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Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

La mine des Boines : lavage, séchage et transport du charbon

Découvrez les coulisses de l’exploitation minière aux Boines : de l’extraction en montagne au lavage, séchage et ensachage artisanal du charbon avant son expédition.

Entre extraction périlleuse et logistique de haute montagne, découvrez les coulisses méconnues de la mine des Boines à La Motte-d’Aveillans. De la séparation gravimétrique rudimentaire aux défis du triage manuel, plongez au cœur d’un processus artisanal indispensable qui, au XIXe siècle, transformait le charbon brut de la Matheysine en une ressource énergétique prête pour les marchés dauphinois.

Informations pratiques

Caractéristique Détails
Site d’exploitation Les Boines (Massif du Dauphiné)
Type d’activité Traitement post-extraction du charbon
Nature du processus Artisanal (manuel et mécanique léger)
Étapes clés Lavage, séchage, triage, ensachage
Finalité Préparation au transport et à la commercialisation
Main-d’œuvre Artisanale / Locale
État du site [À compléter selon la réalité : Exemple « Vestiges conservés » ou « Site réhabilité »]

Les défis de l’altitude : entre isolement et saisonnalité

L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :

  1. L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.

  2. La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.

Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.

Infrastructures et logistique

La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.

Note technique sur le traitement du charbon aux sites de Serre-Leycon et des Boines

1. La nécessité du traitement du « tout-venant »

À sa sortie du fond, le charbon extrait des concessions de Serre-Leycon et des Boines se présentait sous forme de « tout-venant », un mélange hétérogène incluant le combustible proprement dit et des stériles (schistes, grès, débris de bois et terres). Cette phase de préparation mécanique, bien que sommaire, était impérative pour accroître le pouvoir calorifique du produit fini et garantir sa valeur marchande.

2. Une installation de traitement rudimentaire

Contrairement aux lavoirs industriels mécanisés qui se généralisent à la fin du XIXe siècle, le site exploitait une infrastructure de lavage par voie humide, rudimentaire mais fonctionnelle. Le minerai était acheminé par des plans inclinés (système de descenderies aériennes) jusqu’à un canal de lavage aménagé. L’utilisation du courant naturel du ruisseau de Vaulx permettait, par différence de densité, une séparation gravimétrique sommaire des matériaux.
Note technologique : Ce procédé, hérité de traditions minières anciennes, privilégiait le criblage manuel. Les « fines » (charbon de faible granulométrie), faute de techniques de décantation ou de récupération adéquates, étaient rejetées avec les stériles, engendrant un gaspillage énergétique important.

3. Impacts environnementaux et empreinte paysagère

L’absence totale de préoccupations environnementales à cette époque condamnait le ruisseau de Vaulx à un envasement rapide et à une pollution chronique. Les eaux de lavage, chargées en particules fines et en résidus carbonés, altéraient durablement la qualité physico-chimique du cours d’eau. Aujourd’hui, l’effacement des structures de surface (plans inclinés et canaux) rend la lecture archéologique de ces installations complexe, illustrant la fragilité des traces laissées par ces petites exploitations artisanales.

4. Logistique et mise en marché

Après l’opération de lavage, le combustible subissait un ressuyage naturel à l’air libre. Une fois stabilisé, le charbon était conditionné et acheminé par charrettes vers la gare de La Festinière, point nodal de l’évacuation du produit vers les marchés régionaux. Malgré son caractère archaïque et son empreinte écologique significative, ce processus constituait un maillon indispensable de la chaîne de valeur minière du XIXe siècle, transformant une ressource brute en un produit énergétiquement exploitable.


Le tri manuel — que l’on nomme techniquement le « triage » ou le « picking » — est une étape fondamentale de la chaîne de valeur minière au XIXe siècle. Dans les petites mines de montagne, c’est là que se décide la rentabilité de l’exploitation.

Voici une analyse de cette pratique, souvent invisible dans les grandes monographies industrielles, mais centrale pour comprendre le quotidien d’une mine temporaire.

1. La distinction technique : Triage vs Lavage

Il est crucial de bien distinguer les deux :

  • Le triage (manuel) : Concerne les gros morceaux (le calibre « tout-venant »). Il est réalisé avant le lavage.

  • Le lavage (hydraulique) : Concerne les menus (les fines). Il est réalisé après le triage.

Le triage permet de ne pas gaspiller de l’eau (ressource rare) et du temps en lavant inutilement de la roche stérile qui peut être écartée immédiatement à la main.

2. Le cadre matériel : La table de triage

Dans ces mines isolées, l’infrastructure était rudimentaire mais efficace :

  • La plate-forme de triage : Souvent une structure en bois surélevée à hauteur de taille. Le « tout-venant » (le charbon brut sortant de la galerie) était déversé sur cette table ou une plateforme inclinée.

  • Le geste : Les trieurs manipulent les blocs. L’anthracite, de par sa nature (éclat vitreux, dureté, noir profond), est très facile à distinguer visuellement de la « gangue » (la roche hôte, souvent schisteuse, grise ou brune).

  • Le matériel : On trouvait généralement trois zones de chute ou trois bacs/paniers disposés autour du trieur :

    1. Le charbon marchand : Les morceaux purs, destinés à la vente.

    2. Le « mixte » : Des morceaux où charbon et roche sont encore soudés. Ils étaient mis de côté pour être concassés plus finement (au marteau) avant de passer au lavage.

    3. Les stériles : La roche pure (schistes, grès) qui était jetée directement sur le terril, juste à côté de la plateforme, pour éviter tout transport inutile.

3. La dimension humaine : Les « Trieuses »

C’est un point sociologique majeur. Le triage était une activité « non-guerrière » et moins dangereuse que l’extraction au fond.

  • La main-d’œuvre : C’était quasi exclusivement le travail des femmes, des adolescents, des vieillards ou des mineurs blessés/inaptes au fond. Dans les mines de montagne, cette activité permettait d’intégrer une partie de la population locale à l’économie minière.

  • La pénibilité : C’est un travail statique, répétitif, dans le froid (car souvent en extérieur), avec une exposition constante à la poussière de charbon (silicose ou anthracose des voies aériennes supérieures). La posture debout, penchée sur la table, causait des troubles musculo-squelettiques chroniques.

