Articles dédiés à l’histoire de la concession minière des Boines, son périmètre, ses puits d’extraction (comme le Puits des Boines) et son rôle dans le bassin houiller de La Mure.

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Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

La mine des Boines : lavage, séchage et transport du charbon

Découvrez les coulisses de l’exploitation minière aux Boines : de l’extraction en montagne au lavage, séchage et ensachage artisanal du charbon avant son expédition.

Entre extraction périlleuse et logistique de haute montagne, découvrez les coulisses méconnues de la mine des Boines à La Motte-d’Aveillans. De la séparation gravimétrique rudimentaire aux défis du triage manuel, plongez au cœur d’un processus artisanal indispensable qui, au XIXe siècle, transformait le charbon brut de la Matheysine en une ressource énergétique prête pour les marchés dauphinois.

Informations pratiques

Caractéristique Détails
Site d’exploitation Les Boines (Massif du Dauphiné)
Type d’activité Traitement post-extraction du charbon
Nature du processus Artisanal (manuel et mécanique léger)
Étapes clés Lavage, séchage, triage, ensachage
Finalité Préparation au transport et à la commercialisation
Main-d’œuvre Artisanale / Locale
État du site [À compléter selon la réalité : Exemple « Vestiges conservés » ou « Site réhabilité »]

Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité

L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :

  1. L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.

  2. La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.

Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.

Infrastructures et logistique

La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.

Note technique sur le traitement du charbon aux sites de Serre-Leycon et des Boines

1. La nécessité du traitement du « tout-venant »

À sa sortie du fond, le charbon extrait des concessions de Serre-Leycon et des Boines se présentait sous forme de « tout-venant », un mélange hétérogène incluant le combustible proprement dit et des stériles (schistes, grès, débris de bois et terres). Cette phase de préparation mécanique, bien que sommaire, était impérative pour accroître le pouvoir calorifique du produit fini et garantir sa valeur marchande.

2. Une installation de traitement rudimentaire

Contrairement aux lavoirs industriels mécanisés qui se généralisent à la fin du XIXe siècle, le site exploitait une infrastructure de lavage par voie humide, rudimentaire mais fonctionnelle. Le minerai était acheminé par des plans inclinés (système de descenderies aériennes) jusqu’à un canal de lavage aménagé. L’utilisation du courant naturel du ruisseau de Vaulx permettait, par différence de densité, une séparation gravimétrique sommaire des matériaux.
Note technologique : Ce procédé, hérité de traditions minières anciennes, privilégiait le criblage manuel. Les « fines » (charbon de faible granulométrie), faute de techniques de décantation ou de récupération adéquates, étaient rejetées avec les stériles, engendrant un gaspillage énergétique important.

3. Impacts environnementaux et empreinte paysagère

L’absence totale de préoccupations environnementales à cette époque condamnait le ruisseau de Vaulx à un envasement rapide et à une pollution chronique. Les eaux de lavage, chargées en particules fines et en résidus carbonés, altéraient durablement la qualité physico-chimique du cours d’eau. Aujourd’hui, l’effacement des structures de surface (plans inclinés et canaux) rend la lecture archéologique de ces installations complexe, illustrant la fragilité des traces laissées par ces petites exploitations artisanales.

4. Logistique et mise en marché

Après l’opération de lavage, le combustible subissait un ressuyage naturel à l’air libre. Une fois stabilisé, le charbon était conditionné et acheminé par charrettes vers la gare de La Festinière, point nodal de l’évacuation du produit vers les marchés régionaux. Malgré son caractère archaïque et son empreinte écologique significative, ce processus constituait un maillon indispensable de la chaîne de valeur minière du XIXe siècle, transformant une ressource brute en un produit énergétiquement exploitable.


Le tri manuel — que l’on nomme techniquement le « triage » ou le « picking » — est une étape fondamentale de la chaîne de valeur minière au XIXe siècle. Dans les petites mines de montagne, c’est là que se décide la rentabilité de l’exploitation.

Voici une analyse de cette pratique, souvent invisible dans les grandes monographies industrielles, mais centrale pour comprendre le quotidien d’une mine temporaire.

1. La distinction technique : Triage vs Lavage

Il est crucial de bien distinguer les deux :

  • Le triage (manuel) : Concerne les gros morceaux (le calibre « tout-venant »). Il est réalisé avant le lavage.

  • Le lavage (hydraulique) : Concerne les menus (les fines). Il est réalisé après le triage.

Le triage permet de ne pas gaspiller de l’eau (ressource rare) et du temps en lavant inutilement de la roche stérile qui peut être écartée immédiatement à la main.

2. Le cadre matériel : La table de triage

Dans ces mines isolées, l’infrastructure était rudimentaire mais efficace :

  • La plate-forme de triage : Souvent une structure en bois surélevée à hauteur de taille. Le « tout-venant » (le charbon brut sortant de la galerie) était déversé sur cette table ou une plateforme inclinée.

  • Le geste : Les trieurs manipulent les blocs. L’anthracite, de par sa nature (éclat vitreux, dureté, noir profond), est très facile à distinguer visuellement de la « gangue » (la roche hôte, souvent schisteuse, grise ou brune).

  • Le matériel : On trouvait généralement trois zones de chute ou trois bacs/paniers disposés autour du trieur :

    1. Le charbon marchand : Les morceaux purs, destinés à la vente.

    2. Le « mixte » : Des morceaux où charbon et roche sont encore soudés. Ils étaient mis de côté pour être concassés plus finement (au marteau) avant de passer au lavage.

    3. Les stériles : La roche pure (schistes, grès) qui était jetée directement sur le terril, juste à côté de la plateforme, pour éviter tout transport inutile.

3. La dimension humaine : Les « Trieuses »

C’est un point sociologique majeur. Le triage était une activité « non-guerrière » et moins dangereuse que l’extraction au fond.

  • La main-d’œuvre : C’était quasi exclusivement le travail des femmes, des adolescents, des vieillards ou des mineurs blessés/inaptes au fond. Dans les mines de montagne, cette activité permettait d’intégrer une partie de la population locale à l’économie minière.

  • La pénibilité : C’est un travail statique, répétitif, dans le froid (car souvent en extérieur), avec une exposition constante à la poussière de charbon (silicose ou anthracose des voies aériennes supérieures). La posture debout, penchée sur la table, causait des troubles musculo-squelettiques chroniques.

4. La logique économique : Pourquoi trier manuellement ?

Dans une mine de montagne, le coût de revient est dominé par le transport (à dos de mulet). Chaque kilogramme de roche inutile transporté en bas de la vallée est une perte d’argent sèche.

  • Le triage est une opération de « désengorgement » : En éliminant 30 à 40 % de stériles dès la sortie de la mine, on réduit drastiquement le poids à transporter par les muletiers.

  • La valorisation du produit : Le charbon « trié » se vendait plus cher. Le client (souvent une forge locale ou un foyer domestique) exigeait un anthracite « propre », sans terre ni schiste, car la roche ne brûle pas et encrasse les foyers.

En résumé

Le tri manuel était le filtre de qualité de la mine. C’était une activité de précision visuelle avant d’être une activité de force. Pour une mine de montagne saisonnière, c’est l’étape qui permettait de rentabiliser le transport en amont du lavage hydraulique. C’est un travail qui « professionnalisait » l’extraction brute en la transformant en une marchandise classée et vendable.

Avez-vous identifié, dans vos recherches, si la mine était exploitée par une société anonyme (avec une hiérarchie stricte) ou par des petits concessionnaires indépendants ? La gestion du triage variait énormément selon le niveau de contrôle sur la production.

Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

Vestiges de la zone d’arrivée du télébenne de transport en 2019 : une trace aujourd’hui effacée du paysage des Boines.

1. La contrainte comme moteur de l’organisation : Le « Temps de la Mine »

Le problème que vous soulevez (inaccessibilité hivernale et étiage estival) définit totalement le cycle de production. Ces mines ne fonctionnaient pas en flux tendu, mais par séquences de stockage et de traitement.

  • Le cycle annuel :

    • Hiver : Arrêt total. Le personnel rentre dans ses foyers ou se consacre à l’élevage.

    • Printemps (la période idéale) : C’est le moment de la fonte des neiges. Les cours d’eau sont gonflés, offrant le débit nécessaire au lavage par gravité. C’est le pic d’activité.

    • Été : Période d’étiage. Le débit des cours d’eau devient insuffisant pour entraîner les mécanismes de lavage. L’activité de lavage s’arrête, mais l’extraction (le travail au fond) peut se poursuivre, le charbon étant stocké en attente de l’automne ou des pluies.

