
La Berline de Mine à La Mure : Témoin de l’Épopée de l’Anthracite en Matheysine
Symbole du travail de fond et de la puissance industrielle du Dauphiné, une berline de mine est aujourd’hui préservée à La Mure. Plus qu’un simple wagonnet de métal, cet objet raconte l’histoire des hommes qui ont extrait, pendant plus d’un siècle, le meilleur charbon du monde. Découvrez les secrets de ce vestige du patrimoine minier isérois.
Symbole emblématique du passé minier de l’Isère, la berline de mine de La Mure rappelle l’importance de l’extraction de l’anthracite dans le bassin dauphinois.[1] Découvrez l’histoire de ce matériel roulant historique, son rôle essentiel dans la chaîne de production minière et les raisons de sa préservation en tant que patrimoine industriel local.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Type de matériel | Berline de mine (wagonnet d’extraction) |
| Opérateur historique | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Numéro d’identification | 699 |
| Usage principal | Transport de houille (anthracite) en galeries |
| Matériau de caisse | Acier riveté/soudé |
| Voie (écartement) | 600 mm |
| Lieu d’exposition | Établissement Gros, La Mure |
| État de conservation | Exposé à titre patrimonial |
| Signification historique | Témoin de l’exploitation minière en Matheysine |
Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Dans le vocabulaire technique du mineur, une berline est un wagonnet circulant sur rails, utilisé pour transporter le charbon (ou les stériles) depuis le front de taille jusqu’au puits d’extraction.
À La Mure, ces véhicules étaient le maillon essentiel de la chaîne de production. Robustes et conçues pour les galeries étroites, les berlines pouvaient transporter plusieurs centaines de kilos d’anthracite par voyage. Autrefois tractées par des chevaux ou poussées à bout de bras par les galibots, elles ont ensuite été tirées par des locomotives électriques ou à air comprimé.

Berline historique des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), photographiée en 2011 devant l’établissement Gros à La Mure.
Nous sommes ici en présence d’une berline à charbon tout à fait standard, à fond fixe et d’une capacité de 2 m³. Elle compte parmi les dernières berlines à avoir été exploitées au fond.
La Mure : Terre d’Anthracite et de Tradition Minière
Le plateau de la Matheysine, en Isère, a abrité l’un des gisements de charbon les plus riches de France : les Mines de La Mure. L’anthracite extrait ici était réputé pour sa pureté et son fort pouvoir calorifique.
La berline exposée aujourd’hui à La Mure n’est pas un simple décor urbain. Elle rend hommage :
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Aux mineurs qui ont œuvré dans l’obscurité des galeries.
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Au savoir-faire de la Compagnie des Mines de la Mure.
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À l’identité d’un territoire qui a vécu au rythme de la “remonte” et du sifflet de la mine.
En tant qu’historien spécialisé en archéologie minière, je précise que cette berline a été récupérée par les établissements Gros, spécialisés dans le recyclage et la revalorisation, lors de la fermeture des mines en 1997. Cette entreprise fut chargée de recycler l’ensemble du matériel minier extrait des galeries.

La berline n°699 des HBD devant l’ancien établissement Gros à La Mure (2011).
Pourquoi préserver ce patrimoine industriel ?
La préservation de ce matériel minier répond à un devoir de mémoire. En observant cette berline, on peut imaginer :
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Le vacarme du roulage : Le bruit des roues métalliques sur les rails résonnant dans les galeries.
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La rudesse du travail : Le chargement manuel à la pelle, une tâche physique épuisante.
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Le génie civil : L’organisation des réseaux de rails qui parcouraient des centaines de kilomètres sous nos pieds.
Aujourd’hui, alors que les puits sont fermés, ces objets deviennent des archives à ciel ouvert. Ils permettent de ne pas oublier que sous le paysage verdoyant de la Matheysine se cache une véritable ville souterraine.
Foire Aux Questions la berline de La Mure
1 – Qu’est-ce qu’une berline de mine ?
Une berline est un wagonnet de transport utilisé dans les mines pour acheminer le minerai (ici, l’anthracite) depuis le fond de la galerie jusqu’à la surface ou vers les installations de traitement. C’est un élément emblématique du matériel roulant ferroviaire en voie étroite propre au travail minier.
2 – Pourquoi cette berline est-elle exposée devant l’établissement Gros ?
L’établissement Gros à La Mure occupe une place centrale dans l’histoire locale. La présence de cette berline (n°699) en extérieur agit comme un monument commémoratif. Elle rend hommage au passé minier de la ville et rappelle aux passants le dur labeur des mineurs des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
3 – Quel était le rôle des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) ?
Les HBD étaient l’organisme en charge de l’exploitation des mines de charbon dans le secteur de La Mure et de la Matheysine. Elles ont façonné le paysage économique et social de la région pendant plus d’un siècle, faisant du bassin dauphinois l’un des centres de production d’anthracite les plus importants de France.
4 – Peut-on visiter d’autres sites miniers à La Mure ?
Oui, La Mure possède une riche culture minière. Outre les témoignages historiques dans la ville, il est possible de découvrir le Musée de la Mine Image (à La Motte-d’Aveillans), qui offre une immersion complète dans les galeries et l’histoire des mineurs du Dauphiné.
5 – Pourquoi est-il important de conserver ce type de matériel ?
La préservation de matériels comme la berline n°699 permet de maintenir vivant le patrimoine industriel dauphinois. Ces objets servent de points de repère historiques pour les générations actuelles et futures, permettant de ne pas oublier l’histoire ouvrière et technologique qui a construit l’identité de la Matheysine.
Poursuivez votre exploration
Retrouvez l’histoire du puits du Villaret
L’histoire de son terril
Et l’histoire de son exploitation
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Musées et Mémoire locale
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La Mine Image (Site Officiel)
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Pourquoi : C’est le musée souterrain de référence à La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre ce qui se passait sous terre, en complément de votre article sur le puits de surface.
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Lien : https://www.mine-image.com
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Matheysine Tourisme – Le Patrimoine Minier
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Pourquoi : Pour situer le Villaret dans l’offre touristique actuelle du plateau (sentiers, autres vestiges).
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Lien : https://www.matheysine-tourisme.com
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Archives Audiovisuelles (INA)
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La fin des Gueules Noires (Journal Télévisé de 1997)
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Pourquoi : Une vidéo d’époque (INA) montrant la remontée de la dernière benne le 28 mars 1997 au Villaret. C’est une source primaire très forte émotionnellement.
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Recherche conseillée : « INA Fermeture mines La Mure 1997 » ou lien direct vers la fresque historique de l’INA.
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Lien générique : https://www.ina.fr (Rechercher « Mines Dauphiné »)
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Technique et Après-Mine
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Le BRGM et l’Après-Mine
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Pourquoi : Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) gère la surveillance des anciens sites (eaux, gaz, stabilité). Utile pour la partie technique/environnementale.
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Lien : https://www.brgm.fr/fr/nos-actions/projets/gestion-apres-mine
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L’Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs (ANGDM)
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Pourquoi : L’organisme qui a succédé à Charbonnages de France pour gérer les droits sociaux et le patrimoine immobilier.
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Lien : https://www.angdm.fr
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Patrimoine Culturel
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Isère Culture – Patrimoine en Isère
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Pourquoi : Pour consulter la fiche officielle si le chevalement est labellisé ou répertorié dans l’inventaire départemental.
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Lien : https://culture.isere.fr
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Bibliographie
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1. Ouvrages Historiques et Techniques de Référence
Ces livres sont les « bibles » locales pour comprendre l’évolution technique ayant mené à la création du Villaret.
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REYMOND, René. La Mure et le bassin houiller du Dauphiné.
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Note : René Reymond était ingénieur géomètre aux Houillères. C’est l’ouvrage le plus précis sur la géologie, les couches de charbon et l’implantation des puits, dont le Villaret.
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Éditeur : Imprimerie Barthélemy (Plusieurs éditions, notamment 1982).
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2. Sources Primaires & Articles Spécialisés (Pour l’aspect technique)
Le Puits du Villaret est célèbre chez les ingénieurs pour sa méthode de fonçage par congélation. Pour votre fiche d’identité, voici la source technique absolue :
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Revue de l’Industrie Minérale (RIM).
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Article cible : « Le fonçage du Puits du Villaret par congélation ».
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Date : Début des années 1950 (souvent cité dans les revues de 1951 ou 1952).
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Disponibilité : Consultable aux Archives Départementales de l’Isère ou dans les bibliothèques d’écoles des Mines (Paris, Saint-Étienne).
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. Mémoire Visuelle et Sociale
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Collectif (La Mine Image). La Mine Image : La Motte d’Aveillans.
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Note : Les livrets édités par le musée souterrain contiennent souvent des coupes techniques et des historiques précis des puits, validés par d’anciens mineurs.
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4. Presse et Revues Locales (La fin de la mine)
Pour la date clé du 28 mars 1997 :
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Le Dauphiné Libéré. Numéro Hors-Série : « Adieu la Mine » (Mars/Avril 1997).
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Intérêt : Reportages complets sur la dernière remontée au Villaret, interviews des derniers mineurs et contexte de la fermeture.
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Combe Névouse : Plongée dans l’histoire tragique des mines du Dauphiné
Découvrez l’histoire de la galerie niveau 15 de Combe Névouse à Saint-Arey. Un site minier marqué par des défis techniques, une eau omniprésente et la tragédie oubliée de 1971
Plongez dans les profondeurs de la galerie de Combe Névouse, un vestige poignant de l’histoire minière du Dauphiné situé à Saint-Arey. Creusé dès 1959, ce site a exigé des prouesses techniques considérables face aux inondations souterraines et aux redoutables dégagements instantanés de gaz carbonique. Cet article retrace le destin tragique de cette exploitation, tristement célèbre pour la mort de huit mineurs en 1971, avant d’être fermée définitivement en 1983. Aujourd’hui, bien que son accès souterrain soit mortel et strictement interdit, ses ruines de surface offrent aux passionnés d’archéologie industrielle un témoignage silencieux et fascinant de l’ère du charbon.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de Combe Névouse – Niveau 15 |
| Localisation | Saint-Arey, lieu-dit « Comba Nevouza » (Dauphiné) |
| Ressource extraite | Charbon (accès au quartier du Devay) |
| Compagnie minière | Houillères du Bassin du Dauphiné |
| Début du creusement | 1959 |
| Fin du percement | 1960 (jonction effective avec le quartier du Devay en 1961) |
| Contraintes hydrogéologiques | Traversée complexe d’un karst aquifère ayant nécessité une déviation. L’eau s’écoule encore aujourd’hui. |
| Risque minier majeur | Phénomène de « dégagements instantanés » de gaz carbonique (CO2) sous très haute pression. |
| Technique de sécurisation | Emploi de « tirs d’ébranlement » (trous de forages de 20 mètres équipés de petites charges explosives pour fracturer la roche et purger le gaz préventivement). |
| Bilan humain (Tragédies) | 1968 : 1 mort 1971 : 8 morts |
| Fermeture définitive | 23 août 1983, consécutivement à un troisième dégagement instantané de CO2. |
| Vestiges archéologiques (Surface) | • Conduit en béton canalisant l’eau du karst • Tracé au sol de la voie étroite pour les berlines • Ruines du bâtiment du « basculeur » • Le « razzier » (terril de stériles partiellement végétalisé avec des pins) |
| État de conservation et Sécurité | Entrée obturée. Danger de mort : accès souterrain strictement interdit en raison de l’accumulation persistante de CO2 (asphyxie foudroyante). |
Un vestige silencieux à Saint-Arey
Perdue dans le paysage montagneux de Saint-Arey, au lieu-dit « Comba Nevouza », l’entrée de la galerie de Combe Névouse (niveau 15) semble aujourd’hui endormie. Pourtant, ce site offre un témoignage saisissant de l’activité minière du XXe siècle, mêlant prouesses techniques et drames humains. Si l’entrée est aujourd’hui obturée, les vestiges alentour racontent encore l’histoire du charbon dans le Dauphiné.