4. La logique économique : Pourquoi trier manuellement ?

Dans une mine de montagne, le coût de revient est dominé par le transport (à dos de mulet). Chaque kilogramme de roche inutile transporté en bas de la vallée est une perte d’argent sèche.

  • Le triage est une opération de « désengorgement » : En éliminant 30 à 40 % de stériles dès la sortie de la mine, on réduit drastiquement le poids à transporter par les muletiers.

  • La valorisation du produit : Le charbon « trié » se vendait plus cher. Le client (souvent une forge locale ou un foyer domestique) exigeait un anthracite « propre », sans terre ni schiste, car la roche ne brûle pas et encrasse les foyers.

En résumé

Le tri manuel était le filtre de qualité de la mine. C’était une activité de précision visuelle avant d’être une activité de force. Pour une mine de montagne saisonnière, c’est l’étape qui permettait de rentabiliser le transport en amont du lavage hydraulique. C’est un travail qui « professionnalisait » l’extraction brute en la transformant en une marchandise classée et vendable.

Avez-vous identifié, dans vos recherches, si la mine était exploitée par une société anonyme (avec une hiérarchie stricte) ou par des petits concessionnaires indépendants ? La gestion du triage variait énormément selon le niveau de contrôle sur la production.

Zone d'arrivée du télébenne de transport du charbon aux Boines en 2019, aujourd'hui disparue.

Vestiges de la zone d’arrivée du télébenne de transport en 2019 : une trace aujourd’hui effacée du paysage des Boines.

1. La contrainte comme moteur de l’organisation : Le « Temps de la Mine »

Le problème que vous soulevez (inaccessibilité hivernale et étiage estival) définit totalement le cycle de production. Ces mines ne fonctionnaient pas en flux tendu, mais par séquences de stockage et de traitement.

  • Le cycle annuel :

    • Hiver : Arrêt total. Le personnel rentre dans ses foyers ou se consacre à l’élevage.

    • Printemps (la période idéale) : C’est le moment de la fonte des neiges. Les cours d’eau sont gonflés, offrant le débit nécessaire au lavage par gravité. C’est le pic d’activité.

    • Été : Période d’étiage. Le débit des cours d’eau devient insuffisant pour entraîner les mécanismes de lavage. L’activité de lavage s’arrête, mais l’extraction (le travail au fond) peut se poursuivre, le charbon étant stocké en attente de l’automne ou des pluies.

    • Automne : Seconde fenêtre de tir avec le retour des pluies avant les premières neiges.

2. Le principe technique : La séparation densimétrique

L’anthracite, contrairement à la houille grasse, est dense et très dur. Cette caractéristique est un avantage pour le lavage : il ne se délite pas facilement dans l’eau. Le principe du lavage au XIXe siècle dans un cours d’eau reposait sur la différence de densité entre le charbon (l’anthracite) et sa gangue (schistes, grès, pyrites).

Les méthodes rudimentaires observées :

  1. Le crible à main (ou crible à secousses hydraulique) : L’ouvrier place le tout-venant dans une grille (le crible) immergée dans un bac ou directement dans le courant. Par un mouvement de va-et-vient vertical, il crée une stratification : les éléments les plus denses (la gangue) tombent au fond du crible ou restent sur le dessus selon la technique, tandis que le charbon plus léger est récupéré.

  2. Le chenal de lavage (rigole) : C’est la méthode la plus simple. On détournait une partie du cours d’eau dans une rigole en bois (ou creusée à même le sol). On y jetait le charbon brut. Le courant emportait les éléments légers (poussières, boues), tandis que les morceaux d’anthracite, plus lourds, se déposaient au fond du chenal ou étaient retenus par des « barrages » (des tasseaux de bois placés en travers).

3. Gestion du manque d’eau en été : L’ingéniosité des mineurs

Pour pallier le manque d’eau estival, les exploitants utilisaient plusieurs techniques historiques :

  • Le bassin de retenue (l’étang de lavage) : Si le cours d’eau faiblissait, on construisait une petite retenue temporaire en amont. On stockait l’eau durant la nuit pour l’utiliser par « chasses » ou par libération contrôlée durant les heures de travail de la journée. C’est une technique héritée du flottage du bois ou des mines d’or alluvionnaires.

  • Le lavage en circuit fermé : Si la mine était un peu plus structurée, on utilisait des bacs à fond incliné où l’eau était recyclée par pompage manuel ou par une petite roue à aubes (si le filet d’eau était suffisant pour entraîner une roue de faible diamètre). Mais cela restait rare pour les petites mines temporaires.

  • Le report de traitement : À défaut d’eau, on procédait uniquement au triage à la main (le « picking »). Les femmes et les enfants, souvent, triaient le charbon sur des tables, écartant la roche visible. Le lavage hydraulique était réservé aux fines (le menu), qui ne pouvaient être triées à la main.

4. Les traces archéologiques à rechercher

Si vous travaillez sur le terrain, voici ce que vous devez chercher pour confirmer ces pratiques :

  • Aménagements hydrauliques : Cherchez des traces de canaux de dérivation (parfois très rudimentaires, en pierre sèche ou bois) qui longeaient les flancs de montagne pour amener l’eau vers la plate-forme de travail.

  • Les « schisteux » ou « terrils de lavage » : Ce sont les dépôts de stériles les plus révélateurs. Ils sont souvent situés en aval de la zone de lavage, formant des accumulations de débris rocheux propres (lavés). La granulométrie de ces dépôts vous donnera une indication sur la précision du lavage.

  • Le « plateau de travail » : Une zone plane à proximité immédiate du ruisseau, souvent recouverte d’une couche de charbon fin (pertes de lavage).

5. Une perspective historique (La notion de pollution)

Le lavage au fil de l’eau polluait les rivières en aval (turbidité, rejets de pyrite). Bien que les réglementations minières du XIXe siècle fussent souvent laxistes dans ces zones reculées, il existait des conflits d’usage fréquents avec les agriculteurs en aval (les « boues de lavage » détruisant les prairies irriguées). Ces conflits laissent souvent des traces dans les archives préfectorales ou municipales.

En résumé : Le lavage de l’anthracite dans ces mines temporaires était une activité de saisonnier hydraulique. L’anthracite, par sa densité, se prêtait particulièrement bien à des systèmes rudimentaires de séparation par courant d’eau. La gestion de l’eau était le facteur limitant qui dictait le calendrier de production, transformant l’eau non pas en une ressource continue, mais en une ressource stockable et séquentielle.