    • Automne : Seconde fenêtre de tir avec le retour des pluies avant les premières neiges.

2. Le principe technique : La séparation densimétrique

L’anthracite, contrairement à la houille grasse, est dense et très dur. Cette caractéristique est un avantage pour le lavage : il ne se délite pas facilement dans l’eau. Le principe du lavage au XIXe siècle dans un cours d’eau reposait sur la différence de densité entre le charbon (l’anthracite) et sa gangue (schistes, grès, pyrites).

Les méthodes rudimentaires observées :

  1. Le crible à main (ou crible à secousses hydraulique) : L’ouvrier place le tout-venant dans une grille (le crible) immergée dans un bac ou directement dans le courant. Par un mouvement de va-et-vient vertical, il crée une stratification : les éléments les plus denses (la gangue) tombent au fond du crible ou restent sur le dessus selon la technique, tandis que le charbon plus léger est récupéré.

  2. Le chenal de lavage (rigole) : C’est la méthode la plus simple. On détournait une partie du cours d’eau dans une rigole en bois (ou creusée à même le sol). On y jetait le charbon brut. Le courant emportait les éléments légers (poussières, boues), tandis que les morceaux d’anthracite, plus lourds, se déposaient au fond du chenal ou étaient retenus par des « barrages » (des tasseaux de bois placés en travers).

3. Gestion du manque d’eau en été : L’ingéniosité des mineurs

Pour pallier le manque d’eau estival, les exploitants utilisaient plusieurs techniques historiques :

  • Le bassin de retenue (l’étang de lavage) : Si le cours d’eau faiblissait, on construisait une petite retenue temporaire en amont. On stockait l’eau durant la nuit pour l’utiliser par « chasses » ou par libération contrôlée durant les heures de travail de la journée. C’est une technique héritée du flottage du bois ou des mines d’or alluvionnaires.

  • Le lavage en circuit fermé : Si la mine était un peu plus structurée, on utilisait des bacs à fond incliné où l’eau était recyclée par pompage manuel ou par une petite roue à aubes (si le filet d’eau était suffisant pour entraîner une roue de faible diamètre). Mais cela restait rare pour les petites mines temporaires.

  • Le report de traitement : À défaut d’eau, on procédait uniquement au triage à la main (le « picking »). Les femmes et les enfants, souvent, triaient le charbon sur des tables, écartant la roche visible. Le lavage hydraulique était réservé aux fines (le menu), qui ne pouvaient être triées à la main.

4. Les traces archéologiques à rechercher

Si vous travaillez sur le terrain, voici ce que vous devez chercher pour confirmer ces pratiques :

  • Aménagements hydrauliques : Cherchez des traces de canaux de dérivation (parfois très rudimentaires, en pierre sèche ou bois) qui longeaient les flancs de montagne pour amener l’eau vers la plate-forme de travail.

  • Les « schisteux » ou « terrils de lavage » : Ce sont les dépôts de stériles les plus révélateurs. Ils sont souvent situés en aval de la zone de lavage, formant des accumulations de débris rocheux propres (lavés). La granulométrie de ces dépôts vous donnera une indication sur la précision du lavage.

  • Le « plateau de travail » : Une zone plane à proximité immédiate du ruisseau, souvent recouverte d’une couche de charbon fin (pertes de lavage).

5. Une perspective historique (La notion de pollution)

Le lavage au fil de l’eau polluait les rivières en aval (turbidité, rejets de pyrite). Bien que les réglementations minières du XIXe siècle fussent souvent laxistes dans ces zones reculées, il existait des conflits d’usage fréquents avec les agriculteurs en aval (les « boues de lavage » détruisant les prairies irriguées). Ces conflits laissent souvent des traces dans les archives préfectorales ou municipales.

En résumé : Le lavage de l’anthracite dans ces mines temporaires était une activité de saisonnier hydraulique. L’anthracite, par sa densité, se prêtait particulièrement bien à des systèmes rudimentaires de séparation par courant d’eau. La gestion de l’eau était le facteur limitant qui dictait le calendrier de production, transformant l’eau non pas en une ressource continue, mais en une ressource stockable et séquentielle.

Vestiges de la zone de lavage et de traitement du charbon aux Boines en 2019 : le site est aujourd'hui à l'abandon.

Vue de la zone de traitement du charbon aux Boines en 2019. Il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace de ces installations artisanales.

1. Pourquoi fallait-il impérativement « sécher » (égoutter) ?

Pour un historien, il faut voir cela sous l’angle du coût et de la valeur marchande :

  • L’économie du transport : Dans ces régions isolées, le transport se faisait à dos de mulet ou par chariots sur des chemins difficiles. Le coût du transport était la part la plus importante du prix de revient final. Transporter de l’anthracite gorgé d’eau, c’était payer le transport de dizaines de kilos d’eau inutile. Chaque pourcentage d’humidité en moins était une économie directe.

  • La conservation des sacs : Au XIXe siècle, les sacs étaient en jute, en chanvre ou en toile grossière. L’anthracite, surtout s’il contenait des pyrites (souvent associées à l’anthracite), devenait acide au contact de l’eau. Un charbon humide stocké dans un sac en fibre organique le faisait pourrir en quelques jours, provoquant des pertes de marchandise lors du transport.

  • La valeur commerciale : Le client final (forge, chauffage domestique) achetait du carbone. Vendre du charbon « mouillé » était souvent perçu comme une fraude ou, au minimum, un produit de basse qualité, car l’humidité dégrade le rendement thermique (l’énergie est perdue à évaporer l’eau avant d’amorcer la combustion).

  • Le risque de gel : Puisque vous mentionnez des mines dont l’accès est impossible l’hiver, le processus d’égouttage était une course contre la montre avant les premières gelées. Un stock de charbon humide qui gèle devient un bloc compact impossible à ensacher, et il peut même faire éclater les contenants.

2. Comment procédaient-ils techniquement ?

Sans technologie complexe, la méthode était purement gravitaire et temporelle :

  • Le parc à charbon (ou « aire d’égouttage ») : Après le lavage, le charbon (surtout les calibres « gros » et « moyen ») était étalé sur une aire plane, souvent inclinée, située en contrebas du lavoir ou du cours d’eau. Cette aire était parfois dallée de pierres plates ou simplement recouverte d’un lit de graviers pour éviter que le charbon ne se mélange à la terre ou à l’argile du sol.

  • L’effet de la granulométrie :

    • Les gros morceaux (le tout-venant trié) s’égouttaient naturellement en quelques heures grâce à la faible porosité de l’anthracite.

    • Les fines (le « menu ») posaient un problème majeur : elles retiennent l’eau par capillarité. Elles étaient souvent laissées en tas pyramidaux sur l’aire d’égouttage pendant plusieurs jours, retournées à la pelle pour favoriser l’évaporation naturelle par le vent et le soleil.

  • La temporalité : L’organisation du travail était telle que le lavage se faisait en début de semaine, et l’ensachage en fin de semaine. Le charbon restait ainsi exposé à l’air libre pendant 2 ou 3 jours.

C’est une étape cruciale. Dans les mines de montagne du XIXe siècle, la logistique est le goulot d’étranglement. L’extraction est une chose, mais « l’évacuation » vers les centres de consommation (vallées, forges, villes) est ce qui détermine la rentabilité de la concession.

Voici comment s’organisait la chaîne logistique, de la plateforme de la mine jusqu’au réseau routier principal.

1. L’Ensachage : Une opération de précision

L’ensachage n’était pas une simple mise en sac, c’était une opération commerciale et métrologique.

  • Le lieu : Le Carreau. L’ensachage se faisait sur le « carreau de la mine », l’aire de stockage qui jouxtait la sortie de la mine ou le lavoir.

  • Les contenants : On utilisait principalement des sacs en jute ou en toile de chanvre grossière. Ce sont des sacs réutilisables qui circulaient en boucle. Le sac « fatiguait » vite : l’anthracite, très abrasif et dur, finissait par percer la toile par frottement interne lors du transport à dos de mulet.

  • La standardisation : Dans les mines de montagne, on travaillait souvent par « poids unitaires » standardisés pour faciliter la comptabilité. Le poids standard tournait souvent autour de 50 kg ou 100 kg.

  • L’outil : La bascule. À côté de la zone de remplissage, il y avait presque toujours une bascule (balance). Chaque sac était pesé pour éviter les litiges entre l’exploitant, le transporteur (souvent payé à la tonne ou au trajet) et le client final.

