L’étang du Crey : nature et randonnée en Matheysine
Ancien espace de loisirs des ingénieurs des mines, cette zone humide préservée de l’Isère offre aujourd’hui un cadre naturel idéal pour la pêche, la biodiversité et les balades en famille.
Ancien espace de loisirs des ingénieurs des mines, cette zone humide préservée de l’Isère offre aujourd’hui un cadre naturel idéal pour la pêche, la biodiversité et les balades en famille.
| Caractéristique | Détails |
| Localisation | Plateau de la Matheysine, Isère (Auvergne-Rhône-Alpes), France |
| Commune | Susville |
| Altitude | 915 m |
| Superficie | Environ 1,5 à 2 hectares |
| Profondeur | Entre 1 et 3 m |
| Type de site | Étang et zone humide d’origine glaciaire (aménagé sur l’ancien marais du Fan) |
| Topographie | Configuration surélevée en « bassine » par rapport au terrain environnant |
| Statut de protection | • Espace Naturel Sensible (ENS) : Fait partie du réseau des ENS du Département de l’Isère (ENS des Zones Humides de la Matheysine) • Natura 2000 : Intégré à la Zone Spéciale de Conservation (ZSC) « Zones humides de la Matheysine » (Directive Habitats-Faune-Flore) • ZNIEFF : Classé en Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF de Type 1) |
| Origine historique | Aménagé au XIXe ou début du XXe siècle (très probablement par Charles de Marliave) comme espace de loisir pour les ingénieurs des mines locales |
| Réaménagement moderne | Fin des années 1970 et début des années 1980 |
| Faune observable | Oiseaux d’eau, amphibiens (grenouilles, crapauds), libellules |
| Flore principale | Roseaux (phragmites), joncs et plantes caractéristiques des zones marécageuses |
| Équipements & Sentiers | Tour de l’étang pédestre (plat et facile), pontons d’observation en bois, panneaux pédagogiques |
| Activités autorisées | Randonnée familiale, observation de la nature, pêche de loisir (réglementée et gérée par l’AAPPMA locale) |
Ressources de visite
Fiches pratiques (FR / EN) & tracés du parcours
Le paysage actuel du plateau de la Matheysine, avec son chapelet de lacs et ses zones humides comme l’Étang du Crey, est le résultat direct de la dernière grande période glaciaire : la glaciation du Würm (qui s’est achevée il y a environ 10 000 à 12 000 ans).
Voici les étapes scientifiques qui ont façonné ce décor unique au cœur de l’Isère :
À l’apogée du Würm (il y a environ 24 000 ans), une imposante langue du glacier de la Romanche débordait de sa vallée principale pour envahir le plateau matheysin. Rabotant le socle rocheux sur son passage, la glace a exercé un puissant travail d’érosion appelé surcreusement glaciaire, creusant de larges cuvettes alignées du nord au sud.
Lors du réchauffement climatique qui a suivi, le glacier a commencé à fondre et à reculer. En se retirant, il a abandonné sur place d’immenses quantités de débris rocheux, d’argiles et de sédiments : les moraines.
Ces moraines ont formé de véritables digues naturelles, bloquant l’écoulement des eaux de fonte et des ruisseaux.
C’est ce phénomène de barrage morainique qui a donné naissance aux grands lacs de alignés sur le plateau (Laffrey, Petichet, Pierre-Châtel).
Pour les plans d’eau plus modestes et les marais — comme l’Étang du Crey —, le mécanisme est légèrement différent. Lors du retrait du glacier, d’immenses blocs de glace se sont détachés du corps principal et se sont retrouvés piégés sous les sédiments morainiques.
En fondant très lentement à l’abri de l’air, ces blocs de « glace morte » ont provoqué un effondrement du sol au-dessus d’eux, créant de petites dépressions fermées appelées kettles ou cuvettes d’affaissement. Une fois remplies d’eau, ces cuvettes ont formé des étangs secondaires.
Au fil des millénaires, ces petites retenues d’eau peu profondes ont évolué. La végétation aquatique s’y est développée progressivement. L’accumulation de matière organique non décomposée (faute d’oxygène au fond de l’eau) a envasé ces bassins, transformant peu à peu certains étangs en tourbières et marais eutrophes. L’Étang du Crey est un parfait témoin de ce processus d’atterrissement, formant aujourd’hui un écosystème zone humide d’une très forte valeur écologique.
Sur la carte de Cassini (établie au XVIIIe siècle), on note déjà la présence de tourbières dans ce secteur. Cela s’explique par le fait qu’avant les différents travaux d’assèchement entrepris au fil des siècles, l’ensemble du plateau de la Matheysine était une vaste zone marécageuse.
C’est précisément sur l’ancien marais du Fan, témoin de ce passé humide, que se situe l’étang du Crey. Celui-ci fut très certainement aménagé par Charles de Marliave, qui avait épousé la fille d’Henri de Renéville (figures liées à l’histoire industrielle et minière de la région).
À l’origine, cet étang avait pour but d’offrir une zone de loisir et de pêche aux ingénieurs de la mine afin de leur permettre de se détendre. Bien qu’il n’existe pas de date de construction précise répertoriée, ses caractéristiques physiques sont particulières : l’étang est surélevé par rapport au reste du terrain environnant, fonctionnant comme une « bassine ».
Le site a ensuite été réaménagé à la fin des années 1970 et au début des années 1980, lui donnant la physionomie qu’on lui connaît aujourd’hui.
