Photo hivernale montrant une cavité dans le sol, ancienne fouille d'anthracite soulignée par la neige et entourée de végétation.

Fouilles minières du Clos Les Fumées : histoire

Découvrez le passé industriel du Clos Les Fumées en Dauphiné. Loin des chantiers archéologiques, le terme « fouilles » désigne ici d’anciennes exploitations minières de surface : plongez dans l’histoire de ce patrimoine extrait de la terre.

Sur la commune de Pierre-Châtel en Isère, les lieux-dits du Clos et des Fumées conservent les traces méconnues de l’extraction de l’anthracite. Bien loin des chantiers archéologiques, le terme de « fouilles » désigne ici de petites exploitations minières de surface — ou « mines paysannes » — façonnées autrefois par les habitants. Partez à la découverte de ces vestiges oubliés qui racontent l’histoire industrielle du Dauphiné.

Informations pratiques

Caractéristique Détail / Description
Nom du site Fouilles de Putteville (Mine du Clos)
Localisation Pierre-Châtel, Isère (38), Plateau de la Matheysine, Dauphiné
Lieux-dits associés Au ClosLes FuméesPutteville
Minerai extrait Anthracite (Charbon / Houille)
Type d’exploitation Mines paysannes (fouilles/tranchées de surface) et prospection sous-terraine
Période d’activité Exploitation artisanale ancienne (intersaisons agricoles) ; relevés topographiques entre 1925 et 1936
Ovrages recensés 1 galerie principale et au moins 9 tranchées/fouilles de surface
Vestiges visibles Razziers (terrils locaux), tranchées d’extraction
Période idéale de visite Hiver (la végétation estivale masque une grande partie des tranchées)
Sécurité & Accès Galeries fermées/obturées. Visible depuis les sentiers balisés voisins (randonnée de la Pierre Percée). Respect des propriétés privées requis.

Cachés sous la végétation des secteurs de « Les Fumées » et « Au Clos » à Pierre-Châtel, les galeries et tranchées de Putteville racontent l’histoire méconnue de l’extraction de l’anthracite. Une plongée passionnante au cœur du patrimoine minier du Dauphiné.

Le Dauphiné possède une histoire industrielle d’une richesse insoupçonnée. Si les grandes exploitations minières des XIXe et XXe siècles ont marqué la mémoire collective, le sous-sol de la région conserve également les empreintes de travaux bien plus anciens et artisanaux. Sur la commune de Pierre-Châtel, le secteur de Putteville — englobant les lieux-dits Au Clos et Les Fumées — abrite un ensemble remarquable de galeries et de tranchées d’extraction de charbon.

Photo hivernale montrant une cavité dans le sol, ancienne fouille d'anthracite soulignée par la neige et entourée de végétation.

Fouille paysanne d’anthracite (2012).
Grâce à la présence de neige, les contours de cette ancienne excavation artisanale restent visibles, bien qu’elle soit aujourd’hui partiellement recouverte par la végétation.

Les « mines paysannes » : aux origines de l’extraction du charbon

Avant la structuration du secteur par de puissantes compagnies minières et l’instauration des grandes concessions sous l’époque napoléonienne, l’extraction minière relevait souvent d’initiatives locales et artisanales.

Dans cette zone, les vestiges témoignent de ce que les historiens nomment la « mine paysanne ». À cette époque, les agriculteurs et habitants de la région profitaient des intersaisons pour creuser la roche à même les affleurements. Cette exploitation erratique et informelle permettait de subvenir aux besoins en combustible pour les forges locales.

Ces méthodes rudimentaires ont parfois conduit à l’abandon précoce de certains gisements. Néanmoins, elles constituent la première étape de l’histoire minière du plateau de la Matheysine.

Photographie de 2012 montrant une fouille paysanne à ciel ouvert creusée dans la terre pour rechercher de l'anthracite.

Vue en 2012 d’une excavation artisanale d’anthracite. Ce site est aujourd’hui en partie remblayé et recouvert par la végétation environnante.

Le site de Putteville : entre mines paysannes et recherches industrielles

D’après les archives topographiques et les relevés de terrain datant des années 1925 à 1936, le site de Putteville abritait pas moins de trois puits de mine. Pourtant, le mystère demeure entier : aucune archive précise n’a, à ce jour, permis de dater exactement leur forage ou de mesurer la profondeur réelle atteinte par ces ouvrages.

La zone se caractérise par la présence de filons de charbon, comme le prouvent les nombreux vestiges de « mines paysannes » que l’on retrouve aux alentours, notamment dans les secteurs dits « Au Clos » et « À Les Fumées ». Ces exploitations de surface, souvent menées par des agriculteurs locaux durant les creux de la saison agricole, visaient à subvenir aux besoins locaux en combustible.

