Centre de formation de la mine à Susville | Histoire
Au hameau du Villaret, découvrez l’histoire de l’ancien centre d’apprentissage des houillères, où des générations de mineurs de Matheysine ont appris leur métier et la sécurité du fond.
Au hameau du Villaret, découvrez l’histoire de l’ancien centre d’apprentissage des houillères, où des générations de mineurs de Matheysine ont appris leur métier et la sécurité du fond.
| Caractéristique | Détails |
| Nom du site | Annexes du centre de formation de la mine (Ancien CFA du Villaret) |
| Localisation | Hameau du Villaret, 38350 Susville (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes) |
| Bassin minier | Plateau de la Matheysine / Dauphiné |
| Coordonnées GPS | 44.928172, 5.775665 |
| Type de patrimoine | Patrimoine industriel et mémoire minière |
| Période d’activité minière | XXe siècle (jusqu’à la fermeture des mines de Matheysine) |
| Fonction historique | Apprentissage (CAP/BEP mineur), galerie école, sécurité et formation continue |
| Usage actuel | Annexes du Lycée professionnel privé Alpes Sud Isère |
| Accessibilité | Façades et extérieures visibles depuis la voie publique |
Pendant très longtemps, former un mineur ne s’embarrassait pas de théorie. Avant le XXe siècle, les jeunes recrues descendaient au fond sans préparation préalable. L’apprentissage se faisait directement au contact des anciens, au cœur de la veine de charbon.
Dans l’obscurité, la poussière et le bruit, les risques d’accidents étaient omniprésents et le métier s’apprenait à la dure. Mais avec la modernisation de l’extraction, la mécanisation des chantiers et l’exigence croissante de sécurité, ce modèle empirique est devenu obsolète[1]. Il fallait former des techniciens rigoureux, capables de maîtriser des outils plus complexes.
Pour répondre à ce besoin, les compagnies minières créent leurs propres centres de formation d’apprentis (CFA). À Susville, au Villaret, la formation prend une tout autre dimension.
Dès l’âge de 14 ans, les futurs mineurs sont embauchés pour préparer un CAP ou un BEP. Le quotidien des élèves alterne alors entre :
Les cours théoriques : français, mathématiques et matières générales.
L’enseignement technique : technologie minière, mécanique et électricité.
La pratique et la condition physique : travaux ateliers et séances de sport.
À 18 ans, munis de la première partie de leur diplôme, les jeunes apprentis basculent dans le concret. Ils intègrent une galerie école (comme la célèbre galerie H. Giroud près de l’école du Villaret). Sous la supervision directe d’un maître-mineur ou d’un instructeur, ils découvrent la réalité du travail de fond : abattage du charbon, boisage des galeries et foudrayage. L’instructeur évalue alors les aptitudes de chacun pour les orienter vers le poste le plus adapté lors de leur prise de fonction définitive.
Le rôle des annexes de formation ne s’arrêtait pas aux jeunes apprentis. L’établissement accueillait également :
Les adultes et travailleurs étrangers : ils y suivaient des stages accélérés en galerie école afin de s’adapter rapidement aux contraintes et aux consignes du fond.
La formation continue : à chaque prise en main de nouvelles machines ou à l’apparition de nouvelles méthodes d’extraction, les mineurs en poste venaient s’y former.
La prévention des risques : la sécurité restait le fil conducteur de tous les modules dispensés dans ces locaux.
La fermeture progressive des mines n’a pas signé la fin de l’activité sur le site. Si le charbon n’est plus extrait, la vocation éducative des lieux est restée vivante. Aujourd’hui, les anciens bâtiments du centre de formation ont été reconvertis et servent d’annexe au lycée professionnel privé Alpes Sud isere.
1- Quel était le rôle du centre de formation de Susville ?
Créé par les Houillères, ce centre avait pour mission de former les jeunes apprentis aux réalités du travail au fond. Pendant plusieurs années d’études et d’ateliers, ils y apprenaient le maniement des outils, les techniques de boisage, la manipulation des explosifs, et surtout les règles strictes de sécurité indispensables avant toute descente dans les puits de La Mure.
