
Mine des Boines : l‘histoire oubliée de l’extraction en Isère
Plongez au cœur du Dauphiné, à La Motte d’Aveillans, pour découvrir les vestiges fascinants de la mine des Boines et comprendre l’épopée industrielle méconnue de cette exploitation minière artisanale.
Au cœur du Dauphiné, les hauteurs de La Motte-d’Aveillans abritent encore les cicatrices d’une épopée industrielle méconnue : la mine des Boines. Entre vestiges de grattages artisanaux et anciennes galeries, plongez dans l’histoire fascinante de cette exploitation minière de montagne, témoin d’un passé où le travail acharné des hommes se heurtait à la complexité géologique de la Matheysine.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom du site | Concession des Boines |
| Localisation | La Motte-d’Aveillans, Isère (Dauphiné) |
| Type d’exploitation | Mine artisanale (charbon) |
| Vestiges visibles | Alignements de grattage, traces d’extraction |
| État des lieux | Site archéologique / Patrimoine industriel |
| Période d’activité | XIXe – XXe siècle (période historique) |
| Type de patrimoine | Patrimoine minier dauphinois |
Définition technique et historique
Le « grattage » désigne une modalité d’exploitation artisanale, pré-industrielle ou para-industrielle, consistant à extraire le charbon (ici l’anthracite) directement à son point d’émergence en surface. Contrairement à la mine souterraine, cette pratique ne nécessite aucun percement de puits ou de galeries complexes. Le mineur-paysan exploite la « tête de couche » là où elle « affleure » — c’est-à-dire là où les mouvements tectoniques ou l’érosion ont ramené la veine de charbon au contact direct de la couche arable ou du sous-sol immédiat.
Méthodologie d’exploitation : Le processus opératoire
La méthodologie mise en œuvre par les mineurs-paysans (souvent des exploitants saisonniers pratiquant la « pluriactivité ») repose sur une technique de déblaiement séquentiel :
1. Prospection empirique (Le repérage)
Le mineur-paysan utilise sa connaissance fine du terrain. Il repère l’affleurement grâce :
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Aux indices de surface : Les « suintements » de charbon dans les talus, les berges de ruisseaux ou les zones où la végétation est chétive (le charbon rendant le sol moins propice à certaines cultures).
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À l’héritage oral : La transmission de savoirs sur les zones de « terre noire » ou de « terre grasse ».
2. Le « découverture » (Le décapage)
C’est l’étape la plus physique. Le mineur procède à l’enlèvement des morts-terrains (terre végétale, roches altérées, éboulis).
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Technique : Création d’une tranchée perpendiculaire ou parallèle à la direction de la couche.
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Outils : La bêche, la pioche, la barre à mine, et parfois l’usage de coins en fer pour disloquer les bancs de roche encaissante.
3. L’extraction (Le « grattage » proprement dit)
Une fois la veine mise à nu, le mineur procède par abattage manuel :
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Il « gratte » le charbon à la pointe du pic ou de la pointerolle.
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L’anthracite, étant un charbon très dur, nécessite souvent un travail de levier important pour extraire les blocs.
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Le tri se fait in situ : le mineur écarte la « stérile » (la roche stérile) qu’il rejette immédiatement dans la partie déjà exploitée de la tranchée (prémices du remblayage).
4. Le front de taille évolutif
La méthode est rarement stationnaire. Le mineur suit la veine tant que la couverture (le poids des terres au-dessus) reste gérable à la force humaine. Dès que la profondeur devient trop importante ou que l’instabilité des parois menace (risques d’éboulements), la tranchée est abandonnée. On assiste alors à un « grignotage » horizontal de la colline ou du flanc de coteau.
Caractéristiques socio-historiques à souligner
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Le caractère opportuniste : C’est une extraction « au besoin », souvent destinée à l’autoconsommation domestique ou à un marché local très restreint (forge du village, chauffage).
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Le faible investissement en capital : L’absence d’infrastructure (pas d’exhaure, pas d’aérage, pas d’extraction mécanique) rend cette méthode très flexible, mais extrêmement limitée en termes de productivité.
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L’impact paysager : Ces grattages laissent des cicatrices durables, des « chablis » de terre et des petites excavations que les géologues et historiens identifient aujourd’hui comme des « puits de renard » ou des « tranchées d’affleurage ».
Les traces d’exploitation.
1. La morphologie en « cuvette » : une gestion du stérile
La forme en cuvette que vous observez est la signature topographique du remblaiement immédiat.
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Dans une couche de 50 cm, le ratio stérile/charbon est souvent défavorable dès que l’on dépasse quelques mètres de profondeur.
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Le mineur-paysan, pour ne pas encombrer l’espace de travail exigu, rejette les déblais derrière lui au fur et à mesure qu’il avance.
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La « cuvette » résulte de ce mouvement de balancier : le mineur « suit » la couche en décaissant une bande étroite, puis en comblant l’arrière, créant ces micro-dépressions circulaires ou elliptiques. Avec le temps, le tassement des remblais et l’érosion des lèvres de l’excavation accentuent cet aspect de cuvette fermée.
2. Le défi des 50 cm : l’exploitation « en taille montante »
Avec une puissance aussi faible, l’accès à la veine est un défi physique majeur. La méthodologie imposée par cette étroitesse est la suivante :
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Le travail « à genoux » ou « à plat ventre » : Contrairement à la mine souterraine structurée, le mineur-paysan ne peut pas créer de galerie haute. Il doit extraire la couche en « découvrant » le toit sur une largeur minimale (suffisante pour passer les épaules et le pic).
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L’exploitation par « saut de mouton » : Dans un terrain tourmenté, la couche est souvent disloquée par des failles ou des plis. Le mineur ne suit pas une ligne droite ; il « saute » d’une cuvette à l’autre en suivant la trace du charbon qui affleure à nouveau quelques mètres plus loin après un rejet de faille. C’est ce qui explique le caractère discontinu et répétitif des cuvettes sur le terrain.
3. La gestion du terrain tourmenté (tectonique complexe)
La complexité géologique (plis, failles, miroirs de faille) est ici une aubaine pour le mineur-paysan, bien que cela semble contre-intuitif :
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L’avantage de la fracturation : Dans une couche de 50 cm d’anthracite, le charbon est souvent « broyé » ou « charrié » par les mouvements tectoniques. Le mineur-paysan privilégie les zones où la couche est « redressée » ou « en charnière de pli », car le charbon y est plus facile à décoller de la roche encaissante (le toit et le mur se séparent mieux).
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La stratégie de l’affleurement localisé : Le mineur utilise la topographie pour minimiser l’effort. Il choisira de creuser dans le flanc d’un vallon (talweg) plutôt que sur une crête, car le vallon offre une section de la veine déjà exposée par l’érosion, réduisant la quantité de morts-terrains à décaper.
4. Une densité remarquable de cuvettes
L’observation du terrain sur certains secteurs des Boines est frappante : on y note une densité très élevée de cuvettes, qui ne doivent rien au hasard. Cette concentration n’est pas fortuite ; elle est le témoin d’une méthode d’extraction sélective. Dans ces zones spécifiques, le mineur-paysan n’a pas seulement creusé quelques puits isolés, il a littéralement « peigné » la veine de charbon.
Chaque cuvette correspond à un point de prélèvement. Ces dépressions circulaires, souvent rapprochées, révèlent une stratégie de recherche tâtonnante mais systématique : dès qu’une veine affleurait, elle était exploitée jusqu’à sa limite technique, avant que le mineur ne se déplace de quelques mètres pour recommencer, créant ce paysage « en chapelet » si caractéristique des secteurs les plus riches du site.
5. L’absence de terrils : la preuve d’une gestion économe
Un élément vient confirmer la nature artisanale et minutieuse de ces travaux :
Dans l’industrie minière classique, l’ouverture d’une galerie ou d’une carrière s’accompagne systématiquement de « haldes » ou terrils, ces amas de roches stériles rejetées à l’extérieur. Ici, rien de tel. Cette absence confirme que nous sommes face à un travail de précision. Le mineur, contraint par la rareté de l’espace cultivable en montagne, ne pouvait pas se permettre de gaspiller la surface agricole en y déversant des déblais.
La technique était donc celle du remblayage systématique.

Témoignage de l’activité minière artisanale : vestige d’un grattage sur le site des Boines (2023).
La stratégie de segmentation de l’espace minier.
1. La zone « tout-galerie » (Le secteur de continuité)
La présence de 6 galeries sans grattages suggère une zone où :
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La puissance et l’inclinaison sont favorables : La couche est sans doute plus régulière, peut-être un peu plus épaisse ou à une inclinaison permettant un dépilage en souterrain.
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Le passage sous le seuil critique : Ici, le mort-terrain (la couverture) est devenu trop épais pour être retiré à la main (le « découverture » à ciel ouvert coûterait trop cher en énergie humaine). Le mineur a donc « chassé » la veine sous le massif : c’est le passage rationnel de la carrière à la mine souterraine.
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Rationalisation : 6 galeries sur un même secteur suggèrent une exploitation plus intensive, peut-être une petite concession ou un groupe d’exploitants mutualisant les moyens (aérage, évacuation des eaux).
2. La zone « hybride » (Grattages + galeries) : La zone de « recherche tâtonnante »
La coexistence de 6 grattages et 2 galeries est le témoin d’un gisement « en lambeaux » (tectonique complexe, failles inverses, redoublement de couches).
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Le grattage comme outil de prospection : Dans ce type de zone, les 6 grattages ont sans doute servi à « tâter » le terrain pour retrouver le prolongement de la couche après une faille. Le mineur gratte, perd la veine, gratte à nouveau 20 mètres plus loin.
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L’échec de la galerie : Les 2 galeries présentes sont probablement des tentatives de suivre la couche en profondeur, mais qui ont été rapidement abandonnées. Soit parce que la faille a coupé la veine (la galerie « tape dans le stérile »), soit parce que la couche s’amincissait en dessous de 50 cm, rendant le soutènement trop coûteux par rapport au rendement.
