fut construit dans la Combe Noire. Celui-ci desservait deux galeries de mine qui, lors des travaux de mise en sécurité, n’ont pas été intégrées à la concession des Boines, malgré leur évidente proximité. En effet, si la concession des Boines se situe dans la combe des Signaraux, les galeries mentionnées se trouvent juste derrière un léger mamelon ; il est donc fort probable que cette contiguïté géographique laisse supposer une continuité de l’exploitation sur les mêmes veines (ou couches).
Ce second télébenne, d’une longueur supérieure au premier (550 mètres), nécessitait la mise en place d’un poteau intermédiaire. En revanche, nous disposons de très peu d’informations sur cette installation ; on peut toutefois supposer que les poteaux étaient métalliques. L’arrivée de la ligne se faisait au niveau d’une ancienne plateforme de lavage.
Dans la Combe Noire, nous avons recensé deux vestiges de galeries associés à un terril plus conséquent. Ce volume de stérile laisse supposer une extraction de charbon plus importante, ce qui aurait justifié la construction de cet équipement. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce télébenne ne subsiste.

Vestiges du passé minier : l’ancien site de départ du télébenne 2, concession des Boines.
Pour une petite exploitation charbonnière au XIXe siècle, le télébenne (souvent appelé à l’époque transporteur aérien à câble ou funiculaire aérien) est une solution technique ingénieuse et peu coûteuse pour pallier les difficultés du relief montagneux.
Définition : Le Télébenne au XIXe siècle
Le télébenne est un système de transport par câble aérien permettant de déplacer du charbon depuis un point d’extraction situé en altitude (souvent une galerie à flanc de montagne) vers un point de stockage ou de chargement en vallée (un quai de gare ou un canal), en utilisant la gravité comme force motrice.
Caractéristiques techniques pour une petite exploitation
Dans une petite mine à temps partiel, le système se caractérise par sa simplicité et sa robustesse :
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Le principe du « va-et-vient » ou « circuit fermé » :
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Le système est constitué d’un câble porteur fixe (sur lequel roule la benne) et d’un câble tracteur mobile.
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Pour les petites exploitations, on utilisait souvent le système à gravité (auto-freiné) : le poids de la benne chargée descendant entraîne la montée de la benne vide. C’est idéal pour une mine de montagne, car cela ne consomme aucune énergie externe (vapeur ou électrique).
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La structure :
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Les pylônes : Des chevalets en bois (souvent en mélèze ou sapin local) soutiennent les câbles pour franchir les ravins ou les terrains accidentés où la construction d’une route ou d’un chemin de fer serait impossible ou trop coûteuse.
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La benne : Un simple récipient en fer battu, suspendu par un chariot à galets, capable de basculer (benne basculante) pour vider le charbon à l’arrivée.
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L’adaptation au « temps partiel » :
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Coût modique : Contrairement à un chemin de fer Decauville, le télébenne nécessite peu de terrassement. Il « survole » le terrain sans modifier le paysage.
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Polyvalence : Lorsqu’il n’est pas utilisé (période creuse de l’exploitation), le système est immobilisé facilement. Les câbles peuvent être détendus pour éviter la corrosion ou le vol.
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Maintenance réduite : Le système peut être entretenu par les mineurs eux-mêmes, qui sont souvent des paysans-mineurs possédant des compétences en mécanique de base.
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Pourquoi était-ce indispensable en montagne ?
Au XIXe siècle, pour une petite mine, le télébenne résout trois problèmes majeurs :
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L’accès difficile : Les routes de montagne étaient souvent impraticables pour les charrettes à bœufs chargées de charbon lourd.
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La pente : Là où les chevaux glisseraient, le câble aérien maintient une trajectoire rectiligne directe, économisant des kilomètres de trajet sinueux.
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La main-d’œuvre : Une seule personne en bas (au déchargement) et une en haut (au chargement) suffisaient à faire fonctionner le flux de transport, libérant les mineurs pour le travail de fond.
Terminologie d’époque
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« Fil aérien » : terme très courant dans la littérature technique de 1880-1900.
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« Transporteur à fil de fer ».
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« Plan incliné aérien ».
En résumé : C’est l’outil de la « débrouillardise industrielle ». Il transforme la contrainte géographique du relief montagneux en avantage énergétique, en utilisant le poids du charbon extrait pour faire monter les outils vides.
Le plan incliné
Un autre mode de transport fut utilisé sur la concession, notamment pour desservir les galeries B4, B5 et B6 : un plan incliné d’environ 230m dont le tracé demeure aujourd’hui devinable. Il ne subsiste toutefois aucune installation physique, hormis une déclivité rendue difficilement perceptible par la végétation. La tête de départ du plan incliné semble se situer le long d’un sentier horizontal reliant la combe des Signaraux à la Combe Noire.
