La ligne ferroviaire qui reliait le site minier de Combe Ramis à l’activité du chemin de fer de La Mure est aujourd’hui un paysage transformé. Pourtant, les traces de ce train qui transportait le charbon dauphinois perdurent. Cet article vous invite à explorer l’histoire de cette ligne singulière, depuis ses origines pionnières jusqu’à sa disparition. Mais il vous propose aussi un guide pour redécouvrir sur le terrain les vestiges de ce patrimoine industriel, en vous apprenant à lire les indices laissés par le passé dans le paysage actuel.

Informations pratiques

Caractéristique Description
Nom Officiel Embranchement de Notre-Dame-de-Vaulx
Surnom Le Train du Charbon
Localisation Plateau Matheysin, Isère (Reliait les mines de N.-D. de Vaulx à la ligne principale de La Mure)
Fonction Principale Transport du charbon (anthracite) depuis les mines de Combe Ramis
Service Secondaire Transport de voyageurs (service mixte pour les mineurs et habitants)
Exploitant SGLM (Saint Georges de Commiers de la Mure)
Période d’Activité 1904 – 1936
Type de Traction Locomotive à vapeur
Type de Voie Voie métrique (écartement de 1 mètre)
Longueur 5 kilomètres
État Actuel Ligne déferrée en 1952 (rails retirés), vestiges encore visibles (tracé, ponts, etc.)
Fait Historique Marquant La mine de Comberamis a permis a 41 jeunes d’échapper au STO (Service du Travail Obligatoire)

La Ligne Minière La Motte d’Aveillans – Notre-Dame-de-Vaulx : Une Artère du Réseau Matheysin

Au cœur du plateau Matheysin, l’intense activité d’extraction du charbon reposait sur un réseau ferroviaire dense et spécialisé. L’axe principal de ce réseau était le célèbre Chemin de fer de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure (SGLM), une ligne à voie métrique qui fut l’épine dorsale du transport du charbon de la Matheysine vers la vallée du Drac et Grenoble. Pour acheminer la production des différents puits vers cet axe majeur, des embranchements industriels furent construits, dont celui de Notre-Dame-de-Vaulx.

Plan en noir et blanc du tracé de la ligne de chemin de fer entre La Motte-d'Aveillans et la gare de Notre-Dame-de-Vaulx, illustrant son parcours et son profil.

Plan du tracé de l’embranchement minier reliant la gare de La Motte-d’Aveillans (réseau SGLM) au terminus de Notre-Dame-de-Vaulx.

Tracé et Rôle : Connecter l’exploitation de Combe Ramis au Grand Réseau

Construit en 1904 et mis en service en 1905, cet embranchement industriel d’environ 5 km avait pour unique mission le transport du charbon. Il reliait directement les installations minieres de Notre-Dame-de-Vaulx, notamment le puits de la gare et la galerie de roulage de la gare, à la gare de triage de La Motte d’Aveillans.

Vue historique en noir et blanc du grillage industriel des mines de charbon de Notre-Dame-de-Vaulx. Le bâtiment en bois sur pilotis surplombe des voies ferrées avec des wagonnets, illustrant le processus de tri de l'anthracite.

Le grillage des mines de Notre-Dame-de-Vaulx (Isère), une structure imposante dédiée au tri et au calibrage de l’anthracite.

Caractéristiques Techniques : Une Ligne Compatible

Pour s’intégrer parfaitement au réseau existant et répondre aux contraintes du transport de charges lourdes, cette ligne adopta des standards modernes pour l’époque :

  • Écartement métrique : La voie de 1000 mm était identique à celle du petit train de La Mure, assurant une parfaite compatibilité.
  • Traction : La ligne n’étant pas électrifiée, les trains étaient tirés par une locomotive à vapeur. Ces convois transportaient à la fois des wagons de charbon et des voitures pour les voyageurs.
  • Cette ligne présente une singularité historique de taille : bien qu’appartenant à la SGLM, vitrine de la modernité électrique, elle fut exploitée à la vapeur. Ce choix, dicté par un pur pragmatisme économique, révèle les stratégies industrielles complexes de l’époque, où la rentabilité primait sur la doctrine technologique.
  • Par contre nous n’avons malheureusement  pas d’informations sur la machine a vapeur qui fut utilisé sur cette ligne.
Voies ferrées dans une gare. Sur la droite, un aiguillage fait bifurquer l'un des rails pour créer une nouvelle ligne distincte.

Embranchement de la ligne de ND de Vaulx en gare de La Motte d’Aveillans (2003) sur la gauche de la photo.

Une Histoire Courte mais Intense (1904-1936)

La vie de cet embranchement fut entièrement dictée par l’activité minière. Après une courte exploitation, le déclin de l’extraction a scellé son destin. La fermeture de la mine de Vaulx a rendu la ligne inutile, entraînant sa fermeture définitive en 1936, suivie de son déclassement en 1952.

Une route asphaltée à une voie longe un vieil abri de chemin de fer en pierre et en briques.

Photo historique quand la voie ferrée laisse place à la route : ligne de ND de Vaulx (2003).

Un Contexte Humain et Historique Particulier :

Le fait est avéré et connu dans l’histoire de la Résistance sur le plateau Matheysin. Au cours de l’hiver 1943-1944, face à l’intensification des réquisitions pour le STO, de nombreux jeunes hommes de la région et d’ailleurs ont cherché à se cacher pour y échapper. Ces « réfractaires » ont trouvé refuge dans les zones rurales et montagneuses, souvent avec l’aide de la population locale.

