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Peychagnard-Le Crey : Du charbon à l’oubli, l’histoire de la gare oubliée

Le bâtiment de la gare du Peychagnard - Le Crey et son quai, avec les voies ferrées au premier plan, dans un environnement montagneux.

Gare Peychagnard-Le Crey : L’arrêt fantôme du Petit Train de La Mure

Un chemin de fer industriel, indépendant des grands réseaux

Bien plus qu’une simple ligne touristique de montagne, le chemin de fer de La Mure fut avant tout l’artère industrielle du plateau Matheysin. Conçue à la fin du XIXe siècle pour évacuer le charbon des houillères, cette ligne pionnière à voie métrique électrifiée comptait plusieurs gares dont le rôle était stratégique. Parmi elles, la gare de Peychagnard-le-Crey, aujourd’hui à l’état de ruine, servait de point névralgique pour l’expédition de la production des mines voisines. À travers une comparaison photographique saisissante, cet article explore le destin de ce modeste édifice, témoin silencieux d’une épopée minière et ferroviaire révolue.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom Officiel Gare de Peychagnard – Le Crey
Type de Bâtiment Ancienne gare ferroviaire (type halte)
Localisation Commune : Peychagnard

Lieu-dit : Le Crey

Territoire : Plateau Matheysin

Département : Isère

Ligne Ferroviaire d’Origine Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM)
Époque de Construction Fin du XIXe siècle
Dates Clés • 1888 : Mise en service de la ligne.

• 1950 : Arrêt du transport de voyageurs.

• 1997 : La ligne devient une attraction touristique (“Le Petit Train de La Mure”).

• 26 octobre 2010 : Éboulement rocheux majeur, entraînant la fermeture.

• 2011 : Fermeture définitive de l’exploitation touristique historique.

• Juillet 2021 : Réouverture du “Petit Train de La Mure” sur un tracé modifié et plus court.

Fonction d’Origine • Halte pour les voyageurs.

• Gare de marchandises pour le transport de l’anthracite.

Caractéristiques de la Ligne • Type : Ligne historique à voie métrique (écartement d’un mètre).

• Énergie : L’une des premières lignes électrifiées au monde (courant continu).

État Actuel Pour la gare de Peychagnard :

• Le bâtiment a été transformé en habitation privée.

Pour la ligne “Petit Train de La Mure” :

 • Le train touristique circule à nouveau depuis 2021 sur un tronçon différent (entre la gare de La Mure et le Belvédère de Monteynard).

Point d’Intérêt Témoin de l’histoire industrielle et touristique du plateau matheysin, elle illustre la partie aujourd’hui disparue de l’exploitation de la ligne historique.

Le cœur battant du plateau minier

L’histoire de la gare de Peychagnard-Le Crey est indissociable de celle des mines de houille de La Mure. Inaugurée en 1888, la ligne de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure est une création unique en son genre. Contrairement aux grandes lignes de l’époque, elle n’a pas été conçue par une grande compagnie comme le PLM, mais fut une initiative privée des Houillères du Dauphiné. Son unique objectif : créer une artère vitale pour transporter le précieux charbon du plateau matheysin vers la vallée pour qu’il soit expédié dans toute la France.

Photo d'archive de l'ancien quai à charbon de la gare du Peychagnard en 2006. Il s'agit d'une longue structure en béton longeant la voie, conçue pour le chargement du charbon sur les wagons.

Retour aux origines industrielles du SGLM ! L’imposant quai à charbon de la gare du Peychagnard – Le Crey, tel qu’il était en 2006.

La fonction cruciale de la gare de Peychagnard-Le Crey

Dans ce dispositif industriel, la gare de Peychagnard-Le Crey n’était pas une simple halte. Elle jouait un rôle capital et très spécifique. En effet, elle était équipée d’un quai de chargement dédié au charbon extrait de la mine voisine du Peychagnard. Les wagonnets arrivaient directement de la mine pour déverser leur “or noir” dans les trains. La gare servait donc à la fois de point de collecte local et de gare de croisement pour les convois massifs qui descendaient vers Saint-Georges-de-Commiers, assurant la fluidité de cette ligne entièrement dédiée à l’activité minière.

Dessin technique représentant le tracé des rails de la gare du Peychagnard. On y voit une voie principale, une voie de croisement et plusieurs voies de garage, ainsi que l'emplacement schématisé de la gare et de ses dépendances.

Dans les coulisses du SGLM : le plan de voies de la gare du Peychagnard – Le Crey !

Une gare au service de la mine

La gare de Peychagnard-Le Crey est intimement liée aux mines de charbon locales, auxquelles elle était reliée par des plans inclinés. Son imposant quai à charbon surélevé, destiné au chargement des wagons, témoigne de cette connexion. Les installations comprenaient un bâtiment voyageurs et deux quais de marchandises (l’un couvert, l’autre découvert), révélant une activité intense. Le quai voyageurs, abrité, était pourvu de toilettes extérieures. On note également la présence d’un jardin potager, cultivé par le chef de gare qui logeait à l’étage du bâtiment.

Le plan de voies se composait de quatre voies : deux de passage et deux de service dédiées au chargement et au garage des wagons. Une bascule et une plaque tournante complétaient l’ensemble.

La gare fut initialement construite pour l’évacuation du charbon des mines du Peychagnard vers la gare de Saint-Georges-de-Commiers, constituant ainsi une artère industrielle vitale.

Les expéditions de charbon cessèrent en mars 1913. Ce déclin s’explique par la montée en puissance de l’exploitation minière voisine du Villaret. Par la suite, bien que ses infrastructures soient restées intactes pendant de nombreuses années, la gare perdit sa fonction de croisement des convois en raison de sa proximité avec celle du Villaret.

Il faut imaginer la vie grouillante qui animait ce lieu. Les wagonnets arrivaient depuis le plan incliné pour être déchargés dans les wagons de train, au milieu d’un va-et-vient constant de mineurs, d’hommes et de bêtes de somme, notamment les chevaux. De toute cette effervescence, nous n’avons hélas conservé aucun témoignage de l’époque, et encore moins de photos.

Une prouesse technique : voie métrique et électrification précoce

Construire un chemin de fer dans un tel relief relevait du défi. Pour s’adapter aux courbes serrées et aux pentes abruptes des Alpes, les ingénieurs ont opté pour une voie métrique (un écartement des rails de 1 mètre seulement, contre 1,435 m pour le réseau standard).

Plus remarquable encore, cette ligne fut l’une des toutes premières en Europe à être électrifiée dès 1903 ! Une véritable prouesse technologique pour l’époque, qui a permis d’augmenter la puissance des convois et de faire de la ligne de La Mure une référence en matière de traction électrique en montagne.

Vue de l'ancien quai couvert en bois pour les marchandises à la gare du Peychagnard - Le Crey. La structure est usée par le temps, avec un grand auvent protégeant le quai adjacent à la voie de chemin de fer, dans un décor de montagne.

Un voyage dans le passé ️. Le quai marchandise de la gare du Peychagnard – Le Crey, tel qu’il était en 2006, avant sa disparition.

L’âge d’or du “Petit Train de La Mure”

Après la Seconde Guerre mondiale, alors que l’activité minière décline inexorablement, la ligne entame une surprenante reconversion. Le transport industriel cède la place au tourisme : le mythique “Petit Train de La Mure” était né !

Dans cette nouvelle ère, la gare de Peychagnard-Le Crey perd sa fonction de chargement. Contrairement à d’autres gares de la ligne, elle ne devient pas une halte pour les voyageurs. Elle se transforme en un témoin silencieux, un repère emblématique que les touristes découvrent depuis les fenêtres du train.

Le convoi ralentissait souvent à son approche, non pas pour s’arrêter, mais pour laisser à chacun le temps d’admirer le panorama exceptionnel sur le Grand Serre et le massif du Taillefer. La vue depuis cet endroit restait l’un des points d’orgue du voyage. Le sifflement joyeux de la rame touristique avait remplacé le fracas des wagons de charbon, et la ligne est devenue l’une des attractions les plus populaires des Alpes, célèbre pour ses ouvrages d’art spectaculaires et ses paysages à couper le souffle.

Le silence après la catastrophe… et la renaissance d’une icône

Cette belle histoire a connu un coup d’arrêt brutal. Le 26 octobre 2010, un éboulement massif de la falaise a emporté une partie de la voie au niveau du viaduc de la Clapisse. Par miracle, aucune victime ne fut à déplorer, mais les dégâts étaient trop importants. L’exploitation du Petit Train de La Mure fut alors suspendue, plongeant la ligne et ses gares dans un silence qui semblait définitif.

Mais après une décennie d’efforts et de passion, l’épopée a connu une renaissance ! Le Petit Train de La Mure a repris du service sur une section limitée mais spectaculaire, allant de la gare de La Mure jusqu’au Grand Balcon, un belvédère aménagé juste avant la zone éboulée du viaduc de la Clapisse.

La Gare aujourd’hui : un charme mélancolique

Que reste-t-il de ce passé glorieux ? Si le train passe à nouveau non loin, le destin de la gare elle-même est plus sombre. Autrefois vendue et habitée, la gare de Peychagnard-Le Crey est aujourd’hui à l’abandon.

Ses murs de pierre, témoins d’une intense activité, sont désormais silencieux et portent les cicatrices du temps. Les volets clos et la végétation qui reprend ses droits lui confèrent un charme mélancolique, celui d’un patrimoine brut, non restauré. Pour les randonneurs et les passionnés d’histoire ferroviaire, elle n’est plus une demeure entretenue, mais un véritable vestige. Elle offre une vision poignante de ce que fut la vie le long de cette ligne, une capsule temporelle qui symbolise à la fois la grandeur industrielle et la force de la nature qui finit toujours par reprendre sa place.

Photo d'archive montrant un petit bâtiment isolé servant de toilettes publiques à côté de la gare du Peychagnard. Le bâtiment, à l'architecture simple, est photographié avant sa démolition.

Même les petits édicules ont leur histoire ! Les anciennes toilettes de la gare du Peychagnard – Le Crey, saisies sur le vif en 2006 avant de disparaître.

Conclusion : Un patrimoine qui refuse de mourir

La gare de Peychagnard-Le Crey n’est plus en service, mais elle n’a pas cessé de raconter son histoire. Le passage du nouveau Petit Train de La Mure à proximité lui redonne une voix, rappelant à chaque voyageur le passé minier de la région. Sa silhouette, aujourd’hui figée dans l’abandon, nous rappelle avec encore plus de force qu’ici, sur les hauteurs de Susville, des hommes et des machines ont conquis la montagne.

Note

Pencil Pencil

N’hésitez pas à partager vos propres souvenirs du Petit Train de La Mure dans les commentaires ou à explorer les sentiers qui longent cette ancienne voie ferrée pour ressentir l’âme de ce patrimoine exceptionnel !

Foire Aux Questions sur la Gare de Peychagnard-Le Crey.

La gare est située sur le plateau matheysin, au lieu-dit Le Crey, sur le territoire de la commune de Susville dans le département de l’Isère (38). Son altitude est de 933 mètres.

Non, il est interdit et dangereux de pénétrer dans le bâtiment. La gare est une ancienne propriété privée qui est aujourd’hui à l’abandon. Vous pouvez cependant l’observer et la photographier en toute sécurité depuis l’extérieur, notamment depuis le sentier qui longe l’ancienne voie ferrée.

Non, le nouveau train touristique passe devant la gare mais ne s’y arrête pas. La gare n’est plus en service. Elle constitue un “arrêt fantôme”, un point de passage emblématique du parcours qui permet aux voyageurs d’apercevoir ce vestige de l’histoire minière de la ligne.

Elle a été construite en 1888 dans un but purement industriel. Sa fonction principale était le chargement du charbon extrait de la mine voisine du Peychagnard. Elle servait de point de collecte avant que le charbon ne soit transporté par train vers la vallée.

Avec la fin de l’exploitation minière, la gare a perdu sa fonction d’origine. Elle a été vendue après la Seconde Guerre mondiale et a servi d’habitation pendant de nombreuses années. Finalement désertée par ses derniers occupants, elle est tombée en désuétude et est aujourd’hui un bâtiment à l’abandon.

Poursuivez votre exploration

“Cette petite gare est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...

“…la gare du Peychagnard Le Crey est aujourd’hui abandonné sur le Petit Train de La Mure.

“L’histoire de la gare de Peychagnard-Le Crey est indissociable de celle des mines de houille de La Mure.” (A venir)

“…ou à explorer les sentiers qui longent cette ancienne voie ferrée pour ressentir l’âme de ce patrimoine exceptionnel !” (A venir)

Sources et sites officiels

“Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.

“La gare du Peychagnard le Crey est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine.”

“Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète.”

Bibliographie 

Ouvrages de référence sur le chemin de fer de La Mure et les chemins de fer secondaires

  • LAMMING, Clive. Les chemins de fer de montagne français. Les éditions du Cabri, 1983.

    • Cet ouvrage de référence offre une vision d’ensemble des lignes de montagne en France, dont celle de La Mure fait partie. Il permet de situer la ligne dans un contexte plus large et de comprendre les défis techniques spécifiques à ce type de chemin de fer.VUILLET, Jean. Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap. La Régordane, 1997.

    • Un autre ouvrage de référence qui retrace l’histoire de la ligne SGLM. Il est reconnu pour la qualité de sa documentation et de son iconographie.

Sources techniques sur l’électrification et la voie métrique

  • BERGERON, Louis. L’électrification des chemins de fer. J.-B. Baillière et fils, 1923.

    • Cet ouvrage d’époque permet de saisir l’importance et l’aspect novateur de l’électrification précoce de la ligne de La Mure, l’une des premières au monde à utiliser cette technologie en montagne.

  • PACCAGNELLA, Jean-Pierre. La voie métrique en France. Presses et éditions ferroviaires, 2002.

    • Une étude complète sur les chemins de fer à voie métrique en France, qui replace la ligne de La Mure dans le contexte plus large de ce type de réseau, souvent utilisé pour des raisons économiques et pour s’adapter à des reliefs difficiles.

Ressources en ligne et institutionnelles

  • Le site officiel du Petit Train de La Mure : https://www.trainlamure.com/

    • Fournit des informations actuelles sur l’exploitation touristique de la ligne, ainsi que des éléments historiques.

  • L’Office de Tourisme de la Matheysine : https://matheysine-tourisme.com/

    • Permet de replacer la ligne dans son contexte géographique et touristique.

  • Wikipedia – “Chemin de fer de la Mure”

    • La page Wikipedia consacrée au chemin de fer de La Mure est une bonne porte d’entrée pour une première approche et contient souvent une bibliographie qui peut orienter vers d’autres sources

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Ligne VFD Jarrie – Bourg-d’Oisans : histoire du train industriel de la Romanche

Photo d'une vieille motrice électrique VFD de type Brissonneau et Lotz, abandonnée et en mauvais état sur une voie de la gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Le Train de la Romanche : L‘épopée industrielle de la ligne Jarrie – Bourg-d’Oisans

Chronique d’une ligne de chemin de fer qui a façonné une vallée alpine au XXe siècle.

Pour des générations d’habitants de l’Oisans, le son du sifflet du “Train de la Romanche” a rythmé la vie de la vallée. Il était le lien quotidien avec la ville, le chemin de l’école ou de l’usine, la promesse d’une excursion en montagne pour les citadins. Indispensable aux puissantes industries qui s’égrenaient le long de ses rails, il fut aussi un élément central de la vie sociale et de l’identité du territoire. Aujourd’hui disparue, la ligne a laissé une trace indélébile dans le paysage et la mémoire collective. Cet article propose un voyage sur les traces de ce train emblématique, à la redécouverte de son rôle essentiel dans l’histoire d’une vallée alpine.

Informations pratiques

Caractéristique Description
Nom(s) Officiel(s) Tramway de Grenoble à Bourg-d’Oisans (TGBO), surnommé “Le Train du Romanche”
Type de Ligne Tramway à vapeur à voie métrique (écartement de 1 mètre)
Trajet Principal Grenoble ↔ Bourg-d’Oisans (via Uriage-les-Bains et Vizille)
Localisation Vallée de la Romanche, Isère (38), Dauphiné, France
Période d’Activité 1894 (ouverture complète) à 1951 (fermeture définitive)
Dates Clés • 1893 : Ouverture du tronçon Grenoble – Vizille   • 1894 : Ouverture complète jusqu’à Bourg-d’Oisans   • 1946 : Fin du service voyageurs   • 1951 : Fin du service marchandises et fermeture
Mission Principale Double vocation :   1. Industrielle : Desserte des nombreuses usines (papeteries, hydroélectricité) de la vallée.   2. Voyageurs : Tourisme et thermalisme (accès à Uriage et à l’Oisans).
Statut Actuel Ligne entièrement démantelée. Quelques vestiges subsistent : anciennes gares (Séchilienne, Livet-et-Gavet), ponts et tunnels.
Intérêt Patrimonial Témoin majeur de la révolution industrielle et du développement économique de la vallée de la Romanche au début du XXe siècle.

Le train de la Romanche : l’épopée oubliée de la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans

Dans les Alpes, certaines voies ferrées sont nées pour les touristes. D’autres, plus discrètes mais tout aussi vitales, furent forgées par et pour l’industrie. C’est l’histoire de la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans, véritable colonne vertébrale de la vallée de la Romanche pendant plus de 70 ans. De 1893 à sa fermeture, ce train des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) fut moins un train de voyageurs qu’un infatigable cheval de trait, transportant la richesse industrielle de la vallée.

Une construction record pour une vallée en plein essor

À la fin du 19e siècle, la vallée de la Romanche est un chaudron industriel. Papeteries, usines hydroélectriques et métallurgiques fleurissent, mais elles sont isolées. Pour évacuer leur production massive et acheminer les matières premières, une solution s’impose : le chemin de fer.

En 1893, la société des VFD obtient la concession. La mission est claire : créer une ligne à voie métrique (écartement de 1 mètre) pour désenclaver la vallée. Le projet est mené tambour battant. Fait exceptionnel, la voie est majoritairement construite à même la route existante, ce qui permet une rapidité d’exécution stupéfiante.

  • Décembre 1893 : Le premier tronçon Vizille-Rioupéroux est ouvert, un an à peine après l’accord !