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Le « picorage » : Cette zone est celle du mineur-paysan qui « picore » les restes tectoniques. Il ne cherche pas à créer une mine durable, il cherche à extraire tout ce qui est accessible à moindre coût.
3. Hypothèse : La contrainte de la puissance
La limite des 50 cm est le facteur clé. En histoire minière, on appelle cela l’exploitation en « couche mince ».
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Dans les galeries : À 50 cm, il est impossible de se tenir debout. Le mineur travaille en « taille rasante ». Le fait que vous ayez des galeries est en soi un exploit technique : cela implique une maîtrise du boisage pour éviter l’effondrement dans un terrain dont la faible hauteur ne laisse aucune marge d’erreur.
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Dans les grattages : L’absence de terril est le point crucial. Si vous ne voyez pas de haldes, c’est que le stérile était remblayé dans l’excavation précédente. C’est une technique de « mine à ciel ouvert tournante ».
La stratégie d’exploitation de la Combe Noire.
1. La Zone « Tout Galeries » (L’exploitation rationnelle)
La présence de 6 galeries sans grattages indique une zone de continuité.
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La logique : Le gisement y est probablement plus stable, avec un pendage (inclinaison) régulier. Le mineur a identifié que le « jeu en vaut la chandelle » : la couche est suffisamment puissante ou régulière en profondeur pour justifier l’investissement lourd (en temps et en boisage) que représente une galerie.
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Pourquoi pas de grattages ? Soit la couverture (le mort-terrain) est trop épaisse pour être dégagée à la main (le mineur est contraint d’entrer directement en terre), soit la couche est « propre » dès le départ. C’est l’exploitation systématique.
2. La Zone « Grattages + 2 Grandes Galeries » (L’exploitation opportuniste et les « tentatives »)
C’est la zone la plus intéressante. Elle révèle un terrain « tourmenté » (failles, plis isoclinaux, boudinage).
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Les 2 Grandes Galeries : Le fait qu’elles soient accompagnées de terrils importants suggère une volonté de capitalisation. Quelqu’un (une petite entreprise, ou un mineur plus ambitieux) a tenté d’industrialiser l’exploitation à cet endroit. Il a cherché à atteindre le cœur de la couche en profondeur.
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Les 6 Grattages : Ils sont les témoins de l’échec ou de la limite de ces galeries.
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Hypothèse A (La prospection) : Les grattages sont les traces de la phase de recherche. On a gratté partout pour trouver où la couche était la plus accessible avant de décider de percer les galeries.
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Hypothèse B (L’émiettement) : La tectonique a tellement fragmenté les deux couches que les galeries, malgré leur taille, ont rapidement « buté » contre des failles ou des zones stériles. Le mineur a alors dû revenir aux grattages pour récolter les « morceaux » de couches déplacées par la tectonique.
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Hypothèse C (La chronologie) : Les grattages sont les vestiges de l’exploitation artisanale ancienne, et les deux galeries sont une tentative plus tardive (et peut-être éphémère) de mieux exploiter, qui a laissé ces terrils massifs.
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3. La contrainte des « Deux Couches » et le piège géologique
Le fait qu’il n’y ait que deux couches ne signifie pas qu’elles sont planes. Dans un terrain tourmenté, les deux couches peuvent être :
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Redoublées par des plis : Une même couche peut passer plusieurs fois au même niveau d’altitude. C’est là que vos 6 grattages prennent tout leur sens : le mineur ne gratte pas 6 couches différentes, il gratte la répétition de la même couche due aux plissements.
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Disloquées par des failles : Le mineur cherche la « lèvre » de la faille. Il gratte ici, trouve la couche, puis la perd (faille). Il gratte 20 mètres plus loin, la retrouve (le rejet de faille). C’est ce qui crée cet aspect « pointillé » de votre zone.

Vue de 2023 sur les vestiges d’un alignement de grattage, témoin de l’activité minière sur la concession des Boines.
De l’exploitation artisanale a l’industrielle.
1. La Zone 1 (6 galeries, 0 grattage) : L’exploitation « Rationnelle et Industrielle »
Si vous ne trouvez pas de grattages ici, c’est probablement pour l’une des deux raisons suivantes :
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La destruction par l’infrastructure : Au XIXe siècle, les compagnies minières avaient tendance à « faire place nette ». Les grandes installations de surface (plateformes de triage, bâtiments de recette, routes d’accès) ont pu effacer totalement les fragiles traces des anciens grattages paysans.
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L’exploration par sondage (pas d’affleurement visible) : Il est possible que dans cette zone, la couche, bien que présente, ne fût pas visible en surface (couverture épaisse, végétation). Le mineur paysan, faute d’outils de prospection, n’a jamais pu la trouver. Ce sont les ingénieurs du XIXe (avec des méthodes de géologie plus fines) qui ont « découvert » la ressource et ouvert les galeries directement en profondeur.
2. La Zone 2 (6 grattages + 2 galeries) : La « Mine de Transition »
C’est ici que votre observation est la plus intéressante. Vous avez le passage de relais entre l’autoconsommation (le paysan) et l’économie de marché (la compagnie).
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L’étape 1 (Le grattage paysan) : Les paysans ont identifié l’affleurement. C’est une mine de « prélèvement » : on prend ce qui est là, sans investissement. L’absence de terril massif autour des grattages prouve qu’ils remblayaient au fur et à mesure (ils ne voulaient pas perdre de terres agricoles).
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L’étape 2 (L’intrusion industrielle) : Au XIXe siècle, les exploitants industriels, en cherchant à étendre leur concession, sont tombés sur ces zones déjà « picorées » par les paysans.
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Les 2 galeries que vous voyez sont la preuve d’une tentative de « suivre la couche » là où les paysans avaient montré qu’il y avait du charbon.
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Le terril devant ces galeries trahit le changement de paradigme : la compagnie a extrait de gros volumes de roche stérile (le toit et le mur pour créer une galerie de circulation), ce que le paysan ne faisait jamais.
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3. Le paradoxe de la couche de 50 cm
Le fait que la couche soit si mince (50 cm) explique parfaitement pourquoi le XIXe siècle a souvent échoué à industrialiser ces sites.
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Le coût du « frais fixe » : Pour exploiter une couche de 50 cm en galerie, il faut creuser une hauteur d’homme (ou au moins une hauteur suffisante pour passer). Cela demande de creuser beaucoup de roche stérile (d’où les gros terrils).
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La rentabilité : Le coût de creusement du stérile (pour faire la galerie) dépassait rapidement la valeur du charbon extrait de cette couche mince.
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Conclusion logique : C’est sans doute pour cela que ces 2 galeries ont été abandonnées après une durée de vie probablement courte. Elles ont été victimes de la « loi de la puissance » : on ne peut pas rentabiliser une galerie moderne dans une couche de 50 cm, sauf si la géologie est exceptionnellement favorable.
3. L‘échec de l’industrialisation face à la contrainte géologique ».
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Phase A (Pré-industrielle) : Le mineur paysan, flexible, qui se contente de ce que l’affleurement lui donne (les grattages). Il est rentable parce qu’il n’a aucun frais d’infrastructure (pas de boisage, pas d’aérage, pas de terril).
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Phase B (Industrielle/XIXe siècle) : La tentative de passage à l’échelle supérieure. On creuse des galeries. Mais face à la réalité des 50 cm de puissance et à la complexité tectonique (la « tourmente »), l’industrie se casse les dents. Elle abandonne, laissant derrière elle ces 2 galeries cicatricielles et leurs terrils, tandis que la nature reprend ses droits sur les vieux grattages.
La rencontre entre deux cultures minières.
1. La « sous-traitance » inconsciente de la prospection
L’exploitant minier du XIXe siècle était souvent un opportuniste prudent. Creuser une galerie coûte cher (boisage, éclairage, main-d’œuvre). L’industriel ne va pas « tâter » au hasard.
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Le paysan mineur comme géologue de terrain : En implantant ses galeries là où les grattages étaient nombreux, l’exploitant industriel a utilisé les paysans comme des « prospecteurs gratuits ». Les grattages étaient les preuves irréfutables que la couche était là et qu’elle était exploitable.
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Récupération de l’infrastructure : Le grattage a souvent créé une « plateforme » ou une petite excavation initiale (le « découverture »). Pour l’industriel, c’est une aubaine : il n’a pas à décaper la terre végétale et le mort-terrain, il commence sa galerie là où le travail de surface a déjà ouvert la voie.
2. Le choc des modèles économiques
Vous avez là la preuve visuelle d’un échec de conversion économique :
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Le Modèle Paysan (Le « grattage ») : C’est un modèle à coûts fixes quasi nuls. Si la couche est bonne, il gratte ; si elle est mauvaise ou faillée, il s’arrête et bouge de 10 mètres. Le « risque minier » est proche de zéro car il n’y a pas d’infrastructure.
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Le Modèle Industriel (La « galerie ») : C’est un modèle à frais fixes élevés. L’industriel arrive avec une logique de « rendement ». Il doit rentabiliser le boisage et l’exhaure (pompage).
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Le fait que vous ayez des terrils importants montre que l’industriel a voulu « forcer » la nature. Il a extrait, il a creusé du stérile, il a construit.
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Le constat d’échec : Le fait que ces galeries soient aujourd’hui abandonnées (probablement après une durée de vie courte) prouve que la logique industrielle ne pouvait pas s’imposer durablement face à la contrainte de votre couche de 50 cm. Le charbon n’était pas assez abondant ou assez propre pour justifier les frais de la galerie.
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3. La « colonisation » de l’espace minier
Il est très probable qu’en fouillant dans les archives (série S des Archives Départementales, dossiers de concessions), vous trouviez des traces de conflits :
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Droits d’usage vs Concession : Le mineur paysan travaillait souvent sur des droits coutumiers. L’arrivée de la concession minière au XIXe siècle a souvent « absorbé » ces petits exploitants. Soit ils ont été évincés, soit ils sont devenus les ouvriers de la mine, soit ils ont été réduits à une exploitation clandestine, la nuit, à côté des galeries officielles.
