Ancien centre de formation de la mine à Susville (Isère)
Découvrez l’histoire du centre de formation du Villaret à Susville, lieu phare de l’apprentissage minier en Matheysine, aujourd’hui reconverti.
Découvrez l’histoire du centre de formation du Villaret à Susville, lieu phare de l’apprentissage minier en Matheysine, aujourd’hui reconverti.
| Caractéristique | Détails |
| Nom du site | Annexes du centre de formation de la mine (Ancien CFA du Villaret) |
| Localisation | Hameau du Villaret, 38350 Susville (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes) |
| Bassin minier | Plateau de la Matheysine / Dauphiné |
| Coordonnées GPS | 44.928172, 5.775665 |
| Type de patrimoine | Patrimoine industriel et mémoire minière |
| Période d’activité minière | XXe siècle (jusqu’à la fermeture des mines de Matheysine) |
| Fonction historique | Apprentissage (CAP/BEP mineur), galerie école, sécurité et formation continue |
| Usage actuel | Annexes du Lycée professionnel privé Alpes Sud Isère |
| Accessibilité | Façades et extérieures visibles depuis la voie publique |
Dans le paysage urbain et industriel du bassin minier de La Mure, les demeures de l’encadrement supérieur constituent un repère architectural et social incontournable. Érigées à Susville, au plus près des infrastructures productives du Villaret, ces bâtisses incarnent les rouages du paternalisme industriel et la stricte hiérarchie spatiale voulue par les compagnies minières. Loin d’être de simples pavillons résidentiels, elles matérialisaient l’autorité de l’ingénierie minière sur la ville ouvrière.
Sur le site, l’organisation résidentielle de l’encadrement supérieur reposait sur deux maisons rigoureusement identiques destinées aux directeurs et cadres d’exploitation. Conçues selon un plan symétrique et rationnel, ces imposantes bâtisses traduisaient dans la pierre la rigueur et l’ordre industriel.
L’une de ces demeures présentait une particularité fonctionnelle remarquable : conçue comme un vaste volume scindé en deux logements distincts et indépendants, elle abritait sous un même toit les figures clés du commandement technique et opérationnel de la concession.
Cette division permettait de loger au plus près du carreau quatre postes stratégiques indispensables à la bonne marche et à la modernisation des installations :
L’ingénieur principal du fond : responsable direct de la sécurité des hommes, de l’abattage, du soutènement et de la progression quotidienne des galeries souterraines.
L’ingénieur des installations de surface et du matériel : chargé de la maintenance des machineries d’extraction, du triage, du traitement du minerai et des ateliers du jour.
L’ingénieur pour la centrale thermique du Villaret et l’électrification : garant de la production d’énergie et du déploiement du réseau électrique, nerf moteur de la mécanisation du bassin dauphinois.
Le géomètre-arpenteur en chef : maître de la cartographie des travaux souterrains, des relevés topographiques précis et de la prévention des risques de recoupement de failles ou d’anciens vides miniers.
Cette cohabitation spatiale des élites techniques permettait une réactivité immédiate en cas d’avarie technique ou de coup dur au fond, tout en maintenant une communauté de travail et de vie solidaire face aux défis industriels.
L’aménagement des cités minières en Matheysine ne laissait aucune place à l’improvisation. La Compagnie des Mines de La Mure, puis les Houillères du Bassin du Dauphiné (HBD), ont appliqué les préceptes de l’urbanisme patronal où l’habitat servait d’outil de régulation sociale.
L’organisation urbaine s’articulait selon trois cercles bien définis :
Les cités ouvrières : regroupements de maisons standardisées, souvent jumelées ou en bandes continues, accompagnées de jardins vivriers destinés à fixer la main-d’œuvre locale et immigrée.
Les logements de maîtrise : pavillons individuels ou semi-collectifs réservés aux maîtres-mineurs et porions, situés en marge des corons pour marquer un premier échelon hiérarchique.
Les maisons des directeurs et ingénieurs : vastes résidences bourgeoises implantées sur des parcelles choisies, profitant d’un isolement relatif tout en dominant visuellement le carreau d’extraction.
Contrairement à la sobriété répétitive de l’habitat ouvrier, les deux maisons de direction affichent des codes architecturaux valorisants inspirés des villas bourgeoises de l’époque.