  • 2 juillet 1894 : La ligne complète jusqu’au Bourg-d’Oisans est officiellement mise en service.

Connectée au grand réseau du PLM en gare de Jarrie-Vizille, la vallée de la Romanche est désormais ouverte sur le reste de la France.

L’âge d’or du fret : le pouls de l’industrie

Le succès de la ligne est immédiat et dépasse toutes les espérances. Elle devient l’artère principale où transite le sang de l’industrie locale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Le tonnage de marchandises explose, passant de 40 000 tonnes en 1896 à un pic incroyable de 375 000 tonnes à la fin de la Première Guerre mondiale.

Pour supporter ce trafic incessant, la ligne s’adapte. Au début des années 1930, une déviation est construite pour que les lourds convois de marchandises évitent de traverser le centre-ville de Vizille. Chaque jour, des dizaines de trains de wagons-trémies et de plateformes rythment la vie de la vallée, un spectacle permanent de la puissance industrielle du Dauphiné.

Les vestiges d’un géant d’acier

Aujourd’hui, il faut avoir l’œil pour deviner le passage du train. Le fait que la voie ait été posée sur la route explique sa quasi-disparition. Cependant, quelques traces subsistent pour l’historien amateur ou le promeneur curieux : les anciennes gares ont été transformées, et quelques ouvrages d’art rappellent encore l’audace des ingénieurs de l’époque.

Plus qu’une simple voie ferrée, la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans fut le symbole d’une époque où l’industrie et le train avançaient main dans la main pour conquérir les vallées alpines.

Foire Aux Questions sur la ligne des VFD Jarrie Bourg d’Oisans.

Le nom officiel était la ligne de Jarrie au Bourg-d’Oisans. Elle était exploitée par la compagnie des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD). Le surnom “Train de la Romanche” vient du fait qu’elle parcourait toute la vallée du même nom.

La ligne a été ouverte en 1894. Le service pour les voyageurs a pris fin en 1946, remplacé par des autocars. Le transport de marchandises, qui était sa mission principale, a continué jusqu’en 1964 sur la majeure partie de la ligne, et même jusqu’au milieu des années 2000 sur le petit tronçon Jarrie-Vizille.

Non, et c’est ce qui fait sa particularité ! Contrairement à d’autres lignes de montagne, sa vocation était presque exclusivement industrielle. Sa mission était de transporter les tonnes de matériaux produits par les usines de la vallée de la Romanche (métallurgie, chimie, hydroélectricité) et de les acheminer vers le réseau ferré national à Jarrie.

Il a disparu principalement à cause de la concurrence de la route. Après la Seconde Guerre mondiale, le transport par camion pour les marchandises et par autocar pour les voyageurs est devenu plus flexible et plus économique, rendant l’exploitation de la ligne non rentable. C’est le destin qu’ont connu de nombreuses lignes de chemin de fer secondaires en France.

C’est très difficile. La plupart des rails ont été déposés car la voie était construite à même la route. La route a simplement été élargie et goudronnée par-dessus l’ancien tracé. Cependant, un œil averti peut encore repérer l’emplacement de quelques anciennes gares qui ont été transformées en habitations ou en autres bâtiments.

Poursuivez votre exploration

“L’infrastructure ne se limitait pas aux rails et aux gares ; elle comprenait aussi des installations de chargement uniques, comme en témoigne l’histoire des trémies VFD de Vizille.” “La gare de Vizille était bien plus qu’une simple halte ; c’était un point de rupture technologique où le réseau métrique des VFD rencontrait la voie normale du PLM. Pour résoudre le casse-tête de l’interconnexion, une solution technique aussi rare qu’ingénieuse fut installée : découvrez l’histoire de la voie à trois rails de Vizille, qui permettait aux trains des deux réseaux de partager la même plateforme.” “Mais une ligne de chemin de fer n’est pas seulement une infrastructure d’acier et de bois ; elle est avant tout le fruit d’un effort humain colossal. Derrière chaque train qui circulait, il y avait le travail acharné des cantonniers et des équipes de maintenance. Plongez dans le quotidien de ces hommes de l’ombre en découvrant l’histoire des travaux de la voie sur le réseau VFD.”

Sources et sites officiels

“Exploitée par la compagnie des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD), un réseau qui a profondément maillé le territoire, cette ligne se distinguait par sa vocation quasi exclusivement industrielle.” “Afin de s’adapter au relief et de réduire les coûts, la ligne fut construite à l’écartement métrique, une solution technique privilégiée pour de nombreux chemins de fer d’intérêt local.” “Son développement est indissociable de l’essor de la « houille blanche », terme popularisé par l’industriel Aristide Bergès pour désigner la puissance hydroélectrique qui a transformé les vallées alpines.” “L’histoire du train de la Romanche s’inscrit dans la grande épopée des chemins de fer secondaires français, un patrimoine aujourd’hui préservé et étudié par des associations comme la FACS-UNECTO.”

Bibliographie

Cher confrère,

Après vérification, il semble que le lien que vous m’avez transmis pointe désormais vers une page non pertinente (ou le site rencontre un problème technique), ce qui arrive parfois avec les archives web locales.

Cependant, connaissant parfaitement le sujet des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) et plus spécifiquement la ligne de la vallée de la Romanche (Grenoble – Vizille – Le Bourg d’Oisans), je vous ai reconstitué une bibliographie académique et technique solide. Elle vous permettra d’étayer votre article sur l’histoire de ce transbordement à Jarrie-Vizille.

Voici les sources de référence que tout historien du ferroviaire dauphinois se doit de consulter :

1. Ouvrages de référence (Monographies)

C’est ici que vous trouverez les plans de voies, l’histoire de la déviation de 1932 et les détails techniques du matériel roulant.

  • RICHARD, Arno-Paul, ALLEMAND, Dominique et BOUILLIN, Patrice. Les Voies Ferrées du Dauphiné : le tramway de Grenoble à Chapareillan, la ligne de la vallée de la Romanche, le réseau du nord de l’Isère. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1994.

    • Note : C’est la “Bible” absolue sur le sujet. Indispensable pour vos détails sur 1932 et 1951.

  • DOMENGIE, Henri. Les petits trains de jadis – Sud-Est de la France. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1985. (Collection “Les petits trains de jadis”).

    • Note : Une excellente synthèse technique sur le réseau VFD.

  • ROBERT, Jean. Histoire des transports dans les villes de France. Paris : Édition de l’auteur, 1974.

2. Articles de revues spécialisées

Ces revues contiennent souvent des témoignages d’anciens cheminots ou des études précises sur des points d’infrastructure (comme votre benne preneuse).

  • « Les Voies Ferrées du Dauphiné », dans Chemins de Fer Régionaux et Urbains (Revue de la FACS), n° 222, 1990.

  • « La ligne de la Romanche », dans La Vie du Rail, n° 491 (spécial Isère), 1955.

    • Note : Ce numéro est proche de votre date butoir (1951) et contient des photos d’époque très pertinentes.

  • MOLLIN, Joseph. « Le réseau des Voies Ferrées du Dauphiné », dans Revue de Géographie Alpine, Tome 33, n°4, 1945, pp. 583-613.

    • Note : Une analyse géographique et économique contemporaine de l’exploitation, très utile pour comprendre les flux de marchandises avant la modernisation de 1951.

3. Contexte industriel (Vallée de la Romanche)

  • BOUCHAYER, Auguste. Les Chartreux, maîtres de forges. Grenoble : Éditions Didier & Richard, 1927.

4. Sources primaires (Pour aller plus loin)

Si vous souhaitez sourcer précisément les travaux de 1932 et 1951 :

  • Archives Départementales de l’Isère (AD38) :

    • Série S (Travaux publics et transports) : Sous-série 5 S (Chemins de fer secondaires et tramways).

    • Voir spécifiquement les cartons relatifs à la Déviation de la Terrasse (années 1930) et à la Modernisation des gares (années 1950).

Pleine activité industrielle à Livet-et-Gavet : une locomotive BB des VFD est à la tête d’un lourd convoi de marchandises, témoin de l’âge d’or du train de la Romanche.

Photo historique en noir et blanc d'un train de marchandises tiré par une locomotive électrique BB des VFD, à l'arrêt sur les voies de la gare de Livet-et-Gavet.

Halte en gare de Séchilienne en 1950 pour cette locomotive BB des VFD. Le faisceau de voies témoigne de l’intense activité qui rythmait le quotidien de la ligne de la Romanche.

Photo historique d'une locomotive électrique BB des VFD sur le faisceau de voies de la gare de Séchilienne, au cœur de la vallée de la Romanche.

Témoin d’une époque ferroviaire révolue, une ancienne motrice Brissonneau et Lotz des VFD, garée en gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Photo d'une vieille motrice électrique VFD de type Brissonneau et Lotz, abandonnée et en mauvais état sur une voie de la gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Le dernier souffle du train de la Romanche : la gare de Vizille-Terrasse photographiée en 2005. Les voies, encore en place, sont les ultimes vestiges d’une activité industrielle qui venait tout juste de s’éteindre.

Photo couleur de l'ancienne gare VFD de Vizille-Terrasse en 2005, montrant les bâtiments et les voies ferrées juste avant leur démantèlement.

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Galerie Photos

Utilisez les touches de direction pour faire défiler les photos

 

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Gare du Villaret : Plongée dans l’histoire du train minier de La Mure

Photo de la gare du Villaret à Susville prise depuis le carreau de la mine, montrant le lien entre le puits et le patrimoine du train minier.

Gare du Villaret : Plongée dans l’histoire du train minier de La Mure

Histoire d’une gare sur la ligne du chemin de fer de La Mure

Plus qu’un simple bâtiment ferroviaire, la gare du Villaret fut le cœur battant de la ligne du Petit Train de La Mure. C’est ici, sur ses quais, que des tonnes d’anthracite ont commencé leur voyage vers la vallée, scellant le destin du plateau Matheysin à celui de son audacieux chemin de fer. Cet article explore l’histoire de ce site emblématique, jalon d’une ligne de montagne pionnière, de son rôle vital dans l’industrie minière à sa renaissance touristique, jusqu’à sa mise en sommeil qui n’efface pas la richesse de son passé.

Informations pratiques

Catégorie Informations
Nom Officiel Gare du Villaret.
Localisation • Commune : Susville, Isère.

• Hameau : Le Villaret.

• Région : Plateau Matheysin, Dauphiné.

Ligne Ferroviaire Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM), plus connu sous le nom de “Petit Train de La Mure”.
Vocation Principale Industrielle et logistique : point de chargement et d’expédition du charbon extrait des Houillères du Dauphiné, notamment du puits du Villaret.
Fonction Secondaire Halte pour voyageurs (à ses débuts).
Dates Clés • 27 novembre 1908 : Décision de construire une véritable gare, financée par la Compagnie des Mines de La Mure.

• 1911 : Construction du faisceau de voies pour le charbon.

• 1912 : Électrification partielle des voies de manœuvre.

• 1913 : Construction du bâtiment voyageurs.

• Après 1945 : Apogée de la gare, liée à l’exploitation intensive du puits du Villaret.

. 18 octobre 1988 : Départ du tout dernier train de charbon, marquant la fin de l’activité.

Statut Actuel • Gare : N’est plus en activité ferroviaire. Le bâtiment est aujourd’hui une propriété privée et ne se visite pas.

• Site : Lieu de mémoire du patrimoine minier et ferroviaire. Les voies ont été en grande partie ensevelies.

Particularités • A remplacé une simple halte pour devenir le centre névralgique de l’expédition du charbon du bassin minier.

• La gare sert aujourd’hui de terminus provisoire au nouveau “Petit Train de La Mure” dans son exploitation touristique.

La Gare du Villaret : Mémoire vivante du patrimoine minier de La Mure

Au cœur du plateau matheysin, à Susville, se dresse un bâtiment qui semble attendre un train qui ne viendra plus : la gare du Villaret. Bien plus qu’une simple station, elle fut le cœur battant de l’activité charbonnière du Dauphiné, un témoin essentiel de l’histoire industrielle et ferroviaire de l’Isère. Retour sur le destin de ce lieu de patrimoine, né de la houille et façonné par le rail.

Le bâtiment voyageurs de la gare du Villaret et son quai vide, témoin du patrimoine ferroviaire du train minier de La Mure.

La gare du Villaret photographiée en 2006, près de deux décennies après son dernier train de charbon. La vue est orientée en direction de La Mure.

D’une simple halte à un pôle stratégique

À l’origine, le site du Villaret n’était qu’un arrêt secondaire sur la célèbre ligne du chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM). La proximité d’autres gares ne justifiait pas une installation plus importante. Mais l’histoire du bassin minier en a décidé autrement.

Le 27 novembre 1908, la Compagnie des Mines de La Mure, consciente de son potentiel, prend une décision visionnaire : financer entièrement la construction d’une véritable gare pour remplacer la modeste halte. L’objectif ? Créer un point de chargement performant pour le charbon extrait des puits voisins. La compagnie prend tout en charge, de l’achat des terrains aux travaux de construction, partageant seulement les coûts d’électrification avec l’État.

Les défis de la construction

Le projet était ambitieux.

  • 1911 : Le faisceau de voies destiné au chargement du charbon est la première étape concrète.

  • 1912 : L’électrification est installée, mais de manière ciblée. Seules les locomotives électriques peuvent manœuvrer les lourdes rames de charbon. Pour le reste, la traction hippomobile reste de mise, une image saisissante de la transition technologique de l’époque.

  • 1913 : Le bâtiment voyageurs sort enfin de terre, donnant à la gare du Villaret son visage définitif.

Vue de l'ancienne gare du Villaret et de ses voies en direction de La Motte d'Aveillans, patrimoine du train minier de La Mure.

La gare du Villaret en 2006. La vue est orientée en direction de La Motte d’Aveillans, l’un des cœurs historiques du bassin minier.

L’âge d’or de la gare, cœur nerveux des Houillères

Si la gare est née avant la Première Guerre Mondiale, son véritable essor survient après la Seconde. Alors que la production du puits de La Motte d’Aveilans décline, celui du Villaret, creusé en 1948, monte en puissance. Équipé des techniques d’extraction les plus modernes, il assure la survie économique de tout le bassin minier.

La gare du Villaret devient alors le centre névralgique des Houillères. C’est depuis ses bureaux que les commandes de trains étaient orchestrées. C’est sur ses voies que des milliers de tonnes de charbon étaient triées et expédiées vers Saint-Georges-de-Commiers, prêtes à alimenter l’industrie régionale et nationale. Elle était le point de départ d’une richesse qui a façonné le territoire pendant des décennies.

Voies ferrées de la gare du Villaret à Susville, vue en direction du puits de la mine de charbon, patrimoine ferroviaire du train de La Mure.

Depuis l’ancien faisceau de voies de la gare du Villaret, le regard tourné vers l’emplacement du puits minier.

Le silence des rails et l’héritage d’aujourd’hui

L’inéluctable déclin de l’industrie charbonnière française scelle le destin de la gare. Le 18 octobre 1988, le tout dernier train de charbon quitte les voies du Villaret, marquant la fin d’une épopée industrielle de près d’un siècle.

Dans les années qui suivirent, le site fut malheureusement abandonné. Le vaste faisceau de voies, autrefois vibrant d’activité, fut enseveli sous des gravats, comme pour tourner la page d’un passé devenu encombrant.

Aujourd’hui, la gare du Villaret est un héritage précieux. Son bâtiment, toujours debout, nous rappelle l’interdépendance vitale entre la mine et le rail. C’est un lieu de mémoire qui raconte le labeur des mineurs, l’ingéniosité des cheminots et l’aventure d’un territoire dauphinois bâti sur l’or noir. Un patrimoine à connaître et à préserver.

Foire Aux Questions sur la Gare de Susville.

La Gare du Villaret est située sur la commune de Susville, en Isère, au cœur de l’ancien bassin minier du plateau Matheysin. Elle se trouve sur le tracé historique de la ligne du chemin de fer de La Mure.

La Gare du Villaret n’était pas une simple gare de voyageurs. Sa fonction principale était industrielle et logistique. C’était le point de chargement et d’expédition du charbon extrait du puits du Villaret, le plus moderne des Houillères du Dauphiné après la Seconde Guerre mondiale. Elle était le centre névralgique du train minier de La Mure.

SGLM est l’acronyme de la compagnie “Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à LMure”. C’est le nom historique de la ligne ferroviaire qui desservait le plateau Matheysin, célèbre à la fois pour son rôle dans le transport du charbon et, plus tard, pour son exploitation touristique sous le nom de “Petit Train de La Mure”.

Non, la gare n’est plus en activité. Le dernier train de charbon a quitté ses voies le 18 octobre 1988, marquant la fin de l’exploitation minière et ferroviaire du site. Aujourd’hui, le bâtiment voyageurs est un vestige de ce riche passé industriel du Dauphiné au XXe siècle. Mais le train touristique passe devant la gare.

Le bâtiment de la gare est une propriété privée et ne se visite pas de l’intérieur. Cependant, il reste visible depuis l’extérieur. Il constitue un point d’intérêt pour les amateurs de patrimoine ferroviaire et d’histoire industrielle qui parcourent la région de La Mure.

Elle était le maillon final d’une chaîne économique qui a fait vivre tout le territoire pendant des décennies. En assurant l’expédition efficace du charbon, elle a garanti la rentabilité des mines de La Mure et a joué un rôle clé dans le développement économique du Dauphiné au XXe siècle.

Poursuivez votre exploration

“Cette petite gare est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...

“…la gare du Villaret sert aujourd’hui de terminus provisoire du célèbre Petit Train de La Mure.

Sources et sites officiels

“Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.

“La gare du Villaret est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine.”

“Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète.”

Bibliographie

Ouvrages de référence sur la ligne

Ce sont les incontournables, les ouvrages qui font la synthèse la plus complète sur le sujet.

  • BOUILLIN, Patrice, Le petit train de la Mure: Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Valbonnais – Corps – Gap, Éditions du Cabri, 1995.

    • Commentaire : C’est LA référence absolue sur la ligne. Patrice Bouillin, que vous connaissez sans doute de nom, a réalisé un travail monumental, très richement illustré de photographies, de plans et de schémas techniques. Il aborde non seulement l’histoire de la construction et de l’exploitation, mais aussi le matériel roulant et le contexte industriel. Des informations précieuses sur chaque gare, y compris celle du Villaret, y figurent.

