Photographie de 2007 montrant les restes du puits numéro 1, isolés et bien visibles au milieu d'un pré verdoyant.

Les puits de mine de Putteville : secret du Dauphiné

Plongez dans l’histoire minière méconnue de Pierre-Châtel et découvrez les vestiges industriels cachés des puits de Putteville..

Cachés sur la commune de Pierre-Châtel, les anciens puits de mine de Putteville témoignent de la riche histoire minière du Dauphiné. Entre prospections oubliées, filons d’anthracite et vestiges de mines paysannes, découvrez l’histoire et les secrets de ces mystérieuses installations souterraines grâce à l’éclairage d’un historien spécialisé.

Informations pratiques

Caractéristique Détail
Nom du site Puits de mine de Putteville
Localisation Pierre-Châtel, Isère, Dauphiné (France)
Lieux-dits associés Au Clos, À Les Fumées, Les Taverdons
Type de gisement Anthracite (Charbon)
Type d’exploitation Prospection sous-terraine et mines paysannes
Nombre de puits 3 puits identifiés
Période d’activité répertoriée Relevés topographiques entre 1925 et 1936
Vestiges visibles Razziers (terrils), tuyaux métalliques, galeries obturées
Coordonnées Puits 1 Lat. 44.961900 / Long. 5.761320
Coordonnées Puits 2 Lat. 44.962505 / Long. 5.760446
Coordonnées Puits 3 Lat. 44.962559 / Long. 5.761915
Accessibilité Librement accessible (Sécurisé : galeries fermées)

À la découverte du patrimoine minier oublié : les mystérieux puits de Putteville

Le Dauphiné recèle bien des secrets sous ses paysages verdoyants. Au détour d’une randonnée ou d’une recherche historique, on tombe parfois sur des vestiges insoupçonnés qui témoignent d’un passé industriel intense. C’est le cas des mystérieux puits de mine de Putteville, situés sur la commune de Pierre-Châtel. En tant qu’historien spécialisé dans l’histoire minière, je vous propose de partir à la découverte de ce site fascinant, entre traditions paysannes et prospection industrielle.

Photographie de 2007 montrant les restes du puits numéro 1, isolés et bien visibles au milieu d'un pré verdoyant.

Vestiges du puits n°1, encore nettement visibles au centre du pré (2007).

Qu’est-ce qu’une mine et comment l’historien l’aborde-t-il ?

Avant de nous plonger dans l’histoire locale de Putteville, il est essentiel de rappeler ce que recouvre le terme de mine. Contrairement à une carrière – qui extrait des matériaux de moindre valeur comme des pierres de construction, encadrée par le code minier –, la mine désigne l’exploitation de gisements souterrains ou à ciel ouvert de matières à forte valeur stratégique ou énergétique, tels que le charbon, le fer ou l’uranium.

Un grand pré vert au centre duquel on devine les faibles restes en pierre du puits numéro 2.

Vestiges du puits n° 2, encore discrètement visibles au milieu du pré (2007).

Le site de Putteville : entre mines paysannes et recherches industrielles

D’après les archives topographiques et les relevés de terrain datant des années 1925 à 1936, le site de Putteville abritait pas moins de trois puits de mine. Pourtant, le mystère demeure entier : aucune archive précise n’a, à ce jour, permis de dater exactement leur forage ou de mesurer la profondeur réelle atteinte par ces ouvrages.

La zone se caractérise par la présence de filons de charbon, comme le prouvent les nombreux vestiges de « mines paysannes » que l’on retrouve aux alentours, notamment dans les secteurs dits « Au Clos » et « À Les Fumées ». Ces exploitations de surface, souvent menées par des agriculteurs locaux durant les creux de la saison agricole, visaient à subvenir aux besoins locaux en combustible.

Cependant, la présence de ces puits de Putteville traduit une évolution majeure : la transition vers une recherche plus méthodique. Les couches d’anthracite de la région se présentant souvent sous une forme géologique complexe en U inversé, ces puits ont très certainement été forés pour sonder le sous-sol en profondeur. L’objectif était d’identifier des couches exploitables de manière économiquement viable, marquant la fin progressive de l’artisanat minier paysan au profit d’une approche proto-industrielle.

Photographie de 2006 montrant le site du puits n°3 totalement recouvert par une végétation dense qui masque les anciens vestiges.

Le site de l’ancien puits n°3 reconquis par la nature (2006).

Trois puits pour une si petite surface : une énigme historique

La concentration de trois puits sur une surface aussi restreinte laisse perplexe les spécialistes. À l’époque de leur activité, ces puits étaient surmontés de petits chevalements, vraisemblablement construits en bois. Ces structures provisoires ont été démontées sitôt les campagnes de prospection ou d’exploitation achevées, ne laissant derrière elles que de timides empreintes dans le paysage.

Extrait du plan cartographique de la concession de Putteville.

Extrait du plan de la concession de Putteville.

Que reste-t-il aujourd’hui de ces vestiges miniers ?

Si vous décidez de vous rendre sur place pour explorer le patrimoine dauphinois, le coup d’œil historique demande un peu d’attention. De nos jours, seuls les « razziers » (les déblais et stériles de mine) demeurent bien visibles dans la topographie.

Néanmoins, l’œil averti de l’explorateur ou de l’archéologue industriel remarquera, au niveau du puits numéro 1, des vestiges de tuyaux métalliques rouillés. On retrouve des traces similaires au pied du razzier, témoins silencieux des équipements pneumatiques ou d’exhaure (évacuation des eaux) autrefois utilisés sous terre.