Avant : Le vallon de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1960, avant l’ouverture du niveau 15. Les installations visibles sont dédiées au stockage et à l’évacuation des stériles de creusement.
Apres : Le site de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1969. Mise en service de la galerie du niveau 15 et extension du terril. Au premier plan, le dispositif de déchargement des wagons par le bâtiment du basculeur.
1959 : Le combat contre l’eau et la roche
L’histoire commence véritablement en 1959, date du début du creusement de cette galerie stratégique. Les mineurs, dans leur progression vers les profondeurs, se heurtent rapidement à un obstacle naturel majeur : un karst rempli d’eau.
Cette poche d’eau souterraine a forcé les ingénieurs à dévier le tracé initial de la galerie. Aujourd’hui encore, cet événement géologique est visible : un écoulement d’eau permanent s’échappe du site, souvenir liquide de ce percement laborieux achevé en 1960 pour rejoindre le quartier du Devay en 1961.

Ouvrages de surface de la Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. À gauche, l’orifice de la galerie du niveau 15 ; à droite, le passage rectangulaire maçonné pour l’écoulement du ruisseau de la Combe.
Le danger invisible : Le CO2 et les « dégagements instantanés »
L’ennemi principal à Combe Névouse n’était pas seulement la roche, mais le gaz. Tout au long de son exploitation, la galerie a été le siège d’écoulements constants de gaz carbonique (CO2).
L’exploitation du quartier du Devay était particulièrement redoutée à cause du phénomène des dégagements instantanés. Contrairement au coup de grisou qui nécessite une étincelle, le dégagement instantané est une libération brutale et massive de gaz emprisonné sous pression. Le souffle est si puissant qu’il peut projeter des tonnes de roches et de matériel, balayant tout sur son passage.
Pour tenter de sécuriser la zone, les Houillères du Bassin du Dauphiné utilisaient la technique des « tirs d’ébranlement ».
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La méthode : On forait des trous de 20 mètres pour y placer de petites charges explosives.
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L’objectif : Fracturer la roche préventivement pour laisser le gaz s’échapper et faire tomber la pression avant d’envoyer les hommes extraire le charbon.

Émergence de l’exhaure de la galerie de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Point de rejet des eaux de mine et zone de risque liée aux émanations potentielles de gaz carbonique (CO2).
La tragédie de 1971 et la fin de l’exploitation
Malgré ces précautions techniques avancées, la nature est restée imprévisible. La galerie de Combe Névouse est tristement célèbre pour ses accidents mortels liés au gaz :
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1968 : Un premier accident coûte la vie à un mineur.[
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1971 : Une catastrophe majeure se produit, causant la mort de huit mineurs.
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1983 : Le 23 août, un troisième dégagement instantané scelle le destin du site, entraînant sa fermeture définitive.

Vestiges de l’installation du culbuteur, galerie de Combe Nevouse (cliché de 2010).
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux “charbon de dotation”).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la “Société de Secours”), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le “plan de licenciement” est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un “État dans l’État”.
Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour le promeneur ou l’amateur d’histoire industrielle, le site offre encore des indices visibles de son passé laborieux :
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L’eau : Canalisée aujourd’hui dans un conduit en béton pour stabiliser le terrain, elle continue de couler depuis le karst percé il y a 60 ans.
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Les rails : On devine au sol le tracé de la voie étroite où circulaient les berlines. Ces wagonnets servaient à évacuer les stériles (déchets de roche) vers le « razzier » (la zone de déversement).
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Le basculeur : Les ruines d’un petit bâtiment subsistent. C’est ici que les berlines étaient basculées pour vider leur contenu dans des camions-bennes en contrebas.
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Le razzier : Cette colline artificielle de déchets miniers a fait l’objet d’une tentative de revégétalisation. Des bénévoles y ont planté des pins, mais la toxicité ou la pauvreté du sol en a eu raison : la plupart sont morts, laissant un paysage singulier où seuls quelques arbres ont survécu.

Le terril de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2010. Détail du canal d’évacuation des eaux d’exhaure et colonisation végétale pionnière sur le schiste.

Avant : Vue opérationnelle de la zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 1970. Le complexe du niveau 15 des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD) assure alors l’extension du terril de stériles par le biais d’une rupture de charge ferroviaire et routière.
Apres : La zone de Combe Nevouse (La Mure, Isère) en 2018. État du site après la fermeture du niveau 15 en 1997 et le démantèlement complet des installations de surface. On observe le razzier (terril) dans sa configuration définitive.
DANGER DE MORT : ACCÈS STRICTEMENT INTERDIT
Ne tentez jamais de pénétrer dans cette galerie. Au-delà des risques d’éboulement et du respect de la propriété privée, ce site présente une menace invisible et létale : un dégagement continu de gaz carbonique (CO2).
Ce gaz inodore s’accumule dans les parties basses et peut provoquer une asphyxie foudroyante sans signe avant-coureur. L’observation du site doit impérativement se limiter à l’extérieur.
J’ai moi même failli perdre la vie en tentant de pénétré dans la galerie.
Foire Aux Questions la galerie de CombeNevouse
1. Qu’est-ce que le site de Combe Névouse dans le bassin de la Matheysine ?
Combe Névouse est un site stratégique situé sur la commune de Susville (ou secteur de La Mure). Le Niveau 15 correspond à une galerie technique et d’extraction majeure située à une altitude d’environ 900-950 mètres. C’est un point de convergence essentiel pour le réseau souterrain des mines de la Matheysine.
2. Quel type de minerai était extrait par les HBD à cet endroit ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon de très haute qualité, caractérisé par une teneur en carbone très élevée (plus de 90 %) et un faible taux de matières volatiles. L’anthracite de la Mure était réputé pour être l’un des meilleurs au monde, utilisé tant pour le chauffage domestique que pour l’industrie.
3. Quel était le rôle spécifique du Niveau 15 ?
Le Niveau 15 servait de galerie de roulage principale et de niveau d’exhaure (évacuation des eaux). Il permettait de relier différents secteurs d’abattage aux puits d’extraction ou aux descenderies. Dans la structure complexe du bassin, ce niveau facilitait le transit du charbon vers le centre de tri et de lavage du Villaret.
4. Qui étaient l’exploitant du site ?
Le site a été exploité par les HBD (Houillères du Bassin du Dauphiné), l’une des divisions des Charbonnages de France lors de la nationalisation.
5. Quelles sont les techniques de soutènement visibles au Niveau 15 ?
Contrairement aux mines métalliques, les mines de charbon de la Matheysine utilisaient massivement :
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Des cintres métalliques (souvent de type Toussaint-Heintzmann) pour résister à la forte pression des terrains houillers.
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Des éléments de boisage en sapin ou mélèze (utilisés pour le coffrage ou comme témoins de pression).
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On y observe également des zones de travers-bancs creusées directement dans le rocher (le “stérile”).
6. Comment le charbon était-il transporté dans cette galerie ?
Le Niveau 15 était équipé de voies ferrées étroites. Le roulage y était intensif, assuré par des locotracteurs électriques (souvent alimentés par caténaires ou trolley) ou des locotracteurs diesel, tractant des rames de berlines à forte capacité.
7. Pourquoi le site présente-t-il des formations géologiques spectaculaires ?
En raison de l’arrêt des pompages et de la forte minéralisation, le Niveau 15 est le siège de phénomènes de concrétionnement rapide. L’eau chargée en fer et en carbonate crée des stalactites de limonite (“fleurs de fer”) et des dépôts de boues d’ocre (gley) qui recouvrent le sol sur plusieurs dizaines de centimètres.
8. Pourquoi trouve-t-on des concrétions ferrugineuses dans une mine de charbon ?
Bien que l’on extraie du charbon, les eaux d’infiltration traversent des couches riches en sulfures de fer (pyrite, marcassite) présentes dans les bancs de schistes permiens et carbonifères. En s’oxydant au contact de l’air des galeries, ces minéraux créent des dépôts d’ocre et des stalactites de limonite, donnant parfois un aspect “mine de fer” aux galeries abandonnées.
9. Quel est l’état actuel du patrimoine au Niveau 15 ?
Le site témoigne de la fin de l’épopée minière (fermeture définitive du bassin en 1997). On y trouve des vestiges de l’électrification (isolateurs, câbles), des conduites d’air comprimé pour les marteaux-piqueurs et les perforatrices, ainsi que les infrastructures de gestion des eaux qui continuent de drainer le massif.
10. Quelle est l’importance historique de ce niveau pour la Matheysine ?
Le Niveau 15 est un maillon de la “colonne vertébrale” souterraine qui a permis la survie économique du plateau pendant plus d’un siècle. Il illustre le passage de l’extraction artisanale à une industrialisation massive et mécanisée sous l’égide des HBD, marquant l’identité sociale et technique de toute une région.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
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Sources et sites officiels
1. Sources d’Autorité & Archives (Crédibilité Historique)
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L’Inventaire Général du Patrimoine Culturel (Région AURA) : Pour une description technique et architecturale des vestiges industriels.
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Lien : patrimoine.auvergnerhonealpes.fr (Cherchez “Saint-Arey” dans leur base de données).
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Les Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour ceux qui veulent consulter les registres de concessions minières.
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Lien : archives.isere.fr
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Le Système d’Information Géologique (SIGES) – BRGM : Pour les données techniques sur le sous-sol et les anciennes concessions d’anthracite.
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Lien : sigessn.brgm.fr
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2. Musées et Réseaux Thématiques (Contexte Régional)
La mine de Combe Névouse fait partie intégrante du bassin minier de la Matheysine.
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Musée La Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le site de référence pour comprendre le travail des mineurs dans le bassin de La Mure.
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Lien : mine-image.com
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3. Cartographie Historique (Expérience Utilisateur)
Rien n’est plus parlant que de comparer le site actuel avec les relevés anciens.
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Géoportail – Cartes de l’État-Major : Pour visualiser l’emprise de la mine et des voies ferrées (chemin de fer de la Mure) au XIXe siècle.
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Lien : geoportail.gouv.fr (Activez la couche “Cartes de l’état-major 1820-1866”).
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Remonter le Temps (IGN) : Pour comparer des photos aériennes de l’époque de l’exploitation avec aujourd’hui.
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Lien : remonterletemps.ign.fr
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4. Liens Locaux et Territoriaux
Pour ancrer votre article dans son territoire actuel.
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Mairie de Saint-Arey : Pour les informations pratiques et le contexte communal.
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Lien : saint-arey.fr
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Office de Tourisme Matheysine Tourisme : Pour lier le patrimoine minier aux sentiers de randonnée actuels (comme le sentier qui mène au pont de Cognet).
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Lien : matheysine-tourisme.com
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Bibliographie
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1. Le Lien avec le Transport (Essentiel pour Combe Névouse)
La mine de Combe Névouse était intrinsèquement liée au transport de l’anthracite. Ce livre décrit l’infrastructure ferroviaire qui passait à proximité.
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Titre : Le Chemin de Fer de La Mure
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Auteur : Patrice Bouillin
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Éditeur : Presses et Editions Ferroviaires
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ISBN : 978-2905447111
-
Pourquoi ce choix : Saint-Arey et ses infrastructures minières sont indissociables de l’histoire du SGLM (Saint-Georges-de-Commiers – La Mure).
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Les Vestiges du Télébenne de Versenat : Sur les traces de l’or noir de Matheysine
Si les câbles et les bennes ont aujourd’hui disparu du ciel de la Mure, le plateau de la Matheysine garde en son sein les cicatrices de son passé minier. Parmi elles, les embases maçonnées du télébenne de Versenat subsistent comme les derniers témoins d’une prouesse logistique oubliée. Voyage au cœur de l’archéologie industrielle en Isère.
Découvrez l’histoire et les vestiges de la télébenne de Versenat, élément clé du système de transport des mines de La Mure. Des structures de béton aux mécanismes de l’époque, plongez au cœur du patrimoine minier de l’Isère pour comprendre comment l’anthracite a façonné le territoire de la Matheysine.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation | Télébenne (ou téléphérique industriel) de Versenat |
| Exploitant | Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Localisation | Versenat (commune de La Motte-d’Aveillans / Susville), Isère |
| Bassin Minier | Plateau de la Matheysine |
| Fonction principale | Transport des stériles du point d’extraction vers le terril |
| Type de système | Téléphérique bicâble (généralement système type Bleichert ou Pohlig) |
| Point de départ | Sortie du lavoir |
| Point d’arrivée | Terril des Combes de Versenat |
| Matériau transporté | Stériles issu du lavoir |
| Énergie | Électrique (moteurs asynchrones en station motrice) |
| Infrastructures visibles | Embases en béton, pylônes tronqués, restes de stations de tension |
| Période d’activité | Apogée au XXe siècle (abandon en 1968 lors de l’ouverture du terril du Villaret) |
| Intérêt patrimonial | Témoin de la mécanisation des transports en site escarpé |
Un fantôme industriel dans le paysage Dauphinois
Pour le promeneur non averti, ce ne sont que des blocs de béton et de pierre grise émergeant de la végétation. Pourtant, pour l’historien et le passionné de patrimoine, ces socles sont les racines d’un géant de fer : le télébenne de Versenat.
Situé sur la commune de La Motte-d’Aveillans, ce dispositif était une pièce maîtresse du système de transport des Mines de la Mure. Aujourd’hui, bien que les pylônes métalliques aient été démantelés, ces bases maçonnées dessinent encore, en pointillé, la trajectoire du charbon à travers la montagne.