En l’absence d’informations sur les dates de percement des différentes galeries, il est complexe d’établir une chronologie précise. Cependant, nous pouvons formuler l’hypothèse suivante : le premier télébenne a probablement remplacé ce plan incliné. Le silence des témoignages oraux concernant le plan incliné, couplé à la mémoire vive des structures du télébenne, conforte l’hypothèse d’une antériorité du plan incliné sur le système par câble.
Le point d’arrivée du plan incliné, quant à lui, se situait à proximité du départ du rif des Signaraux, à l’extrémité actuelle du parking. Ici encore, nous pouvons supposer que le transport ultérieur, au-delà du plan, était assuré par des mulets.
Le plan incliné ou descenderie au 19eme siècle
Dans une petite exploitation de montagne du XIXe siècle, le plan incliné est une voie de transport à forte déclivité, aménagée entre le carreau de mine (souvent situé à flanc de coteau) et un point de rupture de charge en contrebas (un chemin carrossable, une plateforme de stockage ou un point de transbordement).
1. Le principe de fonctionnement : La « gravité motrice »
À cette échelle, le plan incliné ne nécessite pas de machine à vapeur. Il exploite la force de la pesanteur :
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Le système à va-et-vient (ou plan automatique) : Le poids des berlines chargées descendantes entraîne, par l’intermédiaire d’un câble ou d’une chaîne enroulé sur une poulie de renvoi située en tête de plan, la remontée des berlines vides.
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La régulation : Le mouvement est contrôlé par un frein (frein à ruban ou à sabot) actionné par un « planiste » (le manœuvre responsable du plan) situé en haut de la pente, afin d’éviter l’emballement des chariots.
2. Caractéristiques structurelles pour une « petite exploitation »
Contrairement aux grands plans inclinés industriels, le modèle artisanal se distingue par sa simplicité :
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La voie : Elle est souvent rudimentaire, constituée de rails en bois (ou parfois en fer plat cloué sur des traverses en bois) posés directement sur le sol, sans ballastage complexe.
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La poulie : Située à la tête du plan (le point haut), elle est souvent fixée sur un simple chevalement en bois ou un bâti maçonné sommaire.
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La pente : Elle suit le relief naturel du terrain, ce qui impose souvent des tracés irréguliers.
3. Contexte socio-économique (temps partiel)
Dans le cas d’une exploitation à temps partiel (mineurs-paysans), le plan incliné est un outil de rationalisation du travail. Il permet de pallier le manque de main-d’œuvre en réduisant drastiquement le temps de portage (le transport à dos d’homme ou de mulet), particulièrement pénible sur les sentiers de montagne.
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Le rôle du planiste : Dans une petite mine, cette tâche est souvent dévolue à un ouvrier âgé ou à un jeune apprenti.
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L’abandon : Ces structures sont souvent éphémères. Dès que la galerie est abandonnée ou que le minerai est épuisé, le bois est récupéré, les rails déposés, et la nature reprend ses droits. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne subsiste souvent qu’une « balafre » dans le terrain ou une simple rupture de pente.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions Le transport du charbon aux Boines et Serre-Leycon
Qu’était la concession des Boines et Serre-Leycon ?
Il s’agissait d’un site d’exploitation minière situé dans le bassin de la Matheysine, en Isère. Ces concessions jouaient un rôle crucial dans l’économie charbonnière du Dauphiné au XXe siècle, nécessitant une logistique complexe pour acheminer le minerai extrait des profondeurs vers les centres de tri ou les voies ferrées.
À quoi servait le « télébenne » ?
Le télébenne était un système de transport par câble aérien. Dans une topographie escarpée comme celle du Dauphiné, il permettait d’acheminer efficacement le charbon depuis les puits d’extraction (souvent situés sur des reliefs accidentés) vers les zones de traitement ou de stockage en contrebas, en évitant les contraintes liées au relief et au manque de routes carrossables pour les camions de l’époque.
Pourquoi ne reste-t-il plus aucune trace des installations aujourd’hui ?
Après la fermeture des mines, la plupart des structures métalliques (pylônes, rails, gares de départ) ont été démantelées. Le métal était une ressource précieuse, souvent récupérée pour être recyclée. Le passage du temps, la végétation et le réaménagement des terrains ont fini par effacer les dernières traces physiques, rendant ces sites méconnaissables pour les non-initiés.
Pourquoi est-il important de documenter ces lieux disparus ?
Même sans ruines visibles, ces lieux portent la mémoire des hommes qui y ont travaillé. Documenter ces sites permet de conserver une trace de l’activité industrielle qui a façonné le paysage social et géographique de la Matheysine. C’est un travail de « mémoire vive » pour les générations futures.
