Versage de la Galerie 1 à Fontveille
Plongez dans l’histoire ouvrière de Susville et découvrez les vestiges méconnus du versage de la galerie 1, témoin clé de l’extraction de l’anthracite sur le plateau matheysin.
Plongez dans l’histoire ouvrière de Susville et découvrez les vestiges méconnus du versage de la galerie 1, témoin clé de l’extraction de l’anthracite sur le plateau matheysin.
| Dénomination | Versage de la galerie 1 et site minier de Fontveille |
| Localisation | Hameau de Fontveille, 38350 Susville, Isère (Auvergne-Rhône-Alpes) |
| Territoire / Région historique | Plateau de la Matheysine / Dauphiné |
| Bassin houiller | Bassin minier du Dauphiné / La Mure (anthracite) |
| Exploitant historique | Compagnie des Mines de La Mure puis Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD) |
| Typologie du site | Installation technique de surface, quai de transbordement et versage |
| Ouvrages miniers associés | Galerie 1, descenderie de la galerie Henriette |
| Éléments et vestiges visibles | Massifs de béton (ancrage de treuil/trémie), assise du culbuteur, coupons de rails de voie étroite, replat de stockage, razzier (crassier de stériles) |
| Fonction d’origine | Roulage, culbutage des berlines de charbon, déchargement vers trémies et évacuation des stériles |
| Période d’activité documentée | Milieu du XXe siècle (chantiers actifs des années 1940 aux années 1970) |
| Évolution du site | Remanié lors des aménagements de la découverte du Bois Freynet (« piste noire ») et du développement de la cité de la centrale |
| Statut actuel | Friche industrielle et vestiges patrimoniaux en sous-bois |
| Accessibilité | Accessible depuis le chemin des mineurs / sentier pédestre (visibilité optimale en période hivernale) |
Sur les hauteurs de Susville, au cœur du bassin minier du plateau matheysin, le hameau de Fontveille abrite de discrets témoins de l’épopée de l’anthracite. Parmi eux, le versage de la galerie 1 et les traces liées à la descenderie de la galerie Henriette racontent le quotidien des mineurs et l’ingéniosité des installations de surface.
Longtemps rythmée par les allées et venues des berlines chargées de combustible, cette zone a subi de profondes transformations avec le développement urbain de la cité de la centrale, puis le terrassement des pistes de la découverte du Bois Freynet. Aujourd’hui, une lecture attentive du terrain permet de reconstituer l’organisation de ce site d’exploitation méconnu.
En empruntant l’ancien chemin des mineurs, le tracé du chemin de roulage se dessine nettement dans le paysage. Cette voie permettait d’acheminer les convois ferroviaires étroits directement depuis la sortie de galerie jusqu’au point de déchargement.
Au bout de ce chemin, les fondations visibles laissent deviner l’emplacement d’un culbuteur (ou basculeur de berlines) et d’une trémie. Ce dispositif mécanique permettait de faire pivoter les wagonnets pour vider instantanément leur contenu vers un niveau inférieur.
En bordure de la plate-forme, d’imposants massifs de béton interpellent le visiteur. Plusieurs hypothèses fonctionnelles expliquent leur présence :
L’ancrage d’un treuil ou d’un équipement de manutention lourd.
La stabilisation du razzier (le talus de déblais et de résidus rocheux issus du creusement).
Le soutènement de la charpente métallique ou en bois qui supportait le pont de culbutage.
En contrebas du versage, la végétation dense dissimule une partie des aménagements. Il faut attendre la période hivernale, lorsque les sous-bois se découvrent, pour apercevoir d’authentiques sections de rails métalliques encore ancrées dans la terre, ultimes témoins du circuit de voie étroite
Les deux autres zones de captation solaire reposent sur l’ancien crassier minier (localement appelé « razzier »). Ces collines de stériles, composées de roches et de résidus de lavage du charbon, ont longtemps constitué des friches complexes à réhabiliter en raison de la nature des sols. L’installation de structures porteuses au sol permet de redonner un usage productif à ces sols délaissés, sans empiéter sur les terres agricoles fertiles ou les zones forestières du plateau.
L’exploitation minière a façonné la topographie de Susville bien après l’arrêt des chantiers souterrains. Les aménagements de surface se sont adaptés aux besoins successifs de l’industrie et du logement des ouvriers.
Au-dessus des habitations et en contrebas du chemin, le relief présente un replat parfaitement régulier. Cette terrasse artificielle n’a rien de naturel. Selon les observations de terrain, cet espace a pu servir d’aire de stockage intermédiaire de charbon, voire de point de vente directe au détail pour les habitants et les artisans des environs, avant que le gisement local ne soit totalement épuisé.
L’implantation ultérieure de la cité de la centrale thermique a profondément modifié le secteur, intégrant ces anciens espaces industriels au tissu résidentiel minier.
L’analyse des photographies aériennes historiques de l’IGN éclaire avec précision la chronologie des installations de Fontveille :
1948 : Les installations de surface restent discrètes et se confondent encore avec la végétation montagnarde.
1952 : Un cheminement très net et clair apparaît, reliant directement la cité de la centrale aux massifs de béton, avant de remonter vers le secteur de la galerie Henriette.
