Vestiges et entonnoir d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.
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Galerie 3 de Fontveille : mémoire d’une mine oubliée

Perchée au sommet du secteur minier de Fontveille, la galerie 3 ne laisse aujourd’hui deviner que son razzier et une faille dans la végétation, témoins silencieux d’un ouvrage condamné en 1997.

Accrochée aux pentes les plus hautes de Fontveille, la galerie 3 a presque réussi à s’effacer du paysage. Sous un épais manteau de végétation, seuls un razzier de stériles et un affaissement trahissent encore l’endroit où les mineurs s’enfonçaient dans la montagne. Du soutènement métallique d’origine aux vestiges de surface, tout a été démantelé et enfoui en 1997. Récit d’un ouvrage d’anthracite fantôme, dont la terre a définitivement scellé le destin.

Informations pratiques

Caractéristique Détail technique
Nom de l’ouvrage Galerie 3 de Fontveille
Secteur / Localisation Fontveille, commune de Susville (Bassin minier de La Mure / Matheysine, Isère)
Type de patrimoine Patrimoine minier / Galerie d’extraction d’anthracite
Positionnement Ouvrage situé au niveau altimétrique le plus élevé du site minier de Fontveille
Vestiges visibles en surface Razzier (terril de roches stériles), entonnoir d’affaissement dissimulé sous la végétation
Aménagements d’origine identifiés Cadres métalliques de soutènement à l’entrée, fondations d’un bâtiment technique de service
Année de mise en sécurité 1997 (programme de mise en sécurité des concessions minières de la Matheysine)
Nature des travaux de fermeture Retrait des blindages d’acier, démolition du bâti, foudroyage/remblaiement massif et régalage du terrain
État de conservation Débouché entièrement scellé et masqué sous les remblais ; site reconquis par le milieu naturel
Accessibilité Hors sentier balisé, versant pentu et accidenté, aucun accès souterrain possible
Circuit associé Circuit des puits et galeries de Susville (3,5 km – Facile) Découvrir l’itinéraire FR / Explore the route (EN)
Guide de terrain Fiche d’observation bilingue FR / EN disponible Consulter la fiche / View the fact sheet

La galerie Sainte-Barbe au Peychagnard : mémoire ouvrière et technique du bassin minier matheysin

Accroché aux pentes de Susville, au cœur du plateau de la Matheysine, le hameau du Peychagnard conserve les empreintes indélébiles de l’exploitation de l’anthracite. Parmi les nombreux ouvrages souterrains qui ont façonné ce paysage industriel dauphinois, la galerie Sainte-Barbe se distingue par son ancienneté et son rôle logistique déterminant. Placée sous la protection de la sainte patronne des mineurs, cette percée a traversé près de deux siècles d’histoire industrielle avant de livrer ses derniers blocs de combustible.

Imagerie LiDAR révélant le razzier et la tranchée d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville.

Imagerie LiDAR révélant le razzier et la tranchée d’affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville.

Une percée minière pionnière dès le Premier Empire

Le percement de la galerie Sainte-Barbe débute le 1er mars 1806. Cette date précoce inscrit d’emblée l’ouvrage dans les balbutiements de l’ère industrielle moderne. À cette époque, l’extraction du charbon en Dauphiné quitte peu à peu le stade artisanal pour s’organiser face aux besoins grandissants de la métallurgie alpine et du chauffage urbain.

Le gisement exploité recèle un anthracite d’une pureté exceptionnelle, mondialement reconnu pour sa très forte teneur en carbone pur, son haut pouvoir calorifique et sa combustion quasi exempte de fumée. Durant des décennies, des générations de mineurs de fond se sont relayées dans ces galeries étroites creusées dans la roche dure.

Vestiges et entonnoir d'affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.

Vestiges et tranchée d’affaissement de la galerie 3 de Fontveille à Susville en 2017 après la mise en sécurité.

L’étage stratégique du Niveau 10 et l’évacuation du combustible

La galerie Sainte-Barbe débouche sur le palier technique dit du « Niveau 10 » du Peychagnard. Dans l’architecture souterraine étagée des mines de la Matheysine, ce palier assurait un rôle central de transit, de tri et d’évacuation.