Photographie aérienne de 1951 montrant le parcours du télébenne (tracé en jaune).
À quoi servait le télébenne de Versenat ?
Le plateau matheysin était un véritable labyrinthe de puits de mine et de galeries. Le télébenne (ou téléphérique industriel) était la solution la plus économique pour franchir les dénivelés complexes de la région.
Le transport des stériles
Le rôle principal du télébenne de Versenat n’était pas de transporter le charbon pur, mais d’évacuer les stériles (les roches sans valeur extraites en même temps que l’anthracite). Ces résidus étaient acheminés depuis les centres de tri et de lavage (notamment le Villaret) pour être déversés sur le terril de Versenat.
Une mécanique de précision
À l’époque, des centaines de bennes circulaient suspendues à un câble porteur, actionnées par un câble tracteur. Ce ballet incessant permettait de traiter des tonnages massifs, nécessaires pour maintenir la rentabilité de l’exploitation minière jusqu’à la fin du XXe siècle.

Avant : Vue aérienne du complexe minier en 1960 : la gare de départ du télébenne et le lavoir.
Apres : Vue aérienne de 1969 : Entre vestiges du télébenne et modernisation du lavoir.
Pourquoi ne reste-t-il que les bases maçonnées ?
Après la fermeture définitive des Mines de la Mure en 1997, le démantèlement des infrastructures a été entrepris pour des raisons de sécurité et de récupération des matériaux.
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Le recyclage du métal : Les pylônes en treillis d’acier ont été découpés et envoyés à la ferraille.
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L’ancrage au sol : Seules les fondations, blocs massifs de béton et de maçonnerie ancrés profondément dans le sol pour supporter des tonnes de tension, ont résisté au temps et aux pelleteuses.
Ces bases sont aujourd’hui des bornes historiques. Elles permettent de visualiser l’emprise au sol et l’ampleur de l’installation, marquant le paysage d’une empreinte indélébile.

Vestiges d’un pylône de télébenne : la reconquête végétale (2015).
Un massif de béton brut, reste d’un poteau porteur intermédiaire, se laisse peu à peu envahir par la nature sauvage.
L’archéologie industrielle : Une nouvelle façon de visiter la Matheysine
Visiter le site de Versenat aujourd’hui, c’est pratiquer l’archéologie de terrain. C’est un lieu privilégié pour comprendre comment l’industrie a façonné la topographie locale.
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Le Terril de Versenat : À proximité des bases de pylônes, cette montagne artificielle de schiste noir témoigne de l’accumulation des matériaux transportés pendant des décennies.
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La lecture du tracé : En alignant les socles restants, on peut encore deviner la ligne droite parfaite que suivaient les bennes au-dessus de la vallée.
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Compléter la visite : Pour comprendre le fonctionnement de ces machines, un passage par le Musée de la Mine Image (à la Motte-d’Aveillans) est indispensable pour voir des maquettes et des archives d’époque.

Vestige métallique non identifié émergeant d’un massif en béton, ancienne gare d’arrivée du télébenne. Photo prise en 2015.
Conclusion : Préserver la mémoire de la pierre
Le télébenne de Versenat a peut-être perdu ses membres d’acier, mais son squelette de pierre raconte toujours l’histoire de la sueur et du labeur des mineurs du Dauphiné. Ces vestiges sont essentiels pour ne pas oublier que sous ces pâturages paisibles battait autrefois le cœur industriel de la France.

Détail d’une fondation avec vestige de poteau métallique (cliché de 2015).
1. La diversité des métiers : Une usine à ciel ouvert
Le personnel du jour était extrêmement stratifié. On y trouvait trois grands pôles :
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Le traitement (Lavoirs et Cribles) : C’est le secteur le plus dur. L’anthracite sortant de la mine est mélangé à du schiste (stérile). Au Villaret ou aux Rioux, les ouvriers (et longtemps les ouvrières) triaient le charbon sur des tapis roulants.
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Les Ateliers Centraux : Forgerons, mécaniciens, électriciens, menuisiers. C’était l’élite technique. Ils réparaient les marteaux-piqueurs, entretenaient les bennes et les câbles des puits. Sans eux, le fond s’arrêtait.
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Les “Grands Bureaux” et l’administratif : Comptables, géomètres, ingénieurs et personnel médical. Ils géraient la paie, les plans des galeries et la santé des mineurs.
2. Les conditions de travail : Bruit, poussière et froid
Contrairement au fond où la température est constante (environ 15-18°C à La Mure), le personnel du jour subissait le climat rude du plateau matheysin.
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L’exposition aux éléments : Dans les installations de triage (souvent de grands hangars en tôle mal isolés), les ouvriers travaillaient dans un froid glacial l’hiver, avec des courants d’air permanents.
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La poussière et le bruit : Les cribles (tamis géants) et les concasseurs généraient un vacarme assourdissant et une poussière fine d’anthracite, tout aussi nocive que celle du fond. Les “trieurs” finissaient la journée aussi noirs que ceux qui remontaient du puits.
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Le danger mécanique : Si le risque d’éboulement était absent, le danger venait des machines, des courroies de transmission et du mouvement incessant des trains du SGLM (Chemin de fer de La Mure) qui manoeuvraient sous les trémies.
3. La place singulière des femmes : Les « Trieuses »
Le bassin de La Mure a longtemps employé des femmes au jour, une pratique qui a perduré jusqu’aux années 1960-70.
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Le triage manuel : Elles étaient affectées au retrait des pierres sur les tapis de charbon. C’était un travail répétitif, épuisant pour le dos et les mains, effectué dans une atmosphère saturée de poussière.
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Évolution : Avec la modernisation des lavoirs (séparation par densité dans des bains de liqueur dense), leur nombre a diminué, les postes devenant plus techniques et masculinisés.
4. Vie sociale et Statut : Mineurs à part entière
Un point crucial : le personnel du jour bénéficiait du Statut du Mineur de 1946.
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Mêmes avantages : Ils avaient droit au logement gratuit (les cités), au charbon de chauffage, aux soins gratuits à la Société de Secours minière et aux colonies de vacances pour leurs enfants.
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La retraite : C’était le point de friction majeur. Les ouvriers du jour devaient travailler plus longtemps que ceux du fond (qui partaient à 50 ou 55 ans) pour obtenir leur retraite à taux plein. Cela créait une distinction sociale nette au sein de la cité.
5. La dynamique “Jour / Fond” : Une solidarité complexe
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Le complexe de la surface : Il existait parfois une tension symbolique. Les mineurs du fond se considéraient comme les seuls “vrais” mineurs, ceux qui risquaient leur vie. Les gens du jour étaient parfois vus comme des privilégiés, bien que leur travail soit essentiel.
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L’union dans la lutte : Lors des grandes grèves (1948, 1963), cette distinction disparaissait. Le personnel du jour (notamment les ateliers et le transport) était le premier à bloquer l’outil de production pour soutenir les revendications globales.
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La sentinelle du drame : Le personnel du jour était le premier témoin des accidents. C’est eux qui voyaient arriver les ambulances au carreau de la mine et qui géraient l’angoisse des familles accourant aux grilles du puits.
6. L’héritage architectural
Aujourd’hui, les vestiges les plus visibles à La Mure sont ceux du “Jour” :
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Le Puits du Villaret et son chevalement (classé).
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Les Grands Bureaux qui témoignent de la puissance administrative des HBD.
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Les Ateliers reconvertis pour certains en zones d’activités.
Foire Aux Questions vestiges télébennes de Versenat
1. Qu’est-ce qu’une télébenne dans le contexte minier ?
Une télébenne est un système de transport aérien par câbles (similaire à un téléphérique) utilisé pour acheminer le charbon brut depuis les points d’extraction escarpés vers les centres de traitement (lavoirs) ou les gares d’expédition. En Matheysine, ce mode de transport était privilégié pour franchir les reliefs accidentés du plateau.
2. Quel était le rôle spécifique de l’installation de Versenat ?
La télébenne de Versenat servait à évacuer les stériles extrait depuis le lavoir (commune de La Motte-d’Aveillans) vers le terril des combes du Villaret. Elle permettait un flux continu des stériles sans dépendre des contraintes du transport routier ou ferroviaire au sol.
3. Pourquoi ne pas avoir utilisé le train ou des camions à l’époque ?
Le relief du plateau matheysin est marqué par des ruptures de pente importantes. La télébenne offrait une solution directe “à vol d’oiseau”, beaucoup moins coûteuse à construire et à entretenir qu’une ligne de chemin de fer en montagne, tout en garantissant un débit constant de plusieurs tonnes par heure.
4. Quand cette installation a-t-elle cessé de fonctionner ?
L’activité de la télébenne a décliné avec la restructuration des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) dans la seconde moitié du XXe siècle. Les vestiges actuels datent de l’époque où le bassin minier de La Mure était à son apogée industrielle, avant la construction d’un nouveau lavoir en 1968.
5. Que reste-t-il aujourd’hui du site de Versenat ?
On peut encore observer des structures en béton armé, notamment les embases des pylônes et des éléments de la station de chargement. Ces vestiges font désormais partie intégrante du paysage de l’archéologie industrielle locale, témoins de la robustesse des constructions minières.d’Aveillans.
6. Peut-on visiter les vestiges de la télébenne ?
Le site est accessible via des sentiers de randonnée sur le plateau matheysin. Cependant, il s’agit de ruines industrielles non sécurisées : la prudence est de mise. Pour une compréhension complète du système, il est recommandé de coupler cette visite avec celle du Musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.
Poursuivez votre exploration
“Ce chantier de rénovation est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...“
“…les travaux de restauration est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure.“
“…l’effondrement catastrophique de La Clapisse” (A venir)
Sources et sites officiels
1. Institutions et Musées (Contexte Historique)
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La Mine Image : C’est le musée de référence situé à La Motte-d’Aveillans. Leur site offre un excellent contexte sur les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour mentionner les fonds d’archives (série S ou fonds des HBD) que les chercheurs peuvent consulter.
2. Cartographie et Archéologie du Paysage (Outils d’Historien)
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Géoportail – Remonter le temps : Le lien le plus important. Il permet de comparer les photos aériennes de 1950-1965 (où la télébenne était encore en activité ou visible) avec les vues actuelles. On y voit très bien le tracé des câbles à l’époque.
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L’Inventaire du Patrimoine de l’Isère : Pour vérifier si le site de Versenat ou le triage-lavoir du Villaret sont répertoriés dans l’inventaire général du patrimoine culturel.
3. Ressources Techniques (Transport par câble)
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Bibliothèque numérique du génie civil (CNUM – CNAM) : Pour trouver des schémas techniques d’époque sur les “transporteurs aériens” utilisés dans les mines au début du XXe siècle.
Bibliographie
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1. Revues et Bulletins Spécialisés
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Association Mémoire des Mines de la Mure, Bulletins annuels de l’association.
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Pourquoi : Ces bulletins contiennent souvent des monographies sur des sites spécifiques comme Versenat, avec des plans d’époque et des témoignages d’anciens mineurs sur le fonctionnement des télébennes.
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L’Alpe (Revue), Le Peuple du Charbon, Numéro spécial consacré aux mines de La Mure.
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Pourquoi : Pour une approche plus iconographique et paysagère de l’impact de l’industrie sur le plateau matheysin.
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2. Rapports Techniques et Archives (Sources primaires)
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Archives Départementales de l’Isère (ADI), Série S (Travaux publics et transports) et Série M (Industrie).
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Pourquoi : Pour consulter les dossiers de concession et les plans de construction des transporteurs aériens (souvent déposés par les sociétés constructrices comme Bleichert ou Pohlig).
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Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), Rapports annuels de gestion (1946-1997).
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Pourquoi : Pour obtenir les chiffres de production et les investissements réalisés sur la branche de Versenat.
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3. Ressources en ligne vérifiées
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Musée de La Mine Image, Fonds documentaire sur les transports miniers, mine-image.fr.
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Ministère de la Culture, Base Mérimée : Inventaire du patrimoine industriel (Mines de La Mure).
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Le Plan Richard : Artère vitale et sortie de secours des mines de Susville
Située au Villaret, cette galerie marque un tournant technologique majeur avec le remplacement des wagonnets par des bandes transporteuses pour remonter le charbon. Au-delà de sa fonction logistique reliant les profondeurs au lavoir, le Plan Richard constituait une issue de secours cruciale pour les mineurs, témoignant aujourd’hui de l’ingéniosité et des risques de l’exploitation sur le plateau matheysin.
Nichée sur la commune de Susville, au lieu-dit Le Villaret, la galerie du Plan Richard incarne une étape clé dans la modernisation des Houillères du Dauphiné. Abandonnant le roulage traditionnel par wagonnets au profit de bandes transporteuses, cet ouvrage stratégique assurait non seulement l’acheminement massif de l’anthracite du Puits n°1 vers le lavoir, mais constituait surtout une voie vitale pour l’aérage et la sécurité des hommes. Exploration d’un vestige industriel qui fut, durant des décennies, le véritable poumon des mines de la Mure.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détail |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de sortie du Plan Richard |
| Localisation | Susville (Isère), lieu-dit Le Villaret |
| Coordonnées GPS | 44.924000, 5.777778 |
| Type d’ouvrage | Galerie inclinée (Plan) avec bandes transporteuses |
| Fonctions principales | 1.Remontée du charbon (stériles exclus)
2. Sortie de secours et aérage |
| Niveaux desservis | Du Niv. 20 (482 m) et Niv. 17 (635 m) → Vers le Lavoir (Surface) |
| Technologie | Remplacement du roulage (wagonnets) par convoyeurs à bandes |
| Connexion surface | Liaison directe au bâtiment du lavoir via tuyère en ciment |
| État actuel | Sortie obstruée, installations de surface démantelées |
Le Plan Richard : L’artère vitale de la mine du Villaret
L’histoire de l’exploitation minière est une course perpétuelle vers les profondeurs. Pour suivre les veines d’anthracite, les mineurs de la Matheysine ont dû creuser toujours plus bas, posant un défi logistique majeur : comment remonter des tonnes de minerai depuis les entrailles de la terre jusqu’à l’usine de traitement ?
C’est ici qu’intervient le Plan Richard, une prouesse technique qui a révolutionné le transport du charbon sur le site du Villaret.