1970 : L’entrée de la galerie se détache nettement, consolidée par deux solides murs de soutènement en maçonnerie qui sécurisaient la gueule d’entrée contre les glissements de terrain.
Sur les clichés de 1981, l’ensemble des superstructures est encore parfaitement visible : les deux massifs de béton, l’emplacement exact de la trémie ainsi qu’un petit bâtiment technique annexe affecté au personnel ou à l’outillage.
La physionomie du versant a ensuite été modifiée lors des travaux d’aménagement de la découverte du Bois Freynet. Le percement de la large voie de circulation (la « piste noire ») destinée au passage des engins lourds d’extraction à ciel ouvert a fait disparaître une grande partie de ces constructions de surface.
À proximité immédiate du versage de Fontveille se trouvait la descenderie liée à la galerie Henriette. Contrairement à une galerie de niveau horizontale, la descenderie est un ouvrage souterrain creusé en pente pour rejoindre des bancs de charbon plus profonds sans nécessiter le fonçage d’un puits vertical complet.
Cet accès technique jouait un rôle clé dans l’aérage, l’exhaure (pompage des eaux d’infiltration) et la circulation du matériel vers les chantiers d’abattage de Susville. Bien que ses accès soient condamnés par mesure de sécurité, la configuration du terrain et les traces d’éboulis marquent encore son emplacement exact.
Découvrir les vestiges de la galerie 1 de Fontveille nécessite un regard attentif. Si les grands chevalements ont disparu du plateau matheysin, ces petites structures de surface témoignent de l’ingéniosité des aménagements de proximité déployés par les houillères pour exploiter chaque pli du gisement d’anthracite. La préservation et l’identification de ces traces permettent de transmettre la mémoire des mineurs de Susville aux randonneurs et passionnés d’histoire industrielle.
1- Qu‘est-ce qu’un versage dans les mines de charbon ?
Un versage est une plateforme technique de surface aménagée en bordure de relief ou au-dessus de trémies de chargement. C’est à cet endroit que les berlines pleines arrivant du fond étaient basculées (souvent à l’aide d’un culbuteur mécanique) pour déverser l’anthracite vers les installations de tri, les camions ou les bennes de transport, tout en séparant les stériles rocheux envoyés au terril.
2- Quel rôle jouait le site de Fontveille pour les mines de Susville ?
Le hameau de Fontveille constituait un point névralgique pour l’évacuation de la production des chantiers environnants. Il centralisait le roulage des convois issus de la galerie 1 et assurait la liaison avec la descenderie de la galerie Henriette, permettant une évacuation rationalisée de l’anthracite extrait sous le plateau matheysin.
3- Quels vestiges miniers peut-on encore observer sur place ?
En explorant le vallon, on distingue encore de puissants massifs en béton armé qui servaient d’ancrage aux treuils et aux culbuteurs, des sections de rails à voie étroite à demi enfouies, l’assise nivelée des voies de roulage, ainsi que des amoncellements caractéristiques de schistes noirs marquant l’ancien crassier (razzier).
4- Pourquoi est-il plus facile d’observer ces vestiges en hiver ?
Entre le printemps et l’automne, une végétation dense de ronces, de fougères et de taillis recouvre les structures industrielles. Durant la période hivernale, la chute des feuilles et le recul de la végétation découvrent les alignements de maçonnerie, les rampes et les reliefs artificiels façonnés par l’homme.
5- Quelle qualité de charbon extrayait-on à Fontveille ?
Comme dans l’ensemble du bassin minier de La Mure, le sous-sol de Susville renfermait une anthracite d’une pureté exceptionnelle, affichant une teneur en carbone très élevée (supérieure à 90 %). Ce combustible à combustion lente et sans fumée était particulièrement prisé pour le chauffage domestique et l’industrie métallurgique.
6- Le site est-il libre d’accès au public ?
Le secteur est traversé par d’anciens chemins miniers et sentiers de promenade. Cependant, il s’agit d’une friche industrielle abandonnée en milieu boisé et escarpé : la visite demande de bonnes chaussures de marche, de rester sur les traces visibles et d’observer une grande prudence à proximité des à-pics rocheux ou des ruines de béton.
La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.
Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.
Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.
Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).
Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.
Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.
Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.
Marliave, Charles de. Les mines d’anthracite de La Mure, 1806-1946. Paris : Éditions Arthaud, 1955.
Pourquoi cette référence ? Rédigé par un ancien ingénieur et administrateur de la Compagnie, cet ouvrage est la somme technique et historique de référence sur le bassin houiller du Dauphiné. Il détaille la configuration des gisements, l’aménagement des galeries, l’exhaure, ainsi que l’évolution des infrastructures de transport et de versage sur le secteur de Susville et de La Motte-d’Aveillans.
Garnier, Jean. Chronique des mines de La Mure : deux siècles de charbon. La Mure : Jean Garnier, 2001.
Pourquoi cette référence ? Ce travail de mémoire et d’érudition locale retrace de manière chronologique l’exploitation de l’anthracite, le rôle des puits du Villaret, ainsi que le réseau des galeries de proximité et des chantiers satellites qui ont précédé l’exploitation à ciel ouvert (la découverte du Bois Freynet).
Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).
Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.
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