Comment peut-on identifier l’emplacement exact de ces anciennes installations ?
L’identification repose aujourd’hui sur le croisement de plusieurs sources : les archives des concessions minières, les anciennes cartes d’état-major, la photogrammétrie aérienne (qui permet de voir des anomalies dans le terrain) et, parfois, le recueil de témoignages d’anciens mineurs ou habitants du secteur.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
1. Le site de référence incontournable
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Mine Image (La Motte-d’Aveillans)
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Pourquoi : C’est le musée de la mine de la Matheysine par excellence. Ils possèdent les collections et les archives les plus complètes sur les concessions minières du secteur.
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2. Bases de données patrimoniales et officielles
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POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) – Ministère de la Culture
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Pourquoi : Tu peux y effectuer des recherches sur les dossiers d’inventaire du patrimoine industriel de l’Isère. C’est une source fiable pour les notices historiques sur les concessions minières.
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Archives Départementales de l’Isère
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Pourquoi : Pour les lecteurs souhaitant consulter des documents originaux, plans cadastraux ou archives administratives sur les concessions de charbon (notamment les fonds de la concession des Boines).
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3. Patrimoine Industriel (Approche nationale)
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CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
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Pourquoi : C’est l’association de référence en France pour la sauvegarde du patrimoine industriel. Elle permet de donner une dimension nationale à ton article sur les télébennes et le transport de minerai.
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4. Contexte local et historique
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Matheysine Tourisme (Patrimoine)
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Pourquoi : Utile pour donner un aspect touristique aux lieux cités et montrer comment ce patrimoine minier est aujourd’hui valorisé dans les itinéraires de randonnée ou de découverte.
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Bibliographie
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).
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Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.
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Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).
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Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).
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L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
Au cœur du Dauphiné, le paysage porte encore les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À La Motte d’Aveillans, sur le site des Signaraux, se cachent les vestiges de la mine des Boines. Si aujourd’hui le calme des pâturages a repris ses droits, ces galeries, autrefois synonymes d’espoir économique, racontent l’histoire d’une exploitation minière aux conditions extrêmes.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère) |
| Altitude | Environ 1 300 mètres |
| Type d’exploitation | Mine de charbon (artisanale puis industrielle) |
| Concession | Octroyée en 1834 |
| Veines identifiées | Henriette, Trois Bancs |
| Principales contraintes | Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée |
| Infrastructures | 7 galeries, télébenne, station de lavage |
| Fin d’activité | 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur) |
Malgré nos recherches dans les fonds des Archives Départementales (série S), la documentation relative aux Boines demeure parcellaire. Ce silence relatif des archives est en soi révélateur : il témoigne du caractère modeste et éphémère de cette exploitation, qui n’a pas laissé la trace administrative ou industrielle des grandes concessions voisines. Les dates mentionnées dans cet article proviennent du fonds d’archives de la Mine image.
Les mines des Boines : l’histoire oubliée d’une exploitation de haute altitude
Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.
Historique de la concession
La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.
L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.
Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »
La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.
Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.
Une activité minière précoce
Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.
Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Géologie et déconvenues minières
Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.

Acte notarié de 1891 instituant le changement de propriétaire de la concession des mines des Boines. Un document historique témoignant de l’officialisation de l’exploitation charbonnière. (Archive de la Mine Image)
Le déclin et l’échec commercial
L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.
Foire Aux Questions la concession des Boines l’historique
1. Qu’est-ce que le site des Boines et pourquoi est-il important ?
Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.
2. Quelles sont les traces qu‘il reste de cette activité minière aujourd’hui ?
Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.
3. Les mines des Boines sont-elles ouvertes au public ?
La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.
4. Existe-t-il des archives sur l’histoire de ces mines ?
Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
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La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
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Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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Le Puits du Villaret : Le cœur battant de l’anthracite dauphinois
Si vous vous promenez aujourd’hui du côté de Susville, sur le plateau matheysin, le silence a remplacé le fracas des machines. Pourtant, sous vos pieds et devant vos yeux, se dressait il n’y a pas si longtemps l’un des sites industriels les plus modernes d’Europe : le Puits du Villaret.
Plus qu’une simple mine, le Villaret fut le véritable poumon économique de la région, le point de rencontre entre le courage des gueules noires et la technologie ferroviaire. Retour sur l’histoire de ce géant de béton et d’acier.