Vestiges de la zone de lavage et de traitement du charbon aux Boines en 2019 : le site est aujourd'hui à l'abandon.

Vue de la zone de traitement du charbon aux Boines en 2019. Il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace de ces installations artisanales.

1. Pourquoi fallait-il impérativement « sécher » (égoutter) ?

Pour un historien, il faut voir cela sous l’angle du coût et de la valeur marchande :

  • L’économie du transport : Dans ces régions isolées, le transport se faisait à dos de mulet ou par chariots sur des chemins difficiles. Le coût du transport était la part la plus importante du prix de revient final. Transporter de l’anthracite gorgé d’eau, c’était payer le transport de dizaines de kilos d’eau inutile. Chaque pourcentage d’humidité en moins était une économie directe.

  • La conservation des sacs : Au XIXe siècle, les sacs étaient en jute, en chanvre ou en toile grossière. L’anthracite, surtout s’il contenait des pyrites (souvent associées à l’anthracite), devenait acide au contact de l’eau. Un charbon humide stocké dans un sac en fibre organique le faisait pourrir en quelques jours, provoquant des pertes de marchandise lors du transport.

  • La valeur commerciale : Le client final (forge, chauffage domestique) achetait du carbone. Vendre du charbon « mouillé » était souvent perçu comme une fraude ou, au minimum, un produit de basse qualité, car l’humidité dégrade le rendement thermique (l’énergie est perdue à évaporer l’eau avant d’amorcer la combustion).

  • Le risque de gel : Puisque vous mentionnez des mines dont l’accès est impossible l’hiver, le processus d’égouttage était une course contre la montre avant les premières gelées. Un stock de charbon humide qui gèle devient un bloc compact impossible à ensacher, et il peut même faire éclater les contenants.

2. Comment procédaient-ils techniquement ?

Sans technologie complexe, la méthode était purement gravitaire et temporelle :

  • Le parc à charbon (ou « aire d’égouttage ») : Après le lavage, le charbon (surtout les calibres « gros » et « moyen ») était étalé sur une aire plane, souvent inclinée, située en contrebas du lavoir ou du cours d’eau. Cette aire était parfois dallée de pierres plates ou simplement recouverte d’un lit de graviers pour éviter que le charbon ne se mélange à la terre ou à l’argile du sol.

  • L’effet de la granulométrie :

    • Les gros morceaux (le tout-venant trié) s’égouttaient naturellement en quelques heures grâce à la faible porosité de l’anthracite.

    • Les fines (le « menu ») posaient un problème majeur : elles retiennent l’eau par capillarité. Elles étaient souvent laissées en tas pyramidaux sur l’aire d’égouttage pendant plusieurs jours, retournées à la pelle pour favoriser l’évaporation naturelle par le vent et le soleil.

  • La temporalité : L’organisation du travail était telle que le lavage se faisait en début de semaine, et l’ensachage en fin de semaine. Le charbon restait ainsi exposé à l’air libre pendant 2 ou 3 jours.

C’est une étape cruciale. Dans les mines de montagne du XIXe siècle, la logistique est le goulot d’étranglement. L’extraction est une chose, mais « l’évacuation » vers les centres de consommation (vallées, forges, villes) est ce qui détermine la rentabilité de la concession.

Voici comment s’organisait la chaîne logistique, de la plateforme de la mine jusqu’au réseau routier principal.

1. L’Ensachage : Une opération de précision

L’ensachage n’était pas une simple mise en sac, c’était une opération commerciale et métrologique.

  • Le lieu : Le Carreau. L’ensachage se faisait sur le « carreau de la mine », l’aire de stockage qui jouxtait la sortie de la mine ou le lavoir.

  • Les contenants : On utilisait principalement des sacs en jute ou en toile de chanvre grossière. Ce sont des sacs réutilisables qui circulaient en boucle. Le sac « fatiguait » vite : l’anthracite, très abrasif et dur, finissait par percer la toile par frottement interne lors du transport à dos de mulet.

  • La standardisation : Dans les mines de montagne, on travaillait souvent par « poids unitaires » standardisés pour faciliter la comptabilité. Le poids standard tournait souvent autour de 50 kg ou 100 kg.

  • L’outil : La bascule. À côté de la zone de remplissage, il y avait presque toujours une bascule (balance). Chaque sac était pesé pour éviter les litiges entre l’exploitant, le transporteur (souvent payé à la tonne ou au trajet) et le client final.

  • La technique : On remplissait le sac à la pelle, on le tassait vigoureusement (pour éviter que le contenu ne bouge, ce qui déséquilibrerait la mule), et on cousait la gueule du sac avec de la ficelle de chanvre ou un fil de fer torsadé.

2. Le Transport : Une logique en « entonnoir »

Le transport se faisait rarement par un seul moyen. Il s’agissait d’une chaîne de relais adaptée à la topographie.

A. Le premier maillon : La descente de la montagne (La plus difficile)

Si la mine était en altitude (ce qui est courant dans les mines d’anthracite de montagne type Alpes ou Massif Central), le premier trajet était le plus périlleux.

  • Le mulet (le « roi » du transport) : C’était le moyen de transport exclusif sur les sentiers escarpés. Un mulet pouvait porter environ 100 à 150 kg (un sac de chaque côté). C’est un travail éreintant qui nécessitait des muletiers experts capables de gérer les chutes de pierres et les sentiers boueux.

  • Le plan incliné gravitaire (si configuration favorable) : Si la mine était située au-dessus d’une vallée ou d’une route carrossable, on utilisait parfois un plan incliné. On faisait descendre les wagonnets (ou des caisses sur des rails rudimentaires) par gravité, un câble freinant la descente. C’était le moyen le plus économique, mais il demandait un investissement en rails.

B. Le second maillon : Le regroupement (Le « dépôt »)

Le charbon était rarement livré directement au client final. Il était acheminé vers un dépôt intermédiaire situé au point le plus haut atteignable par les chariots à chevaux ou les charrettes à bœufs.

  • C’est ici que l’on stockait le charbon en attendant une fenêtre météo favorable ou l’arrivée d’une commande groupée.

