
Vizille : des Trémies VFD à la Fin de VFT, l’Histoire du Dernier Train de Marchandises
Acteurs méconnus de l’essor industriel et du transport de vrac dans la vallée de la Romanche.
Les wagons trémies ont constitué l’épine dorsale du fret lourd sur le réseau VFD (Voie Ferrées du Dauphiné), permettant l’alimentation des industries de la vallée de la Romanche. Il transportait du charbon, mais aussi d’autres matériaux en vrac. Souvent éclipsés par la majesté des motrices, les wagons-trémies furent pourtant les véritables poumons de l’économie du Dauphiné. Ces silhouettes métalliques, conçues pour déverser sans effort leur cargaison de matériau en vrac, ont irrigué pendant des décennies les industries de la région de Vizille, conditionnant leur prospérité. Loin d’être un simple outil, ce matériel roulant raconte une histoire : celle d’une adaptation logistique permanente, d’un réseau (VFD) qui sut se renforcer en intégrant des wagons ayant déjà une première vie, notamment sur les Voies Ferrées du Dauphiné.
Informations pratiques
| Catégorie | Description |
| Nom de l’Installation | Trémies de transbordement mécanisé de Vizille |
| Type d’Infrastructure | Installation industrielle de transbordement (rupture de charge) |
| Localisation | Vizille, à l’interface des réseaux PLM/SNCF (voie normale) et VFD (voie métrique). |
| Objectif Principal | Assurer l’approvisionnement des industries de la vallée de la Romanche en matières premières livrées par le réseau ferré national. |
| Principe de Fonctionnement | Un système sophistiqué en deux étapes, combinant manutention mécanique et gravité :
1. Remplissage des trémies (phase mécanique) : • Les wagons du réseau PLM/SNCF (voie normale) déchargeaient leurs matériaux. • Un pont roulant avec une benne preneuse reprenaient ces matériaux en vrac dans les wagons et les élevaient mécaniquement jusqu’au sommet des silos en béton (les trémies) pour les remplir. 2. Chargement des wagons (phase gravitationnelle) : • Les wagons du réseau VFD (voie métrique) étaient positionnés sur une voie en contrebas. • Des trappes situées à la base des trémies s’ouvraient pour charger les wagons rapidement et simplement par gravité. |
| Acteurs Ferroviaires | • Réseau Amont (Fournisseur) : PLM (puis SNCF), qui amenait les matériaux sur le réseau national.
• Réseau Aval (Distributeur) : VFD (Voies Ferrées du Dauphiné), qui desservait les usines de la Romanche. |
| Marchandises Concernées | Matières premières en vrac pour les industries de la Romanche : charbon, coke, minerais, etc. |
| Période d’Activité | Principalement durant l’âge d’or industriel de la vallée de la Romanche, de 1951 à la fermeture en 2005. |
| État Actuel | Entièrement démolies et disparues. L’ensemble de l’installation a été rasé après la fin de son utilité. |
| Intérêt Patrimonial | Ces trémies témoignent de l’ingéniosité mécanique et logistique déployée à Vizille pour en faire une plaque tournante efficace. Elles sont le symbole de la chaîne d’approvisionnement qui alimentait le “moteur” industriel de la vallée de la Romanche. |
Vizille, 2005 : La Chute d’un Symbole Ferroviaire
Novembre 2005. Ce n’est pas un événement récent, mais un souvenir gravé dans l’histoire industrielle locale. Sur le site de Vizille Terrasse, les dernières grandes trémies de chargement en béton sont démolies. Pour beaucoup, c’est la fin d’une époque : celle qui a vu le rail irriguer les vallées alpines, d’abord sous la bannière mythique des VFD (Voies Ferrées du Dauphiné), puis avec son héritière, la société VFT.
Qu’était-ce qu’une Trémie des VFD/VFT (Voie Ferrées et Transport) ?
Comme sur les grands réseaux, une trémie est un immense entonnoir de béton. Sa fonction était de stocker des matériaux en vrac – minerais, granulats ou autres produits des industries de la vallée – pour les charger rapidement par gravité dans les wagons du train situé en dessous. À Vizille, ces trémies étaient le lien direct entre les besoins industrielles de l’Oisans et de la Romanche et le réseau ferré qui les amenait depuis la gare de Jarrie.
Des Trémies au Cœur d’un Système Logistique Ingénieux
Bien plus qu’un simple “entonnoir à granulats”, le site de Vizille était une véritable plateforme de transport combiné. Les trémies en étaient l’élément le plus visible, mais leur fonctionnement était complexe :
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Un faisceau de voies ferrées desservait les alignements de trémies, permettant de positionner les wagons tombereaux juste en dessous pour un chargement rapide par gravité.
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Le flux fonctionnait dans les deux sens. D’un côté, les matériaux en vrac étaient chargés dans les trains via les trémies. De l’autre, les camions arrivant de la vallée de la Romanche pouvaient être déchargés de deux manières : soit en remplissant les trémies par le haut, soit en transférant leur contenu directement dans les wagons grâce à une “sauterelle”, un tapis roulant mobile.
Ce système offrait une grande souplesse, faisant du site un hub efficace entre la route et le rail.
Durant les premières décennies d’exploitation des VFT, la rupture de charge s’opérait en gare de Jarrie. Toutefois, face à l’accroissement constant du tonnage, les installations d’origine atteignirent la saturation en 1951.
Sur le plan de l’infrastructure, une nouvelle section reliant Jarrie à Vizille avait été ouverte dès 1932 (la déviation de la Terrasse), permettant d’extraire le trafic fret du centre urbain de Vizille. Pour optimiser le transbordement du vrac, le site fut équipé d’un système mécanisé : une benne preneuse alimentait des trémies de stockage, permettant le chargement par gravité des wagons à voie métrique stationnés en contrebas.

