
La stèle du Niveau 20 à La Baume : mémoire d’un drame minier
Retour sur l’histoire de ce monument de Saint-Arey, témoin du sacrifice d’un conducteur d’engins lors du percement de la galerie en 1975.
Au détour d’un sentier sur le site de la Baume, à Saint-Arey, une stèle de pierre se dresse, discrète mais poignante. Bien plus qu’un simple bloc rocheux, ce monument gravé est le témoin silencieux d’un drame survenu en 1975, lors du périlleux percement de la galerie. Plongée dans l’histoire de ce lieu marqué par le labeur et le sacrifice, pour ne jamais oublier le conducteur d’engins qui y a perdu la vie.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails |
| Sujet | Stèle commémorative (hommage) |
| Localisation | Site de la Baume, Saint-Arey (Isère) |
| Niveau | Niveau 20 |
| Contexte historique | Percement de la galerie minière |
| Date de l’événement | 1975 |
| Objet de la stèle | Décès d’un conducteur d’engins |
| Type de monument | Stèle en pierre |
| État actuel | Témoin patrimonial du site |
Un vestige du travail souterrain en Isère
Le Dauphiné, et plus particulièrement le secteur de Saint-Arey, porte en lui les cicatrices et la fierté d’un passé industriel hors du commun. Si l’exploitation minière est souvent associée à l’extraction du charbon ou des métaux précieux, elle est avant tout une aventure humaine faite de prouesses techniques et de risques constants.
Le Niveau 20, situé sur la commune de Saint-Arey, fait partie de ces infrastructures stratégiques destinées à accéder aux gisements profonds. C’est ici que se trouve un monument empreint d’émotion : la stèle commémorative de La Baume.
i la stèle de La Baume rend hommage aux hommes et aux infrastructures de surface, le quotidien se jouait dans les travers-bancs, tels que ceux du niveau 20 de Saint-Arey (voir encart ci-contre).
La stèle commémorative que nous étudions témoigne de l’activité ferroviaire en surface, mais le cœur battant du site se situait sous nos pieds. Le secteur de La Baume était intimement lié au réseau complexe des Houillères du Dauphiné.
Pour comprendre l’ampleur du travail des mineurs qui alimentaient cette gare, il faut se pencher sur les infrastructures souterraines proches, comme la Galerie du niveau 20 à Saint-Arey. Ce type d’ouvrage, véritable artère industrielle, permettait l’extraction et l’évacuation du charbon avant son transbordement vers les plans inclinés.
Envie d’aller plus loin ? Découvrez l’exploration technique et historique de la Galerie minière de Saint-Arey (niveau 20) pour saisir la réalité du travail au fond.
La stèle : un hommage à la communauté minière
«Au-delà de sa fonction de repère minier et industriel, la stèle de La Baume porte en elle le poids d’une mémoire ouvrière indissociable du plateau matheysin. Elle n’est pas seulement le monument d’une infrastructure disparue, mais un hommage silencieux à la condition des mineurs et de leurs familles.
Pendant des décennies, le rythme de vie de La Baume a été dicté par la rotation des berlines, les cadences de descente au fond et les risques quotidiens du métier. Ce lieu de transbordement était le point de rencontre quotidien où se cristallisaient les solidarités de chantier et les luttes sociales pour la sécurité et la dignité. En érigeant ce monument, c’est toute la culture de la mine — faite de courage, de camaraderie sous la lampe, mais aussi de deuils — que le territoire a souhaité ancrer dans la pierre.
Aujourd’hui, alors que les rails ont été déposés et que le silence a repris ses droits sur le site, cette stèle demeure le trait d’union entre notre présent et le passé héroïque d’une génération qui a façonné le paysage du Dauphiné par son labeur.

Hommage au site de la Beaume : stèle commémorative dédiée à un conducteur d’engins décédé lors du percement de la galerie (2005).
Le drame de 1975 : Un sacrifice gravé dans la pierre
L’histoire de cette stèle est intimement liée au percement de la galerie de la Baume. En 1975, alors que les travaux de creusement sont confiés aux sociétés spécialisées EGCEG et FORCAL, un accident dramatique vient endeuiller le chantier.
Monsieur Florio, entrepreneur âgé de seulement 30 ans et père de deux enfants, perd la vie tragiquement, écrasé par l’engin de chantier qu’il pilotait. Ce sacrifice rappelle la dangerosité extrême des métiers du “fond” et du génie civil minier, où la machine, bien qu’indispensable au progrès, pouvait devenir fatale en un instant.

Stèle commémorative érigée en mémoire d’un conducteur d’engins, site de la Beaume (2005).
Pourquoi visiter la stèle de La Baume aujourd’hui ?
Plus qu’un simple repère géographique, cette stèle est un lieu de recueillement et de transmission. Pour l’historien comme pour le promeneur, elle permet de :
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Honorer la mémoire des travailleurs de l’ombre qui ont façonné le paysage industriel de l’Isère.
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Comprendre la topographie minière : La stèle est située dans le dernier virage avant d’atteindre le site de La Baume, offrant un point de vue unique sur l’organisation des anciens chantiers.
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Préserver le patrimoine : En visitant ces lieux, nous entretenons le souvenir d’une époque où l’énergie de la France dépendait du courage de ces hommes.
Foire Aux Questions la stèle du niveau 20 La Beaume
1 – Où se situe exactement cette stèle ?
La stèle est située sur le site de la Baume, sur la commune de Saint-Arey, en Isère. Elle se trouve précisément au niveau 20, à proximité de l’emplacement de l’ancienne galerie de mine.
2 – À qui cet hommage est-il dédié ?
Ce monument commémoratif rend hommage à un conducteur d’engins qui a tragiquement perdu la vie lors des travaux de percement de la galerie en 1975. La stèle est le témoin du courage et des risques encourus par les ouvriers lors de cette exploitation.
3 – Pourquoi est-il important de conserver ce vestige ?
Au-delà de son aspect historique, cette stèle constitue un devoir de mémoire envers les travailleurs qui ont façonné le paysage industriel du Dauphiné. Elle rappelle les conditions de travail souvent difficiles et le prix humain parfois élevé payé lors des grands chantiers miniers de la région.
4 – Le site de la Baume est-il accessible au public ?
Le site de la Baume est un lieu chargé d’histoire. Si le monument est visible, nous rappelons aux visiteurs de rester prudents, de respecter les lieux et de ne pas pénétrer dans les zones qui pourraient être sécurisées ou instables.
5 – Existe-t-il d’autres monuments similaires dans le secteur ?
La région du Dauphiné possède un riche patrimoine industriel minier. Plusieurs autres sites dans les environs conservent des traces de cette époque, qu’il s’agisse de stèles, d’anciennes infrastructures ou d’entrées de mines, qui témoignent de l’activité économique intense de la vallée au XXe siècle.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
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Sources et sites officiels
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Mémoire des mines : Si vous voulez apporter un contexte historique national ou régional, vous pouvez pointer vers :
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Le Musée de la Mine de La Motte-d’Aveillans (La Mine Image) : C’est une référence incontournable sur l’histoire minière du secteur.
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Lien : https://www.mine-image.com/
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Inventaire du Patrimoine Industriel (ou notices sur le site de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes si disponible) pour le côté historique officiel.
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Géographie locale : Pour situer Saint-Arey.
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Lien : Site de la Mairie de Saint-Arey (si elle possède une page historique).
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Bibliographie
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1. Sources d’Autorité & Archives (Crédibilité Historique)
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L’Inventaire Général du Patrimoine Culturel (Région AURA) : Pour une description technique et architecturale des vestiges industriels.
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Lien : patrimoine.auvergnerhonealpes.fr (Cherchez « Saint-Arey » dans leur base de données).
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Les Archives Départementales de l’Isère : Indispensable pour ceux qui veulent consulter les registres de concessions minières.
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Lien : archives.isere.fr
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Le Système d’Information Géologique (SIGES) – BRGM : Pour les données techniques sur le sous-sol et les anciennes concessions d’anthracite.
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Lien : sigessn.brgm.fr
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2. Musées et Réseaux Thématiques (Contexte Régional)
La mine de Combe Névouse fait partie intégrante du bassin minier de la Matheysine.