C’est précisément depuis cet étage que prenait naissance une ligne ferroviaire industrielle à voie étroite. Les berlines chargées de minerai rejoignaient le col de La Festinière, au lieu-dit « La Gare ». Ce site servait de comptoir marchand et de point de vente direct pour approvisionner les vallées grenobloises et le sud de l’Isère. Face au débouché de la galerie, un haut mur maçonné en pierre de taille marquait l’emprise de l’ancien quai de déchargement et de stockage du charbon.

Razzier de roches stériles de l'ancienne galerie 3 de mine à Fontveille sur la commune de Susville en 2017

Razzier de roches stériles de l’ancienne galerie 3 de mine à Fontveille sur la commune de Susville en 2017

Une galerie intégrée à l’habitat : les secrets du talus

En observant attentivement les lieux aujourd’hui, la topographie interpelle : une maison d’habitation se trouve littéralement encastrée contre la pente rocheuse. Cette configuration architecturale singulière s’explique directement par l’activité minière d’origine.

La galerie Sainte-Barbe, visible immédiatement à côté de l’habitation, comportait autrefois un embranchement souterrain dont l’une des issues débouchait directement à l’intérieur de la maison actuelle. Ce raccordement direct entre galerie de mine et bâtiment de surface facilitait la surveillance, le stockage d’outillage ou le travail des ouvriers à l’abri des rigueurs de l’hiver matheysin.

L’ensemble de cet ouvrage — la galerie extérieure et la branche intérieure débouchant sous le bâtiment — a fait l’objet d’une mise en sécurité définitive en 1997. Les ouvertures ont été condamnées et les terrains stabilisés dans le cadre du vaste programme de sécurisation des anciennes concessions minières mené à la fermeture définitive du bassin.

Pour aller plus loin
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Envie de repérer ces vestiges sur le terrain ?
Dissimulés dans la vegetation sont difficiles à identifier seul.
Vous pouvez explorer en autonomie ? Emportez notre fiche FR EN pour ne rien manquer le long de l’ancien chemin des mineurs.
Pour ne rien manquer, consultez notre circuit guidé

Ouvrages de soutènement, exhaure et plan incliné

L’exploitation souterraine en montagne impose de composer en permanence avec les fortes déclivités et l’abondance des eaux souterraines. Les abords de la galerie Sainte-Barbe témoignent d’un travail de maçonnerie remarquable :

Les murs de soutènement et la voirie

Un premier mur imposant délimitait le carreau de stockage du charbon à flanc de coteau. Un second mur monumental soutient l’ancienne plateforme ferroviaire de roulage des berlines, aujourd’hui réaménagée en voirie communale.

La maîtrise de l’eau souterraine

Traversant ce mur de soutènement, un exhaure de mine maçonné demeure nettement visible. Cet orifice laissait s’écouler librement par gravité les eaux d’infiltration captées dans le réseau de galeries, évitant ainsi le risque fatal d’ennoyage des chantiers d’abattage situés en amont.

Le plan incliné du Peychagnard

À quelques mètres de là se dressent les vestiges du plan incliné du Peychagnard. Ce dispositif permettait de relier les différents niveaux d’exploitation sans moteur puissant : par un jeu de câbles et de poulies, le poids des berlines chargées descendant la pente suffisait à hisser les wagonnets vides vers l’entrée de la galerie.

Un témoin de l’archéologie minière dauphinoise

Désormais scellée et située sur une parcelle privée, la galerie Sainte-Barbe ne se visite plus de l’intérieur. Ses superstructures de surface, ses murs d’enrochement, sa rigole d’exhaure et son encastrement avec l’habitat villageois constituent cependant un témoin exceptionnel de la symbiose entre village de montagne et exploitation houillère, depuis les premiers coups de pic de 1806 jusqu’aux travaux de fermeture de 1997.

Foire Aux Questions Tout savoir sur la galerie 3 de Fontveille

La galerie 3 occupait la position la plus élevée en altitude sur le flanc de montagne de Fontveille, sur la commune de Susville. Il s’agissait d’un ouvrage d’extraction établi pour intercepter et exploiter directement les bancs supérieurs d’anthracite du gisement matheysin.

