La galerie 3 de Fontveille

Perchée tout en haut du versant boisé de Fontveille, la galerie 3 est un véritable ouvrage fantôme. Si la forêt a repris ses droits et masqué les anciennes installations d’extraction d’anthracite, le sol conserve les empreintes indélébiles du travail des mineurs. Suivez le guide pour apprendre à déchiffrer ce relief chargé d’histoire.


Informations pratiques

Caractéristique Détail
Nom du site Galerie 3 de Fontveille
Localisation Fontveille, Susville (Bassin minier de La Mure / Matheysine, Isère)
Type de vestige Ancienne galerie d’extraction d’anthracite
Situation Étage le plus élevé du complexe minier de Fontveille
Vestiges visibles Razzier de roches stériles, dépression / entonnoir d’effondrement
Structures d’origine Cadres métalliques de soutènement, fondations d’un bâtiment de service
Mise en sécurité 1997 (démantèlement, remblaiement massif et régalage)
État du site Entrée entièrement condamnée et enfouie sous la terre
Conditions d’accès Hors sentier balisé, relief accidenté. Entrée souterraine inaccessible

1. Le toit du site minier de Fontveille

Levez les yeux vers les pentes les plus hautes du secteur. C’est ici, tout au sommet des chantiers de Fontveille, que se trouvait la galerie 3.

  • Une position dominante : Parmi tous les accès miniers ouverts sur ce versant, la galerie 3 occupait l’altitude la plus élevée pour aller chercher les couches d’anthracite dans la roche.

  • Un paysage transformé : À l’époque de son activité, le secteur grouillait d’ouvriers et de matériel. Aujourd’hui, le sous-bois silencieux a effacé l’agitation industrielle pour laisser place à une nature sauvage et escarpée.


2. Ouvrez l’œil : les deux indices du sous-bois

Rien n’indique au premier regard qu’une galerie d’extraction a existé ici. Pas de portail en pierre ni d’arche maçonnée. Pourtant, deux anomalies de terrain trahissent la mine :

  • Le razzier (le tas de stériles) : Sur le talus, juste en contrebas de l’ancien débouché, vous remarquerez un amoncellement rocheux bien particulier. C’est le « razzier », un pierrier artificiel constitué de toutes les roches sans charbon extraites de la montagne. Malgré les arbres et les mousses qui le recouvrent, sa pente régulière et ses pierres concassées témoignent du volume colossal de roche évacué à bout de bras.

  • L’entonnoir d’effondrement : Un peu plus haut, une dépression circulaire creuse la végétation. Ce tassement de terrain correspond à l’effondrement naturel des premiers mètres de la voûte sous le poids des terres. Il marque précisément l’axe où les mineurs s’enfonçaient sous la montagne.


3. 1997 : La disparition définitive sous les remblais

Pourquoi l’entrée est-elle invisible aujourd’hui ?

  • Derniers témoins au grand jour : Jusqu’à la fin des années 1990, l’accès conservait encore son allure de chantier. Des cadres en acier se dressaient à l’entrée pour retenir la roche, accompagnés des ruines d’un petit bâtiment de service (local technique ou abri pour le personnel).

  • Le grand chantier de sécurité : En 1997, lors des opérations de sécurisation générale du bassin matheysin, le site est neutralisé pour écarter tout danger d’éboulement ou d’intrusion. Les structures métalliques ont été démontées, le bâti rasé, et la gueule de mine comblée.

  • Le retour à la colline : Des tonnes de terre ont été déversées et nivelées sur la plateforme. La galerie 3 a ainsi été définitivement scellée, rendant ce versant à son profil montagnard d’origine.


À savoir avant de partir

  • Respectez les lieux : Le terrain est accidenté et hors des tracés balisés. Restez attentif à vos pas sur les pentes instables du razzier.

  • Sécurité absolue : Tout l’ouvrage souterrain est foudroyé et remblayé ; il n’existe plus aucune cavité accessible.