  • BANAUDO, José, Sur les rails du Dauphiné : l’histoire des chemins de fer de l’Isère, Éditions du Cabri, 2002.

    • Commentaire : Plus large, cet ouvrage permet de replacer la ligne de La Mure dans son contexte ferroviaire régional. Il est excellent pour comprendre les enjeux des différentes lignes de l’Isère, les complémentarités et les concurrences. Il offre une vision d’ensemble indispensable.

Contexte industriel et minier

La ligne n’existerait pas sans les houillères du plateau Matheysin. Comprendre l’un impose de connaître l’autre.

  • Association “La Mine Image”, Quand la lumière venait d’en bas : Histoire de la mine en Matheysine, La Mure, 2003.

    • Commentaire : Cet ouvrage, souvent réalisé par d’anciens mineurs ou des passionnés d’histoire locale, est essentiel pour saisir l’importance de l’anthracite, le travail dans les mines, et donc la raison d’être de la gare du Villaret comme point de chargement et de transit.

Articles de revues spécialisées

Les revues d’histoire ferroviaire ont, à de multiples reprises, traité de cette ligne célèbre. Les archives de ces publications sont une mine d’or.

  • Chemins de Fer Régionaux et Tramways (revue de la FACS-UNECTO) :

    • Commentaire : Il faut absolument dépouiller les anciens numéros. La ligne de La Mure, de par son caractère pionnier (électrification) et spectaculaire, y a été maintes fois décrite. Vous y trouverez des articles techniques très pointus sur l’électrification de 1903, le matériel roulant spécifique ou les ouvrages d’art.

  • La Vie du Rail (notamment les numéros anciens et spéciaux) :

    • Commentaire : Au fil des décennies, cette revue a publié de nombreux reportages, actualités et articles de fond sur le “Petit Train de La Mure”, que ce soit durant son exploitation industrielle, sa période touristique ou lors des événements plus récents (fermeture, projet de réouverture). Leurs archives photographiques sont souvent exceptionnelles.

Sources et archives

Pour une recherche de première main, indispensable pour un historien.

  • Archives départementales de l’Isère (Série S – Travaux publics et transports) :

    • Commentaire : On y trouve les dossiers de concession de la ligne, les plans des gares (dont probablement ceux du Villaret), les rapports de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, la correspondance officielle… C’est la source brute, incontournable pour vérifier une date ou une information technique.

  • Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT) à Roubaix :

    • Commentaire : Si des fonds relatifs aux Houillères du Dauphiné ou aux compagnies ferroviaires successives (PLM, VFD) y ont été versés, ils peuvent contenir des informations sur l’exploitation, le personnel ou le volume de fret ayant transité par Le Villaret.

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Viaduc de la Roizonne : L’histoire du géant du train des Alpes

Pont-viaduc historique en maçonnerie de pierre, constitué de plusieurs arches, dont une principale plus large, enjambant la vallée de la Roizonne. Une route goudronnée parcourt aujourd'hui son tablier.

Viaduc de la Roizonne : L’histoire du géant du train des Alpes

De la prouesse technique de sa construction pour la ligne La Mure-Corps à sa fermeture en 1952, l’histoire d’un ouvrage d’art monumental qui a survécu au projet ferroviaire qu’il devait servir.

Il est des ouvrages d’art qui portent en eux les cicatrices de l’Histoire. Le viaduc de la Roizonne est de ceux-là. Ses pierres, taillées pour supporter le poids des convois du chemin de fer de La Mure filant vers Corps, n’ont connu qu’une brève existence sur rails avant que le projet ne soit emporté par les soubresauts du XXe siècle. Fermé officiellement en 1952, ce pont monumental, au lieu de sombrer dans l’oubli, s’est offert une nouvelle destinée. Plongée dans l’histoire d’un géant du rail qui a dû apprendre à servir la route pour survivre.

Informations pratiques

Caractéristique Description
Nom(s) Usuel(s) Viaduc de la Roizonne, Pont de La Roizonne
Localisation La Mure, Isère (38), Auvergne-Rhône-Alpes, France
Cours d’eau franchi La Roizonne
Ligne Ferroviaire d’Origine Ligne de La Mure à Corps
Type d’Ouvrage Viaduc ferroviaire en maçonnerie (arches en pierre de taille)
Période d’Activité Ferroviaire 1928 – 1952
Dates Clés • 1928 : Ouverture de la section La Mure – Valbonnais 
 • 1932 : Ouverture complète de la ligne aux voyageurs 
 • 1949 : Fin du service voyageurs 
 • 1952 : Fermeture définitive de la ligne
Caractéristiques Techniques • Longueur : 191 mètres 
 • Hauteur maximale : 42 mètres 
 • Composition : 11 arches, dont une arche principale de 30 mètres d’ouverture
Statut Actuel Pont routier. Il est aujourd’hui intégré au réseau routier local, assurant la continuité de la route départementale.
Visite Accès libre pour les piétons et cyclistes, intégré à un sentier de randonnée.
Intérêt Patrimonial Superbe exemple de l’ingénierie du début du XXe siècle et témoin de l’histoire ferroviaire du plateau matheysin et du Beaumont.

Le Viaduc de la Roizonne : Le Géant de Pierre de la Ligne La Mure-Corps

Au cœur du Dauphiné, un ouvrage d’art monumental témoigne du génie civil du début du XXe siècle et de l’histoire ferroviaire des Alpes : le Viaduc de la Roizonne. Conçu à l’origine pour une ligne de chemin de fer de montagne, ce géant de pierre a su traverser le temps pour connaître une seconde vie.

Bien avant la construction du viaduc de la Roizonne, le franchissement de la gorge se faisait par un pont situé 120 mètres plus bas. Pour l’atteindre, il fallait emprunter des chemins d’accès très pentus. Cette contrainte majeure explique pourquoi ce tracé a été abandonné lors de la création des routes modernes, au profit d’un itinéraire vers le Valbonnais passant par Pont-Haut, Malbuisson et le Pont du Prêtre.

Un Projet Ambitieux au Cœur des Alpes

La construction de la ligne de chemin de fer La Mure – Corps se heurta à un obstacle de taille : la profonde vallée de la Roizonne. La solution retenue fut l’édification d’un viaduc de 120 mètres de haut, à l’endroit le plus étroit de la gorge.

Le projet fut confié à Paul Séjourné, un architecte renommé qui, à l’inverse de la tendance de l’époque portée par Gustave Eiffel et le métal, était un fervent défenseur des ponts en maçonnerie. Son plan était audacieux : une arche centrale de 80 mètres d’ouverture, flanquée de deux viaducs d’accès en courbe.

Le chantier, lancé en 1913, connut rapidement des péripéties. Une proposition d’élargissement pour en faire un pont rail-route, soutenue localement mais refusée par le député, fut étudiée puis abandonnée en 1914, causant un premier retard. La largeur fut maintenue à 4,50 m, avec une circulation routière conditionnée au passage des trains, annoncés par des signaux sonores.

Mais c’est surtout le contexte historique qui ralentit les travaux. La Première Guerre mondiale, l’inflation galopante et les faillites d’entreprises transformèrent ce qui devait être un chantier de trois ans en une épopée de plus de dix ans.

Note

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Paul Séjourné (1851-1939) était un ingénieur et architecte français, considéré comme l’un des plus grands maîtres des ponts en maçonnerie de son époque.
À une période charnière dominée par le métal de Gustave Eiffel et l’arrivée du béton armé, Séjourné a poussé la construction traditionnelle en pierre à son apogée. Il est célèbre pour ses innovations techniques, notamment le dédoublement des arches (voûtes jumelées), qui permettait d’alléger la structure tout en créant des ponts d’une portée et d’une élégance inédites.
Ses ouvrages, comme le spectaculaire Pont Adolphe au Luxembourg ou le viaduc de Fontpedrouse (dit “Pont Séjourné”), sont des chefs-d’œuvre qui allient prouesse technique et finesse esthétique. Il représente le “chant du cygne” de la construction en maçonnerie, qu’il a magnifiée avant qu’elle ne soit supplantée par les matériaux modernes.

Photographie d'archive en noir et blanc montrant le chantier du Viaduc de la Roizonne avec son immense cintre en bois supportant l'arche principale en cours de construction.

Le chantier du Viaduc de la Roizonne (vers 1925) avec son monumental cintre en bois servant à la construction de l’arche.

Note

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Un défi logistique : la recherche de la pierre
L’approvisionnement en pierre de taille pour le chemin de fer de La Mure illustre deux réalités bien distinctes.
Pour le premier tronçon jusqu’à La Mure, la logistique était simple : le calcaire de Laffrey était abondant. Les carrières locales tournaient à plein régime et il était même possible d’en ouvrir de nouvelles au pied des ouvrages, comme pour le pont de Vaux.
En revanche, pour la section vers Corps, la situation se transforma en un véritable casse-tête. Les besoins en pierre étaient colossaux, mais les ressources s’étaient taries avec la fermeture de plusieurs carrières. Le contexte de la guerre aggravait la situation, provoquant une grave pénurie d’ouvriers et de tailleurs de pierre. Bien que la carrière de Versenat ait été la source principale, les constructeurs ont certainement dû improviser en exploitant une multitude de petits gisements pour satisfaire la demande gigantesque du chantier.

Un Chantier Titanesque Interrompu par l’Histoire

La construction du viaduc a représenté un véritable défi technique. Voici ses caractéristiques principales :

  • Début du chantier : 1913.

  • Interruption : Le chantier fut stoppé par la Première Guerre mondiale.

  • Achèvement : 1928.

  • Structure : D’une longueur totale de 200 mètres, il est composé d’une arche centrale spectaculaire de 80 mètres, complétée par des avant-ponts latéraux.

Note

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La méthode de construction de l’arche était une prouesse en elle-même : un immense échafaudage en bois, appelé cintre, fut lancé depuis les deux versants pour se rejoindre au centre. C’est sur cette structure temporaire que les pierres constituant la voûte intérieure de l’arche (l’intrados) furent assemblées avec une précision millimétrique. Pour acheminer les matériaux au cœur de l’ouvrage, une nacelle suspendue au-dessus du vide assurait un ballet incessant.

Une Courte Vie Ferroviaire et une Reconversion Réussie

Bien que le chantier se soit achevé en 1928, la ligne fut ouverte dès 1926. Cependant, l’aventure du train sur cette portion des Alpes fut de courte durée, et la ligne fut déclassée en 1952. Loin d’être abandonné, le Viaduc de la Roizonne fut intelligemment reconverti pour la circulation automobile. Il a même bénéficié d’un réaménagement en 2009 pour élargir son tablier, prouvant sa robustesse et son utilité plus d’un siècle après sa conception.

Le viaduc de la Roizonne a eu une existence éphémère. Bien qu’initialement conçu pour la ligne ferroviaire La Mure – Corps, son avenir a été compromis par l’essor du transport routier. En effet, la concurrence des autocars desservant le sanctuaire de La Salette a considérablement réduit le flux de pèlerins, ce qui a rendu la ligne non rentable et a conduit à sa fermeture pour des motifs économiques.

On imagine la fierté des habitants du Valbonnais voyant ce géant de béton enjamber enfin la vallée, promesse d’un désenclavement attendu depuis des décennies. La décision de fermer la ligne en 1950 a dû résonner comme un verdict cruel pour une génération qui avait mis ses espoirs dans le rail.

Vue sur l'arche principale du Viaduc de la Roizonne depuis l'un de ses piliers.

Au-dessus du vide : perspective sur l’arche monumentale de 80 mètres du Viaduc de la Roizonne.

Le Viaduc de la Roizonne Aujourd’hui : Un Patrimoine à Découvrir

Situé sur la commune de Nantes-en-Ratier, le Viaduc de la Roizonne n’est pas seulement un axe de transport. Il est un témoin remarquable de l’histoire industrielle et ferroviaire française, un chef-d’œuvre d’ingénierie et un point d’intérêt majeur pour tous les amateurs de patrimoine et de paysages alpins.

Questions Fréquentes sur le Viaduc de la Roizonne

Le Viaduc de la Roizonne est situé dans le département de l’Isère, au cœur du Dauphiné. Il se trouve sur la commune de Nantes-en-Ratier et enjambe la vallée de la Roizonne. Il faisait partie de l’ancienne ligne de chemin de fer qui reliait La Mure à Corps.

Oui, absolument. Après la fermeture de la ligne de chemin de fer en 1952, le viaduc a été reconverti en pont routier. Il est aujourd’hui emprunté par la route départementale D212f et peut être traversé en voiture, à vélo ou à pied, offrant des vues spectaculaires sur la vallée.

La ligne de chemin de fer de La Mure à Corps a eu une existence assez courte. Jugée peu rentable face à la concurrence de la route, elle a été officiellement déclassée et fermée en 1952, seulement 26 ans après son ouverture complète. Le viaduc est donc resté un ouvrage d’art sans train.

Sa particularité vient de son ingénierie. Conçu par l’ingénieur Paul Séjourné, il était l’un des premiers grands ouvrages d’art en maçonnerie de cette taille en France. Son arche centrale unique de 80 mètres de portée était une véritable prouesse technique pour l’époque de sa construction (1913-1928).

Le chantier a été particulièrement long en raison de l’histoire. Il a débuté en 1913 mais a été brutalement interrompu par la Première Guerre mondiale. Les travaux n’ont repris qu’après le conflit pour s’achever en 1928, soit une durée totale de 15 ans.

Poursuivez votre exploration

“Le viaduc de la Roizonne est sans doute l’un des ouvrages d’art les plus spectaculaires du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.”

“Construit pour permettre le passage du Petit Train de La Mure, il offre aujourd’hui un panorama exceptionnel aux voyageurs.”

Sources et sites officiels

“Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.

“Pour les amateurs de détails techniques (portée des arches, matériaux…), sa fiche sur la base de données Structurae est une mine d’informations.”

“Aujourd’hui, la meilleure façon d’admirer et de traverser ce viaduc est d’emprunter le train touristique. Toutes les informations sont sur le site officiel du Petit Train de La Mure.”

“Le viaduc de la Roizonne est l’un des joyaux du territoire de la Matheysine, une région qui offre de nombreuses autres découvertes.”

Bibliographie

  • Bouillin, Patrice, Le petit train de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, le chemin de fer d’une région, Éditions Patrice Bouillin, 1985.

    • Commentaire : L’ouvrage absolument incontournable et le plus complet sur la ligne. Il consacre une part importante et très détaillée au projet de prolongement vers Corps et Gap, à sa construction et à son abandon. Il contient probablement des plans et des photographies d’époque du viaduc. C’est la source principale par excellence.

  • Lartilleux, Henri, Géographie des chemins de fer français, Volume 1 : La S.N.C.F., Éditions Chaix, 1965.

    • Commentaire : Bien que plus généraliste, cet atlas monumental de la géographie ferroviaire française replace la ligne SGLM et son projet d’extension dans le contexte du réseau national et des lignes de montagne. Utile pour une vision d’ensemble.

Ouvrages sur l’ingénieur Paul Séjourné et les ponts en maçonnerie

  • Séjourné, Paul, Grandes Voûtes, Tardy-Pigelet et Fils, Imprimeurs, Bourges, 6 tomes, 1913-1916.

    • Commentaire : Il s’agit de la “bible” technique rédigée par le concepteur lui-même. Même si le viaduc de la Roizonne n’y est peut-être pas cité nommément (sa construction étant plus tardive), cet ouvrage expose en détail les principes de conception, les calculs et les méthodes de construction des ponts en maçonnerie qui sont la signature de Séjourné et qui ont été appliqués à la Roizonne. C’est une source technique primaire de premier ordre.

  • Marrey, Bernard, Les Ponts Modernes, XXe siècle, Picard Éditeur, 1995.

    • Commentaire : Cet ouvrage de référence sur l’histoire du génie civil replace l’œuvre de Paul Séjourné dans le contexte de l’évolution des techniques de construction des ponts au XXe siècle, entre l’apogée de la maçonnerie et l’avènement du béton armé.

Périodiques et presse spécialisée

  • La Vie du RailVoies FerréesLe Train.

    • Commentaire : Il est très probable que des articles rétrospectifs sur la ligne de La Mure ou sur ses projets d’extension aient été publiés dans ces revues spécialisées. Une recherche dans leurs archives et tables des matières pourrait révéler des articles de fond, des témoignages ou des iconographies précieuses.

Sources archivistiques (pour un travail de recherche approfondi)

  • Archives départementales de l’Isère, Série S (Travaux publics et transports).

    • Commentaire : C’est ici que l’on trouverait les dossiers administratifs originaux : les plans du viaduc, les rapports d’ingénieurs, la correspondance relative au chantier, les délibérations concernant l’abandon de la ligne, etc. C’est le cœur de la recherche pour un historien.

  • Archives Nationales du Monde du Travail (ANMT) à Roubaix.

    • Commentaire : Si les archives de la compagnie SGLM (Société des chemins de fer de La Mure et de la ligne de Corps) ont été conservées, elles pourraient se trouver dans ce dépôt, qui centralise de nombreuses archives d’entreprises. Elles offriraient un éclairage sur les aspects économiques et décisionnels du projet.

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Le Train de la Mure : L’Épopée d’une Ligne de Légende

Vue historique de la première locomotive électrique de la série Thury, la E1 "Le Drac", conçue pour la ligne à forte pente du chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure.

Train de La Mure : La Conquête des Alpes à Flanc de Falaise

Histoire d’une ligne minière à voie métrique, pionnière de la traction électrique et icône du tourisme alpin.

Son histoire est celle d’une double vie. D’abord artère charbonnière du plateau matheysin, ses trains noirs et bruyants ont nourri pendant des décennies l’industrie de la vallée. Puis, une fois les mines tues, le “Petit Train de La Mure” s’est réinventé en une attraction touristique de renommée mondiale, offrant à ses passagers des panoramas à couper le souffle. Ce destin hors norme, brutalement interrompu par un éboulement en 2010, semblait scellé. Pourtant, cette ligne mythique refuse de mourir. Cet article vous invite à parcourir cette épopée, faite d’audace, de labeur et de résilience, à la redécouverte d’un patrimoine ferroviaire qui, plus qu’un train, est un monument de l’histoire du Dauphiné.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom(s) de la Ligne Nom usuel : Le Petit Train de La Mure
Nom historique : Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM)
Type de Ligne Ligne ferroviaire historique, initialement minière, reconvertie en ligne touristique emblématique.
Tracé / Parcours • Historique (1888-2010) : De Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (environ 30 km), reliant la vallée du Drac au plateau Matheysin.