  • La technique : On remplissait le sac à la pelle, on le tassait vigoureusement (pour éviter que le contenu ne bouge, ce qui déséquilibrerait la mule), et on cousait la gueule du sac avec de la ficelle de chanvre ou un fil de fer torsadé.

2. Le Transport : Une logique en « entonnoir »

Le transport se faisait rarement par un seul moyen. Il s’agissait d’une chaîne de relais adaptée à la topographie.

A. Le premier maillon : La descente de la montagne (La plus difficile)

Si la mine était en altitude (ce qui est courant dans les mines d’anthracite de montagne type Alpes ou Massif Central), le premier trajet était le plus périlleux.

  • Le mulet (le « roi » du transport) : C’était le moyen de transport exclusif sur les sentiers escarpés. Un mulet pouvait porter environ 100 à 150 kg (un sac de chaque côté). C’est un travail éreintant qui nécessitait des muletiers experts capables de gérer les chutes de pierres et les sentiers boueux.

  • Le plan incliné gravitaire (si configuration favorable) : Si la mine était située au-dessus d’une vallée ou d’une route carrossable, on utilisait parfois un plan incliné. On faisait descendre les wagonnets (ou des caisses sur des rails rudimentaires) par gravité, un câble freinant la descente. C’était le moyen le plus économique, mais il demandait un investissement en rails.

B. Le second maillon : Le regroupement (Le « dépôt »)

Le charbon était rarement livré directement au client final. Il était acheminé vers un dépôt intermédiaire situé au point le plus haut atteignable par les chariots à chevaux ou les charrettes à bœufs.

  • C’est ici que l’on stockait le charbon en attendant une fenêtre météo favorable ou l’arrivée d’une commande groupée.

  • C’est aussi là que se faisaient les transactions : le producteur vendait son stock au dépôt, et les grossistes venaient s’y servir.

C. Le troisième maillon : La route de vallée

Une fois arrivé sur une route carrossable (ou près d’une voie ferrée à partir de la fin du siècle), on transbordait le charbon dans des chariots (tombereaux) tirés par des chevaux ou des bœufs. C’est à ce stade que le transport devenait plus « industriel ».

3. Les problèmes historiques majeurs liés à ce transport

Pour votre travail d’historien, voici les trois points de friction que vous retrouverez inévitablement dans les archives :

  1. Le vol et la « déperdition » : Il était extrêmement courant qu’une partie du chargement disparaisse entre la mine et le dépôt. Le transporteur pouvait en décharger une partie en route pour sa consommation personnelle ou pour la revendre. Les contrats de transport comportaient souvent des clauses strictes sur la « tare » (le poids à l’arrivée).

  2. L’état des chemins : La saisonnalité que vous évoquiez (fermeture hivernale) est aussi liée à l’état des chemins. Dès les premières pluies d’automne, les chemins de terre se transformaient en ornières impraticables pour les chariots. Le transport était donc une course contre la montre entre la fin du lavage (été/automne) et la dégradation des chemins.

  3. L’usure du matériel : Les frais de transport (achat/entretien des sacs, location des mules, entretien des chariots) pouvaient représenter jusqu’à 30% ou 40% du prix de vente du charbon sur le marché. C’est pourquoi ces mines mouraient souvent dès que le prix du charbon baissait légèrement : le coût du transport « mangeait » toute la marge.

Traces au sol et enjeux de terrain

Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.

Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.

Foire Aux Questions plateforme traitement charbon

Après l’extraction en montagne, le charbon subissait une série d’opérations artisanales sur place : le lavage (pour séparer les impuretés), le séchage à l’air libre, le tri manuel, puis l’ensachage pour préparer le produit au transport vers les zones de consommation.

Les Boines témoignent de l’activité minière artisanale historique de la région. Bien que les installations soient aujourd’hui disparues, le site reste un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’histoire industrielle et le travail des mineurs dans le Dauphiné.

Non, le site a évolué avec le temps. Comme en témoignent les archives photographiques (notamment de 2019), les infrastructures comme la zone d’arrivée du télébenne ont été démantelées. Il ne reste aujourd’hui plus de traces visibles de ces installations techniques.

Oui, contrairement aux grandes mines industrielles, l’exploitation des Boines intégrait directement le conditionnement (lavage et ensachage) sur le site ou à proximité immédiate pour faciliter la logistique du transport depuis la montagne.

Poursuivez votre exploration

Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine

La concession des Boines l’histoire des mines

La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire

La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport

La concession des Boines les grattages des Boines

Sources et sites officiels 

. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)

Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :

  • Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/

    • Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.

  • Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/

    • Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.

2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)

Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :

  • Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/

    • Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.

3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)

  • Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/

    • Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)

    Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :

    • Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).

      • Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».

    2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)

    Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :

    • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.

      • Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.

    • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.

      • Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.

      • Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »

    3. Ressources muséales et associatives

    • Mine Image (La Mure).

      • Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.

    • Association des Amis du Musée de la Mine.

      • Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».

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Vestige d'une zone de grattage de charbon sur l'ancienne concession minière des Boines à La Motte d’Aveillans en 2023.

Mine des Boines : l‘histoire oubliée de l’extraction en Isère

Plongez au cœur du Dauphiné, à La Motte d’Aveillans, pour découvrir les vestiges fascinants de la mine des Boines et comprendre l’épopée industrielle méconnue de cette exploitation minière artisanale.

Au cœur du Dauphiné, les hauteurs de La Motte-d’Aveillans abritent encore les cicatrices d’une épopée industrielle méconnue : la mine des Boines. Entre vestiges de grattages artisanaux et anciennes galeries, plongez dans l’histoire fascinante de cette exploitation minière de montagne, témoin d’un passé où le travail acharné des hommes se heurtait à la complexité géologique de la Matheysine.

Informations pratiques

Caractéristique Détails
Nom du site Concession des Boines
Localisation La Motte-d’Aveillans, Isère (Dauphiné)
Type d’exploitation Mine artisanale (charbon)
Vestiges visibles Alignements de grattage, traces d’extraction
État des lieux Site archéologique / Patrimoine industriel
Période d’activité XIXe – XXe siècle (période historique)
Type de patrimoine Patrimoine minier dauphinois

Définition technique et historique

Le « grattage » désigne une modalité d’exploitation artisanale, pré-industrielle ou para-industrielle, consistant à extraire le charbon (ici l’anthracite) directement à son point d’émergence en surface. Contrairement à la mine souterraine, cette pratique ne nécessite aucun percement de puits ou de galeries complexes. Le mineur-paysan exploite la « tête de couche » là où elle « affleure » — c’est-à-dire là où les mouvements tectoniques ou l’érosion ont ramené la veine de charbon au contact direct de la couche arable ou du sous-sol immédiat.

Méthodologie d’exploitation : Le processus opératoire

La méthodologie mise en œuvre par les mineurs-paysans (souvent des exploitants saisonniers pratiquant la « pluriactivité ») repose sur une technique de déblaiement séquentiel :

1. Prospection empirique (Le repérage)

Le mineur-paysan utilise sa connaissance fine du terrain. Il repère l’affleurement grâce :

  • Aux indices de surface : Les « suintements » de charbon dans les talus, les berges de ruisseaux ou les zones où la végétation est chétive (le charbon rendant le sol moins propice à certaines cultures).

  • À l’héritage oral : La transmission de savoirs sur les zones de « terre noire » ou de « terre grasse ».

2. Le « découverture » (Le décapage)

C’est l’étape la plus physique. Le mineur procède à l’enlèvement des morts-terrains (terre végétale, roches altérées, éboulis).

  • Technique : Création d’une tranchée perpendiculaire ou parallèle à la direction de la couche.

  • Outils : La bêche, la pioche, la barre à mine, et parfois l’usage de coins en fer pour disloquer les bancs de roche encaissante.

3. L’extraction (Le « grattage » proprement dit)

Une fois la veine mise à nu, le mineur procède par abattage manuel :

  • Il « gratte » le charbon à la pointe du pic ou de la pointerolle.

  • L’anthracite, étant un charbon très dur, nécessite souvent un travail de levier important pour extraire les blocs.

  • Le tri se fait in situ : le mineur écarte la « stérile » (la roche stérile) qu’il rejette immédiatement dans la partie déjà exploitée de la tranchée (prémices du remblayage).

4. Le front de taille évolutif

La méthode est rarement stationnaire. Le mineur suit la veine tant que la couverture (le poids des terres au-dessus) reste gérable à la force humaine. Dès que la profondeur devient trop importante ou que l’instabilité des parois menace (risques d’éboulements), la tranchée est abandonnée. On assiste alors à un « grignotage » horizontal de la colline ou du flanc de coteau.