Vestige de la sortie du Plan Richard (2019) : L’orifice a été définitivement condamné par un merlon de terre et de déblais lors de la campagne de mise en sécurité du site en 1999.
Une logistique souterraine divisée en deux flux
Pour comprendre l’importance du Plan Richard, il faut d’abord saisir l’organisation du site minier. À son apogée, l’activité se concentrait autour de deux puits verticaux aux fonctions bien distinctes, situés au niveau 12 (altitude 888 mètres) :
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Le Puits des Rioux : Véritable “ascenseur du personnel”, il était dédié au transport des mineurs vers les différents étages d’exploitation.
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Le Puits du Villaret : Il servait à la logistique matérielle. C’est par ce puits que descendaient les machines, les outils et les cintres de soutènement. Il servait également à remonter les stériles (les roches inutiles extraites lors du creusement).
Mais curieusement, le charbon, lui, ne passait pas par ces puits.

Vue depuis les abords de la galerie (2019) : Ce muret en maçonnerie longe la falaise et servait d’assise à la structure métallique de la bande transporteuse, défiant le relief accidenté.
La fin des wagonnets : la révolution des bandes transporteuses
Historiquement, le charbon était chargé dans des wagonnets poussés par des hommes ou tirés par des chevaux, puis des locomotives. Cependant, face à l’augmentation des cadences et de la profondeur, ce système a montré ses limites.
La mine du Villaret a alors opéré une mutation technologique en remplaçant le roulage par wagonnets par un système de transport en continu via des bandes transporteuses. Ce choix présentait trois avantages décisifs pour la rentabilité :
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Fluidité : Un flux ininterrompu de charbon vers la surface.
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Gain de temps : Suppression des étapes fastidieuses de chargement et déchargement des berlines.
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Maintenance : Une mécanique plus simple et plus fiable que le matériel ferroviaire souterrain.

Perspective depuis la zone du lavoir (2019) : On distingue ici le tracé rectiligne du muret le long de la falaise. C’est par cette voie que le charbon brut arrivait pour être traité dans l’usine de lavage située au premier plan.
L’anatomie du Plan Richard (I, II et III)
Ce système de convoyeurs portait le nom de “Plan Richard”. C’était une véritable autoroute du charbon remontant depuis les profondeurs :
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Plan Richard I et II : Ces deux premières sections de bandes remontaient le minerai depuis le niveau 17 (altitude 635 m).
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Plan Richard III : Lorsque l’exploitation a dû descendre encore plus bas, jusqu’au niveau 20 (altitude 482 m) — correspondant à la galerie de la Baume — une troisième section fut ajoutée pour connecter ce niveau inférieur au reste du réseau.
Le charbon, une fois arrivé au jour par la galerie de sortie du Plan Richard I, ne s’arrêtait pas là. Il était acheminé directement vers le lavoir (l’usine de tri et de lavage) via un impressionnant tuyau en ciment reliant la sortie de la galerie au bâtiment industriel sur le carreau de la mine.