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Musée La Mine Image (La Motte-d’Aveillans) : C’est le site de référence pour comprendre le travail des mineurs dans le bassin de La Mure.
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Lien : mine-image.com
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3. Cartographie Historique (Expérience Utilisateur)
Rien n’est plus parlant que de comparer le site actuel avec les relevés anciens.
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Géoportail – Cartes de l’État-Major : Pour visualiser l’emprise de la mine et des voies ferrées (chemin de fer de la Mure) au XIXe siècle.
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Lien : geoportail.gouv.fr (Activez la couche « Cartes de l’état-major 1820-1866 »).
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Remonter le Temps (IGN) : Pour comparer des photos aériennes de l’époque de l’exploitation avec aujourd’hui.
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Lien : remonterletemps.ign.fr
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4. Liens Locaux et Territoriaux
Pour ancrer votre article dans son territoire actuel.
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Mairie de Saint-Arey : Pour les informations pratiques et le contexte communal.
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Lien : saint-arey.fr
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Office de Tourisme Matheysine Tourisme : Pour lier le patrimoine minier aux sentiers de randonnée actuels (comme le sentier qui mène au pont de Cognet).
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Lien : matheysine-tourisme.com
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Mémoire de fer et d’eau : La galerie d’exhaure du Niveau 21
Imaginez un tunnel de plus de 3 kilomètres, creusé à la main et à l’explosif, aujourd’hui silencieux et invisible, dormant sous des millions de mètres cubes d’eau. C’est le destin de la Galerie du Niveau 21 de Saint-Arey.
Situé sur la commune de La Motte d’Aveillans, cet ouvrage d’art est un témoin clé de l’histoire des Houillères du Dauphiné, désormais caché par le Lac de Monteynard. Plongée dans l’histoire d’une galerie fantôme.
Cet article explore la galerie d’exhaure du niveau 21 des mines de La Motte-d’Aveillans, ouvrage hydraulique crucial du bassin minier de la Matheysine. Cette infrastructure stratégique permettait l’évacuation des eaux d’infiltration vers le Drac, garantissant ainsi la sécurité des chantiers de fond de la Société des Mines de la Mure. Le reportage documente avec précision l’architecture maçonnée de ce tunnel technique, témoignant du génie civil souterrain de l’époque. C’est une immersion inédite au cœur des réseaux logistiques qui ont soutenu l’exploitation charbonnière dauphinoise.
Informations pratiques
| Catégorie | Détails Techniques & Historiques |
| Désignation officielle | Galerie d’exhaure du Niveau 21 |
| Exploitant historique | Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure (puis HBD) |
| Localisation | Commune de Saint-Arey |
| Concession rattachée | Concession de La Jonche (1610 hectares) |
| Fonction primaire | Exhaure gravitaire (drainage des eaux vers le Drac) |
| Matériau extrait | Anthracite (Bassin houiller du Dauphiné) |
| Longueur totale | ~ 3 600 mètres (3,6 km) |
| Chronologie de percement | 1919 (début) — 1948 (achèvement complet) |
| Ouvrages liés | Puits des Rioux (jonction effectuée entre 1942 et 1946) |
| Architecture souterraine | Voûtes maçonnées (pierres de taille et briques), cadres en bois, renforcements métalliques |
| Incident majeur | Effondrement à la « cote 1380 » en 1952 (déblayage en 1954) |
| Statut actuel | Ennoyée (sous les eaux du Lac de Monteynard depuis 1962) |
| Visibilité | Uniquement lors des vidanges décennales du barrage de Monteynard |
La Galerie du Niveau 21 : Un destin lié aux mutations du bassin de La Mure
L’histoire de la galerie du niveau 21 est indissociable de celle de la concession de Jonche, créée officiellement le 12 août 1919. Malgré son potentiel, cette exploitation se heurta rapidement à une réalité géographique impitoyable : située au fond des gorges encaissées du Drac, la difficulté d’accès aux chantiers rendit toute rentabilité impossible.
Face à ces obstacles logistiques, la concession fut absorbée par la puissante Compagnie des Mines de La Mure. Fondée en 1856, cette dernière menait alors une stratégie active de rachat des petites concessions environnantes pour consolider le bassin. Sous cette nouvelle égide, la galerie du niveau 21 trouva une seconde vie technique : elle fut réaménagée pour devenir la galerie d’exhaure (évacuation des eaux) du puits des Rioux.
Ce n’est qu’en 1946, lors de la nationalisation des énergies, que l’ouvrage bascula dans le giron des Houillères du Bassin Dauphinois (HBD), marquant ainsi la fin de l’ère des compagnies privées et l’intégration de la galerie dans le grand ensemble industriel d’État.
Un chantier interminable (1919-1948)[
L’histoire de la galerie commence avec la concession de La Jonche, un vaste territoire de 1610 hectares couvrant Mayres, Saint-Arey et Prunières, attribué en 1915. Lorsque la puissante Compagnie des Mines d’Anthracite de La Mure rachète cette concession pour étendre son empire souterrain, elle lance un chantier titanesque.
Le creusement débute en 1919. Il faudra attendre 1948 pour qu’il soit totalement achevé. Pourquoi si long ?
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Le chantier a subi de très nombreuses interruptions (guerres, crises économiques).
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La jonction finale s’est faite avec une galerie venant du Puits des Rioux (creusée, elle, entre 1942 et 1946).
Au final, la galerie atteint une longueur impressionnante pour l’époque : 3,6 kilomètres.
Le défi temporel : Les 29 ans nécessaires à sa complétion (1919-1948) s’expliquent par les interruptions liées aux deux Guerres mondiales et aux crises économiques, mais aussi par la complexité géologique des synclinaux de La Jonche.
L’importance stratégique : Le Niveau 21 était le point bas névralgique du réseau. Sa défaillance en 1952 a failli condamner l’exploitation profonde en provoquant une remontée des eaux sur plus de 2 mètres de hauteur dans les galeries de service.
Le sacrifice patrimonial : L’engloutissement de 1962 marque la transition énergétique du Dauphiné : la fin de la primauté du charbon au profit de l’hydroélectricité (EDF), scellant définitivement l’accès à ce témoin du génie civil souterrain.

L’entrée de la galerie du Niveau 21 émergeant des eaux du Drac. Ce cliché exceptionnel, réalisé en 2010 à la faveur d’un étiage marqué du fleuve, documente les dispositifs de mise en sécurité (grille de condamnation) des anciens travaux de fond après l’ennoyage du site.
À quoi servait cette galerie ?
1. Le problème : La mine est une “éponge”
Quand on creuse une montagne pour faire une mine, on crée un réseau de trous géant. La pluie qui s’infiltre dans le sol et les sources souterraines finissent toujours par couler dans ces galeries.
Si on ne fait rien, la mine se remplit comme une baignoire et les mineurs ne peuvent plus travailler : ils seraient noyés.
2. La solution : Utiliser la gravité (La “Gouttière” géante)
Dans une mine de montagne avec plusieurs niveaux (étages), l’eau coule naturellement du haut vers le bas.
Au lieu de dépenser énormément d’argent et d’énergie avec des pompes électriques pour remonter l’eau tout en haut, les ingénieurs utilisent une astuce : ils choisissent la galerie la plus basse possible qui débouche sur l’extérieur (dans votre cas, au fond des gorges du Drac).
Cette galerie devient l’égout ou la gouttière principale de la mine :
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Toute l’eau des étages supérieurs descend par des conduits naturels ou creusés.
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Elle arrive au niveau le plus bas (le Niveau 21).
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Elle s’écoule ensuite toute seule, naturellement et gratuitement, vers l’extérieur (la rivière).
3. Pourquoi c’est crucial ?
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Sécurité : Elle évite que les galeries du fond ne soient brusquement inondées.
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Économie : C’est le moyen le moins cher de garder une mine au sec. Pas besoin de pompes géantes qui tombent en panne, c’est la gravité qui travaille.
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Survie de la mine : Souvent, une mine qui n’est plus rentable pour extraire du charbon (comme la concession de Jonche) reste utile uniquement pour son drainage. Si on bouchait le Niveau 21, les autres mines reliées autour (comme le Puits des Rioux) seraient rapidement noyées sous des millions de litres d’eau.
