Vue aérienne du site d'effondrement de la couche de charbon Henriette, sans contour de délimitation.

Draye de la couche Henriette : vestige minier de Matheysine

Partez à la découverte de la Draye de la couche Henriette à La Motte-d’Aveillans. Entre galeries souterraines, effondrements mystérieux et techniques minières d’autrefois, explorez ce témoin préservé de l’épopée industrielle de la Matheysine

Plongez dans l’histoire industrielle du Dauphiné avec l’exploration de la Draye de la couche Henriette. Cet affleurement de charbon unique à La Motte-d’Aveillans conserve les traces visibles du labeur des mineurs du XIXe siècle, entre énigmes de ventilation et galeries effondrées. Une immersion passionnante au cœur du patrimoine de la Matheysine, idéale à découvrir au détour d’une randonnée


Informations pratiques

Caractéristique Informations clés
Nom du site Draye de la couche Henriette
Localisation La Motte-d’Aveillans (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes) — Plateau matheysin
Type de vestige Affleurement naturel de charbon (anthracite) et anciennes galeries minières
Coordonnées GPS Latitude : 44.970296 | Longitude : 5.747504
Période d’activité • Niveaux 6 et 7 : Activement exploités entre 1806 et 1870
• Niveau 6 bis : Activité attestée entre 1858 et 1900
Infrastructures notables • Niveau 7 : Galerie d’extension reliée à un double entonnoir d’effondrement visible en surface
• Niveau 6 bis : Galerie présumée d’aérage (ventilation)
Accessibilité Accès libre et gratuit
Conseil pratique de visite À découvrir de préférence durant l’hiver (l’absence de feuillage facilite grandement l’observation des reliefs et des structures de la draye)

Qu’est-ce qu’un affleurement et pourquoi parle-t-on de « draye » ?

Pour bien appréhender l’intérêt de ce lieu, il convient de comprendre la notion géologique d’affleurement. En temps normal, la roche du sous-sol nous est cachée : elle est recouverte par la terre, la végétation ou les aménagements humains. Cependant, il arrive que cette roche soit mise à nu par l’érosion, des glissements de terrain, ou encore par l’action de l’homme.

Dans le jargon historique du plateau Matheysin, le terme « draye » (ou draille) désigne souvent ces tranchées, ravines ou failles naturelles où les couches de charbon (l’anthracite) apparaissaient directement à la surface de la montagne. La draye de la couche Henriette est l’un de ces points de contact privilégiés, où le travail des mineurs s’est inscrit à fleur de terre.


Photographie aérienne du site de Géoportail montrant une ligne bleue qui délimite le contour de la zone d'effondrement de la veine de charbon Henriette.

Vue aérienne (Géoportail) avec le tracé bleu délimitant la zone d’effondrement de la couche de charbon Henriette.

L’énigme de l’effondrement de la galerie du Niveau 7

Le site de la Draye Henriette se caractérise aujourd’hui par un double affaissement de terrain bien visible en surface. Bien que l’œil humain y distingue deux entonnoirs d’effondrement distincts, les investigations souterraines ont révélé une autre réalité : en profondeur, ces deux trous mènent à une seule et unique galerie.

Il s’agit d’une ancienne galerie d’extension du niveau 7 d’exploitation. La configuration de ce réseau a pu être comprise grâce à l’exploration d’une galerie dite « orpheline », située non loin de là :

  • Un premier travers-banc (une galerie de liaison creusée dans la roche stérile) d’environ 100 mètres coupe perpendiculairement la galerie d’exploitation de la couche Henriette.

  • Ce tracé se poursuit par un second travers-banc de 30 mètres pour déboucher sur une autre galerie d’exploitation perpendiculaire.

Note
Pencil Pencil

Les entonnoirs d’effondrement en surface (fontis) ne sont pas des accidents aléatoires. Ils sont le résultat direct de la méthode d’exploitation employée à faible profondeur : l’exploitation par chambres et piliers abandonnés (ou par dépilage). Lorsque les piliers de charbon laissés pour soutenir le toit de la galerie cèdent avec le temps, ou lorsqu’ils ont été volontairement récupérés (« dépilés ») sans remblayage suffisant, le toit s’effondre et remonte jusqu’à la surface.le Niveau 7 étant peu profond, l’absence de remblayage systématique (remplacement du vide par de la roche stérile) ou le vieillissement des boisages/piliers de charbon a provoqué ces fontis typiques des exploitations de faible profondeur.

Le mystère du Niveau 6 bis : une galerie pour l’aérage ?

Plus haut dans la draye, une autre galerie correspondant au niveau « 6 bis » a été ouverte. S’agissait-il d’une voie d’extraction du charbon ou d’un système de ventilation ? Les archives locales restent discrètes, mais les indices de terrain penchent fortement vers l’hypothèse d’une galerie d’aérage (ventilation) :

  1. Le volume des déblais : Les amas de roches stériles (les déblais) rejetés à l’entrée de cette galerie sont très faibles, ce qui indique qu’aucune exploitation de grande envergure n’y a été menée.