Caractéristiques socio-historiques à souligner

  • Le caractère opportuniste : C’est une extraction « au besoin », souvent destinée à l’autoconsommation domestique ou à un marché local très restreint (forge du village, chauffage).

  • Le faible investissement en capital : L’absence d’infrastructure (pas d’exhaure, pas d’aérage, pas d’extraction mécanique) rend cette méthode très flexible, mais extrêmement limitée en termes de productivité.

  • L’impact paysager : Ces grattages laissent des cicatrices durables, des « chablis » de terre et des petites excavations que les géologues et historiens identifient aujourd’hui comme des « puits de renard » ou des « tranchées d’affleurage ».

Les traces d’exploitation.

1. La morphologie en « cuvette » : une gestion du stérile

La forme en cuvette que vous observez est la signature topographique du remblaiement immédiat.

  • Dans une couche de 50 cm, le ratio stérile/charbon est souvent défavorable dès que l’on dépasse quelques mètres de profondeur.

  • Le mineur-paysan, pour ne pas encombrer l’espace de travail exigu, rejette les déblais derrière lui au fur et à mesure qu’il avance.

  • La « cuvette » résulte de ce mouvement de balancier : le mineur « suit » la couche en décaissant une bande étroite, puis en comblant l’arrière, créant ces micro-dépressions circulaires ou elliptiques. Avec le temps, le tassement des remblais et l’érosion des lèvres de l’excavation accentuent cet aspect de cuvette fermée.

2. Le défi des 50 cm : l’exploitation « en taille montante »

Avec une puissance aussi faible, l’accès à la veine est un défi physique majeur. La méthodologie imposée par cette étroitesse est la suivante :

  • Le travail « à genoux » ou « à plat ventre » : Contrairement à la mine souterraine structurée, le mineur-paysan ne peut pas créer de galerie haute. Il doit extraire la couche en « découvrant » le toit sur une largeur minimale (suffisante pour passer les épaules et le pic).

  • L’exploitation par « saut de mouton » : Dans un terrain tourmenté, la couche est souvent disloquée par des failles ou des plis. Le mineur ne suit pas une ligne droite ; il « saute » d’une cuvette à l’autre en suivant la trace du charbon qui affleure à nouveau quelques mètres plus loin après un rejet de faille. C’est ce qui explique le caractère discontinu et répétitif des cuvettes sur le terrain.

3. La gestion du terrain tourmenté (tectonique complexe)

La complexité géologique (plis, failles, miroirs de faille) est ici une aubaine pour le mineur-paysan, bien que cela semble contre-intuitif :

  • L’avantage de la fracturation : Dans une couche de 50 cm d’anthracite, le charbon est souvent « broyé » ou « charrié » par les mouvements tectoniques. Le mineur-paysan privilégie les zones où la couche est « redressée » ou « en charnière de pli », car le charbon y est plus facile à décoller de la roche encaissante (le toit et le mur se séparent mieux).

  • La stratégie de l’affleurement localisé : Le mineur utilise la topographie pour minimiser l’effort. Il choisira de creuser dans le flanc d’un vallon (talweg) plutôt que sur une crête, car le vallon offre une section de la veine déjà exposée par l’érosion, réduisant la quantité de morts-terrains à décaper.

4. Une densité remarquable de cuvettes

L’observation du terrain sur certains secteurs des Boines est frappante : on y note une densité très élevée de cuvettes, qui ne doivent rien au hasard. Cette concentration n’est pas fortuite ; elle est le témoin d’une méthode d’extraction sélective. Dans ces zones spécifiques, le mineur-paysan n’a pas seulement creusé quelques puits isolés, il a littéralement « peigné » la veine de charbon.

Chaque cuvette correspond à un point de prélèvement. Ces dépressions circulaires, souvent rapprochées, révèlent une stratégie de recherche tâtonnante mais systématique : dès qu’une veine affleurait, elle était exploitée jusqu’à sa limite technique, avant que le mineur ne se déplace de quelques mètres pour recommencer, créant ce paysage « en chapelet » si caractéristique des secteurs les plus riches du site.

5. L’absence de terrils : la preuve d’une gestion économe

Un élément vient confirmer la nature artisanale et minutieuse de ces travaux : 

Dans l’industrie minière classique, l’ouverture d’une galerie ou d’une carrière s’accompagne systématiquement de « haldes » ou terrils, ces amas de roches stériles rejetées à l’extérieur. Ici, rien de tel. Cette absence confirme que nous sommes face à un travail de précision. Le mineur, contraint par la rareté de l’espace cultivable en montagne, ne pouvait pas se permettre de gaspiller la surface agricole en y déversant des déblais.

La technique était donc celle du remblayage systématique.

Vestige d'une zone de grattage de charbon sur l'ancienne concession minière des Boines à La Motte d’Aveillans en 2023.

Témoignage de l’activité minière artisanale : vestige d’un grattage sur le site des Boines (2023).

La stratégie de segmentation de l’espace minier.

1. La zone « tout-galerie » (Le secteur de continuité)

La présence de 6 galeries sans grattages suggère une zone où :

  • La puissance et l’inclinaison sont favorables : La couche est sans doute plus régulière, peut-être un peu plus épaisse ou à une inclinaison permettant un dépilage en souterrain.

  • Le passage sous le seuil critique : Ici, le mort-terrain (la couverture) est devenu trop épais pour être retiré à la main (le « découverture » à ciel ouvert coûterait trop cher en énergie humaine). Le mineur a donc « chassé » la veine sous le massif : c’est le passage rationnel de la carrière à la mine souterraine.

  • Rationalisation : 6 galeries sur un même secteur suggèrent une exploitation plus intensive, peut-être une petite concession ou un groupe d’exploitants mutualisant les moyens (aérage, évacuation des eaux).

2. La zone « hybride » (Grattages + galeries) : La zone de « recherche tâtonnante »

La coexistence de 6 grattages et 2 galeries est le témoin d’un gisement « en lambeaux » (tectonique complexe, failles inverses, redoublement de couches).

  • Le grattage comme outil de prospection : Dans ce type de zone, les 6 grattages ont sans doute servi à « tâter » le terrain pour retrouver le prolongement de la couche après une faille. Le mineur gratte, perd la veine, gratte à nouveau 20 mètres plus loin.

  • L’échec de la galerie : Les 2 galeries présentes sont probablement des tentatives de suivre la couche en profondeur, mais qui ont été rapidement abandonnées. Soit parce que la faille a coupé la veine (la galerie « tape dans le stérile »), soit parce que la couche s’amincissait en dessous de 50 cm, rendant le soutènement trop coûteux par rapport au rendement.

  • Le « picorage » : Cette zone est celle du mineur-paysan qui « picore » les restes tectoniques. Il ne cherche pas à créer une mine durable, il cherche à extraire tout ce qui est accessible à moindre coût.

3. Hypothèse : La contrainte de la puissance

La limite des 50 cm est le facteur clé. En histoire minière, on appelle cela l’exploitation en « couche mince ».

  • Dans les galeries : À 50 cm, il est impossible de se tenir debout. Le mineur travaille en « taille rasante ». Le fait que vous ayez des galeries est en soi un exploit technique : cela implique une maîtrise du boisage pour éviter l’effondrement dans un terrain dont la faible hauteur ne laisse aucune marge d’erreur.

  • Dans les grattages : L’absence de terril est le point crucial. Si vous ne voyez pas de haldes, c’est que le stérile était remblayé dans l’excavation précédente. C’est une technique de « mine à ciel ouvert tournante ».

La stratégie d’exploitation de la Combe Noire.

1. La Zone « Tout Galeries » (L’exploitation rationnelle)

La présence de 6 galeries sans grattages indique une zone de continuité.

  • La logique : Le gisement y est probablement plus stable, avec un pendage (inclinaison) régulier. Le mineur a identifié que le « jeu en vaut la chandelle » : la couche est suffisamment puissante ou régulière en profondeur pour justifier l’investissement lourd (en temps et en boisage) que représente une galerie.

  • Pourquoi pas de grattages ? Soit la couverture (le mort-terrain) est trop épaisse pour être dégagée à la main (le mineur est contraint d’entrer directement en terre), soit la couche est « propre » dès le départ. C’est l’exploitation systématique.

2. La Zone « Grattages + 2 Grandes Galeries » (L’exploitation opportuniste et les « tentatives »)

C’est la zone la plus intéressante. Elle révèle un terrain « tourmenté » (failles, plis isoclinaux, boudinage).