L’exhaure est le terme technique désignant l’évacuation des eaux souterraines. Sans exhaure, les galeries seraient rapidement inondées par les nappes phréatiques.

Témoignage des processus de sédimentation souterraine lors d’un étiage exceptionnel du Drac. Ce document illustre l’interaction entre le réseau hydrographique de surface et les anciens travaux miniers ennoyés.
À la fin du XIXe siècle, la brique supplante souvent la pierre de taille dans les galeries de mine. Sa standardisation permet une mise en œuvre industrielle : les voûtes sont montées rapidement, sans nécessiter d’artisans tailleurs de pierre hautement qualifiés.
Au-delà du gain de temps, la brique offre un avantage structurel : sa porosité relative lui permet de mieux “respirer” face aux infiltrations. Là où une maçonnerie de pierre trop rigide pourrait éclater sous la pression de l’eau, la brique offre une souplesse qui préserve l’intégrité de la galerie.
L’effondrement de 1952 : La mine en péril
La nature reprend parfois ses droits violemment. En 1952, une catastrophe se produit : la galerie s’effondre à la “cote 1380” (une mesure de distance interne).
Les conséquences furent immédiates :
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L’éboulement a agi comme un barrage, ralentissant l’évacuation de l’eau.
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Des sédiments et de la boue se sont accumulés, faisant monter le niveau de l’eau jusqu’à 2 mètres de hauteur dans la galerie.
Il a fallu attendre 1954 pour qu’une opération de sauvetage de la galerie soit lancée. Les équipes ont dû évacuer des quantités massives de boue pour restaurer le débit et sauver l’exploitation des niveaux inférieurs.

Vue de la galerie d’exhaure du Niveau 21 lors d’une décrue du Drac – 2010.
À cette époque (1900-1930), la méthode repose sur la prudence, le travail manuel et l’utilisation de sondages de reconnaissance. On ne “fonce” jamais directement dans l’éboulement sous peine de provoquer une rupture brutale qui emporterait tout le monde.
Voici les étapes techniques telles qu’elles étaient pratiquées :
Le Sondage de Reconnaissance (La priorité absolue)
Avant de toucher aux décombres, il faut impérativement vider l’eau de manière contrôlée.
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La technique : On utilise une perforatrice manuelle ou pneumatique (déjà courante début XXe) pour forer un trou de petit diamètre à travers l’éboulement ou à travers le “stot” (le pilier de roche restant).
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Le tube à clapet : On insère dans ce trou un tube métallique scellé avec un robinet ou une vanne à l’extrémité. On perce ensuite le dernier mètre de roche à l’intérieur du tube.
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L’évacuation : On ouvre la vanne pour laisser l’eau s’écouler progressivement dans les rigoles de la galerie saine (l’exhaure). Cela permet de faire baisser la pression hydrostatique sans risquer l’effondrement du bouchon de débris.
2. La gestion de l’air (Le danger des gaz)
L’eau stagnante depuis longtemps est un piège mortel :
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Gaz toxiques : En s’écoulant, l’eau libère souvent du sulfure d’hydrogène (H2S) ou du dioxyde de carbone (CO2, les “mofettes”).
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Grisou : Si la mine est grisouteuse, le vide libéré par l’eau peut se remplir de méthane.
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Action : Les mineurs utilisent des lampes de sûreté (type Davy ou Wolf) pour surveiller l’oxygène et les gaz. On installe des “canars” (conduites d’air en bois ou en toile) pour pulser de l’air frais au front de taille.
Le déblaiement par “Petite Section”
Une fois l’eau évacuée (ou ramenée à un niveau gérable), on attaque l’éboulement.
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Le boisage d’avancement : On ne déblaye pas tout d’un coup. On avance par “petites passes”. On installe des cadres en bois (chêne ou sapin) très serrés.
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Le lançage de palplanches (ou poussage de garnissage) : Si les débris sont meubles (boue, gravats mouillés), on enfonce des planches pointues (des “palplanches”) à coups de masse au sommet du cadre de bois, dans la masse de l’éboulement, pour créer un “toit” protecteur avant de retirer les débris dessous.
Le risque de “Coup d’eau” résiduel
Même si le niveau a baissé, des poches d’eau peuvent rester prisonnières dans les interstices des débris.
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Les mineurs travaillent souvent derrière un bouclier de bois (un barrage provisoire percé de trous) pour retenir une éventuelle poussée soudaine de boue.
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Le travail se fait à la main (pic et pelle) pour “sentir” le terrain. Au moindre sifflement d’air ou suintement anormal, on évacue.
La consolidation finale
Dès qu’un passage est ouvert, on procède au “boisage de fer” (renforcement lourd) ou au maçonnage si la galerie doit redevenir pérenne. Dans les mines de la Matheysine ou de la Mure, la pression des terrains était telle qu’on utilisait souvent des cadres en bois doublés.
En résumé, l’équipement du mineur de 1910 pour cette tâche :
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La lampe de sûreté (essentielle pour les gaz).
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Le fleuret de sondage (pour percer et vider l’eau).
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La hache et la scie (pour ajuster le boisage sur mesure).
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La pompe à bras ou à vapeur (si la pente de la galerie ne permet pas l’écoulement naturel).

Vue intérieure de la galerie d’exhaure du niveau 21. Ce collecteur inférieur, photographié en 2010, assure l’assèchement des chantiers supérieurs par drainage gravitaire.
Une galerie dépouillée ?
L’absence de rails, câbles ou tuyaux n’est pas un hasard. Soit l’équipement a été récupéré lors du démantèlement de la mine, soit l’humidité extrême imposait une installation minimaliste dédiée uniquement à l’eau.
Comprendre les secrets de la galerie : ce que les parois nous racontent
En observant de près l’architecture de la galerie, on découvre une véritable machine à remonter le temps. Voici trois indices clés pour décrypter son histoire :
1. Un mélange de matériaux : la brique et la pierre
On remarque sur les parois une cohabitation entre la pierre de taille (calcaire) et la brique rouge.
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La pierre : Témoigne des phases les plus anciennes de la mine ou des zones soumises à de fortes pressions rocheuses.
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La brique : Marque l’ère industrielle (XIXe siècle). Plus rapide à poser, elle symbolise la modernisation de l’ouvrage.
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Le petit plus : C’est une véritable “stratigraphie” visuelle : chaque matériau raconte une époque différente de la construction.
2. Les concrétions blanches : une mine “vivante”
Ces dépôts blancs que vous voyez sur les parois ne sont pas de simples taches. Ce sont des dépôts de calcite.
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L’explication : L’eau s’infiltre à travers les couches de roche supérieures, dissout les minéraux et les redépose ici. C’est la preuve que, même des décennies après sa fermeture, la galerie reste un environnement chimiquement actif.
3. L’absence de rails : un tunnel dédié à l’eau
Un détail important saute aux yeux : l’absence totale de rails au fond de l’eau.
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Le verdict : Cela confirme que cette galerie n’était pas utilisée pour transporter le charbon (le roulage). Sa mission était unique et vitale : servir de canal d’évacuation (exhaure) pour vider les eaux de la mine.
1. Le phénomène du « Paysan-Mineur » : Une spécificité matheysine
Jusqu’au début du XXe siècle, le mineur de La Mure n’est pas un ouvrier exclusif.
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La double activité : C’est un montagnard qui possède quelques bêtes et un lopin de terre. Il travaille à la mine l’hiver ou quand les travaux des champs le permettent.
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Le conflit d’agenda : Les compagnies privées se battaient contre l’absentéisme chronique lors des foires ou des moissons. Pour stabiliser cette main-d’œuvre volatile, les compagnies ont dû « professionnaliser » le métier en offrant des avantages que la terre ne donnait pas.
2. Des conditions de travail « à l’ancienne » (Manuelles et Animales)
Avant 1946, la mécanisation est balbutiante.
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L’abattage à la main : Le travail se fait à la barre à mine, au pic et à la poudre noire. C’est un travail de force pure dans une atmosphère saturée de fumées de tir et de poussière d’anthracite.
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L’éclairage : On utilise la chandelle, puis la lampe à huile, et enfin la lampe à acétylène (carbure). La lampe électrique de sécurité n’arrive que tardivement.