Dernier bastion de l’extraction charbonnière sur le plateau matheysin, le Puits du Villaret à Susville incarne à lui seul la modernisation et le crépuscule des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD). Du fonçage innovant par congélation des sols en 1948 jusqu’à la remontée ultime du 28 mars 1997, ce site a marqué un demi-siècle d’histoire industrielle. Retour sur la trajectoire de ce puits emblématique, témoin de l’apogée des rendements, des tragédies souterraines et de la patrimonialisation d’une mémoire ouvrière désormais inscrite dans le paysage isérois.
Informations pratiques
| Catégorie | Description |
| Nom du site | Puits du Villaret |
| Localisation | Susville (Isère), Plateau Matheysin |
| Altitude | 903 m (au niveau du carreau) |
| Exploitant | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Type de minerai | Anthracite (Charbon) |
| Période d’activité | 1952 – 1997 (45 ans d’exploitation) |
| Profondeur totale | 560 mètres (fond à l’étage 343) |
| Diamètre du puits | 6,50 mètres |
| Construction | 1948-1952 (Technique de congélation des sols) |
| État actuel | Puits remblayé, Chevalement conservé (Patrimoine) |

Le puits du Villaret en 2018, arborant sa teinte brun rouge caractéristique et la fresque commémorative réalisée en 2015.
1. Identité et Caractéristiques Techniques
Le Puits du Villaret, exploité par les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), fut opérationnel de 1953 à 1997. Il se distinguait par ses dimensions imposantes adaptées à une exploitation moderne :
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Fonction : Il servait principalement à la circulation du personnel (descente des mineurs) et du matériel, ainsi qu’à la remontée des stériles (roches sans charbon) via des berlines de 3000 litres.
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Altitude en surface : Le « carreau » de la mine (l’entrée) se situe à environ 903 mètres d’altitude.
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Profondeur totale : Le puits descend jusqu’à l’étage 343 (altitude par rapport au niveau de la mer). La profondeur totale du trou est donc d’environ 560 mètres.
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Note sur votre texte précédent : Vous mentionniez « 270 mètres ». Il est possible que ce chiffre corresponde à un premier palier ou à la profondeur d’un étage intermédiaire spécifique (l’étage 630 par exemple), mais le fond du puits est bien plus bas pour permettre l’accès aux couches profondes d’anthracite.
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Diamètre : C’est un puits large de 6,50 mètres de diamètre, dimensionné pour permettre une ventilation importante et le passage de grosses cages.
Le Puits du Villaret était le puits le plus moderne du bassin et le centre névralgique de l’extraction jusqu’à la fermeture.
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Rôle central (Extraction et Service) : Contrairement à d’autres puits qui ne servaient qu’à l’aérage (ventilation), le Villaret était un puits « polyvalent ». Il servait à :
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La descente du personnel : Les mineurs (les « gueules noires ») empruntaient la cage pour rejoindre les galeries (le « fond »).
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L’extraction du charbon : C’était sa fonction principale. Il remontait les wagonnets pleins d’anthracite vers la surface.
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L’approvisionnement : Descente du matériel lourd, des bois de soutènement, etc.
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La Machinerie :
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Le Chevalement : La tour métallique visible de l’extérieur (haute d’environ 50 mètres) sert à soutenir les molettes (les grosses roues) sur lesquelles passent les câbles.
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La Machine d’extraction : Située dans le bâtiment au pied du chevalement, elle actionnait un énorme treuil (tambour) sur lequel s’enroulaient les câbles. C’était l’un des treuils les plus puissants du bassin.
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Les Cages : Le puits était équipé de cages à plusieurs étages (plateaux), permettant de transporter beaucoup d’hommes ou de wagonnets en un seul voyage, optimisant ainsi le rendement.
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Modernisation : Mis en service dans les années 50, il a progressivement remplacé les puits plus anciens (comme le Puits des Rioux à Prunières) pour concentrer la remontée du charbon en un point unique, plus efficace.

Rare cliché de 1953 montrant le chevalement provisoire utilisé pour les opérations de fonçage (creusement), avant l’édification de la tour définitive.
2. Construction et Innovation (1948-1953)
Le fonçage du puits a représenté un défi majeur pour l’époque en raison de la nature géologique du plateau de Susville.
. Le Contexte : La modernisation d’après-guerre
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France est en pleine reconstruction et a une soif immense d’énergie. Les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) décident de moderniser l’extraction pour augmenter les rendements. L’objectif est de remplacer les petits puits vieillissants par un grand puits moderne, capable de centraliser la production : ce sera le Villaret.
. Le défi géologique : Un sol « impossible »
Le choix de l’emplacement à Susville se heurte à un obstacle majeur. Les 60 premiers mètres du sous-sol sont constitués d’alluvions gorgées d’eau et de sables mouvants (nappes aquifères).
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Le risque : Creuser de manière traditionnelle aurait provoqué l’effondrement immédiat des parois et l’inondation du chantier.
