La galerie B7, dite « galerie Étienne » : le dernier vestige des Boines
La galerie B7, surnommée « galerie Étienne » en hommage au dernier propriétaire de la concession, occupe une place particulière dans l’histoire minière des Boines. Située sous l’actuel parking de la station des Signaraux, elle apparaît comme le témoin ultime de l’activité du site.
Une exploitation persistante et clandestine
Si la concession officielle s’est arrêtée en 1848, le site des Signaraux semble avoir connu une vie prolongée. Des témoignages oraux concordants indiquent que l’extraction du charbon s’est poursuivie bien après la fermeture officielle, notamment durant l’Occupation. Pour pallier les pénuries, les habitants de La Motte auraient exploité le gisement de manière clandestine, bravant les risques pour alimenter les foyers mottois. Cette hypothèse ferait de la galerie B7 la plus récente des structures ouvertes sur le site.
Analyse cartographique et mutations du paysage
L’étude comparative des cartes et photographies aériennes révèle une transformation radicale du secteur :
La voie de roulage : Des relevés suggèrent l’existence d’une voie de desserte reliant la galerie en direction du gîte de l’Oriel du Sénépy. Une photographie aérienne du 20 août 1969 confirme la présence d’une plateforme (un « carreau ») et d’un tracé de roulage, alors que la route actuelle n’existait pas encore en 1950.
L’impact de la station de ski : L’aménagement de la station en 1971 a profondément remodelé le terrain. Les clichés aériens de 1974 montrent clairement l’apparition du parking, du foyer et de la remontée mécanique, effaçant une grande partie des stigmates de l’exploitation minière ancienne.
Vie quotidienne et infrastructures disparues
Le témoignage de Maurice Darier offre un éclairage précieux sur les conditions de travail à la galerie B7. Il mentionne deux galeries adjacentes, dont l’une aurait servi de « Sainte Barbe » (lieu de culte et de protection des mineurs). À proximité, les vestiges d’un bâtiment — dont subsistaient, selon ses dires, des carreaux et un lavabo — laissent imaginer une structure dédiée à la vie des mineurs : cantine ou dortoir, évitant aux équipes les allers-retours quotidiens depuis La Motte.
Bien que les photographies aériennes de 1948 manquent de résolution pour confirmer formellement cette construction, son existence demeure historiquement plausible. De même, un bâtiment de stockage pour le charbon, toujours visible aujourd’hui, soulève des questions : a-t-il été édifié pour la galerie Étienne, ou fut-il utilisé par les mines voisines de Serre Leycon ? La chronologie exacte de ces structures reste, à ce jour, un mystère à élucider.