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Le roulage : Dans les galeries, ce sont les hommes (souvent des jeunes, les « galibots ») qui poussent les bennes. Les chevaux sont introduits massivement dans les années 1870-1880 pour les galeries principales (comme la galerie de la Replat). Leur sort est tragique : ils passent souvent des années au fond sans voir le jour.
3. Le Paternalisme des Perier : « Tout par la Compagnie, pour la Compagnie »
La famille Perier (banquiers et industriels) a façonné La Mure. Le but était de fixer l’ouvrier et d’éviter la contagion des idées révolutionnaires.
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Le logement : La Compagnie construit les premières cités (ex: Cité de la l’Église). Le logement est lié au contrat de travail : perdre son emploi, c’est perdre son toit.
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Les économats : La Compagnie créait ses propres magasins où les mineurs achetaient leurs vivres. Cela permettait de récupérer une partie des salaires versés.
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L’encadrement moral : La Compagnie finance l’église, les écoles religieuses et les fanfares. On soigne le corps (hôpital de la mine) pour que l’outil de production reste valide, mais on surveille aussi les esprits.
4. L’arrivée de la main-d’œuvre étrangère
Dès la fin du XIXe siècle, et surtout après l’hécatombe de la Grande Guerre (1914-1918), les locaux ne suffisent plus.
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Les Italiens : Ils arrivent en masse dès les années 1880. Souvent mal vus au départ (car utilisés pour briser les grèves ou acceptant des salaires moindres), ils s’intègrent par le fond.
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Les Polonais et les Grecs : Dans l’entre-deux-guerres, les concessions recrutent activement en Europe de l’Est.
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La hiérarchie sociale : Une hiérarchie s’installe au fond : les locaux occupent souvent les postes de « porions » (chefs de chantier) ou de boutefeux, tandis que les immigrés sont affectés aux tâches les plus rudes au « pique ».
5. Les luttes sociales : L’éveil de la conscience ouvrière
Malgré le contrôle social, le bassin de La Mure est le théâtre de grèves mémorables.
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La grève de 1906 : Dans le sillage de la catastrophe de Courrières (Nord), les mineurs de La Mure se soulèvent pour réclamer de meilleures conditions de sécurité et des augmentations de salaire.
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Le syndicalisme rouge : Contrairement à d’autres bassins, le syndicalisme matheysin devient très combatif, porté par une haine du « grand capital » représenté par les actionnaires parisiens des mines.
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Le tournant de la Guerre (1939-1945) : Pendant l’Occupation, les mineurs de La Mure jouent un rôle clé dans la Résistance (Maquis de l’Oisans et du Vercors). C’est cette force politique qui imposera la Nationalisation en 1946 pour “rendre la mine à la Nation”.
Synthèse pour votre analyse :
Si vous devez comparer cette époque à celle des HBD pour votre site web :
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Avant 1946 : C’est l’époque des “Seigneurs de la Mine” (les Compagnies). Le profit prime, la sécurité est rudimentaire, mais une solidarité de village préexiste.
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Après 1946 : C’est l’époque de la “Bataille du Charbon”. On rationalise, on mécanise, et le mineur devient un “héros de la reconstruction” avec un statut social protecteur garanti par l’État.
1962 : L’engloutissement par le barrage
Le destin de la Galerie du Niveau 21 bascule définitivement au début des années 60, non pas à cause de la mine, mais à cause de l’hydroélectricité.
La construction et la mise en eau du Barrage de Monteynard en 1962 ont scellé le sort de l’ouvrage. Située géographiquement bas dans la vallée, la galerie a été totalement noyée par la montée des eaux du lac artificiel. Cet événement a bouleversé la gestion de l’eau pour l’ensemble du réseau minier, obligeant les ingénieurs à repenser l’exhaure des niveaux profonds.
Le fantôme du lac (2010)
Aujourd’hui, la galerie est invisible. Cependant, lors de la vidange partielle du barrage en 2010, le niveau de l’eau a suffisamment baissé pour laisser réapparaître l’entrée de ce vieux tunnel, comme un spectre surgissant du passé.
Le devenir des eaux d’exhaure
Aujourd’hui, le voyage de l’eau ne s’arrête pas aux parois de la mine. Ces eaux d’exhaure, chargées en fer et en sulfates — ce qui leur donne parfois cette teinte orangée caractéristique — poursuivent leur chemin pour se mêler aux eaux du barrage du Drac. Ce flot continu unit ainsi, de manière invisible mais bien réelle, l’héritage industriel souterrain à l’écosystème actuel et aux grands paysages hydrauliques du Dauphiné.
La mine ne meurt jamais tout à fait ; elle continue de respirer et de drainer la montagne dans l’ombre.
AVERTISSEMENT : Les dangers invisibles des anciennes mines
Le patrimoine minier de notre région est un témoin de l’histoire, mais il constitue aujourd’hui un environnement hostile et instable. Contrairement aux grottes naturelles, les galeries de mine sont des ouvrages artificiels qui ne sont plus entretenus.
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Instabilité structurelle : L’humidité et le temps rongent les piliers et les boiseries. Un simple écho ou une vibration peut déclencher un effondrement.
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Atmosphère dangereuse : Dans les zones confinées, l’air peut s’appauvrir en oxygène ou se charger en radon (gaz radioactif naturel) ou en gaz toxiques issus de la décomposition des anciennes boiseries.
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Risque de chute : Les mines comportent souvent des liaisons verticales (puits de ventilation ou d’extraction) qui ne sont plus protégées. Une chute y est presque toujours fatale.
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Isolement : En cas d’accident sous terre, les secours sont extrêmement complexes, longs et mettent en péril la vie des sauveteurs.
Le saviez-vous ? La plupart des accidents mortels dans les mines abandonnées concernent des promeneurs ou des explorateurs non avertis. Respectez les barrières et le balisage.
Ce phénomène, redouté par les mineurs de l’époque sous le nom de ‘mofettes’ ou de ‘pousse’ (accumulation de gaz asphyxiants), rappelle que sans une ventilation active, la mine reprend ses droits et devient un environnement hostile à l’homme.
Foire Aux Questions la galerie du niveau 21 St Arey
1. Qu’est-ce qu’une galerie d’exhaure dans le contexte minier ?
L’exhaure désigne l’évacuation des eaux d’infiltration (nappes phréatiques, eaux de pluie) qui inondent naturellement les galeries souterraines. La galerie du Niveau 21 était un tunnel technique conçu spécifiquement pour drainer ces eaux par gravité vers l’extérieur (le ravin du Drac), évitant ainsi l’ennoyage des chantiers d’extraction situés en profondeur.
2. Pourquoi ce niveau est-il appelé « Niveau 21 » ?
Dans le bassin minier de la Matheysine, les niveaux étaient souvent nommés en fonction de leur altitude ou d’une nomenclature interne à la compagnie. Le Niveau 21 correspond à l’un des points les plus bas du réseau de l’époque, situé bien en dessous des galeries de circulation principales du puits des Rioux.
3. Quel est le lien entre cette galerie et le Puits des Rioux ?
La galerie d’exhaure du Niveau 21 prend naissance au pied du Puits des Rioux. C’est là que convergeaient les eaux collectées dans les différentes sections des mines de La Mure avant d’être canalisées vers cette sortie naturelle vers la vallée du Drac.
4. Pourquoi cette galerie est-elle aujourd’hui invisible la majeure partie du temps ?
Lors de la mise en eau du barrage de Monteynard en 1962, la vallée du Drac a été engloutie sous les eaux du lac artificiel. L’orifice de sortie (le débouché) de la galerie se trouvant à une altitude inférieure au niveau maximal du lac, l’ouvrage est en permanence immergé. Il n’est visible que lors des vidanges décennales ou d’importants abaissements du niveau du lac.
5. Comment cette galerie a-t-elle été construite ?
Témoignage du savoir-faire des ingénieurs du XIXe et du début du XXe siècle, la galerie présente une architecture soignée. Elle est majoritairement constituée de voûtes maçonnées en briques ou en pierres de taille, une technique indispensable pour résister à la pression des terrains et à l’érosion constante causée par le flux des eaux d’exhaure.
