Vestiges et entonnoir d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.

Galerie de la poudrière du Peychagnard (Niveau 10)

Au cœur des premiers travaux d’extraction de 1806, cet abri souterrain d’explosifs ravitaillait le roulage hippomobile vers La Festinière avant de sombrer dans l’oubli.

Creusée dès 1806 au palier du Niveau 10 pour garder la poudre noire à bonne distance des chantiers et des hommes, la poudrière du Peychagnard a rythmé les débuts de l’épopée minière sous le Premier Empire. Branchée sur la voie où s’activaient les chevaux en partance pour le col de La Festinière, elle a fini par s’effacer dès que la vapeur et le rail ont pris le relais du roulage à traction animale. Aujourd’hui, sous la futaie matheysine, seul un talus d’éboulis foudroyé à la dynamite trahit encore la gueule de ce discret magasin d’explosifs.

Informations pratiques

Caractéristique Détail technique
Nom de l’ouvrage Galerie de la poudrière (Niveau 10)
Localisation Niveau 10, Peychagnard, Matheysine (Isère)
Concession minière Concession du Peychagnard (bassin houiller de La Mure)
Époque de percement À partir de 1806 (contemporaine de la galerie Sainte-Barbe, Premier Empire)
Fonction historique Stockage isolé et sécurisé de la poudre noire et des artifices de tir de mine
Raccordement logistique Axe perpendiculaire à la voie de roulage hippomobile reliant le palier au col de La Festinière
Période d’abandon XIXe siècle, consécutivement au remplacement de la traction animale par le chemin de fer minier
Vestiges visibles Amas de pierraille et éboulis rocheux (témoignage d’un foudroyage volontaire par dynamitage)
Campagne de sécurité 1997 Aucune intervention recensée (ouvrage déjà effacé et foudroyé antérieurement)
Accessibilité Bords de sentier de découverte minier, terrain en pente, entrée souterraine totalement scellée et inaccessible
Circuit associé Circuit des puits et galeries de Susville (3,5 km – Facile) [Découvrir l’itinéraire FR / Explore the route (EN)]
Guide de terrain Fiche d’observation bilingue FR / EN disponible [Consulter la fiche / View the fact sheet]

Les galeries disparues du Peychagnard : sur la piste du niveau 8 bis

Le bassin houiller du plateau matheysin conserve les stigmates discrets de plus d’un siècle d’extraction d’anthracite. Entre Le Peychagnard et Susville, le secteur de Bois Freynet illustre parfaitement la superposition des différentes époques d’exploitation minière et l’effacement progressif des installations les plus anciennes au profit des méthodes modernes à ciel ouvert. Parmi ces ouvrages souterrains oubliés figure la galerie du niveau 8 bis, un accès minier aujourd’hui disparu de la surface mais toujours présent dans les archives géomètres et la mémoire du sous-sol.

Imagerie LiDAR révélant le razzier et la tranchée d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville.

Imagerie LiDAR révélant le razzier et la tranchée d’affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville.

Bois Freynet : de l’exploitation souterraine à la découverte à ciel ouvert

L’histoire extractive de ce vallon a connu un tournant majeur avec la mise en place de la découverte de Bois Freynet. Alors que les mineurs creusaient autrefois des réseaux de galeries horizontales à flanc de montagne pour intercepter les veines de charbon à différentes altitudes, l’exploitation à ciel ouvert est venue décaper des pans entiers de relief.

Ce remaniement massif des terrains a bouleversé la topographie locale :

  • Les entrées historiques de plusieurs galeries ont été purement et simplement arasées ou ensevelies par les déblais.

  • La galerie du niveau 7 bis a ainsi été engloutie par ces travaux de terrassement.

  • La galerie du niveau 8 bis, établie sur le même versant, a subi un sort identique, disparaissant sous les fronts de taille et les remblais de l’exploitation moderne.

Vestiges et entonnoir d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.

Vestiges et tranchée d’affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.

Retrouver la trace du niveau 8 bis sur le terrain

Si l’entrée maçonnée ou boisée de la galerie n’est plus visible à l’air libre, les anciens plans de concession et les relevés topographiques des Houillères du Bassin du Dauphiné permettent de repositionner précisément son implantation historique.

L’analyse des relevés topographiques

Les cartes minières d’époque situent l’ouvrage sur les pentes reliant Le Peychagnard au vallon de Susville, à proximité immédiate des affleurements de charbon. Grâce à ces coordonnées, la prospection de terrain permet de confronter les archives à la réalité géologique actuelle.