• Actuel (depuis 2021) : Un parcours modernisé et spectaculaire allant de la gare de La Mure jusqu’au Grand Balcon de Monteynard.

Histoire et Dates Clés • 1888 : Mise en service de la ligne pour désenclaver le plateau et transporter l’anthracite des mines.

• 1903-1905 : Électrification de la ligne, une première mondiale pour une ligne de cette importance.

• 1988 : Arrêt du transport de charbon.

• 1997 : Début de l’exploitation touristique qui connaît un immense succès.

• 26 octobre 2010 : Un éboulement rocheux majeur sur la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze provoque la fermeture de la ligne.

• Juillet 2021 : Renaissance et réouverture de la ligne sur son nouveau parcours après des années de travail et d’investissements.

Vocation / Utilité • Historique : Principalement industrielle et minière, pour l’acheminement du charbon et le transport de voyageurs.

• Actuelle : Ligne exclusivement touristique, axée sur l’expérience panoramique et la découverte des paysages (lac de Monteynard, Vercors).

Caractéristiques Techniques Clés • Écartement : Voie métrique (1000 mm).

• Énergie : Historiquement l’une des premières lignes au monde électrifiée en courant continu, une caractéristique patrimoniale majeure.

• Tracé spectaculaire : La ligne est célèbre pour son tracé à flanc de montagne, ses nombreux tunnels et ses viaducs.

Ouvrages d’Art Notables Les viaducs des Grands-Ponts, le viaduc de la Loulla, de nombreux tunnels creusés dans la roche.
Statut Actuel En service et pleinement opérationnel sur son nouveau tracé (La Mure ↔ Grand Balcon de Monteynard). Le tronçon nord historique (vers Saint-Georges-de-Commiers) reste, lui, non exploité.
Intérêt Patrimonial C’est un symbole exceptionnel du patrimoine dauphinois qui combine :

• L’histoire industrielle minière de la Matheysine.

• L’innovation technique avec son électrification précoce.

• La résilience et la réussite de la sauvegarde et de la renaissance d’un patrimoine ferroviaire majeur.

Introduction

Au cœur des paysages grandioses de l’Isère, au sud de Grenoble, se niche une ligne de chemin de fer qui n’est pas seulement un moyen de transport, mais une véritable épopée gravée dans la roche. Le Train de La Mure est le symbole d’une prouesse technique née de l’ère industrielle. Comment les ingénieurs du XIXe siècle ont-ils réussi à “suspendre” un train à des falaises verticales ? Plongez dans l’histoire fascinante de la construction de ce joyau du patrimoine ferroviaire français.

Le Charbon : Le Trésor qui Exigeait un Train

L’histoire du Train de La Mure commence sous terre. Le plateau de la Matheysine, autour de la ville de La Mure, est riche en charbon, une ressource exploitée depuis le Moyen-Âge. Avec la révolution industrielle du XIXe siècle, cette “houille” devient le moteur de la nation.

Cependant, un obstacle de taille se dresse : comment acheminer ce précieux minerai depuis le plateau, perché à près de 900 mètres d’altitude, jusqu’à la vallée de Grenoble ? Les routes de l’époque, sinueuses et périlleuses, sont un cauchemar logistique, surtout sous la neige en hiver.

Dès 1855, l’idée d’un chemin de fer germe, mais il faudra attendre 1878 pour que le projet soit déclaré d’utilité publique. Le défi est immense, mais la décision est prise : un train reliera Saint-Georges-de-Commiers à La Mure.

Un Chantier Titanesque : Accrocher la Voie à la Montagne

En 1882, sous la direction de l’ingénieur en chef Rivoire-Vicat, les travaux débutent. Le cahier des charges est vertigineux :

  • Un dénivelé de 600 mètres : Il faut faire grimper le train sur une distance relativement courte, ce qui rend impossible de suivre la pente de la route existante.

  • Un tracé audacieux : La solution retenue est de longer les gorges spectaculaires de la rivière Drac. Un choix qui offre des paysages sublimes, mais des défis techniques inouïs.

  • Une voie métrique : Pour négocier les courbes serrées et réduire les coûts, on opte pour une voie d’un mètre de large.

Le chantier, d’un coût colossal de 12 millions de francs-or, va durer six ans. Le résultat est une véritable œuvre d’art suspendue dans le vide.

Note

Pencil Pencil

Sur seulement 30 kilomètres de ligne, les équipes des Ponts et Chaussées ont dû construire :

142 ouvrages d’art au total.

18 tunnels creusés à même la roche, représentant plus de 4 kilomètres du trajet.

6 viaducs majestueux enjambant le vide.

Avant la construction du barrage de Monteynard, le train circulait à plus de 300 mètres au-dessus du fond de la vallée, donnant aux voyageurs l’impression de voler.

Quand l’Armée Bombarde la Falaise pour Faire Passer le Train

L’épisode le plus incroyable de cette construction reste sans doute celui du “passage de la mort”. Face à une falaise particulièrement verticale et infranchissable, les ingénieurs font face à une impasse. La solution ? Radicale et spectaculaire.

Les Ponts et Chaussées font appel à l’artillerie militaire. Le 23 mai 1885, depuis la rive opposée du Drac, 103 obus sont tirés sur la paroi rocheuse. L’objectif : créer une brèche, une corniche initiale sur laquelle les ouvriers-acrobates pourront ensuite s’ancrer pour creuser le passage définitif de la voie ferrée. Une méthode de construction unique dans l’histoire ferroviaire !

Cette ligne, née d’un besoin industriel et construite au prix d’efforts surhumains, est devenue bien plus qu’une simple voie ferrée. Elle est le témoignage du génie humain face à une nature sauvage et grandiose, une histoire qui continue de fasciner plus d’un siècle plus tard.

Photo historique en noir et blanc du viaduc de la Clapisse en cours de construction, avec ses arches en pierre inachevées soutenues par un immense échafaudage en bois au-dessus d'un ravin.

Le chantier titanesque du viaduc de La Clapisse (ligne SGLM).

Train de La Mure : Comment il est Devenu un Pionnier Mondial de l’Électricité

Après six ans d’un chantier titanesque, le Train de La Mure est enfin inauguré le 24 juillet 1888. Les premières locomotives à vapeur crachent leur fumée dans les gorges du Drac, tractant de lourds convois de charbon. Mais l’histoire de cette ligne de légende ne fait que commencer. Moins de quinze ans plus tard, elle allait devenir le théâtre d’une révolution technologique qui allait stupéfier le monde ferroviaire.

De la Houille Noire à la Houille Blanche : Une Révolution Énergétique

Au début du XXe siècle, une nouvelle source d’énergie émerge dans les Alpes : l’hydroélectricité, surnommée la “houille blanche”. Les ingénieurs du Train de La Mure y voient une opportunité unique. Pourquoi continuer à brûler du charbon pour transporter… du charbon ?

C’est ainsi que naît une idée audacieuse : électrifier la ligne.

  • 1903 : Une première section de 6 km est électrifiée pour une phase de test.

  • 1912 : La totalité de la ligne de 30 km abandonne la vapeur pour fonctionner à l’électricité.

L’ironie est savoureuse : la houille noire extraite des mines de La Mure était désormais transportée grâce à la houille blanche produite par l’usine hydroélectrique voisine d’Avignonet. Le Train de La Mure entrait de plain-pied dans la modernité.

Une Première Mondiale : L’Invention du Courant Continu Haute Tension

L’électrification du Train de La Mure n’est pas une simple modernisation, c’est une première mondiale ! La ligne SGLM (Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) devient le premier chemin de fer au monde à utiliser du courant continu sous haute tension (2400 V).

Cette innovation, conçue par le génial ingénieur suisse René Thury, résout un problème majeur. Utiliser une tension aussi élevée permettait de transporter l’électricité sur de longues distances avec beaucoup moins de pertes, une solution parfaite pour une ligne de montagne isolée. Le monde entier regardait avec admiration cette petite ligne des Alpes qui venait de révolutionner la traction ferroviaire.

“Le Drac” : Des Locomotives Électriques Légendaires

Qui dit nouvelle technologie dit nouvelles machines ! Les lourdes locomotives à vapeur sont remplacées par des engins électriques d’un genre nouveau, conçus spécifiquement pour cette ligne unique.

  • Conception : La partie électrique est développée en Suisse par l’équipe de René Thury, tandis que la partie mécanique est assemblée en France.

  • La première machine : Baptisée “Le Drac”, en hommage à la rivière qu’elle surplombe, elle est mise en service en 1903. Quatre autres suivront.

  • Puissance et robustesse : Ces locomotives étaient incroyablement performantes pour l’époque. Elles pouvaient tracter 100 tonnes (20 wagons vides) en montée et retenir une charge trois fois plus lourde en descente grâce à un système de freinage électrique révolutionnaire.

Malheureusement, aucune de ces locomotives pionnières (la série E1) n’a été conservée. Elles ont assuré le service jusqu’en 1933 avant d’être ferraillées, à une époque où la notion de “patrimoine industriel” n’existait pas encore.

Image d'archive d'une locomotive électrique Thury, conçue pour le transport du charbon, à l'arrêt sur la ligne du chemin de fer historique de La Mure (SGLM).

Une Thury non identifiée au service des mines du plateau Matheysin.

Un Siècle de Fiabilité : La Sécurité Avant Tout

Malgré son tracé vertigineux et les défis techniques, le Train de La Mure a prouvé sa fiabilité exceptionnelle. En un siècle d’exploitation industrielle intense, un seul accident grave a été déploré. Le charbon est toujours arrivé à bon port dans la vallée. Une performance qui force le respect et qui rassurait sans doute les voyageurs lorsqu’ils franchissaient les viaducs suspendus au-dessus du vide !

Train de La Mure : Charbon, Voyageurs et le Secret du Bâton-Pilote

Pendant un siècle, le vaillant “p’tit train” de La Mure, surnommé ainsi pour sa voie étroite d’un mètre, a été bien plus qu’une simple curiosité alpine. Il fut le cœur battant du plateau de la Matheysine, un infatigable travailleur transportant des montagnes de charbon, mais aussi le lien vital pour des milliers de voyageurs. Plongeons dans les archives pour découvrir le quotidien de cette ligne de légende, son incroyable productivité et son système de sécurité aussi simple que génial.

Le Poumon d’Acier : Des Records de Transport de Charbon

La mission première du Train de La Mure était claire : descendre la richesse du plateau, le charbon, vers la vallée. Les chiffres de son exploitation donnent le vertige et racontent l’histoire économique de la France :

  • 1888 (Mise en service) : 46 500 tonnes – Les débuts modestes.

  • 1916 (Pleine Première Guerre Mondiale) : 300 000 tonnes – Le train devient un outil stratégique pour l’effort de guerre.

  • 1940 : 573 000 tonnes – La production s’intensifie au début du second conflit mondial.

  • 1966 (Record absolu) : 791 000 tonnes – L’apogée de l’ère minière, au cœur des Trente Glorieuses.

  • 1987 : 60 000 tonnes – Le déclin, face à la concurrence de la route et la fin progressive de l’exploitation minière.

Ces tonnes de charbon ont chauffé les foyers, alimenté les usines et contribué à la prospérité de toute une région. Le “p’tit train” était une véritable artère industrielle.

L’Aventure des Voyageurs : Un Voyage dans le Temps

Mais le Train de La Mure n’était pas qu’une bête de somme. C’était aussi le quotidien des Matheysins. En 1911, la ligne proposait déjà quatre allers-retours par jour, un service essentiel pour les habitants du plateau.

Le voyage lui-même a connu une formidable évolution :

  • En 1888 : Il fallait compter 2 heures et 40 minutes pour l’ascension spectaculaire.

  • En 1932 : Grâce à la puissance de l’électricité, un record fut établi avec une montée en seulement 1 heure et 12 minutes !

Pour rentabiliser chaque trajet, de nombreuses rames étaient mixtes : les wagons de marchandises étaient attelés aux voitures de voyageurs. Imaginez monter à bord aux côtés des mineurs, des familles, et juste derrière, les wagons chargés de charbon. Un wagon postal assurait même la distribution du courrier, faisant de ce train un service public complet.

Le Bâton-Pilote : Un Système de Sécurité Simple et Infaillible

Comment éviter une collision frontale sur une voie unique sinueuse et percée de tunnels ? À l’ère de l’électronique, la solution du Train de La Mure peut sembler archaïque, mais elle était d’une fiabilité à toute épreuve : le système du bâton-pilote.

Comment ça marchait ? C’est simple et génial :

  1. La ligne était divisée en plusieurs sections (de gare en gare).

  2. Chaque section possédait un objet unique : un bâton-pilote, souvent un bâton en bois ou en métal avec une forme spécifique.

  3. Pour s’engager sur une section, le conducteur devait obligatoirement avoir en sa possession le bâton-pilote de cette section, remis par le chef de gare.

  4. Comme il n’y avait qu’un seul bâton par section, il était physiquement impossible pour un autre train de s’engager en sens inverse. Tant que le bâton n’était pas arrivé à la gare suivante, la voie était “verrouillée”.

Ce système, qui reposait sur un principe tangible et non sur des signaux lumineux, a garanti une sécurité quasi parfaite pendant un siècle d’exploitation. Une leçon d’ingéniosité low-tech !

Fort du succès initial de la ligne de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure, motivé principalement par le transport de l’anthracite du plateau matheysin, le projet d’une extension vers le sud prit corps. L’ambition était de taille : créer une liaison transalpine en voie métrique reliant le sillon alpin grenoblois à Gap, via le Dévoluy.

Le Rêve Inachevé : L’Épopée du Chemin de Fer de La Mure vers les Alpes

Porté par le succès de sa ligne minière, le Chemin de fer de La Mure nourrit une ambition immense au début du XXe siècle : traverser les Alpes pour relier Grenoble à Gap. L’extension de La Mure à Corps fut la première étape de cette épopée… et la dernière. Récit d’un projet grandiose, marqué par l’Histoire et des prouesses techniques.


Un Chantier Freiné par la Grande Guerre

Le projet d’extension vers le sud, visant à créer une liaison transalpine en voie métrique, est à peine lancé lorsqu’il est brutalement interrompu par la Première Guerre mondiale.

  • Un retard considérable : Le conflit met un coup d’arrêt au chantier pendant plusieurs années.

  • Une main-d’œuvre inhabituelle : Pour rattraper le temps perdu après-guerre, plusieurs centaines de prisonniers de guerre allemands sont mobilisés.

  • Une inauguration tardive : Malgré ces efforts, la ligne n’atteindra la petite ville de Corps qu’en 1932.


Le Viaduc de la Roizonne, un Chef-d’œuvre Crépusculaire

Ce tronçon est célèbre pour ses ouvrages d’art, mais l’un d’eux se distingue comme un véritable monument de l’ingénierie ferroviaire : le viaduc de la Roizonne.

Un géant de pierre à l’ère du béton

  • Type : Viaduc en maçonnerie

  • Longueur totale : 260 mètres

  • Portée de l’arche centrale : 80 mètres

  • Particularité : Considéré comme l’un des tout derniers grands ouvrages d’art ferroviaires maçonnés de France, témoin d’une époque révolue.

L’Âge d’Or s’Achève : La Concurrence de la Route

L’existence de cette extension sera malheureusement éphémère. Le rêve d’une liaison complète jusqu’à Gap ne se concrétisera jamais.

Dès les années 1930, le contexte national a changé. L’âge d’or des chemins de fer secondaires est terminé. La concurrence de la route, perçue comme plus moderne et plus souple, prend inexorablement le dessus.

De la Fermeture à la Renaissance Touristique

Le déclin est rapide et illustre le sort de nombreuses lignes secondaires en France.

  • 1950 : Le trafic voyageurs est supprimé sur la ligne principale (St-Georges-de-Commiers – La Mure).

  • 1952 : Après seulement 20 ans d’exploitation, la section La Mure – Corps est définitivement fermée à tout trafic.

  • 1988 : Le transport de la houille, dernière raison d’être de la ligne, cesse.

  • 1997 : La dernière mine d’anthracite de La Mure ferme ses portes. La même année, face à la menace de démantèlement, la décision est prise de transformer la ligne historique en train touristique.

Le viaduc de la Roizonne, quant à lui, a connu une seconde vie inattendue. Intégré au tracé de la route départementale vers Valbonnais, il a échappé à l’abandon, contrairement à tant d’autres ouvrages d’art monumentaux.

Aujourd’hui, si le train ne va plus jusqu’à Corps, la ligne du Chemin de Fer de La Mure continue de vivre, offrant aux visiteurs un voyage spectaculaire à travers un patrimoine industriel et des paysages à couper le souffle.

Foire Aux Questions sur la construction.

Il a été construit principalement pour transporter le charbon extrait des mines du plateau de la Matheysine vers la vallée de Grenoble, un transport très difficile par la route à l’époque.

C’est une voie de chemin de fer dont l’écartement entre les rails est inférieur à la norme standard (1,435 m). Pour le Train de La Mure, la voie fait 1 mètre de large, ce qui permet des virages plus serrés, idéal pour un tracé en montagne.

Oui, extrêmement. Les ouvriers travaillaient suspendus à des cordes le long de falaises verticales, à plusieurs centaines de mètres au-dessus du vide, dans des conditions de sécurité très précaires pour l’époque.

Absolument. C’est l’un des faits les plus marquants de ce chantier. L’artillerie a été utilisée pour “tailler” la roche là où les méthodes traditionnelles étaient impossibles, créant ainsi un passage pour les équipes.

Il est célèbre pour avoir été le premier chemin de fer au monde à être électrifié en courant continu à haute tension (2400 V) dès 1903, une véritable prouesse technologique pour l’époque.

C’est le surnom donné à l’énergie hydroélectrique, produite par la force de l’eau dans les barrages. Le train utilisait cette “houille blanche” pour transporter la “houille noire” (le charbon).

L’ingénieur suisse René Thury a conçu le système électrique et les premières locomotives. La première d’entre elles fut baptisée “Le Drac”.