Figure 1 : Plan de configuration des voies de la gare de Vizille-Terrasse (VFD) – Situation en 1952.
De l’Âge d’Or des VFD à la Spécialisation de VFT
L’histoire de ce lieu se découpe en deux grandes périodes :
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L’Ère des VFD : Le Cœur Battant du Réseau Local
Jusqu’à l’arrêt du transport de marchandises par la compagnie en novembre 1964, le dépôt de Vizille était le centre névralgique du réseau des Voies Ferrées du Dauphiné. Il assurait le transport de voyageurs et de fret qui faisait vivre les industries des vallées alpines. -
L’Héritage de VFT : Le Pari du Rail-Route
Après une période de transition, le site reprend vie sous une nouvelle forme. En 1987, la société VFT succède aux VFD pour l’activité fret. Elle se spécialise dans une logistique moderne pour l’époque : le transport combiné. Utilisant la voie ferrée stratégique entre Jarrie et Vizille, VFT acheminait les matériaux en vrac par le train, puis assurait la livraison finale par camions. Ce modèle a permis de maintenir une activité ferroviaire sur le site pendant près de deux décennies supplémentaires.

Un symbole du patrimoine ferroviaire de Vizille, six ans avant sa disparition. On voit nettement la grue avec la benne au dessus des trémies pour le transbordement.
2005 : Pourquoi Tout Démolir ?
En 2005, près de vingt ans après la création de VFT, le marché du transport a de nouveau évolué. Face à de nouvelles contraintes économiques et logistiques, la société a rationalisé ses opérations. Les imposantes et rigides trémies en béton n’étaient plus jugées nécessaires. Le transbordement camion-wagon pouvait désormais s’effectuer plus simplement et à moindre coût, uniquement avec des sauterelles mobiles.
La décision fut donc prise de démolir les trémies. Ce n’était pas la fin de l’activité sur le site, mais la fin de son infrastructure historique la plus emblématique.

Les trémies, cœur de l’activité rail-route en 2001.
L’Épilogue : 21 Février 2012, le Silence sur les Voies
Le sursis aura duré sept ans. La société VFT fermera définitivement ses portes le 21 février 2012. Cet événement signe la fin de toute activité de transport rail-route sur ce site historique. Même le transbordement par sauterelle, qui avait perduré après 2005, cesse.
La fermeture de VFT met un point final à plus d’un siècle d’histoire ferroviaire et logistique à Vizille, laissant les voies silencieuses pour de bon.

Le site VFT de Vizille en 2005, après la démolition des trémies.
Un Patrimoine Disparu, une Mémoire à Préserver
La démolition des trémies de Vizille Terrasse en 2005 a effacé du paysage les derniers témoins d’une riche histoire ferroviaire.
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Elles symbolisaient l’âge d’or des VFD, un réseau qui a désenclavé les montagnes.
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Elles représentaient la reconversion réussie de VFT, qui a su adapter le rail aux nouvelles réalités du transport.
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Elles rappellent un savoir-faire logistique, où le train et le camion n’étaient pas concurrents, mais partenaires.
Aujourd’hui, le terrain a changé, mais le souvenir de ces géants de béton reste. Il nous rappelle que notre patrimoine industriel est en constante évolution, et qu’il est de notre devoir de documenter et de raconter ces histoires avant qu’elles ne s’effacent complètement.

