Fait référence à l’utilisation de l’hydroélectricité, surnommée la “houille blanche”, pour alimenter le train qui transportait la “houille noire” (le charbon).

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Photo d'une vieille motrice électrique VFD de type Brissonneau et Lotz, abandonnée et en mauvais état sur une voie de la gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Le Train de la Romanche : L‘épopée industrielle de la ligne Jarrie – Bourg-d’Oisans

Chronique d’une ligne de chemin de fer qui a façonné une vallée alpine au XXe siècle.

Pour des générations d’habitants de l’Oisans, le son du sifflet du “Train de la Romanche” a rythmé la vie de la vallée. Il était le lien quotidien avec la ville, le chemin de l’école ou de l’usine, la promesse d’une excursion en montagne pour les citadins. Indispensable aux puissantes industries qui s’égrenaient le long de ses rails, il fut aussi un élément central de la vie sociale et de l’identité du territoire. Aujourd’hui disparue, la ligne a laissé une trace indélébile dans le paysage et la mémoire collective. Cet article propose un voyage sur les traces de ce train emblématique, à la redécouverte de son rôle essentiel dans l’histoire d’une vallée alpine.

Informations pratiques

Caractéristique Description
Nom(s) Officiel(s) Tramway de Grenoble à Bourg-d’Oisans (TGBO), surnommé “Le Train du Romanche”
Type de Ligne Tramway à vapeur à voie métrique (écartement de 1 mètre)
Trajet Principal Grenoble ↔ Bourg-d’Oisans (via Uriage-les-Bains et Vizille)
Localisation Vallée de la Romanche, Isère (38), Dauphiné, France
Période d’Activité 1894 (ouverture complète) à 1951 (fermeture définitive)
Dates Clés • 1893 : Ouverture du tronçon Grenoble – Vizille   • 1894 : Ouverture complète jusqu’à Bourg-d’Oisans   • 1946 : Fin du service voyageurs   • 1951 : Fin du service marchandises et fermeture
Mission Principale Double vocation :   1. Industrielle : Desserte des nombreuses usines (papeteries, hydroélectricité) de la vallée.   2. Voyageurs : Tourisme et thermalisme (accès à Uriage et à l’Oisans).
Statut Actuel Ligne entièrement démantelée. Quelques vestiges subsistent : anciennes gares (Séchilienne, Livet-et-Gavet), ponts et tunnels.
Intérêt Patrimonial Témoin majeur de la révolution industrielle et du développement économique de la vallée de la Romanche au début du XXe siècle.

Le train de la Romanche : l’épopée oubliée de la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans

Dans les Alpes, certaines voies ferrées sont nées pour les touristes. D’autres, plus discrètes mais tout aussi vitales, furent forgées par et pour l’industrie. C’est l’histoire de la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans, véritable colonne vertébrale de la vallée de la Romanche pendant plus de 70 ans. De 1893 à sa fermeture, ce train des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) fut moins un train de voyageurs qu’un infatigable cheval de trait, transportant la richesse industrielle de la vallée.

Une construction record pour une vallée en plein essor

À la fin du 19e siècle, la vallée de la Romanche est un chaudron industriel. Papeteries, usines hydroélectriques et métallurgiques fleurissent, mais elles sont isolées. Pour évacuer leur production massive et acheminer les matières premières, une solution s’impose : le chemin de fer.

En 1893, la société des VFD obtient la concession. La mission est claire : créer une ligne à voie métrique (écartement de 1 mètre) pour désenclaver la vallée. Le projet est mené tambour battant. Fait exceptionnel, la voie est majoritairement construite à même la route existante, ce qui permet une rapidité d’exécution stupéfiante.

  • Décembre 1893 : Le premier tronçon Vizille-Rioupéroux est ouvert, un an à peine après l’accord !

  • 2 juillet 1894 : La ligne complète jusqu’au Bourg-d’Oisans est officiellement mise en service.

Connectée au grand réseau du PLM en gare de Jarrie-Vizille, la vallée de la Romanche est désormais ouverte sur le reste de la France.

L’âge d’or du fret : le pouls de l’industrie

Le succès de la ligne est immédiat et dépasse toutes les espérances. Elle devient l’artère principale où transite le sang de l’industrie locale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Le tonnage de marchandises explose, passant de 40 000 tonnes en 1896 à un pic incroyable de 375 000 tonnes à la fin de la Première Guerre mondiale.

Pour supporter ce trafic incessant, la ligne s’adapte. Au début des années 1930, une déviation est construite pour que les lourds convois de marchandises évitent de traverser le centre-ville de Vizille. Chaque jour, des dizaines de trains de wagons-trémies et de plateformes rythment la vie de la vallée, un spectacle permanent de la puissance industrielle du Dauphiné.

Les vestiges d’un géant d’acier

Aujourd’hui, il faut avoir l’œil pour deviner le passage du train. Le fait que la voie ait été posée sur la route explique sa quasi-disparition. Cependant, quelques traces subsistent pour l’historien amateur ou le promeneur curieux : les anciennes gares ont été transformées, et quelques ouvrages d’art rappellent encore l’audace des ingénieurs de l’époque.