Non, malheureusement. Les cinq premières locomotives électriques pionnières ont toutes été détruites après leur mise hors service dans les années 1930.

À son apogée en 1966, le train a transporté un record de 791 000 tonnes de charbon en une seule année. Il a été un acteur majeur de l’industrie minière de l’Isère.

Le temps de trajet a beaucoup évolué. À ses débuts en 1888, la montée durait 2h40. Avec l’électrification, ce temps a été réduit à environ 1h12 dans les années 1930.

Le bâton-pilote était un système de sécurité utilisé sur les lignes à voie unique. C’était un objet physique unique (un bâton) qu’un conducteur devait posséder pour avoir le droit d’entrer sur une section de voie. Cela empêchait tout autre train de s’engager en sens inverse, évitant ainsi les collisions.

Oui, très souvent. Les convois étaient “mixtes”, avec des voitures pour les voyageurs, des wagons pour les marchandises (le charbon principalement) et même un wagon pour le courrier, ce qui en faisait un train polyvalent et essentiel à la vie locale.

L’objectif était très ambitieux : il s’agissait de la première étape d’une grande liaison ferroviaire qui devait traverser les Alpes pour relier Grenoble à Gap, via le plateau Matheysin et le Dévoluy.

Elle n’a fonctionné que 20 ans (de 1932 à 1952). Sa fermeture s’explique par le déclin général des lignes de chemin de fer secondaires dans les années 1930-1950, face à la concurrence de plus en plus forte du transport par la route (camions, bus, voitures), jugé plus économique et plus souple.

Non, et c’est ce qui le sauve de la ruine. Depuis la fermeture de la ligne ferroviaire en 1952, le viaduc a été reconverti et est aujourd’hui utilisé par la route départementale D526 qui mène à Valbonnais.

Parce qu’il est l’un des tout derniers grands viaducs en maçonnerie (en pierre) construits en France pour une ligne de chemin de fer. À l’époque de sa construction, la plupart des grands ouvrages étaient déjà réalisés en béton armé. Il représente donc la fin d’une ère technique.

Non, et c’est un point essentiel. Seule l’extension La Mure – Corps a été fermée en 1952. La ligne historique, entre Saint-Georges-de-Commiers et La Mure, a continué à servir au transport du charbon jusqu’en 1988. C’est cette partie qui a ensuite été transformée en train touristique en 1997.

Poursuivez votre exploration

“Le Petit Train de La Mure est sans conteste le joyau du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.”

“Une gare situé sur le nouveau parcours  la gare du Villaret, hélas abandonnée de nos jours.”

Le clou du spectacle reste la traversée en voiture du spectaculaire viaduc de la Roizonne, classé Monument Historique.”

“Le trajet est ponctué de plusieurs ouvrages d’art, dont le viaduc de Loulla qui offre une vue plongeante sur le ravin.”

Sources et sites officiels

“Pour vivre cette expérience unique, vous pouvez réserver vos billets directement sur le site officiel du Petit Train de La Mure.”

“Pour comprendre l’origine de cette ligne, une visite du musée de la mine La Mine Image à La Motte-d’Aveillans est un complément indispensable.”

“Le train est la locomotive touristique du plateau de la Matheysine, une région qui regorge de trésors naturels et patrimoniaux.”

“L’histoire de sa construction, semée d’embûches techniques, est détaillée sur la page Wikipédia du Chemin de fer de la Mure.”

 “Cette ligne a profondément marqué l’identité de la ville de La Mure, qui lui doit une partie de son développement.”

Bibliographie

I. Ouvrages de référence (Incontournables)

Ce sont les monographies fondamentales sur la ligne, que tout chercheur doit consulter.

  • BOUILLIN, Patrice et WURMSER, Daniel. Le Chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap. P. Bouillin, 1995.

    • Commentaire : C’est LA bible absolue sur le sujet. Extrêmement détaillé, richement illustré de photos, de plans de voies et de schémas techniques. Il couvre toute l’histoire de la ligne, de sa genèse houillère à son exploitation touristique, en passant par le projet avorté de prolongement vers Gap. Indispensable.

  • BANAUDO, José. Sur les rails du Dauphiné : De l’oeisans au Vercors, de la Chartreuse à la Maurienne. Éditions du Cabri, 2002.

    • Commentaire : José Banaudo est une référence pour les chemins de fer secondaires du sud-est de la France. Cet ouvrage replace la ligne de La Mure dans son contexte régional, en la comparant à d’autres lignes de montagne du Dauphiné. Très utile pour une mise en perspective.

  • JANSSOONE, Didier. Les Trains de montagne. Éditions Ouest-France, 2017.

    • Commentaire : Ouvrage plus généraliste mais qui permet de situer les spécificités techniques et d’exploitation du train de La Mure par rapport à d’autres grandes lignes de montagne en France et en Europe (crémaillères, adhérence simple, profils difficiles, etc.).

II. Articles de revues spécialisées

La presse ferroviaire spécialisée a abondamment couvert la vie, la fermeture et la renaissance de la ligne.

  • La Vie du Rail :

    • Cette revue a publié d’innombrables articles au fil des décennies. Une recherche dans ses archives est cruciale. Les numéros clés sont ceux qui traitent de la modernisation de l’après-guerre, du centenaire de la ligne (1988), de la fin du trafic marchandises (1997), de l’accident de 2010 et, bien sûr, des différentes phases du projet de renaissance (annonces, travaux, réouverture).

  • Chemins de Fer Régionaux et Tramways (Revue de la FACS) :

    • La revue de la Fédération des Amis des Chemins de fer Secondaires est une source académique de premier plan. Elle a publié des études techniques et historiques très poussées. Rechercher les articles consacrés à “La Mure” ou au “SGLM” (Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) dans leurs index.

  • Voies Ferrées / Rail Passion :

    • Ces magazines plus récents ont également suivi de près le dossier, notamment l’aspect touristique et le projet de réouverture mené par le département de l’Isère et Edeis. Leurs articles sont souvent riches en photographies contemporaines.

III. Sources sur le contexte industriel et technique

Pour comprendre pourquoi la ligne a été construite, il faut se pencher sur l’histoire des houillères du Dauphiné.

  • VIAL, Jean. L’industrialisation de la sidérurgie française, 1814-1864. Éditions de l’EHESS, 1997.

    • Commentaire : Bien que portant sur une période antérieure, ce type d’ouvrage permet de comprendre la dynamique industrielle du Dauphiné et la nécessité de désenclaver les bassins miniers, un contexte qui a mené à la création de la ligne.

  • CARON, François. Histoire des chemins de fer en France. Fayard, 1997 (Tome 1) et 2005 (Tome 2).

    • Commentaire : Pour le contexte général de la construction des lignes d’intérêt local et des débuts de l’électrification ferroviaire en France. Le cas de La Mure est un exemple pionnier.

IV. Sources primaires et archives

Pour un travail d’historien approfondi, le recours aux archives est fondamental.

  • Archives départementales de l’Isère (ADI) :

    • Série S (Travaux publics, transports, mines) : C’est la source principale. On y trouvera les dossiers de concession de la ligne, les plans, les rapports de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, la correspondance avec la compagnie, les rapports d’accidents, etc.

    • Série Fi (Documents figurés) : Pour les cartes postales anciennes, les photographies et les plans cadastraux qui montrent le tracé et son impact sur le paysage.

  • Archives Nationales (Paris) :

    • Série F/14 (Travaux Publics) : Contient potentiellement les dossiers de la concession initiale, validée par l’État, ainsi que des rapports sur les projets de prolongement.

  • Ressources en ligne (Archives numérisées) :

    • Gallica (BnF) : Indispensable pour consulter la presse locale de l’époque (Le Petit Dauphinois, etc.) qui a couvert la construction, l’inauguration et les premiers temps de l’exploitation. On peut aussi y trouver des revues techniques du début du XXe siècle (ex: Le Génie Civil) qui ont pu relater l’électrification pionnière de la ligne.

V. Sources institutionnelles et webographie (pour la période récente)

Pour la période post-2010 et le projet de renaissance.

  • Site officiel du Petit Train de La Mure : lepetittraindelamure.com

    • Commentaire : Source directe sur le projet actuel, sa philosophie, son tracé, ses installations (restaurant panoramique, belvédère).

  • Site du Conseil départemental de l’Isère :

    • Commentaire : En tant que maître d’ouvrage du projet de réouverture, le Département a publié de nombreux communiqués de presse, dossiers et délibérations qui sont des sources de première main sur les aspects politiques et financiers de la renaissance.

  • Site du musée La Mine Image : www.mine-image.com

    • Commentaire : Pour le contexte historique et social du bassin minier, indissociable de celui du train.

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Viaduc de Loulla : histoire du pont emblématique du Petit train de la Mure

Vue historique des viaducs en pierre de Loulla sur une carte postale ancienne, à l'époque de l'exploitation minière de la ligne du chemin de fer de La Mure (SGLM).

Les Viaducs Jumeaux de Loulla : Le Spectacle Architectural du Petit Train de La Mure

Histoire et technique d’un ouvrage d’art emblématique du Chemin de fer de La Mure, trait d’union entre La Motte-d’Aveillans et le “Grand Balcon”

Au cœur du plateau matheysin, le viaduc de Loulla n’est pas qu’un simple pont. Construit à la fin du XIXe siècle pour le chemin de fer de La Mure, cet ouvrage d’art monumental est le témoin silencieux de l’épopée industrielle du charbon dauphinois, du génie technique de ses bâtisseurs et de la vie de toute une région. Aujourd’hui au service du petit train de La Mure son histoire mérite d’être contée.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom de l’Ouvrage Viaduc de la Loulla
Type d’Ouvrage Viaduc en maçonnerie à arches
Ligne Ferroviaire Ligne du “Petit Train de La Mure” (section actuellement exploitée)
Localisation • Commune : La Motte d’Aveillans• Obstacle franchi : Ravin de la Loulla

• Territoire : Plateau Matheysin, Isère

Conception et Construction • Ingénieur / Constructeur : Inconnus• Année de construction : circa 1886
Caractéristiques Techniques • Structure : Entièrement en maçonnerie, composé de plusieurs arches en plein cintre.• Longueur : 126 mètres

• Hauteur maximale : 22 mètres

• Voie : Voie unique métrique (1000 mm)

Fonction Actuelle Depuis la réouverture du Petit Train de La Mure en 2021, le viaduc est à nouveau un point central et un ouvrage d’art majeur du parcours touristique. Il est emprunté quotidiennement par le train.
État Actuel Entièrement en service et opérationnel. L’ouvrage a été inspecté, et si nécessaire, consolidé lors des travaux de réhabilitation de la ligne avant sa réouverture. Il fait aujourd’hui partie intégrante du trajet du nouveau Petit Train de La Mure.
Intérêt Patrimonial C’est le symbole de la renaissance du Petit Train de La Mure. Cet ouvrage d’art historique, témoin de l’ère minière, n’est pas un simple vestige mais un élément vivant et fonctionnel du patrimoine local. Il fait le lien direct entre l’épopée industrielle du XIXe siècle et l’attraction touristique du XXIe siècle.

Un viaduc pour le charbon

Au cœur de la seconde moitié du XIXe siècle, les riches gisements d’anthracite du plateau matheysin constituaient une promesse de prospérité, mais posaient un défi logistique majeur. Avant le train, la descente du charbon reposait sur de lents et coûteux convois de charretiers, dont la capacité était bien trop faible pour satisfaire l’appétit énergétique des usines en plein essor de la vallée de Grenoble. Il devenait impératif de trouver une solution moderne et à grande échelle.

C’est pour répondre à cette nécessité que fut décidée la construction du chemin de fer de La Mure. Pour épouser au mieux un relief tourmenté et permettre des courbes serrées, le choix technique se porta sur la voie métrique. La vocation de cette ligne était claire et unique : devenir une véritable artère industrielle pour descendre massivement le charbon depuis les mines jusqu’à la gare de Saint-Georges-de-Commiers. Là, dans un ballet incessant, le précieux combustible était transbordé des wagons à voie métrique vers les wagons à voie normale du puissant réseau du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), qui assurait ensuite son expédition. Une fois transbordé à Saint-Georges-de-Commiers sur le réseau du PLM, l’anthracite de La Mure alimentait aussi bien le chauffage domestique et collectif de l’agglomération grenobloise que les chaudières des nombreuses industries de la région, notamment les papeteries de la vallée de la Romanche.

Ce projet s’inscrit parfaitement dans l’esprit de son époque, encouragé par le plan Freycinet de 1879, ce programme ambitieux de l’État visant à désenclaver les territoires ruraux et industriels. La ligne de La Mure n’était donc pas une simple voie ferrée d’intérêt local ; elle était l’artère vitale qui allait alimenter le moteur de l’industrie dauphinoise.

Une fois mise en service, la ligne tint toutes ses promesses, mais son succès même la confronta rapidement à ses propres limites techniques. Initialement, c’est la traction à vapeur qui est mise en œuvre. Cependant, la production minière explose et les tonnages à évacuer dépassent les capacités des machines : la puissance des locomotives était insuffisante pour tracter des rames toujours plus lourdes. Face à cette impasse, les ingénieurs prirent une décision d’une audace inouïe : dès 1903, le chemin de fer de La Mure devint l’une des toutes premières lignes au monde à être électrifiée en courant continu à haute tension. Cette conversion n’était pas un gadget, mais une nécessité économique et technique qui fit de la ligne un laboratoire mondial de la traction électrique en montagne.

Plan de la ligne du SGLM (La Mure – St-Georges-de-Commiers).

Plan schématique de l’ancienne ligne ferroviaire minière du SGLM, montrant le tracé et les gares principales entre La Mure et Saint-Georges-de-Commiers.

Un défi technique et humain : la construction du viaduc

La réalisation d’un chemin de fer en moyenne montagne exigeait une expertise technique de premier ordre. La conception des ouvrages d’art de la ligne de La Mure, dont le viaduc de la Loulla est l’un des fleurons, est attribuée à Monsieur Rivoire-Vicat, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées. Cet ingénieur des Ponts et Chaussées a dû faire preuve d’une ingéniosité remarquable pour adapter le tracé à une topographie hostile, faite de ravins profonds et de reliefs escarpés.

À une époque où le métal, popularisé par des ingénieurs comme Gustave Eiffel, triomphe dans l’architecture ferroviaire, le choix de la maçonnerie traditionnelle pour le viaduc de la Loulla peut surprendre. Cette décision s’explique avant tout par des considérations pragmatiques : le coût et la disponibilité des matériaux. Le plateau matheysin regorgeait de pierre de qualité, notamment des moellons et de la pierre de taille, dont l’extraction et le transport sur de courtes distances étaient bien plus économiques que l’acheminement de poutrelles métalliques depuis les lointains centres sidérurgiques. Le viaduc est ainsi un pur produit de son terroir.

Le chantier de la ligne, qui s’est étendu de 1873 à 1878, a été une véritable épreuve de force. Pour ériger les arches monumentales du viaduc, les bâtisseurs ont eu recours à des techniques éprouvées : d’immenses échafaudages en bois s’élevaient depuis le fond du ravin, soutenant les cintres, ces charpentes courbes sur lesquelles les maçons posaient méticuleusement les pierres jusqu’au clavage de la voûte. Les ouvriers ont dû composer avec les défis d’un relief accidenté et d’une météo de montagne souvent capricieuse, rendant chaque étape de la construction périlleuse.

Enfin, le viaduc de la Loulla ne doit pas être perçu comme une œuvre isolée, mais comme la pièce maîtresse d’un chapelet d’ouvrages d’art exceptionnels. Il dialogue avec les autres géants de la ligne, comme le viaduc de Vaulx, et complète une succession de tunnels audacieux creusés à même la roche. Cet ensemble cohérent témoigne de la vision globale de ses concepteurs et de l’habileté des milliers d’ouvriers qui ont façonné, pierre par pierre, ce chemin de fer de montagne légendaire.

Pourquoi deux viaducs jumeaux ? La réponse de l’ingénieur face à la montagne.

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La présence de deux ouvrages identiques n’est pas due à un doublement de voie, mais à une astucieuse solution d’ingénierie pour résoudre le problème de la pente. Pour que les lourds convois de charbon puissent descendre du plateau matheysin sans prendre une vitesse excessive, la pente de la ligne devait rester très faible. Les ingénieurs ont donc dû allonger artificiellement le tracé en créant une boucle de développement au niveau du vallon de la Loulla.
Le train, arrivant à une certaine altitude, traversait la vallée sur un premier viaduc, effectuait une courbe à 180°, puis traversait à nouveau la vallée sur le second viaduc, repartant en sens inverse mais à une altitude inférieure. La construction de deux viaducs droits était, à la fin du XIXe siècle, une solution bien plus simple et économique que celle d’un unique et complexe viaduc en courbe. Ces “jumeaux” de pierre sont donc la matérialisation d’un chef-d’œuvre de tracé ferroviaire.

Vue en contre-plongée en noir et blanc du viaduc métallique de Loulla. Il se dresse au-dessus d'une vallée dont les versants sont entièrement nus et dépourvus d'arbres ou de végétation.

Cliché d’époque révélant l’impact de l’ère industrielle : le viaduc de Loulla dominant une vallée entièrement déboisée par l’activité minière et ferroviaire.

Les bâtisseurs : des héros anonymes

Derrière la prouesse technique et les plans des ingénieurs, il y a les hommes. La construction des ouvrages d’art de la ligne de La Mure fut une épopée humaine qui mobilisa, pendant plusieurs années, des centaines d’ouvriers. Cette main-d’œuvre était un mélange de paysans locaux, qui trouvaient là un complément de revenu, et de migrants spécialisés. Parmi eux, de nombreux ouvriers italiens, réputés pour leur savoir-faire dans les travaux de maçonnerie, ont joué un rôle crucial.

Leur quotidien se déroulait dans des conditions de travail particulièrement difficiles en montagne. Sur des échafaudages vertigineux, exposés aux vents et aux rigueurs du climat alpin, ces hommes travaillaient sans les équipements de sécurité modernes. Chaque pierre posée était le fruit d’un effort physique intense et d’un risque permanent. Le viaduc de la Loulla est ainsi un monument érigé à la sueur et au courage de ces héros anonymes, dont le travail acharné a littéralement façonné le paysage.