La démolition des trémies VFT en 2005.
Foire Aux Questions sur les travaux de la gare de La Mure
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1. Qu’étaient les grandes structures en béton qui se trouvaient sur le site de Vizille Terrasse ?
Il s’agissait de trémies de chargement. Ces structures fonctionnaient comme d’immenses entonnoirs en béton servant à stocker des matériaux en vrac (granulats, minerais…). Leur fonction était de charger rapidement et par gravité ces matériaux dans les wagons des trains de marchandises situés juste en dessous.
2. À quoi servait ce site ferroviaire à Vizille ?
Le site était une plateforme logistique “rail-route” très importante. Il permettait de transférer des marchandises entre les camions arrivant de la vallée de la Romanche et les trains. Ce système combinait le transport par rail et par route, faisant du site un véritable “hub” pour les industries de la région.
3. Quelles compagnies ferroviaires ont utilisé ce site ?
Deux compagnies principales se sont succédé :
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Les VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Jusqu’en 1964, le site était le centre névralgique de ce réseau mythique qui transportait à la fois des voyageurs et du fret dans les vallées alpines.
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La société VFT : À partir de 1987, VFT a repris l’activité de fret en se spécialisant dans le transport combiné, prolongeant ainsi l’activité ferroviaire du site.
4. Pourquoi les trémies en béton ont-elles été démolies en novembre 2005 ?
En 2005, la société VFT a rationalisé ses opérations pour s’adapter aux nouvelles réalités économiques. Les imposantes trémies en béton n’étaient plus jugées nécessaires, car le transbordement entre camions et wagons pouvait se faire de manière plus souple et moins coûteuse avec des tapis roulants mobiles appelés “sauterelles”.
5. La démolition des trémies a-t-elle signé la fin de l’activité sur le site ?
Non, pas immédiatement. La démolition en 2005 a marqué la fin de l’infrastructure historique la plus visible, mais l’activité de transbordement avec des “sauterelles” a continué pendant encore sept ans.
6. Quand toute activité ferroviaire a-t-elle cessé sur le site ?
L’activité a définitivement pris fin le 21 février 2012, avec la fermeture de la société VFT. Cet événement a mis un point final à plus d’un siècle d’histoire ferroviaire et logistique à Vizille.
7. Que symbolisaient ces trémies ?
Elles représentaient plusieurs choses :
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L’âge d’or des VFD et le désenclavement des montagnes par le rail.
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La reconversion réussie de VFT qui a su adapter le train à la logistique moderne.
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Un savoir-faire où le train et le camion étaient partenaires et non concurrents.
8. Peut-on encore voir des vestiges aujourd’hui ?
Le site a été partiellement effacé en 2013 suite à des travaux d’aménagement des berges de la Romanche. Les trémies, qui en étaient l’élément le plus emblématique, ont complètement disparu.
Poursuivez votre exploration
“Ces trémies de transbordement, aujourd’hui disparues, sont un témoin fascinant de l’ingénierie et du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.”
“Cette méthode de transbordement par trémies coexistait avec une autre solution technique mise en place à proximité : l’ingénieuse voie à trois rails de Vizille.”
“Elles permettaient de transférer le chargement des wagons du réseau à voie métrique des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD)…”
Sources et sites officiels
“Leur fonction était de permettre le transbordement des matériaux, c’est-à-dire leur transfert d’un mode de transport à un autre.”
“…vers les wagons à voie normale de la puissante compagnie du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée).”
“Ces installations étaient vitales pour approvisionner le grand pôle industriel chimique de Jarrie, dont l’histoire est aujourd’hui retracée par un musée passionnant.”
“Ces infrastructures industrielles ont longtemps marqué le paysage de la ville de Vizille, située au carrefour de plusieurs vallées alpines.”
“Les trémies ont notamment servi au transport de la bauxite, le minerai à l’origine de l’aluminium, une industrie majeure dans les Alpes.”
Bibliographie
1. Les Ouvrages de Référence (Matériel Roulant VFD)
C’est ici que vous trouverez les listes de parc (inventaires), les plans de constructeurs et les charges à l’essieu.
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HUTTER, Joseph. Les Voies Ferrées du Dauphiné. Édité à compte d’auteur, 1971 (et rééditions).
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Intérêt pour l’article : C’est la source la plus pointue sur le “matériel remorqué”. Hutter dresse souvent l’inventaire des wagons (tombereaux, plats, trémies) avec leurs numéros de série et leurs années de mise en service.
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BOUILLIN, Patrice. Le Tramway de Grenoble à Chapareillan et les V.F.D.. Éditions Presses et Éditions Ferroviaires, 1985.
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Intérêt pour l’article : Ouvrage indispensable pour l’iconographie. Il contient probablement des photos de convois de marchandises traversant Vizille, permettant d’identifier visuellement le type de trémies (à essieux, à bogies, trémies “grand volume” pour le coke ou “densité élevée” pour le ciment).
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BEJUI, Pascal & COURTOIS, René. Les Chemins de Fer de la France d’Outre-mer et les VFD. (Compilation ou articles dans les revues de l’éditeur La Régordane).
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Pascal Bejui est un expert de la voie métrique. Ses analyses sur le trafic fret sont toujours très techniques.
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2. Revues Spécialisées (Trafic Fret et Industrie)
Les revues périodiques contiennent souvent des “focus” sur des wagons spécifiques ou des embranchements industriels.
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Revue Chemins de Fer Régionaux et Urbains (FACS).
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Consultez les index pour les numéros consacrés à l’Isère. Recherchez les articles traitant du trafic marchandises des VFD. Souvent, ces articles détaillent les “Embranchements Particuliers” (EP) de Vizille.
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Revue Voie Étroite.
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Excellente source pour les détails techniques sur le matériel métrique (attelages, systèmes de déchargement des trémies).
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Revue Loco-Revue (Archives).
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Bien que orientée modélisme, cette revue publie des plans cotés de wagons réels pour les maquettistes. Cherchez des plans de “Trémies à voie métrique” ou “Trémies Vicat / Pechiney”.