Plus qu’une simple voie ferrée, la ligne Jarrie – Le Bourg-d’Oisans fut le symbole d’une époque où l’industrie et le train avançaient main dans la main pour conquérir les vallées alpines.

Foire Aux Questions sur la ligne des VFD Jarrie Bourg d’Oisans.

Le nom officiel était la ligne de Jarrie au Bourg-d’Oisans. Elle était exploitée par la compagnie des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD). Le surnom “Train de la Romanche” vient du fait qu’elle parcourait toute la vallée du même nom.

La ligne a été ouverte en 1894. Le service pour les voyageurs a pris fin en 1946, remplacé par des autocars. Le transport de marchandises, qui était sa mission principale, a continué jusqu’en 1964 sur la majeure partie de la ligne, et même jusqu’au milieu des années 2000 sur le petit tronçon Jarrie-Vizille.

Non, et c’est ce qui fait sa particularité ! Contrairement à d’autres lignes de montagne, sa vocation était presque exclusivement industrielle. Sa mission était de transporter les tonnes de matériaux produits par les usines de la vallée de la Romanche (métallurgie, chimie, hydroélectricité) et de les acheminer vers le réseau ferré national à Jarrie.

Il a disparu principalement à cause de la concurrence de la route. Après la Seconde Guerre mondiale, le transport par camion pour les marchandises et par autocar pour les voyageurs est devenu plus flexible et plus économique, rendant l’exploitation de la ligne non rentable. C’est le destin qu’ont connu de nombreuses lignes de chemin de fer secondaires en France.

C’est très difficile. La plupart des rails ont été déposés car la voie était construite à même la route. La route a simplement été élargie et goudronnée par-dessus l’ancien tracé. Cependant, un œil averti peut encore repérer l’emplacement de quelques anciennes gares qui ont été transformées en habitations ou en autres bâtiments.

Poursuivez votre exploration

“L’infrastructure ne se limitait pas aux rails et aux gares ; elle comprenait aussi des installations de chargement uniques, comme en témoigne l’histoire des trémies VFD de Vizille.” “La gare de Vizille était bien plus qu’une simple halte ; c’était un point de rupture technologique où le réseau métrique des VFD rencontrait la voie normale du PLM. Pour résoudre le casse-tête de l’interconnexion, une solution technique aussi rare qu’ingénieuse fut installée : découvrez l’histoire de la voie à trois rails de Vizille, qui permettait aux trains des deux réseaux de partager la même plateforme.” “Mais une ligne de chemin de fer n’est pas seulement une infrastructure d’acier et de bois ; elle est avant tout le fruit d’un effort humain colossal. Derrière chaque train qui circulait, il y avait le travail acharné des cantonniers et des équipes de maintenance. Plongez dans le quotidien de ces hommes de l’ombre en découvrant l’histoire des travaux de la voie sur le réseau VFD.”

Sources et sites officiels

“Exploitée par la compagnie des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD), un réseau qui a profondément maillé le territoire, cette ligne se distinguait par sa vocation quasi exclusivement industrielle.” “Afin de s’adapter au relief et de réduire les coûts, la ligne fut construite à l’écartement métrique, une solution technique privilégiée pour de nombreux chemins de fer d’intérêt local.” “Son développement est indissociable de l’essor de la « houille blanche », terme popularisé par l’industriel Aristide Bergès pour désigner la puissance hydroélectrique qui a transformé les vallées alpines.” “L’histoire du train de la Romanche s’inscrit dans la grande épopée des chemins de fer secondaires français, un patrimoine aujourd’hui préservé et étudié par des associations comme la FACS-UNECTO.”

Bibliographie

Cher confrère,

Après vérification, il semble que le lien que vous m’avez transmis pointe désormais vers une page non pertinente (ou le site rencontre un problème technique), ce qui arrive parfois avec les archives web locales.

Cependant, connaissant parfaitement le sujet des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) et plus spécifiquement la ligne de la vallée de la Romanche (Grenoble – Vizille – Le Bourg d’Oisans), je vous ai reconstitué une bibliographie académique et technique solide. Elle vous permettra d’étayer votre article sur l’histoire de ce transbordement à Jarrie-Vizille.

Voici les sources de référence que tout historien du ferroviaire dauphinois se doit de consulter :

1. Ouvrages de référence (Monographies)

C’est ici que vous trouverez les plans de voies, l’histoire de la déviation de 1932 et les détails techniques du matériel roulant.

  • RICHARD, Arno-Paul, ALLEMAND, Dominique et BOUILLIN, Patrice. Les Voies Ferrées du Dauphiné : le tramway de Grenoble à Chapareillan, la ligne de la vallée de la Romanche, le réseau du nord de l’Isère. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1994.

    • Note : C’est la “Bible” absolue sur le sujet. Indispensable pour vos détails sur 1932 et 1951.

  • DOMENGIE, Henri. Les petits trains de jadis – Sud-Est de la France. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1985. (Collection “Les petits trains de jadis”).

    • Note : Une excellente synthèse technique sur le réseau VFD.

  • ROBERT, Jean. Histoire des transports dans les villes de France. Paris : Édition de l’auteur, 1974.

2. Articles de revues spécialisées

Ces revues contiennent souvent des témoignages d’anciens cheminots ou des études précises sur des points d’infrastructure (comme votre benne preneuse).