  • C’est aussi là que se faisaient les transactions : le producteur vendait son stock au dépôt, et les grossistes venaient s’y servir.

C. Le troisième maillon : La route de vallée

Une fois arrivé sur une route carrossable (ou près d’une voie ferrée à partir de la fin du siècle), on transbordait le charbon dans des chariots (tombereaux) tirés par des chevaux ou des bœufs. C’est à ce stade que le transport devenait plus « industriel ».

3. Les problèmes historiques majeurs liés à ce transport

Pour votre travail d’historien, voici les trois points de friction que vous retrouverez inévitablement dans les archives :

  1. Le vol et la « déperdition » : Il était extrêmement courant qu’une partie du chargement disparaisse entre la mine et le dépôt. Le transporteur pouvait en décharger une partie en route pour sa consommation personnelle ou pour la revendre. Les contrats de transport comportaient souvent des clauses strictes sur la « tare » (le poids à l’arrivée).

  2. L’état des chemins : La saisonnalité que vous évoquiez (fermeture hivernale) est aussi liée à l’état des chemins. Dès les premières pluies d’automne, les chemins de terre se transformaient en ornières impraticables pour les chariots. Le transport était donc une course contre la montre entre la fin du lavage (été/automne) et la dégradation des chemins.

  3. L’usure du matériel : Les frais de transport (achat/entretien des sacs, location des mules, entretien des chariots) pouvaient représenter jusqu’à 30% ou 40% du prix de vente du charbon sur le marché. C’est pourquoi ces mines mouraient souvent dès que le prix du charbon baissait légèrement : le coût du transport « mangeait » toute la marge.

Traces au sol et enjeux de terrain

Sur le terrain, la lecture des vestiges reste un défi. Une voie de roulage est encore identifiable : elle relie la galerie B2 à la ligne de crête, passant au-dessus de la galerie B4 et contournant un important site de grattage (noté G11). Ce dernier pourrait, selon nos hypothèses, dissimuler l’entrée d’une galerie oubliée.

Dans l’ensemble, l’emprise des activités minières aux Boines révèle une ingéniosité technique mise au service d’une rentabilité complexe. Hélas, l’érosion naturelle, le pâturage et les aménagements anthropiques (station de ski) ont agi comme un voile, effaçant peu à peu les cicatrices de cette ère industrielle. La localisation précise de ces « oubliées de l’histoire » demeure aujourd’hui un travail de mémoire autant que d’archéologie industrielle.

Conclusion

La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.

Vous explorez le patrimoine minier dauphinois ? N’hésitez pas à partager vos découvertes ou vos photos de ce site chargé d’histoire dans les commentaires ci-dessous.

Foire Aux Questions plateforme traitement charbon

Après l’extraction en montagne, le charbon subissait une série d’opérations artisanales sur place : le lavage (pour séparer les impuretés), le séchage à l’air libre, le tri manuel, puis l’ensachage pour préparer le produit au transport vers les zones de consommation.

Les Boines témoignent de l’activité minière artisanale historique de la région. Bien que les installations soient aujourd’hui disparues, le site reste un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’histoire industrielle et le travail des mineurs dans le Dauphiné.

Non, le site a évolué avec le temps. Comme en témoignent les archives photographiques (notamment de 2019), les infrastructures comme la zone d’arrivée du télébenne ont été démantelées. Il ne reste aujourd’hui plus de traces visibles de ces installations techniques.

Oui, contrairement aux grandes mines industrielles, l’exploitation des Boines intégrait directement le conditionnement (lavage et ensachage) sur le site ou à proximité immédiate pour faciliter la logistique du transport depuis la montagne.

Poursuivez votre exploration

Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine

La concession des Boines l’histoire des mines

La concession des Boines les galeries des Boines guide d’exploration et inventaire

La concession des Boines et de Serre Leycon les moyens de transport

La concession des Boines les grattages des Boines

Sources et sites officiels 

. Les bases de données institutionnelles (Incontournables)

Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :

  • Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/

    • Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.

  • Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/

    • Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.

2. Le contexte historique et ferroviaire (Le lien avec le Train)

Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :

  • Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/

    • Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.

3. Les portails de connaissances (Pour le lectorat curieux)

  • Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/

    • Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Sources secondaires)

    Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :

    • Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).

      • Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».

    2. Rapports techniques et inventaires (Sources primaires et semi-primaires)

    Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :

    • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.

      • Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.

    • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.

      • Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.

      • Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »

    3. Ressources muséales et associatives

    • Mine Image (La Mure).

      • Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.

    • Association des Amis du Musée de la Mine.

      • Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».

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Photo historique de 2017 de la Piste Noire, une ancienne route minière surplombant la cité nouvelle de la centrale à Fontveille

La Piste Noire de Bois Freynet : Une cicatrice minière témoin du passé houiller dauphinois

En 1983, un chantier colossal se préparait dans le massif du Dauphiné : l’exploitation à ciel ouvert de la zone de Bois Freynet par les Houillères du Bassin Dauphinois (HBD). Un défi logistique de taille se posait : comment accéder à ce site isolé pour extraire le précieux charbon ? La réponse fut la création d’une artère singulière, une route au nom évocateur : la Piste Noire.

La Piste Noire. Un nom qui résonne avec l’histoire industrielle du Dauphiné. Bien plus qu’un simple chemin, elle est le témoin d’une époque où l’extraction du charbon façonnait le paysage et la vie des hommes. Découvrez l’histoire de cette route singulière, construite à partir de déchets miniers, et devenue aujourd’hui un lieu de mémoire et de loisirs.

Informations pratiques

Model

Voici une fiche technique sous forme de tableau pour la Piste Noire, reprenant les informations pertinentes et les organisant de manière concise :

Caractéristique Description
Nom Piste Noire
Localisation Bassin Dauphinois, Massif du Dauphiné, secteur de Bois Freynet et Fontveille, Susville. Voir carte en pied d’article.
Période de Construction 1983
Période d’Utilisation 1983 – 1986 (Exploitation à ciel ouvert de Bois Freynet)
Fonction Principale Accès à la zone d’exploitation minière de Bois Freynet ; Transport du charbon vers le lavoir du Villaret.
Type de Revêtement Schistes (déchets miniers issus de l’extraction du charbon)
Utilisation Actuelle Sentier de randonnée, VTT, potentiel pour 4×4 (à vérifier la réglementation actuelle)
Impact Environnemental Poussière, pollution sonore et atmosphérique lors de l’exploitation ; Modification du paysage. 
Rôle Historique Témoignage de l’activité minière dans le Bassin Dauphinois; impact sur la vie des habitants de Fontveille.
État Actuel Piste conservée, empruntée par des usagers de loisirs, visible, accessible. La piste est en bonne état.
Gestion/Protection La piste est géré par la commune de Susville

Une route née des entrailles de la mine

Le nom de « Piste Noire » n’était pas anodin. Loin d’être une coquetterie, il reflétait la nature même de son revêtement : des schistes, ces déchets miniers issus de l’extraction du charbon. Ce choix pragmatique permit de stabiliser le terrain accidenté et de créer une voie carrossable capable de supporter un trafic intense.