  • Les 2 Grandes Galeries : Le fait qu’elles soient accompagnées de terrils importants suggère une volonté de capitalisation. Quelqu’un (une petite entreprise, ou un mineur plus ambitieux) a tenté d’industrialiser l’exploitation à cet endroit. Il a cherché à atteindre le cœur de la couche en profondeur.

  • Les 6 Grattages : Ils sont les témoins de l’échec ou de la limite de ces galeries.

    • Hypothèse A (La prospection) : Les grattages sont les traces de la phase de recherche. On a gratté partout pour trouver où la couche était la plus accessible avant de décider de percer les galeries.

    • Hypothèse B (L’émiettement) : La tectonique a tellement fragmenté les deux couches que les galeries, malgré leur taille, ont rapidement « buté » contre des failles ou des zones stériles. Le mineur a alors dû revenir aux grattages pour récolter les « morceaux » de couches déplacées par la tectonique.

    • Hypothèse C (La chronologie) : Les grattages sont les vestiges de l’exploitation artisanale ancienne, et les deux galeries sont une tentative plus tardive (et peut-être éphémère) de mieux exploiter, qui a laissé ces terrils massifs.

3. La contrainte des « Deux Couches » et le piège géologique

Le fait qu’il n’y ait que deux couches ne signifie pas qu’elles sont planes. Dans un terrain tourmenté, les deux couches peuvent être :

  1. Redoublées par des plis : Une même couche peut passer plusieurs fois au même niveau d’altitude. C’est là que vos 6 grattages prennent tout leur sens : le mineur ne gratte pas 6 couches différentes, il gratte la répétition de la même couche due aux plissements.

  2. Disloquées par des failles : Le mineur cherche la « lèvre » de la faille. Il gratte ici, trouve la couche, puis la perd (faille). Il gratte 20 mètres plus loin, la retrouve (le rejet de faille). C’est ce qui crée cet aspect « pointillé » de votre zone.

Vestige d'un alignement de grattage sur le site de la mine des Boines en 2023.

Vue de 2023 sur les vestiges d’un alignement de grattage, témoin de l’activité minière sur la concession des Boines.

De l’exploitation artisanale a l’industrielle.

1. La Zone 1 (6 galeries, 0 grattage) : L’exploitation « Rationnelle et Industrielle »

Si vous ne trouvez pas de grattages ici, c’est probablement pour l’une des deux raisons suivantes :

  • La destruction par l’infrastructure : Au XIXe siècle, les compagnies minières avaient tendance à « faire place nette ». Les grandes installations de surface (plateformes de triage, bâtiments de recette, routes d’accès) ont pu effacer totalement les fragiles traces des anciens grattages paysans.

  • L’exploration par sondage (pas d’affleurement visible) : Il est possible que dans cette zone, la couche, bien que présente, ne fût pas visible en surface (couverture épaisse, végétation). Le mineur paysan, faute d’outils de prospection, n’a jamais pu la trouver. Ce sont les ingénieurs du XIXe (avec des méthodes de géologie plus fines) qui ont « découvert » la ressource et ouvert les galeries directement en profondeur.

2. La Zone 2 (6 grattages + 2 galeries) : La « Mine de Transition »

C’est ici que votre observation est la plus intéressante. Vous avez le passage de relais entre l’autoconsommation (le paysan) et l’économie de marché (la compagnie).

  • L’étape 1 (Le grattage paysan) : Les paysans ont identifié l’affleurement. C’est une mine de « prélèvement » : on prend ce qui est là, sans investissement. L’absence de terril massif autour des grattages prouve qu’ils remblayaient au fur et à mesure (ils ne voulaient pas perdre de terres agricoles).

  • L’étape 2 (L’intrusion industrielle) : Au XIXe siècle, les exploitants industriels, en cherchant à étendre leur concession, sont tombés sur ces zones déjà « picorées » par les paysans.

    • Les 2 galeries que vous voyez sont la preuve d’une tentative de « suivre la couche » là où les paysans avaient montré qu’il y avait du charbon.

    • Le terril devant ces galeries trahit le changement de paradigme : la compagnie a extrait de gros volumes de roche stérile (le toit et le mur pour créer une galerie de circulation), ce que le paysan ne faisait jamais.

3. Le paradoxe de la couche de 50 cm

Le fait que la couche soit si mince (50 cm) explique parfaitement pourquoi le XIXe siècle a souvent échoué à industrialiser ces sites.

  • Le coût du « frais fixe » : Pour exploiter une couche de 50 cm en galerie, il faut creuser une hauteur d’homme (ou au moins une hauteur suffisante pour passer). Cela demande de creuser beaucoup de roche stérile (d’où les gros terrils).

  • La rentabilité : Le coût de creusement du stérile (pour faire la galerie) dépassait rapidement la valeur du charbon extrait de cette couche mince.

  • Conclusion logique : C’est sans doute pour cela que ces 2 galeries ont été abandonnées après une durée de vie probablement courte. Elles ont été victimes de la « loi de la puissance » : on ne peut pas rentabiliser une galerie moderne dans une couche de 50 cm, sauf si la géologie est exceptionnellement favorable.

3. L‘échec de l’industrialisation face à la contrainte géologique ».

  1. Phase A (Pré-industrielle) : Le mineur paysan, flexible, qui se contente de ce que l’affleurement lui donne (les grattages). Il est rentable parce qu’il n’a aucun frais d’infrastructure (pas de boisage, pas d’aérage, pas de terril).

  2. Phase B (Industrielle/XIXe siècle) : La tentative de passage à l’échelle supérieure. On creuse des galeries. Mais face à la réalité des 50 cm de puissance et à la complexité tectonique (la « tourmente »), l’industrie se casse les dents. Elle abandonne, laissant derrière elle ces 2 galeries cicatricielles et leurs terrils, tandis que la nature reprend ses droits sur les vieux grattages.

La rencontre entre deux cultures minières.

1. La « sous-traitance » inconsciente de la prospection

L’exploitant minier du XIXe siècle était souvent un opportuniste prudent. Creuser une galerie coûte cher (boisage, éclairage, main-d’œuvre). L’industriel ne va pas « tâter » au hasard.

  • Le paysan mineur comme géologue de terrain : En implantant ses galeries là où les grattages étaient nombreux, l’exploitant industriel a utilisé les paysans comme des « prospecteurs gratuits ». Les grattages étaient les preuves irréfutables que la couche était là et qu’elle était exploitable.

  • Récupération de l’infrastructure : Le grattage a souvent créé une « plateforme » ou une petite excavation initiale (le « découverture »). Pour l’industriel, c’est une aubaine : il n’a pas à décaper la terre végétale et le mort-terrain, il commence sa galerie là où le travail de surface a déjà ouvert la voie.

2. Le choc des modèles économiques

Vous avez là la preuve visuelle d’un échec de conversion économique :

  • Le Modèle Paysan (Le « grattage ») : C’est un modèle à coûts fixes quasi nuls. Si la couche est bonne, il gratte ; si elle est mauvaise ou faillée, il s’arrête et bouge de 10 mètres. Le « risque minier » est proche de zéro car il n’y a pas d’infrastructure.

  • Le Modèle Industriel (La « galerie ») : C’est un modèle à frais fixes élevés. L’industriel arrive avec une logique de « rendement ». Il doit rentabiliser le boisage et l’exhaure (pompage).

    • Le fait que vous ayez des terrils importants montre que l’industriel a voulu « forcer » la nature. Il a extrait, il a creusé du stérile, il a construit.

    • Le constat d’échec : Le fait que ces galeries soient aujourd’hui abandonnées (probablement après une durée de vie courte) prouve que la logique industrielle ne pouvait pas s’imposer durablement face à la contrainte de votre couche de 50 cm. Le charbon n’était pas assez abondant ou assez propre pour justifier les frais de la galerie.

3. La « colonisation » de l’espace minier

Il est très probable qu’en fouillant dans les archives (série S des Archives Départementales, dossiers de concessions), vous trouviez des traces de conflits :

  • Droits d’usage vs Concession : Le mineur paysan travaillait souvent sur des droits coutumiers. L’arrivée de la concession minière au XIXe siècle a souvent « absorbé » ces petits exploitants. Soit ils ont été évincés, soit ils sont devenus les ouvriers de la mine, soit ils ont été réduits à une exploitation clandestine, la nuit, à côté des galeries officielles.

La mine d’appoint ou la pluriactivité alpine.