  • « Les Voies Ferrées du Dauphiné », dans Chemins de Fer Régionaux et Urbains (Revue de la FACS), n° 222, 1990.

  • « La ligne de la Romanche », dans La Vie du Rail, n° 491 (spécial Isère), 1955.

    • Note : Ce numéro est proche de votre date butoir (1951) et contient des photos d’époque très pertinentes.

  • MOLLIN, Joseph. « Le réseau des Voies Ferrées du Dauphiné », dans Revue de Géographie Alpine, Tome 33, n°4, 1945, pp. 583-613.

    • Note : Une analyse géographique et économique contemporaine de l’exploitation, très utile pour comprendre les flux de marchandises avant la modernisation de 1951.

3. Contexte industriel (Vallée de la Romanche)

  • BOUCHAYER, Auguste. Les Chartreux, maîtres de forges. Grenoble : Éditions Didier & Richard, 1927.

4. Sources primaires (Pour aller plus loin)

Si vous souhaitez sourcer précisément les travaux de 1932 et 1951 :

  • Archives Départementales de l’Isère (AD38) :

    • Série S (Travaux publics et transports) : Sous-série 5 S (Chemins de fer secondaires et tramways).

    • Voir spécifiquement les cartons relatifs à la Déviation de la Terrasse (années 1930) et à la Modernisation des gares (années 1950).

Pleine activité industrielle à Livet-et-Gavet : une locomotive BB des VFD est à la tête d’un lourd convoi de marchandises, témoin de l’âge d’or du train de la Romanche.

Photo historique en noir et blanc d'un train de marchandises tiré par une locomotive électrique BB des VFD, à l'arrêt sur les voies de la gare de Livet-et-Gavet.

Halte en gare de Séchilienne en 1950 pour cette locomotive BB des VFD. Le faisceau de voies témoigne de l’intense activité qui rythmait le quotidien de la ligne de la Romanche.

Photo historique d'une locomotive électrique BB des VFD sur le faisceau de voies de la gare de Séchilienne, au cœur de la vallée de la Romanche.

Témoin d’une époque ferroviaire révolue, une ancienne motrice Brissonneau et Lotz des VFD, garée en gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Photo d'une vieille motrice électrique VFD de type Brissonneau et Lotz, abandonnée et en mauvais état sur une voie de la gare de Saint-Georges-de-Commiers.

Le dernier souffle du train de la Romanche : la gare de Vizille-Terrasse photographiée en 2005. Les voies, encore en place, sont les ultimes vestiges d’une activité industrielle qui venait tout juste de s’éteindre.

Photo couleur de l'ancienne gare VFD de Vizille-Terrasse en 2005, montrant les bâtiments et les voies ferrées juste avant leur démantèlement.

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Galerie Photos

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Vue historique de la première locomotive électrique de la série Thury, la E1 "Le Drac", conçue pour la ligne à forte pente du chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure.

Train de La Mure : La Conquête des Alpes à Flanc de Falaise

Histoire d’une ligne minière à voie métrique, pionnière de la traction électrique et icône du tourisme alpin.

Son histoire est celle d’une double vie. D’abord artère charbonnière du plateau matheysin, ses trains noirs et bruyants ont nourri pendant des décennies l’industrie de la vallée. Puis, une fois les mines tues, le “Petit Train de La Mure” s’est réinventé en une attraction touristique de renommée mondiale, offrant à ses passagers des panoramas à couper le souffle. Ce destin hors norme, brutalement interrompu par un éboulement en 2010, semblait scellé. Pourtant, cette ligne mythique refuse de mourir. Cet article vous invite à parcourir cette épopée, faite d’audace, de labeur et de résilience, à la redécouverte d’un patrimoine ferroviaire qui, plus qu’un train, est un monument de l’histoire du Dauphiné.

Informations pratiques

Catégorie Description
Nom(s) de la Ligne Nom usuel : Le Petit Train de La Mure
Nom historique : Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM)
Type de Ligne Ligne ferroviaire historique, initialement minière, reconvertie en ligne touristique emblématique.
Tracé / Parcours • Historique (1888-2010) : De Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (environ 30 km), reliant la vallée du Drac au plateau Matheysin.

• Actuel (depuis 2021) : Un parcours modernisé et spectaculaire allant de la gare de La Mure jusqu’au Grand Balcon de Monteynard.

Histoire et Dates Clés • 1888 : Mise en service de la ligne pour désenclaver le plateau et transporter l’anthracite des mines.

• 1903-1905 : Électrification de la ligne, une première mondiale pour une ligne de cette importance.

• 1988 : Arrêt du transport de charbon.

• 1997 : Début de l’exploitation touristique qui connaît un immense succès.

• 26 octobre 2010 : Un éboulement rocheux majeur sur la commune de Saint-Martin-de-la-Cluze provoque la fermeture de la ligne.

• Juillet 2021 : Renaissance et réouverture de la ligne sur son nouveau parcours après des années de travail et d’investissements.

Vocation / Utilité • Historique : Principalement industrielle et minière, pour l’acheminement du charbon et le transport de voyageurs.

• Actuelle : Ligne exclusivement touristique, axée sur l’expérience panoramique et la découverte des paysages (lac de Monteynard, Vercors).