Foire Aux Questions Les puits de mine de Putteville

Les puits de Putteville sont d’anciens puits de prospection et d’extraction d’anthracite (charbon) situés sur la commune de Pierre-Châtel. Ils témoignent de l’histoire minière, parfois artisanale et paysanne, du bassin de la Matheysine.

Ils se trouvent dans le département de l’Isère, sur le plateau de la Matheysine, plus précisément dans le secteur du hameau de Putteville sur la commune de Pierre-Châtel.

Une mine paysanne désigne une exploitation artisanale du charbon, souvent menée par les habitants locaux pour leurs propres besoins ou du petit commerce, avant ou en marge des grandes concessions minières industrielles.

Non, les puits ne se visitent pas de l’intérieur car ils ont été comblés ou sécurisés. Sur place, la végétation a largement repris ses droits, mais on peut encore observer en surface certains vestiges, comme des anomalies de relief ou des amas de roches.

En Matheysine, le mot « razzier » désigne un terril, c’est-à-dire le dépôt formé par l’accumulation des roches stériles et des déchets extraits de la mine lors du creusement des galeries.

Le site de Putteville était exploité pour l’anthracite, un charbon de très haute qualité, très présent dans le sous-sol du plateau matheysin.

Poursuivez votre exploration

Sources et sites officiels 

1. Contexte historique et muséal (Le patrimoine minier de la Matheysine)

La Mine du Clos s’inscrit dans l’histoire de l’exploitation de l’anthracite sur le plateau matheysin. Le principal site de mémoire de cette activité est situé juste à côté :

  • La Mine Image (Musée souterrain de la mine) : C’est le musée officiel de la mine de la Matheysine, situé à La Motte-d’Aveillans. Il propose des visites de galeries et retrace le quotidien des mineurs (les « gueules noires ») du plateau.

  • Wikipédia – Bassin minier de la Matheysine : Une synthèse historique complète sur la concession de Pierre-Châtel, la compagnie des mines de la Matheysine, ainsi que les différentes installations locales.

2. Informations locales et territoriales

Pour ancrer l’article dans son territoire actuel :

  • Site officiel de la commune de Pierre-Châtel : Utile pour l’histoire locale de la commune et son patrimoine bâti ou industriel.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Propose des informations sur les sentiers de randonnée thématiques (comme les sentiers liés au patrimoine minier) et la mise en valeur touristique du secteur.

3. Cartographie et repères géographiques (Outils d’archives)

Pour aider les lecteurs à situer précisément les vestiges de la mine du Clos ou à comparer les époques :

  • Géoportail (IGN) : Permet d’observer les cartes d’état-major ou les cartes géologiques de Pierre-Châtel pour repérer l’emplacement exact des anciens puits ou installations de surface.

  • Remonter le temps (IGN) : Un outil particulièrement adapté pour comparer des photos aériennes historiques (des années 1950-1960, lorsque l’activité ou les vestiges étaient encore très visibles) avec les images satellites actuelles.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages historiques de référence sur la Matheysine et ses mines

    Ces livres posent les bases de l’histoire locale et de l’impact de l’exploitation de l’anthracite sur le territoire.

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage pionnier de l’histoire locale du plateau. Il est fréquemment cité par les historiens régionaux pour documenter la transition du plateau vers l’ère industrielle.

    • Michel, Jean-Claude. La Mure et son canton. Saint-Cyr-sur-Loire : Éditions Alan Sutton (collection Mémoire en images), 2003.

      • Pourquoi cette référence ? Ce livre iconographique présente de nombreuses photographies d’époque commentées, montrant les installations minières de surface, les puits du secteur et la vie quotidienne autour des concessions du plateau.

    2. Études géologiques et techniques (Contexte du gisement)

    Pour documenter précisément la nature du sous-sol de Pierre-Châtel (le charbon/l’anthracite) et la configuration géologique du secteur :

    • Collectif (sous l’égide du BRGM). Notice explicative de la carte géologique de la France à 1/50 000 : Feuille La Mure (n° 822). Orléans : Éditions du BRGM, 1993.

      • Pourquoi cette référence ? Cette notice scientifique officielle décrit avec précision la structure du bassin houiller de la Matheysine, la formation des couches d’anthracite et les spécificités des terrains de Pierre-Châtel.

    3. Revues d’histoire locale et bulletins de recherche

    Le patrimoine minier très local (comme la petite Mine du Clos ou la concession de Putteville qui lui est liée) est documenté dans les revues d’érudition locale :

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée annuellement par l’association Les Amis du Musée de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue publie régulièrement des monographies et des travaux de recherche universitaire sur l’histoire des puits secondaires, l’évolution technique des concessions de la région et le patrimoine vernaculaire.

    4. Contexte social et humain (L’immigration minière)

    Le développement de l’activité minière en Matheysine s’est accompagné d’un fort afflux de main-d’œuvre étrangère, un aspect social important de l’histoire du bassin :

    • Ponty, Janine. Polonais méconnus : Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres. Paris : Publications de la Sorbonne, 1988 (réédité en 2005).

      • Pourquoi cette référence ? Ce travail universitaire étudie en détail l’organisation des communautés de mineurs immigrés (notamment italiens et polonais) sur le plateau matheysin et leur intégration sociale dans les communes minières de l’Isère.

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