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La solution : Les ingénieurs doivent recourir à une technique de génie civil rare et coûteuse : la congélation des sols.
. Les étapes du chantier (1946 – 1952)
Phase 1 : La préparation et la congélation (dès 1946)
C’est la phase la plus délicate. On ne creuse pas encore le trou central.
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On fore une couronne de 20 à 30 petits trous tout autour du futur emplacement du puits.
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On y insère des tubes dans lesquels circule une saumure (eau salée) refroidie à très basse température (environ -25°C).
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Lentement, l’eau contenue dans la terre gèle. Au bout de plusieurs semaines, un cylindre de glace (un mur étanche) se forme dans le sol.
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Note historique : C’est durant ces travaux préparatoires (percement de galeries annexes ou travers-bancs) que survient l’accident tragique de janvier 1946.
Phase 2 : Le fonçage (creusement)
Une fois le sol gelé et dur comme du béton :
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Les mineurs peuvent creuser le puits (le fonçage) à l’intérieur de ce cylindre de glace, à l’abri des inondations.
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Le diamètre est large : 6,5 mètres.
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À mesure qu’ils descendent, ils posent un cuvelage (un revêtement) en béton armé ou en fonte pour rendre le puits définitivement étanche une fois que la glace fondra.
Phase 3 : L’équipement de surface (Le « Jour »)
Pendant que le trou descend vers 500 mètres :
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On construit le chevalement : C’est la tour métallique emblématique (souvent peinte en brun-rouge plus tard). Contrairement aux vieux chevalements en maçonnerie ou en treillis fins, celui du Villaret est une structure moderne à âme pleine (tôles pleines), conçue pour supporter de lourdes charges.
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On bâtit la « recette » (le bâtiment où arrivent les cages), la salle des machines (pour le treuil) et les installations de triage du charbon.
. Mise en service
Le puits est opérationnel au début des années 1950 (vers 1952). Il représente alors le sommet de la technologie minière :
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Ascenseurs rapides.
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Capacité de remonter des tonnes de charbon en un temps record.
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Ventilation puissante pour les galeries du fond.
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Immersion au cœur du puits du Villaret en 2015 : la cage d’ascenseur, photographiée peu avant le démantèlement des installations intérieures.
3. L’Âge d’Or de la Production
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La période : Les « Trente Glorieuses » de la mine (1955-1975)
Si le puits entre en service au début des années 50, son âge d’or se situe véritablement entre 1955 et 1975. C’est l’époque où la France a un besoin vital d’énergie pour sa reconstruction et son essor industriel. Le charbon est roi, et l’anthracite de La Mure (réputé comme l’un des meilleurs du monde pour sa pureté) est très demandé.
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Avant le Villaret : L’extraction était dispersée sur plusieurs petits puits (Puits des Rioux, Puits Sainte-Marie, etc.).
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Avec le Villaret : Tout change. Le Puits du Villaret devient le « Siège d’extraction unique ». Grâce à des galeries souterraines de liaison (tunnels reliant les différents secteurs sous terre), le charbon abattu dans d’autres zones du bassin était acheminé sous terre jusqu’au Villaret pour être remonté à la surface.
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Conséquence : Il devient le centre névralgique. Les autres puits sont relégués à l’aérage (ventilation) ou au service, tandis que le Villaret « crache » la production de tout le bassin.
Une stratégie clé : La « Concentration »
L’âge d’or du Villaret correspond à la mise en place d’une stratégie industrielle appelée la concentration.
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Modernisation et rendement record
Durant cette période, le Villaret est la vitrine technologique des HBD (Houillères du Bassin du Dauphiné).
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Mécanisation : Au fond, le travail au pic cède la place aux machines (haveuses, rabots).
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Logistique de pointe : Le puits est équipé de cages modernes à plusieurs étages permettant de remonter des trains entiers de wagonnets (berlines) très rapidement. La machine d’extraction en surface tourne à plein régime.
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Production : C’est à cette époque que les tonnages sont les plus élevés. On parle de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’anthracite par an remontées par ce seul goulot.
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L’effervescence humaine et sociale
L’âge d’or du puits, c’est aussi l’âge d’or de Susville.
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Une fourmilière : À chaque changement de poste (les 3×8), des centaines de mineurs affluent vers le carreau de la mine, passent à la lampisterie et à la salle des pendus.
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Diversité : C’est l’époque où la main-d’œuvre est très cosmopolite. Aux mineurs locaux s’ajoutent les vagues d’immigration italienne, polonaise, puis maghrébine, tous réunis par le travail au Villaret.
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La vie autour du puits : Les cités minières autour du Villaret sont pleines de vie, rythmées par le bruit de la molette et la sirène de la mine.