Les indices d’un effondrement minier

Sur la zone ciblée par les plans miniers, le promeneur averti peut observer un affaissement marqué dans le versant boisé. En terrain minier, ce type de fontis ou de dépression conique trahit fréquemment la présence sous-jacente d’une ancienne galerie dont le soutènement s’est rompu sous le poids des terres. S’il est impossible d’affirmer avec une certitude absolue que ce cratère végétalisé correspond exactement à la gueule de la galerie 8 bis, la concordance spatiale avec les plans d’époque en fait l’indice le plus sérieux de son existence passée.

Razzier de roches stériles de l'ancienne galerie 3 de mine à Fontveille sur la commune de Susville en 2017

Razzier de roches stériles de l’ancienne galerie 3 de mine à Fontveille sur la commune de Susville en 2017

Observer un patrimoine minier invisible

Contrairement aux grands chevalements ou aux entrées de mines monumentales encore debout sur le plateau matheysin, le niveau 8 bis appartient à ce patrimoine minier discret, presque archéologique.

Se rendre sur ces coordonnées invite à une véritable lecture de paysage : comprendre comment la forêt a reconquis les zones d’exploitation, repérer les anomalies de relief façonnées par les mineurs et prendre la mesure du bouleversement industriel qui a sculpté la montagne dauphinoise.

Pour aller plus loin
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Envie de repérer ces vestiges sur le terrain ?
Dissimulés dans la vegetation sont difficiles à identifier seul.
Vous pouvez explorer en autonomie ? Emportez notre fiche FR EN pour ne rien manquer le long de l’ancien chemin des mineurs.
Pour ne rien manquer, consultez notre circuit guidé

Foire Aux Questions La galerie de la poudrière du niveau 10 Peychagnard

Il s’agissait d’une galerie creusée à l’écart des chantiers de dépilage pour stocker en toute sécurité la poudre noire et le matériel de tir indispensables à l’abattage du charbon. Creusée au début du XIXe siècle lors de l’ouverture de la concession du Peychagnard, elle isolait le risque d’explosion loin des mineurs et des habitations.

À ses débuts, la poudrière débouchait directement sur la voie de roulage à traction hippomobile qui évacuait le combustible vers le col de La Festinière. Lorsque le chemin de fer minier a remplacé les convois de chevaux, les flux de transport ont été réorganisés et le stockage d’explosifs a été centralisé dans des dépôts plus modernes, rendant cet ouvrage obsolète.

L’entrée souterraine est entièrement condamnée et foudroyée. Sur le terrain en pente, on observe un cône d’éboulis et un monticule de pierraille calcaire et gréseuse marquant l’emplacement historique de l’ancienne gueule de mine. Pour préparer votre sortie et explorer les environs : Voir la fiche de visite bilingue FR / EN et le parcours guidé.

Lors de la grande campagne de mise en sécurité menée par Charbonnages de France à la fin des années 1990, seules les entrées demeurées ouvertes ou dangereuses ont été maçonnées ou grillagées. La poudrière du Niveau 10 ayant été détruite et foudroyée à l’explosif dès son abandon au XIXe siècle, elle ne présentait plus d’aléa de fontis ou de vide résiduel accessible.

Tout ce qu’il faut savoir ensuite

Façade sud du magasin à charbon du puits du Villaret à Susville, surmontée de son lanterneau de toiture.
Installation industrielle de traitement des résidus miniers près des bassins à schlamms à Susville.
Photo de la gare du Villaret à Susville prise depuis le carreau de la mine, montrant le lien entre le puits et le patrimoine du train minier.

Sources et sites officiels 

1. Autour de l’histoire et du patrimoine minier de la région

    • Marliave (Charles de), Les mines d’anthracite de La Mure (1806-1946), Grenoble, Éditions Allier, 1955, 308 p.
      (L’ouvrage historique fondateur sur les concessions minières, l’évolution technique et le développement de la Compagnie des Mines de La Mure avant la nationalisation).

    • Garnier (Jean), Chronique des mines de La Mure : 2 siècles de charbon, Éditions du Belvédère, 2001, 194 p.
      (Une rétrospective détaillée de l’épopée de l’anthracite jusqu’à la fermeture du puits du Villaret en mars 1997).

    • Guiollard (Pierre-Christian), Les chevalements des houillères françaises, Fichiers techniques et inventaire du patrimoine minier français, PCG Éditions.
      (Ouvrage de référence sur l’architecture des installations de surface, incluant les caractéristiques techniques du chevalement Venot du puits du Villaret).

    • Bouillin (Patrice) et Wurmser (Daniel), Le Chemin de Fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Éditions Bouillin, 1995, 512 p.
      (Étude exhaustive sur la ligne électrifiée du SGLM, indissociable de l’évacuation de l’anthracite depuis le carreau du Villaret).

2. Informations locales et institutionnelles

  • Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).

3. Patrimoine départemental

  • Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.

Bibliographie 

  • 1. Sur l’histoire générale et le patrimoine de la région

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.

    2. Sur l’histoire locale spécifique et le patrimoine minier

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.

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Galerie Photos

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