2- À quel âge entrait-on en apprentissage à la mine ?
Les adolescents intégraient généralement l’école des mineurs dès l’âge de 14 ou 15 ans. Durant leur cursus, ils alternaient cours théoriques en classe, apprentissage technique dans des ateliers de surface et exercices pratiques dans une galerie d’entraînement reconstituée, avant d’avoir l’âge légal pour travailler au fond.
3- Où se situe précisément ce site à Susville ?
L’ancien centre d’apprentissage se trouve sur la commune de Susville, plus précisément au niveau du hameau du Villaret, au cœur des installations de surface qui comprenaient également les cités ouvrières, les ateliers et les voies ferrées de la mine.
4- Les bâtiments du centre de formation se visitent-ils aujourd’hui ?
Non, le bâtiment en lui-même ne fait pas l’objet de visites guidées régulières et est souvent utilisé pour des activités communales, associatives ou privées. En revanche, son architecture extérieure reste bien visible depuis la voie publique lors d’un circuit de découverte du patrimoine minier du Villaret.
5- Où peut-on approfondir l’histoire de la formation des mineurs en Matheysine ?
Pour voir des reconstitutions de galeries et comprendre le quotidien des ouvriers et des galibots, vous pouvez visiter le musée souterrain de La Mine Image à La Motte-d’Aveillans, ou explorer la Maison du Puits Sainte-Marie et le réseau des chemins de mémoire balisés sur le plateau matheysin.
La Mine Image : Le site officiel du musée de la mine situé à La Motte-d’Aveillans (commune voisine). Ce musée souterrain est directement lié à l’histoire de la Compagnie des Mines de la Mure mentionnée dans votre article.
Le Petit Train de La Mure : Un site incontournable pour comprendre l’histoire du transport du charbon et la découverte touristique du plateau de la Matheysine.
Mairie de Susville : Le site officiel de la commune où se trouve l’école. Utile pour les lecteurs cherchant des informations administratives ou d’autres points d’intérêt sur la commune.
Office de Tourisme de la Matheysine : Pour aider vos lecteurs à organiser leur visite sur le plateau de la Matheysine (hébergements, randonnées, autres édifices).
Portail du Patrimoine de l’Isère : Le site du Département de l’Isère dédié à l’inventaire et à la mise en valeur du patrimoine historique, industriel et religieux de la région.
Marliave, Charles de, Les mines d’anthracite de La Mure : 1806-1946, Grenoble, Éditions Arthaud, 1955, 308 p.
L’ouvrage de référence historique rédigé par l’un des anciens directeurs de la Compagnie, détaillant l’organisation industrielle, les installations de surface et la mise en place de la formation ouvrière.
Garnier, Jean, Chronique des mines de La Mure : deux siècles de charbon, 2001, 194 p.
Une fresque vivante de l’aventure houillère du plateau matheysin, documentant le quotidien des mineurs, des galibots et des structures d’apprentissage jusqu’à la fermeture du puits du Villaret.
Biais, Bernard, Gueules noires en Dauphiné, Lyon, Éditions Bellier, 2007, 293 p.
Un recueil mémoriel et technique indispensable sur le métier de mineur en Dauphiné, la transmission des gestes professionnels et la vie sociale dans les cités de Susville.
Angelier, Clovis-Henri, « Le Bassin houiller de La Mure », Revue de Géographie Alpine, tome 28, n°4, 1940, p. 577-622.
Étude géographique et économique pionnière sur l’emprise territoriale des mines de La Mure, de ses carrières et de ses infrastructures d’exploitation.
Direction de l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel (Région Auvergne-Rhône-Alpes), Dossier d’inventaire topographique : Mine d’anthracite de La Mure, puits du Villaret et cité minière à Susville, notices et relevés d’archives industrielles.
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