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La fin de l’âge d’or
Le déclin de cet âge d’or s’amorce avec deux événements :
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Le drame de 1971 : L’accident mortel marque les esprits et rappelle la dangerosité accrue par l’intensification de la production.
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Le changement de politique énergétique (1974) : Avec le choix du nucléaire par la France et la difficulté croissante d’extraire le charbon dans des couches géologiques complexes, la rentabilité baisse. Le Villaret continuera de tourner jusqu’en 1997, mais l’époque de l’expansion et de l’embauche massive est révolue dès la fin des années 70.
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L’explosion de 1971 : Le 4 mai 1971, vers 17h30, une galerie est soufflée par un dégagement instantané de gaz carbonique accompagné d’une projection de charbon. Le bilan humain est lourd : 5 mineurs décèdent (Gaston Rivet, Milo Arnoldi, Martial Troussier, Roland Robert, André Julien) et 3 sont portés disparus dans un premier temps. L’intervention des secours sera périlleuse, intoxiquant légèrement quatre sauveteurs.

Le cœur du système de levage en 2015 : le treuil mécanique, élément indispensable au fonctionnement de l’ascenseur, photographié avant la destruction des intérieurs.
4. La Fin d’une Époque (1997)
. La date historique : 28 mars 1997
C’est la date officielle de l’arrêt de l’extraction. Ce jour-là ne marque pas seulement la fermeture du puits du Villaret, mais la fin définitive de l’exploitation charbonnière dans tout le Dauphiné. Après des siècles d’histoire (depuis le Moyen Âge), l’activité s’arrête net.
. La cérémonie de la « Dernière Berline »
La fermeture a été marquée par une cérémonie empreinte d’une lourde émotion, mélange de fierté et de tristesse.
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Le symbole : Une dernière berline (wagonnet) a été symboliquement remontée du fond.
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La décoration : Elle était souvent peinte, décorée de drapeaux ou de messages d’adieu (ex: « C’est fini », « Dernière remontée »).
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Les acteurs : Les mineurs étaient présents en tenue de travail, casque sur la tête, accompagnés de leurs familles, des élus et des anciens. C’était un moment de communion pour dire adieu à leur métier.
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Le geste : La remise des lampes. Le moment où les mineurs rendent leur lampe à la lampisterie est le symbole ultime de la fin du travail.
. Les raisons de la fermeture
En 1997, le puits ne ferme pas parce qu’il n’y a plus de charbon (il reste des réserves considérables sous terre), mais pour des raisons économiques et politiques :
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Le Pacte Charbonnier (1994) : Un accord national prévoyait la fermeture progressive de toutes les mines de France (Charbonnages de France) car le charbon français coûtait trop cher à extraire par rapport au charbon importé ou aux autres sources d’énergie (nucléaire).
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La géologie difficile : Les couches de La Mure étaient faillées, verticales, difficiles à mécaniser, rendant l’extraction pénible et coûteuse.
. La mise en sécurité et le démantèlement
Après la fête, place à la « mise au tombeau » technique du puits.
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Le bouchage : On ne laisse pas un trou de 500 mètres béant. Le puits a été comblé (remblayé) avec des matériaux stériles et du béton pour éviter les effondrements futurs et sécuriser la surface. Une dalle de béton scelle l’entrée.
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La destruction des bâtiments : Une grande partie des installations de surface (le lavoir, les bâtiments de triage, les tapis roulants) a été démantelée et ferraillée dans les mois/années qui ont suivi.
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La sauvegarde du Chevalement : Contrairement à d’autres sites où tout a été rasé, le chevalement (la tour) du Villaret a été conservé grâce à la mobilisation locale. Il est devenu un « monument historique » témoin, un repère visuel dans le paysage pour ne pas oublier.
. Le traumatisme social
Pour Susville et La Mure, 1997 est une rupture brutale.
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C’est la perte du principal employeur de la zone.
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C’est un changement d’identité : le territoire doit se réinventer, passant d’un territoire industriel « noir » à un territoire touristique et résidentiel « vert ».
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
5. Patrimoine et Mémoire
Le 28 mars 1997 : Le silence après le vacarme
L’histoire séculaire de la mine en Matheysine s’achève officiellement le vendredi 28 mars 1997. Ce jour-là, au Puits du Villaret, l’émotion est palpable lorsque la « dernière berline » remonte du fond, saluée par une haie d’honneur de gueules noires, les yeux souvent embués de larmes. Ce n’est pas seulement un puits qui ferme, mais un mode de vie qui s’éteint.