Avant même l’arrivée des excavatrices et des bulldozers, la Piste Noire devait jouer un rôle crucial. Il fallait d’abord permettre aux camions grumiers de débarder le bois de la zone, préparant ainsi le terrain pour l’exploitation minière.

Ce que nous appelons aujourd’hui la Piste Noire correspond historiquement à la liaison technique entre le carreau du Puits Villaret et le triage-lavoir.

 La « piste noire » constituait l’axe logistique dédié à l’évacuation, par camions-bennes, de l’anthracite issu de la découverte (exploitation à ciel ouvert) de Bois Freynet.

Photo historique de 2017 de la Piste Noire, une ancienne route minière surplombant la cité nouvelle de la centrale à Fontveille

La Piste Noire surplombant la cité nouvelle de Fontveille, vestige de l’exploitation minière de Bois Freynet (photo de 2017).

De l’extraction à la valorisation : La Piste Noire, cordon ombilical de l’anthracite

1. Le « Tout-venant » : un produit brut

À sa sortie de terre, l’anthracite est intimement mêlé à des stériles (principalement des schistes et des grès). Ce mélange est inexploitable en l’état par les chaudières industrielles ou domestiques. La Piste Noire n’était donc pas un simple chemin forestier, mais un axe logistique vital, un véritable « cordon ombilical » reliant le lieu d’extraction à l’Usine de Préparation des Combustibles (UPC).

2. Le Lavoir : l’alchimie de la densité

Au bout de cette piste, les camions bennes déversaient leur cargaison au lavoir. C’est ici que s’opérait la séparation densimétrique :

  • Plongé dans des bacs à pistonnage ou des milieux denses, le charbon (plus léger) flottait, tandis que le schiste (plus lourd) coulait.

  • Cette étape de lavage permettait d’éliminer les impuretés et d’abaisser le taux de cendres, garantissant la pureté exceptionnelle de l’anthracite dauphinois.

3. Le Criblage : la naissance des produits commerciaux

Une fois lavé, le charbon passait au criblage (tri par taille). C’est à ce stade que le combustible gagnait sa valeur marchande et son nom. Il était calibré en différentes catégories selon les besoins du marché :

  • Les Gaillettes et Noisettes pour les poêles domestiques.

  • Les Grains et Petits Grains pour les chaudières.

  • Les Fines pour l’industrie lourde et les centrales thermiques.

4. Une économie de la qualité

C’est précisément ce processus industriel, qui transformait la roche brute en une source d’énergie stratégique. En circulant sur la Piste Noire, l’anthracite entamait sa mutation d’un produit minéral brut vers un produit de luxe énergétique, faisant la fortune et la renommée du plateau de la Matheysine jusqu’en 1997.

Un ballet incessant de camions bennes

L’exploitation à ciel ouvert lancée, la Piste Noire devint l’épine dorsale de toute l’opération. Les camions bennes, chargés de charbon extrait de Bois Freynet, entamaient un ballet incessant en direction du lavoir du Villaret, situé à Susville.

Imaginez la scène : une noria de camions, jour après jour, arpentant la Piste Noire. La poussière soulevée par leurs passages, malgré les tentatives d’arrosage, recouvrait inévitablement le paysage.

Plan sur fond de carte IGN montrant le tracé de la Piste Noire, visualisé par un trait bleu.

Tracé de la Piste Noire superposé à une carte topographique IGN.

La vie quotidienne bouleversée

Le tracé de la Piste Noire traversait la cité nouvelle de la centrale à Fontveille. Pour les habitants, la vie quotidienne était radicalement transformée. Faire sécher son linge au soleil devenait un défi, tant la poussière omniprésente risquait de le souiller.

Cette poussière, cependant, n’était pas la seule nuisance. Il faut également prendre en compte les émissions polluantes de la centrale, qui brûlait un charbon de qualité médiocre, rejetant d’autres particules fines dans l’air ambiant.

1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert

Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :

  • Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.

  • Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.

  • Les « Grands Bureaux » et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.

2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid

Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.

  • L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.

  • La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les « trieurs » finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.

  • Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.

3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »

Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.

  • Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.

  • Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.

4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière

Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.

  • Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.

  • La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.

5. La dynamique « Jour / Fond » : Une solidarité complexe

  • Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls « vrais » mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.

  • L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.

  • La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.

6. L’héritage architectural

Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du « Jour » :

  • Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).

  • Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.

  • Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.

Un héritage complexe

Aujourd’hui, la Piste Noire de Bois Freynet est bien plus qu’un simple chemin. Elle est une cicatrice dans le paysage, un témoin silencieux d’une époque révolue, celle de l’exploitation minière à grande échelle dans le Bassin Dauphinois. Elle rappelle la dureté des conditions de travail, l’impact environnemental et les compromis nécessaires pour assurer la production d’énergie.

Cette piste noire, symbole d’une activité industrielle intense, soulève encore aujourd’hui des questions sur la gestion des héritages miniers et la nécessité d’une transition énergétique juste et durable. Elle nous invite à nous souvenir du passé pour mieux construire l’avenir.

Foire Aux Questions la piste Noire

Son nom vient directement de sa composition. Contrairement aux routes classiques en remblai calcaire (gris ou blanc), cette piste a été construite à partir de stériles miniers, principalement des schistes noirs extraits des mines de charbon locales. Cette couleur sombre caractéristique l’a immédiatement distinguée dans le paysage.

La piste a été aménagée en 1983 par les Houillères du Bassin Dauphinois (HBD). Elle était indispensable pour ouvrir le chantier d’exploitation à ciel ouvert (appelé « la découverte ») de la zone de Bois Freynet.

