Combe Névouse : Plongée dans l’histoire tragique des mines du Dauphiné
Découvrez l’histoire de la galerie niveau 15 de Combe Névouse à Saint-Arey. Un site minier marqué par des défis techniques, une eau omniprésente et la tragédie oubliée de 1971
Découvrez l’histoire de la galerie niveau 15 de Combe Névouse à Saint-Arey. Un site minier marqué par des défis techniques, une eau omniprésente et la tragédie oubliée de 1971
| Caractéristique | Détails |
| Nom de l’ouvrage | Galerie de Combe Névouse – Niveau 15 |
| Localisation | Saint-Arey, lieu-dit « Comba Nevouza » (Dauphiné) |
| Ressource extraite | Charbon (accès au quartier du Devay) |
| Compagnie minière | Houillères du Bassin du Dauphiné |
| Début du creusement | 1959 |
| Fin du percement | 1960 (jonction effective avec le quartier du Devay en 1961) |
| Contraintes hydrogéologiques | Traversée complexe d’un karst aquifère ayant nécessité une déviation. L’eau s’écoule encore aujourd’hui. |
| Risque minier majeur | Phénomène de « dégagements instantanés » de gaz carbonique (CO2) sous très haute pression. |
| Technique de sécurisation | Emploi de « tirs d’ébranlement » (trous de forages de 20 mètres équipés de petites charges explosives pour fracturer la roche et purger le gaz préventivement). |
| Bilan humain (Tragédies) | 1968 : 1 mort 1971 : 8 morts |
| Fermeture définitive | 23 août 1983, consécutivement à un troisième dégagement instantané de CO2. |
| Vestiges archéologiques (Surface) | • Conduit en béton canalisant l’eau du karst • Tracé au sol de la voie étroite pour les berlines • Ruines du bâtiment du « basculeur » • Le « razzier » (terril de stériles partiellement végétalisé avec des pins) |
| État de conservation et Sécurité | Entrée obturée. Danger de mort : accès souterrain strictement interdit en raison de l’accumulation persistante de CO2 (asphyxie foudroyante). |
Perdue dans le paysage montagneux de Saint-Arey, au lieu-dit « Comba Nevouza », l’entrée de la galerie de Combe Névouse (niveau 15) semble aujourd’hui endormie. Pourtant, ce site offre un témoignage saisissant de l’activité minière du XXe siècle, mêlant prouesses techniques et drames humains. Si l’entrée est aujourd’hui obturée, les vestiges alentour racontent encore l’histoire du charbon dans le Dauphiné.


L’histoire commence véritablement en 1959, date du début du creusement de cette galerie stratégique. Les mineurs, dans leur progression vers les profondeurs, se heurtent rapidement à un obstacle naturel majeur : un karst rempli d’eau.
Cette poche d’eau souterraine a forcé les ingénieurs à dévier le tracé initial de la galerie. Aujourd’hui encore, cet événement géologique est visible : un écoulement d’eau permanent s’échappe du site, souvenir liquide de ce percement laborieux achevé en 1960 pour rejoindre le quartier du Devay en 1961.
L’ennemi principal à Combe Névouse n’était pas seulement la roche, mais le gaz. Tout au long de son exploitation, la galerie a été le siège d’écoulements constants de gaz carbonique (CO2).
L’exploitation du quartier du Devay était particulièrement redoutée à cause du phénomène des dégagements instantanés. Contrairement au coup de grisou qui nécessite une étincelle, le dégagement instantané est une libération brutale et massive de gaz emprisonné sous pression. Le souffle est si puissant qu’il peut projeter des tonnes de roches et de matériel, balayant tout sur son passage.
Pour tenter de sécuriser la zone, les Houillères du Bassin du Dauphiné utilisaient la technique des « tirs d’ébranlement ».
La méthode : On forait des trous de 20 mètres pour y placer de petites charges explosives.
L’objectif : Fracturer la roche préventivement pour laisser le gaz s’échapper et faire tomber la pression avant d’envoyer les hommes extraire le charbon.
Malgré ces précautions techniques avancées, la nature est restée imprévisible. La galerie de Combe Névouse est tristement célèbre pour ses accidents mortels liés au gaz :
1968 : Un premier accident coûte la vie à un mineur.[
1971 : Une catastrophe majeure se produit, causant la mort de huit mineurs.
1983 : Le 23 août, un troisième dégagement instantané scelle le destin du site, entraînant sa fermeture définitive.
Pour le promeneur ou l’amateur d’histoire industrielle, le site offre encore des indices visibles de son passé laborieux :
L’eau : Canalisée aujourd’hui dans un conduit en béton pour stabiliser le terrain, elle continue de couler depuis le karst percé il y a 60 ans.