Condamné par le Pacte Charbonnier national de 1994 face à la concurrence internationale et au choix du nucléaire, le site, pourtant encore riche en anthracite, cesse toute activité. Dans les mois qui suivent, le puits est remblayé et scellé par une dalle de béton, et les installations de triage sont démantelées. Seul le chevalement métallique sera sauvé de la destruction, se dressant désormais comme une sentinelle silencieuse en mémoire des hommes qui ont bravé les entrailles de la terre.
Contrairement à de nombreux sites miniers totalement rasés, le Villaret a bénéficié d’une valorisation patrimoniale remarquable :
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Conservation : Si le site a été partiellement démantelé, son chevalement (la tour métallique) a été préservé, devenant un repère visuel majeur dans le paysage.
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Reconnaissance : Il a reçu le label « Patrimoine en Isère » en 2008.
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Mise en valeur : Le chevalement a été repeint et doté d’un système d’illumination en 2009. En 2015, une fresque a été ajoutée, ancrant davantage ce monument industriel dans la mémoire collective de la Matheysine.
Foire Aux Questions Puits du Villaret
1 – Où se situe exactement le Puits du Villaret ?
Le puits est situé sur la commune de Susville (38350), en Isère, au cœur du plateau matheysin. Il est souvent associé à la ville voisine de La Mure, centre historique du bassin minier, mais se trouve bien physiquement à Susville.
Le puits est situé sur la commune de Susville (38350), en Isère, au cœur du plateau matheysin. Il est souvent associé à la ville voisine de La Mure, centre historique du bassin minier, mais se trouve bien physiquement à Susville.
Peut-on visiter l’intérieur du Puits du Villaret ?
Non, il n’est plus possible de descendre sous terre. Depuis l’arrêt de l’exploitation en 1997, le puits a été remblayé (bouché) et scellé par une dalle de béton pour des raisons de sécurité. Cependant, le site est accessible en extérieur pour admirer le chevalement (la tour métallique) et la fresque commémorative. Pour une visite souterraine, il faut se tourner vers le musée La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.
Quelle profondeur atteignait le puits ?
Le Puits du Villaret descendait jusqu’à une profondeur totale d’environ 560 mètres. Il desservait plusieurs étages d’extraction et constituait l’accès principal aux gisements d’anthracite les plus profonds du bassin.
Pourquoi le chevalement est-il peint en brun rouge ?
Cette couleur est caractéristique de la protection antirouille utilisée sur les structures métalliques industrielles. Elle est devenue emblématique du site. En 2015, une fresque artistique représentant des visages de mineurs a été ajoutée à la base du chevalement pour rendre hommage aux travailleurs.
Quand le Puits du Villaret a-t-il fermé ?
L’extraction a officiellement cessé le 28 mars 1997. Cette date marque non seulement la fermeture du Villaret, mais aussi la fin définitive de l’exploitation charbonnière dans tout le Dauphiné.
Comment le puits a-t-il été creusé dans un sol gorgé d’eau ?
La construction (1948-1952) a nécessité une technique spéciale de congélation des sols. Les ingénieurs ont créé un mur de glace artificiel autour de la zone de creusement pour stabiliser les sables mouvants et les infiltrations d’eau sur les 60 premiers mètres de profondeur.
2 – Peut-on visiter l’intérieur du Puits du Villaret ?
Non, il n’est plus possible de descendre sous terre. Depuis l’arrêt de l’exploitation en 1997, le puits a été remblayé (bouché) et scellé par une dalle de béton pour des raisons de sécurité. Cependant, le site est accessible en extérieur pour admirer le chevalement (la tour métallique) et la fresque commémorative. Pour une visite souterraine, il faut se tourner vers le musée La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.
3 – Quelle profondeur atteignait le puits ?
Le Puits du Villaret descendait jusqu’à une profondeur totale d’environ 560 mètres. Il desservait plusieurs étages d’extraction et constituait l’accès principal aux gisements d’anthracite les plus profonds du bassin.
4 – Pourquoi le chevalement est-il peint en brun rouge ?
Cette couleur est caractéristique de la protection antirouille utilisée sur les structures métalliques industrielles. Elle est devenue emblématique du site. En 2015, une fresque artistique représentant des visages de mineurs a été ajoutée à la base du chevalement pour rendre hommage aux travailleurs.
5 – Quand le Puits du Villaret a-t-il fermé ?
L’extraction a officiellement cessé le 28 mars 1997. Cette date marque non seulement la fermeture du Villaret, mais aussi la fin définitive de l’exploitation charbonnière dans tout le Dauphiné.
6 – Comment le puits a-t-il été creusé dans un sol gorgé d’eau ?
La construction (1948-1952) a nécessité une technique spéciale de congélation des sols. Les ingénieurs ont créé un mur de glace artificiel autour de la zone de creusement pour stabiliser les sables mouvants et les infiltrations d’eau sur les 60 premiers mètres de profondeur.