La mine d’appoint ou la pluriactivité alpine.
1. La « Mine de Berger » : Le modèle du mineur saisonnier
Le fait que le site soit inaccessible en hiver est la clé de la méthode de travail :
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L’opportunisme temporel : Le mineur-paysan n’est pas un mineur de métier. Il monte avec son troupeau de chèvres à la belle saison. Le « grattage » est une activité de temps libre pendant que les chèvres pâturent. C’est une exploitation « à la marge », sans pression de production, qui s’ajuste parfaitement au rythme de la transhumance.
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L’exploitation de stockage : Il est fort probable que le charbon extrait durant l’été était stocké dans des petites caches ou descendu à dos de mulet avant les premières neiges. Ces « grattages » ne sont pas des mines, ce sont des comptoirs de stockage temporaire.
2. Le rôle du troupeau dans la lecture archéologique
C’est un point fascinant : la chèvre est votre alliée archéologique.
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Dans ces zones de haute altitude, la végétation est normalement dense ou constituée de landes impénétrables. La chèvre, par son pâturage intensif, empêche la fermeture du milieu (la repousse des arbustes et arbres).
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Résultat : Vos « cuvettes » restent visibles alors qu’elles auraient dû être comblées par les sédiments ou masquées par la végétation. La survie de ces structures est directement liée à l’activité pastorale qui a perduré au-delà de l’exploitation minière.
3. Le paradoxe de l’échec industriel du XIXe
Maintenant, on comprend parfaitement pourquoi les galeries du XIXe siècle ont échoué là où le berger-mineur réussissait à petite échelle :
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L’incompatibilité de rythme : Les compagnies minières du XIXe voulaient une production constante (annuelle, hiver comme été). Or, vous dites que le site est inaccessible en hiver. Une entreprise ne peut pas payer des ouvriers, entretenir des galeries et assurer une logistique de transport sur un site qui est bloqué 4 ou 5 mois par an.
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Le coût du « tout-inclus » : Le berger-mineur avait un coût de revient de zéro (le troupeau était déjà là, le mineur était déjà sur place, le charbon était un revenu complémentaire). L’industriel, lui, avait des frais fixes (salaires, boisage, taxes, transport). Le site n’était pas assez riche pour amortir ces coûts, surtout dans une couche de 50 cm.
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L’impossibilité logistique : Le XIXe siècle a cherché à « brutaliser » la montagne par la galerie, mais la montagne a gagné par le climat et la distance. Les deux galeries que vous voyez sont probablement les vestiges d’une tentative de rationalisation qui s’est effondrée dès qu’il a fallu affronter le premier hiver rigoureux.
4. Synthèse : Le paysage comme archive
Pour votre travail, vous pouvez conclure que votre site est la preuve d’un conflit de temporalités :
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La temporalité pastorale (le grattage) : Adaptée au cycle des saisons, au rythme du troupeau, et à la ressource locale. Elle est durable parce qu’elle est « low-cost » et flexible.
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La temporalité industrielle (la galerie) : Linéaire, exigeante, et incompatible avec la haute altitude et l’isolement hivernal. Elle a tenté de s’imposer sur le modèle paysan mais a échoué par excès de rigidité.
Le choc de l’industrialisation.
1. Le « parasitisme minier » : L’industriel sur les traces du berger
Le fait de creuser en plein centre des grattages prouve que l’industriel n’a fait aucune prospection géologique propre. Il a utilisé le paysan-mineur comme un prospecteur.
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L’industriel a observé le paysage, a vu où la terre était retournée, où les débris de charbon affleuraient (grâce aux grattages), et il a conclu : « C’est là que se trouve le cœur de la couche ».
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Il ne s’est pas installé à côté par respect pour le pâturage, il s’est installé sur la zone la plus riche pour maximiser son rendement, ignorant totalement le cycle de la transhumance et la fragilité de la surface pour les chèvres.
2. Le choc des échelles : « Le concentré » contre « le diffus »
Cette implantation centrale révèle une erreur stratégique majeure de l’industrie minière dans les zones marginales de montagne :
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La logique du paysan : Une logique diffuse. Il grattait là où il était, au rythme de son troupeau, de manière flexible. Si une zone était trop compliquée, il passait à la suivante.
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La logique de l’industriel : Une logique concentrée. Il a voulu « forcer » l’exploitation en creusant une galerie au centre de la zone de grattage. C’est une erreur de lecture : il a traité une couche de 50 cm, naturellement morcelée et irrégulière, comme s’il s’agissait d’un gisement industriel massif.
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La conséquence : En voulant creuser au centre, il a probablement détruit le système de drainage naturel et perturbé le pâturage, tout en s’enfermant dans une galerie dont la maintenance (boisage, évacuation des déblais) était économiquement insoutenable face à la faible épaisseur de la couche.
3. La trace archéologique d’un conflit tacite
En plaçant les galeries au milieu des grattages, l’industriel a effacé physiquement les traces des paysans.
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Le terril de la galerie (qui est massif) a probablement recouvert plusieurs grattages anciens.
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Aujourd’hui, si vous voyez encore les grattages autour, c’est que les galeries ont été abandonnées si vite que le « traumatisme » paysager de l’industriel n’a pas réussi à gommer la pratique ancestrale.
4. Une lecture pour votre recherche : « L’échec de la verticalité »
Pour votre travail d’historien, vous avez là une thèse solide : le site illustre l’inadaptation de l’outil industriel à la géographie pastorale.
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Le paysan-mineur avait une exploitation « horizontale » : il suivait l’affleurement sur la pente, respectant la géométrie de la montagne.
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L’industriel a tenté une exploitation « verticale » (la galerie s’enfonce dans le massif).
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Le fait que les galeries soient au centre montre qu’il a tenté de « percer » le cœur du gisement pour rentabiliser son infrastructure. L’échec (visible par l’abandon et la petite taille des galeries) prouve que la montagne et ses 50 cm de couche ont résisté à cette tentative de rationalisation.
Traces au sol et enjeux de terrain
Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.
Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.
Foire Aux Questions grattages des Boines
1 – Où se situe exactement la mine des Boines ?
La mine des Boines est située sur la commune de La Motte-d’Aveillans, dans le département de l’Isère, au cœur de la région historique et minière du Dauphiné.
2 – Que peut-on voir aujourd’hui sur le site des Boines ?
Le site conserve des vestiges de l’époque industrielle, notamment des alignements de grattage qui témoignent des anciennes méthodes d’extraction artisanale du charbon pratiquées sur la concession.
3 – Quelle était l’activité principale sur la concession des Boines ?
Il s’agissait principalement d’une exploitation de charbon. La mine des Boines illustre parfaitement l’histoire de l’extraction minière artisanale qui a façonné le paysage industriel du Sud-Isère aux XIXe et XXe siècles.
4 – Le site des Boines est-il ouvert au public ?
Le site des Boines est un lieu de mémoire et de patrimoine. Il est recommandé de se renseigner auprès de l’office de tourisme local ou des associations de sauvegarde du patrimoine minier de la Matheysine pour connaître les possibilités de visite ou les sentiers balisés permettant de découvrir ces vestiges en toute sécurité.
5 – Pourquoi est-il important de préserver les vestiges des Boines ?
La préservation des vestiges de la mine des Boines est essentielle pour maintenir la mémoire du patrimoine industriel dauphinois. Ces traces au sol racontent le quotidien des mineurs et l’évolution des techniques d’extraction dans la région.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines l’histoire des mines
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
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Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
Au cœur du Dauphiné, le paysage porte encore les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À La Motte d’Aveillans, sur le site des Signaraux, se cachent les vestiges de la mine des Boines. Si aujourd’hui le calme des pâturages a repris ses droits, ces galeries, autrefois synonymes d’espoir économique, racontent l’histoire d’une exploitation minière aux conditions extrêmes.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère) |
| Altitude | Environ 1 300 mètres |
| Type d’exploitation | Mine de charbon (artisanale puis industrielle) |
| Concession | Octroyée en 1834 |
| Veines identifiées | Henriette, Trois Bancs |
| Principales contraintes | Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée |
| Infrastructures | 7 galeries, télébenne, station de lavage |
| Fin d’activité | 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur) |
Malgré nos recherches dans les fonds des Archives Départementales (série S), la documentation relative aux Boines demeure parcellaire. Ce silence relatif des archives est en soi révélateur : il témoigne du caractère modeste et éphémère de cette exploitation, qui n’a pas laissé la trace administrative ou industrielle des grandes concessions voisines. Les dates mentionnées dans cet article proviennent du fonds d’archives de la Mine image.
Les mines des Boines : l’histoire oubliée d’une exploitation de haute altitude
Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.
Historique de la concession
La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.
L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.
Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »
La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.
Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.
Une activité minière précoce
Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.
Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.
Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
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L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
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La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
Infrastructures et logistique
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Géologie et déconvenues minières
Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.

Acte notarié de 1891 instituant le changement de propriétaire de la concession des mines des Boines. Un document historique témoignant de l’officialisation de l’exploitation charbonnière. (Archive de la Mine Image)
Le déclin et l’échec commercial
L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.
Conclusion
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.
Foire Aux Questions la concession des Boines l’historique
1. Qu’est-ce que le site des Boines et pourquoi est-il important ?
Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.
2. Quelles sont les traces qu‘il reste de cette activité minière aujourd’hui ?
Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.
3. Les mines des Boines sont-elles ouvertes au public ?
La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.
4. Existe-t-il des archives sur l’histoire de ces mines ?
Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.
Poursuivez votre exploration
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire
La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport
La concession des Boines les grattages des Boines
La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage
Sources et sites officiels
. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)
Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
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Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
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Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
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Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
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Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
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2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
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Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
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Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
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3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
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Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
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Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
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Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
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2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
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Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
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Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
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Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
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3. Ressources muséales et associatives
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Mine Image (La Mure).
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Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
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Association des Amis du Musée de la Mine.