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3. Sources Primaires et Archives (Pour l’historien pur)
Si vous voulez décrire le fonctionnement économique (tonnage, contrats), il faut aller aux sources brutes.
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Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S (Travaux Publics).
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Sous-série 5 S (Chemins de fer).
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Cherchez les dossiers relatifs à l’exploitation des VFD : “Commandes de matériel roulant”, “Tarifs marchandises”, ou les dossiers des clients industriels (Ciments Vicat, Papeteries). Vous y trouverez peut-être les bons de commande des trémies aux constructeurs (ex: Baume & Marpent, De Dietrich, etc.).
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Archives des entreprises locales (Si accessibles).
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Les trémies étaient souvent des “wagons de particuliers” appartenant aux usines et non au réseau ferré lui-même. Des recherches sur l’histoire des Ciments Vicat ou des usines métallurgiques de Vizille pourraient révéler des photos de leurs wagons trémies privés.
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4. Contextualisation Industrielle
Pour expliquer ce que transportaient ces trémies.
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COYNE, A. L’industrie dans la vallée de la Romanche. (Thèses de géographie économique des années 1920-1950).
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Pour comprendre les flux : Charbon montant vers Vizille ? Ciment descendant vers Jarrie ? Chaux ? Le type de matériau définit la forme de la trémie.
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Voie à Trois Rails de Vizille : L‘Histoire d’un Secret Ferroviaire
La cohabitation singulière du grand réseau PLM et de la voie métrique VFD en gare de Vizille.
Comment faire circuler des wagons à voie normale sur une plateforme conçue pour la voie métrique ? C’est le problème complexe auquel fut confrontée la gare de Vizille, carrefour industriel vital pour le Dauphiné. Plutôt que de recourir au fastidieux transbordement des marchandises, les ingénieurs optèrent pour la mise en place d’une voie à trois rails, ou “voie imbriquée”. Cette infrastructure, bien que discrète, est un cas d’école de l’ingéniosité ferroviaire appliquée à un besoin économique concret : permettre aux wagons du PLM d’accéder directement aux industries connectées au réseau VFD. Son histoire révèle les contraintes et les solutions d’une exploitation à double écartement.
Informations pratiques
| Catégorie | Description |
| Nom du Dispositif | Voie à double écartement ou Voie imbriquée (Communément appelée “Voie à trois rails”) |
| Principe Technique | Une infrastructure ferroviaire unique composée de trois rails parallèles permettant la circulation de trains de deux écartements différents : • Voie normale (1435 mm) • Voie métrique (1000 mm) Un rail est commun aux deux écartements, les deux autres sont placés respectivement à 1000 mm et 1435 mm de celui-ci. |
| Localisation Précise | Vizille, principalement dans la zone industrielle et autour de la gare. C’était un point de connexion stratégique entre les deux réseaux. |
| Objectif / Utilité | Résoudre un problème logistique majeur : • Les industries de Vizille (papeteries, électrochimie) devaient expédier leurs marchandises sur le réseau national (voie normale). • Mais elles étaient aussi desservies par le réseau local VFD (voie métrique). Ce système permettait aux wagons des deux réseaux d’accéder aux mêmes embranchements industriels, évitant ainsi le transbordement des marchandises, une opération coûteuse en temps et en main-d’œuvre. |
| Acteurs Impliqués | Deux compagnies ferroviaires aux réseaux incompatibles qui cohabitaient : 1. PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), puis SNCF : Réseau national à voie normale. 2. VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Réseau local/régional à voie métrique. |
| Période d’Utilisation | Principalement durant la première moitié du XXe siècle, âge d’or de l’industrie locale et de la complémentarité entre les deux réseaux ferroviaires. |
| État Actuel | Disparu. Ce système a été démantelé avec le déclin du trafic de marchandises et la fermeture progressive des lignes VFD (le service voyageur a cessé en 1952). Il n’en reste aujourd’hui que des vestiges photographiques et quelques traces pour les archéologues ferroviaires. |
| Intérêt Patrimonial | C’est le témoignage d’une solution technique ingénieuse et d’une collaboration logistique entre deux réseaux concurrents. Ce système illustre parfaitement l’importance de Vizille comme carrefour industriel et ferroviaire à une époque où le rail était le principal moteur de l’économie. |
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Historique
Imaginez une gare où deux trains, l’un large et puissant, l’autre étroit et agile, pourraient utiliser la même voie. Un rêve d’ingénieur ? Non, une réalité historique au cœur de l’Isère, à l’ancienne gare de Vizille Terrasse. Oubliez les ponts spectaculaires ; ici, le génie ferroviaire se cachait à même le sol, sur une section de voie unique en son genre, dotée de trois rails.
Cette installation, aujourd’hui disparue, était la clé de voûte d’un des carrefours ferroviaires importants du Dauphiné.
Un Nœud Ferroviaire : La Cohabitation Forcée à Vizille Terrasse
Au début du XXe siècle, la gare de Vizille Terrasse n’est pas un simple arrêt, c’est un point de connexion vital. Deux compagnies aux ambitions et aux technologies différentes s’y croisent :
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Le PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) : La grande compagnie nationale, avec sa voie à écartement standard (1,435 m). Ses trains transportent des marchandises lourdes et des voyageurs sur le réseau principal.
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Les VFD (Voies Ferrées du Dauphiné) : Le réseau local, avec sa voie à écartement métrique (1 m), parfaite pour desservir les vallées alpines comme celle de l’Oisans.
Le défi était immense : comment faire cohabiter ces deux mondes dans l’espace restreint d’une gare ? Comment organiser le transbordement des marchandises d’un train à l’autre sans multiplier les voies et les entrepôts ?
La section Jarrie-Vizille était en voie normale. La gare possédait deux voies à double écartement, tandis que les autres étaient en voie étroite. Ce système permettait de décharger les wagons dans les trémies de stockage pour ensuite repartir sur la voie métrique.
Il convient de préciser que la ligne reliant Jarrie à Vizille-Terrasse était établie à l’écartement standard (voie normale). Le système à trois files de rails était strictement cantonné aux installations de la gare. Sur cet important faisceau totalisant 19 voies, seules deux voies mixtes étaient équipées du troisième rail pour permettre les manœuvres à double écartement.