6. Peut-on encore visiter cet ouvrage aujourd’hui ?
Non, l’accès est strictement interdit et dangereux. Outre l’immersion quasi permanente par les eaux du lac de Monteynard, les galeries minières désaffectées présentent des risques majeurs d’effondrement, de présence de gaz ou d’envasement. Ce reportage photographique constitue l’un des rares témoignages visuels de cet aspect caché du patrimoine industriel dauphinois.
7. Quel était l‘impact de l’eau sur l‘exploitation de l’anthracite ?
L’eau était l’ennemi numéro un du mineur. Une défaillance du système d’exhaure (comme le bouchage de cette galerie) pouvait entraîner l’arrêt total de la production et mettre en péril la vie des ouvriers au fond. La maintenance du Niveau 21 était donc une priorité stratégique pour la Société des Mines de la Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 20»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Sites institutionnels et Musées (Sources primaires)
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La Mine Image : Le site officiel du musée souterrain de La Motte-d’Aveillans. Indispensable pour comprendre le quotidien des mineurs sur le site même du puits des Rioux.
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Archives Départementales de l’Isère – Fonds des Houillères : En cherchant “Mines de la Mure” ou “HBD”, on accède aux inventaires des plans et documents techniques d’époque.
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Le Petit Train de la Mure : Pour le contexte du transport de l’anthracite, indissociable de l’extraction.
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2. Ressources Historiques et Techniques spécialisées
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L’inventaire du Patrimoine de la Région AURA : Cherchez “Mines de la Mure” pour obtenir des fiches détaillées sur l’architecture industrielle du bassin.
- SigMines Isère (BRGM) : Pour les historiens-géologues, l’outil InfoTerre du BRGM permet de visualiser les concessions minières et les zones d’aléas (souvent lié aux anciennes galeries d’exhaure).
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3. Contexte Géographique et Barrage (L’engloutissement)
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EDF – Barrage de Monteynard-Avignonet : Pour comprendre les enjeux de la mise en eau en 1962 qui a noyé le débouché du Niveau 21.
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Remonter le Temps (IGN) : Un outil précieux pour comparer les photos aériennes de la vallée du Drac avant (années 1950) et après la construction du barrage.
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4. Vidéos et Reportages
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Ina.fr – Les mines de la Mure : En tapant “Mines de la Mure”, on trouve des reportages d’époque (notamment sur la fermeture ou le travail au fond) qui illustrent parfaitement l’ambiance des galeries maçonnées.
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Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (La “Bible” du bassin)Collectif (Musée de la Mine). (2010). Mémoire d’anthracite : Mines et mineurs de la Matheysine. Grenoble : Éditions Glénat.
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Pourquoi ce livre ? Publié à l’occasion du centenaire de la Mine Image, il contient des documents d’archives et des photographies rares sur les installations de surface et de fond.
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2. Sources historiques (Fonds anciens)
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Vicat, Robert-Félix. (1845). Notice sur les mines d’anthracite de la Mure.
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Pourquoi ce livre ? Source primaire. Vicat (l’inventeur du ciment artificiel) s’intéressait de près à la géologie locale. Ce document permet de comprendre l’état des mines avant les grands travaux d’exhaure du XXe siècle.
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Gignoux, Maurice & Moret, Léon. (1940). Géologie dauphinoise. Paris : Masson.
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Pourquoi ce livre ? Pour comprendre la structure géologique (synclinaux de La Jonche) qui explique pourquoi l’eau s’accumulait massivement dans les zones basses comme le Niveau 21.
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La Galerie Niveau 20 de Saint-Arey : Le Dernier Souffle des Mines de La Mure
Si vous vous promenez aujourd’hui dans les gorges du Drac, près de Saint-Arey, le silence règne. Pourtant, sous vos pieds et derrière la végétation, se cache l’un des ouvrages les plus importants et les plus récents de l’histoire des Houillères du Dauphiné : la Galerie du Niveau 20.
Cet article vous plonge dans l’histoire de ce tunnel titanesque de 6 kilomètres, véritable colonne vertébrale de l’exploitation charbonnière de La Mure à la fin du XXe siècle.
Découvrez l’histoire et la structure de la Galerie Saint-Arey (Niveau 20), pièce maîtresse du système d’exploitation des mines de Susville. Des méthodes de percement à la géologie du gisement d’anthracite, nous analysons l’importance stratégique de cette galerie dans le développement industriel du Dauphiné. Une immersion technique et historique indispensable pour comprendre l’héritage minier de la région.
Informations pratiques
| Caractéristique | Détails Techniques et Historiques |
| Nom de l’ouvrage | Galerie Saint-Arey (Niveau 20) |
| Site Minier | Mine de Susville |
| Bassin Houiller | Bassin de la Matheysine (Dauphiné) |
| Localisation | Saint Arey, Isère (38), France |
| Substance exploitée | Anthracite (charbon de haute qualité, faible teneur en matières volatiles) |
| Altitude / Niveau | Niveau 20 (Référence altimétrique spécifique au réseau du Peychagnard) |
| Période d’activité | 1975-1997 |
| Type d’ouvrage | Galerie de desserte (Travers-bancs) |
| Mode de percement | Machines de percement et explosif |
| Soutènement | Soutènement en cintres métalliques |
| Géologie du terrain | Terrains carbonifères du dôme de la Mure (grès, schistes et couches d’anthracite) |
| Fonction principale | Accès aux chantiers d’abattage et roulage du minerai vers les puits ou le plan Richard |
| Infrastructure associée | Camions type dumper articulés |
| Statut actuel | Site patrimonial / Vestiges historiques (accessibilité restreinte/sécurisée) |
1. Un ouvrage titanesque au cœur de la montagne
La Galerie du Niveau 20, située au lieu-dit La Baume, n’était pas une simple galerie de mine. C’était une artère vitale creusée pour moderniser et prolonger l’activité du bassin minier.
Construction et dimensions
Le percement débute en 1975 et s’achève en 1987, réalisé par les sociétés EGCEC et FORCAL.[1] C’est un chantier de longue haleine qui aboutira à des dimensions impressionnantes :
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Longueur initiale : 4 200 mètres.
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Extension en 1987 : La galerie atteint 6 000 mètres pour opérer la jonction avec la concession du Peychagnard (via la descenderie des Éperons).
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Section : Une entrée massive d’environ 5 mètres de large sur 2,50 mètres de haut.
Un point de jonction stratégique
Dès 1979, la galerie est connectée au quartier des Chuzins. Elle devient alors le nœud central du réseau souterrain, reliant :
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La Galerie de Gaillaure.
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Le Puits des Rioux (situé sur Prunières).
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Le Puits du Villaret (à Susville).
2. Le creusement des travers-bancs
Un travers-banc est une galerie horizontale tracée dans le rocher (le “stérile”) perpendiculairement aux couches de charbon pour les rejoindre depuis les puits ou les galeries principales. Dans les années 70 à La Mure, le creusement était devenu très mécanisé. On utilisait :
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Des jumbos de perforation (engins avec des bras articulés portant des perforateurs hydrauliques ou pneumatiques) pour forer les trous de mine.
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L’explosif pour l’abattage du rocher.
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Des chargeuses performantes pour évacuer les déblais.
3. L’étayage par cintres métalliques
À cette époque, le boisage traditionnel (étançons en sapin ou chêne) était largement remplacé dans les galeries principales par le soutènement métallique, plus résistant à la pression énorme des massifs de montagne (très forte à La Mure en raison de la tectonique alpine).
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Types de cintres : On utilisait souvent des cintres coulissants (type TH – Toussaint-Heintzmann). Ces arcs d’acier sont composés de plusieurs segments qui s’emboîtent. Sous la pression du terrain, ils peuvent “glisser” légèrement tout en maintenant leur portance, ce qui évite qu’ils ne se tordent ou ne cassent brutalement.
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Garnissage : Entre les cintres et la paroi, on plaçait des éléments de garnissage (grillages métalliques, plaques de béton ou de bois) pour empêcher les chutes de petits blocs.
4. La circulation des camions (Le “Trackless Mining”)
C’est l’un des changements les plus radicaux des années 70 à La Mure. On est passé du transport par rails (berlines tractées par des locotracteurs) au transport sur pneus, dit “trackless” (sans rails).
