L’épopée des mines des Boines : Une histoire de charbon en Matheysine
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
Entre espoirs industriels et réalités géologiques : un siècle d’exploitation charbonnière sur le site des Boines en Matheysine.
| Caractéristique | Détails |
| Lieu | La Motte d’Aveillans, Matheysine (Isère) |
| Altitude | Environ 1 300 mètres |
| Type d’exploitation | Mine de charbon (artisanale puis industrielle) |
| Concession | Octroyée en 1834 |
| Veines identifiées | Henriette, Trois Bancs |
| Principales contraintes | Enclavement, saisonnalité, géologie morcelée |
| Infrastructures | 7 galeries, télébenne, station de lavage |
| Fin d’activité | 11 juillet 1908 (faillite/absence d’acquéreur) |
Au cœur des montagnes, à 1300 mètres d’altitude, gisent les vestiges d’une aventure industrielle singulière : les mines des Boines. Entre espoirs de rentabilité et défis géologiques, cette exploitation charbonnière, bien que modeste, témoigne de la ténacité des mineurs du XIXe siècle. Retour sur le destin de ces galeries aujourd’hui presque effacées par le temps.
La découverte d’affleurements de terrain houiller en surface a conduit à l’institution d’une concession par une ordonnance royale du 9 août 1834. Attribuée à la société Achard Valentin et Cie, celle-ci s’étendait sur les communes de La Motte-d’Aveillans et de La Motte-Saint-Martin, couvrant une superficie de 77 hectares.
L’exploitation ne fonctionna que de manière intermittente, entre 1834 et 1848.
Dans un rapport daté du 25 janvier 1856, l’ingénieur du Corps impérial des Mines notait : « La position de la concession des Boines, sur l’arête qui sépare celle du Peychagnard de celle de Serre-Leycon, [la place] dans des conditions de transport beaucoup moins favorables ; [ce qui a] déterminé la suspension des travaux. »
La concession fut mise en adjudication en 1897. À la suite d’une requête déposée par M. Louis Jay, négociant en charbon à Grenoble, à l’encontre de M. Jean-Baptiste Étienne, alors directeur des mines des Boines, la concession ainsi que divers immeubles et bâtiments furent vendus aux enchères le 11 juillet 1908. L’exploitation cessa alors définitivement.
Par la suite, les Houillères du bassin du Dauphiné, devenues par la suite les Houillères du bassin du Centre et du Midi (HBCM), devinrent concessionnaires à compter du 28 juin 1946, succédant à M. Pierre-Marie Durant.
Bien avant l’octroi officiel de la concession en 1834, la zone des Boines faisait déjà l’objet d’une exploitation artisanale. Les mineurs pratiquaient alors le « grattage » des affleurements, prélevant le charbon en surface là où la roche mère se révélait.
Cependant, la géologie locale ne facilitait pas la tâche. Les couches de charbon, telles que les veines « Henriette » ou « Trois Bancs », étaient morcelées, rendant leur suivi continu impossible. Cette instabilité des gisements condamna rapidement toute ambition d’exploitation industrielle à grande échelle, rendant les couches majeures, comme la couche « Roland » ou la « Grande Couche », introuvables ou inexploitables.
L’exploitation des Boines fut confrontée à deux obstacles majeurs :
L’enclavement : Située à plus de 1300 mètres, la mine était coupée des grands axes de transport. Écouler la production était un défi logistique permanent.
La saisonnalité : Entre 1834 et 1848, l’activité ne se maintenait que durant la belle saison, et de manière très intermittente.
Sept galeries furent pourtant foncées, s’échelonnant entre 1250 et 1400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, les « razziers » (tas de déblais) de moins de 100 m³ témoignent de la brièveté de ces travaux : les galeries étaient bien souvent abandonnées sitôt ouvertes.
La topographie exigeante du site a nécessité des aménagements logistiques audacieux pour l’époque. On note la présence sur le site de deux télébenne, dont l’un était spécifiquement dédié à l’acheminement du minerai vers une station de lavage. Ces installations soulignent une volonté d’industrialisation, malgré les contraintes du terrain.
Les travaux de creusement ont permis d’identifier deux couches de charbon : la couche Henriette et celle des Trois Bancs. Toutefois, la géologie tourmentée du secteur a rapidement montré ses limites : l’impossibilité de suivre ces veines de manière continue a précipité l’abandon de l’exploitation. Par ailleurs, les espoirs des concessionnaires furent déçus, les couches productives supérieures, telles que la couche Roland et la Grande Couche, n’ayant jamais pu être localisées sur le périmètre de la concession.