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Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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La Centrale du Villaret : La Cathédrale d’Énergie des Mines de La Mure
Dominant fièrement le paysage de Susville en Isère, la Centrale thermique du Villaret n’est pas qu’un simple vestige industriel. C’est le cœur battant de l’ancienne exploitation minière de la Matheysine. Édifiée pour transformer le charbon local en électricité, elle raconte une époque où le Dauphiné était à la pointe de l’innovation énergétique. Plongez dans l’histoire de ce géant de briques et d’acier.
Témoin d’un passé industriel marquant, la centrale du Villaret a rythmé la vie énergétique du Dauphiné pendant plusieurs décennies. Des origines de sa « vieille centrale » en 1925 à la fermeture de ses imposantes installations en 1980, retour sur l’histoire de ce site emblématique qui transformait le charbon difficilement valorisable en électricité pour le réseau EDF.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom du site | Centrale du Villaret |
| Localisation | Susville Le Crey |
| Type d’installation | Centrale thermique au charbon |
| Mise en service (ancienne) | 1925 |
| Mise en service (nouvelle) | 1954 |
| Fermeture définitive | 1980 |
| Puissance installée | 50 MW |
| Raccordement | Réseau EDF |
| Équipements remarquables | 2 cheminées de 63 mètres de hauteur |
| Combustible utilisé | Charbon de mauvaise qualité (tout-venant minier) |
| Fonction principale | Alimentation de la mine puis production pour le réseau EDF |
Pourquoi une centrale électrique au pied des mines ?
Au début du XXe siècle, l’exploitation des Mines de La Mure bat son plein. Cependant, l’extraction de l’anthracite génère une grande quantité de « menus » : des grains de charbon trop fins pour être vendus aux particuliers ou aux industries lointaines.
L’idée des ingénieurs est alors géniale : construire une centrale thermique directement sur place pour brûler ces résidus et les transformer en courant électrique. La Centrale du Villaret est née de cette volonté d’optimisation. Elle permettait :
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D’alimenter les machines du fond (perforatrices, pompes d’exhaure).
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De faire fonctionner les chevalements des puits (comme le Puits Villaret voisin).
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D’éclairer les villages de la Matheysine et de revendre le surplus d’énergie.
Quel type de chaudière a vraisemblablement été employé dans la première centrale thermique ?
Dans les années 1920, la technologie des chaudières pour la production d’électricité a connu une transition majeure. On est passé de l’ère des chaudières « à tubes de fumée » (obsolètes pour la grande puissance) à l’ère des chaudières à tubes d’eau à haute pression et haute performance.
Voici les types principaux utilisés à cette époque :
1. La chaudière à tubes d’eau (Water-tube boiler) : Le standard industriel
Dès les années 1920, pour alimenter les turbines à vapeur qui commençaient à remplacer les machines à pistons, la chaudière à tubes d’eau est devenue la norme.
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Le principe : L’eau circule à l’intérieur de tubes chauffés par les gaz de combustion, contrairement aux vieilles chaudières à tubes de fumée (type chaudière à bouilleurs ou chaudière écossaise) où les gaz passent dans les tubes.
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Pourquoi ce choix : Les tubes d’eau permettent de supporter des pressions bien plus élevées (jusqu’à 20-30 bars et plus, contre 10-12 bars auparavant) et offrent une bien meilleure sécurité en cas d’explosion, car le volume d’eau sous pression est limité.
2. Les modèles emblématiques de l’époque
Plusieurs constructeurs dominaient le marché avec des conceptions spécifiques :
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Babcock & Wilcox : C’était le leader mondial incontesté. Leurs chaudières à tubes d’eau, souvent dotées d’un collecteur transversal (cross-drum), étaient présentes dans la majorité des centrales électriques urbaines. Elles permettaient une montée en pression rapide et une grande souplesse de production.
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Chaudières Stirling : Très populaires dans les années 1920, elles se reconnaissaient à leurs multiples ballons (souvent 3 ou 4) reliés par des tubes cintrés. Leur conception permettait une excellente circulation naturelle de l’eau et était très efficace pour les charbons de qualité variable.
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Chaudières à tubes inclinés : Les tubes étaient disposés avec une inclinaison pour favoriser l’effet thermosiphon (la circulation naturelle de l’eau), ce qui était crucial pour éviter la surchauffe des tubes.
3. Les évolutions techniques majeures des années 1920
Ce qui caractérise la production de vapeur de cette décennie, c’est l’introduction d’innovations qui ont permis d’augmenter le rendement des turbines :
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Le surchauffeur : Dans les années 20, la généralisation du surchauffeur (qui chauffe la vapeur au-delà de sa température d’ébullition) est devenue systématique. Cela évitait la condensation dans les derniers étages des turbines et augmentait considérablement le rendement thermique.
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L’économiseur et le réchauffeur d’air : Pour maximiser l’énergie, on a commencé à installer des économiseurs (réchauffer l’eau d’alimentation avec les fumées sortantes) et des réchauffeurs d’air (pour améliorer la combustion dans le foyer).
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Le passage au charbon pulvérisé : Avant les années 20, on chargeait le charbon à la pelle ou avec des grilles mécaniques. À la fin des années 20, on a commencé à broyer le charbon en une fine poussière pour l’injecter comme un gaz dans le foyer. Cela permettait un contrôle beaucoup plus fin de la combustion et des chaudières de beaucoup plus grande taille.
4. Le contexte énergétique
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Combustible : Le charbon était roi. Le passage au fioul était rare, réservé à des zones géographiques spécifiques ou à la marine.
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Conduite : La régulation était encore très manuelle. Les chauffeurs surveillaient les niveaux d’eau dans les ballons via des indicateurs à verre et ajustaient manuellement les tirages d’air.

La centrale du Villaret en transition : démantèlement de l’ancienne unité (1925) aux côtés de la nouvelle centrale (1954).
Deux centrales ont existé sur ce site.
Le site du Villaret a accueilli deux centrales électriques. La première, érigée en 1925, était destinée à l’alimentation de la mine. La seconde, mise en service en 1954, affichait une puissance de 50 MW et était raccordée au réseau EDF. Dotée de deux cheminées de 63 mètres de hauteur qui la rendaient visible à grande distance, cette centrale a cessé ses activités en 1980. Elle utilisait du charbon de faible qualité pour alimenter ses chaudières, offrant ainsi un débouché à une production difficilement valorisable.


Avant : Vue aérienne de la centrale du Villaret en 1952, alors que la « vieille centrale » de 1925 est encore en activité.
Apres : Vue aérienne de la centrale électrique du Villaret en 1960, reconnaissable à ses deux cheminées caractéristiques de 63 mètres de haut.
Une architecture industrielle monumentale
Surnommée parfois la « Cathédrale de lumière », la centrale frappe par ses dimensions imposantes et son architecture typique de l’entre-deux-guerres.
Ses grandes baies vitrées n’étaient pas seulement esthétiques : elles permettaient d’éclairer naturellement les salles des machines où tournaient d’immenses turbines. Sa structure mêlant le béton, la brique rouge et le métal témoigne du passage de l’artisanat minier à la grande industrie mécanisée. Bien que ses grandes cheminées aient aujourd’hui disparu, le bâtiment principal reste un repère visuel majeur dans la vallée.

Vue du râtelier de connexion des transformateurs au réseau EDF, centrale du Villaret.
Le lien indissociable avec le Puits Villaret
La centrale ne fonctionnait pas seule. Elle faisait partie d’un complexe intégré unique en Dauphiné. Le charbon sortait du Puits Villaret, passait par le triage et le lavage, et arrivait directement dans les chaudières de la centrale via des convoyeurs.
C’était un circuit court avant l’heure ! Ce complexe industriel était l’un des plus modernes de France lors de sa mise en service, faisant de La Mure un pôle énergétique de premier plan pour la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Site de l’ancienne centrale du Villaret en 2006, après la démolition totale des installations.
1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert
Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :
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Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.
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Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.
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Les « Grands Bureaux » et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.
2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid
Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.
-
L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.
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La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les « trieurs » finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.
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Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.
3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »
Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.
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Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.
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Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.
4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière
Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.
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Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.
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La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.
5. La dynamique « Jour / Fond » : Une solidarité complexe
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Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls « vrais » mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.
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L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.
-
La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.
6. L’héritage architectural
Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du « Jour » :
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Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).
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Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.
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Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.
Quel avenir pour ce patrimoine en Isère ?
Depuis la fermeture des mines en 1997, la Centrale du Villaret s’est tue, avant d’être démantelée au début des années 2000. Pourtant, son souvenir demeure un pilier de l’archéologie industrielle locale. Si sa silhouette massive ne domine plus le paysage, son héritage continue d’interpeller les passionnés d’histoire. Elle rappelle que la richesse de la Matheysine ne se trouvait pas seulement dans son sous-sol, mais aussi dans l’audace technique de ses installations de surface.
Cependant, le site porte les stigmates d’un passé industriel intensif. La zone a été durablement marquée par une pollution aux pyralènes (PCB) issus des anciens transformateurs, ainsi que par des résidus d’huiles et de fluides d’entretien. Ces contraintes environnementales rendent le terrain aujourd’hui inexploitable pour une reconversion classique.
Néanmoins, le site entame une nouvelle vie, résolument tournée vers l’avenir. À l’image de la centrale photovoltaïque installée en partie sur les anciens bassins de décantation, ces terres retrouvent une utilité publique. Sa mémoire reste ainsi un enjeu majeur pour le Patrimoine du Dauphiné : elle demeure un témoin privilégié de la transition entre l’ère du charbon et celle de l’électricité triphasée, illustrant aujourd’hui le passage vers les énergies renouvelables qui modernisent à nouveau nos campagnes.
Bien que les documents techniques soient lacunaires, la mémoire humaine reste une source précieuse.[ Avez-vous travaillé à la centrale du Villaret, ou en avez-vous des souvenirs familiaux ? N’hésitez pas à nous contacter pour enrichir cette page de récits vécus
Foire Aux Questions la Centrale du Villaret
1. À quoi servait la centrale du Villaret ?
Initialement, la « vieille centrale » construite en 1925 était destinée à alimenter la mine en énergie. Par la suite, la nouvelle installation de 1954 a permis de produire de l’électricité à grande échelle, avec une puissance de 50 MW, pour alimenter directement le réseau national EDF.
