Photographie de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges en l'an 2000, située dans un paysage de montagne.

La chapelle et l’ancienne cure Notre-Dame-des-Neiges à Susville (Isère)

Découvrez l’histoire singulière de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges du Villaret. De sa construction comme salle de cinéma par la Compagnie des Mines à sa reconversion en lieu de culte par les ouvriers, plongez dans ce symbole fort de l’immigration et du passé industriel de la Matheysine.

Nichée dans le hameau du Villaret sur le plateau de la Matheysine, la chapelle Notre-Dame-des-Neiges et son ancienne cure constituent un témoignage fort de l’histoire industrielle et humaine du bassin minier de La Mure. Né d’un projet de cinéma reconverti en lieu de culte pour les mineurs immigrés, cet ensemble paroissial de Susville (Isère) incarne le paternalisme minier du XXᵉ siècle. Découvrez l’histoire passionnante de ces deux édifices, du réemploi de trésors patrimoniaux à leur reconversion contemporaine.

Informations pratiques

Élément Détails
Nom de l’ensemble Chapelle et ancienne cure Notre-Dame-des-Neiges
Localisation Susville (Hameau du Villaret / Quartier des Clots), Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
Territoire Plateau de la Matheysine / Bassin minier de La Mure (Dauphiné)
Type de patrimoine Patrimoine religieux, industriel et civil
Période de construction 1927-1928 (Projet initial) / 1931 (Aménagement en chapelle) / Milieu du XXᵉ siècle (Cure)
Matériaux Béton et maçonnerie moderne (architecture de l’ère industrielle)
Statut actuel Chapelle : Propriété communale, désacralisée, espace culturel.
Cure : Propriété privée (ne se visite pas).

Ressources de visite
Fiches pratiques (FR / EN) & tracés du parcours

Accéder au circuit et à la fiche de la chapelle de ND des Neiges

Un ensemble architectural né du paternalisme minier (1927-1931)

Répondre aux besoins des mineurs polonais et italiens

Dans les années 1930, le bassin minier de Susville connaît une forte vague d’immigration. Des familles de mineurs venues de Pologne et d’Italie s’installent dans la Matheysine pour travailler dans les galeries d’extraction. Fervents catholiques, ces ouvriers trouvent dans la nouvelle chapelle un lieu de rassemblement, de cohésion sociale et de pratique religieuse indispensable à leur intégration.

Note
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Dans l’entre-deux-guerres, loger, encadrer et fournir des lieux de culte aux mineurs (notamment polonais) constituaient un outil de contrôle social majeur. La religion était activement encouragée par le patronat pour stabiliser la main-d’œuvre étrangère, favoriser la paix sociale et faire contrepoids au syndicalisme rouge, alors très actif chez les mineurs de La Mure. Au-delà de la piété populaire, la création de cette chapelle revêt donc une importante dimension géopolitique locale.

Note
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Des vagues d’immigration aux profils contrastés : Il convient de distinguer les trajectoires des communautés polonaises et italiennes sur le plateau. Les Polonais arrivaient souvent sous l’égide de la Mission Catholique Polonaise (très structurée, avec ses propres prêtres), tandis que l’immigration italienne de l’entre-deux-guerres comptait de nombreux réfugiés politiques antifascistes, parfois plus distants de l’institution ecclésiale.

Photographie de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges en l'an 2000, située dans un paysage de montagne.

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges en 2000.

La Chapelle Notre-Dame-des-Neiges : trésors de réemploi et renouveau culturel

Le mobilier sauvegardé du hameau des Merlins

Pour meubler le nouveau sanctuaire en 1931, les bâtisseurs font appel au patrimoine local en récupérant des éléments issus de la chapelle désaffectée du hameau voisin des Merlins. La chapelle conserve ainsi :

  • Un autel et une croix en bois au cachet historique.

  • Une cloche en bronze gravée de la devise latine : « VICULUM TEGAM » (« Je protégerai le hameau »), symbole de protection spirituelle pour les mineurs et leurs familles.