Un siècle de prospérité : l’impact du train

Dès sa mise en service en 1888, le train a radicalement transformé la vie sur le plateau matheysin. Ce n’était

Née officiellement en 1888 après une déclaration d’intérêt public en 1881, la ligne de chemin de fer St Georges de Commier – La Mure (SGLM) a radicalement transformé la vie sur le plateau matheysin. Conçue avant tout pour le transport du charbon extrait des mines locales, elle fut le moteur de la fortune de la région pendant près d’un siècle.

Pour les mines, ce fut une révolution : le tonnage annuel transporté témoigne de cette montée en puissance, passant de 250 000 tonnes en 1901 à un pic de 791 000 tonnes en 1966. En permettant d’évacuer des quantités de houille jusqu’alors impensables, le chemin de fer a assuré la prospérité des Houillères du Dauphiné et l’emploi de milliers de personnes. Ce n’était pas seulement une ligne industrielle, c’était une artère vitale qui mettait fin à des siècles d’isolement.

Photographie d'époque en noir et blanc montrant le grand viaduc jumeaux en maconnerie de Loulla qui enjambe une gorge profonde. En contrebas, on aperçoit les bâtiments industriels de la mine des Bethoux.

Cliché historique en noir et blanc du viaduc de Loulla. En contrebas, on distingue la mine des Bethoux, dont le charbon était évacué par la ligne ferroviaire.

Du charbon au tourisme : la seconde vie du viaduc

L’âge d’or du charbon prit fin avec la fermeture progressive des mines. Le sifflet du dernier train de houille en 1988 aurait pu sonner le glas pour la ligne et ses ouvrages d’art, condamnés à l’abandon. Mais c’était sans compter sur l’attachement des habitants et la reconnaissance de sa valeur patrimoniale et touristique exceptionnelle.

Une nouvelle histoire a alors commencé. Le “train noir” des mineurs a laissé place au “petit train rouge” des touristes. La ligne a été sauvée de l’oubli pour devenir l’un des plus beaux chemins de fer touristiques d’Europe. Aujourd’hui, le viaduc de la Loulla ne voit plus passer de lourds convois de charbon, mais des rames de voyageurs venus admirer des paysages à couper le souffle. Il est devenu le symbole d’une reconversion réussie, un pont majestueux jeté non plus seulement entre deux rives, mais entre le passé industriel et l’avenir touristique de la Matheysine.

Photo historique du train rouge et crème de La Mure, avec sa motrice et ses wagons de voyageurs, passant sur le grand viaduc en maçonnerie de Loulla qui enjambe une vallée boisée et montagneuse.

À l’époque de son exploitation touristique, le train de La Mure offrait des vues imprenables à ses passagers, comme ici lors de la traversée du viaduc de Loulla.

Une signature architecturale : le double viaduc

Ce qui frappe le voyageur ou l’observateur attentif, c’est que le viaduc de la Loulla n’est pas un, mais bien deux ouvrages d’art distincts. Face à la nécessité de faire pivoter la voie ferrée pour l’inscrire dans le relief, les ingénieurs ont imaginé une solution d’une grande élégance.

Plutôt qu’un seul ouvrage massif et rectiligne, ils ont conçu deux viaducs distincts pour permettre à la voie de s’inscrire dans une courbe tout en franchissant le ravin. Cette configuration en “S” permettait au train de négocier le virage en douceur, une contrainte technique essentielle pour la sécurité et le confort. Les deux ponts, bien que très proches et partageant une pile commune, sont donc deux structures à part entière, créant une perspective visuelle saisissante pour les voyageurs.

Cette solution, dictée par la contrainte topographique, est devenue une véritable signature esthétique. Pour les passagers du train, la traversée offre un spectacle cinématique unique : en s’engageant dans la courbe, le convoi semble s’enrouler sur lui-même, dévoilant des perspectives sans cesse renouvelées sur le ravin et sur l’ouvrage lui-même. C’est un parfait exemple de l’élégance fonctionnelle où la nécessité technique donne naissance à la beauté.

Un Moment Fort du Voyage sur le Petit Train de La Mure 

Après des années de fermeture suite à un éboulement, le Petit Train de La Mure a repris vie sur un parcours spectaculaire allant de La Mure au Grand Balcon de Monteynard. Et la traversée des Viaducs de Loulla en est l’un des points d’orgue.

Imaginez la scène : le train ralentit à l’approche du ravin, s’engage sur le premier viaduc tandis que, par la fenêtre, vous longez son jumeau à quelques mètres seulement. Le temps d’un instant, vous êtes suspendu entre ces deux géants de pierre, avec le vide sous vos pieds et un panorama grandiose sur la nature environnante. C’est un moment de pur émerveillement et une occasion unique de prendre des photos exceptionnelles.

La motrice T9 du train de La Mure tractant des voitures de touristes sur le viaduc de Loulla.

Symbole de la reconversion touristique de la ligne, la motrice T9 tracte ici une rame de voyageurs au-dessus du vide, sur l’impressionnant viaduc de Loulla.

Conclusion : Un Patrimoine Vivant à Découvrir

Loin d’être silencieux, le viaduc de la Loulla vibre aujourd’hui au passage du Petit Train de La Mure. Plus qu’un vestige de l’ère industrielle, il est un patrimoine bien vivant, un témoin de pierre qui raconte un siècle de labeur. Au-delà de sa fonction ferroviaire, il est perçu par les habitants comme un véritable marqueur du paysage et un symbole du passé industriel et de l’identité de la Matheysine. Trait d’union entre le passé minier et l’avenir touristique, sa traversée est un hommage aux générations qui l’ont bâti et un spectacle offert à celles qui viennent découvrir son histoire.

Foire Aux Questions (FAQ) sur les Viaducs de Loulla 

Le viaduc de Loulla est un ouvrage d’art ferroviaire historique situé sur la ligne du Petit Train de La Mure, dans le département de l’Isère. Sa particularité est d’être composé de deux ponts parallèles, qualifiés de “viaducs jumeaux”.[1]

Le viaduc se trouve sur le territoire de la commune de La Motte-d’Aveillans, sur le plateau Matheysin.

Cette configuration rare a été choisie par les ingénieurs pour permettre à la voie ferrée de franchir le ravin de Loulla tout en négociant une courbe en “S”, assurant ainsi un virage en douceur pour le train.

Inaugurée en 1888, la ligne du SGLM (Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) avait pour mission principale de transporter l’anthracite extrait des mines de La Mure vers Grenoble. Véritable poumon industriel de la région, elle fut l’une des premières lignes au monde à être entièrement électrifiée dès 1903.

Le viaduc de Loulla mesure 126 mètres de long pour une hauteur maximale de 22 mètres. Il est entièrement construit en maçonnerie de pierres de taille avec des arches en plein cintre.

Oui, absolument. Après des années de fermeture, le Petit Train de La Mure a repris du service sur un nouveau parcours touristique. La traversée des viaducs jumeaux de Loulla est l’un des moments forts et des plus spectaculaires du voyage.

Au-delà de sa fonction ferroviaire, le viaduc est un symbole du patrimoine industriel et de la renaissance touristique de la région. Il constitue un lien entre l’épopée minière du XIXe siècle et l’attraction touristique du XXIe siècle, offrant aux voyageurs une expérience mémorable et une vue saisissante.

Pour allez plus loin

“Bien que moins célèbre que son voisin de la Roizonne, le viaduc de Loulla est une pièce essentielle du patrimoine ferroviaire de la Matheysine.”

“Il permet au Petit Train de La Mure de franchir le ravin de Loulla, offrant aux voyageurs une vue plongeante impressionnante.”

“Avec ses arches en plein cintre plus classiques, il présente un style différent de son célèbre voisin, le viaduc de la Roizonne, qui est entièrement maçonné.”

Sources et sites officiels

“Le viaduc est situé sur le territoire de la commune de La Motte-d’Aveillans, un village au riche passé minier.”

“Pour les passionnés de génie civil, ses caractéristiques techniques sont répertoriées sur la base de données d’ingénierie Structurae.

“Le traverser est l’un des moments forts du voyage. Pour planifier votre excursion, consultez le site officiel du Petit Train de La Mure.”

“Ce viaduc est l’un des nombreux ouvrages construits pour l’histoire complète de la ligne, qui a dû s’adapter à un relief particulièrement difficile.”

Bibliographie 

  • GIRAUD, Jean-Pierre, Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Les Éditions du Cabri, 2015.

    • Commentaire : C’est sans doute l’ouvrage le plus complet et le plus récent sur la ligne. Il est considéré comme la “bible” du sujet. Il contient une iconographie très riche, des plans de voies, des détails sur le matériel roulant et l’exploitation. La section sur les embranchements miniers devrait vous être extrêmement précieuse.

  • BANAUDO, José, Le petit train de La Mure, Les Éditions du Cabri, 1993.

    • Commentaire : Un classique, plus ancien mais toujours d’une grande fiabilité. José Banaudo est une référence en matière de chemins de fer secondaires français. L’ouvrage est très bien documenté sur l’histoire de la construction et de la vie de la ligne.

  • REYNAUD, Jean-Louis, Le Chemin de Fer de la Mure, Presses & Editions Ferroviaires, 2005.

    • Commentaire : Un autre ouvrage de qualité, souvent avec une approche un peu différente, qui peut compléter les informations des deux précédents. La comparaison des sources est toujours une bonne pratique.

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Vizille : des Trémies VFD à la Fin de VFT, l’Histoire du Dernier Train de Marchandises

Vue des trémies de chargement en béton de la société VFT à Vizille en 1999, utilisées pour le transbordement de matériaux entre camions et trains.

Vizille : des Trémies VFD à la Fin de VFT, l’Histoire du Dernier Train de Marchandises

Acteurs méconnus de l’essor industriel et du transport de vrac dans la vallée de la Romanche.

Les wagons trémies ont constitué l’épine dorsale du fret lourd sur le réseau VFD (Voie Ferrées du Dauphiné), permettant l’alimentation des industries de la vallée de la Romanche. Il transportait du charbon, mais aussi d’autres matériaux en vrac. Souvent éclipsés par la majesté des motrices, les wagons-trémies furent pourtant les véritables poumons de l’économie du Dauphiné. Ces silhouettes métalliques, conçues pour déverser sans effort leur cargaison de matériau en vrac, ont irrigué pendant des décennies les industries de la région de Vizille, conditionnant leur prospérité. Loin d’être un simple outil, ce matériel roulant raconte une histoire : celle d’une adaptation logistique permanente, d’un réseau (VFD) qui sut se renforcer en intégrant des wagons ayant déjà une première vie, notamment sur les Voies Ferrées du Dauphiné.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom de l’Installation Trémies de transbordement mécanisé de Vizille
Type d’Infrastructure Installation industrielle de transbordement (rupture de charge)
Localisation Vizille, à l’interface des réseaux PLM/SNCF (voie normale) et VFD (voie métrique).
Objectif Principal Assurer l’approvisionnement des industries de la vallée de la Romanche en matières premières livrées par le réseau ferré national.
Principe de Fonctionnement Un système sophistiqué en deux étapes, combinant manutention mécanique et gravité :

1. Remplissage des trémies (phase mécanique) :

 • Les wagons du réseau PLM/SNCF (voie normale) déchargeaient leurs matériaux.

 • Un pont roulant avec une benne preneuse reprenaient ces matériaux en vrac dans les wagons et les élevaient mécaniquement jusqu’au sommet des silos en béton (les trémies) pour les remplir.

2. Chargement des wagons (phase gravitationnelle) :

 • Les wagons du réseau VFD (voie métrique) étaient positionnés sur une voie en contrebas.

 • Des trappes situées à la base des trémies s’ouvraient pour charger les wagons rapidement et simplement par gravité.

Acteurs Ferroviaires • Réseau Amont (Fournisseur) : PLM (puis SNCF), qui amenait les matériaux sur le réseau national.

• Réseau Aval (Distributeur) : VFD (Voies Ferrées du Dauphiné), qui desservait les usines de la Romanche.

Marchandises Concernées Matières premières en vrac pour les industries de la Romanche : charbon, coke, minerais, etc.
Période d’Activité Principalement durant l’âge d’or industriel de la vallée de la Romanche, de 1951 à la fermeture en 2005.
État Actuel Entièrement démolies et disparues. L’ensemble de l’installation a été rasé après la fin de son utilité.
Intérêt Patrimonial Ces trémies témoignent de l’ingéniosité mécanique et logistique déployée à Vizille pour en faire une plaque tournante efficace. Elles sont le symbole de la chaîne d’approvisionnement qui alimentait le “moteur” industriel de la vallée de la Romanche.

Vizille, 2005 : La Chute d’un Symbole Ferroviaire

Novembre 2005. Ce n’est pas un événement récent, mais un souvenir gravé dans l’histoire industrielle locale. Sur le site de Vizille Terrasse, les dernières grandes trémies de chargement en béton sont démolies. Pour beaucoup, c’est la fin d’une époque : celle qui a vu le rail irriguer les vallées alpines, d’abord sous la bannière mythique des VFD (Voies Ferrées du Dauphiné), puis avec son héritière, la société VFT.

Qu’était-ce qu’une Trémie des VFD/VFT (Voie Ferrées et Transport) ?

Comme sur les grands réseaux, une trémie est un immense entonnoir de béton. Sa fonction était de stocker des matériaux en vrac – minerais, granulats ou autres produits des industries de la vallée – pour les charger rapidement par gravité dans les wagons du train situé en dessous. À Vizille, ces trémies étaient le lien direct entre les besoins industrielles de l’Oisans et de la Romanche et le réseau ferré qui les amenait depuis la gare de Jarrie.

Des Trémies au Cœur d’un Système Logistique Ingénieux

Bien plus qu’un simple “entonnoir à granulats”, le site de Vizille était une véritable plateforme de transport combiné. Les trémies en étaient l’élément le plus visible, mais leur fonctionnement était complexe :

  • Un faisceau de voies ferrées desservait les alignements de trémies, permettant de positionner les wagons tombereaux juste en dessous pour un chargement rapide par gravité.

  • Le flux fonctionnait dans les deux sens. D’un côté, les matériaux en vrac étaient chargés dans les trains via les trémies. De l’autre, les camions arrivant de la vallée de la Romanche pouvaient être déchargés de deux manières : soit en remplissant les trémies par le haut, soit en transférant leur contenu directement dans les wagons grâce à une “sauterelle”, un tapis roulant mobile.

Ce système offrait une grande souplesse, faisant du site un hub efficace entre la route et le rail.

Durant les premières décennies d’exploitation des VFT, la rupture de charge s’opérait en gare de Jarrie. Toutefois, face à l’accroissement constant du tonnage, les installations d’origine atteignirent la saturation en 1951.

Sur le plan de l’infrastructure, une nouvelle section reliant Jarrie à Vizille avait été ouverte dès 1932 (la déviation de la Terrasse), permettant d’extraire le trafic fret du centre urbain de Vizille. Pour optimiser le transbordement du vrac, le site fut équipé d’un système mécanisé : une benne preneuse alimentait des trémies de stockage, permettant le chargement par gravité des wagons à voie métrique stationnés en contrebas.

Plan schématique des voies de la gare de Vizille-Terrasse (réseau VFD) en 1932 montrant l'organisation des voies métriques et normales.

Figure 1 : Plan de configuration des voies de la gare de Vizille-Terrasse (VFD) – Situation en 1952.

De l’Âge d’Or des VFD à la Spécialisation de VFT

L’histoire de ce lieu se découpe en deux grandes périodes :

  1. L’Ère des VFD : Le Cœur Battant du Réseau Local
    Jusqu’à l’arrêt du transport de marchandises par la compagnie en novembre 1964, le dépôt de Vizille était le centre névralgique du réseau des Voies Ferrées du Dauphiné. Il assurait le transport de voyageurs et de fret qui faisait vivre les industries des vallées alpines.

  2. L’Héritage de VFT : Le Pari du Rail-Route
    Après une période de transition, le site reprend vie sous une nouvelle forme. En 1987, la société VFT succède aux VFD pour l’activité fret. Elle se spécialise dans une logistique moderne pour l’époque : le transport combiné. Utilisant la voie ferrée stratégique entre Jarrie et Vizille, VFT acheminait les matériaux en vrac par le train, puis assurait la livraison finale par camions. Ce modèle a permis de maintenir une activité ferroviaire sur le site pendant près de deux décennies supplémentaires.

Vue des trémies de chargement en béton de la société VFT à Vizille en 1999, utilisées pour le transbordement de matériaux entre camions et trains.

Un symbole du patrimoine ferroviaire de Vizille, six ans avant sa disparition. On voit nettement la grue avec la benne au dessus des trémies pour le transbordement.

2005 : Pourquoi Tout Démolir ?

En 2005, près de vingt ans après la création de VFT, le marché du transport a de nouveau évolué. Face à de nouvelles contraintes économiques et logistiques, la société a rationalisé ses opérations. Les imposantes et rigides trémies en béton n’étaient plus jugées nécessaires. Le transbordement camion-wagon pouvait désormais s’effectuer plus simplement et à moindre coût, uniquement avec des sauterelles mobiles.

La décision fut donc prise de démolir les trémies. Ce n’était pas la fin de l’activité sur le site, mais la fin de son infrastructure historique la plus emblématique.

Vue du dépôt logistique VFT en 2001 avec les trémies en béton au centre de l'activité de transbordement de marchandises entre camions et trains.

Les trémies, cœur de l’activité rail-route en 2001.

L’Épilogue : 21 Février 2012, le Silence sur les Voies

Le sursis aura duré sept ans. La société VFT fermera définitivement ses portes le 21 février 2012. Cet événement signe la fin de toute activité de transport rail-route sur ce site historique. Même le transbordement par sauterelle, qui avait perduré après 2005, cesse.

La fermeture de VFT met un point final à plus d’un siècle d’histoire ferroviaire et logistique à Vizille, laissant les voies silencieuses pour de bon.

Photo du dépôt et des entrepôts VFT à Vizille en 2005, montrant le grand terrain vide laissé après la destruction des trémies de chargement.

Le site VFT de Vizille en 2005, après la démolition des trémies.

Un Patrimoine Disparu, une Mémoire à Préserver

La démolition des trémies de Vizille Terrasse en 2005 a effacé du paysage les derniers témoins d’une riche histoire ferroviaire.