2. Pourquoi la centrale utilisait-elle du charbon de mauvaise qualité ?
La centrale jouait un rôle économique et logistique important en utilisant les résidus de charbon de faible qualité (difficilement valorisables commercialement). Cela permettait de consommer sur place la production minière qui n’aurait pas pu être vendue autrement.
3. Quand la centrale du Villaret a-t-elle cessé son activité ?
La centrale a définitivement fermé ses portes en 1980, marquant la fin d’une époque pour le site minier et industriel local.
4. Quels étaient les éléments les plus reconnaissables de la centrale ?
La centrale était particulièrement identifiable grâce à ses deux cheminées imposantes qui culminaient à 63 mètres de hauteur, ce qui permettait de l’apercevoir de loin dans le paysage dauphinois.
5. Quel est l’intérêt patrimonial de ce site ?
Le site du Villaret témoigne de l’importance de l’activité minière dans le Dauphiné au XXe siècle. Il illustre l’évolution des méthodes de production d’énergie et la transformation des sites industriels pour s’adapter aux besoins du réseau national EDF.
Poursuivez votre exploration
« Plongez dans l’épopée minière du Plateau Matheysin » « Découvrez l’histoire du Puits du Villaret, le plus récent du Plateau Matheysin »
Sources et sites officiels
1. Sources institutionnelles (à privilégier pour la crédibilité)
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La Base Mérimée (Ministère de la Culture) : C’est la référence nationale pour le patrimoine. Cherche si la centrale du Villaret y est recensée.
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Lien : https://www.pop.culture.gouv.fr/ (Utilise la barre de recherche avec « Villaret »).
-
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Archives Départementales (Isère) : Les archives départementales possèdent souvent des fonds sur l’histoire des mines du Dauphiné.
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Lien : https://archives.isere.fr/
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2. Sites spécialisés dans le patrimoine industriel
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Patrimoine Industriel (Inventaire général) : Ces sites recensent les sites miniers et électriques désaffectés.
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Exemple : https://www.patrimoine-industriel.fr/
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Le site du « Musée de la Mine » (s’il y en a un à proximité) : Si la centrale est liée à un bassin minier précis (comme celui de La Mure, par exemple), il existe souvent des associations de préservation.
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Exemple (si applicable) : Le Musée Matheysin (souvent lié au charbon dans le Dauphiné).
-
3. Sources collaboratives (pour une lecture complémentaire)
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Wikipédia : Si une page existe sur l’histoire des mines dans la région, c’est un bon lien de contexte.
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Cartes anciennes (Géoportail) : Pour visualiser l’emplacement du site à l’époque : https://www.geoportail.gouv.fr/ (en utilisant le « Remonter le temps » pour voir les photos aériennes de 1950-1960).
Bibliographie
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Sur le patrimoine technique et paysager :
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Auteur : Collectif (Inventaire Général du Patrimoine Culturel)
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Titre : Patrimoine en Isère – Atlas du patrimoine industriel (2007)
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Pourquoi : Ces ouvrages d’inventaire contiennent souvent des notices précises sur les installations de production électrique et les structures liées aux mines.
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- Auteur(s) : Jean-Michel GÉRIN
Titre : La Matheysine au temps des mineurs : Regards sur un passé industriel
Éditeur : Le Dauphiné Libéré (collection Les Patrimoines)
Année de publication : 2011
Description : Cet ouvrage met en lumière le quotidien des mineurs et l’impact de l’industrie charbonnière sur la région de la Matheysine, dont le site du Villaret fait partie intégrante.
ISBN : 978-2911739818 -
Auteur(s) : Collectif (sous la direction de l’Association Mine Image)
Titre : Mine Image : Le livre du musée
Éditeur : Association Mine Image
Année de publication : Date variable, souvent mis à jour (vérifier la dernière édition).
Description : Le musée Mine Image est un centre d’interprétation majeur pour le bassin houiller. Leur publication est une excellente source d’informations techniques et historiques directement liées aux méthodes d’exploitation et aux infrastructures comme les terrils.
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Galerie Photos
Utilisez les touches de direction pour faire défiler les photos

La Galerie Niveau 20 de Saint-Arey : Le Dernier Souffle des Mines de La Mure
Si vous vous promenez aujourd’hui dans les gorges du Drac, près de Saint-Arey, le silence règne. Pourtant, sous vos pieds et derrière la végétation, se cache l’un des ouvrages les plus importants et les plus récents de l’histoire des Houillères du Dauphiné : la Galerie du Niveau 20.
Cet article vous plonge dans l’histoire de ce tunnel titanesque de 6 kilomètres, véritable colonne vertébrale de l’exploitation charbonnière de La Mure à la fin du XXe siècle.
Découvrez l’histoire et la structure de la Galerie Saint-Arey (Niveau 20), pièce maîtresse du système d’exploitation des mines de Susville. Des méthodes de percement à la géologie du gisement d’anthracite, nous analysons l’importance stratégique de cette galerie dans le développement industriel du Dauphiné. Une immersion technique et historique indispensable pour comprendre l’héritage minier de la région.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques et Historiques |
| Nom de l’ouvrage | Galerie Saint-Arey (Niveau 20) |
| Site Minier | Mine de Susville |
| Bassin Houiller | Bassin de la Matheysine (Dauphiné) |
| Localisation | Saint Arey, Isère (38), France |
| Substance exploitée | Anthracite (charbon de haute qualité, faible teneur en matières volatiles) |
| Altitude / Niveau | Niveau 20 (Référence altimétrique spécifique au réseau du Peychagnard) |
| Période d’activité | 1975-1997 |
| Type d’ouvrage | Galerie de desserte (Travers-bancs) |
| Mode de percement | Machines de percement et explosif |
| Soutènement | Soutènement en cintres métalliques |
| Géologie du terrain | Terrains carbonifères du dôme de la Mure (grès, schistes et couches d’anthracite) |
| Fonction principale | Accès aux chantiers d’abattage et roulage du minerai vers les puits ou le plan Richard |
| Infrastructure associée | Camions type dumper articulés |
| Statut actuel | Site patrimonial / Vestiges historiques (accessibilité restreinte/sécurisée) |
1. Un ouvrage titanesque au cœur de la montagne
La Galerie du Niveau 20, située au lieu-dit La Baume, n’était pas une simple galerie de mine. C’était une artère vitale creusée pour moderniser et prolonger l’activité du bassin minier.
Construction et dimensions
Le percement débute en 1975 et s’achève en 1987, réalisé par les sociétés EGCEC et FORCAL.[1] C’est un chantier de longue haleine qui aboutira à des dimensions impressionnantes :
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Longueur initiale : 4 200 mètres.
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Extension en 1987 : La galerie atteint 6 000 mètres pour opérer la jonction avec la concession du Peychagnard (via la descenderie des Éperons).
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Section : Une entrée massive d’environ 5 mètres de large sur 2,50 mètres de haut.
Un point de jonction stratégique
Dès 1979, la galerie est connectée au quartier des Chuzins. Elle devient alors le nœud central du réseau souterrain, reliant :
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La Galerie de Gaillaure.
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Le Puits des Rioux (situé sur Prunières).
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Le Puits du Villaret (à Susville).
2. Le creusement des travers-bancs
Un travers-banc est une galerie horizontale tracée dans le rocher (le « stérile ») perpendiculairement aux couches de charbon pour les rejoindre depuis les puits ou les galeries principales. Dans les années 70 à La Mure, le creusement était devenu très mécanisé. On utilisait :
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Des jumbos de perforation (engins avec des bras articulés portant des perforateurs hydrauliques ou pneumatiques) pour forer les trous de mine.
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L’explosif pour l’abattage du rocher.
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Des chargeuses performantes pour évacuer les déblais.
3. L’étayage par cintres métalliques
À cette époque, le boisage traditionnel (étançons en sapin ou chêne) était largement remplacé dans les galeries principales par le soutènement métallique, plus résistant à la pression énorme des massifs de montagne (très forte à La Mure en raison de la tectonique alpine).
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Types de cintres : On utilisait souvent des cintres coulissants (type TH – Toussaint-Heintzmann). Ces arcs d’acier sont composés de plusieurs segments qui s’emboîtent. Sous la pression du terrain, ils peuvent « glisser » légèrement tout en maintenant leur portance, ce qui évite qu’ils ne se tordent ou ne cassent brutalement.
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Garnissage : Entre les cintres et la paroi, on plaçait des éléments de garnissage (grillages métalliques, plaques de béton ou de bois) pour empêcher les chutes de petits blocs.
4. La circulation des camions (Le « Trackless Mining »)
C’est l’un des changements les plus radicaux des années 70 à La Mure. On est passé du transport par rails (berlines tractées par des locotracteurs) au transport sur pneus, dit « trackless » (sans rails).
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Pourquoi des camions ? Pour plus de souplesse et de rapidité. Les camions (souvent des dumpers articulés spécifiquement conçus pour la mine, comme les marques Joy ou Eimco) pouvaient circuler directement du front de taille jusqu’aux points de déchargement sans les contraintes de pose de voies ferrées.
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Aménagement des galeries : Pour permettre la circulation de ces engins (souvent imposants), les galeries principales et les travers-bancs devaient être creusés avec des sections beaucoup plus larges qu’autrefois (parfois 15 à 20 m² de section).
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L’exemple du Villaret : Le puits du Villaret (mis en service dans les années 40 mais modernisé par la suite) et les grandes galeries de liaison vers les nouveaux quartiers d’exploitation étaient le théâtre de ce va-et-vient de véhicules diesel équipés de filtres spéciaux pour l’échappement.
Le contexte de l’époque
En 1975, les mines de La Mure sont dans une phase de rationalisation. L’anthracite de La Mure est le meilleur du monde (très pur, brûlant sans fumée), mais l’extraction est difficile à cause de la géologie tourmentée des Alpes. La mécanisation à outrance (cintres lourds, engins sur pneus) était la seule solution pour maintenir la production face à la concurrence des charbons d’importation, avant la fermeture définitive du bassin en 1997.