1. La « Mine de Berger » : Le modèle du mineur saisonnier

Le fait que le site soit inaccessible en hiver est la clé de la méthode de travail :

  • L’opportunisme temporel : Le mineur-paysan n’est pas un mineur de métier. Il monte avec son troupeau de chèvres à la belle saison. Le « grattage » est une activité de temps libre pendant que les chèvres pâturent. C’est une exploitation « à la marge », sans pression de production, qui s’ajuste parfaitement au rythme de la transhumance.

  • L’exploitation de stockage : Il est fort probable que le charbon extrait durant l’été était stocké dans des petites caches ou descendu à dos de mulet avant les premières neiges. Ces « grattages » ne sont pas des mines, ce sont des comptoirs de stockage temporaire.

2. Le rôle du troupeau dans la lecture archéologique

C’est un point fascinant : la chèvre est votre alliée archéologique.

  • Dans ces zones de haute altitude, la végétation est normalement dense ou constituée de landes impénétrables. La chèvre, par son pâturage intensif, empêche la fermeture du milieu (la repousse des arbustes et arbres).

  • Résultat : Vos « cuvettes » restent visibles alors qu’elles auraient dû être comblées par les sédiments ou masquées par la végétation. La survie de ces structures est directement liée à l’activité pastorale qui a perduré au-delà de l’exploitation minière.

3. Le paradoxe de l’échec industriel du XIXe

Maintenant, on comprend parfaitement pourquoi les galeries du XIXe siècle ont échoué là où le berger-mineur réussissait à petite échelle :

  • L’incompatibilité de rythme : Les compagnies minières du XIXe voulaient une production constante (annuelle, hiver comme été). Or, vous dites que le site est inaccessible en hiver. Une entreprise ne peut pas payer des ouvriers, entretenir des galeries et assurer une logistique de transport sur un site qui est bloqué 4 ou 5 mois par an.

  • Le coût du « tout-inclus » : Le berger-mineur avait un coût de revient de zéro (le troupeau était déjà là, le mineur était déjà sur place, le charbon était un revenu complémentaire). L’industriel, lui, avait des frais fixes (salaires, boisage, taxes, transport). Le site n’était pas assez riche pour amortir ces coûts, surtout dans une couche de 50 cm.

  • L’impossibilité logistique : Le XIXe siècle a cherché à « brutaliser » la montagne par la galerie, mais la montagne a gagné par le climat et la distance. Les deux galeries que vous voyez sont probablement les vestiges d’une tentative de rationalisation qui s’est effondrée dès qu’il a fallu affronter le premier hiver rigoureux.

4. Synthèse : Le paysage comme archive

Pour votre travail, vous pouvez conclure que votre site est la preuve d’un conflit de temporalités :

  1. La temporalité pastorale (le grattage) : Adaptée au cycle des saisons, au rythme du troupeau, et à la ressource locale. Elle est durable parce qu’elle est « low-cost » et flexible.

  2. La temporalité industrielle (la galerie) : Linéaire, exigeante, et incompatible avec la haute altitude et l’isolement hivernal. Elle a tenté de s’imposer sur le modèle paysan mais a échoué par excès de rigidité.

Le choc de l’industrialisation.

1. Le « parasitisme minier » : L’industriel sur les traces du berger

Le fait de creuser en plein centre des grattages prouve que l’industriel n’a fait aucune prospection géologique propre. Il a utilisé le paysan-mineur comme un prospecteur.

  • L’industriel a observé le paysage, a vu où la terre était retournée, où les débris de charbon affleuraient (grâce aux grattages), et il a conclu : « C’est là que se trouve le cœur de la couche ».

  • Il ne s’est pas installé à côté par respect pour le pâturage, il s’est installé sur la zone la plus riche pour maximiser son rendement, ignorant totalement le cycle de la transhumance et la fragilité de la surface pour les chèvres.

2. Le choc des échelles : « Le concentré » contre « le diffus »

Cette implantation centrale révèle une erreur stratégique majeure de l’industrie minière dans les zones marginales de montagne :

  • La logique du paysan : Une logique diffuse. Il grattait là où il était, au rythme de son troupeau, de manière flexible. Si une zone était trop compliquée, il passait à la suivante.

  • La logique de l’industriel : Une logique concentrée. Il a voulu « forcer » l’exploitation en creusant une galerie au centre de la zone de grattage. C’est une erreur de lecture : il a traité une couche de 50 cm, naturellement morcelée et irrégulière, comme s’il s’agissait d’un gisement industriel massif.

  • La conséquence : En voulant creuser au centre, il a probablement détruit le système de drainage naturel et perturbé le pâturage, tout en s’enfermant dans une galerie dont la maintenance (boisage, évacuation des déblais) était économiquement insoutenable face à la faible épaisseur de la couche.

3. La trace archéologique d’un conflit tacite

En plaçant les galeries au milieu des grattages, l’industriel a effacé physiquement les traces des paysans.

  • Le terril de la galerie (qui est massif) a probablement recouvert plusieurs grattages anciens.

  • Aujourd’hui, si vous voyez encore les grattages autour, c’est que les galeries ont été abandonnées si vite que le « traumatisme » paysager de l’industriel n’a pas réussi à gommer la pratique ancestrale.

4. Une lecture pour votre recherche : « L’échec de la verticalité »

Pour votre travail d’historien, vous avez là une thèse solide : le site illustre l’inadaptation de l’outil industriel à la géographie pastorale.

  • Le paysan-mineur avait une exploitation « horizontale » : il suivait l’affleurement sur la pente, respectant la géométrie de la montagne.

  • L’industriel a tenté une exploitation « verticale » (la galerie s’enfonce dans le massif).

  • Le fait que les galeries soient au centre montre qu’il a tenté de « percer » le cœur du gisement pour rentabiliser son infrastructure. L’échec (visible par l’abandon et la petite taille des galeries) prouve que la montagne et ses 50 cm de couche ont résisté à cette tentative de rationalisation.

Traces au sol et enjeux de terrain

Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.

Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.

Foire Aux Questions grattages des Boines

La mine des Boines est située sur la commune de La Motte-d’Aveillans, dans le département de l’Isère, au cœur de la région historique et minière du Dauphiné.

Le site conserve des vestiges de l’époque industrielle, notamment des alignements de grattage qui témoignent des anciennes méthodes d’extraction artisanale du charbon pratiquées sur la concession.

Il s’agissait principalement d’une exploitation de charbon. La mine des Boines illustre parfaitement l’histoire de l’extraction minière artisanale qui a façonné le paysage industriel du Sud-Isère aux XIXe et XXe siècles.

Le site des Boines est un lieu de mémoire et de patrimoine. Il est recommandé de se renseigner auprès de l’office de tourisme local ou des associations de sauvegarde du patrimoine minier de la Matheysine pour connaître les possibilités de visite ou les sentiers balisés permettant de découvrir ces vestiges en toute sécurité.

La préservation des vestiges de la mine des Boines est essentielle pour maintenir la mémoire du patrimoine industriel dauphinois. Ces traces au sol racontent le quotidien des mineurs et l’évolution des techniques d’extraction dans la région.

Poursuivez votre exploration

Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine

La concession des Boines l’histoire des mines

La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire

La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport

La concession des Boines et de Serre Leycon la plateforme de lavage

Sources et sites officiels 

. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)

Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :

  • Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/

    • Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.

  • Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/

    • Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.

2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)

Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :

  • Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/

    • Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.

3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)

  • Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/

    • Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)

    Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :

    • Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).

      • Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».

    2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)

    Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :

    • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.

      • Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.

    • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.

      • Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.

      • Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »

    3. Ressources muséales et associatives

    • Mine Image (La Mure).

      • Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.

    • Association des Amis du Musée de la Mine.

      • Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».

Vue actuelle du site de l'ancien départ du télébenne 1 de la concession des Boines ; le terrain est vide, sans aucune trace visible des anciennes structures en bois de transport du charbon.

Mines des Boines et Serre Leycon : l’histoire industrielle du Dauphiné

Plongez au cœur de La Motte d’Aveillans pour découvrir les vestiges des mines des Boines et les techniques ingénieuses de transport de charbon qui ont façonné le paysage industriel du XIXe siècle.

Aujourd’hui, le calme des pâturages de La Motte d’Aveillans a effacé l’agitation d’hier. Pourtant, sous les sentiers paisibles, le sol garde les cicatrices d’une épopée industrielle intense : celle des petites mines de montagne. Comment, au XIXe siècle, extraire et transporter le charbon depuis des galeries perchées à plus de 1300 mètres d’altitude, là où les routes n’existaient pas ? Entre systèmes de télébennes aériens et plans inclinés vertigineux, découvrez l’histoire fascinante des solutions logistiques audacieuses qui ont permis à ces sites isolés de braver les contraintes du relief dauphinois. Une exploration au cœur du patrimoine minier, où la débrouillardise technique côtoyait la rudesse du travail des mineurs-paysans.