Témoignage des années 1950 : l’un des quatre locotracteurs diesel Brissonneau & Lotz T1 T2 T3 T4 acquis par les VFD pour moderniser leur parc. Il est vu ici en service sur la voie métrique.
Contrairement à ce que la photo pourrait laisser croire, la ligne n’était pas électrifiée. La traction était assurée par des machines à vapeur, remplacées par la suite par des locotracteurs diesel.

Rare témoignage de l’ingénieux système de voie imbriquée à Vizille. Cette photo historique a été prise peu de temps avant le déferrement de la voie, immortalisant cette solution technique unique juste avant sa disparition. On distingue la troisième voie imbriqué dans l’aiguillage.
L’Astuce : La Voie à Trois Rails pour une Gare Optimisée
La solution trouvée par les ingénieurs est d’une logique implacable : la voie imbriquée à rail commun.
Le principe permettait une optimisation maximale de l’espace. Sur une section stratégique de la gare, probablement le long d’un quai de marchandises ou d’une halle, on installa trois rails :
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Rail 1 (extérieur) : Utilisé par la voie large du PLM.
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Rail 2 (central) : Le rail partagé, servant de rail droit pour le PLM et de rail gauche pour les VFD.
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Rail 3 (intérieur) : Utilisé uniquement par la voie étroite des VFD.
Quel était l’avantage concret ?
Cette configuration permettait à un wagon à voie normale du PLM et à un wagon à voie métrique des VFD de se garer le long du même quai, littéralement côte à côte. Le transfert des marchandises (bois, minerais, colis…) se faisait directement de l’un à l’autre, sans effort de manutention supplémentaire. C’était une solution incroyablement efficace pour gérer le “rupture de charge”.

Figure 1 : Plan de configuration des voies de la gare de Vizille-Terrasse (VFD) – Situation en 1932.
La Vie Quotidienne d’une Voie Partagée
Il faut imaginer le ballet quotidien dans cette gare. D’un côté, la petite locomotive à vapeur des VFD manœuvrant ses wagons sur les rails intérieurs. De l’autre, les imposants wagons du PLM se positionnant sur les rails extérieurs, le tout sur une même plateforme. C’était le cœur battant de l’économie locale, un lieu d’échange et d’activité intense rendu possible par cette simple astuce à trois rails.
Le déclin du chemin de fer secondaire sonna la fin de cette cohabitation unique :
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1946 : La ligne des VFD vers Bourg-d’Oisans ferme au trafic voyageur. La section Livet Bourg d’Oisans ferme aussi.
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1964 : La ligne ne servant plus qu’au transport de marchandise ferme a son tour sur la section Vizille Riouperoux Livet. Seul subsiste la liaison Jarrie Vizille repris par la société VFT jusqu’au année 2000 pour le transport de matériaux en vrac pour les industries de la vallée de la Romanche le transport se faisant en camion.
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Au fil du temps, les voies sont démontées, et le souvenir de cette ingénieuse installation s’efface du paysage.
Ce qu’il Reste de la Gare de Vizille Terrasse
Aujourd’hui, l’emplacement de l’ancienne gare de Vizille Terrasse a bien changé. Il faut chercher les indices dans les herbes folles le vieux bâtiment de la gare pour imaginer l’effervescence passée.
La voie à trois rails n’existe plus, mais son histoire demeure un exemple formidable de l’intelligence pratique des ingénieurs ferroviaires. Elle nous rappelle qu’une grande partie du patrimoine industriel ne réside pas dans des ouvrages monumentaux, mais dans des solutions discrètes et astucieuses qui ont, en leur temps, résolu des problèmes très concrets.

Vestige de l’impressionnant aiguillage de la gare de Vizille Terrasse, conçu pour gérer la voie normale et la voie étroite imbriquée. La vue est orientée vers la vallée de l’Oisans, soulignant le rôle stratégique de cette bifurcation comme point de départ vers le cœur des Alpes. Photo de 2005 a comparer avec la photo ci dessus elles sont prises du meme endroit.
Les aiguillages. Sur une voie à 3 rails, les “cœurs” (là où les rails se croisent) sont des pièces de fonderie d’une complexité redoutable et fragiles une vrai prouesse de realisation.