Cependant, la présence de ces puits de Putteville traduit une évolution majeure : la transition vers une recherche plus méthodique. Les couches d’anthracite de la région se présentant souvent sous une forme géologique complexe en U inversé, ces puits ont très certainement été forés pour sonder le sous-sol en profondeur. L’objectif était d’identifier des couches exploitables de manière économiquement viable, marquant la fin progressive de l’artisanat minier paysan au profit d’une approche proto-industrielle.

Imagerie topographique LiDAR en nuance de gris de la zone de Putteville. Le relief du sol laisse apparaître des structures circulaires correspondant à des fouilles archéologiques, jouxtant les cavités d'anciens puits de mine.

 Imagerie LiDAR du site des Fumées à Putteville : mise en évidence des cercles de fouilles à proximité des anciens puits de mine

Une géologie complexe sur les hauts de Pierre-Châtel

Le secteur de Putteville se situe géologiquement sur le versant orienté vers La Motte-d’Aveillans, tout en étant rattaché à la concession minière de Pierre-Châtel.

Sur le plan géologique, cette zone correspond au sommet du plissement des couches d’anthracite. Ce positionnement explique deux caractéristiques majeures du site :

  • Des couches de faible puissance : Les veines de charbon y sont relativement minces et pauvres par rapport aux profonds gisements exploités plus tard.

  • Un pendant géographique : L’exploitation de cette zone trouvait son pendant sur l’autre versant de Pierre-Châtel, au niveau du secteur de Chante Merle.

Coordonnées des vestiges

Pour les passionnés d’histoire minière et les pratiquants de randonnée patrimoniale, voici la localisation des principales traces recensées sur le secteur des Fumées :

Élément du site Commune Lieu-dit Type d’ouvrage Coordonnées GPS (Lat / Lon)
Galerie 1 Pierre-Châtel Au Clos / Les Fumées Galerie obturée 44.963205 / 5.763797
Fouille 1 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchée / Fouille 44.962895 / 5.763680
Fouille 2 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchée / Fouille 44.963043 / 5.763749
Fouille 3 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchée / Fouille 44.962975 / 5.763611
Fouilles 4 à 6 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchées / Fouilles 44.962716 / 5.764093
Fouille 7 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchée / Fouille 44.962260 / 5.764174
Fouilles 8 et 9 Pierre-Châtel Les Fumées Tranchées / Fouilles 44.961829 / 5.764527

Note de sécurité : L’ensemble des entrées de galeries est aujourd’hui sécurisé et obturé[1]. L’exploration des sites miniers nécessite le respect des consignes de sécurité et le maintien sur les sentiers balisés.

Que reste-t-il à voir aujourd’hui ?

Aujourd’hui, le site des Fumées et du Clos présente encore de nombreuses traces d’anciennes tranchées et d’entrées de galeries (désormais obturées par le temps).

Cependant, la nature reprend progressivement ses droits. Engloutis sous une végétation dense durant l’été, ces vestiges d’archéologie industrielle s’effacent peu à peu du paysageConseil de passionné : si vous souhaitez observer les reliefs des tranchées et les ouvertures comblées, privilégiez une visite pendant la saison hivernale.

Foire Aux Questions Les fouilles minières du Clos site les Fumées

La Mine du Clos est une ancienne exploitation souterraine de charbon (houille) . Elle se situe au lieu-dit « Au Clos », sur la commune de Pierre-Châtel (Isère), au cœur du plateau de la Matheysine, dans la région historique du Dauphiné.

Selon le Code minier français, la distinction repose sur la nature de la substance extraite :

  • On parle de mine pour l’extraction de combustibles (comme le charbon) ou de métaux précieux.

  • Les carrières, quant à elles, concernent les matériaux de construction ou d’industrie (comme la pierre, le sable ou le gravier).

Dans le jargon minier de la Matheysine, un razzier désigne un amas de déblais ou de roches stériles remontés de la mine, semblable à un petit terril. Celui de la Mine du Clos présente des caractéristiques uniques :

  • Il est disposé de manière perpendiculaire à l’axe de la galerie.

  • Il se situe à une distance importante (plus de 100 mètres) de l’entrée de la mine.

  • Il était relié à la galerie par une ancienne voie de roulage, aujourd’hui matérialisée par une rangée d’arbres servant de limite entre deux prés.

Non, l’accès à la galerie est impossible. Pour des raisons de sécurité, l’entrée a été entièrement obturée et sécurisée. De plus, le site se trouve sur un terrain privé. Seule l’exhaure (l’eau d’infiltration qui s’écoule naturellement de la mine) a été canalisée et reste identifiable.