Caractéristique Détails
Lieu La Motte-d’Aveillans (Matheysine, Isère)
Ressource extraite Charbon (Anthracite)
Altitude du site Entre 1250 et 1400 mètres
Période d’activité XIXe siècle (exploitation intermittente)
Exploitation Artisanale (système de « mineurs-paysans »)
Solutions de transport Télébennes (câbles aériens) et Plans inclinés
Mode de traction Gravité motrice (systèmes auto-freinés)
Vestiges actuels Terrils, traces de galeries, « balafres » au sol
Principale contrainte Enclavement montagneux et forte déclivité

Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité

L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :

  1. L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.

  2. La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.

Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.

Infrastructures et logistique

La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.

Le premier télébenne

Le premier desservait les galeries B1, B2 et B3 ; nous pouvons supposer que de part sa position topographique en contrebas suggère une fonction d’exhaure naturelle.. Le charbon extrait des galeries B1 et B2, certainement les plus productives, était évacué par ce dispositif. Son point d’arrivée se situait à la jonction de la route actuelle des Signaraux et de la piste montant à l’arboretum.

Ce télébenne, d’une longueur approximative de 430 mètres, était une installation sommaire constituée de poteaux en bois et d’une poulie à chaque extrémité. Bien que nous ne disposions d’aucune photographie, cette information nous a été transmise par M. Darier, qui se souvenait avoir vu les poteaux en bois supportant la poulie. Il est probable qu’il n’y avait aucun poteau intermédiaire. Il convient de préciser qu’à l’époque, la route actuelle, aménagée pour la station des Signaraux, n’existait pas ; seul un sentier permettait le passage. Dès lors, le transport en direction de la Motte-d’Aveillans s’effectuait probablement à dos de mulet, ou bien le minerai était repris depuis le hameau pour être acheminé en chariots, tractés par des chevaux ou des bœufs.

Vue actuelle du site de l'ancien départ du télébenne 1 de la concession des Boines ; le terrain est vide, sans aucune trace visible des anciennes structures en bois de transport du charbon.

L’ancien site de départ du télébenne n°1, au cœur de la concession des Boines.

Emplacement de l'ancienne gare d'arrivée du télébenne n°1, concession des Boines.

Paysage naturel forestier ou montagneux marquant l’emplacement disparu de l’ancienne station d’arrivée du télébenne n°1 des mines des Boines.

Le deuxième télébenne

Un deuxième télébenne fut construit dans la Combe Noire. Celui-ci desservait deux galeries de mine qui, lors des travaux de mise en sécurité, n’ont pas été intégrées à la concession des Boines, malgré leur évidente proximité. En effet, si la concession des Boines se situe dans la combe des Signaraux, les galeries mentionnées se trouvent juste derrière un léger mamelon ; il est donc fort probable que cette contiguïté géographique laisse supposer une continuité de l’exploitation sur les mêmes veines (ou couches).

Ce second télébenne, d’une longueur supérieure au premier (550 mètres), nécessitait la mise en place d’un poteau intermédiaire. En revanche, nous disposons de très peu d’informations sur cette installation ; on peut toutefois supposer que les poteaux étaient métalliques. L’arrivée de la ligne se faisait au niveau d’une ancienne plateforme de lavage.

Dans la Combe Noire, nous avons recensé deux vestiges de galeries associés à un terril plus conséquent. Ce volume de stérile laisse supposer une extraction de charbon plus importante, ce qui aurait justifié la construction de cet équipement. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce télébenne ne subsiste. 

Vue d'un terrain dégagé correspondant à l'ancien lieu de départ du télébenne 2 de la concession minière des Boines, où aucune trace des anciennes installations métalliques n'est visible.

Vestiges du passé minier : l’ancien site de départ du télébenne 2, concession des Boines.

Pour une petite exploitation charbonnière au XIXe siècle, le télébenne (souvent appelé à l’époque transporteur aérien à câble ou funiculaire aérien) est une solution technique ingénieuse et peu coûteuse pour pallier les difficultés du relief montagneux.

Définition : Le Télébenne au XIXe siècle

Le télébenne est un système de transport par câble aérien permettant de déplacer du charbon depuis un point d’extraction situé en altitude (souvent une galerie à flanc de montagne) vers un point de stockage ou de chargement en vallée (un quai de gare ou un canal), en utilisant la gravité comme force motrice.

Caractéristiques techniques pour une petite exploitation

Dans une petite mine à temps partiel, le système se caractérise par sa simplicité et sa robustesse :

  1. Le principe du « va-et-vient » ou « circuit fermé » :

    • Le système est constitué d’un câble porteur fixe (sur lequel roule la benne) et d’un câble tracteur mobile.

    • Pour les petites exploitations, on utilisait souvent le système à gravité (auto-freiné) : le poids de la benne chargée descendant entraîne la montée de la benne vide. C’est idéal pour une mine de montagne, car cela ne consomme aucune énergie externe (vapeur ou électrique).

  2. La structure :

    • Les pylônes : Des chevalets en bois (souvent en mélèze ou sapin local) soutiennent les câbles pour franchir les ravins ou les terrains accidentés où la construction d’une route ou d’un chemin de fer serait impossible ou trop coûteuse.

    • La benne : Un simple récipient en fer battu, suspendu par un chariot à galets, capable de basculer (benne basculante) pour vider le charbon à l’arrivée.

  3. L’adaptation au « temps partiel » :

    • Coût modique : Contrairement à un chemin de fer Decauville, le télébenne nécessite peu de terrassement. Il « survole » le terrain sans modifier le paysage.

    • Polyvalence : Lorsqu’il n’est pas utilisé (période creuse de l’exploitation), le système est immobilisé facilement. Les câbles peuvent être détendus pour éviter la corrosion ou le vol.

    • Maintenance réduite : Le système peut être entretenu par les mineurs eux-mêmes, qui sont souvent des paysans-mineurs possédant des compétences en mécanique de base.

Pourquoi était-ce indispensable en montagne ?

Au XIXe siècle, pour une petite mine, le télébenne résout trois problèmes majeurs :

  • L’accès difficile : Les routes de montagne étaient souvent impraticables pour les charrettes à bœufs chargées de charbon lourd.

  • La pente : Là où les chevaux glisseraient, le câble aérien maintient une trajectoire rectiligne directe, économisant des kilomètres de trajet sinueux.

  • La main-d’œuvre : Une seule personne en bas (au déchargement) et une en haut (au chargement) suffisaient à faire fonctionner le flux de transport, libérant les mineurs pour le travail de fond.

Terminologie d’époque

  • « Fil aérien » : terme très courant dans la littérature technique de 1880-1900.

  • « Transporteur à fil de fer ».

  • « Plan incliné aérien ».

En résumé : C’est l’outil de la « débrouillardise industrielle ». Il transforme la contrainte géographique du relief montagneux en avantage énergétique, en utilisant le poids du charbon extrait pour faire monter les outils vides.

Le plan incliné

Un autre mode de transport fut utilisé sur la concession, notamment pour desservir les galeries B4, B5 et B6 : un plan incliné d’environ 230m dont le tracé demeure aujourd’hui devinable. Il ne subsiste toutefois aucune installation physique, hormis une déclivité rendue difficilement perceptible par la végétation. La tête de départ du plan incliné semble se situer le long d’un sentier horizontal reliant la combe des Signaraux à la Combe Noire.

En l’absence d’informations sur les dates de percement des différentes galeries, il est complexe d’établir une chronologie précise. Cependant, nous pouvons formuler l’hypothèse suivante : le premier télébenne a probablement remplacé ce plan incliné. Le silence des témoignages oraux concernant le plan incliné, couplé à la mémoire vive des structures du télébenne, conforte l’hypothèse d’une antériorité du plan incliné sur le système par câble. 

Le point d’arrivée du plan incliné, quant à lui, se situait à proximité du départ du rif des Signaraux, à l’extrémité actuelle du parking. Ici encore, nous pouvons supposer que le transport ultérieur, au-delà du plan, était assuré par des mulets.

Le plan incliné ou descenderie au 19eme siècle

Dans une petite exploitation de montagne du XIXe siècle, le plan incliné est une voie de transport à forte déclivité, aménagée entre le carreau de mine (souvent situé à flanc de coteau) et un point de rupture de charge en contrebas (un chemin carrossable, une plateforme de stockage ou un point de transbordement).