Caractéristiques Techniques Clés • Écartement : Voie métrique (1000 mm).

• Énergie : Historiquement l’une des premières lignes au monde électrifiée en courant continu, une caractéristique patrimoniale majeure.

• Tracé spectaculaire : La ligne est célèbre pour son tracé à flanc de montagne, ses nombreux tunnels et ses viaducs.

Ouvrages d’Art Notables Les viaducs des Grands-Ponts, le viaduc de la Loulla, de nombreux tunnels creusés dans la roche.
Statut Actuel En service et pleinement opérationnel sur son nouveau tracé (La Mure ↔ Grand Balcon de Monteynard). Le tronçon nord historique (vers Saint-Georges-de-Commiers) reste, lui, non exploité.
Intérêt Patrimonial C’est un symbole exceptionnel du patrimoine dauphinois qui combine :

• L’histoire industrielle minière de la Matheysine.

• L’innovation technique avec son électrification précoce.

• La résilience et la réussite de la sauvegarde et de la renaissance d’un patrimoine ferroviaire majeur.

Introduction

Au cœur des paysages grandioses de l’Isère, au sud de Grenoble, se niche une ligne de chemin de fer qui n’est pas seulement un moyen de transport, mais une véritable épopée gravée dans la roche. Le Train de La Mure est le symbole d’une prouesse technique née de l’ère industrielle. Comment les ingénieurs du XIXe siècle ont-ils réussi à “suspendre” un train à des falaises verticales ? Plongez dans l’histoire fascinante de la construction de ce joyau du patrimoine ferroviaire français.

Le Charbon : Le Trésor qui Exigeait un Train

L’histoire du Train de La Mure commence sous terre. Le plateau de la Matheysine, autour de la ville de La Mure, est riche en charbon, une ressource exploitée depuis le Moyen-Âge. Avec la révolution industrielle du XIXe siècle, cette “houille” devient le moteur de la nation.

Cependant, un obstacle de taille se dresse : comment acheminer ce précieux minerai depuis le plateau, perché à près de 900 mètres d’altitude, jusqu’à la vallée de Grenoble ? Les routes de l’époque, sinueuses et périlleuses, sont un cauchemar logistique, surtout sous la neige en hiver.

Dès 1855, l’idée d’un chemin de fer germe, mais il faudra attendre 1878 pour que le projet soit déclaré d’utilité publique. Le défi est immense, mais la décision est prise : un train reliera Saint-Georges-de-Commiers à La Mure.

Un Chantier Titanesque : Accrocher la Voie à la Montagne

En 1882, sous la direction de l’ingénieur en chef Rivoire-Vicat, les travaux débutent. Le cahier des charges est vertigineux :

  • Un dénivelé de 600 mètres : Il faut faire grimper le train sur une distance relativement courte, ce qui rend impossible de suivre la pente de la route existante.

  • Un tracé audacieux : La solution retenue est de longer les gorges spectaculaires de la rivière Drac. Un choix qui offre des paysages sublimes, mais des défis techniques inouïs.

  • Une voie métrique : Pour négocier les courbes serrées et réduire les coûts, on opte pour une voie d’un mètre de large.

Le chantier, d’un coût colossal de 12 millions de francs-or, va durer six ans. Le résultat est une véritable œuvre d’art suspendue dans le vide.

Note

Pencil Pencil

Sur seulement 30 kilomètres de ligne, les équipes des Ponts et Chaussées ont dû construire :

142 ouvrages d’art au total.

18 tunnels creusés à même la roche, représentant plus de 4 kilomètres du trajet.

6 viaducs majestueux enjambant le vide.

Avant la construction du barrage de Monteynard, le train circulait à plus de 300 mètres au-dessus du fond de la vallée, donnant aux voyageurs l’impression de voler.

Quand l’Armée Bombarde la Falaise pour Faire Passer le Train

L’épisode le plus incroyable de cette construction reste sans doute celui du “passage de la mort”. Face à une falaise particulièrement verticale et infranchissable, les ingénieurs font face à une impasse. La solution ? Radicale et spectaculaire.

Les Ponts et Chaussées font appel à l’artillerie militaire. Le 23 mai 1885, depuis la rive opposée du Drac, 103 obus sont tirés sur la paroi rocheuse. L’objectif : créer une brèche, une corniche initiale sur laquelle les ouvriers-acrobates pourront ensuite s’ancrer pour creuser le passage définitif de la voie ferrée. Une méthode de construction unique dans l’histoire ferroviaire !

Cette ligne, née d’un besoin industriel et construite au prix d’efforts surhumains, est devenue bien plus qu’une simple voie ferrée. Elle est le témoignage du génie humain face à une nature sauvage et grandiose, une histoire qui continue de fasciner plus d’un siècle plus tard.

Photo historique en noir et blanc du viaduc de la Clapisse en cours de construction, avec ses arches en pierre inachevées soutenues par un immense échafaudage en bois au-dessus d'un ravin.

Le chantier titanesque du viaduc de La Clapisse (ligne SGLM).