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Pourquoi des camions ? Pour plus de souplesse et de rapidité. Les camions (souvent des dumpers articulés spécifiquement conçus pour la mine, comme les marques Joy ou Eimco) pouvaient circuler directement du front de taille jusqu’aux points de déchargement sans les contraintes de pose de voies ferrées.
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Aménagement des galeries : Pour permettre la circulation de ces engins (souvent imposants), les galeries principales et les travers-bancs devaient être creusés avec des sections beaucoup plus larges qu’autrefois (parfois 15 à 20 m² de section).
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L’exemple du Villaret : Le puits du Villaret (mis en service dans les années 40 mais modernisé par la suite) et les grandes galeries de liaison vers les nouveaux quartiers d’exploitation étaient le théâtre de ce va-et-vient de véhicules diesel équipés de filtres spéciaux pour l’échappement.
Le contexte de l’époque
En 1975, les mines de La Mure sont dans une phase de rationalisation. L’anthracite de La Mure est le meilleur du monde (très pur, brûlant sans fumée), mais l’extraction est difficile à cause de la géologie tourmentée des Alpes. La mécanisation à outrance (cintres lourds, engins sur pneus) était la seule solution pour maintenir la production face à la concurrence des charbons d’importation, avant la fermeture définitive du bassin en 1997.

Vue de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume, témoignant des travaux de mise en sécurité du site. L’ouvrage est scellé par un murage en maçonnerie, complété par une cheminée d’évent spécifique. Ce dispositif permet l’évacuation contrôlée du dioxyde de carbone (CO₂) d’origine naturelle ou résiduelle, évitant ainsi toute mise en pression de la galerie et garantissant la sécurité des riverains.
5. À quoi servait la Galerie du Niveau 20 ?
Contrairement aux idées reçues, toutes les galeries ne servent pas uniquement à extraire du charbon. Le “Niveau 20” avait trois fonctions critiques pour la survie de la mine et des mineurs :
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La logistique (Transport) : C’était l’autoroute du sous-sol. La quasi-totalité du matériel lourd passait par ici pour rejoindre les chantiers d’abattage (sauf le matériel du niveau 17 qui passait par le Villaret). Elle a aussi servi à évacuer les stériles (roches sans charbon) des Chuzins jusqu’en 1989.
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L’aérage (Ventilation) : Une mine doit respirer. Cette galerie permettait d’apporter de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.
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L’exhaure (Drainage) : Située à un point bas, elle collectait les eaux d’infiltration de la mine, mais aussi un ennemi invisible : le gaz carbonique (CO2).
Il existait une galerie encore plus profonde, dite “Galerie du Drac”, située sous le niveau 20, exclusivement dédiée à l’évacuation des eaux.
Le secteur de Saint-Arey / La Baume / Combe Nevouse représente l’une des zones les plus complexes et les plus dangereuses de l’histoire des mines de La Mure, particulièrement durant la période de modernisation des années 70.
L’accident le plus marquant et le plus tragique lié à ces lieux (et plus précisément à la zone de Combe Nevouse) est celui du 19 janvier 1971, mais la configuration technique que vous décrivez (camions et cintres métalliques) a également généré d’autres types d’incidents moins connus mais révélateurs des risques de l’époque.
Voici les éléments contextuels sur les accidents dans ces galeries :
6. La tragédie de Combe Nevouse (19 janvier 1971)
Bien que légèrement avant 1975, cet accident a hanté la mémoire des mineurs de la “fin de la mine”.
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La cause : Un Dégagement Instantané (DI) massif de dioxyde de carbone (acide carbonique). À La Mure, le danger n’était pas seulement le grisou (méthane), mais surtout ces poches de gaz carbonique sous pression dans le gisement d’anthracite.
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Le bilan : 6 morts.
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Le mécanisme : Lors de l’avancement d’une galerie, la paroi a littéralement explosé sous la pression du gaz, projetant des centaines de tonnes de charbon pulvérulent et asphyxiant instantanément les mineurs. Cet accident a montré que malgré le soutènement lourd (cintres métalliques), la pression gazeuse restait imprévisible.
7. Les risques liés à la circulation des camions (Années 75)
Comme vous l’avez souligné, l’introduction du transport “trackless” (sans rails) par camions dans les travers-bancs de liaison entre La Baume et Saint-Arey a changé la nature des accidents :
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Les incendies et fumées : La présence de gros moteurs diesel et de réservoirs de carburant dans des galeries parfois confinées augmentait le risque d’incendie. Un feu de pneu ou de moteur de dumper sous terre était une catastrophe en raison de l’opacité des fumées.
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Les accidents de circulation : Le passage de camions imposants dans des galeries où circulaient aussi des hommes à pied a provoqué des accidents de collision ou d’écrasement. La visibilité était souvent réduite par la poussière soulevée par les pneus.
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Le problème du freinage : Les galeries de La Mure n’étaient pas toujours parfaitement horizontales. Des défaillances de freinage sur des engins chargés dans les rampes ont causé plusieurs frayeurs et incidents matériels sérieux dans le secteur de la Baume.
8. La pression des terrains et le soutènement métallique
Dans les secteurs profonds comme ceux de Combe Nevouse, la montagne “bougeait” énormément.
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Le flambage des cintres : Même les cintres métalliques les plus lourds (type TH) finissaient par se tordre sous la pression de la roche. Il n’était pas rare que des galeries dimensionnées pour les camions se rétrécissent en quelques mois, obligeant à des travaux de “recoupement” (élargissement) très dangereux.
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Les chutes de blocs : Le creusement des travers-bancs de grande section (pour laisser passer les camions) créait de grandes surfaces de toit à nu avant la pose des cintres. C’était le moment le plus critique pour les mineurs, exposés aux “coups de toit”.
Pourquoi ce secteur était-il si spécifique ?
La liaison La Baume – Saint-Arey était stratégique car elle permettait de relier les nouveaux quartiers d’extraction au Puits du Villaret (lavoir). Le charbon de Combe Nevouse était d’une qualité exceptionnelle (anthracite pur), mais le gisement était très tourmenté par la tectonique alpine.
Accident précis impliquant un camion en 1974 ou 1975 :
Il y a eu de nombreux incidents de “dérapage” ou de sorties de piste de dumpers dans les galeries de liaison à cette époque, souvent dus à l’état du sol (mélange de poussière de charbon et d’eau rendant la piste glissante). Ces accidents ont conduit à renforcer la sécurité sur la signalisation et l’éclairage des grandes galeries de roulage.

Avant
État des lieux du vallon de La Baume avant l’aménagement du carreau. Cliché de prospection daté de 1969, illustrant la topographie originelle du site avant le début des travaux de terrassement et l’implantation des premières infrastructures d’extraction.
Apres
Vue panoramique du carreau de la mine de La Baume (Isere), 1978. État des installations de surface et des infrastructures de chantier durant la phase d’activité contemporaine. Archives historiques de l’exploitation minière.
6. Les dangers de La Baume : Gaz et Tragédie
L’histoire minière est indissociable du risque. Le site de Saint-Arey garde la mémoire de ces dangers.
Le piège du CO2
La galerie servait d’exhaure pour le gaz carbonique, un gaz lourd qui “coule” comme de l’eau. Une cheminée (encore visible aujourd’hui) était destinée à disperser ce gaz dans l’atmosphère. Avant sa construction, le canal d’exhaure était un véritable piège mortel pour la faune locale : on y retrouvait souvent de petits mammifères et oiseaux, asphyxiés par le gaz stagnant au ras du sol.
Le souvenir de 1975
Le percement de cette galerie a été endeuillé dès son commencement. En 1975, un accident tragique a coûté la vie à des mineurs. Une stèle commémorative rappelle aujourd’hui leur sacrifice.
« Lors de la redécouverte des vestiges de cette galerie, l’étroitesse de l’entrée ne laissait qu’une seule voie d’accès : un caniveau d’exhaure partiellement dégagé. Pensant pouvoir franchir l’obstruction, j’ai tenté de m’y introduire en rampant au ras du sol. C’est alors que j’ai perçu, à quelques centimètres de mon visage, des cadavres d’oiseaux — signe fatal et pourtant trop tardivement compris de la présence de gaz délétères.
