Maison des porions à Susville en Matheysine
Entre encadrement du fond et vie de surface, découvrez l’histoire et l’architecture de la maison triple des porions au Villaret, reflet fidèle de la hiérarchie minière en Matheysine.
Entre encadrement du fond et vie de surface, découvrez l’histoire et l’architecture de la maison triple des porions au Villaret, reflet fidèle de la hiérarchie minière en Matheysine.
| Caractéristique | Détails |
| Nom de l’édifice | Maison triple des porions |
| Localisation | Hameau du Villaret, 38350 Susville (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes) |
| Bassin minier | Bassin houiller du Dauphiné / Plateau de la Matheysine |
| Commanditaire | Compagnie des mines de La Mure |
| Type de patrimoine | Patrimoine minier, histoire industrielle et habitat social |
| Typologie architecturale | Maison mitoyenne triple (trois logements contigus sous une toiture commune) |
| Structure et élévation | Édifice de plain-pied à deux niveaux (rez-de-chaussée + étage) surmonté de combles |
| Distribution intérieure | • Rez-de-chaussée : cuisine et vaste pièce à vivre • Étage : chambres à coucher individuelles • Combles : grenier de rangement et d’appoint |
| Espaces extérieurs | Entrées individuelles séparées, jardins et parcelles de potagers privatifs |
| Destinataires d’origine | Porions (chefs d’équipe et contremaîtres de première ligne au fond) |
| Rôle socio-spatial | Habitat hiérarchisé intermédiaire entre la maison des chefs porions et les corons ouvriers |
| Accessibilité | Propriété privée (extérieurs et façades visibles depuis la voie publique) |
Dans le bassin houiller du Dauphiné, l’urbanisme des cités ouvrières répondait à une organisation millimétrée. À Susville, au cœur du hameau du Villaret, la Compagnie des mines de La Mure a conçu un tissu bâti où chaque typologie d’habitation correspondait précisément au rang occupé dans l’exploitation.
Après les villas réservées aux ingénieurs et la maison double des chefs-porions, la maison des porions illustre le rôle de cet encadrement de terrain incontournable, réuni ici au sein d’une bâtisse triple caractéristique.
Dans les galeries souterraines, le porion est l’homme de première ligne. Placé sous les ordres du chef-porion — qui coordonne plusieurs porions à l’échelle du puits —, il a la responsabilité directe d’un quartier d’exploitation complet.
Sur le terrain, il supervise les contrôleurs et les agents de maîtrise de premier niveau, qui veillent eux-mêmes à la cadence et à la sécurité des ouvriers mineurs au front de taille. En surface, ses homologues portent le titre de contremaîtres pour diriger les ateliers, les installations de criblage ou les chantiers de triage.
Le porion est le relais indispensable entre la direction et la troupe minière. Issu de la base grâce à son courage, son savoir-faire technique et son sens du commandement, il devait asseoir son autorité morale en dehors des galeries.
La Compagnie des mines lui accordait un logement plus spacieux et mieux fini que celui des mineurs de base. Cette distinction spatiale valorisait sa fonction, garantissait sa loyauté envers la direction et matérialisait dans la cité une distance hiérarchique essentielle au maintien de la discipline industrielle.
Pour loger ses porions, la direction minière a choisi la formule de la maison triple. L’édifice rassemble trois habitations mitoyennes juxtaposées, formant un alignement harmonieux et rigoureux.
Ce choix architectural présentait des avantages évidents :
Une réduction des coûts et des emprises au sol grâce aux murs mitoyens partagés.
Une meilleure isolation thermique contre la rigueur des hivers matheysins.
Une densification ordonnée de la cité ouvrière, sans pour autant entasser les familles dans de grands ensembles collectifs.
Édifiée de plain-pied, sans garage d’origine — les déplacements s’effectuant à pied ou à vélo —, la maison s’élève sur deux niveaux complétés par les combles :
Au rez-de-chaussée : une vaste pièce à vivre et une cuisine forment le cœur de la vie domestique.
Au premier étage : les chambres à coucher assurent la tranquillité du foyer et séparent nettement l’espace de repos de la pièce commune.
Sous toiture : un grenier aménagé offre une surface de rangement appréciable ou un espace d’appoint pour les enfants.
Chacun des trois logements dispose de son propre accès indépendant sur l’extérieur pour garantir l’intimité des familles.
Devant et derrière la bâtisse, chaque porion bénéficiait d’une parcelle de jardin. Ces potagers constituaient une ressource nourricière indispensable pour améliorer l’ordinaire du foyer, tout en contribuant à enraciner durablement les familles d’encadrement sur le plateau matheysin.
Aujourd’hui intégrée au paysage de Susville, la maison triple des porions du Villaret rappelle la vie quotidienne de ces cadres de terrain qui ont orchestré l’extraction de l’anthracite. Bien plus qu’un simple édifice résidentiel, elle témoigne de la manière dont la société minière a modelé l’espace urbain et rural en Matheysine, traduisant chaque échelon du travail souterrain dans l’architecture de surface.
1- Quel était le rôle exact d’un porion dans les mines de La Mure ?
Le porion est le contremaître de terrain, chef d’équipe direct des mineurs au fond de la taille. Issu du rang grâce à ses compétences pratiques et son sens du commandement, il veille au respect des cadences, surveille l’avancement des galeries et garantit la sécurité face aux risques d’éboulement ou de grisou, sous l’autorité du chef porion.
2- Pourquoi l‘habitat des porions a-t-il été conçu sous la forme d’une maison triple ?
La Compagnie des mines de La Mure a adopté un modèle de maison mitoyenne regroupant trois foyers sous un même toit. Cette disposition permettait d’optimiser les coûts de construction et l’emprise au sol, tout en offrant aux agents de maîtrise un cadre de vie plus aéré, valorisant et structuré que les longs alignements de corons réservés aux manœuvres.
3- Comment chaque logement de la maison triple est-il distribué ?
Chaque habitation s’élève sur deux niveaux coiffés de combles :
Rez-de-chaussée : une cuisine et une salle de séjour servant de pièce de vie quotidienne.
Étage : les chambres à coucher réservées à la famille.
Combles : un grenier utilisé pour le stockage ou d’éventuels couchages d’appoint.
À l’extérieur, chaque porion disposait d’une entrée séparée et d’un potager privatif.
4- En quoi le logement du porion diffère-t-il de celui du chef porion ?
La hiérarchie spatiale reflétait exactement la hiérarchie du travail. Alors que les porions partageaient une maison triple à trois logements, les chefs porions — leurs supérieurs directs — bénéficiaient d’une maison double jumelée, plus spacieuse, avec des dépendances latérales en appentis et une séparation plus marquée entre les entrées.
5- La maison des porions est-elle ouverte à la visite ?
Non, le bâtiment relève du domaine privé et son intérieur ne se visite pas. En revanche, l’architecture d’ensemble, les façades et l’organisation du quartier ouvrier du Villaret sont parfaitement visibles et accessibles depuis la voie publique.
La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.
Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.
Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve les habitations. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.
Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).
Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.
Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.
Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.
Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).
Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.
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