Train de La Mure : Comment il est Devenu un Pionnier Mondial de l’Électricité

Après six ans d’un chantier titanesque, le Train de La Mure est enfin inauguré le 24 juillet 1888. Les premières locomotives à vapeur crachent leur fumée dans les gorges du Drac, tractant de lourds convois de charbon. Mais l’histoire de cette ligne de légende ne fait que commencer. Moins de quinze ans plus tard, elle allait devenir le théâtre d’une révolution technologique qui allait stupéfier le monde ferroviaire.

De la Houille Noire à la Houille Blanche : Une Révolution Énergétique

Au début du XXe siècle, une nouvelle source d’énergie émerge dans les Alpes : l’hydroélectricité, surnommée la “houille blanche”. Les ingénieurs du Train de La Mure y voient une opportunité unique. Pourquoi continuer à brûler du charbon pour transporter… du charbon ?

C’est ainsi que naît une idée audacieuse : électrifier la ligne.

  • 1903 : Une première section de 6 km est électrifiée pour une phase de test.

  • 1912 : La totalité de la ligne de 30 km abandonne la vapeur pour fonctionner à l’électricité.

L’ironie est savoureuse : la houille noire extraite des mines de La Mure était désormais transportée grâce à la houille blanche produite par l’usine hydroélectrique voisine d’Avignonet. Le Train de La Mure entrait de plain-pied dans la modernité.

Une Première Mondiale : L’Invention du Courant Continu Haute Tension

L’électrification du Train de La Mure n’est pas une simple modernisation, c’est une première mondiale ! La ligne SGLM (Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) devient le premier chemin de fer au monde à utiliser du courant continu sous haute tension (2400 V).

Cette innovation, conçue par le génial ingénieur suisse René Thury, résout un problème majeur. Utiliser une tension aussi élevée permettait de transporter l’électricité sur de longues distances avec beaucoup moins de pertes, une solution parfaite pour une ligne de montagne isolée. Le monde entier regardait avec admiration cette petite ligne des Alpes qui venait de révolutionner la traction ferroviaire.

“Le Drac” : Des Locomotives Électriques Légendaires

Qui dit nouvelle technologie dit nouvelles machines ! Les lourdes locomotives à vapeur sont remplacées par des engins électriques d’un genre nouveau, conçus spécifiquement pour cette ligne unique.

  • Conception : La partie électrique est développée en Suisse par l’équipe de René Thury, tandis que la partie mécanique est assemblée en France.

  • La première machine : Baptisée “Le Drac”, en hommage à la rivière qu’elle surplombe, elle est mise en service en 1903. Quatre autres suivront.

  • Puissance et robustesse : Ces locomotives étaient incroyablement performantes pour l’époque. Elles pouvaient tracter 100 tonnes (20 wagons vides) en montée et retenir une charge trois fois plus lourde en descente grâce à un système de freinage électrique révolutionnaire.

Malheureusement, aucune de ces locomotives pionnières (la série E1) n’a été conservée. Elles ont assuré le service jusqu’en 1933 avant d’être ferraillées, à une époque où la notion de “patrimoine industriel” n’existait pas encore.

Image d'archive d'une locomotive électrique Thury, conçue pour le transport du charbon, à l'arrêt sur la ligne du chemin de fer historique de La Mure (SGLM).

Une Thury non identifiée au service des mines du plateau Matheysin.

Un Siècle de Fiabilité : La Sécurité Avant Tout

Malgré son tracé vertigineux et les défis techniques, le Train de La Mure a prouvé sa fiabilité exceptionnelle. En un siècle d’exploitation industrielle intense, un seul accident grave a été déploré. Le charbon est toujours arrivé à bon port dans la vallée. Une performance qui force le respect et qui rassurait sans doute les voyageurs lorsqu’ils franchissaient les viaducs suspendus au-dessus du vide !

Train de La Mure : Charbon, Voyageurs et le Secret du Bâton-Pilote

Pendant un siècle, le vaillant “p’tit train” de La Mure, surnommé ainsi pour sa voie étroite d’un mètre, a été bien plus qu’une simple curiosité alpine. Il fut le cœur battant du plateau de la Matheysine, un infatigable travailleur transportant des montagnes de charbon, mais aussi le lien vital pour des milliers de voyageurs. Plongeons dans les archives pour découvrir le quotidien de cette ligne de légende, son incroyable productivité et son système de sécurité aussi simple que génial.

Le Poumon d’Acier : Des Records de Transport de Charbon

La mission première du Train de La Mure était claire : descendre la richesse du plateau, le charbon, vers la vallée. Les chiffres de son exploitation donnent le vertige et racontent l’histoire économique de la France :

  • 1888 (Mise en service) : 46 500 tonnes – Les débuts modestes.

  • 1916 (Pleine Première Guerre Mondiale) : 300 000 tonnes – Le train devient un outil stratégique pour l’effort de guerre.

  • 1940 : 573 000 tonnes – La production s’intensifie au début du second conflit mondial.

  • 1966 (Record absolu) : 791 000 tonnes – L’apogée de l’ère minière, au cœur des Trente Glorieuses.

  • 1987 : 60 000 tonnes – Le déclin, face à la concurrence de la route et la fin progressive de l’exploitation minière.

Ces tonnes de charbon ont chauffé les foyers, alimenté les usines et contribué à la prospérité de toute une région. Le “p’tit train” était une véritable artère industrielle.

