Cercle des mineurs du Villaret : vie ouvrière à Susville
Entre célébrations de la Sainte-Barbe, parties de cartes et solidarité des « gueules noires », plongez dans l’histoire du foyer social emblématique des mineurs du Villaret à Susville.
Entre célébrations de la Sainte-Barbe, parties de cartes et solidarité des « gueules noires », plongez dans l’histoire du foyer social emblématique des mineurs du Villaret à Susville.
| Caractéristique | Détails |
| Dénomination | Cercle des mineurs du Villaret (foyer des mineurs) |
| Localisation | Hameau du Villaret, 38350 Susville, Isère (Auvergne-Rhône-Alpes) |
| Territoire / Région historique | Plateau de la Matheysine / Dauphiné |
| Bassin houiller | Bassin minier de La Mure (anthracite) |
| Commanditaire initial | Compagnie des mines de La Mure (politique des œuvres sociales) |
| Période de construction | Début du XXe siècle (première moitié des années 1900) |
| Typologie architecturale | Bâtiment d’équipement social et récréatif ouvrier, grandes ouvertures vitrées |
| Matériaux principaux | Maçonnerie traditionnelle enduite, pierre calcaire locale, charpente bois, toiture ardoise/tuile |
| Fonctions d’origine | Salle de réunion, jeux de société (cartes, billard), buvette, bibliothèque, festivités ouvrières |
| Événements marquants | Célébrations annuelles de la Sainte-Barbe, réunions syndicales, banquets corporatifs |
| Rôle socio-industriel | Espace de sociabilité ouvrière encadrée par le paternalisme minier |
| Statut actuel | Bâtiment communal / espace associatif de quartier |
| Accessibilité | Visible depuis la voie publique ; accès intérieur selon manifestations locales |
Au cœur du plateau de la Matheysine, la commune de Susville illustre avec force la reconversion industrielle de l’Isère. Là où battait autrefois le cœur de l’exploitation houillère, des milliers de panneaux solaires captent désormais le rayonnement alpin. Implantée sur des terrains marqués par des décennies d’extraction minière, la centrale photovoltaïque de Susville s’impose comme un modèle de transition énergétique ancré dans l’histoire ouvrière locale.
Durant l’âge d’or des Houillères du Bassin du Dauphiné, le paysage de Susville vivait au rythme du charbon. Pour alimenter les installations minières et le réseau, le site accueillait une centrale thermique. Les activités industrielles nécessitaient alors des infrastructures lourdes, à commencer par la gestion des résidus et des eaux techniques.
Le terrain choisi pour implanter la centrale solaire actuelle n’a rien d’un hasard géographique : il s’agit d’un foncier hérité directement du passé industriel. Le secteur accueillait notamment l’étang des Moûtières. Ce plan d’eau artificiel servait historiquement de bassin de refroidissement pour la centrale électrique alimentée par l’anthracite local. Aujourd’hui remanié, cet espace accueille la première zone de panneaux photovoltaïques, matérialisant le passage direct d’une énergie fossile à une ressource décarbonée.
Les deux autres zones de captation solaire reposent sur l’ancien crassier minier (localement appelé « razzier »). Ces collines de stériles, composées de roches et de résidus de lavage du charbon, ont longtemps constitué des friches complexes à réhabiliter en raison de la nature des sols. L’installation de structures porteuses au sol permet de redonner un usage productif à ces sols délaissés, sans empiéter sur les terres agricoles fertiles ou les zones forestières du plateau.
La concrétisation du parc photovoltaïque de Susville découle de l’appel d’offres national lancé en 2014 par le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.
Pour répondre aux exigences techniques et environnementales de cette reconversion, deux acteurs régionaux de l’énergie ont uni leurs forces : Gaz Électricité de Grenoble (GEG) et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR). Cette collaboration a donné naissance à une société dédiée, « Susville Énergie Solaire ».
D’une puissance installée de 5 MW, la centrale photovoltaïque produit une électricité verte réinjectée sur le réseau de distribution électrique. Le dispositif repose sur une organisation rigoureuse :
Trois zones distinctes d’implantation : l’emprise voisine de l’ancien étang de refroidissement et les deux plateformes aménagées sur les remblais miniers.
Des alignements de capteurs photovoltaïques orientés pour optimiser l’ensoleillement de montagne.
Un ensemble d’onduleurs assurant la conversion du courant continu produit par les cellules en courant alternatif compatible avec le réseau haute et moyenne tension.
La réalisation de Susville apporte une réponse concrète au défi de la réhabilitation des bassins miniers. Plutôt que d’effacer les traces de l’histoire minière matheysine, l’aménagement tire parti du relief façonné par la main des mineurs pour produire une énergie propre.
Ce dialogue entre mémoire industrielle et ingénierie moderne fait de Susville un repère discret mais significatif du patrimoine industriel dauphinois contemporain.
1- Qu’était exactement le cercle des mineurs du Villaret ?
Le cercle des mineurs était un lieu de sociabilité et de détente créé pour les ouvriers du puits et des installations du Villaret, à Susville. À mi-chemin entre le café associatif, le foyer civique et la maison de quartier, il permettait aux mineurs de se retrouver après le travail en dehors des cabarets privés.
2- Pourquoi la Compagnie des mines finançait-elle ce type de lieu ?
L’initiative s’inscrivait dans le paternalisme industriel de la Compagnie des mines de La Mure. En finançant et en supervisant un cercle ouvrier, la direction cherchait à fidéliser sa main-d’œuvre, à encourager des loisirs calmes (lecture, cartes, billard) et à détourner les mineurs de l’alcoolisme ou de réunions politiques jugées subversives dans les auberges indépendantes.
3- Quelles activités rythmaient la vie du cercle ?
On y venait pour lire la presse, jouer aux cartes ou aux boules, écouter de la musique et partager des moments de détente entre camarades de chambrée ou de galerie. Le cercle accueillait également des banquets, des projections et des rassemblements associatifs ou corporatifs.
4- Quelle était l’importance de la Sainte-Barbe au cercle des mineurs ?
Le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe (patronne des mineurs), le cercle devenait l’épicentre des festivités du Villaret. Après les défilés et la remise des médailles du travail, mineurs, trieurs et ingénieurs s’y rassemblaient pour partager le banquet traditionnel et prolonger la journée au son de l’accordéon.
5- Le bâtiment du cercle des mineurs est-il accessible aujourd’hui ?
Situé au cœur du hameau du Villaret à Susville, le bâtiment est parfaitement visible depuis l’espace public lors d’un circuit de découverte du patrimoine minier matheysin. Ses accès intérieurs dépendent aujourd’hui de la vie associative et municipale de la commune.
La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.
Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.
Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.
Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).
Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.
Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.
Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.
Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).
Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.
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