Document de 2019 : Ce fragment de buse en béton est le dernier témoin de la liaison aérienne du Plan Richard. Il protégeait la bande transporteuse qui acheminait le charbon brut depuis la sortie de la galerie jusqu’aux installations de traitement du lavoir.
Un rôle vital pour la sécurité
Au-delà de sa fonction productive, le Plan Richard jouait un rôle crucial dans la sécurité des hommes. En cas d’accident, d’incendie ou de blocage sur les puits principaux (Villaret ou Rioux), la galerie inclinée du Plan Richard servait de sortie de secours. Les mineurs pouvaient l’emprunter pour évacuer les chantiers du fond et rejoindre la surface à pied.
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux “charbon de dotation”).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la “Société de Secours”), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le “plan de licenciement” est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un “État dans l’État”.
Que reste-t-il aujourd’hui ?
Le paysage industriel du Villaret a profondément changé. Aujourd’hui, la sortie du Plan Richard est obstruée et la végétation a repris ses droits. Les installations aériennes spectaculaires, le bâtiment du versage et le grand lavoir ont été démantelés.
Seuls quelques vestiges de maçonnerie, comme ceux visibles sur nos photos, témoignent encore de cette mécanique complexe qui faisait battre le cœur de la montagne.
Stériles : Roches sans valeur (cailloux, terre) qu’il faut extraire pour atteindre la veine de charbon.
Cintres : Arches métalliques utilisées pour soutenir les galeries et éviter les éboulements.
Carreau : Ensemble des installations de la mine situées à la surface (bureaux, lavoirs, vestiaires, puits).
Au jour : Expression minière désignant la surface, par opposition au “fond”.
Un patrimoine protégé : l’impératif de sécurité et de mémoire
Aujourd’hui, les vestiges de la galerie du plan Richard sont rendus à la nature et ses accès ont été murés et remblayés lors des campagnes de mise en sécurité définitive du bassin. Si ces lieux suscitent une curiosité légitime, il est impératif de rappeler qu’il est strictement interdit et mortel de tenter de pénétrer dans d’anciens ouvrages miniers.
Au-delà de la violation de la propriété privée, les risques souterrains sont invisibles et foudroyants :
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Les risques atmosphériques : En l’absence de ventilation forcée, des gaz lourds et asphyxiants (comme le dioxyde de carbone, appelé « stythe » par les mineurs) ou des poches de grisou résiduel peuvent s’accumuler, rendant l’air mortel en quelques secondes.
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L’instabilité structurelle : Les pressions de terrain et la dégradation des soutènements avec le temps rendent tout effondrement imprévisible.
Le respect de ce patrimoine passe par une observation extérieure et une étude documentaire. Pénétrer dans ces galeries, c’est non seulement se mettre en danger de mort, mais aussi risquer de dégrader les derniers témoins fragiles de l’ingénierie minière du XXe siècle.
Foire Aux Questions plan Richard
Qu’est-ce que le Plan Richard dans les mines de la Mure ?
Le Plan Richard était un ouvrage souterrain stratégique des Houillères du Dauphiné. Contrairement aux puits verticaux, il s’agit d’une galerie inclinée équipée de bandes transporteuses (tapis roulants). Elle permettait de remonter le charbon en continu depuis le fond de la mine jusqu’à la surface, remplaçant ainsi le système de wagonnets.
Où se trouve la galerie de sortie du Plan Richard ?
Les vestiges de cette galerie sont situés sur la commune du Villaret, en Isère, sur le plateau matheysin. Elle débouche à proximité de l’ancien site minier du Villaret, où se trouvait autrefois le grand lavoir à charbon.
Peut-on visiter l’intérieur de la galerie du Plan Richard ?
Non, l’accès est strictement interdit et impossible. Dans le cadre de la mise en sécurité du site minier en 1999, l’entrée de la galerie a été définitivement obstruée par des remblais pour prévenir tout risque d’accident (éboulements, gaz). Seuls les vestiges extérieurs (maçonnerie, murets) sont visibles.
Quelle est la différence entre le Puits du Villaret et le Plan Richard ?
Leurs fonctions étaient distinctes. Le Puits du Villaret (vertical) servait d’ascenseur pour le matériel et la remontée des roches stériles. Le Plan Richard (incliné) était exclusivement dédié au transport rapide du charbon vers l’usine de traitement et servait également de sortie de secours pour les mineurs.
Que reste-t-il des installations du Plan Richard aujourd’hui ?
Les infrastructures métalliques aériennes et les bâtiments du lavoir ont été démantelés après la fermeture des mines. Aujourd’hui, on peut observer la tête de la galerie maçonnée (l’entrée voûtée), des sections du muret de soutènement à flanc de falaise et des fragments du carter en béton qui protégeait la bande transporteuse.
Poursuivez votre exploration
Découvrez le puits du Villaret
Indissociable du puits du Villaret le terril
Et son exploitation
Sources et sites officiels
Les Musées et Lieux de Mémoire (Sources Locales)
Ces liens sont les plus pertinents pour le maillage “géographique” et “thématique”.
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La Mine Image (Musée Souterrain)
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Pourquoi ce lien ? C’est le musée situé sur la commune même de La Motte-d’Aveillans. Il gère la mémoire du site et possède les archives techniques locales. C’est la référence absolue pour votre sujet.
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Site officiel : www.mine-image.com
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Musée Matheysin (La Mure)
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Pourquoi ce lien ? Situé à La Mure, il conserve une riche collection sur l’histoire régionale et la vie quotidienne des mineurs de la Matheysine.
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Site officiel : www.musee-matheysin.fr
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Les Institutions Techniques et Archives (Sources Scientifiques)
Ces liens valident la partie technique de votre article (fermeture, mise en sécurité, géologie).
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)
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Pourquoi ce lien ? C’est l’organisme d’État chargé de la gestion de l’après-mine (surveillance des anciens puits, risques d’effondrement). Ils détiennent les dossiers techniques de la mise en sécurité de 1999 mentionnée dans votre article.
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Site officiel : www.brgm.fr ou le portail des risques www.georisques.gouv.fr
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Archives Départementales de l’Isère
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Pourquoi ce lien ? C’est ici que sont conservés les fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (plans, registres du personnel). Utile pour les généalogistes ou chercheurs.
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Site officiel : archives.isere.fr
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Tourisme et Territoire
Pour ancrer l’article dans l’actualité touristique locale.
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Matheysine Tourisme
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Pourquoi ce lien ? Pour les randonneurs qui souhaiteraient découvrir les sentiers autour des anciens sites miniers.
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Site officiel : www.matheysine-tourisme.com
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Bibliographie
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CHION, Pierre. La mine et les mineurs de la Matheysine : 150 ans de charbon à La Mure. Éditions Le Belvédère, 2005.
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Pourquoi ce livre ? C’est la “bible” locale. Pierre Chion est l’historien incontournable du plateau. Il détaille l’évolution technique du Puits du Villaret et le passage aux bandes transporteuses.
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ALLEMAND, H. & CHION, P. Les Gueules Noires du Dauphiné. Éditions Glénat, 1990.
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Pourquoi ce livre ? Un ouvrage riche en photographies d’époque qui permet de visualiser l’activité sur le carreau du Villaret avant son démantèlement.
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VEITL, Philippe. Les mines de La Mure, une histoire sociale et politique. PUG (Presses Universitaires de Grenoble), 1994.
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Pourquoi ce livre ? Pour comprendre le contexte économique qui a poussé les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) à moderniser l’extraction (abandon des wagonnets pour les plans inclinés) afin de rester rentables.
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Galerie Photos
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Gare de Notre-Dame-de-Vaulx : Mémoire d’un rail oublié
Du transport du charbon à la vie paisible d’une maison de famille, l’histoire d’une petite gare au cœur du Dauphiné.
Que devient une gare quand les trains cessent de passer ? À Notre-Dame-de-Vaulx, elle se transforme en maison. Mais avant de devenir un foyer paisible, ce bâtiment fut un maillon crucial d’une aventure industrielle audacieuse…
Informations pratiques
| Nom Officiel | Gare de Notre-Dame-de-Vaulx |
| Ligne Ferroviaire | Embranchement de La Motte d’Aveillans à Notre-Dame-de-Vaulx |
| Ligne Principale | Chemin de fer de La Mure (Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) |
| Type | Gare terminus (voyageurs et marchandises) |
| Date d’ouverture | 1904 |
| Date de fermeture | 1936 deferement 1952 |
| Durée de service |
27 ans |
L’Âge d’Or du Charbon
C’est en 1904 que les fondations de cette gare unique furent posées, pour une mise en service dès 1905. Loin des gares de voyageurs que nous connaissons, celle-ci avait une vocation exclusive : le transport du “diamant noir” local. Elle était le point névralgique d’un embranchement industriel vital, entièrement dédié à l’acheminement du charbon extrait des entrailles de la terre.
Imaginez un instant : un embranchement de 5 kilomètres reliait cette gare à la ligne principale La Motte-d’Aveillans – Saint-Georges-de-Commiers. Ce réseau secondaire desservait des lieux clés comme le “puits de la gare” et la “galerie de roulage”, des noms qui évoquent la sueur et le labeur des mineurs.
La particularité de cette ligne ? Sa voie métrique (1000 mm), la rendant compatible avec le légendaire “Petit Train de La Mure”. Des locomotives à vapeur puissantes et majestueuses tiraient alors des wagons chargés, dans un ballet incessant de fumée et de métal.
Fait technique remarquable, alors que la ligne principale était la vitrine de la traction électrique moderne, la SGLM opta pour une exploitation à la vapeur sur ces 5 kilomètres, un choix dicté par un pragmatisme économique absolu pour une desserte à faible rotation.

Le grillage des mines de Notre-Dame-de-Vaulx (Isère), une structure imposante dédiée au tri et au calibrage de l’anthracite.
Le Terminus de la Combe — Ambitions et Réalités d’une Ligne Ouvrière
Si l’histoire d’une ligne de chemin de fer se mesure à l’aune de ses ambitions, celle de la desserte de Notre-Dame-de-Vaulx est celle d’un projet inachevé. Dans les cartons initiaux, le tracé ne devait pas s’arrêter aux portes de la commune ; il visait à prolonger l’effort jusqu’à Laffrey, créant ainsi une liaison plus stratégique sur le plateau matheysin. Cependant, les réalités topographiques et économiques en décidèrent autrement. La ligne trouva son terminus définitif au fond de la combe, à 1200 mètres du village de Notre-Dame-de-Vaulx et, surtout, très en contrebas de celui-ci. Cet emplacement, dicté par la logique minière et non par le service aux voyageurs, scella dès le départ le destin de la gare en tant que point de passage public.

Plan du tracé de l’embranchement minier reliant la gare de La Motte-d’Aveillans (réseau SGLM) au terminus de Notre-Dame-de-Vaulx.
Les registres de l’année 1921 témoignent d’une fréquentation famélique : on y comptait moins d’un voyageur payant par jour en moyenne. Ce chiffre, d’une éloquence rare, illustre le décalage entre l’infrastructure et les besoins réels de la population locale, pour qui la situation excentrée et peu commode de la gare constituait un obstacle rédhibitoire. La gare ne servait pas le village ; elle servait la mine, et presque uniquement elle.
Le quotidien de l’exploitation reflétait cette vocation industrielle. Chaque jour, sept navettes rythmaient la vie du court embranchement. La composition des convois ne laissait aucune place au doute quant à leur mission prioritaire : une ou deux voitures voyageurs seulement, attelées à une rame de trois à quatre tombereaux destinés au transport de la houille. Le charbon était la raison d’être de la ligne, les passagers n’en étaient qu’une conséquence, presque un accessoire.
En effet, ces voitures voyageurs n’accueillaient que très rarement des touristes ou des habitants du cru. Elles servaient essentiellement au transport des mineurs, offrant un moyen de transport collectif adapté aux horaires des équipes. La ligne était donc moins une ligne d’intérêt local au sens traditionnel qu’une extension du système d’exploitation minier, un outil de production au même titre que le chevalement du puits ou la lampisterie.

Plan d’ensemble de la gare de Notre-Dame-de-Vaulx à sa mise en service. On y distingue clairement l’organisation des installations, pensées avant tout pour le trafic minier.
Cette navette ouvrière, parfaitement réglée, mettait à peine sept minutes pour effectuer le trajet jusqu’à la gare de La Motte-d’Aveillans. Cette brièveté n’était pas un gage de vitesse, mais la condition sine qua non pour assurer une correspondance efficace avec les trains du réseau train de La Mure (SLGM). Tout, dans l’horaire et l’organisation, était pensé pour garantir la fluidité de l’acheminement du charbon et de la main-d’œuvre, confirmant que la petite gare de Notre-Dame-de-Vaulx, malgré son nom et son statut, n’a jamais réellement été une porte d’entrée sur le village, mais bien la dernière antichambre de la mine.
La Gare, un Refuge en Temps de Guerre
L’histoire de cette gare ne se limite pas à son rôle industriel. Elle est aussi marquée par un chapitre humain poignant, survenu durant la Seconde Guerre mondiale.
Le fait est avéré et connu dans l’histoire de la Résistance sur le plateau Matheysin. Au cours de l’hiver 1943-1944, face à l’intensification des réquisitions pour le STO, de nombreux jeunes hommes de la région et d’ailleurs ont cherché à se cacher pour y échapper. Ces “réfractaires” ont trouvé refuge dans les zones rurales et montagneuses, souvent avec l’aide de la population locale.
À Notre-Dame-de-Vaulx, un groupe de 41 de ces jeunes réfractaires a été caché dans une galerie désaffectée du “puits de la gare”. Ce lieu, directement connecté à l’infrastructure minière que votre article décrit, offrait une cachette idéale : discrète, difficile d’accès pour les non-initiés et au cœur d’une communauté minière solidaire.
Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère (Grenoble) – COGNÉ, Olivier, et DREYFUS, Jean-Marc, *Le Maquis de l’Oisans*, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2011 – DREYMEYEZ, Jean-William, La Résistance en Isère, collection “La Résistance en France”, AERI, 2009.
Le Dernier Sifflet et la Seconde Vie
Malgré son importance, l’activité minière de la région connut un déclin rapide. Cette baisse d’activité entraîna la fermeture de la ligne ferroviaire dès 1936, un an avant la guerre, puis son déclassement officiel en 1952. Le chant des rails se tut, remplacé par le murmure du vent.

L’ancienne plateforme ferroviaire de Notre-Dame-de-Vaulx en 2006, là où passaient autrefois les voies.
Que Reste-t-il Aujourd’hui de ce Passé ?
Si la gare de Notre-Dame-de-Vaulx n’est plus en service et est devenue une propriété privée, son bâtiment principal a traversé les décennies, témoin silencieux d’une époque révolue. La nature a progressivement repris ses droits : la voie a été déferrée, et le vert des forêts a recouvert ce qui fut autrefois un ballet incessant de wagons.