Vue de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume, témoignant des travaux de mise en sécurité du site. L’ouvrage est scellé par un murage en maçonnerie, complété par une cheminée d’évent spécifique. Ce dispositif permet l’évacuation contrôlée du dioxyde de carbone (CO₂) d’origine naturelle ou résiduelle, évitant ainsi toute mise en pression de la galerie et garantissant la sécurité des riverains.
5. À quoi servait la Galerie du Niveau 20 ?
Contrairement aux idées reçues, toutes les galeries ne servent pas uniquement à extraire du charbon. Le « Niveau 20 » avait trois fonctions critiques pour la survie de la mine et des mineurs :
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La logistique (Transport) : C’était l’autoroute du sous-sol. La quasi-totalité du matériel lourd passait par ici pour rejoindre les chantiers d’abattage (sauf le matériel du niveau 17 qui passait par le Villaret). Elle a aussi servi à évacuer les stériles (roches sans charbon) des Chuzins jusqu’en 1989.
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L’aérage (Ventilation) : Une mine doit respirer. Cette galerie permettait d’apporter de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.
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L’exhaure (Drainage) : Située à un point bas, elle collectait les eaux d’infiltration de la mine, mais aussi un ennemi invisible : le gaz carbonique (CO2).
Il existait une galerie encore plus profonde, dite « Galerie du Drac », située sous le niveau 20, exclusivement dédiée à l’évacuation des eaux.
Le secteur de Saint-Arey / La Baume / Combe Nevouse représente l’une des zones les plus complexes et les plus dangereuses de l’histoire des mines de La Mure, particulièrement durant la période de modernisation des années 70.
L’accident le plus marquant et le plus tragique lié à ces lieux (et plus précisément à la zone de Combe Nevouse) est celui du 19 janvier 1971, mais la configuration technique que vous décrivez (camions et cintres métalliques) a également généré d’autres types d’incidents moins connus mais révélateurs des risques de l’époque.
Voici les éléments contextuels sur les accidents dans ces galeries :
6. La tragédie de Combe Nevouse (19 janvier 1971)
Bien que légèrement avant 1975, cet accident a hanté la mémoire des mineurs de la « fin de la mine ».
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La cause : Un Dégagement Instantané (DI) massif de dioxyde de carbone (acide carbonique). À La Mure, le danger n’était pas seulement le grisou (méthane), mais surtout ces poches de gaz carbonique sous pression dans le gisement d’anthracite.
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Le bilan : 6 morts.
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Le mécanisme : Lors de l’avancement d’une galerie, la paroi a littéralement explosé sous la pression du gaz, projetant des centaines de tonnes de charbon pulvérulent et asphyxiant instantanément les mineurs. Cet accident a montré que malgré le soutènement lourd (cintres métalliques), la pression gazeuse restait imprévisible.
7. Les risques liés à la circulation des camions (Années 75)
Comme vous l’avez souligné, l’introduction du transport « trackless » (sans rails) par camions dans les travers-bancs de liaison entre La Baume et Saint-Arey a changé la nature des accidents :
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Les incendies et fumées : La présence de gros moteurs diesel et de réservoirs de carburant dans des galeries parfois confinées augmentait le risque d’incendie. Un feu de pneu ou de moteur de dumper sous terre était une catastrophe en raison de l’opacité des fumées.
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Les accidents de circulation : Le passage de camions imposants dans des galeries où circulaient aussi des hommes à pied a provoqué des accidents de collision ou d’écrasement. La visibilité était souvent réduite par la poussière soulevée par les pneus.
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Le problème du freinage : Les galeries de La Mure n’étaient pas toujours parfaitement horizontales. Des défaillances de freinage sur des engins chargés dans les rampes ont causé plusieurs frayeurs et incidents matériels sérieux dans le secteur de la Baume.
8. La pression des terrains et le soutènement métallique
Dans les secteurs profonds comme ceux de Combe Nevouse, la montagne « bougeait » énormément.
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Le flambage des cintres : Même les cintres métalliques les plus lourds (type TH) finissaient par se tordre sous la pression de la roche. Il n’était pas rare que des galeries dimensionnées pour les camions se rétrécissent en quelques mois, obligeant à des travaux de « recoupement » (élargissement) très dangereux.
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Les chutes de blocs : Le creusement des travers-bancs de grande section (pour laisser passer les camions) créait de grandes surfaces de toit à nu avant la pose des cintres. C’était le moment le plus critique pour les mineurs, exposés aux « coups de toit ».
Pourquoi ce secteur était-il si spécifique ?
La liaison La Baume – Saint-Arey était stratégique car elle permettait de relier les nouveaux quartiers d’extraction au Puits du Villaret (lavoir). Le charbon de Combe Nevouse était d’une qualité exceptionnelle (anthracite pur), mais le gisement était très tourmenté par la tectonique alpine.
Accident précis impliquant un camion en 1974 ou 1975 :
Il y a eu de nombreux incidents de « dérapage » ou de sorties de piste de dumpers dans les galeries de liaison à cette époque, souvent dus à l’état du sol (mélange de poussière de charbon et d’eau rendant la piste glissante). Ces accidents ont conduit à renforcer la sécurité sur la signalisation et l’éclairage des grandes galeries de roulage.

Avant
État des lieux du vallon de La Baume avant l’aménagement du carreau. Cliché de prospection daté de 1969, illustrant la topographie originelle du site avant le début des travaux de terrassement et l’implantation des premières infrastructures d’extraction.
Apres
Vue panoramique du carreau de la mine de La Baume (Isere), 1978. État des installations de surface et des infrastructures de chantier durant la phase d’activité contemporaine. Archives historiques de l’exploitation minière.
6. Les dangers de La Baume : Gaz et Tragédie
L’histoire minière est indissociable du risque. Le site de Saint-Arey garde la mémoire de ces dangers.
Le piège du CO2
La galerie servait d’exhaure pour le gaz carbonique, un gaz lourd qui « coule » comme de l’eau. Une cheminée (encore visible aujourd’hui) était destinée à disperser ce gaz dans l’atmosphère. Avant sa construction, le canal d’exhaure était un véritable piège mortel pour la faune locale : on y retrouvait souvent de petits mammifères et oiseaux, asphyxiés par le gaz stagnant au ras du sol.
Le souvenir de 1975
Le percement de cette galerie a été endeuillé dès son commencement. En 1975, un accident tragique a coûté la vie à des mineurs. Une stèle commémorative rappelle aujourd’hui leur sacrifice.
« Lors de la redécouverte des vestiges de cette galerie, l’étroitesse de l’entrée ne laissait qu’une seule voie d’accès : un caniveau d’exhaure partiellement dégagé. Pensant pouvoir franchir l’obstruction, j’ai tenté de m’y introduire en rampant au ras du sol. C’est alors que j’ai perçu, à quelques centimètres de mon visage, des cadavres d’oiseaux — signe fatal et pourtant trop tardivement compris de la présence de gaz délétères.
Avant même de pouvoir reculer, j’ai perdu connaissance, piégé par une poche de gaz stagnante. Je ne dois mon salut qu’à la réactivité de mon collègue qui, me voyant sombrer, m’a tiré par les pieds hors du caniveau vers l’air libre. Cet incident rappelle brutalement la dangerosité des exploitations abandonnées. Bien que j’aie toujours pratiqué le test du briquet tempête pour vérifier la présence d’oxygène au sol, cet épisode démontre que dans l’atmosphère confinée d’une mine, la frontière entre l’observation scientifique et l’accident mortel est infime. »
C’est une observation tout à fait exacte et tragiquement confirmée par les médecins du travail et les historiens des mines. Les « traceurs » (ceux qui creusaient les travers-bancs dans le rocher) étaient effectivement beaucoup plus exposés à une forme foudroyante de silicose que les « abatteurs » (ceux qui extrayaient le charbon).
Voici pourquoi cette différence était si marquée, particulièrement dans les années 70 à La Mure :
7. La nature de la poussière : Silice vs Carbone
C’est le facteur principal.
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À l’abattage : Le mineur travaille dans le charbon (l’anthracite). La poussière est composée essentiellement de carbone. Elle provoque la pneumoconiose (ou anthracose), une maladie grave, mais qui met souvent plus de temps à devenir invalidante.
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Dans les travers-bancs : Pour rejoindre les couches de charbon, on doit traverser des couches de rocher stérile (grès, schistes quartzites). Ce rocher contient une très forte proportion de silice cristalline (quartz). La silice est extrêmement « agressive » pour les alvéoles pulmonaires : elle crée des cicatrices (fibroses) qui détruisent le poumon beaucoup plus vite que la poussière de charbon.
8. La mécanisation des années 70 : le « progrès » dangereux
Comme vous l’avez mentionné, dans les années 75, on utilisait des machines puissantes pour creuser les travers-bancs (jumbos de perforation, chargeuses, camions).
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La perforation : Les marteaux-perforateurs pneumatiques ou hydrauliques tournaient à très haute vitesse pour forer les trous de mine dans le rocher dur. Cette vitesse de rotation broyait la roche en une poussière impalpable, la « fleur de silice », presque invisible à l’œil nu mais mortelle car elle pénètre au plus profond des poumons.
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L’insuffisance de l’arrosage : Bien que l’injection d’eau dans les fleurets (mèches) soit devenue obligatoire, elle n’était pas toujours suffisante ou pratiquée rigoureusement pour ne pas « noyer » le chantier ou gêner la progression des camions sur le sol.
9. Le confinement des travers-bancs
Les travers-bancs sont des galeries « en cul-de-sac » pendant toute la durée de leur creusement.
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Contrairement aux tailles (zones d’abattage) où un courant d’air traverse le chantier, le front d’avancement d’un travers-banc est ventilé par des « canars » (tuyaux de ventilation).
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La ventilation y était souvent moins efficace, laissant stagner un nuage de poussière de roche très concentré, aggravé par les gaz d’échappement des camions et des engins diesel qui remuaient la poussière déposée au sol.
