Façade de la maison de l'ancien cercle des mineurs du Villaret à Susville vue depuis la route.

Bassins à schlamm du Villaret : génie minier à Susville

Plongez dans l’histoire de cette retenue d’eau artificielle créée pour refroidir les turbines de la centrale thermique du Villaret, entre prouesse hydraulique souterraine et mémoire industrielle de la Matheysine.

Sous les eaux calmes qui subsistent au Villaret se cache une pièce maîtresse de la machine industrielle matheysine. Loin d’être une simple mare d’altitude, l’étang de la centrale était le cœur hydraulique d’un géant d’acier : un bassin artificiel de 5 000 m² relié sous terre aux condenseurs de la centrale thermique pour refroidir ses turbo-alternateurs. Des galeries secrètes creusées sous la chaussée aux séquelles d’une pollution aux PCB effacée par la dépollution, découvrez l’histoire méconnue d’un plan d’eau façonné par et pour l’anthracite.

Informations pratiques

Caractéristique Détail technique et patrimonial
Nom du site Bassins à schlamms du Villaret
Localisation Commune de Susville (secteur Le Villaret / Les Moutières), Matheysine, Isère (38)
Type de patrimoine Patrimoine industriel minier (génie hydraulique et traitement des eaux)
Exploitant historique Compagnie des Mines de La Mure puis Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD / Charbonnages de France)
Minerai lié Anthracite du bassin minier de La Mure
Nature du matériau (schlamm) Suspensions aqueuses composées d’eau et de très fines particules de charbon (granulométrie inférieure à 0,5 mm) issues du lavoir
Fonction technique principale Décantation gravitaire des eaux du lavoir du Villaret, clarification des effluents et protection environnementale de la Jonche
Valorisation énergétique Récupération des boues séchées pour injection dans les chaudières à charbon pulvérisé de la centrale thermique du Villaret
Spécificité géotechnique Propriétés thixotropes des sédiments (boues solides au repos devenant fluides sous contrainte mécanique, risque de sables mouvants)
Période d’activité Des années 1950 jusqu’à l’arrêt de l’exploitation houillère en 1997
Reconversion contemporaine Confinement, stabilisation des sols et reconversion en parc solaire photovoltaïque
Conditions d’accès Visible depuis les sentiers de randonnée et circuits du patrimoine minier de Susville ; site industriel sécurisé

Le magasin à charbon du Villaret : dernier témoin de l’épopée minière

Le carreau du Villaret a presque entièrement disparu du paysage, emporté par la fin de l’exploitation houillère. Un seul bâtiment a résisté aux pelleteuses : le magasin à charbon. Si ce colosse de pierre est encore là aujourd’hui, c’est pour une raison purement pragmatique : sa destruction aurait coûté beaucoup trop cher.
Massif, austère et totalement dépourvu de fenêtres, il attire immédiatement le regard par sa prestance brute. Ses façades sont percées de part en part par de grandes entrées aujourd’hui murées, autrefois empruntées par les wagonnets.

À quoi servait exactement ce bâtiment hors norme ?

La fonction de ce bâtiment unique était le stockage stratégique du charbon. Le combustible y arrivait directement depuis le lavoir, où il avait préalablement été calibré selon les besoins industriels transportes par tapis roulants.
Le charbon pénétrait à l’intérieur du bâtiment par un lanternau, une structure supérieure encore bien visible aujourd’hui. De là, il était réparti et orienté dans différentes trémies de stockage.

Un système ingénieux pour les wagonnets

Au sol, une voie ferrée à écartement étroit serpentait à l’intérieur du bâtiment, passant directement sous les trémies. Ce dispositif permettait de charger les wagonnets rapidement et efficacement.
L’ingénierie de l’époque se devine encore dans les moindres détails : les trémies étaient télécommandées. On peut d’ailleurs toujours observer les mécanismes d’époque qui servaient à commander l’ouverture et la fermeture des trappes.

Un patrimoine industriel à préserver

Aujourd’hui, ce magasin à charbon du Villaret ne résonne plus du vacarme des wagonnets ni de l’activité des mineurs. Il reste le tout dernier témoin de pierre d’une époque révolue, rappelant aux visiteurs la dureté et l’ingéniosité du travail de la mine dans la région.

Foire Aux Questions L‘étang de la centrale à Susville

L’eau transitait par une galerie souterraine maçonnée de 60 mètres de long et d’un mètre carré de section, passant sous la chaussée. Elle débouchait dans un grand puisard circulaire où de puissantes pompes aspiraient le débit nécessaire pour refroidir les installations industrielles.

Après l’arrêt de la centrale thermique et la fermeture des mines, le site a perdu sa fonction utilitaire. Le bassin a subi un remblaiement massif dans le cadre de la réhabilitation et de la sécurisation des terrains, ne laissant subsister qu’une modeste partie de sa surface d’origine.

L’activité industrielle et l’usage d’huiles diélectriques dans les transformateurs électriques ont entraîné une contamination des sédiments par des PCB (pyralène) et des métaux lourds. Des chantiers de dragage et d’évacuation des boues polluées ont été menés pour assainir le plan d’eau et supprimer les risques de dissémination dans l’environnement.

Le plan d’eau résiduel est visible depuis l’espace public et les chemins qui parcourent le hameau du Villaret à Susville. Il s’intègre dans un parcours de découverte libre des vestiges industriels de la Matheysine (bâtiments de la centrale, terrils et cités minières).

Sources et sites officiels 

1. Autour de l’histoire et du patrimoine minier de la région

  • La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.

  • Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.

2. Informations locales et institutionnelles

  • Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).

3. Patrimoine départemental

  • Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.

Bibliographie 

  • 1. Sur l’histoire générale et le patrimoine de la région

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.

    2. Sur l’histoire locale spécifique et le patrimoine minier

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.

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