Avant même de pouvoir reculer, j’ai perdu connaissance, piégé par une poche de gaz stagnante. Je ne dois mon salut qu’à la réactivité de mon collègue qui, me voyant sombrer, m’a tiré par les pieds hors du caniveau vers l’air libre. Cet incident rappelle brutalement la dangerosité des exploitations abandonnées. Bien que j’aie toujours pratiqué le test du briquet tempête pour vérifier la présence d’oxygène au sol, cet épisode démontre que dans l’atmosphère confinée d’une mine, la frontière entre l’observation scientifique et l’accident mortel est infime. »
C’est une observation tout à fait exacte et tragiquement confirmée par les médecins du travail et les historiens des mines. Les “traceurs” (ceux qui creusaient les travers-bancs dans le rocher) étaient effectivement beaucoup plus exposés à une forme foudroyante de silicose que les “abatteurs” (ceux qui extrayaient le charbon).
Voici pourquoi cette différence était si marquée, particulièrement dans les années 70 à La Mure :
7. La nature de la poussière : Silice vs Carbone
C’est le facteur principal.
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À l’abattage : Le mineur travaille dans le charbon (l’anthracite). La poussière est composée essentiellement de carbone. Elle provoque la pneumoconiose (ou anthracose), une maladie grave, mais qui met souvent plus de temps à devenir invalidante.
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Dans les travers-bancs : Pour rejoindre les couches de charbon, on doit traverser des couches de rocher stérile (grès, schistes quartzites). Ce rocher contient une très forte proportion de silice cristalline (quartz). La silice est extrêmement “agressive” pour les alvéoles pulmonaires : elle crée des cicatrices (fibroses) qui détruisent le poumon beaucoup plus vite que la poussière de charbon.
8. La mécanisation des années 70 : le “progrès” dangereux
Comme vous l’avez mentionné, dans les années 75, on utilisait des machines puissantes pour creuser les travers-bancs (jumbos de perforation, chargeuses, camions).
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La perforation : Les marteaux-perforateurs pneumatiques ou hydrauliques tournaient à très haute vitesse pour forer les trous de mine dans le rocher dur. Cette vitesse de rotation broyait la roche en une poussière impalpable, la “fleur de silice”, presque invisible à l’œil nu mais mortelle car elle pénètre au plus profond des poumons.
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L’insuffisance de l’arrosage : Bien que l’injection d’eau dans les fleurets (mèches) soit devenue obligatoire, elle n’était pas toujours suffisante ou pratiquée rigoureusement pour ne pas “noyer” le chantier ou gêner la progression des camions sur le sol.
9. Le confinement des travers-bancs
Les travers-bancs sont des galeries “en cul-de-sac” pendant toute la durée de leur creusement.
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Contrairement aux tailles (zones d’abattage) où un courant d’air traverse le chantier, le front d’avancement d’un travers-banc est ventilé par des “canars” (tuyaux de ventilation).
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La ventilation y était souvent moins efficace, laissant stagner un nuage de poussière de roche très concentré, aggravé par les gaz d’échappement des camions et des engins diesel qui remuaient la poussière déposée au sol.
10. Le paradoxe du “mineur de rocher”
Les traceurs de travers-bancs étaient souvent considérés comme l’élite des mineurs. C’était un travail de haute technicité, exigeant une grande force physique et payé par des primes d’avancement importantes.
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Parce qu’ils étaient robustes, ces mineurs inhalaient de plus grands volumes d’air lors de l’effort, et donc plus de poussière.
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On a vu des cas de silicose aiguë (parfois appelée “silicose galopante”) chez des jeunes mineurs ayant passé seulement quelques années au rocher, alors que des mineurs de charbon pouvaient tenir 20 ans avant d’être “essoufflés”.
Le bilan à La Mure
À La Mure, la dureté exceptionnelle du rocher alpin rendait le creusement des galeries de liaison (comme celles de Saint-Arey ou de la Baume) particulièrement redoutable. Les années 70, malgré le confort relatif apporté par les cintres métalliques (qui sécurisaient contre les éboulements) et les camions (qui évitaient de pousser des berlines), ont été des années où la poussière de silice est devenue plus fine et plus abondante à cause de la puissance des outils.
C’est pour cette raison que de nombreux anciens mineurs de La Mure, qui travaillaient au “rocher”, ont été touchés par des taux d’invalidité très élevés peu de temps après leur départ de la mine.
1. Les conditions de travail : La lutte contre la pente et la poussière
Travailler à La Mure ne ressemblait pas au travail dans les mines du Nord (le Pas-de-Calais). La géologie alpine imposait des contraintes extrêmes.
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L’exploitation en « dressants » : Contrairement aux veines plates du Nord, les couches d’anthracite en Matheysine étaient souvent très inclinées, voire verticales. Les mineurs travaillaient dans des positions acrobatiques, souvent sur des planchers boisés suspendus au-dessus du vide.
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La dureté de l’anthracite : L’anthracite de La Mure est l’un des meilleurs charbons au monde (pur à plus de 90%), mais il est extrêmement dur. Avant la mécanisation massive des années 50-60, l’abattage au marteau-piqueur était épuisant.
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La Silicose : l’ennemi invisible. Si le bassin de La Mure était peu sujet au grisou (gaz explosif), il était extrêmement poussiéreux. L’anthracite dégageait une poussière fine et abrasive. Malgré l’arrosage des tailles, la silicose a décimé des générations de mineurs, bien plus sûrement que les éboulements.
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L’évolution technique : Sous l’ère des HBD, on passe de la force humaine et animale (les chevaux sont restés au fond jusqu’en 1952) à une mécanisation poussée avec les convoyeurs blindés et les soutènements marchants.
2. La vie sociale : Un paternalisme d’État
Après 1946, les HBD héritent du système paternaliste des anciennes compagnies privées, mais l’adaptent avec le Statut du Mineur.
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Le logement en cités : La vie du mineur est indissociable de sa cité. À La Mure, les cités comme celle des Trois-Mâts ou du Périer structurent l’espace urbain. Les HBD fournissaient le logement et le chauffage (le fameux “charbon de dotation”).
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La diversité communautaire : Le bassin était un véritable laboratoire d’intégration. Aux locaux (paysans-mineurs) se sont ajoutés des vagues successives d’immigrés : Italiens et Polonais dans l’entre-deux-guerres, puis Maghrébins (notamment des Marocains du Souss) dans les années 50 et 60. Cette mixité a forgé une identité matheysine forte, basée sur la solidarité du fond.
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Les avantages sociaux : Être mineur aux HBD, c’était bénéficier d’une protection sociale d’avant-garde : accès gratuit aux soins (la “Société de Secours”), colonies de vacances pour les enfants, et une retraite anticipée à 50 ou 55 ans.
3. Culture et traditions : Entre ferveur et lutte
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La Sainte-Barbe (4 décembre) : C’est le moment sacré. Même après la nationalisation, la fête de la patronne des mineurs restait le pilier de l’année, mêlant défilés, banquets et médailles du travail. C’était le jour où la hiérarchie et les ouvriers se retrouvaient autour d’une table.
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Le syndicalisme et la fierté : Le bassin de La Mure était un bastion de la CGT. La conscience de classe était exacerbée par la dangerosité du métier. Les grandes grèves (notamment celle de 1963) ont soudé la communauté contre les premières menaces de fermeture.
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Le sport et la musique : Les HBD subventionnaient de nombreuses associations. L’harmonie des mineurs et les clubs de football ou de rugby étaient les vecteurs essentiels de la cohésion sociale hors de la mine.
4. La fin d’un monde : Le traumatisme de la fermeture
La vie sociale des HBD a été marquée, à partir des années 70, par l’angoisse de la fin. Le “plan de licenciement” est devenu un mot quotidien.
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La reconversion : Contrairement à d’autres bassins, la Matheysine est restée enclavée. La fermeture du Villaret en 1997 a été vécue comme un deuil collectif.
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L’héritage : Aujourd’hui, cette vie sociale survit à travers l’association des anciens mineurs et le musée de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, qui est le gardien de cette mémoire technique et humaine.
En résumé : La vie du mineur des HBD était une vie de contrastes : une noirceur et une pénibilité extrêmes au fond, compensées par une vie sociale intense, protectrice et solidaire en surface. C’était un “État dans l’État”.
11. Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?