L’accumulation des contraintes géographiques et techniques eut raison de la mine. Le 11 juillet 1908, la concession fut mise aux enchères publiques. Faute d’acquéreur, l’aventure des Boines prit fin, actant la faillite économique du site.
La mine des Boines illustre parfaitement ces « petites » exploitations qui ont jalonné l’histoire du Dauphiné, souvent éclipsées par les grandes mines du bassin de La Mure. Visiter ces lieux, c’est rendre hommage à la rudesse du travail des mineurs de montagne qui, contre toute attente, ont tenté de dompter les entrailles de la terre.
Les archives étant lacunaires, la mémoire locale est notre complément indispensable. Si des familles possèdent des documents, récits ou photos de ces périodes, n’hésitez pas à nous contacter. » Cela transforme votre page en un espace vivant de récolte de données.
1. Qu’est-ce que le site des Boines et pourquoi est-il important ?
Les Boines constituent un témoin historique significatif de l’exploitation houillère en Matheysine. Ce site permet de comprendre les méthodes d’extraction artisanales et industrielles qui ont façonné l’économie et le paysage du Dauphiné au cours du XIXe et du XXe siècle.
2. Quelles sont les traces qu‘il reste de cette activité minière aujourd’hui ?
Bien que la nature ait repris ses droits, il subsiste plusieurs vestiges : entrées de galeries (plus ou moins accessibles), traces de plans inclinés, déblais de mines (le « razzier ») et des infrastructures logistiques témoignant de l’organisation du travail de l’époque.
3. Les mines des Boines sont-elles ouvertes au public ?
La plupart des vestiges miniers se situent sur des terrains privés ou sur des zones présentant des risques naturels (éboulements, cavités instables). Il est rappelé que l’accès aux galeries souterraines est strictement interdit par mesure de sécurité et par respect pour les propriétés privées.
4. Existe-t-il des archives sur l’histoire de ces mines ?
Oui, l’histoire des Boines est documentée par les archives des concessions minières conservées aux Archives Départementales de l’Isère, ainsi que par les rapports techniques du BRGM. Ce travail de recherche s’appuie sur ces sources documentaires complétées par des témoignages oraux.
Les Boines font partie de l’ensemble des mines de la Matheysine
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Ces liens renforcent immédiatement le sérieux de votre article :
Le site InfoTerre (BRGM) : https://infoterre.brgm.fr/
Usage : C’est la référence absolue pour la géologie et les risques miniers. Indiquez à vos lecteurs qu’ils peuvent y consulter les données sur les cavités et l’historique minier de la zone.
Archives Départementales de l’Isère : https://archives.isere.fr/
Usage : C’est ici que se trouvent les documents originaux (série S, concessions minières). Mettez ce lien dans une section « Pour aller plus loin » pour encourager les lecteurs à consulter les sources primaires.
Puisque votre site parle aussi du Train de la Mure, ces liens sont logiques :
Musée de la Mine de la Matheysine (La Mine Image) : https://www.mine-image.com/
Usage : C’est l’institution de référence. Faire un lien vers eux montre que vous êtes en phase avec le travail de mémoire local officiel.
Patrimoine Industriel (Inventaire général) : https://inventaire.patrimoine-region.fr/
Usage : Vous pouvez rechercher si les Boines y sont mentionnées. C’est une source très fiable pour la terminologie architecturale des sites miniers.
Ces livres sont les piliers de l’histoire minière dans ce secteur :
Collection « Mémoire d’Obiou » (Éditions locales).
Note : Cette collection publie régulièrement des témoignages et des recherches historiques sur les communes de la Matheysine. Vérifiez les numéros traitant de « La Mure » ou des « mines ».
Pour un historien, ces documents sont plus précieux que les livres généralistes :
BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Inventaire des cavités souterraines de l’Isère.
Conseil : Recherchez les rapports spécifiques liés aux concessions minières de la commune de La Mure (ou des communes limitrophes si les Boines sont en limite). Vous les trouverez sur le portail InfoTerre.
Archives Départementales de l’Isère (ADI) – Série S.
Note : La série S concerne les travaux publics, mines et carrières. C’est ici que vous devez chercher les « dossiers de concession » des Boines.
Citation type pour votre bibliographie : « Archives Départementales de l’Isère, série S, Dossiers relatifs aux concessions minières de la Matheysine. »
Mine Image (La Mure).
Leur centre de documentation est le point de départ de toute recherche sur le sujet. Si vous n’y êtes pas allé, c’est votre priorité.
Association des Amis du Musée de la Mine.
Leurs bulletins sont souvent plus précis que les grands livres historiques sur des lieux-dits spécifiques comme « Les Boines ».
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