Les rails : On devine au sol le tracé de la voie étroite où circulaient les berlines. Ces wagonnets servaient à évacuer les stériles (déchets de roche) vers le « razzier » (la zone de déversement).
Le basculeur : Les ruines d’un petit bâtiment subsistent. C’est ici que les berlines étaient basculées pour vider leur contenu dans des camions-bennes en contrebas.
Le razzier : Cette colline artificielle de déchets miniers a fait l’objet d’une tentative de revégétalisation. Des bénévoles y ont planté des pins, mais la toxicité ou la pauvreté du sol en a eu raison : la plupart sont morts, laissant un paysage singulier où seuls quelques arbres ont survécu.


1. Qu’est-ce que le site de Combe Névouse dans le bassin de la Matheysine ?
Combe Névouse est un site stratégique situé sur la commune de Susville (ou secteur de La Mure). Le Niveau 15 correspond à une galerie technique et d’extraction majeure située à une altitude d’environ 900-950 mètres. C’est un point de convergence essentiel pour le réseau souterrain des mines de la Matheysine.
2. Quel type de minerai était extrait par les HBD à cet endroit ?
On y extrayait l’anthracite, un charbon de très haute qualité, caractérisé par une teneur en carbone très élevée (plus de 90 %) et un faible taux de matières volatiles. L’anthracite de la Mure était réputé pour être l’un des meilleurs au monde, utilisé tant pour le chauffage domestique que pour l’industrie.
3. Quel était le rôle spécifique du Niveau 15 ?
Le Niveau 15 servait de galerie de roulage principale et de niveau d’exhaure (évacuation des eaux). Il permettait de relier différents secteurs d’abattage aux puits d’extraction ou aux descenderies. Dans la structure complexe du bassin, ce niveau facilitait le transit du charbon vers le centre de tri et de lavage du Villaret.
4. Qui étaient l’exploitant du site ?
Le site a été exploité par les HBD (Houillères du Bassin du Dauphiné), l’une des divisions des Charbonnages de France lors de la nationalisation.
5. Quelles sont les techniques de soutènement visibles au Niveau 15 ?
Contrairement aux mines métalliques, les mines de charbon de la Matheysine utilisaient massivement :
Des cintres métalliques (souvent de type Toussaint-Heintzmann) pour résister à la forte pression des terrains houillers.
Des éléments de boisage en sapin ou mélèze (utilisés pour le coffrage ou comme témoins de pression).
On y observe également des zones de travers-bancs creusées directement dans le rocher (le « stérile »).
6. Comment le charbon était-il transporté dans cette galerie ?
Le Niveau 15 était équipé de voies ferrées étroites. Le roulage y était intensif, assuré par des locotracteurs électriques (souvent alimentés par caténaires ou trolley) ou des locotracteurs diesel, tractant des rames de berlines à forte capacité.
7. Pourquoi le site présente-t-il des formations géologiques spectaculaires ?
En raison de l’arrêt des pompages et de la forte minéralisation, le Niveau 15 est le siège de phénomènes de concrétionnement rapide. L’eau chargée en fer et en carbonate crée des stalactites de limonite (« fleurs de fer ») et des dépôts de boues d’ocre (gley) qui recouvrent le sol sur plusieurs dizaines de centimètres.
8. Pourquoi trouve-t-on des concrétions ferrugineuses dans une mine de charbon ?
Bien que l’on extraie du charbon, les eaux d’infiltration traversent des couches riches en sulfures de fer (pyrite, marcassite) présentes dans les bancs de schistes permiens et carbonifères. En s’oxydant au contact de l’air des galeries, ces minéraux créent des dépôts d’ocre et des stalactites de limonite, donnant parfois un aspect « mine de fer » aux galeries abandonnées.
9. Quel est l’état actuel du patrimoine au Niveau 15 ?
Le site témoigne de la fin de l’épopée minière (fermeture définitive du bassin en 1997). On y trouve des vestiges de l’électrification (isolateurs, câbles), des conduites d’air comprimé pour les marteaux-piqueurs et les perforatrices, ainsi que les infrastructures de gestion des eaux qui continuent de drainer le massif.
10. Quelle est l’importance historique de ce niveau pour la Matheysine ?
Le Niveau 15 est un maillon de la « colonne vertébrale » souterraine qui a permis la survie économique du plateau pendant plus d’un siècle. Il illustre le passage de l’extraction artisanale à une industrialisation massive et mécanisée sous l’égide des HBD, marquant l’identité sociale et technique de toute une région.
« Ce chantier de rénovation est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine... »
« …les travaux de restauration est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure. »
« …l’effondrement catastrophique de La Clapisse » (A venir)
« Pour préparer votre voyage et consulter les informations pra
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