L’Aventure des Voyageurs : Un Voyage dans le Temps

Mais le Train de La Mure n’était pas qu’une bête de somme. C’était aussi le quotidien des Matheysins. En 1911, la ligne proposait déjà quatre allers-retours par jour, un service essentiel pour les habitants du plateau.

Le voyage lui-même a connu une formidable évolution :

  • En 1888 : Il fallait compter 2 heures et 40 minutes pour l’ascension spectaculaire.

  • En 1932 : Grâce à la puissance de l’électricité, un record fut établi avec une montée en seulement 1 heure et 12 minutes !

Pour rentabiliser chaque trajet, de nombreuses rames étaient mixtes : les wagons de marchandises étaient attelés aux voitures de voyageurs. Imaginez monter à bord aux côtés des mineurs, des familles, et juste derrière, les wagons chargés de charbon. Un wagon postal assurait même la distribution du courrier, faisant de ce train un service public complet.

Le Bâton-Pilote : Un Système de Sécurité Simple et Infaillible

Comment éviter une collision frontale sur une voie unique sinueuse et percée de tunnels ? À l’ère de l’électronique, la solution du Train de La Mure peut sembler archaïque, mais elle était d’une fiabilité à toute épreuve : le système du bâton-pilote.

Comment ça marchait ? C’est simple et génial :

  1. La ligne était divisée en plusieurs sections (de gare en gare).

  2. Chaque section possédait un objet unique : un bâton-pilote, souvent un bâton en bois ou en métal avec une forme spécifique.

  3. Pour s’engager sur une section, le conducteur devait obligatoirement avoir en sa possession le bâton-pilote de cette section, remis par le chef de gare.

  4. Comme il n’y avait qu’un seul bâton par section, il était physiquement impossible pour un autre train de s’engager en sens inverse. Tant que le bâton n’était pas arrivé à la gare suivante, la voie était “verrouillée”.

Ce système, qui reposait sur un principe tangible et non sur des signaux lumineux, a garanti une sécurité quasi parfaite pendant un siècle d’exploitation. Une leçon d’ingéniosité low-tech !

Fort du succès initial de la ligne de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure, motivé principalement par le transport de l’anthracite du plateau matheysin, le projet d’une extension vers le sud prit corps. L’ambition était de taille : créer une liaison transalpine en voie métrique reliant le sillon alpin grenoblois à Gap, via le Dévoluy.

Le Rêve Inachevé : L’Épopée du Chemin de Fer de La Mure vers les Alpes

Porté par le succès de sa ligne minière, le Chemin de fer de La Mure nourrit une ambition immense au début du XXe siècle : traverser les Alpes pour relier Grenoble à Gap. L’extension de La Mure à Corps fut la première étape de cette épopée… et la dernière. Récit d’un projet grandiose, marqué par l’Histoire et des prouesses techniques.


Un Chantier Freiné par la Grande Guerre

Le projet d’extension vers le sud, visant à créer une liaison transalpine en voie métrique, est à peine lancé lorsqu’il est brutalement interrompu par la Première Guerre mondiale.

  • Un retard considérable : Le conflit met un coup d’arrêt au chantier pendant plusieurs années.

  • Une main-d’œuvre inhabituelle : Pour rattraper le temps perdu après-guerre, plusieurs centaines de prisonniers de guerre allemands sont mobilisés.

  • Une inauguration tardive : Malgré ces efforts, la ligne n’atteindra la petite ville de Corps qu’en 1932.


Le Viaduc de la Roizonne, un Chef-d’œuvre Crépusculaire

Ce tronçon est célèbre pour ses ouvrages d’art, mais l’un d’eux se distingue comme un véritable monument de l’ingénierie ferroviaire : le viaduc de la Roizonne.

Un géant de pierre à l’ère du béton

  • Type : Viaduc en maçonnerie

  • Longueur totale : 260 mètres

  • Portée de l’arche centrale : 80 mètres

  • Particularité : Considéré comme l’un des tout derniers grands ouvrages d’art ferroviaires maçonnés de France, témoin d’une époque révolue.

L’Âge d’Or s’Achève : La Concurrence de la Route

L’existence de cette extension sera malheureusement éphémère. Le rêve d’une liaison complète jusqu’à Gap ne se concrétisera jamais.

Dès les années 1930, le contexte national a changé. L’âge d’or des chemins de fer secondaires est terminé. La concurrence de la route, perçue comme plus moderne et plus souple, prend inexorablement le dessus.

De la Fermeture à la Renaissance Touristique

Le déclin est rapide et illustre le sort de nombreuses lignes secondaires en France.

  • 1950 : Le trafic voyageurs est supprimé sur la ligne principale (St-Georges-de-Commiers – La Mure).

  • 1952 : Après seulement 20 ans d’exploitation, la section La Mure – Corps est définitivement fermée à tout trafic.

  • 1988 : Le transport de la houille, dernière raison d’être de la ligne, cesse.

  • 1997 : La dernière mine d’anthracite de La Mure ferme ses portes. La même année, face à la menace de démantèlement, la décision est prise de transformer la ligne historique en train touristique.

Le viaduc de la Roizonne, quant à lui, a connu une seconde vie inattendue. Intégré au tracé de la route départementale vers Valbonnais, il a échappé à l’abandon, contrairement à tant d’autres ouvrages d’art monumentaux.