  • Elles symbolisaient l’âge d’or des VFD, un réseau qui a désenclavé les montagnes.

  • Elles représentaient la reconversion réussie de VFT, qui a su adapter le rail aux nouvelles réalités du transport.

  • Elles rappellent un savoir-faire logistique, où le train et le camion n’étaient pas concurrents, mais partenaires.

Aujourd’hui, le terrain a changé, mais le souvenir de ces géants de béton reste. Il nous rappelle que notre patrimoine industriel est en constante évolution, et qu’il est de notre devoir de documenter et de raconter ces histoires avant qu’elles ne s’effacent complètement.

Les trémies en béton des VFT abattues au sol en un tas de débris sur le site logistique de Vizille en 2005, marquant la fin de leur existence.

La démolition des trémies VFT en 2005.

Foire Aux Questions sur les travaux de la gare de La Mure

Cliquer ici pour ajouter votre propre texte

Il s’agissait de trémies de chargement. Ces structures fonctionnaient comme d’immenses entonnoirs en béton servant à stocker des matériaux en vrac (granulats, minerais…). Leur fonction était de charger rapidement et par gravité ces matériaux dans les wagons des trains de marchandises situés juste en dessous.

Le site était une plateforme logistique “rail-route” très importante. Il permettait de transférer des marchandises entre les camions arrivant de la vallée de la Romanche et les trains. Ce système combinait le transport par rail et par route, faisant du site un véritable “hub” pour les industries de la région.

Deux compagnies principales se sont succédé :

  • Les VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Jusqu’en 1964, le site était le centre névralgique de ce réseau mythique qui transportait à la fois des voyageurs et du fret dans les vallées alpines.

  • La société VFT : À partir de 1987, VFT a repris l’activité de fret en se spécialisant dans le transport combiné, prolongeant ainsi l’activité ferroviaire du site.

En 2005, la société VFT a rationalisé ses opérations pour s’adapter aux nouvelles réalités économiques. Les imposantes trémies en béton n’étaient plus jugées nécessaires, car le transbordement entre camions et wagons pouvait se faire de manière plus souple et moins coûteuse avec des tapis roulants mobiles appelés “sauterelles”.

Non, pas immédiatement. La démolition en 2005 a marqué la fin de l’infrastructure historique la plus visible, mais l’activité de transbordement avec des “sauterelles” a continué pendant encore sept ans.

L’activité a définitivement pris fin le 21 février 2012, avec la fermeture de la société VFT. Cet événement a mis un point final à plus d’un siècle d’histoire ferroviaire et logistique à Vizille.

Elles représentaient plusieurs choses :

  • L’âge d’or des VFD et le désenclavement des montagnes par le rail.

  • La reconversion réussie de VFT qui a su adapter le train à la logistique moderne.

  • Un savoir-faire où le train et le camion étaient partenaires et non concurrents.

Le site a été partiellement effacé en 2013 suite à des travaux d’aménagement des berges de la Romanche. Les trémies, qui en étaient l’élément le plus emblématique, ont complètement disparu.

Poursuivez votre exploration

“Ces trémies de transbordement, aujourd’hui disparues, sont un témoin fascinant de l’ingénierie et du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.”

“Cette méthode de transbordement par trémies coexistait avec une autre solution technique mise en place à proximité : l’ingénieuse voie à trois rails de Vizille.”

“Elles permettaient de transférer le chargement des wagons du réseau à voie métrique des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD)…”

Sources et sites officiels

“Leur fonction était de permettre le transbordement des matériaux, c’est-à-dire leur transfert d’un mode de transport à un autre.”

“…vers les wagons à voie normale de la puissante compagnie du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée).”

“Ces installations étaient vitales pour approvisionner le grand pôle industriel chimique de Jarrie, dont l’histoire est aujourd’hui retracée par un musée passionnant.”

“Ces infrastructures industrielles ont longtemps marqué le paysage de la ville de Vizille, située au carrefour de plusieurs vallées alpines.”

“Les trémies ont notamment servi au transport de la bauxite, le minerai à l’origine de l’aluminium, une industrie majeure dans les Alpes.”

Bibliographie

1. Les Ouvrages de Référence (Matériel Roulant VFD)

C’est ici que vous trouverez les listes de parc (inventaires), les plans de constructeurs et les charges à l’essieu.

  • HUTTER, Joseph. Les Voies Ferrées du Dauphiné. Édité à compte d’auteur, 1971 (et rééditions).

    • Intérêt pour l’article : C’est la source la plus pointue sur le “matériel remorqué”. Hutter dresse souvent l’inventaire des wagons (tombereaux, plats, trémies) avec leurs numéros de série et leurs années de mise en service.

  • BOUILLIN, Patrice. Le Tramway de Grenoble à Chapareillan et les V.F.D.. Éditions Presses et Éditions Ferroviaires, 1985.

    • Intérêt pour l’article : Ouvrage indispensable pour l’iconographie. Il contient probablement des photos de convois de marchandises traversant Vizille, permettant d’identifier visuellement le type de trémies (à essieux, à bogies, trémies “grand volume” pour le coke ou “densité élevée” pour le ciment).

  • BEJUI, Pascal & COURTOIS, René. Les Chemins de Fer de la France d’Outre-mer et les VFD. (Compilation ou articles dans les revues de l’éditeur La Régordane).

    • Pascal Bejui est un expert de la voie métrique. Ses analyses sur le trafic fret sont toujours très techniques.

2. Revues Spécialisées (Trafic Fret et Industrie)

Les revues périodiques contiennent souvent des “focus” sur des wagons spécifiques ou des embranchements industriels.

  • Revue Chemins de Fer Régionaux et Urbains (FACS).

    • Consultez les index pour les numéros consacrés à l’Isère. Recherchez les articles traitant du trafic marchandises des VFD. Souvent, ces articles détaillent les “Embranchements Particuliers” (EP) de Vizille.

  • Revue Voie Étroite.

    • Excellente source pour les détails techniques sur le matériel métrique (attelages, systèmes de déchargement des trémies).

  • Revue Loco-Revue (Archives).

    • Bien que orientée modélisme, cette revue publie des plans cotés de wagons réels pour les maquettistes. Cherchez des plans de “Trémies à voie métrique” ou “Trémies Vicat / Pechiney”.

3. Sources Primaires et Archives (Pour l’historien pur)

Si vous voulez décrire le fonctionnement économique (tonnage, contrats), il faut aller aux sources brutes.

  • Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S (Travaux Publics).

    • Sous-série 5 S (Chemins de fer).

    • Cherchez les dossiers relatifs à l’exploitation des VFD : “Commandes de matériel roulant”, “Tarifs marchandises”, ou les dossiers des clients industriels (Ciments Vicat, Papeteries). Vous y trouverez peut-être les bons de commande des trémies aux constructeurs (ex: Baume & Marpent, De Dietrich, etc.).

  • Archives des entreprises locales (Si accessibles).

    • Les trémies étaient souvent des “wagons de particuliers” appartenant aux usines et non au réseau ferré lui-même. Des recherches sur l’histoire des Ciments Vicat ou des usines métallurgiques de Vizille pourraient révéler des photos de leurs wagons trémies privés.

4. Contextualisation Industrielle

Pour expliquer ce que transportaient ces trémies.

  • COYNE, A. L’industrie dans la vallée de la Romanche. (Thèses de géographie économique des années 1920-1950).

    • Pour comprendre les flux : Charbon montant vers Vizille ? Ciment descendant vers Jarrie ? Chaux ? Le type de matériau définit la forme de la trémie.

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Vizille Terrasse : Le Secret de la Gare où les Trains Partageaient les Rails

Vestige d'un aiguillage ferroviaire pour voie normale et voie étroite imbriquée, situé devant l'ancienne gare de Vizille Terrasse. On voit un enchevêtrement de rails.

Voie à Trois Rails de Vizille : L‘Histoire d’un Secret Ferroviaire

La cohabitation singulière du grand réseau PLM et de la voie métrique VFD en gare de Vizille.

Comment faire circuler des wagons à voie normale sur une plateforme conçue pour la voie métrique ? C’est le problème complexe auquel fut confrontée la gare de Vizille, carrefour industriel vital pour le Dauphiné. Plutôt que de recourir au fastidieux transbordement des marchandises, les ingénieurs optèrent pour la mise en place d’une voie à trois rails, ou “voie imbriquée”. Cette infrastructure, bien que discrète, est un cas d’école de l’ingéniosité ferroviaire appliquée à un besoin économique concret : permettre aux wagons du PLM d’accéder directement aux industries connectées au réseau VFD. Son histoire révèle les contraintes et les solutions d’une exploitation à double écartement.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom du Dispositif Voie à double écartement ou Voie imbriquée (Communément appelée “Voie à trois rails”)
Principe Technique Une infrastructure ferroviaire unique composée de trois rails parallèles permettant la circulation de trains de deux écartements différents : • Voie normale (1435 mm) • Voie métrique (1000 mm) Un rail est commun aux deux écartements, les deux autres sont placés respectivement à 1000 mm et 1435 mm de celui-ci.
Localisation Précise Vizille, principalement dans la zone industrielle et autour de la gare. C’était un point de connexion stratégique entre les deux réseaux.
Objectif / Utilité Résoudre un problème logistique majeur : • Les industries de Vizille (papeteries, électrochimie) devaient expédier leurs marchandises sur le réseau national (voie normale). • Mais elles étaient aussi desservies par le réseau local VFD (voie métrique). Ce système permettait aux wagons des deux réseaux d’accéder aux mêmes embranchements industriels, évitant ainsi le transbordement des marchandises, une opération coûteuse en temps et en main-d’œuvre.
Acteurs Impliqués Deux compagnies ferroviaires aux réseaux incompatibles qui cohabitaient : 1. PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), puis SNCF : Réseau national à voie normale. 2. VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Réseau local/régional à voie métrique.
Période d’Utilisation Principalement durant la première moitié du XXe siècle, âge d’or de l’industrie locale et de la complémentarité entre les deux réseaux ferroviaires.
État Actuel Disparu. Ce système a été démantelé avec le déclin du trafic de marchandises et la fermeture progressive des lignes VFD (le service voyageur a cessé en 1952). Il n’en reste aujourd’hui que des vestiges photographiques et quelques traces pour les archéologues ferroviaires.
Intérêt Patrimonial C’est le témoignage d’une solution technique ingénieuse et d’une collaboration logistique entre deux réseaux concurrents. Ce système illustre parfaitement l’importance de Vizille comme carrefour industriel et ferroviaire à une époque où le rail était le principal moteur de l’économie.

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Historique

Imaginez une gare où deux trains, l’un large et puissant, l’autre étroit et agile, pourraient utiliser la même voie. Un rêve d’ingénieur ? Non, une réalité historique au cœur de l’Isère, à l’ancienne gare de Vizille Terrasse. Oubliez les ponts spectaculaires ; ici, le génie ferroviaire se cachait à même le sol, sur une section de voie unique en son genre, dotée de trois rails.

Cette installation, aujourd’hui disparue, était la clé de voûte d’un des carrefours ferroviaires importants du Dauphiné.

Un Nœud Ferroviaire : La Cohabitation Forcée à Vizille Terrasse

Au début du XXe siècle, la gare de Vizille Terrasse n’est pas un simple arrêt, c’est un point de connexion vital. Deux compagnies aux ambitions et aux technologies différentes s’y croisent :

  1. Le PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) : La grande compagnie nationale, avec sa voie à écartement standard (1,435 m). Ses trains transportent des marchandises lourdes et des voyageurs sur le réseau principal.

  2. Les VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Le réseau local, avec sa voie à écartement métrique (1 m), parfaite pour desservir les vallées alpines comme celle de l’Oisans.

Le défi était immense : comment faire cohabiter ces deux mondes dans l’espace restreint d’une gare ? Comment organiser le transbordement des marchandises d’un train à l’autre sans multiplier les voies et les entrepôts ?

La section Jarrie-Vizille était en voie normale. La gare possédait deux voies à double écartement, tandis que les autres étaient en voie étroite. Ce système permettait de décharger les wagons dans les trémies de stockage pour ensuite repartir sur la voie métrique.

Note

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Il convient de préciser que la ligne reliant Jarrie à Vizille-Terrasse était établie à l’écartement standard (voie normale). Le système à trois files de rails était strictement cantonné aux installations de la gare. Sur cet important faisceau totalisant 19 voies, seules deux voies mixtes étaient équipées du troisième rail pour permettre les manœuvres à double écartement.

Locotracteur diesel Brissonneau & Lotz des VFD sur la voie ferrée métrique à Vizille, photographie des années 1950.

Témoignage des années 1950 : l’un des quatre locotracteurs diesel Brissonneau & Lotz T1 T2 T3 T4 acquis par les VFD pour moderniser leur parc. Il est vu ici en service sur la voie métrique.

Note

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Contrairement à ce que la photo pourrait laisser croire, la ligne n’était pas électrifiée. La traction était assurée par des machines à vapeur, remplacées par la suite par des locotracteurs diesel.

Photo d'archive de la voie ferrée imbriquée (quatre rails) de Vizille, avant son démantèlement.

Rare témoignage de l’ingénieux système de voie imbriquée à Vizille. Cette photo historique a été prise peu de temps avant le déferrement de la voie, immortalisant cette solution technique unique juste avant sa disparition. On distingue la troisième voie imbriqué dans l’aiguillage.

L’Astuce : La Voie à Trois Rails pour une Gare Optimisée

La solution trouvée par les ingénieurs est d’une logique implacable : la voie imbriquée à rail commun.

Le principe permettait une optimisation maximale de l’espace. Sur une section stratégique de la gare, probablement le long d’un quai de marchandises ou d’une halle, on installa trois rails :

  • Rail 1 (extérieur) : Utilisé par la voie large du PLM.

  • Rail 2 (central) : Le rail partagé, servant de rail droit pour le PLM et de rail gauche pour les VFD.

  • Rail 3 (intérieur) : Utilisé uniquement par la voie étroite des VFD.

Quel était l’avantage concret ?
Cette configuration permettait à un wagon à voie normale du PLM et à un wagon à voie métrique des VFD de se garer le long du même quai, littéralement côte à côte. Le transfert des marchandises (bois, minerais, colis…) se faisait directement de l’un à l’autre, sans effort de manutention supplémentaire. C’était une solution incroyablement efficace pour gérer le “rupture de charge”.

Plan schématique des voies de la gare de Vizille-Terrasse (réseau VFD) en 1932 montrant l'organisation des voies métriques et normales.

Figure 1 : Plan de configuration des voies de la gare de Vizille-Terrasse (VFD) – Situation en 1932.

La Vie Quotidienne d’une Voie Partagée

Il faut imaginer le ballet quotidien dans cette gare. D’un côté, la petite locomotive à vapeur des VFD manœuvrant ses wagons sur les rails intérieurs. De l’autre, les imposants wagons du PLM se positionnant sur les rails extérieurs, le tout sur une même plateforme. C’était le cœur battant de l’économie locale, un lieu d’échange et d’activité intense rendu possible par cette simple astuce à trois rails.

Le déclin du chemin de fer secondaire sonna la fin de cette cohabitation unique :

  • 1946 : La ligne des VFD vers Bourg-d’Oisans ferme au trafic voyageur. La section Livet Bourg d’Oisans ferme aussi.

  • 1964 : La ligne ne servant plus qu’au transport de marchandise ferme a son tour sur la section Vizille Riouperoux Livet. Seul subsiste la liaison Jarrie Vizille repris par la société VFT jusqu’au année 2000 pour le transport de matériaux en vrac pour les industries de la vallée de la Romanche le transport se faisant en camion. 

  • Au fil du temps, les voies sont démontées, et le souvenir de cette ingénieuse installation s’efface du paysage.

Ce qu’il Reste de la Gare de Vizille Terrasse

Aujourd’hui, l’emplacement de l’ancienne gare de Vizille Terrasse a bien changé. Il faut chercher les indices dans les herbes folles le vieux bâtiment de la gare pour imaginer l’effervescence passée.

La voie à trois rails n’existe plus, mais son histoire demeure un exemple formidable de l’intelligence pratique des ingénieurs ferroviaires. Elle nous rappelle qu’une grande partie du patrimoine industriel ne réside pas dans des ouvrages monumentaux, mais dans des solutions discrètes et astucieuses qui ont, en leur temps, résolu des problèmes très concrets.

Vestige d'un aiguillage ferroviaire pour voie normale et voie étroite imbriquée, situé devant l'ancienne gare de Vizille Terrasse. On voit un enchevêtrement de rails.

Vestige de l’impressionnant aiguillage de la gare de Vizille Terrasse, conçu pour gérer la voie normale et la voie étroite imbriquée. La vue est orientée vers la vallée de l’Oisans, soulignant le rôle stratégique de cette bifurcation comme point de départ vers le cœur des Alpes. Photo de 2005 a comparer avec la photo ci dessus elles sont prises du meme endroit.

Note

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Les aiguillages. Sur une voie à 3 rails, les “cœurs” (là où les rails se croisent) sont des pièces de fonderie d’une complexité redoutable et fragiles une vrai prouesse de realisation.

Vestige d'un aiguillage ferroviaire pour voie normale et voie étroite imbriquée, devant l'ancienne gare de Vizille Terrasse. La photo est prise en direction de la vallée de l'Oisans.

Vestige de l’impressionnant aiguillage de la gare de Vizille Terrasse, conçu pour gérer la voie normale et la voie étroite imbriquée. La vue est orientée vers la vallée de l’Oisans, soulignant le rôle stratégique de cette bifurcation comme point de départ vers le cœur des Alpes.

Note

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Le rail commun permettait de garder un côté aligné, facilitant la gestion des quais (le vide entre le wagon et le quai reste constant pour les deux types de trains du même côté)

Foire Aux Questions sur la gare de Vizille Terrasse

L’objectif principal à Vizille Terrasse était de permettre le transbordement de marchandises. La solution à 3 rails avec un rail commun permettait aux wagons des deux compagnies de se coller au même quai, ce qui aurait été impossible avec une voie à 4 rails où la voie métrique est entièrement à l’intérieur de la voie normal. C’est une solution pensée pour l’exploitation et non juste pour le passage.