La Piste Noire avait une double fonction logistique :

  • Au début : Permettre l’accès aux engins de terrassement et le passage des camions grumiers pour déboiser la zone.

  • En phase d’exploitation : Assurer la « noria » (le va-et-vient incessant) des camions bennes transportant le charbon brut depuis Bois Freynet jusqu’au lavoir du Villaret, à Susville, pour y être traité.

Le passage des camions à proximité de la cité nouvelle de la centrale entraînait d’importantes retombées de poussière noire. Malgré l’arrosage régulier de la piste pour limiter les envols, il était quasiment impossible pour les riverains de faire sécher leur linge dehors ou de garder les habitations propres. À cela s’ajoutaient le bruit des moteurs et les fumées de la centrale thermique voisine.

L’activité a été intense mais relativement courte. Le chantier de Bois Freynet ayant pris fin en 1986, la piste a été abandonnée par les Houillères seulement trois ans après sa création, suite à l’épuisement ou à l’arrêt de l’exploitation de cette zone.

Oui, la piste existe toujours. Bien qu’elle ne soit plus entretenue pour le passage de poids lourds, elle est devenue un itinéraire prisé par les promeneurs, les vététistes et, dans certaines zones autorisées, par les véhicules tout-terrain (4×4). Elle constitue désormais un sentier de mémoire permettant de découvrir les paysages transformés du bassin minier.

Le charbon empruntant la piste était acheminé vers le lavoir du Villaret à Susville. C’est là que le minerai était trié, lavé et calibré avant d’être expédié vers les clients industriels ou domestiques.

Poursuivez votre exploration

« Retrouvez l’exploitation de Bois Freynet« 

« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD« 

Sources et sites officiels 

1. Contextualisation Historique et Technique

  • La Mine Image (Musée souterrain de la Mine) : C’est le site de référence pour comprendre l’extraction dans le Dauphiné. Ils ont des ressources sur les Houillères du Bassin Dauphinois (HBD).

  • Mémoire d’Obiou : Cette association d’histoire locale publie des articles de fond sur le patrimoine de la Matheysine, notamment sur l’époque des « découvertes » (mines à ciel ouvert).

2. Cartographie et Évolution du Paysage (Essentiel pour la Piste)

  • Géoportail – Remonter le temps (IGN) : Ce lien est crucial pour vos lecteurs. Il permet de comparer les photos aériennes de 1983 (pendant l’exploitation) avec celles d’aujourd’hui pour voir le tracé de la Piste Noire.

  • Inventaire des Réseaux Spéciaux (Fiches Ferroviaires/Minières) : Ce site répertorie souvent les anciens tracés techniques (plans inclinés, voies de camions) liés aux mines. (Rechercher « Bassin Dauphinois »).

3. Localisation et Patrimoine Local

  • Mairie de Susville : La Piste Noire reliait Bois Freynet au Villaret (Susville). Le site de la commune évoque parfois son passé minier.

  • Patrimoine de l’Isère : La page du Département dédiée au patrimoine industriel.

4. Archives et Documents d’Époque

  • Archives Départementales de l’Isère : Pour les lecteurs qui souhaitent consulter les fonds d’archives des HBD (Houillères du Bassin Dauphinois).

  • Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT) : Ils conservent des dossiers sur les fermetures de mines et les reconversions de sites.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages de référence (Histoire Générale)

    • BILLET, Jean. La Matheysine : Étude de géographie régionale. Imprimerie Allier, 1963.

      • Pourquoi ce livre ? Bien que plus ancien, il permet de comprendre la topographie complexe de la zone entre Susville et Fontveille avant les grands bouleversements des « découvertes ».

    2. Études et Publications Locales (Le plus précis sur Bois Freynet)

    • ASSOCIATION MÉMOIRE D’OBIOU. Bulletins annuels de la revue « Mémoire d’Obiou ».

      • Vérification : Consultez notamment le n° 18 (2013) et le n° 23 (2018). Cette revue de référence pour l’histoire locale contient des témoignages d’anciens mineurs et des précisions sur les sites de Susville et les chantiers de surface des années 80.

    • COLLECTIF. Le Bassin Minier Dauphinois : Regards Croisés. Édité par le Musée de la Mine Image, 2005.

      • Contenu : Analyse l’évolution des paysages miniers et l’impact des déchets de schistes sur l’environnement.

    3. Rapports Techniques et Archives (Sources primaires)

    • HOUILLÈRES DU BASSIN DAUPHINOIS (HBD). Rapports annuels d’activité (1982, 1983, 1986).

      • Localisation : Archives Départementales de l’Isère (Fonds des Houillères).

      • Détails : Ces documents administratifs valident les dates de mise en service de la piste et les tonnages évacués vers le lavoir du Villaret.

    • CHARBONNAGES DE FRANCE. Archives de la fermeture du Bassin Dauphinois.

      • Contenu : Plans de remise en état des sites (ou abandon des pistes) après 1986.

    4. Ressources Cartographiques

    • INSTITUT GÉOGRAPHIQUE NATIONAL (IGN). Carte Topographique 3336OT (La Mure / Valbonnais).

      • Note : Utile pour identifier le tracé actuel de la piste devenu chemin de randonnée.

Entrée de la galerie du Plan Richard obstruée par un remblai de terre lors de la mise en sécurité (Photo 2019)

Le Plan Richard : Artère vitale et sortie de secours des mines de Susville

Située au Villaret, cette galerie marque un tournant technologique majeur avec le remplacement des wagonnets par des bandes transporteuses pour remonter le charbon. Au-delà de sa fonction logistique reliant les profondeurs au lavoir, le Plan Richard constituait une issue de secours cruciale pour les mineurs, témoignant aujourd’hui de l’ingéniosité et des risques de l’exploitation sur le plateau matheysin.

Nichée sur la commune de Susville, au lieu-dit Le Villaret, la galerie du Plan Richard incarne une étape clé dans la modernisation des Houillères du Dauphiné. Abandonnant le roulage traditionnel par wagonnets au profit de bandes transporteuses, cet ouvrage stratégique assurait non seulement l’acheminement massif de l’anthracite du Puits n°1 vers le lavoir, mais constituait surtout une voie vitale pour l’aérage et la sécurité des hommes. Exploration d’un vestige industriel qui fut, durant des décennies, le véritable poumon des mines de la Mure.