Vestige de l’impressionnant aiguillage de la gare de Vizille Terrasse, conçu pour gérer la voie normale et la voie étroite imbriquée. La vue est orientée vers la vallée de l’Oisans, soulignant le rôle stratégique de cette bifurcation comme point de départ vers le cœur des Alpes.
Le rail commun permettait de garder un côté aligné, facilitant la gestion des quais (le vide entre le wagon et le quai reste constant pour les deux types de trains du même côté)
Foire Aux Questions sur la gare de Vizille Terrasse
1- Pourquoi utiliser 3 rails dans une gare plutôt que 4 ?
L’objectif principal à Vizille Terrasse était de permettre le transbordement de marchandises. La solution à 3 rails avec un rail commun permettait aux wagons des deux compagnies de se coller au même quai, ce qui aurait été impossible avec une voie à 4 rails où la voie métrique est entièrement à l’intérieur de la voie normal. C’est une solution pensée pour l’exploitation et non juste pour le passage.
2- Qu’est-ce que le “transbordement” ou la “rupture de charge” ?
C’est l’action de transférer des marchandises d’un mode de transport à un autre, ou comme ici, d’un type de train à un autre. C’est une opération coûteuse en temps et en main-d’œuvre, que la voie à trois rails de Vizille Terrasse cherchait à simplifier au maximum.
3- Peut-on encore voir ce type de voie aujourd’hui ?
C’est extrêmement rare. Cette technique survit dans quelques dépôts de matériel ferroviaire, des musées ou sur certains réseaux touristiques qui doivent gérer des trains d’écartements différents. Mais dans une gare ouverte au public, c’est une configuration qui a quasiment disparu.
Poursuivez votre exploration
“Cette ingénieuse solution technique est un chapitre méconnu mais passionnant du patrimoine ferroviaire du Dauphiné.” “Cette cohabitation a permis aux trains à voie métrique des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD) de rejoindre le pôle industriel de Jarrie.” “Bien que cette voie à trois rails ait disparu, d’autres vestiges du réseau VFD sont aujourd’hui préservés par des associations passionnées.”
Sources et sites officiels
“Cette configuration, connue sous le nom de voie à double écartement ou à trois files de rails, est une solution rare et ingénieuse.” “La voie normale était celle de la ligne de Jarrie à Vizille, exploitée par la compagnie du PLM.” “Cette particularité ferroviaire a longtemps marqué le paysage industriel de la ville de Vizille.” “Le but était de desservir le grand pôle industriel chimique de Jarrie, encore actif aujourd’hui et dont l’histoire est racontée au musée.” “Les voies passaient à proximité du célèbre Domaine de Vizille, cœur historique de la ville.”
Bibliographie
1. Les “Bibles” des Voies Ferrées du Dauphiné (Indispensables)
Ces ouvrages contiennent les plans de voies, les schémas des gares (Jarrie, Vizille) et les photos prouvant le système de traction.
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HUTTER, Joseph. Les Voies Ferrées du Dauphiné. Édité à compte d’auteur (ou rééditions diverses), 1971.
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Pourquoi ce livre : Joseph Hutter est le père de l’historiographie des VFD. C’est la source primaire technique. Il détaille le matériel roulant et l’infrastructure.
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ALLEMAN, Dominique et BOUILLIN, Patrice. Le Tramway de Grenoble à Chapareillan et les V.F.D.. Éditions Presses et Éditions Ferroviaires, 1985 (ou éditions du Cabri selon les volumes).
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Pourquoi ce livre : Patrice Bouillin est la référence absolue pour l’iconographie régionale. Vous y trouverez certainement des photos du tronçon à 3 rails avec les convois mixtes.
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DOMENGIE, Henri. Les petits trains de jadis – Sud-Est de la France. Éditions du Cabri, 1985.
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Pourquoi ce livre : Pour remettre la ligne de Vizille dans le contexte du réseau secondaire français. Domengie est très rigoureux sur les dates de fermeture et les caractéristiques techniques (longueur des tronçons à 3 rails).
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2. Revues Spécialisées (Pour les détails d’exploitation)
Les revues ferroviaires contiennent souvent des témoignages d’anciens cheminots et des analyses pointues sur le “tamponnement”.
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Revue de la FACS (Fédération des Amis des Chemins de fer Secondaires). Chemins de Fer Régionaux et Urbains.
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Recherchez les numéros consacrés aux réseaux de l’Isère. Ils contiennent souvent des plans de voies (track plans) qui montreraient définitivement où les rails étaient imbriqués et où ils étaient séparés.
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La Vie du Rail.
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Consultez les archives des années 1950-1960 (époque de la fermeture progressive) pour des articles sur la desserte industrielle de Vizille.
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3. Histoire Industrielle et Locale (Le “Pourquoi”)
Pour justifier l’existence de cette voie complexe (le transport du charbon et du papier).
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CAYOL, Pierre. Vizille et ses environs : histoire et patrimoine. (Ouvrages locaux).
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Archives Départementales de l’Isère (ADI).
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Série S (Travaux publics et transports).
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Conseil : Si vous pouvez citer une cote d’archive précise (ex: “ADI, Série 5S…”), votre crédibilité d’historien monte en flèche. Cherchez les dossiers “Embranchements particuliers” ou “Gare de Vizille-Terrasse”.
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Travaux sur la Voie VFD en Isère : Le Renforcement pour le Fret Industriel
De la construction à l’entretien, le labeur quotidien des cantonniers et des équipes de voie du Dauphiné.
L’imaginaire ferroviaire est dominé par la puissance des locomotives et la vitesse des convois. Pourtant, la pérennité et la sécurité d’un réseau reposent entièrement sur un élément plus discret mais fondamental : la voie. Son état n’est pas un acquis mais le fruit d’un labeur constant, souvent pénible, celui des cantonniers et des équipes de pose. À travers une iconographie riche et souvent inédite, cet article propose de mettre en lumière ce travail de l’ombre sur le réseau des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD). Il explore les techniques, les outils et les conditions de travail de ces hommes qui furent, littéralement, les piliers de l’exploitation.
Informations pratiques
| Catégorie | Description |
| Événement Documenté | Chantier de Renouvellement Voie Ballast (RVB) sur la ligne de Jarrie à Vizille. |
| Ligne Concernée | Ligne de Jarrie à Vizille-Terrasse (ancienne ligne PLM / SNCF). |
| Date des Travaux | 1999 2000 |
| Caractéristiques de la Ligne | • Écartement : Voie normale (1435 mm)
• Type : Ligne à voie unique. • Statut à l’époque (1999) : Ligne exploitée, principalement pour le trafic de marchandises (Fret), desservant les industries locales. |
| Nature des Travaux Décrits | Opération de maintenance lourde consistant à remplacer entièrement les composants de la voie :
• Dépose des anciens rails et traverses en bois. • Nivellement et préparation de la plateforme de ballast. • Pose de matériel neuf (traverses en bois, rails). |
| Objectif du Chantier de 1999 | • Moderniser l’infrastructure pour garantir sa pérennité.
• Améliorer la sécurité des circulations. • Permettre le maintien de l’exploitation Fret vers les sites industriels de la vallée de la Romanche. |
| État Actuel de la Ligne | Au-delà de l’article de 1999 : Bien que modernisée à cette époque, la ligne a vu son trafic Fret cesser dans les années suivantes. Elle est aujourd’hui non exploitée et neutralisée. |
| Intérêt Patrimonial du Document | L’article est un témoignage photographique rare d’un chantier ferroviaire significatif. Il capture un moment précis de la vie de cette ligne industrielle, entre son apogée et son abandon final, illustrant les efforts consentis à l’époque pour la maintenir en état. |
L’Autopont de Jarrie : Souvenir d’un Géant de Métal et d’une Voie Ferrée Oubliée
Pour les habitants de l’Isère qui empruntaient la Route Napoléon à la fin du 20ème siècle, l’autopont de Basse-Jarrie était une figure familière. Construit dans les années 70, cet ouvrage métallique a marqué le paysage pendant des décennies avant de disparaître en 1999, entraînant dans sa chute le destin d’une petite ligne ferroviaire industrielle.
Un Ouvrage Emblématique mais Dangereux
Situé sur la Route Nationale 85 (RN85), l’autopont de Basse-Jarrie permettait de franchir la Route Départementale 5 (RD5) et la voie ferrée entre les communes de Champagnier et de Jarrie.
Cependant, sa réputation n’était pas sans tache. Je me souviens parfaitement de ce pont métallique, et chacun savait qu’il fallait l’aborder avec prudence. L’hiver, sa proximité avec la Romanche le transformait en véritable piège : la neige et le verglas s’y formaient avec une facilité déconcertante, bloquant régulièrement les automobilistes les moins préparés. Vieillissant et devenu inadapté au trafic moderne, ses jours étaient comptés.
1999 : La Fin de l’Autopont et une Conséquence Inattendue
Pour améliorer la sécurité et la fluidité du trafic, une déviation de la RN85 fut mise en service en 1999. Cette nouvelle section prit alors le nom de RD1085d.
Mais ce chantier majeur a eu un dommage collatéral radical : la coupure nette de la ligne ferroviaire des VFT (Voies Ferrées du Dauphiné), bloquant tout leur trafic entre la gare de Jarrie et leurs installations de Vizille Terrasse.
Contexte Industriel
Cette ligne assurait le transport des voyageurs, mais elle était surtout essentielle à celui des marchandises. En effet, elle permettait à la fois d’alimenter en matières premières les industries de la vallée de la Romanche et d’évacuer la production de leurs usines.
Construite en 1893, la ligne ferma au service voyageurs en 1946, puis au transport de fret en 1951.
Elle fut ensuite reprise pour du transport combiné rail-route, d’abord par son exploitant historique, les VFT, puis par la société VFD.
Faisant initialement partie du réseau national de la PLM, la ligne de Jarrie à Vizille fut par la suite exploitée par les VFT pour la desserte industrielle locale, créant ainsi un lien indispensable entre le réseau national et les usines de la vallée.
La Voie Ferrée des VFT : Une Ligne Industrielle au Destin Mouvementé
Cette ligne, bien que modeste, jouait un rôle économique local important.
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Sa mission : Elle permettait à la société VFT de récupérer des wagons de matériaux en vrac (destinés aux entreprises de la vallée de la Romanche) en gare de Jarrie pour les acheminer jusqu’à son dépôt de Vizille Terrasse.
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Son histoire : La voie, construite en bord de route, a connu une existence difficile. Son état précaire a provoqué de nombreux déraillements. Heureusement sans gravité, les équipes d’intervention remettaient le matériel sur les rails et le convoi reprenait sa marche.
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Sa fin : La construction de la déviation a nécessité de reconstruire pas moins de 750 mètres de voie ferrée. Cependant, la coupure a marqué la fin du trafic ferroviaire pour VFT, qui s’est alors reporté intégralement sur le transport par camion.
Aujourd’hui, la circulation sur la RD1085d est plus sûre et plus fluide. Mais ce progrès s’est fait au prix de la disparition de deux éléments du paysage local : un autopont redouté et une ligne de chemin de fer industrielle qui racontait une autre époque du transport en Isère.