La construction se distingue par un parti pris soigné qui affirme le rang de ses occupants :
Élévation et gabarit : de vastes volumes habitables offrant des hauteurs sous plafond confortables et de multiples pièces de réception, sans commune mesure avec les surfaces des logements ouvriers.
Mise en œuvre soignée : recours à des maçonneries régulières, à des soubassements marqués et à des chaînages d’angle travaillés qui soulignent l’élégance de la structure.
Ordonnancement des baies : percement régulier de larges ouvertures garantissant une luminosité maximale et conférant aux façades une symétrie équilibrée.
Ces demeures bénéficient d’un traitement paysager spécifique. Implantées au milieu de jardins arborés privatifs, elles offraient une protection naturelle contre les nuisances quotidiennes de l’exploitation minière : poussières d’anthracite, grondement des ventilateurs d’aérage, sifflements des convois ferroviaires et cliquetis des molettes du chevalement. Cet îlot de verdure assurait la quiétude des cadres dirigeants sans jamais les éloigner du cœur technique de la mine.
Depuis l’arrêt définitif de l’exploitation charbonnière en 1997, le plateau matheysin a engagé la requalification de son cadre bâti. Bien que réaffectées ou passées dans le domaine privé, les maisons des directeurs et ingénieurs d’exploitation à Susville conservent toute leur lisibilité dans le tissu urbain local.
Véritables repères mémoriels, elles rappellent la présence d’un corps d’ingénieurs hautement qualifiés qui a piloté l’électrification et l’essor industriel du bassin dauphinois. Elles constituent aujourd’hui une étape incontournable pour comprendre l’histoire sociale, les équilibres urbains et le génie technique qui ont façonné Susville et la Matheysine.
1- Où se trouvent les anciennes annexes du centre de formation de la mine ?
Les bâtiments sont situés au hameau du Villaret, sur la commune de Susville (38350), au cœur du bassin minier de la Matheysine en Isère.
2- À quoi servait ce centre de formation à l’époque des mines ?
Il permettait de former les jeunes dès l’âge de 14 ans aux métiers de la mine (préparation au CAP/BEP), d’assurer la formation continue des mineurs en poste, d’initier les travailleurs étrangers et de sensibiliser le personnel aux consignes de sécurité et au maniement des nouvelles machines.
3- Qu‘est-ce qu’une galerie école ?
Une galerie école était une reconstitution miniature ou un tronçon sécurisé de mine au jour (comme la galerie H. Giroud à Susville). Elle permettait aux apprentis dès 18 ans et aux nouveaux arrivants de s’entraîner aux gestes techniques de l’abattage, du boisage et du foudrayage dans des conditions proches du fond, mais sous le contrôle direct d’instructeurs.
4- Peut-on visiter les anciennes annexes du centre de formation aujourd’hui ?
Les bâtiments ont été reconvertis et abritent désormais des locaux du Lycée professionnel privé Alpes Sud Isère. L’intérieur ne se visite pas librement comme un musée, mais les façades extérieures et le site du Villaret sont facilement visibles depuis la voie publique.
La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.
Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.
Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve l’école. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.
Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).
Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.
Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.
Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage de référence historique incontournable sur le plateau de la Matheysine. Écrit par un historien local respecté, il retrace l’évolution des communes (dont Susville et le hameau du Villaret) et l’impact de l’activité humaine sur le territoire.
Ponty, Janine. Polonais méconnus : Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres. Paris : Publications de la Sorbonne, 1988. (Réédité en 2005).
Pourquoi cette référence ? Janine Ponty est la grande spécialiste historique de l’immigration polonaise en France. Dans cet ouvrage universitaire de référence, elle étudie de près l’installation des mineurs polonais dans le bassin de La Mure, leur ferveur religieuse, et comment leur arrivée a poussé les compagnies minières (dans le cadre du paternalisme industriel) à soutenir la création d’école.
Revue Mémoire d’Obiou. Publiée par l’Association d’Histoire de la Matheysine (La Mure).
Pourquoi cette référence ? Cette revue annuelle de recherche historique locale (publiée depuis plusieurs décennies sous l’égide des Amis du Musée de la Matheysine) contient de nombreux dossiers détaillés sur l’histoire des puits de mine de Susville, l’architecture des cités minières du Villaret.
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