À la découverte de la Grande Draye : l’incroyable histoire du patrimoine minier de La Motte d’Aveillans

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Le plateau matheysin, situé en Isère, abrite des cicatrices paysagères impressionnantes qui racontent l’épopée industrielle des Alpes. Parmi elles, la Grande Draye se distingue comme l’un des vestiges les plus spectaculaires de l’exploitation de l’anthracite.

Que cache cette immense tranchée naturelle qui balafre la montagne ? Voyage au cœur de la terre, entre géologie, témoignages d’époque et histoire des hommes qui ont façonné ce territoire.


Informations pratiques

Catégorie Description
Événement Chantier de modernisation de la caténaire
Lieu Ligne du Petit Train de la Mure (SGLM), Isère, France
Date 2008
Objectif Principal Remplacement et fiabilisation de l’alimentation électrique de la ligne.
Matériel Roulant Clé Locotracteur suisse de type Tm 2/2 (couleur orange), wagons plats avec centrales à béton, fourgon.
Résultat du Chantier La nouvelle caténaire a été installée avec succès.
Destin du Projet Rendu caduc par l’éboulement rocheux du 26 octobre 2010 qui a entraîné la fermeture de la ligne.
Fait Marquant L’utilisation d’un matériel roulant d’origine suisse, très inhabituel pour cette ligne historique.

Qu’est-ce que la Grande Draye ? Une curiosité géologique et minière

Pour comprendre la Grande Draye, il faut d’abord s’intéresser à la géologie. En temps normal, les roches du sous-sol sont profondément enfouies, dissimulées sous la terre et la végétation. Mais parfois, à la faveur de l’érosion ou de l’activité humaine, la roche brute apparaît à l’air libre : c’est ce qu’on appelle un affleurement.

La Grande Draye est précisément un affleurement de la « grande couche » de charbon du bassin houiller matheysin. Non loin de là, les géologues ont également identifié une seconde draye, correspondant à la couche dite Henriette.

Aujourd’hui, la Grande Draye se présente sous la forme d’un impressionnant affaissement minier visible en surface :

  • Longueur : entre 800 et 900 mètres

  • Largeur : de 10 à 30 mètres

  • Profondeur moyenne : 30 mètres (atteignant parfois 40 mètres par endroits)

Ce gigantesque fossé n’est pas d’origine naturelle. Il résulte de l’effondrement des anciennes galeries souterraines (notamment la galerie d’allongement du niveau 7), autrefois creusées pour extraire le précieux combustible.

Le petit train de la Mure sur le viaduc de Loulla.

Des paysans-cloutiers aux premiers mineurs clandestins

À l’origine, les habitants du plateau découvrent une roche noire, friable et hautement inflammable. Cependant, sa combustion dégage des gaz particulièrement toxiques, ce qui pousse la population à continuer d’utiliser majoritairement le bois pour le chauffage domestique.

Le véritable coup d’envoi de l’exploitation de ce « charbon de terre » est donné par l’artisanat de la clouterie. Les cloutiers locaux, gros consommateurs d’énergie pour leurs forges, commencent à extraire le charbon directement sur ces affleurements faciles d’accès.

En 1806, l’écrivain et administrateur François Perrin-Dulac décrit ainsi les prémices de cette activité dans son ouvrage Description générale du département de l’Isère :

« Pendant longtemps, les mines de la Motte ont été exploitées au moyen de puits […] l’usage des poêles était encore inconnu […]. Mais depuis trente à quarante ans, la cherté du bois […] a fait changer la forme de l’exploitation. En 1768 ou 1769, on ouvrit une galerie horizontale, et depuis, cette époque, l’usage des puits s’est perdu. »

À cette époque, la mine de la Grande Draye (alors orthographiée Grande-Raye) est la plus importante de la région, employant régulièrement vingt-cinq ouvriers sous la direction d’un propriétaire local. Une douzaine d’habitants de La Motte d’Aveillans s’organisent alors en groupement pour extraire le charbon de manière artisanale. Cependant, n’ayant jamais obtenu d’autorisation officielle, l’État ne leur concède pas la propriété des gisements lors de la réorganisation des concessions en 1806.

L’âge d’or de l’anthracite : la concession Giroud

La modernisation technique de la Grande Draye débute véritablement avec l’attribution officielle de la concession à la famille Giroud (Jules, puis son fils Henri).

En 1844, le célèbre ingénieur des mines Émile Gueymard livre une description technique très précise de ce gisement exceptionnel :

« Le gîte qui forme la principale richesse de cette concession, est la plus belle couche d’anthracite qui existe dans les Alpes ; elle est repliée en zig-zag sur elle-même, de manière à présenter la forme d’un N dont les angles seraient arrondis. »[1]

Cette structure géologique en “N” se divise en trois secteurs d’exploitation :

  1. La Grande Draye : une veine fortement inclinée (80° vers l’ouest) composée de deux filons d’anthracite de 4 et 4,5 mètres d’épaisseur.

  2. Le Faux Filon : une partie intermédiaire sinueuse d’environ 5 mètres d’épaisseur.

  3. La Rivoire : une couche monumentale atteignant par endroits 12 à 13 mètres d’épaisseur.

Pour extraire ce combustible, un réseau complexe de galeries est progressivement percé à flanc de montagne, équipé de voies ferrées primitives pour faciliter le transport des berlines de charbon. Les anciennes dénominations des galeries d’autrefois (galerie de la Bastille, des Trois embranchements) correspondent aujourd’hui aux niveaux techniques 8 et 9 bien connus des historiens de la mine.

Grâce à la rentabilité exceptionnelle de cette « grande couche », l’activité se structure pour donner naissance à la Compagnie des mines. En 1869, le site de la Grande Draye emploie entre 300 et 350 mineurs, devenant un pilier de l’économie locale.

Infos pratiques : comment découvrir la Grande Draye aujourd’hui ?

Si vous souhaitez observer ce témoignage saisissant de l’histoire minière dauphinoise, le site est aujourd’hui accessible aux randonneurs et curieux de nature.

  • Commune : La Motte d’Aveillans (Isère, Auvergne-Rhône-Alpes).

  • Accessibilité : Le site est accessible à piedConseil de visite : Privilégiez une visite en hiver ou au début du printemps. L’absence de feuilles sur les arbres permet de mieux appréhender le relief de la tranchée et les contours de l’affaissement.

  • Coordonnées GPS :

    • Latitude : 44.969841

    • Longitude : 5.745166

Note de sécurité : S’agissant d’une zone d’anciens effondrements miniers, il convient de rester sur les sentiers balisés et de faire preuve de prudence lors de votre exploration.

Foire Aux Questions

Poursuivez votre exploration

“Ce chantier de rénovation est donc un témoin précieux de l’héritage ferroviaire de la Matheysine...

“…les travaux de restauration est aujourd’hui une élément incontournable sur le Petit Train de La Mure.

“…l’effondrement catastrophique de La Clapisse” (A venir)

Sources et sites officiels 

“Pour préparer votre voyage et consulter les informations pra

Bibliographie 

  • GIRAUD, Jean-Pierre, Le chemin de fer de La Mure : Saint-Georges-de-Commiers – La Mure – Corps – Gap, Les Éditions du Cabri, 2015.

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