La gare de Notre-Dame-de-Vaulx en 2006, plus de 50 ans après sa fermeture, reconvertie en habitation privée.
Pourtant, pour l’œil averti, des vestiges poignants subsistent. L’imposante plateforme de retournement des locomotives avec sa forme particulière mélangeant plaque tournante et triangle de retournement comme indiqué sur la plan de la gare est encore visible, défiant le temps. On peut également distinguer les quais d’origine, là où, à la main, le charbon était méticuleusement chargé dans les wagons tombereaux. Des cicatrices dans le paysage, qui racontent une histoire que nous ne devons pas oublier.
Cette ancienne gare de Notre-Dame-de-Vaulx est bien plus qu’une vieille bâtisse ; c’est un monument à l’ingéniosité humaine, à la résilience et à une époque où le charbon faisait battre le cœur de nos régions.
Foire Aux Questions sur la gare de Notre Dame de Vaulx.
1. Qu‘est-ce que c’est, la gare de Notre-Dame-de-Vaulx ?
C’était une gare terminus, c’est-à-dire la gare en bout de ligne. Elle se trouvait au point d’arrivée d’un court embranchement de 5 km qui se détachait de la ligne historique du Chemin de fer de La Mure (reliant Saint-Georges-de-Commiers à La Mure) au niveau de la gare de La Motte d’Aveillans.
2. Pourquoi un train arrivait-il dans ce village ?
La raison principale était économique. Cet embranchement était connecté au Chemin de fer de La Mure, construit pour transporter l’anthracite (charbon) extrait des mines du plateau Matheysin. Cette petite ligne permettait donc de desservir le village, ses habitants et surtout son activité minière.
3. Quand cette ligne de train a-t-elle fonctionné ?
Son existence a été très courte. La ligne a été inaugurée en 1904 et a cessé toute activité en 1936. Elle n’a donc fonctionné que pendant 27 ans. La ligne sera déclassé en 1952.
4. Pourquoi cette ligne a-t-elle fermé si rapidement ?
La fermeture s’explique par deux raisons. La première est le déclin de l’activité minière à Notre-Dame-de-Vaulx, qui était sa principale raison d’être. La seconde est la concurrence de plus en plus forte de la route (camions, bus) après la guerre, qui a achevé de rendre la ligne non rentable.
5. Était-ce un train électrique moderne comme sur la ligne principale ?
Non, et c’est là l’une de ses plus grandes particularités ! Alors que la ligne principale du Chemin de fer de La Mure était célèbre pour sa modernité et sa traction électrique, ce court embranchement était exploité avec une petite locomotive à vapeur. C’était une solution plus économique pour une si courte distance.
6. Le train était-il comme un TER actuel ?
Pas du tout. Il circulait sur une “voie métrique” (1 mètre d’écart entre les rails), plus étroite que la voie standard de la SNCF (1,435 mètre). Ce type de voie, moins cher, est idéal en montagne car il permet des virages plus serrés.
7. Que peut-on encore voir de cette ligne aujourd’hui ?
Le bâtiment de la gare est le vestige le plus visible, transformé en maison. En explorant la région, on peut deviner le tracé de l’ancienne voie, souvent devenu un chemin. Sur la ligne principale à laquelle elle était rattachée, on peut encore admirer des ouvrages d’art spectaculaires : tunnels et viaducs.
Pour allez plus loin
« Cette ancienne ligne est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine... »
« L’histoire de la ligne de ND de Vaulx est indissociable de celle des mines de houille de La Mure. » (A venir)
La ligne de La Motte d’Aveillans à Notre Dame de Vaulx
Promenade historique le long de l’ancienne voie, notamment depuis la cité Paulin à La Motte-d’Aveillans. A venir.
Sources et sites officiels
« Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.«
« La gare de La Motte les Bains est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine. »
« Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète. »
Le site officiel du musée de la mine à La Motte d’Aveillans. C’est LA référence incontournable pour comprendre l’histoire de l’exploitation du charbon sur le plateau Matheysin. Il offre un contexte parfait à l’existence de votre ligne de chemin de fer.
Marcher sur les traces de l’histoire ferroviaire est une expérience unique. Partout en France, d’anciennes lignes comme celle de Notre-Dame-de-Vaulx ont été reconverties en parcours paisibles, loin de la circulation. Si cette idée de balade vous séduit, l’Association Française des Véloroutes et Voies Vertes (AF3V) est votre meilleur guide. Leur site est une mine d’or pour trouver votre prochaine randonnée sur les vestiges d’un ancien chemin de fer.
Bibliographie
- GIRAUD, Jean-Pierre, Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Les Éditions du Cabri, 2015.
- Commentaire : C’est sans doute l’ouvrage le plus complet et le plus récent sur la ligne. Il est considéré comme la « bible » du sujet. Il contient une iconographie très riche, des plans de voies, des détails sur le matériel roulant et l’exploitation. La section sur les embranchements miniers devrait vous être extrêmement précieuse.
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Le Train de la Mine à Notre-Dame-de-Vaulx
Entre Patrimoine Industriel et Itinéraire de Découverte
La ligne ferroviaire qui reliait le site minier de Combe Ramis à l’activité du chemin de fer de La Mure est aujourd’hui un paysage transformé. Pourtant, les traces de ce train qui transportait le charbon dauphinois perdurent. Cet article vous invite à explorer l’histoire de cette ligne singulière, depuis ses origines pionnières jusqu’à sa disparition. Mais il vous propose aussi un guide pour redécouvrir sur le terrain les vestiges de ce patrimoine industriel, en vous apprenant à lire les indices laissés par le passé dans le paysage actuel.
Informations pratiques
| Caractéristique | Description |
| Nom Officiel | Embranchement de Notre-Dame-de-Vaulx |
| Surnom | Le Train du Charbon |
| Localisation | Plateau Matheysin, Isère (Reliait les mines de N.-D. de Vaulx à la ligne principale de La Mure) |
| Fonction Principale | Transport du charbon (anthracite) depuis les mines de Combe Ramis |
| Service Secondaire | Transport de voyageurs (service mixte pour les mineurs et habitants) |
| Exploitant | SGLM (Saint Georges de Commiers de la Mure) |
| Période d’Activité | 1904 – 1936 |
| Type de Traction | Locomotive à vapeur |
| Type de Voie | Voie métrique (écartement de 1 mètre) |
| Longueur | 5 kilomètres |
| État Actuel | Ligne déferrée en 1952 (rails retirés), vestiges encore visibles (tracé, ponts, etc.) |
| Fait Historique Marquant | La mine de Comberamis a permis a 41 jeunes d’échapper au STO (Service du Travail Obligatoire) |
La Ligne Minière La Motte d’Aveillans – Notre-Dame-de-Vaulx : Une Artère du Réseau Matheysin
Au cœur du plateau Matheysin, l’intense activité d’extraction du charbon reposait sur un réseau ferroviaire dense et spécialisé. L’axe principal de ce réseau était le célèbre Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM), une ligne à voie métrique qui fut l’épine dorsale du transport du charbon de la Matheysine vers la vallée du Drac et Grenoble. Pour acheminer la production des différents puits vers cet axe majeur, des embranchements industriels furent construits, dont celui de Notre-Dame-de-Vaulx.

Plan du tracé de l’embranchement minier reliant la gare de La Motte-d’Aveillans (réseau SGLM) au terminus de Notre-Dame-de-Vaulx.
Tracé et Rôle : Connecter l’exploitation de Combe Ramis au Grand Réseau
Construit en 1904 et mis en service en 1905, cet embranchement industriel d’environ 5 km avait pour unique mission le transport du charbon. Il reliait directement les installations minieres de Notre-Dame-de-Vaulx, notamment le puits de la gare et la galerie de roulage de la gare, à la gare de triage de La Motte d’Aveillans.

Le grillage des mines de Notre-Dame-de-Vaulx (Isère), une structure imposante dédiée au tri et au calibrage de l’anthracite.
Caractéristiques Techniques : Une Ligne Compatible
Pour s’intégrer parfaitement au réseau existant et répondre aux contraintes du transport de charges lourdes, cette ligne adopta des standards modernes pour l’époque :
- Écartement métrique : La voie de 1000 mm était identique à celle du petit train de La Mure, assurant une parfaite compatibilité.
- Traction : La ligne n’étant pas électrifiée, les trains étaient tirés par une locomotive à vapeur. Ces convois transportaient à la fois des wagons de charbon et des voitures pour les voyageurs.
- Cette ligne présente une singularité historique de taille : bien qu’appartenant à la SGLM, vitrine de la modernité électrique, elle fut exploitée à la vapeur. Ce choix, dicté par un pur pragmatisme économique, révèle les stratégies industrielles complexes de l’époque, où la rentabilité primait sur la doctrine technologique.
- Par contre nous n’avons malheureusement pas d’informations sur la machine a vapeur qui fut utilisé sur cette ligne.

Embranchement de la ligne de ND de Vaulx en gare de La Motte d’Aveillans (2003) sur la gauche de la photo.
Une Histoire Courte mais Intense (1904-1936)
La vie de cet embranchement fut entièrement dictée par l’activité minière. Après une courte exploitation, le déclin de l’extraction a scellé son destin. La fermeture de la mine de Vaulx a rendu la ligne inutile, entraînant sa fermeture définitive en 1936, suivie de son déclassement en 1952.

Photo historique quand la voie ferrée laisse place à la route : ligne de ND de Vaulx (2003).
Un Contexte Humain et Historique Particulier :
Le fait est avéré et connu dans l’histoire de la Résistance sur le plateau Matheysin. Au cours de l’hiver 1943-1944, face à l’intensification des réquisitions pour le STO, de nombreux jeunes hommes de la région et d’ailleurs ont cherché à se cacher pour y échapper. Ces “réfractaires” ont trouvé refuge dans les zones rurales et montagneuses, souvent avec l’aide de la population locale.
À Notre-Dame-de-Vaulx, un groupe de 41 de ces jeunes réfractaires a été caché dans une galerie désaffectée du “puits de la gare”. Ce lieu, directement connecté à l’infrastructure minière que votre article décrit, offrait une cachette idéale : discrète, difficile d’accès pour les non-initiés et au cœur d’une communauté minière solidaire.
Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère (Grenoble) – COGNÉ, Olivier, et DREYFUS, Jean-Marc, *Le Maquis de l’Oisans*, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2011 – DREYMEYEZ, Jean-William, La Résistance en Isère, collection “La Résistance en France”, AERI, 2009.
Vestiges et Héritage : Sur les Traces du Passé Minier
Aujourd’hui, la plateforme de la voie a été en grande partie reconvertie en chemin. Les passionnés d’histoire peuvent encore y découvrir des traces de ce passé industriel.
En résumé, cet embranchement minier était une ligne “feeder” (ligne d’alimentation) essentielle, conçue spécifiquement pour rabattre la production des installations minières de Notre-Dame-de-Vaulx vers le réseau d’évacuation du charbon que furent le Chemin de fer de La Mure (SGLM)