1. Le principe de fonctionnement : La « gravité motrice »

À cette échelle, le plan incliné ne nécessite pas de machine à vapeur. Il exploite la force de la pesanteur :

  • Le système à va-et-vient (ou plan automatique) : Le poids des berlines chargées descendantes entraîne, par l’intermédiaire d’un câble ou d’une chaîne enroulé sur une poulie de renvoi située en tête de plan, la remontée des berlines vides.

  • La régulation : Le mouvement est contrôlé par un frein (frein à ruban ou à sabot) actionné par un « planiste » (le manœuvre responsable du plan) situé en haut de la pente, afin d’éviter l’emballement des chariots.

2. Caractéristiques structurelles pour une « petite exploitation »

Contrairement aux grands plans inclinés industriels, le modèle artisanal se distingue par sa simplicité :

  • La voie : Elle est souvent rudimentaire, constituée de rails en bois (ou parfois en fer plat cloué sur des traverses en bois) posés directement sur le sol, sans ballastage complexe.

  • La poulie : Située à la tête du plan (le point haut), elle est souvent fixée sur un simple chevalement en bois ou un bâti maçonné sommaire.

  • La pente : Elle suit le relief naturel du terrain, ce qui impose souvent des tracés irréguliers.

3. Contexte socio-économique (temps partiel)

Dans le cas d’une exploitation à temps partiel (mineurs-paysans), le plan incliné est un outil de rationalisation du travail. Il permet de pallier le manque de main-d’œuvre en réduisant drastiquement le temps de portage (le transport à dos d’homme ou de mulet), particulièrement pénible sur les sentiers de montagne.

  • Le rôle du planiste : Dans une petite mine, cette tâche est souvent dévolue à un ouvrier âgé ou à un jeune apprenti.

  • L’abandon : Ces structures sont souvent éphémères. Dès que la galerie est abandonnée ou que le minerai est épuisé, le bois est récupéré, les rails déposés, et la nature reprend ses droits. C’est pourquoi, aujourd’hui, il ne subsiste souvent qu’une « balafre » dans le terrain ou une simple rupture de pente.

Traces au sol et enjeux de terrain

Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.

Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.

Foire Aux Questions Le transport du charbon aux Boines et Serre-Leycon

Il s’agissait d’un site d’exploitation minière situé dans le bassin de la Matheysine, en Isère. Ces concessions jouaient un rôle crucial dans l’économie charbonnière du Dauphiné au XXe siècle, nécessitant une logistique complexe pour acheminer le minerai extrait des profondeurs vers les centres de tri ou les voies ferrées.

Le télébenne était un système de transport par câble aérien. Dans une topographie escarpée comme celle du Dauphiné, il permettait d’acheminer efficacement le charbon depuis les puits d’extraction (souvent situés sur des reliefs accidentés) vers les zones de traitement ou de stockage en contrebas, en évitant les contraintes liées au relief et au manque de routes carrossables pour les camions de l’époque.

Après la fermeture des mines, la plupart des structures métalliques (pylônes, rails, gares de départ) ont été démantelées. Le métal était une ressource précieuse, souvent récupérée pour être recyclée. Le passage du temps, la végétation et le réaménagement des terrains ont fini par effacer les dernières traces physiques, rendant ces sites méconnaissables pour les non-initiés.

Même sans ruines visibles, ces lieux portent la mémoire des hommes qui y ont travaillé. Documenter ces sites permet de conserver une trace de l’activité industrielle qui a façonné le paysage social et géographique de la Matheysine. C’est un travail de « mémoire vive » pour les générations futures.

L’identification repose aujourd’hui sur le croisement de plusieurs sources : les archives des concessions minières, les anciennes cartes d’état-major, la photogrammétrie aérienne (qui permet de voir des anomalies dans le terrain) et, parfois, le recueil de témoignages d’anciens mineurs ou habitants du secteur.

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Sources et sites officiels 

1. Le site de référence incontournable

  • Mine Image (La Motte-d’Aveillans)

    • Pourquoi : C’est le musée de la mine de la Matheysine par excellence. Ils possèdent les collections et les archives les plus complètes sur les concessions minières du secteur.

    • https://www.mine-image.com/

2. Bases de données patrimoniales et officielles

  • POP (Plateforme Ouverte du Patrimoine) – Ministère de la Culture

    • Pourquoi : Tu peux y effectuer des recherches sur les dossiers d’inventaire du patrimoine industriel de l’Isère. C’est une source fiable pour les notices historiques sur les concessions minières.

    • https://www.pop.culture.gouv.fr/

  • Archives Départementales de l’Isère

    • Pourquoi : Pour les lecteurs souhaitant consulter des documents originaux, plans cadastraux ou archives administratives sur les concessions de charbon (notamment les fonds de la concession des Boines).

    • https://archives.isere.fr/

3. Patrimoine Industriel (Approche nationale)

  • CILAC (Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)

    • Pourquoi : C’est l’association de référence en France pour la sauvegarde du patrimoine industriel. Elle permet de donner une dimension nationale à ton article sur les télébennes et le transport de minerai.

    • http://www.cilac.com/

4. Contexte local et historique

  • Matheysine Tourisme (Patrimoine)

    • Pourquoi : Utile pour donner un aspect touristique aux lieux cités et montrer comment ce patrimoine minier est aujourd’hui valorisé dans les itinéraires de randonnée ou de découverte.

    • https://www.matheysine-tourisme.com/

Bibliographie 

  • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Rapports de mise en sécurité des cavités souterraines (Inventaire des anciennes mines).

    • Note : L’article cite explicitement des rapports de 1999. Ces documents sont des sources primaires techniques incontournables pour l’existence historique de ces galeries.

  • Le Dauphiné Libéré (Éditions de). Mémoire de mineur : La Mure. (Collection d’archives et témoignages).

    • Note : Utile pour recouper les aspects de la vie quotidienne et les témoignages oraux (comme celui mentionné de M. Maurice Darier).

Vestiges miniers et zone de l'ancienne exploitation des Boines à La Motte d'Aveillans, vue en 2009.

L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine

Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.

Au cœur du Dauphiné, le paysage porte encore les cicatrices d’une épopée industrielle oubliée. À La Motte d’Aveillans, sur le site des Signaraux, se cachent les vestiges de la mine des Boines. Si aujourd’hui le calme des pâturages a repris ses droits, ces galeries, autrefois synonymes d’espoir économique, racontent l’histoire d’une exploitation minière aux conditions extrêmes.

Informations pratiques

Caractéristique Détails
Lieu La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère)
Altitude Environ 1 300 mètres
Type d’exploitation Mine de charbon (artisanale puis industrielle)
Concession Octroyée en 1834
Veines identifiées Henriette, Trois Bancs
Principales contraintes Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée
Infrastructures 7 galeries, télébenne, station de lavage
Fin d’activité 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur)
Note

Pencil Pencil

Malgré nos recherches dans les fonds des Archives Départementales (série S), la documentation relative aux Boines demeure parcellaire. Ce silence relatif des archives est en soi révélateur : il témoigne du caractère modeste et éphémère de cette exploitation, qui n’a pas laissé la trace administrative ou industrielle des grandes concessions voisines. Les dates mentionnées dans cet article proviennent du fonds d’archives de la Mine image.

Les mines des Boines : l’histoire oubliée d’une exploitation de haute altitude

Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.

Historique de la concession

La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.

L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.

Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »

La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.

Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.

Une activité minière précoce

Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.

Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.

Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité

L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :

  1. L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.

  2. La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.

Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.

Infrastructures et logistique

La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.

Géologie et déconvenues minières

Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.

Extrait de l'acte notarié daté de 1897 officialisant la création de la concession minière des Boines dans le Dauphiné.

Acte notarié de 1891 instituant le changement de propriétaire de la concession des mines des Boines. Un document historique témoignant de l’officialisation de l’exploitation charbonnière. (Archive de la Mine Image)

Le déclin et l’échec commercial

L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.

Foire Aux Questions la concession des Boines l’historique

Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.

Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.

La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.

Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.

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Sources et sites officiels 

. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)

Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :

  • Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/

    • Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.

  • Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/

    • Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.

2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)

Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :

  • Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/

    • Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.

3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)

  • Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/

    • Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)

    Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :

    • Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).

      • Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».

    2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)

    Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :

    • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.

      • Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.

    • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.

      • Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.

      • Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »

    3. Ressources muséales et associatives

    • Mine Image (La Mure).

      • Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.

    • Association des Amis du Musée de la Mine.

      • Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».

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