Préparation d’une desserte industrielle : le T15 des VFD se positionne sur les voies de service de Jarrie pour former sa rame, 1981.
Souvenir personnel
Je me souviens très bien d’un voyage que j’ai fait sur ce tronçon de ligne à la fin des années 90. J’étais à bord de leur motrice diesel, en route pour aller chercher un convoi de trémies en gare de Jarrie.
Seul le conducteur était à bord du locotracteur. Au départ de Vizille, il a dû descendre pour fermer manuellement le passage à niveau nous permettant d’accéder à la gare de Jarrie. Une fois la route franchie, il a relevé les barrières pour rétablir la circulation.
En gare de Jarrie, des cheminots l’attendaient et lui ont donné un coup de main pour atteler le locotracteur au convoi et raccorder la rame.
Le retour vers Vizille a suivi le même rituel : il a fallu de nouveau fermer la barrière, laisser passer tout le convoi, puis la rouvrir. Nous avons ensuite continué notre route à une vitesse très réduite, non seulement parce que nous n’étions plus à vide, mais aussi en raison de l’état très moyen de la voie.
Ce fut pour moi une expérience inoubliable.

Témoignage de la desserte industrielle de la vallée de la Romanche, le locotracteur T15 des VFD et son train de marchandises quittent la gare de Jarrie pour Vizille. Année 1981.

Le chantier de la déviation vu depuis Vizille en direction de Jarrie, en novembre 1999. Six mois après la photo précédente, le terrassement est achevé, mais la plateforme attend toujours la pose de la voie ferrée et le goudronnage de la route.

Vue des travaux depuis Jarrie en direction de Vizille, en mai 1999. À ce stade, le terrassement de la déviation est achevé, mais la plateforme attend encore d’être goudronnée et de recevoir la nouvelle voie ferrée.