10. Le paradoxe du « mineur de rocher »
Les traceurs de travers-bancs étaient souvent considérés comme l’élite des mineurs. C’était un travail de haute technicité, exigeant une grande force physique et payé par des primes d’avancement importantes.
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Parce qu’ils étaient robustes, ces mineurs inhalaient de plus grands volumes d’air lors de l’effort, et donc plus de poussière.
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On a vu des cas de silicose aiguë (parfois appelée « silicose galopante ») chez des jeunes mineurs ayant passé seulement quelques années au rocher, alors que des mineurs de charbon pouvaient tenir 20 ans avant d’être « essoufflés ».
Le bilan à La Mure
À La Mure, la dureté exceptionnelle du rocher alpin rendait le creusement des galeries de liaison (comme celles de Saint-Arey ou de la Baume) particulièrement redoutable. Les années 70, malgré le confort relatif apporté par les cintres métalliques (qui sécurisaient contre les éboulements) et les camions (qui évitaient de pousser des berlines), ont été des années où la poussière de silice est devenue plus fine et plus abondante à cause de la puissance des outils.
C’est pour cette raison que de nombreux anciens mineurs de La Mure, qui travaillaient au « rocher », ont été touchés par des taux d’invalidité très élevés peu de temps après leur départ de la mine.
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».
11. Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour l’amateur d’exploration (urbex) ou le randonneur curieux, le site a radicalement changé. Situé dans la gorge du Drac, la nature reprend ses droits.
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Installations rasées : Tous les bâtiments techniques ont été détruits après l’arrêt de l’exploitation.
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L’entrée murée : L’entrée de la galerie est toujours là, mais elle est obturée (murée) pour des raisons de sécurité évidentes.
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Vestiges visibles : On peut encore apercevoir la cheminée d’aération (la tour en béton) et le tracé du caniveau d’exhaure.
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Le Razzier : Un immense éboulis (razzier) surplombe la zone d’accès, témoin de la géologie tourmentée du lieu.

Vue frontale de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume (2015). Ce vestige de l’exploitation minière illustre la phase de mise en sécurité du site, avec sa cheminée d’aérage spécifique pour l’évacuation du dioxyde de carbone et l’installation récente d’un périmètre de protection.
Foire Aux Questions galerie de la Baume
1. Qu’est-ce que le « Niveau 20 » et à quoi correspond cette appellation ?
Le terme « Niveau 20 » est une référence altimétrique spécifique au réseau des mines de la Matheysine (système du Peychagnard). Il ne s’agit pas de la profondeur, mais d’une côte de niveau. Cette galerie constitue l’une des dernières grandes infrastructures de modernisation des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
2. Quelle était la fonction principale de cette galerie de 6 kilomètres ?
Contrairement aux galeries de traçage qui suivent la veine de charbon, le Niveau 20 était une galerie de desserte (travers-bancs). Elle servait de « colonne vertébrale » pour :
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Le transport : Acheminer le matériel lourd vers les chantiers d’abattage.
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L’aérage : Assurer la circulation de l’air frais dans les profondeurs.
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L’exhaure : Drainer les eaux de la mine et canaliser les gaz lourds (CO2).
3. Pourquoi le site de La Baume est-il considéré comme un ouvrage « récent » ?
Le percement a débuté en 1975 et s’est achevé en 1987. C’est un ouvrage de la phase de concentration et de modernisation ultime du bassin minier de La Mure, peu de temps avant la fin de l’exploitation (le « dernier souffle » du bassin).
4. Quel est cet ennemi invisible souvent mentionné : le CO2 ?
La mine de Saint-Arey est sujette aux émanations de dioxyde de carbone (CO2), un gaz lourd qui s’accumule au sol et chasse l’oxygène. C’est ce gaz, et non le grisou (méthane), qui représentait le danger principal à cet endroit, provoquant des asphyxies foudroyantes.
5. Pourquoi voit-on une haute cheminée métallique sur les photos du site actuel ?
Il s’agit d’une cheminée d’évent. Même après la fermeture, la mine continue de « dégazer ». Le CO2 étant plus lourd que l’air, il s’écoule vers les points bas (comme l’entrée de la galerie). La cheminée permet d’évacuer ce gaz par tirage naturel et de le disperser en hauteur pour éviter qu’il ne stagne au sol et ne devienne mortel pour les promeneurs ou la faune.
6. Peut-on encore visiter l’intérieur de la galerie ?
Absolument pas. Pour des raisons de sécurité publique, l’entrée a été condamnée par un murage massif en maçonnerie. Le risque d’anoxie (manque d’oxygène) et les risques d’effondrements internes rendent toute tentative d’intrusion extrêmement dangereuse, comme en témoignent les accidents historiques.
7. Quels sont les vestiges encore visibles sur le carreau de La Baume ?
Aujourd’hui, la nature reprend ses droits, mais on peut encore observer :
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L’entrée murée de la galerie.
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La cheminée de dégazage.
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Le tracé de la cunette d’exhaure (le caniveau d’évacuation des eaux).
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La stèle commémorative en hommage aux mineurs qui ont perdu la vie lors du percement en 1975.
8. Quel type de minerai était exploité via cette galerie ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon d’une pureté exceptionnelle, très riche en carbone et pauvre en matières volatiles, qui faisait la renommée mondiale du bassin de La Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exhaure du niveau 21»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Archives Institutionnelles et Inventaires
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Archives Départementales de l’Isère (AD38) : C’est la source primaire pour les plans de concession, les rapports des ingénieurs des mines et les dossiers du personnel des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Recherche dans les fonds des Mines de la Mure (Cherchez les cotes liées à la concession de Prunières/Saint-Arey).
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-
BRGM – InfoTerre : Pour accéder aux fiches de l’Inventaire National des Cavités et aux rapports de fin d’exploitation (https://www.google.com/url?sa=E&q=https%3A%2F%2Farchives.isere.fr%2Fcliquez sur l’onglet « Données » puis « Dossiers de sous-sol »).
-
Légifrance (Annales des Mines) : Pour retrouver les décrets de concession originaux (XIXe siècle).
2. Musées et Associations de Sauvegarde
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La Mine Image (Musée de la mine à La Motte-d’Aveillans) : Le site de référence pour la mémoire ouvrière et technique du plateau. Bien que Saint-Arey soit plus au sud, les techniques de soutènement et d’extraction y sont documentées.
3. Études Techniques et Géologiques
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Géologie du Dauphiné (Site de Maurice Gidon) : Une analyse géologique très fine du secteur de La Mure et de la faille de Saint-Arey.
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Inventaire des Réseaux Spéciaux et Souterrains (IRSS) : Ce site compile souvent des fiches techniques sur l’état actuel des galeries (accès, sécurité, topographie).
4. Cartographie et Localisation Précise
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Géoportail (IGN) : Utilisez les « Cartes de l’État-Major » et les « Photographies aériennes 1950-1965 » pour visualiser l’emprise des carreaux de mine et des entrées de galeries avant la renaturation.
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Accès au Géoportail (Activez la couche « Carte géologique »).
-
5. Documentation Iconographique et Vidéos
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INA (Institut National de l’Audiovisuel) : Recherche sur « Mines de la Mure » ou « Houillères du Dauphiné » pour voir des reportages d’époque montrant les mineurs au travail, notamment dans les secteurs escarpés.
Bibliographie
-
1. Ouvrages de référence (Monographies)
-
ASSOCIATION LA MINE IMAGE. Les Gueules Noires de la Mure : Cent cinquante ans d’histoire des Houillères du Bassin du Dauphiné. Ouvrage collectif.
2. Études Géologiques et Techniques
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GIDON, Maurice. Géologie de la Matheysine. (Travaux disponibles via le portail Geol-Alp). Indispensable pour comprendre la complexité tectonique du secteur Saint-Arey et la difficulté de l’exploitation en dressants.
-
HAUDOUR, Jean & SARROT-REYNAULD, Jean. Le bassin houiller de La Mure (Isère) : étude géologique. Bulletin du Service de la Carte Géologique de la France, 1964.
-
SARROT-REYNAULD, Jean. Étude géologique du dôme de La Mure (Isère) et des régions annexes. Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France, 1961.
3. Articles et Publications Scientifiques
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BAILLY-MAÎTRE, Marie-Christine. « Les mines de plomb et d’argent en Oisans et en Matheysine au Moyen Âge ». Revue de géographie alpine. (Bien que centré sur le Moyen Âge, ses travaux posent les bases de l’histoire minière dauphinoise)
4. Sources d’Archives (Cotes spécifiques AD38)
-
Fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) : Archives départementales de l’Isère, Série S (Travaux publics) et surtout la Série J (Fonds privés et d’entreprises).
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Série 108 J : Fonds des Houillères de la Mure (plans de galeries, rapports d’accidents, dossiers du personnel).
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Série 7 S : Mines et carrières (dossiers de concessions du XIXe siècle, notamment pour la concession de Prunières dont dépend Saint-Arey).
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5. Rapports Institutionnels
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) :
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Inventaire des archives minières des HBD.
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Rapports de mise en sécurité (DREAL/UTAM) effectués lors de la fermeture définitive des accès dans les années 1990-2000.
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Galerie Photos
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Le Terril de Combe Villaret : Un Témoin Silencieux de l’Époque Houillère Dauphinoise
Étude d’un pan du patrimoine industriel du Dauphiné, entre mémoire de l’extraction charbonnière et évolution du paysage.
Au cœur du Dauphiné, le terril de Combe Villaret n’est pas qu’un simple amoncellement de stériles ; il est une véritable archive à ciel ouvert, un témoin silencieux mais éloquent de l’intense période d’exploitation houillère qui marqua la région de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle. Ce vestige colossal, souvent perçu comme une simple cicatrice paysagère, révèle en réalité un pan essentiel de notre histoire industrielle et sociale, racontant les prouesses techniques, les destins humains et les bouleversements économiques liés à l’extraction du charbon. Plongeons dans la signification profonde de ce marqueur patrimonial qui continue de sculpter la mémoire collective et le paysage dauphinois.