Poursuivez votre exploration
« Plongez dans l’épopée minière du Plateau Matheysin » « Découvrez l’histoire du terril du Puits du Villaret, le plus récent du Plateau Matheysin »
Découvrez aussi l’exploitation du terril
Sources et sites officiels
. Les Institutions Muséales Locales (Incontournables)
Pour ancrer le sujet dans le territoire et le tourisme de mémoire.
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La Mine Image (Musée Souterrain)
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Lien : https://www.mine-image.com/
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Pourquoi : C’est le musée de référence situé à La Motte-d’Aveillans (juste à côté de Susville). Il complète parfaitement l’article en proposant la visite des galeries que le lecteur vient de découvrir historiquement.
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Musée Matheysin
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Lien : https://musee-matheysin.fr/
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Pourquoi : Situé à La Mure, il conserve de nombreuses archives et objets liés à la vie quotidienne autour des mines (contexte social).
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2. Archives et Documents Audiovisuels (Sources Primaires)
Pour donner à voir l’événement historique mentionné dans votre page (la fermeture).
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INA (Institut National de l’Audiovisuel) – Journal télévisé de 1997
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Lien : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/lyc97032812/fermeture-des-mines-de-la-mure
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Pourquoi : C’est le reportage d’époque exact sur la fermeture des mines de la Mure le 28 mars 1997. Il montre les dernières remontées au Puits du Villaret. C’est le complément parfait à votre paragraphe de fin.
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3. Contexte National et Institutionnel
Pour élargir le sujet au cadre juridique et national des mineurs.
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ANGDM (Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs)
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Lien : https://www.angdm.fr/
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Pourquoi : L’organisme qui a succédé à Charbonnages de France pour la gestion de l’après-mine (droits sociaux, logement, santé). Lien institutionnel très fort pour un article historique.
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Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT)
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Lien : https://archives-nationales-travail.culture.gouv.fr/
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Pourquoi : C’est à Roubaix que sont conservées les archives centrales de Charbonnages de France. Un lien utile pour les chercheurs qui voudraient approfondir les aspects administratifs des Houillères du Dauphiné.
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4. Géologie et Technique
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Mindat (Fiche Minérale – Anthracite La Mure)
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Lien : https://www.mindat.org/loc-20677.html
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Pourquoi : Site de référence international (en anglais, mais accessible) pour la minéralogie. La fiche « La Mure » permet de valider techniquement la qualité de l’anthracite extraite au Villaret.
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Bibliographie
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1. Les Monographies de Référence (Incontournables)
Ces ouvrages sont les piliers de l’historiographie du bassin matheysin.
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PERRIN (Yves), Les Hommes du charbon : histoire des mineurs du bassin de La Mure, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble (PUG), 1996.
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Note : C’est la « bible » absolue sur le sujet. Yves Perrin couvre toute la période sociale et technique. Indispensable pour contextualiser la fermeture de 1997.
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GUIBBERT (Pierre), La Mure, l’anthracite, Éditions du Musée Dauphinois, 1992.
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Note : Ouvrage souvent édité en lien avec des expositions, très riche iconographiquement et validé par les conservateurs locaux.
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2. Histoire Technique (Spécifique Puits du Villaret)
Pour justifier les détails sur le fonçage et l’ingénierie.
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Revue de l’Industrie Minérale (RIM), Numéros spéciaux sur les techniques de fonçage, Années 1948-1955.
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Note : Si vous devez citer le fonçage par congélation, c’est la source primaire. Bien que difficile à trouver en librairie (disponible aux archives ou écoles des mines), c’est la référence qui valide l’aspect ingénierie du Villaret.
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CHARBONNAGES DE FRANCE, Rapports annuels des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Note : Les rapports d’activité des années 1980-1990 détaillent les rendements spécifiques du Villaret avant la fermeture.
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3. Mémoire et Patrimoine (Approche visuelle et sociale)
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COLLECTIF, Mineurs de fond : La Mure, 50 ans de photographies, Éditions Glénat / Le Dauphiné Libéré, 1997.
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Note : Sorti l’année même de la fermeture du Villaret. C’est une source précieuse pour illustrer l’ambiance de fin de règne du puits.
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4. Sources Universitaires (Pour aller plus loin)
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SAADI-MOKRANE (Djamila), L’impact de la fermeture des mines sur la population de La Mure, Thèse ou Mémoire de recherche, Université de Grenoble, années 2000.
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Note : Utile si vous souhaitez étendre votre article aux conséquences sociologiques de la fermeture du Puits du Villaret sur la ville de Susville et alentours.
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