Quels vestiges miniers peut-on encore observer sur place aujourd’hui ?

Les infrastructures maçonnées et les entrées ont disparu sous la végétation, mais deux indices majeurs trahissent encore l’ouvrage :

  • Le razzier (ou terril de déblais) : un éboulis composé de roches stériles extraites lors du creusement des galeries, dont la morphologie et la pente contrastent avec le relief naturel.

  • L’entonnoir d’affaissement : une dépression de terrain caractéristique en sous-bois, causée par l’écroulement des premiers mètres de la tête de galerie sous la pression de la terre.

Pourquoi l’entrée de la galerie n’est-elle plus visible ?

L’entrée a été définitivement neutralisée en 1997 lors d’un programme global de mise en sécurité des anciens sites miniers du bassin de La Mure. Afin d’éviter les risques de chutes ou d’intrusions, les cadres de soutènement en acier ont été démontés, les vestiges du petit bâtiment technique rasés, et la gueule de la galerie a été remblayée et foudroyée sous plusieurs mètres de terre et d’enrochements.

Peut-on visiter l’intérieur de la galerie 3 de Fontveille ?

Non, tout accès souterrain est strictement impossible et interdit. La galerie est entièrement comblée et scellée depuis 1997. De plus, la zone se trouve sur des pentes accidentées hors des sentiers battus, ce qui exige la plus grande prudence lors de randonnées patrimoniales dans le secteur.

Comment s’intègre la galerie 3 dans le parcours minier de Susville ?

La galerie 3 forme, avec les autres galeries étagées de Fontveille (dont la galerie d’apprentissage n° 2) et le carreau du Villaret situé en contrebas, un ensemble patrimonial cohérent. Elle illustre les différentes générations de travaux menés pour conquérir l’anthracite sur ce versant de la Matheysine, des niveaux supérieurs artisanaux jusqu’aux puits industriels modernes.

Les infrastructures maçonnées et les entrées ont disparu sous la végétation, mais deux indices majeurs trahissent encore l’ouvrage :

  • Le razzier (ou terril de déblais) : un éboulis composé de roches stériles extraites lors du creusement des galeries, dont la morphologie et la pente contrastent avec le relief naturel.

  • L’entonnoir d’affaissement : une dépression de terrain caractéristique en sous-bois, causée par l’écroulement des premiers mètres de la tête de galerie sous la pression de la terre.

Pourquoi l’entrée de la galerie n’est-elle plus visible ?

L’entrée a été définitivement neutralisée en 1997 lors d’un programme global de mise en sécurité des anciens sites miniers du bassin de La Mure. Afin d’éviter les risques de chutes ou d’intrusions, les cadres de soutènement en acier ont été démontés, les vestiges du petit bâtiment technique rasés, et la gueule de la galerie a été remblayée et foudroyée sous plusieurs mètres de terre et d’enrochements.

Peut-on visiter l’intérieur de la galerie 3 de Fontveille ?

Non, tout accès souterrain est strictement impossible et interdit. La galerie est entièrement comblée et scellée depuis 1997. De plus, la zone se trouve sur des pentes accidentées hors des sentiers battus, ce qui exige la plus grande prudence lors de randonnées patrimoniales dans le secteur.

Comment s’intègre la galerie 3 dans le parcours minier de Susville ?

La galerie 3 forme, avec les autres galeries étagées de Fontveille (dont la galerie d’apprentissage n° 2) et le carreau du Villaret situé en contrebas, un ensemble patrimonial cohérent. Elle illustre les différentes générations de travaux menés pour conquérir l’anthracite sur ce versant de la Matheysine, des niveaux supérieurs artisanaux jusqu’aux puits industriels modernes.

L’entrée a été définitivement neutralisée en 1997 lors d’un programme global de mise en sécurité des anciens sites miniers du bassin de La Mure. Afin d’éviter les risques de chutes ou d’intrusions, les cadres de soutènement en acier ont été démontés, les vestiges du petit bâtiment technique rasés, et la gueule de la galerie a été remblayée et foudroyée sous plusieurs mètres de terre et d’enrochements.