Pour l’amateur d’exploration (urbex) ou le randonneur curieux, le site a radicalement changé. Situé dans la gorge du Drac, la nature reprend ses droits.
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Installations rasées : Tous les bâtiments techniques ont été détruits après l’arrêt de l’exploitation.
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L’entrée murée : L’entrée de la galerie est toujours là, mais elle est obturée (murée) pour des raisons de sécurité évidentes.
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Vestiges visibles : On peut encore apercevoir la cheminée d’aération (la tour en béton) et le tracé du caniveau d’exhaure.
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Le Razzier : Un immense éboulis (razzier) surplombe la zone d’accès, témoin de la géologie tourmentée du lieu.

Vue frontale de l’entrée condamnée de la galerie de La Baume (2015). Ce vestige de l’exploitation minière illustre la phase de mise en sécurité du site, avec sa cheminée d’aérage spécifique pour l’évacuation du dioxyde de carbone et l’installation récente d’un périmètre de protection.
Foire Aux Questions galerie de la Baume
1. Qu’est-ce que le « Niveau 20 » et à quoi correspond cette appellation ?
Le terme « Niveau 20 » est une référence altimétrique spécifique au réseau des mines de la Matheysine (système du Peychagnard). Il ne s’agit pas de la profondeur, mais d’une côte de niveau. Cette galerie constitue l’une des dernières grandes infrastructures de modernisation des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
2. Quelle était la fonction principale de cette galerie de 6 kilomètres ?
Contrairement aux galeries de traçage qui suivent la veine de charbon, le Niveau 20 était une galerie de desserte (travers-bancs). Elle servait de « colonne vertébrale » pour :
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Le transport : Acheminer le matériel lourd vers les chantiers d’abattage.
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L’aérage : Assurer la circulation de l’air frais dans les profondeurs.
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L’exhaure : Drainer les eaux de la mine et canaliser les gaz lourds (CO2).
3. Pourquoi le site de La Baume est-il considéré comme un ouvrage « récent » ?
Le percement a débuté en 1975 et s’est achevé en 1987. C’est un ouvrage de la phase de concentration et de modernisation ultime du bassin minier de La Mure, peu de temps avant la fin de l’exploitation (le « dernier souffle » du bassin).
4. Quel est cet ennemi invisible souvent mentionné : le CO2 ?
La mine de Saint-Arey est sujette aux émanations de dioxyde de carbone (CO2), un gaz lourd qui s’accumule au sol et chasse l’oxygène. C’est ce gaz, et non le grisou (méthane), qui représentait le danger principal à cet endroit, provoquant des asphyxies foudroyantes.
5. Pourquoi voit-on une haute cheminée métallique sur les photos du site actuel ?
Il s’agit d’une cheminée d’évent. Même après la fermeture, la mine continue de « dégazer ». Le CO2 étant plus lourd que l’air, il s’écoule vers les points bas (comme l’entrée de la galerie). La cheminée permet d’évacuer ce gaz par tirage naturel et de le disperser en hauteur pour éviter qu’il ne stagne au sol et ne devienne mortel pour les promeneurs ou la faune.
6. Peut-on encore visiter l’intérieur de la galerie ?
Absolument pas. Pour des raisons de sécurité publique, l’entrée a été condamnée par un murage massif en maçonnerie. Le risque d’anoxie (manque d’oxygène) et les risques d’effondrements internes rendent toute tentative d’intrusion extrêmement dangereuse, comme en témoignent les accidents historiques.
7. Quels sont les vestiges encore visibles sur le carreau de La Baume ?
Aujourd’hui, la nature reprend ses droits, mais on peut encore observer :
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L’entrée murée de la galerie.
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La cheminée de dégazage.
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Le tracé de la cunette d’exhaure (le caniveau d’évacuation des eaux).
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La stèle commémorative en hommage aux mineurs qui ont perdu la vie lors du percement en 1975.
8. Quel type de minerai était exploité via cette galerie ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon d’une pureté exceptionnelle, très riche en carbone et pauvre en matières volatiles, qui faisait la renommée mondiale du bassin de La Mure.
Poursuivez votre exploration
« Retrouvez la galerie d’exhaure du niveau 21»
« Retrouvez la galerie d’exploitation du niveau 15 Combe Nevouse»
« .Suivez nous sur l’histoire des Houilleres du Bassin Dauphinois HBD »
Sources et sites officiels
1. Archives Institutionnelles et Inventaires
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Archives Départementales de l’Isère (AD38) : C’est la source primaire pour les plans de concession, les rapports des ingénieurs des mines et les dossiers du personnel des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD).
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Recherche dans les fonds des Mines de la Mure (Cherchez les cotes liées à la concession de Prunières/Saint-Arey).
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BRGM – InfoTerre : Pour accéder aux fiches de l’Inventaire National des Cavités et aux rapports de fin d’exploitation (https://www.google.com/url?sa=E&q=https%3A%2F%2Farchives.isere.fr%2Fcliquez sur l’onglet “Données” puis “Dossiers de sous-sol”).
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Légifrance (Annales des Mines) : Pour retrouver les décrets de concession originaux (XIXe siècle).
2. Musées et Associations de Sauvegarde
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La Mine Image (Musée de la mine à La Motte-d’Aveillans) : Le site de référence pour la mémoire ouvrière et technique du plateau. Bien que Saint-Arey soit plus au sud, les techniques de soutènement et d’extraction y sont documentées.
3. Études Techniques et Géologiques
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Géologie du Dauphiné (Site de Maurice Gidon) : Une analyse géologique très fine du secteur de La Mure et de la faille de Saint-Arey.
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Inventaire des Réseaux Spéciaux et Souterrains (IRSS) : Ce site compile souvent des fiches techniques sur l’état actuel des galeries (accès, sécurité, topographie).
4. Cartographie et Localisation Précise
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Géoportail (IGN) : Utilisez les “Cartes de l’État-Major” et les “Photographies aériennes 1950-1965” pour visualiser l’emprise des carreaux de mine et des entrées de galeries avant la renaturation.
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Accès au Géoportail (Activez la couche “Carte géologique”).
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5. Documentation Iconographique et Vidéos
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INA (Institut National de l’Audiovisuel) : Recherche sur “Mines de la Mure” ou “Houillères du Dauphiné” pour voir des reportages d’époque montrant les mineurs au travail, notamment dans les secteurs escarpés.
Bibliographie
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1. Ouvrages de référence (Monographies)
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ASSOCIATION LA MINE IMAGE. Les Gueules Noires de la Mure : Cent cinquante ans d’histoire des Houillères du Bassin du Dauphiné. Ouvrage collectif.
2. Études Géologiques et Techniques
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GIDON, Maurice. Géologie de la Matheysine. (Travaux disponibles via le portail Geol-Alp). Indispensable pour comprendre la complexité tectonique du secteur Saint-Arey et la difficulté de l’exploitation en dressants.
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HAUDOUR, Jean & SARROT-REYNAULD, Jean. Le bassin houiller de La Mure (Isère) : étude géologique. Bulletin du Service de la Carte Géologique de la France, 1964.
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SARROT-REYNAULD, Jean. Étude géologique du dôme de La Mure (Isère) et des régions annexes. Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France, 1961.
3. Articles et Publications Scientifiques
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BAILLY-MAÎTRE, Marie-Christine. « Les mines de plomb et d’argent en Oisans et en Matheysine au Moyen Âge ». Revue de géographie alpine. (Bien que centré sur le Moyen Âge, ses travaux posent les bases de l’histoire minière dauphinoise)
4. Sources d’Archives (Cotes spécifiques AD38)
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Fonds des Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) : Archives départementales de l’Isère, Série S (Travaux publics) et surtout la Série J (Fonds privés et d’entreprises).
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Série 108 J : Fonds des Houillères de la Mure (plans de galeries, rapports d’accidents, dossiers du personnel).
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Série 7 S : Mines et carrières (dossiers de concessions du XIXe siècle, notamment pour la concession de Prunières dont dépend Saint-Arey).
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5. Rapports Institutionnels
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BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) :
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Inventaire des archives minières des HBD.
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Rapports de mise en sécurité (DREAL/UTAM) effectués lors de la fermeture définitive des accès dans les années 1990-2000.
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