La restauration de 2007 et la reconversion en lieu culturel

Après la fermeture des mines et le déclin démographique religieux, la chapelle est désacralisée. Rachetée et restaurée par la municipalité en 2007, elle est aujourd’hui sauvegardée et valorisée. L’édifice est devenu un espace culturel dynamique accueillant des expositions, des rencontres associatives et des événements patrimoniaux.

Une croix en pierre se dresse au premier plan devant la chapelle Notre-Dame-des-Neiges, sous un ciel de jour.

La croix érigée devant la chapelle Notre-Dame-des-Neiges, photographiée en 2000.

L ‘Ancienne Cure de Susville : le presbytère du Villaret

Le rôle pastoral au cœur de la cité minière

Édifiée dans la continuité de la chapelle (au milieu du XXᵉ siècle), l’ancienne cure servait de presbytère. Elle abritait le prêtre chargé d’animer la vie paroissiale de Susville et d’accompagner quotidiennement la communauté des mineurs.

Architecture industrielle et statut actuel

Contrairement aux anciens presbytères dauphinois traditionnels construits en pierre locale, la cure du Villaret reflète les techniques de construction modernes de l’époque industrielle, avec une structure en béton et maçonnerie. Aujourd’hui désaffectée de sa fonction religieuse, la cure a été vendue et réhabilitée en demeure privée. Elle ne se visite pas, mais sa façade demeure un témoin indissociable de l’ensemble paroissial.

Photographie extérieure de la cure de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges en 2020.

La cure de la chapelle Notre-Dame-des-Neiges en 2020.

Origine du nom : le symbole de Notre-Dame des Neiges

L’appellation « Notre-Dame des Neiges » fait référence au miracle survenu à Rome au IVᵉ siècle, où une tombée de neige miraculeuse en plein mois d’août sur la colline de l’Esquilin marqua l’emplacement de la future basilique Sainte-Marie-Majeure. Ce nom, associé aux sommets enneigés de la Matheysine, apporte une dimension poétique et protectrice à cet ensemble alpin.

Foire Aux Questions La chapelle Notre Dame des Neiges et sa cure

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges appartient à la commune et s’ouvre au public lors d’événements culturels ou des Journées du Patrimoine. En revanche, l’ancienne cure est une propriété privée et ne se visite pas.

À l’origine, le bâtiment a été construit en 1927-1928 par la Compagnie des Mines pour servir de cinéma. Il a été transformé en chapelle catholique en 1931.

Dans les années 1930, le bassin minier de La Mure a accueilli de nombreux mineurs immigrés d’origine polonaise et italienne. La chapelle a été aménagée pour répondre à leurs besoins spirituels et communautaires.

Cette inscription latine signifie « Je protégerai le hameau ». La cloche provient de l’ancienne chapelle du hameau des Merlins.

Sources et sites officiels 

1. Autour de l’histoire et du patrimoine minier de la région

  • La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.

  • Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.

2. Informations locales et institutionnelles

  • Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve la chapelle. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices religieux).

3. Patrimoine départemental

  • Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.

Bibliographie 

  • 1. Sur l’histoire générale et le patrimoine de la région

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine et religieuse sur le territoire.

    2. Sur l’histoire de l’immigration et la vie des mineurs

    • Ponty, Janine. Polonais méconnus : Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres. Paris : Publications de la Sorbonne, 1988. (Réédité en 2005).

      • Pourquoi cette référence ? Janine Ponty est la grande spécialiste historique de l’immigration polonaise en France. Dans cet ouvrage universitaire de référence, elle étudie de près l’installation des mineurs polonais dans le bassin de La Mure, leur ferveur religieuse, et comment leur arrivée a poussé les compagnies minières (dans le cadre du paternalisme industriel) à soutenir la création de lieux de culte catholiques comme la chapelle du Villaret.

    3. Sur l’histoire locale spécifique et le patrimoine minier

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret et le patrimoine religieux vernaculaire du plateau.

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