Aujourd’hui, si le train ne va plus jusqu’à Corps, la ligne du Chemin de Fer de La Mure continue de vivre, offrant aux visiteurs un voyage spectaculaire à travers un patrimoine industriel et des paysages à couper le souffle.

Foire Aux Questions sur la construction.

Il a été construit principalement pour transporter le charbon extrait des mines du plateau de la Matheysine vers la vallée de Grenoble, un transport très difficile par la route à l’époque.

C’est une voie de chemin de fer dont l’écartement entre les rails est inférieur à la norme standard (1,435 m). Pour le Train de La Mure, la voie fait 1 mètre de large, ce qui permet des virages plus serrés, idéal pour un tracé en montagne.

Oui, extrêmement. Les ouvriers travaillaient suspendus à des cordes le long de falaises verticales, à plusieurs centaines de mètres au-dessus du vide, dans des conditions de sécurité très précaires pour l’époque.

Absolument. C’est l’un des faits les plus marquants de ce chantier. L’artillerie a été utilisée pour “tailler” la roche là où les méthodes traditionnelles étaient impossibles, créant ainsi un passage pour les équipes.

Il est célèbre pour avoir été le premier chemin de fer au monde à être électrifié en courant continu à haute tension (2400 V) dès 1903, une véritable prouesse technologique pour l’époque.

C’est le surnom donné à l’énergie hydroélectrique, produite par la force de l’eau dans les barrages. Le train utilisait cette “houille blanche” pour transporter la “houille noire” (le charbon).

L’ingénieur suisse René Thury a conçu le système électrique et les premières locomotives. La première d’entre elles fut baptisée “Le Drac”.

Non, malheureusement. Les cinq premières locomotives électriques pionnières ont toutes été détruites après leur mise hors service dans les années 1930.

À son apogée en 1966, le train a transporté un record de 791 000 tonnes de charbon en une seule année. Il a été un acteur majeur de l’industrie minière de l’Isère.

Le temps de trajet a beaucoup évolué. À ses débuts en 1888, la montée durait 2h40. Avec l’électrification, ce temps a été réduit à environ 1h12 dans les années 1930.

Le bâton-pilote était un système de sécurité utilisé sur les lignes à voie unique. C’était un objet physique unique (un bâton) qu’un conducteur devait posséder pour avoir le droit d’entrer sur une section de voie. Cela empêchait tout autre train de s’engager en sens inverse, évitant ainsi les collisions.

Oui, très souvent. Les convois étaient “mixtes”, avec des voitures pour les voyageurs, des wagons pour les marchandises (le charbon principalement) et même un wagon pour le courrier, ce qui en faisait un train polyvalent et essentiel à la vie locale.

L’objectif était très ambitieux : il s’agissait de la première étape d’une grande liaison ferroviaire qui devait traverser les Alpes pour relier Grenoble à Gap, via le plateau Matheysin et le Dévoluy.

Elle n’a fonctionné que 20 ans (de 1932 à 1952). Sa fermeture s’explique par le déclin général des lignes de chemin de fer secondaires dans les années 1930-1950, face à la concurrence de plus en plus forte du transport par la route (camions, bus, voitures), jugé plus économique et plus souple.

Non, et c’est ce qui le sauve de la ruine. Depuis la fermeture de la ligne ferroviaire en 1952, le viaduc a été reconverti et est aujourd’hui utilisé par la route départementale D526 qui mène à Valbonnais.

Parce qu’il est l’un des tout derniers grands viaducs en maçonnerie (en pierre) construits en France pour une ligne de chemin de fer. À l’époque de sa construction, la plupart des grands ouvrages étaient déjà réalisés en béton armé. Il représente donc la fin d’une ère technique.

Non, et c’est un point essentiel. Seule l’extension La Mure – Corps a été fermée en 1952. La ligne historique, entre Saint-Georges-de-Commiers et La Mure, a continué à servir au transport du charbon jusqu’en 1988. C’est cette partie qui a ensuite été transformée en train touristique en 1997.

Poursuivez votre exploration

“Le Petit Train de La Mure est sans conteste le joyau du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.”

“Une gare situé sur le nouveau parcours  la gare du Villaret, hélas abandonnée de nos jours.”

Le clou du spectacle reste la traversée en voiture du spectaculaire viaduc de la Roizonne, classé Monument Historique.”

“Le trajet est ponctué de plusieurs ouvrages d’art, dont le viaduc de Loulla qui offre une vue plongeante sur le ravin.”

Sources et sites officiels

“Pour vivre cette expérience unique, vous pouvez réserver vos billets directement sur le site officiel du Petit Train de La Mure.”

“Pour comprendre l’origine de cette ligne, une visite du musée de la mine La Mine Image à La Motte-d’Aveillans est un complément indispensable.”

“Le train est la locomotive touristique du plateau de la Matheysine, une région qui regorge de trésors naturels et patrimoniaux.”

“L’histoire de sa construction, semée d’embûches techniques, est détaillée sur la page Wikipédia du Chemin de fer de la Mure.”

 “Cette ligne a profondément marqué l’identité de la ville de La Mure, qui lui doit une partie de son développement.”

Bibliographie

I. Ouvrages de référence (Incontournables)

Ce sont les monographies fondamentales sur la ligne, que tout chercheur doit consulter.