Les vestiges de la mine (le razzier boisé et l’ancienne voie de roulage) peuvent s’observer facilement lors d’une randonnée vers la célèbre Pierre Percée. En partant du hameau de Puteveille, les vestiges se dessinent sur la gauche du chemin au milieu des champs.

Poursuivez votre exploration

Sources et sites officiels 

1. Contexte historique et muséal (Le patrimoine minier de la Matheysine)

La Mine du Clos s’inscrit dans l’histoire de l’exploitation de l’anthracite sur le plateau matheysin. Le principal site de mémoire de cette activité est situé juste à côté :

  • La Mine Image (Musée souterrain de la mine) : C’est le musée officiel de la mine de la Matheysine, situé à La Motte-d’Aveillans. Il propose des visites de galeries et retrace le quotidien des mineurs (les « gueules noires ») du plateau.

  • Wikipédia – Bassin minier de la Matheysine : Une synthèse historique complète sur la concession de Pierre-Châtel, la compagnie des mines de la Matheysine, ainsi que les différentes installations locales.

2. Informations locales et territoriales

Pour ancrer l’article dans son territoire actuel :

  • Site officiel de la commune de Pierre-Châtel : Utile pour l’histoire locale de la commune et son patrimoine bâti ou industriel.

  • Office de Tourisme de la Matheysine : Propose des informations sur les sentiers de randonnée thématiques (comme les sentiers liés au patrimoine minier) et la mise en valeur touristique du secteur.

3. Cartographie et repères géographiques (Outils d’archives)

Pour aider les lecteurs à situer précisément les vestiges de la mine du Clos ou à comparer les époques :

  • Géoportail (IGN) : Permet d’observer les cartes d’état-major ou les cartes géologiques de Pierre-Châtel pour repérer l’emplacement exact des anciens puits ou installations de surface.

  • Remonter le temps (IGN) : Un outil particulièrement adapté pour comparer des photos aériennes historiques (des années 1950-1960, lorsque l’activité ou les vestiges étaient encore très visibles) avec les images satellites actuelles.

Bibliographie 

  • 1. Ouvrages historiques de référence sur la Matheysine et ses mines

    Ces livres posent les bases de l’histoire locale et de l’impact de l’exploitation de l’anthracite sur le territoire.

    • Miard, Victor. La Mure et la Matheysine à travers l’histoire. Bellegarde-sur-Valserine : Imprimerie Sadag, 1965.

      • Pourquoi cette référence ? C’est l’ouvrage pionnier de l’histoire locale du plateau. Il est fréquemment cité par les historiens régionaux pour documenter la transition du plateau vers l’ère industrielle.

    • Michel, Jean-Claude. La Mure et son canton. Saint-Cyr-sur-Loire : Éditions Alan Sutton (collection Mémoire en images), 2003.

      • Pourquoi cette référence ? Ce livre iconographique présente de nombreuses photographies d’époque commentées, montrant les installations minières de surface, les puits du secteur et la vie quotidienne autour des concessions du plateau.

    2. Études géologiques et techniques (Contexte du gisement)

    Pour documenter précisément la nature du sous-sol de Pierre-Châtel (le charbon/l’anthracite) et la configuration géologique du secteur :

    • Collectif (sous l’égide du BRGM). Notice explicative de la carte géologique de la France à 1/50 000 : Feuille La Mure (n° 822). Orléans : Éditions du BRGM, 1993.

      • Pourquoi cette référence ? Cette notice scientifique officielle décrit avec précision la structure du bassin houiller de la Matheysine, la formation des couches d’anthracite et les spécificités des terrains de Pierre-Châtel.

    3. Revues d’histoire locale et bulletins de recherche

    Le patrimoine minier très local (comme la petite Mine du Clos ou la concession de Putteville qui lui est liée) est documenté dans les revues d’érudition locale :

    • Revue Mémoire d’Obiou. Publiée annuellement par l’association Les Amis du Musée de la Matheysine (La Mure).

      • Pourquoi cette référence ? Cette revue publie régulièrement des monographies et des travaux de recherche universitaire sur l’histoire des puits secondaires, l’évolution technique des concessions de la région et le patrimoine vernaculaire.

    4. Contexte social et humain (L’immigration minière)

    Le développement de l’activité minière en Matheysine s’est accompagné d’un fort afflux de main-d’œuvre étrangère, un aspect social important de l’histoire du bassin :

    • Ponty, Janine. Polonais méconnus : Histoire des travailleurs immigrés en France dans l’entre-deux-guerres. Paris : Publications de la Sorbonne, 1988 (réédité en 2005).

      • Pourquoi cette référence ? Ce travail universitaire étudie en détail l’organisation des communautés de mineurs immigrés (notamment italiens et polonais) sur le plateau matheysin et leur intégration sociale dans les communes minières de l’Isère.

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