Informations pratiques

Caractéristique Détail
Nom de l’ouvrage Galerie de sortie du Plan Richard
Localisation Susville (Isère), lieu-dit Le Villaret
Coordonnées GPS 44.924000, 5.777778
Type d’ouvrage Galerie inclinée (Plan) avec bandes transporteuses
Fonctions principales 1.Remontée du charbon (stériles exclus)

2. Sortie de secours et aérage

Niveaux desservis Du Niv. 20 (482 m) et Niv. 17 (635 m) → Vers le Lavoir (Surface)
Technologie Remplacement du roulage (wagonnets) par convoyeurs à bandes
Connexion surface Liaison directe au bâtiment du lavoir via tuyère en ciment
État actuel Sortie obstruée, installations de surface démantelées

Le Plan Richard : L’artère vitale de la mine du Villaret

L’histoire de l’exploitation minière est une course perpétuelle vers les profondeurs. Pour suivre les veines d’anthracite, les mineurs de la Matheysine ont dû creuser toujours plus bas, posant un défi logistique majeur : comment remonter des tonnes de minerai depuis les entrailles de la terre jusqu’à l’usine de traitement ?

C’est ici qu’intervient le Plan Richard, une prouesse technique qui a révolutionné le transport du charbon sur le site du Villaret.

Entrée de la galerie du Plan Richard obstruée par un remblai de terre lors de la mise en sécurité (Photo 2019)

Vestige de la sortie du Plan Richard (2019) : L’orifice a été définitivement condamné par un merlon de terre et de déblais lors de la campagne de mise en sécurité du site en 1999.

Une logistique souterraine divisée en deux flux

Pour comprendre l’importance du Plan Richard, il faut d’abord saisir l’organisation du site minier. À son apogée, l’activité se concentrait autour de deux puits verticaux aux fonctions bien distinctes, situés au niveau 12 (altitude 888 mètres) :

  1. Le Puits des Rioux : Véritable « ascenseur du personnel », il était dédié au transport des mineurs vers les différents étages d’exploitation.

  2. Le Puits du Villaret : Il servait à la logistique matérielle. C’est par ce puits que descendaient les machines, les outils et les cintres de soutènement. Il servait également à remonter les stériles (les roches inutiles extraites lors du creusement).

Mais curieusement, le charbon, lui, ne passait pas par ces puits.

Vestige du muret de soutènement de la bande transporteuse du Plan Richard à flanc de falaise (Photo 2019)

Vue depuis les abords de la galerie (2019) : Ce muret en maçonnerie longe la falaise et servait d’assise à la structure métallique de la bande transporteuse, défiant le relief accidenté.

La fin des wagonnets : la révolution des bandes transporteuses

Historiquement, le charbon était chargé dans des wagonnets poussés par des hommes ou tirés par des chevaux, puis des locomotives. Cependant, face à l’augmentation des cadences et de la profondeur, ce système a montré ses limites.

La mine du Villaret a alors opéré une mutation technologique en remplaçant le roulage par wagonnets par un système de transport en continu via des bandes transporteuses. Ce choix présentait trois avantages décisifs pour la rentabilité :

  • Fluidité : Un flux ininterrompu de charbon vers la surface.

  • Gain de temps : Suppression des étapes fastidieuses de chargement et déchargement des berlines.

  • Maintenance : Une mécanique plus simple et plus fiable que le matériel ferroviaire souterrain.

Vue du muret de soutènement du Plan Richard depuis l'emplacement de l'ancien lavoir (Photo 2019)

Perspective depuis la zone du lavoir (2019) : On distingue ici le tracé rectiligne du muret le long de la falaise. C’est par cette voie que le charbon brut arrivait pour être traité dans l’usine de lavage située au premier plan.

L’anatomie du Plan Richard (I, II et III)

Ce système de convoyeurs portait le nom de « Plan Richard ». C’était une véritable autoroute du charbon remontant depuis les profondeurs :

  • Plan Richard I et II : Ces deux premières sections de bandes remontaient le minerai depuis le niveau 17 (altitude 635 m).

  • Plan Richard III : Lorsque l’exploitation a dû descendre encore plus bas, jusqu’au niveau 20 (altitude 482 m) — correspondant à la galerie de la Baume — une troisième section fut ajoutée pour connecter ce niveau inférieur au reste du réseau.

Le charbon, une fois arrivé au jour par la galerie de sortie du Plan Richard I, ne s’arrêtait pas là. Il était acheminé directement vers le lavoir (l’usine de tri et de lavage) via un impressionnant tuyau en ciment reliant la sortie de la galerie au bâtiment industriel sur le carreau de la mine.

Vestige du tunnel en ciment du Plan Richard abritant l'ancienne bande transporteuse vers le lavoir (Photo 2019)

Document de 2019 : Ce fragment de buse en béton est le dernier témoin de la liaison aérienne du Plan Richard. Il protégeait la bande transporteuse qui acheminait le charbon brut depuis la sortie de la galerie jusqu’aux installations de traitement du lavoir.

Un rôle vital pour la sécurité

Au-delà de sa fonction productive, le Plan Richard jouait un rôle crucial dans la sécurité des hommes. En cas d’accident, d’incendie ou de blocage sur les puits principaux (Villaret ou Rioux), la galerie inclinée du Plan Richard servait de sortie de secours. Les mineurs pouvaient l’emprunter pour évacuer les chantiers du fond et rejoindre la surface à pied.

1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière

Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.

  • L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.

  • La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.

  • La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.

  • L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.

2. La vie sociale : Un paternalisme d’État

Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.

  • Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux « charbon de dotation »).

  • La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.

  • Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la « Société de Secours »), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.

3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte

  • La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.

  • Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.

  • Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.

4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture

La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le « plan de licenciement » est devenu un mot quotidien.

  • La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.

  • L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.

En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un « État dans l’État ».

Que reste-t-il aujourd’hui ?

Le paysage industriel du Villaret a profondément changé. Aujourd’hui, la sortie du Plan Richard est obstruée et la végétation a repris ses droits. Les installations aériennes spectaculaires, le bâtiment du versage et le grand lavoir ont été démantelés.