  • BOUILLIN, Patrice et WURMSER, Daniel. Le Chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap. P. Bouillin, 1995.

    • Commentaire : C’est LA bible absolue sur le sujet. Extrêmement détaillé, richement illustré de photos, de plans de voies et de schémas techniques. Il couvre toute l’histoire de la ligne, de sa genèse houillère à son exploitation touristique, en passant par le projet avorté de prolongement vers Gap. Indispensable.

  • BANAUDO, José. Sur les rails du Dauphiné : De l’oeisans au Vercors, de la Chartreuse à la Maurienne. Éditions du Cabri, 2002.

    • Commentaire : José Banaudo est une référence pour les chemins de fer secondaires du sud-est de la France. Cet ouvrage replace la ligne de La Mure dans son contexte régional, en la comparant à d’autres lignes de montagne du Dauphiné. Très utile pour une mise en perspective.

  • JANSSOONE, Didier. Les Trains de montagne. Éditions Ouest-France, 2017.

    • Commentaire : Ouvrage plus généraliste mais qui permet de situer les spécificités techniques et d’exploitation du train de La Mure par rapport à d’autres grandes lignes de montagne en France et en Europe (crémaillères, adhérence simple, profils difficiles, etc.).

II. Articles de revues spécialisées

La presse ferroviaire spécialisée a abondamment couvert la vie, la fermeture et la renaissance de la ligne.

  • La Vie du Rail :

    • Cette revue a publié d’innombrables articles au fil des décennies. Une recherche dans ses archives est cruciale. Les numéros clés sont ceux qui traitent de la modernisation de l’après-guerre, du centenaire de la ligne (1988), de la fin du trafic marchandises (1997), de l’accident de 2010 et, bien sûr, des différentes phases du projet de renaissance (annonces, travaux, réouverture).

  • Chemins de Fer Régionaux et Tramways (Revue de la FACS) :

    • La revue de la Fédération des Amis des Chemins de fer Secondaires est une source académique de premier plan. Elle a publié des études techniques et historiques très poussées. Rechercher les articles consacrés à “La Mure” ou au “SGLM” (Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) dans leurs index.

  • Voies Ferrées / Rail Passion :

    • Ces magazines plus récents ont également suivi de près le dossier, notamment l’aspect touristique et le projet de réouverture mené par le département de l’Isère et Edeis. Leurs articles sont souvent riches en photographies contemporaines.

III. Sources sur le contexte industriel et technique

Pour comprendre pourquoi la ligne a été construite, il faut se pencher sur l’histoire des houillères du Dauphiné.

  • VIAL, Jean. L’industrialisation de la sidérurgie française, 1814-1864. Éditions de l’EHESS, 1997.

    • Commentaire : Bien que portant sur une période antérieure, ce type d’ouvrage permet de comprendre la dynamique industrielle du Dauphiné et la nécessité de désenclaver les bassins miniers, un contexte qui a mené à la création de la ligne.

  • CARON, François. Histoire des chemins de fer en France. Fayard, 1997 (Tome 1) et 2005 (Tome 2).

    • Commentaire : Pour le contexte général de la construction des lignes d’intérêt local et des débuts de l’électrification ferroviaire en France. Le cas de La Mure est un exemple pionnier.

IV. Sources primaires et archives

Pour un travail d’historien approfondi, le recours aux archives est fondamental.

  • Archives départementales de l’Isère (ADI) :

    • Série S (Travaux publics, transports, mines) : C’est la source principale. On y trouvera les dossiers de concession de la ligne, les plans, les rapports de l’ingénieur des Ponts et Chaussées, la correspondance avec la compagnie, les rapports d’accidents, etc.

    • Série Fi (Documents figurés) : Pour les cartes postales anciennes, les photographies et les plans cadastraux qui montrent le tracé et son impact sur le paysage.

  • Archives Nationales (Paris) :

    • Série F/14 (Travaux Publics) : Contient potentiellement les dossiers de la concession initiale, validée par l’État, ainsi que des rapports sur les projets de prolongement.

  • Ressources en ligne (Archives numérisées) :

    • Gallica (BnF) : Indispensable pour consulter la presse locale de l’époque (Le Petit Dauphinois, etc.) qui a couvert la construction, l’inauguration et les premiers temps de l’exploitation. On peut aussi y trouver des revues techniques du début du XXe siècle (ex: Le Génie Civil) qui ont pu relater l’électrification pionnière de la ligne.

V. Sources institutionnelles et webographie (pour la période récente)

Pour la période post-2010 et le projet de renaissance.

  • Site officiel du Petit Train de La Mure : lepetittraindelamure.com

    • Commentaire : Source directe sur le projet actuel, sa philosophie, son tracé, ses installations (restaurant panoramique, belvédère).

  • Site du Conseil départemental de l’Isère :

    • Commentaire : En tant que maître d’ouvrage du projet de réouverture, le Département a publié de nombreux communiqués de presse, dossiers et délibérations qui sont des sources de première main sur les aspects politiques et financiers de la renaissance.

  • Site du musée La Mine Image : www.mine-image.com

    • Commentaire : Pour le contexte historique et social du bassin minier, indissociable de celui du train.

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