Peut-on visiter l’intérieur de la galerie 3 de Fontveille ?

Non, tout accès souterrain est strictement impossible et interdit. La galerie est entièrement comblée et scellée depuis 1997. De plus, la zone se trouve sur des pentes accidentées hors des sentiers battus, ce qui exige la plus grande prudence lors de randonnées patrimoniales dans le secteur.

Comment s’intègre la galerie 3 dans le parcours minier de Susville ?

La galerie 3 forme, avec les autres galeries étagées de Fontveille (dont la galerie d’apprentissage n° 2) et le carreau du Villaret situé en contrebas, un ensemble patrimonial cohérent. Elle illustre les différentes générations de travaux menés pour conquérir l’anthracite sur ce versant de la Matheysine, des niveaux supérieurs artisanaux jusqu’aux puits industriels modernes.

Non, tout accès souterrain est strictement impossible et interdit. La galerie est entièrement comblée et scellée depuis 1997. De plus, la zone se trouve sur des pentes accidentées hors des sentiers battus, ce qui exige la plus grande prudence lors de randonnées patrimoniales dans le secteur.

Comment s’intègre la galerie 3 dans le parcours minier de Susville ?

La galerie 3 forme, avec les autres galeries étagées de Fontveille (dont la galerie d’apprentissage n° 2) et le carreau du Villaret situé en contrebas, un ensemble patrimonial cohérent. Elle illustre les différentes générations de travaux menés pour conquérir l’anthracite sur ce versant de la Matheysine, des niveaux supérieurs artisanaux jusqu’aux puits industriels modernes.

La galerie 3 forme, avec les autres galeries étagées de Fontveille (dont la galerie d’apprentissage n° 2) et le carreau du Villaret situé en contrebas, un ensemble patrimonial cohérent. Elle illustre les différentes générations de travaux menés pour conquérir l’anthracite sur ce versant de la Matheysine, des niveaux supérieurs artisanaux jusqu’aux puits industriels modernes.

Voir la fiche de visite bilingue FR / EN et le parcours guidé

Tout ce qu’il faut savoir ensuite

Façade sud du magasin à charbon du puits du Villaret à Susville, surmontée de son lanterneau de toiture.
Installation industrielle de traitement des résidus miniers près des bassins à schlamms à Susville.
Photo de la gare du Villaret à Susville prise depuis le carreau de la mine, montrant le lien entre le puits et le patrimoine du train minier.

Sources et sites officiels 

1. Autour de l’histoire et du patrimoine minier de la région

    • Marliave (Charles de), Les mines d’anthracite de La Mure (1806-1946), Grenoble, Éditions Allier, 1955, 308 p.
      (L’ouvrage historique fondateur sur les concessions minières, l’évolution technique et le développement de la Compagnie des Mines de La Mure avant la nationalisation).

    • Garnier (Jean), Chronique des mines de La Mure : 2 siècles de charbon, Éditions du Belvédère, 2001, 194 p.
      (Une rétrospective détaillée de l’épopée de l’anthracite jusqu’à la fermeture du puits du Villaret en mars 1997).

    • Guiollard (Pierre-Christian), Les chevalements des houillères françaises, Fichiers techniques et inventaire du patrimoine minier français, PCG Éditions.
      (Ouvrage de référence sur l’architecture des installations de surface, incluant les caractéristiques techniques du chevalement Venot du puits du Villaret).

    • Bouillin (Patrice) et Wurmser (Daniel), Le Chemin de Fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Éditions Bouillin, 1995, 512 p.
      (Étude exhaustive sur la ligne électrifiée du SGLM, indissociable de l’évacuation de l’anthracite depuis le carreau du Villaret).

2. Informations locales et institutionnelles

  • Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).

3. Patrimoine départemental

  • Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.

Bibliographie 

  • 1. Sur l’histoire générale et le patrimoine de la région

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.

    2. Sur l’histoire locale spécifique et le patrimoine minier

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.

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Galerie Photos

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