Sur les traces de la ligne de chemin de fer de Notre-Dame-de-Vaulx.
Que Reste-t-il Aujourd’hui de ce Passé ?
L’ensemble de ces documents brosse le portrait d’un embranchement ferroviaire à la fois modeste par sa taille et vital pour l’économie locale. Ils révèlent les contraintes techniques de sa construction, la routine de son exploitation calquée sur le rythme de la mine, et la trace qu’il a laissée dans le paysage et la mémoire collective.
Foire Aux Questions sur la ligne de Notre Dame de Vaulxs.rages d’art spectaculaires : tunnels et viaducs.
1 : Qu‘est-ce que l’embranchement de Notre-Dame-de-Vaulx ?
Il s’agissait d’une courte ligne de chemin de fer secondaire, aussi appelée “antenne ferroviaire”, qui se connectait à une ligne principale. Son rôle était de desservir spécifiquement les mines de charbon (anthracite) de la commune de Notre-Dame-de-Vaulx.
2 : Pourquoi cette voie ferrée a-t-elle été construite ?
Sa construction répondait à un besoin purement industriel : transporter efficacement et en grande quantité le charbon extrait des mines de Notre-Dame-de-Vaulx vers la ligne principale du SGLM, d’où il était ensuite expédié dans toute la région.
3 : Ce train ne transportait il que du charbon ?
Non, et c’est ce qui le rendait intéressant ! En plus des wagons de marchandises remplis de charbon, les convois comportaient également des voitures pour les voyageurs. Il assurait donc un service “mixte”, essentiel à la vie locale en transportant à la fois les mineurs, les habitants et la production de la mine.
4 : À quelle époque cette ligne a-t-elle fonctionné ?
La ligne a été active pendant la grande période de l’exploitation minière dans la région. Elle a été mise en service en 1904 et a cessé son activité en 1936, suivant le déclin de l’industrie charbonnière locale.
5 : Pourquoi les trains fonctionnaient ils à la vapeur ?
Contrairement aux grandes lignes modernisées plus tard, cet embranchement n’a jamais été électrifié. Toute la traction (le fait de tirer les trains) était donc assurée par de puissantes mais robustes locomotives à vapeur, parfaitement adaptées à la manœuvre de lourds convois de charbon.
6 : Peut-on encore voir des traces de cette ancienne voie ferrée aujourd’hui ?
Oui, pour un œil averti ! Bien que les rails aient été retirés, il est encore possible de deviner l’ancien tracé de la ligne en observant le paysage. On peut parfois retrouver des vestiges comme des vestiges de ponts, des murs de soutènement ou l’emplacement des anciennes gares, qui témoignent de ce riche passé industriel.
Pour allez plus loin
« Cette ancienne ligne est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine... »
« L’histoire de la ligne de ND de Vaulx est indissociable de celle des mines de houille de La Mure. » (A venir)
La ligne de La Motte d’Aveillans à Notre Dame de Vaulx
Promenade historique le long de l’ancienne voie, notamment depuis la cité Paulin à La Motte-d’Aveillans. A venir.
Sources et sites officiels
« Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.«
« La gare de La Motte les Bains est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine. »
« Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète. »
Le site officiel du musée de la mine à La Motte d’Aveillans. C’est LA référence incontournable pour comprendre l’histoire de l’exploitation du charbon sur le plateau Matheysin. Il offre un contexte parfait à l’existence de votre ligne de chemin de fer.
Marcher sur les traces de l’histoire ferroviaire est une expérience unique. Partout en France, d’anciennes lignes comme celle de Notre-Dame-de-Vaulx ont été reconverties en parcours paisibles, loin de la circulation. Si cette idée de balade vous séduit, l’Association Française des Véloroutes et Voies Vertes (AF3V) est votre meilleur guide. Leur site est une mine d’or pour trouver votre prochaine randonnée sur les vestiges d’un ancien chemin de fer.
Bibliographie
- GIRAUD, Jean-Pierre, Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Les Éditions du Cabri, 2015.
- Commentaire : C’est sans doute l’ouvrage le plus complet et le plus récent sur la ligne. Il est considéré comme la « bible » du sujet. Il contient une iconographie très riche, des plans de voies, des détails sur le matériel roulant et l’exploitation. La section sur les embranchements miniers devrait vous être extrêmement précieuse.
- BANAUDO, José, Le petit train de La Mure, Les Éditions du Cabri, 1993.
- Commentaire : Un classique, plus ancien mais toujours d’une grande fiabilité. José Banaudo est une référence en matière de chemins de fer secondaires français. L’ouvrage est très bien documenté sur l’histoire de la construction et de la vie de la ligne.
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La renaissance de la gare de La Mure a commencé par un acte radical : la démolition de son passé industriel pour faire place à l’avenir.
Patrimoine ferroviaire
Plus qu’un simple chemin de fer, une véritable épopée gravée dans les montagnes du Dauphiné. Né de la révolution industrielle pour désenclaver le bassin minier de la Matheysine, le Chemin de fer de La Mure s’est imposé au fil des décennies comme une prouesse technique et un trait d’union vital pour tout un territoire. De sa genèse laborieuse, au service de l’or noir des Alpes, à sa reconversion en l’une des plus belles lignes touristiques d’Europe, son histoire fut celle d’une adaptation constante. Cet article revient sur un moment clé et pourtant méconnu de sa sauvegarde : la démolition, en 2019, d’une partie de son héritage industriel en gare de La Mure. Un acte radical, nécessaire paradoxe pour assurer la renaissance de ce joyau du patrimoine ferroviaire et l’inscrire dans le XXIe siècle.
Informations pratiques
| Catégorie | Informations |
| Nom | Halte des Bethoux. |
| Localisation | • Commune : La Motte d’Aveillans.
• Région : Plateau Matheysin, Isère. |
| Ligne Ferroviaire | Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM), plus connu sous le nom de “Petit Train de La Mure”. |
| Vocation Principale | Arrêt fonctionnel pour les mineurs de la mine des Bethoux. |
| Composition | • Un abri de quai sommaire en béton pour les voyageurs. |
| Dates Clés | • 1888 : Mise en service de la halte avec la ligne.
• 1950 : Fin du service voyageurs régulier. • 1988 : Arrêt de tout trafic suite à la fin de l’exploitation du charbon. |
| Statut Actuel | • L’abri en béton est à l’état de vestige.
• La halte n’est plus desservie et fait partie du nouveau tracé touristique. |
Introduction : La Gare de La Mure, Cœur Battant du Plateau Matheysin (Avant 2010)
Avant sa métamorphose en 2020, la gare de La Mure n’était pas un simple bâtiment fonctionnel ; elle était l’héritière et le cœur vivant d’une épopée industrielle et humaine. Inaugurée à la fin du XIXe siècle, sa fonction première était indissociable de l’or noir de la Matheysine : le charbon. Artère vitale du bassin minier, elle était le point de départ du chemin de fer qui acheminait la précieuse houille vers la vallée et Grenoble. Parallèlement, elle assurait le désenclavement du plateau en transportant voyageurs, biens et nouvelles. Avec la fermeture des mines, la gare avait opéré une reconversion réussie, devenant le point de départ exclusif du Petit Train de la Mure, une attraction touristique de renommée internationale qui faisait vivre l’ensemble du territoire.
Sur le plan architectural, le bâtiment d’origine était un témoin classique et élégant de l’architecture ferroviaire de la fin du XIXe siècle pour les lignes d’intérêt local. Construit avec les matériaux de la région, il présentait une structure sobre, robuste et fonctionnelle : un soubassement en pierre de taille, un corps en maçonnerie et des encadrements de fenêtres et de portes soulignés par des briques rouges. Sa silhouette était simple, rectangulaire, coiffée d’une toiture à deux pans. Son élégance discrète était celle du travail et de la durabilité, loin des fastes des grandes gares métropolitaines, mais parfaitement intégrée à son environnement et à sa mission première.
Symboliquement, son importance était immense et dépassait de loin sa fonction. Pour la ville de La Mure, elle était une porte d’entrée, un monument familier et un symbole de la fierté matheysine, rappelant l’âge d’or industriel. Pour les cheminots, elle était bien plus qu’un lieu de travail. Elle était le bastion d’une culture et d’un savoir-faire uniques, liés à l’exploitation d’une des lignes les plus spectaculaires et techniques de France. Des générations de familles y avaient travaillé, tissant un lien affectif et identitaire très fort. La gare était le lieu de la camaraderie, de la transmission et de la mémoire vivante du rail. Sa fermeture brutale en 2010 suite à un éboulement a donc été vécue comme un véritable déchirement, laissant un bâtiment emblématique silencieux et un territoire orphelin de son plus grand ambassadeur.
Démolition à la Gare de La Mure (2019) : Pourquoi fallut-il détruire pour reconstruire ?
En 2019, les habitants et les passionnés du Petit Train de La Mure ont vu les bulldozers entrer en action sur le site de la gare. Des bâtiments anciens, témoins de plus d’un siècle d’histoire industrielle, tombaient sous les coups des pelleteuses. L’émotion fut grande, les questions nombreuses. Fallait il s’inquiéter pour ce patrimoine ferroviaire unique en Isère ?
Rassurez vous : cette démolition n’était pas une fin, mais le spectaculaire coup d’envoi de la renaissance du Chemin de Fer de La Mure. Laissez moi vous expliquer pourquoi ce chantier, parfois perçu comme un crève-cœur, était en réalité une étape indispensable pour écrire le futur de cette ligne légendaire.
La reconstruction de la gare de La Mure en 2020 s’inscrit dans le projet beaucoup plus vaste de la réouverture du Petit Train de la Mure. La gare n’a pas été simplement rénovée, elle a été transformée en un pôle d’accueil touristique moderne.
Voici les principaux acteurs de ce projet ambitieux :
1. Le Maître d’Ouvrage (le propriétaire)
-
Le Département de l’Isère : C’est le propriétaire de la ligne ferroviaire et de ses infrastructures, y compris la gare. C’est lui qui a décidé de relancer le projet après l’arrêt de l’exploitation en 2010 suite à un éboulement. Il a initié et piloté la procédure de délégation de service public (DSP) pour trouver un opérateur privé.
2. Le Délégataire et Exploitant (l’acteur central du projet)
-
Le groupe EDEIS : Il s’agit de l’acteur majeur de la reconstruction. EDEIS, groupe français d’ingénierie et de gestion d’infrastructures, a remporté le contrat de délégation de service public pour une durée de 30 ans.
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Son rôle : EDEIS a été le maître d’œuvre de l’ensemble des travaux. Il a financé une partie importante du projet, conçu le nouveau modèle touristique, supervisé la rénovation des rames, la sécurisation de la ligne et, bien sûr, la transformation complète de la gare de La Mure en un “Musée-gare”. Il est aujourd’hui l’exploitant du site.
-
3. Les Principaux Financeurs Publics
Le projet, d’un coût total d’environ 40 millions d’euros, a été financé par un partenariat public-privé. Outre l’investissement d’EDEIS, les principaux financeurs publics sont :
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Le Département de l’Isère : En tant que propriétaire, il a été le plus grand contributeur public.
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La Région Auvergne-Rhône-Alpes : La Région a massivement soutenu ce projet touristique majeur, le considérant comme un atout pour l’attractivité du territoire.
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L’État : Via différents plans de soutien au développement des territoires de montagne et au tourisme.
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La Communauté de communes de la Matheysine (CCM) : Les élus locaux se sont fortement mobilisés pour la renaissance du train, qui est un symbole et un moteur économique vital pour le plateau matheysin.
4. Les Entreprises de Conception et de Réalisation
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Architectes : Le projet de transformation de la gare a été confié à des cabinets d’architectes pour repenser les espaces, créer le musée, la boutique et l’espace de restauration. Le cabinet Atelier 17C Architectes a notamment été un acteur clé dans la conception du nouveau bâtiment.
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Entreprises du BTP : De nombreuses entreprises locales et régionales du bâtiment et des travaux publics sont intervenues pour le gros œuvre, la rénovation, l’aménagement intérieur et les finitions de la gare.
En résumé :
La reconstruction de la gare de la Mure en 2020 est le fruit d’une collaboration complexe :
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Le Département de l’Isère a été l’initiateur politique et le propriétaire.
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Le groupe EDEIS a été le chef d’orchestre, l’investisseur privé et l’exploitant.
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La Région, l’État et la Communauté de communes ont apporté un soutien politique et financier indispensable.
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Les architectes et entreprises du BTP ont été les réalisateurs techniques du projet.

Vestiges ferroviaires sur le site de la gare de La Mure (cliché d’avril 2019).
Le Contexte : D’une Ligne à l’Arrêt à un Projet d’Avenir
Pour comprendre ce chantier, il faut remonter le temps. En octobre 2010, un éboulement tragique mettait un point d’arrêt brutal à l’exploitation du Petit Train. S’ensuivirent des années de silence et d’incertitude.
Heureusement, sous l’impulsion du Département de l’Isère et de l’opérateur Edeis, un projet ambitieux a vu le jour : non pas simplement réparer la voie, mais réinventer entièrement l’expérience touristique. La gare de La Mure devait devenir la porte d’entrée moderne et accueillante de ce nouveau voyage. C’est dans cette optique de transformation que la décision de démolir certains bâtiments a été prise.