  2. Les archives de fermeture : Les rapports officiels rédigés lors de l’arrêt définitif de la concession minière de La Motte-d’Aveillans mentionnent explicitement des cheminées d’aérage creusées à même la couche de charbon, notamment au niveau de la Grande Draye.

Une datation complexe pour les historiens du patrimoine

Reconstituer la chronologie exacte des événements de la Draye Henriette s’apparente à une véritable enquête.

La couche Henriette a été activement exploitée aux niveaux 6 et 7 durant une grande partie du XIXe siècle, plus précisément entre 1806 et 1870. Cependant, nous ne disposons d’aucune date précise quant au moment où la galerie du niveau 7 s’est effondrée.

La galerie du niveau 6 bis ayant été creusée directement dans la draye (et donc après ou pendant son évolution), elle aurait pu servir de repère. On sait que l’exploitation y était active en 1858 et s’est poursuivie au moins jusqu’en 1900. Malgré ces indices, le grand nombre de galeries superposées et interconnectées dans cette zone ne permet pas d’établir une chronologie définitive de l’affaissement de surface.

Guide pratique : comment découvrir la Draye de la couche Henriette ?

Pour les amateurs de randonnées thématiques, de géologie et d’histoire industrielle, la Draye Henriette constitue une halte enrichissante lors d’une promenade sur le plateau matheysin.

  • Commune : La Motte-d’Aveillans (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes).

  • Accessibilité : Le site est en accès libre.

  • Coordonnées géographiques :

    • Latitude : 44.970296

    • Longitude : 5.747504

  • Le conseil de visite : Privilégiez une découverte durant l’hiver. L’absence de feuillage et de végétation dense permet d’observer beaucoup plus nettement les reliefs de l’effondrement et les structures de la draye.

Foire Aux Questions

Poursuivez votre exploration

« Plongez dans l’épopée minière du Plateau Matheysin »

Sources et sites officiels 

  • La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine de La Motte d’Aveillans. C’est l’espace de référence pour découvrir l’histoire de l’exploitation de l’anthracite, le travail des mineurs et les installations souterraines de la région.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Le portail touristique officiel du territoire. Il propose des guides de randonnée, des cartes et des informations sur les sites d’intérêt patrimonial autour de La Motte d’Aveillans et de La Mure.

  • Géorisques : Ce portail du ministère de la Transition écologique permet, en recherchant la commune de « La Motte d’Aveillans », d’accéder aux cartes officielles des aléas miniers et de visualiser les zones d’effondrement et de fontis répertoriées par l’État.

  • Mairie de La Motte d’Aveillans : Le site internet de la commune, qui consacre des sections à l’histoire locale, à la vie de la municipalité et aux sentiers de randonnée présents sur son territoire.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages historiques de référence

    • Reymond, René. Évocation de la Matheysine. Éditions des Cahiers de l’Alpe, 1968.

      • Note : Ce livre classique de l’histoire locale aborde le développement industriel du plateau et les grandes étapes de l’exploitation de l’anthracite.

    • Gueymard, Émile. Statistique minéralogique, géologique, métallurgique et historique du département de l’Isère. Imprimerie de F. Allier, 1844.
    • Marie-Christine Bailly-Maistre est une historienne et archéologue française, directrice de recherche émérite au CNRS, et spécialiste reconnue de l’archéologie minière médiévale dans les Alpes.

      Mines et mineurs au Moyen Âge (co-écrit avec Paul Benoit, Éditions Aubier, 1994).

      • Un ouvrage généraliste mais qui s’appuie largement sur ses découvertes et fouilles dans les Alpes du Sud et le Dauphiné.

      • Travaux sur les mines de plomb et d’argent : Elle a ponctuellement étudié les indices d’exploitations médiévales ou modernes de métaux non-ferreux qui jalonnent la bordure du plateau matheysin et les massifs limitrophes (comme le Beaumont ou le Valbonnais).

    2. Revues et monographies locales

    • Revue Mémoire d’Obiou, éditée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (siège à La Mure).

      • Note : Cette revue annuelle publie régulièrement des articles scientifiques et des monographies précises sur les puits, les galeries et les incidents d’exploitation (tels que les effondrements de surface et les drayes) de La Motte d’Aveillans.

    • Publications de l’Association des Amis de la Mine Image (La Motte d’Aveillans).

      • Note : L’association qui gère le musée de la Mine Image édite des brochures historiques et des guides techniques détaillant la géologie locale et les méthodes d’exploitation par chambres qui ont conduit aux effondrements de surface comme la Grande Draye.

    3. Rapports techniques et géologiques officiels (Vérifiables sur Géorisques / BRGM)

    • Rapports du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) sur le bassin houiller de La Mure.

      • Note : Le BRGM a réalisé de nombreuses études sur la stabilité des sols après la fermeture des mines en Matheysine. Le rapport d’évaluation des risques miniers (mouvements de terrain, fontis et affaissements) pour la commune de La Motte d’Aveillans est un document officiel et public, consultable dans les archives de la préfecture de l’Isère ou sur le portail InfoTerre.

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