Vue depuis Jarrie en regardant l’autopont en juillet 2001, montrant le résultat des travaux de renouvellement. La nouvelle voie des VFT est désormais entièrement raccordée au réseau et prête à être mise en service.

Instantané des importants travaux de renouvellement de la ligne en juillet 2001. On distingue ici une section de la nouvelle voie des VFT (Voies Ferrées du Dauphiné), déjà assemblée et positionnée à côté de l’autopont.
Foire Aux Questions (FAQ) sur la ligne VFD Vizille – Bourg d’Oisans
1. Quel était l‘objectif de la ligne VFD Vizille – Bourg d’Oisans ?
Cette ligne de tramway électrique était une artère vitale du réseau VFD. Son but était de relier le bassin grenoblois (depuis Vizille) à la vallée de la Romanche jusqu’à Bourg d’Oisans. Elle desservait les puissantes usines hydroélectriques et électrochimiques de la vallée (Rioupéroux, Livet-et-Gavet) et transportait à la fois des marchandises industrielles, des ouvriers, des habitants et les premiers touristes se rendant dans l’Oisans.
2. Cette ligne a-t-elle réellement fonctionné ?
Oui, et de manière intensive. Ouverte en 1893, elle fut un pilier du développement industriel de la vallée de la Romanche, surnommée la “vallée aux cent usines”, à l’époque de la “Houille Blanche”.
3. Pourquoi a-t-elle été fermée ?
Comme beaucoup de lignes de chemin de fer secondaires en France, elle a subi la concurrence croissante de la route après la Seconde Guerre mondiale. Les bus pour les voyageurs et les camions pour les marchandises, plus flexibles, ont progressivement rendu le tramway moins rentable. Le service voyageurs a cessé en 1946 et la ligne a été définitivement fermée à tout trafic dans les années 1960.
4. Peut-on encore voir des vestiges de cette ligne aujourd’hui ?
Oui, de nombreuses traces subsistent pour un œil averti. Les vestiges les plus évidents sont les anciennes gares qui existent toujours dans plusieurs villages (comme à Rioupéroux ou Livet). Le long de la route départementale D1091, qui suit souvent le tracé de l’ancienne voie, on peut également apercevoir des tunnels, des murs de soutènement et des piles de ponts qui témoignent du passage du tramway.
Poursuivez votre exploration
“Cette initiative de sauvegarde est une excellente nouvelle pour le patrimoine ferroviaire de notre région.”
“Ce tronçon appartenait à la ligne Grenoble-Vizille du vaste réseau des Voies Ferrées du Dauphiné (VFD).”
Sources et sites officiels
“Ce travail de préservation remarquable est mené par les bénévoles passionnés de l‘association grenobloise Standard 216.”
“Pour comprendre l’ampleur et l’histoire de ce réseau qui maillait autrefois le Dauphiné, la page Wikipédia sur les Voies Ferrées du Dauphiné est une excellente ressource.”
“Le tronçon sauvegardé se situe sur la commune de Vaulnaveys-le-Haut, à proximité immédiate d’Uriage-les-Bains.”
“Cette voie restaurée pourrait devenir un nouvel point d’intérêt pour le tourisme de mémoire, comme le promeut l’Office de Tourisme de Grenoble-Alpes Métropole.”
Bibliographie
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Ouvrages Généraux sur les VFD et les Transports du Dauphiné :
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GARDENT, Jean, et al., Les Tramways de l’Isère : Une histoire des transports en commun, Grenoble, Glénat, 1992.
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Cet ouvrage de référence offre une vision complète des réseaux de tramways et chemins de fer secondaires en Isère, dont les VFD. Il est essentiel pour comprendre l’organisation du réseau, son matériel et son histoire économique et sociale.
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ALLEMAND, Dominique et BOUILLIN, Patrice, Les Voies Ferrées du Dauphiné, Grenoble, Glénat, 1999.
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Spécifiquement dédié aux VFD, ce livre est une source iconographique et historique de premier plan. Il détaille l’histoire des différentes lignes, y compris les lignes industrielles comme celle de la Romanche mentionnée dans l’article.
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Ouvrages sur le Contexte des Chemins de Fer Secondaires en France :
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BAUDOIN, L. M., Les Chemins de fer d’intérêt local en France, Paris, Imprimerie Nationale, 1953.
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Bien que plus ancien, ce livre permet de replacer l’histoire des VFD dans le contexte national des chemins de fer secondaires, en expliquant les cadres réglementaires et économiques qui ont présidé à leur développement puis à leur déclin.
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AMAR, Georges, Le Grand Roman des Transports, Paris, Éditions de l’Aube, 2008.
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Pour une perspective plus large sur l’évolution des politiques de transport en France, qui explique la concurrence de la route ayant mené à la fermeture de nombreuses lignes comme celles des VFD.
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Ressources en Ligne et Associations :
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Page Wikipédia sur les Voies Ferrées du Dauphiné : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voies_ferr%C3%A9es_du_Dauphin%C3%A9
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Mentionnée dans l’article, cette page constitue un excellent point de départ pour une vue d’ensemble du réseau, avec des informations sur les différentes lignes et leur chronologie.[1]
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Association Standard 216 : https://standard216.com/
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Également citée dans l’article, cette association de sauvegarde du patrimoine des transports en commun grenoblois peut détenir des archives, des documents iconographiques et des témoignages précieux sur l’exploitation des lignes VFD.[1]
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