Table rase à la gare de La Mure (janvier 2019).
Qu’a-t-on Vraiment Démoli à la Gare de La Mure ?
C’est la question la plus importante, et la réponse est rassurante pour tous les amoureux du patrimoine.
Le Bâtiment Voyageurs Historique : Sauvé et Magnifié !
Le cœur de la gare, le magnifique bâtiment voyageurs de la fin du XIXe siècle, n’a JAMAIS été menacé. Bien au contraire, il a été au centre de toutes les attentions. Soigneusement préservé, il a bénéficié d’une rénovation complète pour retrouver sa splendeur d’antan et devenir le point d’accueil central pour les visiteurs d’aujourd’hui.
Les Bâtiments Industriels Démolis
Ce qui a été détruit, c’est l’héritage de l’époque minière et industrielle de la ligne. Il s’agissait principalement de :
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Vieux hangars et ateliers : D’imposantes structures métalliques et en brique qui servaient à l’entretien des locomotives et au stockage du matériel.
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Remises et bâtiments annexes : Des constructions plus petites, ajoutées au fil des décennies, qui n’avaient plus de fonction dans le projet touristique moderne.

Une page se tourne : le site de la gare de La Mure en février 2019.
Les 3 Raisons Clés de cette Démolition
Cette décision, mûrement réfléchie, reposait sur trois piliers fondamentaux :
1. La Sécurité et la Vétusté : Une Priorité Absolue
Le temps avait fait son œuvre. Ces bâtiments industriels étaient extrêmement délabrés. Leurs structures étaient devenues fragiles et ne répondaient plus à aucune norme de sécurité. De plus, la présence probable d’amiante rendait leur réhabilitation non seulement pharaonique en termes de coût, mais aussi complexe et risquée.
2. Libérer l’Espace pour l’Avenir
Pour transformer la gare en un pôle touristique attractif, il fallait de la place. La démolition a permis de créer les espaces vitaux pour :
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Un nouveau centre technique moderne pour la maintenance des nouvelles rames panoramiques.
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De vastes parkings pour accueillir les voitures et les bus de tourisme.
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Des espaces d’accueil paysagers pour rendre l’arrivée des visiteurs agréable et fluide.
3. Tourner la Page du Passé Industriel pour Écrire l’Avenir Touristique
Historiquement, la gare était un outil industriel tourné vers le charbon. La démolition des hangars a symbolisé la transition de la ligne. C’était un acte fort pour marquer le passage d’une ère à l’autre : de l’or noir des mines à l’or vert du tourisme durable.

Destruction des anciens batiments jouxtant la gare de la Mure
Le choix architectural de la nouvelle gare de La Mure n’est pas anodin, c’est une véritable déclaration d’intention. Le contraste entre l’ancien et le nouveau n’est pas une simple juxtaposition, c’est un dialogue assumé et maîtrisé, bien plus qu’une rupture.
Analysons ce que ce parti-pris architectural nous dit.
1. Le Bâtiment Historique Conservé : L’Ancre Mémorielle
Le fait de conserver, de restaurer et de mettre en valeur le bâtiment voyageur d’origine (fin XIXe siècle) est un acte fort. Il représente :
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La Mémoire et l’Héritage : Ce bâtiment est le témoin de plus d’un siècle d’histoire industrielle et humaine de la Matheysine. C’est la mine, le charbon, la vie des “gueules noires”, la connexion du plateau avec Grenoble. Le conserver, c’est refuser l’amnésie.
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L’Authenticité : Il est l’âme du lieu, le point de départ de l’épopée du Petit Train. Il donne une légitimité et une profondeur historique au projet touristique moderne. Sans lui, le projet pourrait sembler artificiel.
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L’Ancrage Territorial : Son style architectural (pierre, brique, toiture typique) l’inscrit physiquement et culturellement dans son territoire. Il est la “racine” du projet.
2. Les Nouvelles Structures Modernes : Le Souffle de la Renaissance
Les extensions contemporaines, avec leurs lignes épurées, leur usage du verre, du métal noir et du bois, incarnent la nouvelle vie du projet. Elles symbolisent :
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L’Avenir et la Modernité : Le projet n’est pas un musée figé dans le passé. C’est une attraction touristique du XXIe siècle, tournée vers l’avenir. L’architecture moderne communique cette ambition.
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La Transparence et l’Ouverture : Les grandes façades vitrées sont essentielles. Elles créent une connexion visuelle permanente entre l’intérieur (le musée, la boutique) et l’extérieur (les quais, les trains, le paysage). Elles invitent la lumière et symbolisent l’ouverture du projet sur son environnement et ses visiteurs. C’est une rupture avec les gares anciennes, souvent plus sombres et fermées.
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La Fonctionnalité : L’architecture moderne est au service d’un nouvel usage. Elle permet de créer de grands volumes ouverts, nécessaires pour l’accueil du public, l’espace muséographique, la boutique et le restaurant. Le bâtiment historique, plus cloisonné, n’aurait pas pu répondre seul à ces besoins.
3. Le Dialogue Plutôt que la Rupture : Un Pont entre les Époques
C’est ici que le génie du projet réside. Le choix n’a pas été de créer une imitation de l’ancien (ce qu’on appelle un pastiche, souvent jugé inauthentique en architecture) ni d’écraser l’ancien sous une structure disproportionnée.
Le contraste est un outil de mise en valeur mutuelle :
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L’ancien sublime le nouveau : Le bâtiment historique donne son sens et sa légitimité à l’extension moderne.
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Le nouveau sublime l’ancien : Par l’effet de contraste, les lignes épurées et les matériaux contemporains font ressortir la noblesse, la texture et les détails du bâtiment en pierre. La transparence des nouvelles parties permet même de voir l’ancien bâtiment “à travers”, le transformant presque en une pièce de musée.
Ce dialogue peut être interprété comme une narration architecturale :
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Le Passé (l’ancien bâtiment) : “Voici d’où nous venons, voici notre histoire.”
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Le Présent (la jonction, la passerelle vitrée) : “Voici le moment de la transition, de la renaissance.”
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Le Futur (l’extension moderne) : “Voici notre nouvelle ambition, notre nouvelle façon de vous accueillir pour vous raconter cette histoire.”
Conclusion : Ce que ce choix nous dit
Ce parti-pris architectural est une métaphore de l’ensemble du projet du Petit Train de la Mure : honorer le passé pour construire l’avenir.
Ce n’est pas une rupture, car le projet moderne n’existerait pas sans l’histoire qu’il raconte. C’est un dialogue respectueux entre deux époques, une “greffe” contemporaine réussie sur un corps historique. L’architecture exprime la résilience d’un territoire qui ne renie pas son passé industriel mais qui a su se réinventer en capitalisant sur son patrimoine pour créer une nouvelle dynamique économique et touristique. C’est un message d’optimisme et d’intelligence territoriale, traduit dans la pierre, le verre et l’acier.
Foire Aux Questions sur les travaux de la gare de La Mure
1. Le bâtiment principal de la gare de La Mure a-t-il été détruit ?
Non, absolument pas. Le bâtiment voyageurs historique, qui date de la création de la ligne, a été soigneusement préservé et entièrement rénové. Il est aujourd’hui la pièce maîtresse du site d’accueil des visiteurs et a retrouvé toute sa splendeur d’antan.
2. Alors, quels bâtiments ont été démolis exactement en 2019 ?
Les bâtiments détruits étaient principalement des structures industrielles annexes datant de l’époque de l’exploitation minière :
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De vieux hangars métalliques.
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Des ateliers d’entretien devenus obsolètes.
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Des remises et autres petites constructions sans valeur patrimoniale majeure.
3. Pourquoi avoir pris la décision de démolir ces bâtiments ?
Cette démolition était indispensable pour trois raisons principales :
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Sécurité : Ces bâtiments étaient très vétustes, structurellement fragiles et ne répondaient plus à aucune norme de sécurité.
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Espace : Il fallait libérer de la place pour construire les infrastructures modernes nécessaires au projet touristique (nouveau centre de maintenance, parkings pour les visiteurs, etc.).
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Modernisation : Ce chantier symbolisait le passage de l’ère industrielle du charbon à la nouvelle vocation touristique du Petit Train de La Mure.
4. Qu’est-ce qui a été construit à la place des anciens hangars ?
Le site a été entièrement repensé pour l’accueil du public. À la place des anciens bâtiments, on trouve aujourd’hui :
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Un nouveau centre technique moderne pour l’entretien des rames.
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De vastes parkings pour accueillir les voitures et les bus.
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Un parvis paysager et accueillant pour les visiteurs.
5. Ce chantier était-il lié à la réouverture du Petit Train de La Mure ?
Oui, totalement. La démolition de 2019 était la première étape visible et nécessaire du grand projet de renaissance du Chemin de fer de la Mure. C’était un prérequis pour moderniser le site et permettre la grande réouverture du train touristique, qui a eu lieu avec succès en 2021.
Poursuivez votre exploration
“Cette petite gare est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...“
“…la gare de La Mure est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure.“
“L’histoire de la gare de La Mure est indissociable de celle des mines de houille de La Mure.” (A venir)
“…ou à explorer les passerelles himalayenne pour ceux qui n’ont pas le vertige” (A venir)
Sources et sites officiels
“Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.“
“La gare de La Mure est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine.”
“Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète.”
“Un passé minier aujourd’hui commémoré par le musée La Mine Image à La Motte-d’Aveillans.”
Bibliographie
Ouvrages de référence
- DIDIER, Jean, et MARC, Jean-Louis. Le chemin de fer de la Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, le premier chemin de fer électrique de France. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1990.
- Commentaire : C’est l’ouvrage incontournable, la “bible” sur l’histoire de la ligne. Extrêmement détaillé, il couvre la construction, l’histoire de l’exploitation houillère, la technique de l’électrification pionnière, le matériel roulant et le projet avorté de prolongement vers Gap. Une source primaire pour toute recherche approfondie.
- BOUILLIN, Patrice. Le petit train de La Mure, Gloire et patrimoine du premier chemin de fer électrique de France. Grenoble : Bouillin Éditions, 2011.
- Commentaire : Plus récent que le précédent, cet ouvrage richement illustré se concentre beaucoup sur l’aspect patrimonial et touristique de la ligne. Il documente parfaitement la période d’exploitation touristique jusqu’à la fermeture de 2010 et évoque les premiers projets de renaissance.
- LAMMING, Clive. Trains de légende : les pionniers de la grande vitesse, du rail à la lévitation. Paris : Atlas, 2006.
- Commentaire : Ouvrage généraliste mais rédigé par un historien de renom. Il replace souvent le Chemin de fer de La Mure dans le contexte plus large de l’innovation ferroviaire, notamment pour son rôle de pionnier de la traction électrique en courant continu à haute tension.
Articles et Revues Spécialisées
Les revues de la presse ferroviaire française ont abondamment couvert l’histoire, la fermeture et la renaissance de la ligne.
- La Vie du Rail : De très nombreux articles et reportages ont été publiés au fil des décennies. Une recherche dans les archives de la revue est indispensable. Les numéros clés sont ceux parus autour des grands anniversaires de la ligne, de l’éboulement de 2010 et de la réouverture en 2021.
- Voies Ferrées : Cette revue, souvent plus technique, a publié des articles détaillés sur le matériel roulant spécifique (les locomotives “rouges” issues de la transformation des anciennes), l’infrastructure et les défis de l’exploitation en montagne. Le n°185 (mai-juin 2011) contient un article poignant sur la fermeture.
- Chemins de Fer Régionaux et Tramways (CFRU) : La revue de la FACS-PATRIMOINE a également consacré plusieurs articles à l’histoire et à la technique de la ligne SGLM, souvent avec des plans et des schémas techniques précis.
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