L’étang du Crey est une zone humide d’origine glaciaire. C’est un écosystème fragile qui joue un rôle important pour la biodiversité locale. Il abrite une faune et une flore spécifiques aux milieux humides :
Faune : On y observe diverses espèces d’oiseaux (notamment des oiseaux d’eau), des amphibiens (grenouilles, crapauds), ainsi que de nombreuses libellules.
Flore : Les rives sont colonisées par des roseaux (phragmites), des joncs et d’autres plantes typiques des zones marécageuses.
Le site a fait l’objet d’aménagements par la communauté de communes afin de permettre une découverte respectueuse de l’environnement :
Le sentier de découverte : Un parcours pédestre (facile et plat) permet de faire le tour de l’étang. Il est en partie équipé de pontons en bois pour traverser les zones les plus humides sans piétiner la végétation.
Pédagogie : Des panneaux d’information jalonnent le parcours pour expliquer l’histoire du site, son fonctionnement écologique et présenter les espèces qui y vivent. C’est une promenade adaptée aux familles.
L’étang est également un lieu prisé pour la pêche de loisir. Sa gestion est généralement confiée à l’association de pêche locale (AAPPMA). Si vous souhaitez y pêcher, il est nécessaire de détenir une carte de pêche en règle et de respecter la réglementation spécifique à ce plan d’eau (périodes d’ouverture, techniques autorisées, tailles de capture).
1. Où se situe précisément l’étang du Crey ?
L’étang du Crey se situe sur le plateau de la Matheysine, dans le département de l’Isère (région Auvergne-Rhône-Alpes). Il a été aménagé sur une zone humide d’origine glaciaire autrefois appelée le « marais du Fan ».
2. Quelle est l’histoire de la création de cet étang ?
À l’origine, ce site était un marais naturel. Il a été transformé et aménagé sous l’impulsion de Charles de Marliave (figure importante de l’histoire industrielle locale) afin d’offrir un espace de détente, de promenade et de pêche aux ingénieurs des mines de la Matheysine. Le site a ensuite connu une phase importante de réhabilitation et de réaménagement entre la fin des années 1970 et le début des années 1980.
3. La balade autour de l’étang du Crey est-elle accessible aux enfants ?
Oui, tout à fait. Le sentier qui fait le tour de l’étang est entièrement plat, court et très facile d’accès. Des aménagements spécifiques, comme des pontons et passerelles en bois, permettent de traverser les zones humides en toute sécurité, ce qui en fait une promenade idéale pour les familles.
4. Peut-on pêcher à l’étang du Crey ?
Oui, la pêche de loisir y est autorisée. La gestion piscicole et la réglementation du plan d’eau sont assurées par l’Association Agréée de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) locale. Veillez à vous munir d’une carte de pêche valide avant de vous installer.
5. Quelles espèces animales et végétales peut-on y observer ?
En tant que zone humide préservée, l’étang abrite un écosystème remarquable. On peut y observer de nombreux oiseaux d’eau, des libellules, ainsi que des amphibiens (crapauds, grenouilles). Côté flore, le site est caractérisé par une végétation de marais typique, comprenant notamment des roselières (phragmites) et des joncs.
Géoportail (IGN – Institut national de l’information géographique et forestière)
INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel – Muséum national d’Histoire naturelle)
LPO Isère (Ligue pour la Protection des Oiseaux)
GIRAUD, Jean-Pierre. Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap. Menton : Les Éditions du Cabri, 2015, 303 p. (ISBN : 978-2-914603-63-8).
→ [Déjà cité sur votre site] Raconte le développement des transports et de l’aménagement du territoire sous l’impulsion de la compagnie des mines.
MARLIAVE, Charles de. Les Mines d’anthracite de La Mure (1806-1946). Arthaud, 1955, 300 p.
→ Ouvrage historique de référence écrit par Charles de Marliave lui-même (administrateur des mines de La Mure), qui explique le contexte social, les aménagements de loisirs et les cités minières de la Matheysine.
ASSOCIATION MÉMOIRE D’OBIOU. Revue Mémoire d’Obiou (revue périodique annuelle dédiée à l’histoire, la géographie et au patrimoine de la Matheysine, du Valbonnais et du Beaumont).
→ Source incontournable pour la micro-histoire locale et les aménagements des anciens marais.
BARFÉTY, Jean-Claude, et al. Notice explicative de la carte géologique de la France à 1/50 000, Feuille Vizille (796). Orléans : Éditions du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières).
→ Document scientifique officiel expliquant la formation glaciaire du plateau matheysin, le surcreusement et l’apparition des étangs et tourbières.
CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE L’ISÈRE. Guide des Espaces Naturels Sensibles de l’Isère. Direction de l’Environnement et de la Biodiversité, Grenoble.
→ Inventaire et monographie des zones humides protégées du département de l’Isère.
CONSERVATOIRE D’ESPACES NATURELS D’ISÈRE (AVENIR). Plan de gestion et inventaire des zones humides du plateau de la Matheysine. Grenoble.
→ Étude faunistique et floristique sur les roselières, amphibiens et odonates (libellules) du secteur.
CASSINI, César-François. Carte de France levée par ordre du Roi, Feuille n° 121 (secteur Grenoble / La Mure), XVIIIᵉ siècle. Accessible sur le portail Gallica (BnF).
→ Atteste la présence historique des vastes marécages matheysins avant les grands travaux d’assèchement.
INSTITUT NATIONAL DE L’INFORMATION GÉOGRAPHIQUE ET FORESTIÈRE (IGN). Prises de vues aériennes historiques du Plateau de la Matheysine (Campagnes 1948-1950)[1]. Accessible via le service Remonter le Temps / Géoportail[1].
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