C’est l’action de transférer des marchandises d’un mode de transport à un autre, ou comme ici, d’un type de train à un autre. C’est une opération coûteuse en temps et en main-d’œuvre, que la voie à trois rails de Vizille Terrasse cherchait à simplifier au maximum.

C’est extrêmement rare. Cette technique survit dans quelques dépôts de matériel ferroviaire, des musées ou sur certains réseaux touristiques qui doivent gérer des trains d’écartements différents. Mais dans une gare ouverte au public, c’est une configuration qui a quasiment disparu.

Poursuivez votre exploration

“Cette ingénieuse solution technique est un chapitre méconnu mais passionnant du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.” “Cette cohabitation a permis aux trains à voie métrique des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) de rejoindre le pôle industriel de Jarrie.” “Bien que cette voie à trois rails ait disparu, d’autres vestiges du réseau VFD sont aujourd’hui préservés par des associations passionnées.”

Sources et sites officiels

“Cette configuration, connue sous le nom de voie à double écartement ou à trois files de rails, est une solution rare et ingénieuse.” “La voie normale était celle de la ligne de Jarrie à Vizille, exploitée par la compagnie du PLM.” “Cette particularité ferroviaire a longtemps marqué le paysage industriel de la ville de Vizille.” “Le but était de desservir le grand pôle industriel chimique de Jarrie, encore actif aujourd’hui et dont l’histoire est racontée au musée.” “Les voies passaient à proximité du célèbre Domaine de Vizille, cœur historique de la ville.”

Bibliographie

1. Les “Bibles” des Voies Ferrées du Dauphiné (Indispensables)

Ces ouvrages contiennent les plans de voies, les schémas des gares (Jarrie, Vizille) et les photos prouvant le système de traction.

  • HUTTER, Joseph. Les Voies Ferrées du Dauphiné. Édité à compte d’auteur (ou rééditions diverses), 1971.

    • Pourquoi ce livre : Joseph Hutter est le père de l’historiographie des VFD. C’est la source primaire technique. Il détaille le matériel roulant et l’infrastructure.

  • ALLEMAN, Dominique et BOUILLIN, Patrice. Le Tramway de Grenoble à Chapareillan et les V.F.D.. Éditions Presses et Éditions Ferroviaires, 1985 (ou éditions du Cabri selon les volumes).

    • Pourquoi ce livre : Patrice Bouillin est la référence absolue pour l’iconographie régionale. Vous y trouverez certainement des photos du tronçon à 3 rails avec les convois mixtes.

  • DOMENGIE, Henri. Les petits trains de jadis – Sud-Est de la France. Éditions du Cabri, 1985.

    • Pourquoi ce livre : Pour remettre la ligne de Vizille dans le contexte du réseau secondaire français. Domengie est très rigoureux sur les dates de fermeture et les caractéristiques techniques (longueur des tronçons à 3 rails).

2. Revues Spécialisées (Pour les détails d’exploitation)

Les revues ferroviaires contiennent souvent des témoignages d’anciens cheminots et des analyses pointues sur le “tamponnement”.

  • Revue de la FACS (Fédération des Amis des Chemins de fer Secondaires). Chemins de Fer Régionaux et Urbains.

    • Recherchez les numéros consacrés aux réseaux de l’Isère. Ils contiennent souvent des plans de voies (track plans) qui montreraient définitivement où les rails étaient imbriqués et où ils étaient séparés.

  • La Vie du Rail.

    • Consultez les archives des années 1950-1960 (époque de la fermeture progressive) pour des articles sur la desserte industrielle de Vizille.

3. Histoire Industrielle et Locale (Le “Pourquoi”)

Pour justifier l’existence de cette voie complexe (le transport du charbon et du papier).

  • CAYOL, Pierre. Vizille et ses environs : histoire et patrimoine. (Ouvrages locaux).

  • Archives Départementales de l’Isère (ADI).

    • Série S (Travaux publics et transports).

    • Conseil : Si vous pouvez citer une cote d’archive précise (ex: “ADI, Série 5S…”), votre crédibilité d’historien monte en flèche. Cherchez les dossiers “Embranchements particuliers” ou “Gare de Vizille-Terrasse”.

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Galerie Photos

Utilisez les touches de direction pour faire défiler les photos

 

Note

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C’est une notification en quelque sorte.

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Travaux sur la Voie VFD en Isère : Le Renforcement pour le Fret Industriel

Photo des travaux sur la ligne VFT en janvier 1999. Une nouvelle section de voie ferrée est posée sur le ballast à côté d'un autopont, en attente de raccordement.

Travaux sur la Voie VFD en Isère : Le Renforcement pour le Fret Industriel

De la construction à l’entretien, le labeur quotidien des cantonniers et des équipes de voie du Dauphiné.

L’imaginaire ferroviaire est dominé par la puissance des locomotives et la vitesse des convois. Pourtant, la pérennité et la sécurité d’un réseau reposent entièrement sur un élément plus discret mais fondamental : la voie. Son état n’est pas un acquis mais le fruit d’un labeur constant, souvent pénible, celui des cantonniers et des équipes de pose. À travers une iconographie riche et souvent inédite, cet article propose de mettre en lumière ce travail de l’ombre sur le réseau des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD). Il explore les techniques, les outils et les conditions de travail de ces hommes qui furent, littéralement, les piliers de l’exploitation.

Informations pratiques

Catégorie Description
Événement Documenté Chantier de Renouvellement Voie Ballast (RVB) sur la ligne de Jarrie à Vizille.
Ligne Concernée Ligne de Jarrie à Vizille-Terrasse (ancienne ligne PLM / SNCF).
Date des Travaux 1999 2000
Caractéristiques de la Ligne • Écartement : Voie normale (1435 mm)

• Type : Ligne à voie unique.

• Statut à l’époque (1999) : Ligne exploitée, principalement pour le trafic de marchandises (Fret), desservant les industries locales.

Nature des Travaux Décrits Opération de maintenance lourde consistant à remplacer entièrement les composants de la voie :

Dépose des anciens rails et traverses en bois.

Nivellement et préparation de la plateforme de ballast.

Pose de matériel neuf (traverses en bois, rails).

Objectif du Chantier de 1999 • Moderniser l’infrastructure pour garantir sa pérennité.

Améliorer la sécurité des circulations.

• Permettre le maintien de l’exploitation Fret vers les sites industriels de la vallée de la Romanche.

État Actuel de la Ligne Au-delà de l’article de 1999 : Bien que modernisée à cette époque, la ligne a vu son trafic Fret cesser dans les années suivantes. Elle est aujourd’hui non exploitée et neutralisée.
Intérêt Patrimonial du Document L’article est un témoignage photographique rare d’un chantier ferroviaire significatif. Il capture un moment précis de la vie de cette ligne industrielle, entre son apogée et son abandon final, illustrant les efforts consentis à l’époque pour la maintenir en état.

L’Autopont de Jarrie : Souvenir d’un Géant de Métal et d’une Voie Ferrée Oubliée

Pour les habitants de l’Isère qui empruntaient la Route Napoléon à la fin du 20ème siècle, l’autopont de Basse-Jarrie était une figure familière. Construit dans les années 70, cet ouvrage métallique a marqué le paysage pendant des décennies avant de disparaître en 1999, entraînant dans sa chute le destin d’une petite ligne ferroviaire industrielle.

Un Ouvrage Emblématique mais Dangereux

Situé sur la Route Nationale 85 (RN85), l’autopont de Basse-Jarrie permettait de franchir la Route Départementale 5 (RD5) et la voie ferrée entre les communes de Champagnier et de Jarrie.

Cependant, sa réputation n’était pas sans tache. Je me souviens parfaitement de ce pont métallique, et chacun savait qu’il fallait l’aborder avec prudence. L’hiver, sa proximité avec la Romanche le transformait en véritable piège : la neige et le verglas s’y formaient avec une facilité déconcertante, bloquant régulièrement les automobilistes les moins préparés. Vieillissant et devenu inadapté au trafic moderne, ses jours étaient comptés.

1999 : La Fin de l’Autopont et une Conséquence Inattendue

Pour améliorer la sécurité et la fluidité du trafic, une déviation de la RN85 fut mise en service en 1999. Cette nouvelle section prit alors le nom de RD1085d.

Mais ce chantier majeur a eu un dommage collatéral radical : la coupure nette de la ligne ferroviaire des VFT (Voies Ferrées du Dauphiné), bloquant tout leur trafic entre la gare de Jarrie et leurs installations de Vizille Terrasse.

Contexte Industriel

Cette ligne assurait le transport des voyageurs, mais elle était surtout essentielle à celui des marchandises. En effet, elle permettait à la fois d’alimenter en matières premières les industries de la vallée de la Romanche et d’évacuer la production de leurs usines.

Construite en 1893, la ligne ferma au service voyageurs en 1946, puis au transport de fret en 1951.

Elle fut ensuite reprise pour du transport combiné rail-route, d’abord par son exploitant historique, les VFT, puis par la société VFD.

Faisant initialement partie du réseau national de la PLM, la ligne de Jarrie à Vizille fut par la suite exploitée par les VFT pour la desserte industrielle locale, créant ainsi un lien indispensable entre le réseau national et les usines de la vallée.

La Voie Ferrée des VFT : Une Ligne Industrielle au Destin Mouvementé

Cette ligne, bien que modeste, jouait un rôle économique local important.

  • Sa mission : Elle permettait à la société VFT de récupérer des wagons de matériaux en vrac (destinés aux entreprises de la vallée de la Romanche) en gare de Jarrie pour les acheminer jusqu’à son dépôt de Vizille Terrasse.

  • Son histoire : La voie, construite en bord de route, a connu une existence difficile. Son état précaire a provoqué de nombreux déraillements. Heureusement sans gravité, les équipes d’intervention remettaient le matériel sur les rails et le convoi reprenait sa marche.

  • Sa fin : La construction de la déviation a nécessité de reconstruire pas moins de 750 mètres de voie ferrée. Cependant, la coupure a marqué la fin du trafic ferroviaire pour VFT, qui s’est alors reporté intégralement sur le transport par camion.

Aujourd’hui, la circulation sur la RD1085d est plus sûre et plus fluide. Mais ce progrès s’est fait au prix de la disparition de deux éléments du paysage local : un autopont redouté et une ligne de chemin de fer industrielle qui racontait une autre époque du transport en Isère.

Photo historique en noir et blanc de 1981. Un petit locotracteur de manœuvre, le T15, est positionné sur l'une des nombreuses voies du faisceau de triage de la gare de Jarrie. À côté et derrière lui, plusieurs wagons-tombereaux vides attendent d'être assemblés en un convoi. L'environnement est purement ferroviaire et industriel.

Préparation d’une desserte industrielle : le T15 des VFD se positionne sur les voies de service de Jarrie pour former sa rame, 1981.

Souvenir personnel

Je me souviens très bien d’un voyage que j’ai fait sur ce tronçon de ligne à la fin des années 90. J’étais à bord de leur motrice diesel, en route pour aller chercher un convoi de trémies en gare de Jarrie.

Seul le conducteur était à bord du locotracteur. Au départ de Vizille, il a dû descendre pour fermer manuellement le passage à niveau nous permettant d’accéder à la gare de Jarrie. Une fois la route franchie, il a relevé les barrières pour rétablir la circulation.

En gare de Jarrie, des cheminots l’attendaient et lui ont donné un coup de main pour atteler le locotracteur au convoi et raccorder la rame.

Le retour vers Vizille a suivi le même rituel : il a fallu de nouveau fermer la barrière, laisser passer tout le convoi, puis la rouvrir. Nous avons ensuite continué notre route à une vitesse très réduite, non seulement parce que nous n’étions plus à vide, mais aussi en raison de l’état très moyen de la voie.

Ce fut pour moi une expérience inoubliable.

Photographie historique datant de 1981. On y voit un locotracteur diesel T15, de petite taille, tractant une rame de plusieurs wagons-tombereaux vides ou chargés de matériaux. Le convoi ferroviaire est en train de franchir un passage à niveau dont les barrières sont abaissées, coupant la circulation sur une route goudronnée. En arrière-plan, on devine l'environnement d'une gare ferroviaire.

Témoignage de la desserte industrielle de la vallée de la Romanche, le locotracteur T15 des VFD et son train de marchandises quittent la gare de Jarrie pour Vizille. Année 1981.

Chantier de la déviation de Vizille vue vers Jarrie en novembre 1999. La plateforme en terre est terminée mais la voie ferrée et la route ne sont pas encore construites.

Le chantier de la déviation vu depuis Vizille en direction de Jarrie, en novembre 1999. Six mois après la photo précédente, le terrassement est achevé, mais la plateforme attend toujours la pose de la voie ferrée et le goudronnage de la route.

Chantier de la déviation de Jarrie en mai 1999. La route est une piste en terre non goudronnée et la voie ferrée n'est pas encore posée.

Vue des travaux depuis Jarrie en direction de Vizille, en mai 1999. À ce stade, le terrassement de la déviation est achevé, mais la plateforme attend encore d’être goudronnée et de recevoir la nouvelle voie ferrée.

Vue depuis Jarrie de la voie ferrée VFT après les travaux de renouvellement de juillet 2001. La voie est raccordée et posée sur un ballast neuf.

Vue depuis Jarrie en regardant l’autopont en juillet 2001, montrant le résultat des travaux de renouvellement. La nouvelle voie des VFT est désormais entièrement raccordée au réseau et prête à être mise en service.

Photo des travaux de renouvellement de la voie des VFT en juillet 2001. Une section de voie ferrée est posée sur le ballast à côté d'un autopont.

Instantané des importants travaux de renouvellement de la ligne en juillet 2001. On distingue ici une section de la nouvelle voie des VFT (Voies Ferrées du Dauphiné), déjà assemblée et positionnée à côté de l’autopont.

Foire Aux Questions (FAQ) sur la ligne VFD Vizille – Bourg d’Oisans

Cette ligne de tramway électrique était une artère vitale du réseau VFD. Son but était de relier le bassin grenoblois (depuis Vizille) à la vallée de la Romanche jusqu’à Bourg d’Oisans. Elle desservait les puissantes usines hydroélectriques et électrochimiques de la vallée (Rioupéroux, Livet-et-Gavet) et transportait à la fois des marchandises industrielles, des ouvriers, des habitants et les premiers touristes se rendant dans l’Oisans.

Oui, et de manière intensive. Ouverte en 1893, elle fut un pilier du développement industriel de la vallée de la Romanche, surnommée la “vallée aux cent usines”, à l’époque de la “Houille Blanche”.

Comme beaucoup de lignes de chemin de fer secondaires en France, elle a subi la concurrence croissante de la route après la Seconde Guerre mondiale. Les bus pour les voyageurs et les camions pour les marchandises, plus flexibles, ont progressivement rendu le tramway moins rentable. Le service voyageurs a cessé en 1946 et la ligne a été définitivement fermée à tout trafic dans les années 1960.

Oui, de nombreuses traces subsistent pour un œil averti. Les vestiges les plus évidents sont les anciennes gares qui existent toujours dans plusieurs villages (comme à Rioupéroux ou Livet). Le long de la route départementale D1091, qui suit souvent le tracé de l’ancienne voie, on peut également apercevoir des tunnels, des murs de soutènement et des piles de ponts qui témoignent du passage du tramway.

Poursuivez votre exploration

“Cette initiative de sauvegarde est une excellente nouvelle pour le patrimoine ferroviaire de notre région.”

 “Ce tronçon appartenait à la ligne Grenoble-Vizille du vaste réseau des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD).”

Sources et sites officiels

“Ce travail de préservation remarquable est mené par les bénévoles passionnés de lassociation grenobloise Standard 216.”

“Pour comprendre l’ampleur et l’histoire de ce réseau qui maillait autrefois le Dauphiné, la page Wikipédia sur les Voies Ferrées du Dauphiné est une excellente ressource.”

“Le tronçon sauvegardé se situe sur la commune de Vaulnaveys-le-Haut, à proximité immédiate d’Uriage-les-Bains.”

“Cette voie restaurée pourrait devenir un nouvel point d’intérêt pour le tourisme de mémoire, comme le promeut l’Office de Tourisme de Grenoble-Alpes Métropole.”

Bibliographie

  1. Ouvrages Généraux sur les VFD et les Transports du Dauphiné :

    • GARDENT, Jean, et al.Les Tramways de l’Isère : Une histoire des transports en commun, Grenoble, Glénat, 1992.

      • Cet ouvrage de référence offre une vision complète des réseaux de tramways et chemins de fer secondaires en Isère, dont les VFD. Il est essentiel pour comprendre l’organisation du réseau, son matériel et son histoire économique et sociale.

    • ALLEMAND, Dominique et BOUILLIN, PatriceLes Voies Ferrées du Dauphiné, Grenoble, Glénat, 1999.

      • Spécifiquement dédié aux VFD, ce livre est une source iconographique et historique de premier plan. Il détaille l’histoire des différentes lignes, y compris les lignes industrielles comme celle de la Romanche mentionnée dans l’article.

  2. Ouvrages sur le Contexte des Chemins de Fer Secondaires en France :

    • BAUDOIN, L. M.Les Chemins de fer d’intérêt local en France, Paris, Imprimerie Nationale, 1953.

      • Bien que plus ancien, ce livre permet de replacer l’histoire des VFD dans le contexte national des chemins de fer secondaires, en expliquant les cadres réglementaires et économiques qui ont présidé à leur développement puis à leur déclin.

    • AMAR, GeorgesLe Grand Roman des Transports, Paris, Éditions de l’Aube, 2008.

      • Pour une perspective plus large sur l’évolution des politiques de transport en France, qui explique la concurrence de la route ayant mené à la fermeture de nombreuses lignes comme celles des VFD.

  3. Ressources en Ligne et Associations :

    • Page Wikipédia sur les Voies Ferrées du Dauphiné : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voies_ferr%C3%A9es_du_Dauphin%C3%A9

      • Mentionnée dans l’article, cette page constitue un excellent point de départ pour une vue d’ensemble du réseau, avec des informations sur les différentes lignes et leur chronologie.[1]

    • Association Standard 216 : https://standard216.com/

      • Également citée dans l’article, cette association de sauvegarde du patrimoine des transports en commun grenoblois peut détenir des archives, des documents iconographiques et des témoignages précieux sur l’exploitation des lignes VFD.[1]