À Notre-Dame-de-Vaulx, un groupe de 41 de ces jeunes réfractaires a été caché dans une galerie désaffectée du « puits de la gare ». Ce lieu, directement connecté à l’infrastructure minière que votre article décrit, offrait une cachette idéale : discrète, difficile d’accès pour les non-initiés et au cœur d’une communauté minière solidaire.

Notes et références
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Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère (Grenoble) – COGNÉ, Olivier, et DREYFUS, Jean-Marc, *Le Maquis de l’Oisans*, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2011 – DREYMEYEZ, Jean-William, La Résistance en Isère, collection « La Résistance en France », AERI, 2009.

Vestiges et Héritage : Sur les Traces du Passé Minier

Aujourd’hui, la plateforme de la voie a été en grande partie reconvertie en chemin. Les passionnés d’histoire peuvent encore y découvrir des traces de ce passé industriel.

En résumé, cet embranchement minier était une ligne « feeder » (ligne d’alimentation) essentielle, conçue spécifiquement pour rabattre la production des installations minières de Notre-Dame-de-Vaulx vers le réseau d’évacuation du charbon que furent le Chemin de fer de La Mure (SGLM)

Un sentier herbeux suit une ligne droite à travers une forêt, évoquant une voie de chemin de fer abandonnée.

Sur les traces de la ligne de chemin de fer de Notre-Dame-de-Vaulx.

Que Reste-t-il Aujourd’hui de ce Passé ?

L’ensemble de ces documents brosse le portrait d’un embranchement ferroviaire à la fois modeste par sa taille et vital pour l’économie locale. Ils révèlent les contraintes techniques de sa construction, la routine de son exploitation calquée sur le rythme de la mine, et la trace qu’il a laissée dans le paysage et la mémoire collective.

Foire Aux Questions sur la ligne de Notre Dame de Vaulxs.rages d’art spectaculaires : tunnels et viaducs.

Il s’agissait d’une courte ligne de chemin de fer secondaire, aussi appelée « antenne ferroviaire », qui se connectait à une ligne principale. Son rôle était de desservir spécifiquement les mines de charbon (anthracite) de la commune de Notre-Dame-de-Vaulx.

Sa construction répondait à un besoin purement industriel : transporter efficacement et en grande quantité le charbon extrait des mines de Notre-Dame-de-Vaulx vers la ligne principale du SGLM, d’où il était ensuite expédié dans toute la région.

Non, et c’est ce qui le rendait intéressant ! En plus des wagons de marchandises remplis de charbon, les convois comportaient également des voitures pour les voyageurs. Il assurait donc un service « mixte », essentiel à la vie locale en transportant à la fois les mineurs, les habitants et la production de la mine.

La ligne a été active pendant la grande période de l’exploitation minière dans la région. Elle a été mise en service en 1904 et a cessé son activité en 1936, suivant le déclin de l’industrie charbonnière locale.

Contrairement aux grandes lignes modernisées plus tard, cet embranchement n’a jamais été électrifié. Toute la traction (le fait de tirer les trains) était donc assurée par de puissantes mais robustes locomotives à vapeur, parfaitement adaptées à la manœuvre de lourds convois de charbon.

Oui, pour un œil averti ! Bien que les rails aient été retirés, il est encore possible de deviner l’ancien tracé de la ligne en observant le paysage. On peut parfois retrouver des vestiges comme des vestiges de ponts,  des murs de soutènement ou l’emplacement des anciennes gares, qui témoignent de ce riche passé industriel.

Pour allez plus loin

« Cette ancienne ligne est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine... »

« L’histoire de la ligne de ND de Vaulx est indissociable de celle des mines de houille de La Mure. » (A venir)

La ligne de La Motte d’Aveillans à Notre Dame de Vaulx

Promenade historique le long de l’ancienne voie, notamment depuis la cité Paulin à La Motte-d’Aveillans. A venir.

Sources et sites officiels 

« Pour préparer votre voyage et consulter les informations pratiques, rendez-vous sur le site officiel du Petit Train de La Mure.« 

« La gare de La Motte les Bains est une excellente porte d’entrée pour découvrir les nombreux autres atouts touristiques de la région, comme le recommande l’Office de Tourisme de la Matheysine. »

« Pour une plongée encore plus profonde dans les détails techniques et historiques de la ligne, la page Wikipédia consacrée au Chemin de fer de la Mure est une ressource très complète. »

Le site officiel du musée de la mine à La Motte d’Aveillans. C’est LA référence incontournable pour comprendre l’histoire de l’exploitation du charbon sur le plateau Matheysin. Il offre un contexte parfait à l’existence de votre ligne de chemin de fer.

Marcher sur les traces de l’histoire ferroviaire est une expérience unique. Partout en France, d’anciennes lignes comme celle de Notre-Dame-de-Vaulx ont été reconverties en parcours paisibles, loin de la circulation. Si cette idée de balade vous séduit, l’Association Française des Véloroutes et Voies Vertes (AF3V) est votre meilleur guide. Leur site est une mine d’or pour trouver votre prochaine randonnée sur les vestiges d’un ancien chemin de fer.

Bibliographie 

  • GIRAUD, Jean-Pierre, Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Les Éditions du Cabri, 2015.
    • Commentaire : C’est sans doute l’ouvrage le plus complet et le plus récent sur la ligne. Il est considéré comme la « bible » du sujet. Il contient une iconographie très riche, des plans de voies, des détails sur le matériel roulant et l’exploitation. La section sur les embranchements miniers devrait vous être extrêmement précieuse.
  • BANAUDO, José, Le petit train de La Mure, Les Éditions du Cabri, 1993.
    • Commentaire : Un classique, plus ancien mais toujours d’une grande fiabilité. José Banaudo est une référence en matière de chemins de fer secondaires français. L’ouvrage est très bien documenté sur l’histoire de la construction et de la vie de la ligne.