Seuls quelques vestiges de maçonnerie, comme ceux visibles sur nos photos, témoignent encore de cette mécanique complexe qui faisait battre le cœur de la montagne.

Petit lexique de la mine (Pour aller plus loin)

Pencil Pencil

Stériles : Roches sans valeur (cailloux, terre) qu’il faut extraire pour atteindre la veine de charbon.
Cintres : Arches métalliques utilisées pour soutenir les galeries et éviter les éboulements.
Carreau : Ensemble des installations de la mine situées à la surface (bureaux, lavoirs, vestiaires, puits).
Au jour : Expression minière désignant la surface, par opposition au « fond ».

Un patrimoine protégé : l’impératif de sécurité et de mémoire

Aujourd’hui, les vestiges de la galerie du plan Richard sont rendus à la nature et ses accès ont été murés et remblayés lors des campagnes de mise en sécurité définitive du bassin. Si ces lieux suscitent une curiosité légitime, il est impératif de rappeler qu’il est strictement interdit et mortel de tenter de pénétrer dans d’anciens ouvrages miniers.

Au-delà de la violation de la propriété privée, les risques souterrains sont invisibles et foudroyants :

  • Les risques atmosphériques : En l’absence de ventilation forcée, des gaz lourds et asphyxiants (comme le dioxyde de carbone, appelé « stythe » par les mineurs) ou des poches de grisou résiduel peuvent s’accumuler, rendant l’air mortel en quelques secondes.

  • L’instabilité structurelle : Les pressions de terrain et la dégradation des soutènements avec le temps rendent tout effondrement imprévisible.

Le respect de ce patrimoine passe par une observation extérieure et une étude documentaire. Pénétrer dans ces galeries, c’est non seulement se mettre en danger de mort, mais aussi risquer de dégrader les derniers témoins fragiles de l’ingénierie minière du XXe siècle.

Foire Aux Questions plan Richard

Le Plan Richard était un ouvrage souterrain stratégique des Houillères du Dauphiné. Contrairement aux puits verticaux, il s’agit d’une galerie inclinée équipée de bandes transporteuses (tapis roulants). Elle permettait de remonter le charbon en continu depuis le fond de la mine jusqu’à la surface, remplaçant ainsi le système de wagonnets.

Les vestiges de cette galerie sont situés sur la commune du Villaret, en Isère, sur le plateau matheysin. Elle débouche à proximité de l’ancien site minier du Villaret, où se trouvait autrefois le grand lavoir à charbon.

Non, l’accès est strictement interdit et impossible. Dans le cadre de la mise en sécurité du site minier en 1999, l’entrée de la galerie a été définitivement obstruée par des remblais pour prévenir tout risque d’accident (éboulements, gaz). Seuls les vestiges extérieurs (maçonnerie, murets) sont visibles.

Leurs fonctions étaient distinctes. Le Puits du Villaret (vertical) servait d’ascenseur pour le matériel et la remontée des roches stériles. Le Plan Richard (incliné) était exclusivement dédié au transport rapide du charbon vers l’usine de traitement et servait également de sortie de secours pour les mineurs.

Les infrastructures métalliques aériennes et les bâtiments du lavoir ont été démantelés après la fermeture des mines. Aujourd’hui, on peut observer la tête de la galerie maçonnée (l’entrée voûtée), des sections du muret de soutènement à flanc de falaise et des fragments du carter en béton qui protégeait la bande transporteuse.

Poursuivez votre exploration

Découvrez le puits du Villaret

Indissociable du puits du Villaret le terril 

Et son exploitation

Sources et sites officiels 

 Les Musées et Lieux de Mémoire (Sources Locales)

Ces liens sont les plus pertinents pour le maillage « géographique » et « thématique ».

  • La Mine Image (Musée Souterrain)

    • Pourquoi ce lien ? C’est le musée situé sur la commune même de La Motte-d’Aveillans. Il gère la mémoire du site et possède les archives techniques locales. C’est la référence absolue pour votre sujet.

    • Site officiel : www.mine-image.com

  • Musée Matheysin (La Mure)

    • Pourquoi ce lien ? Situé à La Mure, il conserve une riche collection sur l’histoire régionale et la vie quotidienne des mineurs de la Matheysine.

    • Site officiel : www.musee-matheysin.fr

Les Institutions Techniques et Archives (Sources Scientifiques)

Ces liens valident la partie technique de votre article (fermeture, mise en sécurité, géologie).

  • BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)

    • Pourquoi ce lien ? C’est l’organisme d’État chargé de la gestion de l’après-mine (surveillance des anciens puits, risques d’effondrement). Ils détiennent les dossiers techniques de la mise en sécurité de 1999 mentionnée dans votre article.

    • Site officiel : www.brgm.fr ou le portail des risques www.georisques.gouv.fr

  • Archives Départementales de l’Isère

    • Pourquoi ce lien ? C’est ici que sont conservés les fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (plans, registres du personnel). Utile pour les généalogistes ou chercheurs.

    • Site officiel : archives.isere.fr

Tourisme et Territoire

Pour ancrer l’article dans l’actualité touristique locale.

  • Matheysine Tourisme

    • Pourquoi ce lien ? Pour les randonneurs qui souhaiteraient découvrir les sentiers autour des anciens sites miniers.

    • Site officiel : www.matheysine-tourisme.com


Bibliographie 

  • CHION, Pierre. La mine et les mineurs de la Matheysine : 150 ans de charbon à La Mure. Éditions Le Belvédère, 2005.

    • Pourquoi ce livre ? C’est la « bible » locale. Pierre Chion est l’historien incontournable du plateau. Il détaille l’évolution technique du Puits du Villaret et le passage aux bandes transporteuses.

  • ALLEMAND, H. & CHION, P. Les Gueules Noires du Dauphiné. Éditions Glénat, 1990.

    • Pourquoi ce livre ? Un ouvrage riche en photographies d’époque qui permet de visualiser l’activité sur le carreau du Villaret avant son démantèlement.

  • VEITL, Philippe. Les mines de La Mure, une histoire sociale et politique. PUG (Presses Universitaires de Grenoble), 1994.

    • Pourquoi ce livre ? Pour comprendre le contexte économique qui a poussé les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) à moderniser l’extraction (abandon des wagonnets pour les plans inclinés) afin de rester rentables.