Informations pratiques
| Catégorie | Information |
| Objet Principal | Terril (zone artificielle de rejets miniers) |
| Nom du Site | Combe du Villaret |
| Type de Site | Vestige d’exploitation houillère / Patrimoine industriel |
| Localisation | Région : Dauphiné (Isère) Commune de Susville Le Villaret |
| Origine | Accumulation des stériles (roches non exploitables) issus de l’extraction du charbon (anthracite) du puits de mine du Villaret. |
| Période d’Activité (liée au terril) | 1948-1968 (L’exploitation minière de la région s’est arrêtée définitivement en 1997). |
| Type de Minerai | Anthracite |
| Concession Minière Associée | Concession des Houillères du Bassin Dauphinois |
| Nature des Matériaux | Schistes, grès, résidus de charbon et roches diverses provenant des galeries et chantiers d’extraction. |
| Dimensions / Aspect | Décrit comme « colossal » et « montagne artificielle », constituant un élément marquant du paysage. |
| Signification Patrimoniale | – Témoin majeur de l’histoire industrielle et économique du Dauphiné. |
| – Archive à ciel ouvert des techniques et de l’intensité de l’activité minière. | |
| – Marqueur paysager et historique de l’empreinte humaine sur l’environnement. | |
| État Actuel | Vestige visible et conservé, objet d’étude et de mémoire. |
Qu’est-ce qu’un Razzier et pourquoi celui des Combes du Villaret est-il unique ?
Dans le monde de l’exploitation minière, une « mine » désigne un gisement de matériaux précieux ou stratégiques comme l’or, le charbon ou le fer. La distinction avec une « carrière », d’où l’on extrait des matériaux de moindre valeur, est cruciale et définie par le code minier en France. Mais qu’en est-il d’un « razzier » ?
Le Razzier de Versenat n’était pas une mine à proprement parler, mais plutôt un gigantesque monticule de « stériles » – les roches et terres sans valeur extraites lors de l’exploitation du charbon. Situé à Susville, près du « Puits du Villaret« , ce razzier avait une fonction essentielle : stocker les millions de tonnes de déblais issus de l’extraction minière de charbon du puits.
Retrouvez ici les articles minier dont ceux consacrés des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD

Le terril des Combes au Villaret en 1948, avec les marques parallèles des coupes de bois bien visibles
L’Épopée du Razzier de Versenat : Une Construction Stratégique (Années 1948-1968)
L’histoire du Razzier des Combes du Villaret débute véritablement en 1948. Le « Puits du Villaret » est alors en pleine activité pour extraire le précieux charbon. Mais que faire des énormes quantités de schiste noir remontées des profondeurs ? La solution est trouvée au lieu-dit « les Combes du Villaret ».
Pour acheminer ces déblais jusqu’à leur lieu de stockage, un système ingénieux est mis en place : un « télébenne » est construit pour transporter les stériles depuis l’usine du Villaret. Le choix de cet emplacement n’est pas anodin. La présence d’une ancienne voie ferrée au sommet de la pente facilite grandement le déversement des matériaux par des camons bennes, permettant de stocker de vastes quantités de schiste sur 350 mètres. De plus, les terrains appartenant à la mine, les coûts sont minimisés, et aucune habitation n’est menacée par d’éventuels glissements de terrain.
Avant même le début du déversement, la zone des Combes du Villaret, entièrement boisée en 1944, subit un important chantier de déboisage dès 1948, comme en témoignent des photos aériennes de l’époque, montrant des coupes en bandes parallèles sur la pente. En 1952, les images aériennes révèlent déjà l’ampleur du razzier, l’arrivée du télébenne et les bâtiments adjacents.

Le terril des Combes au Villaret en 1952, avec ses dépôts de stériles sombres bien visibles.
Quand la Nature Reprend ses Droits : L’Abandon et la Renaissance
En 1968, le Razzier de Versenat est finalement abandonné, remplacé par un nouveau razzier situé directement au Villaret. Pour prévenir les glissements de terrain et protéger le village de « Le Villaret », des dépôts en forme de cône sont aménagés le long du télébenne.
Aujourd’hui, près de soixante ans après son abandon, le Razzier de Versenat disparaît progressivement sous l’assaut de la végétation. Ce qui était autrefois une zone noire et stérile, clairement visible depuis la route Napoléon, est désormais recouvert par la forêt. Cet ancien paysage industriel se transforme en un écosystème en devenir, où la nature reprend lentement ses droits.
Le Razzier de Versenat demeure un témoignage essentiel de l’histoire minière du Dauphiné, rappelant l’ingéniosité humaine face aux défis industriels et la capacité de la nature à se régénérer.

En 1960, le terril des Combes au Villaret, qui illustre son extension, révèle également que les déchets étaient lâchés depuis la benne, formant ainsi un alignement de monticules le long du tracé.
1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert
Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :
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Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.
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Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.
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Les « Grands Bureaux » et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.
2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid
Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.
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L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.
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La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les « trieurs » finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.
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Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.
3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »
Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.
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Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.
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Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.
4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière
Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.
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Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.
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La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.
5. La dynamique « Jour / Fond » : Une solidarité complexe
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Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls « vrais » mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.
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L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.
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La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.
6. L’héritage architectural
Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du « Jour » :
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Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).
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Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.
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Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.
Foire Aux Questions le terril des Combes du Villaret
1. Qu’est-ce que le Terril des Combes du Villaret ?
Le Terril des Combes du Villaret, aussi connu sous le nom de Razzier de Versenat, est un amoncellement colossal de stériles (roches non exploitables) issus de l’extraction du charbon (anthracite) du puits de mine du Villaret. Il s’agit d’un vestige majeur de l’exploitation houillère et du patrimoine industriel du Dauphiné, agissant comme une « archive à ciel ouvert » de l’histoire minière de la région.
2. Où est situé ce terril ?
Le terril est localisé dans la région du Dauphiné (Isère), sur la commune de Susville, au lieu-dit « Le Villaret ».
3. Quelle était la fonction principale du Razzier de Versenat ?
Sa fonction essentielle était de stocker les millions de tonnes de déblais (roches et terres sans valeur) extraits lors de l’exploitation du charbon du « Puits du Villaret ».
4. De quels matériaux est-il composé ?
Le terril est constitué de schistes, de grès, de résidus de charbon et de roches diverses provenant des galeries et chantiers d’extraction.
5. Quelle a été la période d’activité liée à la formation de ce terril ?
L’histoire du Razzier des Combes du Villaret débute en 1948, et son activité de déversement s’est étendue jusqu’en 1960, date à laquelle il a été abandonné au profit d’un nouveau razzier. L’exploitation minière de la région s’est arrêtée définitivement en 1997.
6. Comment les stériles étaient-ils acheminés jusqu’au terril ?
Un système ingénieux de « télébenne » a été construit pour transporter les stériles depuis l’usine du Villaret jusqu’au site de stockage des Combes du Villaret. La présence d’un vestige de voie ferrée au dessus de la pente a également facilité le déversement des matériaux sur 350 mètres.
7. Pourquoi le site des Combes du Villaret a-t-il été choisi pour l’emplacement du razzier ?
Le choix de cet emplacement était stratégique car les terrains appartenaient à la mine, minimisant ainsi les coûts. De plus, aucune habitation n’était menacée par d’éventuels glissements de terrain. La présence du vestige d’une voie ferrée facilitait aussi l’acheminement des matériaux.
8. Quelle est la signification patrimoniale de ce terril aujourd’hui ?
Il est considéré comme un témoin majeur de l’histoire industrielle et économique du Dauphiné, une archive à ciel ouvert des techniques et de l’intensité de l’activité minière, et un marqueur paysager et historique de l’empreinte humaine sur l’environnement.
9. Qu’est devenu le Razzier de Versenat après son abandon ?
Après son abandon en 1968, la nature a progressivement repris ses droits. Ce qui était autrefois une zone noire et stérile est désormais recouvert par la forêt, se transformant en un écosystème en devenir.
10. Quelle est la distinction entre une « mine » et un « razzier » dans ce contexte ?
Dans le monde minier, une « mine » désigne un gisement de matériaux précieux ou stratégiques (comme le charbon), tandis qu’un « razzier » (ou terril) est un gigantesque monticule de « stériles », c’est-à-dire les roches et terres sans valeur extraites lors de l’exploitation de la mine. Le Razzier de Versenat n’était donc pas une mine en soi, mais le lieu de stockage des déblais de la mine du Puits du Villaret.
Poursuivez votre exploration
Retrouvez l’histoire du puits du Villaret
L’histoire de son terril
Et l’histoire de son exploitation
Sources et sites officiels
. Sites dédiés au patrimoine minier du Dauphiné / Matheysine :
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Houillères du Dauphiné – Patrimoine Industriel Minier : Ce site offre une vue d’ensemble du bassin houiller du Dauphiné, mentionnant le puits du Villaret et le projet de mise en valeur du patrimoine.
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Wikipedia – Houillères du Dauphiné : Une source encyclopédique complète sur l’histoire des mines d’anthracite de la Matheysine, incluant le puits du Villaret.
Bibliographie
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- Auteur(s) : Jean-Michel GÉRIN
Titre : La Matheysine au temps des mineurs : Regards sur un passé industriel
Éditeur : Le Dauphiné Libéré (collection Les Patrimoines)
Année de publication : 2011
Description : Cet ouvrage met en lumière le quotidien des mineurs et l’impact de l’industrie charbonnière sur la région de la Matheysine, dont le site du Villaret fait partie intégrante.
ISBN : 978-2911739818 -
Auteur(s) : Collectif (sous la direction de l’Association Mine Image)
Titre : Mine Image : Le livre du musée
Éditeur : Association Mine Image
Année de publication : Date variable, souvent mis à jour (vérifier la dernière édition).
Description : Le musée Mine Image est un centre d’interprétation majeur pour le bassin houiller. Leur publication est une excellente source d’informations techniques et historiques directement liées aux méthodes d’exploitation et aux infrastructures comme les terrils.
- Auteur(s) : Jean-Michel GÉRIN
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